Voir les contributions

Cette section vous permet de consulter les contributions (messages, sujets et fichiers joints) d'un utilisateur. Vous ne pourrez voir que les contributions des zones auxquelles vous avez accès.


Messages - Doutchboune

Pages: [1] 2 3 ... 294
1
Oh, je n'avais pas saisi que pour cette manche, tous les résultats seraient donnés en même temps, vu que c'était pas le cas pour les précédentes. Mais c'est la finale, après tout, donc c'est assez logique.  :^^:

2
Je veux pas paraitre un tantinet impatiente, mais... à quand la suite ?  :8):

3
Discussions Générales / Restons dans le Hors-Sujet ! [Discussions libres]
« le: vendredi 31 juillet 2020, 14:27:07 »
Coucou krystal2, ça faisait longtemps ! Les fantômes parlent aux fantômes !

4
Coin Artistique / [Dessin/Photo] Chez Doutch'
« le: jeudi 30 juillet 2020, 12:14:40 »
Et ils ne sont pas en reste  :R


5
Discussions Générales / Topic Anniversaires des membres
« le: mercredi 29 juillet 2020, 14:38:32 »
Mais de rien, entre personnes âgées, il faut savoir s'épauler !  :R

6
Coin Artistique / [Dessin/Photo] Chez Doutch'
« le: mercredi 29 juillet 2020, 14:08:28 »
Elle va mieux !



Et pour mettre un peu de couleurs, english breakfast, rooibos et sencha :


7
Discussions Générales / Topic Anniversaires des membres
« le: mardi 28 juillet 2020, 17:12:56 »
Je doute que tu passes encore dans le coin, mais bon anniversaire @sousou , mon ainé d'un an et un mois !

8
Coin Artistique / [Dessin/Photo] Chez Doutch'
« le: dimanche 26 juillet 2020, 09:59:46 »
Merci !

Et maintenant une gribouille sale histoire de pas lâcher le crayon trop longtemps...


9
C'est quoi de cette bande de fantômes sur le MyLife, là ?  v.v

10
Discussions Générales / Restons dans le Hors-Sujet ! [Discussions libres]
« le: samedi 18 juillet 2020, 09:34:06 »
Bravo Alyana ! Et bon retour dans la vie plus ou moins normale !! Et bon courage pour la suite aussi évidemment  ;)

11
Discussions Générales / Topic Anniversaires des membres
« le: mercredi 15 juillet 2020, 16:02:23 »
Bien le bon anniversaire jielash !

12
Coin Artistique / [Dessin/Photo] Chez Doutch'
« le: dimanche 12 juillet 2020, 10:23:16 »
Merci à vous tous ! Petite gribouille, parce que le RP m'inspire toujours beaucoup, de mon personnage de WoW avec celui d'un guildou. Ceux qui ont pris le temps de lire mon dernier texte dans la partie littéraire sachent !  :R


13
Littérature, Fictions / Doutch écrit aussi, un peu...
« le: vendredi 10 juillet 2020, 16:35:13 »
Merci de ton retour, il me fait très plaisir.

Pour ce qui est de savoir ce que va devenir leur relation, moi aussi je suis curieuse  :8):  Mais c'est tout frais, alors on verra bien. Et pour le moment, ils se sont pas fait gauler, mais c'est pas dit que ça n'arrive pas, plus tard.  :R

14
Littérature, Fictions / Doutch écrit aussi, un peu...
« le: vendredi 10 juillet 2020, 09:31:32 »
Tu as bien suivi, la prochaine partie sera la fin. D'ailleurs, je vais la poster tout de suite, ça sera fait  :miou:

Pour la relation entre ces deux personnages, c'est plus complexe que ça. Là, ils sont dans des conditions inhabituelles (loin de leur bastion militaire, ambiance festive, tout ça tout ça...). Mais si on doit résumer, Adel a toujours trouvé Solÿn mignon, par contre, on lui a toujours dit qu'il était gay (et il ne cachait pas apprécier les hommes). Par contre, il a toujours été un cabotin, à surjouer de ses charmes, à flatter les femmes avec outrance. D'ailleurs au début, il ne s'intéressait pas spécialement à Adel, ne voyant en elle qu'une jeune recrue de plus. Par contre, il a très vite trouvé amusant de la taquiner avec des petites remarques à la limite de l'insolence, surtout quand elle a commencé à monter en grade. Et elle le tolérait, parce que, persuadée qu'il ne pouvait pas s'intéresser aux femmes, il n'y avait rien d'autre qu'une sorte de jeu agaçant. Enfin, elle le tolérait... plus d'une fois elle l'a remis à sa place, surtout une fois qu'elle est devenue sa supérieure hiérarchique, d'autant plus qu'à cause de sa jeunesse, elle se force à prendre de la distance avec les hommes de troupe de la guilde, pour gagner en autorité.

Sauf qu'en fait, Solÿn est plutôt bi, en tout cas, même s'il a plus souvent eu des relations avec des hommes, il n'a rien contre les femmes non plus (si on me laisse passer l'expression), et lui, de son côté a commencé à tomber amoureux, mettant un certain temps à se l'avouer, mais en tout cas sans qu'Adel ait le moindre soupçon. Elle de son côté aimait bien le mater, parce qu'il est quand même vachement beau, et se disait que c'était juste le plaisir des yeux, vu que pour elle, il ne s'intéressait qu'aux hommes.
A côté de ça, lui est quand même quelqu'un de très égoïste, qui va le plus souvent agir dans son intérêt propre, quitte à disparaitre parfois (et lui attirer des ennuis, c'est celui avec un poignard dans le ventre sur un des dessins de ma galerie). Pour beaucoup de choses, il n'est pas digne de confiance, et plus d'une fois Adel a dû prendre des sanctions contre lui. Et très souvent, elle s'est énervée contre lui à cause de ses impertinences, qu'il sait doser pour ne pas franchir la limite (mais tout juste).
Mais il y a quelques mois, Adel a pu se rendre compte qu'il pouvait s'intéresser aux femmes, même si elle ne voulait pas y croire, pensant qu'il la faisait encore marcher. Mais du coup, elle a commencé à cogiter, à se demander pourquoi elle le matait tant que ça, pourquoi elle se sentait toujours obligée de répondre à ses piques, tout en se disant qu'il ne cherchait qu'à jouer avec elle. Lui de son côté, vu son genre secret et réticent à se livrer, n'allait pas non plus se déclarer, même si sa façon de lui parler avait évolué.

Progressivement, suite à des échanges de plus en plus ambigus, Adel a fini par accepter qu'elle désirait cet homme, mais même lors de cette soirée à la Fête du Feu, elle ne sait pas vraiment où elle a envie que ça la mène. Elle est juste sûre qu'elle a envie de tout ce qu'elle dévoile dans ce texte. Lui de son côté (mais Adel ne le sait pas, même si moi je le sais en "meta" comme on dit pour les choses qu'on sait sur les personnages des autres, mais que nos propres personnages ignorent), est plutôt dans l'optique d'une union durable, bien qu'il sache qu'avec ses soucis persos et sa morale élastique, ça ne sera pas forcément possible.

Bon, ça fait un peu long, mais leur relation est complexe, et même ensemble, ça risque de ne pas être de tout repos, surtout une fois retrouvée la routine de la vie militaire, avec les considérations hiérarchiques, et conflits que ça pourra entrainer...

Mais bon, suite et fin, j'ai promis  :miou:

La Fête du Feu
partie 4

   Elle se laissa aller contre lui, et la lueur mouvante des flammes autour d’eux faisait danser les ombres sur leurs visages. Après un moment de silence, il reprit la parole, comme s’il exprimait à haute voix la suite de ses pensées.

   - Je crois que la décision d’Aurys aura été déterminante.

   Elle sortit de sa rêverie, et chercha quelques secondes de quoi il voulait parler. Mais elle n’eut pas à réfléchir longtemps, le fait que ce soit leur chef qui ait tranché en défaveur de Solÿn pour savoir qui dormirait sur une chaise dans le couloir faute d’avoir réservé le bon nombre de chambres s’imposa vite à son esprit.

   - De t’avoir attribué la chaise ? avança-t-elle. Oui, on peut dire ça.
   - Je note qu’il faudra symboliquement l’inviter -ainsi que la chaise- pour le mariage, déclara-t-il. Je prends la chaise comme témoin si ça te va, ajouta-t-il très vite, je te laisse la Connétable.
   - Je crois qu’on a un peu de temps avant de se poser ce genre de ques…

   Elle fut interrompue par le rire étouffé de Solÿn, et haussa un sourcil, intriguée. La voix entrecoupée de rires, il s’expliqua.

   - Désolé, je viens d’essayer de l’imaginer en demoiselle d’honneur, à attendre de recevoir le bouquet.

   Adelheidy rit à son tour. Il était vrai que l’image prêtait à sourire. La scène était fort peu probable, connaissant le passé d’Aurys, mais ça n’avait pas d’importance. Leurs rires cessèrent, et un nouveau moment de silence passa, chacun perdu dans ses pensées, goûtant la soirée. Mais l’heure tournait, et il fallait bien qu’à un moment, elle se termine. La jeune femme se tourna vers le médecin, et le regarda tendrement.

   - Allez, je crois qu’il est temps de retrouver cette auberge, et le lit qui va avec, dit-elle doucement.
   - J’ai bien fait de prendre des chambres confortables, alors, remarqua-t-il.
   - Et si tu veux seulement dormir, ce n’est vraiment pas un problème, ajouta-t-elle avec gentillesse.

   Elle posa un baiser rapide sur ses lèvres, elle mourait d’envie d’aller plus loin, mais elle ne voulait pas le forcer. Il lui remit en place une mèche de cheveux rebelle, avant de lui murmurer.

   - Ne nous mettons pas de pression.

    Elle acquiesça, résignée à faire des concessions malgré son désir. Elle lui serra la main plus fort quelques secondes, et commença à marcher en direction de l’auberge.

   - Allons dormir, alors.

   Ils marchèrent dans les rues de la capitale à pas lents, comme pour prolonger cette soirée le plus longtemps possible. Leurs mains ne se séparèrent pas, et la jeune femme eut même l’impression que le barde se laissait guider. Elle ne pensait pas encore aux conséquences, refusant de sacrifier son bien-être, mais il finit par rompre le silence.

   - Et, hum, comment va-t-on justifier ma présence dans ta chambre, demain matin ?
   - Tu veux vraiment dormir sur cette chaise ? demanda-t-elle en retour.
   - Quelle question ! s’exclama-t-il. Je me disais juste qu’on pourrait accorder nos violons maintenant.

   Il n’avait pas tort, autant régler ces détails pendant le trajet. Elle réfléchit à une raison crédible et qui ne soit pas inconvenante, mais elle ne trouva rien de bien évident.

   - Si tu te réveilles plus tôt et retournes sur la chaise avant que les autres se lèvent ? proposa-t-elle.
   - Me réveiller plus tôt que Balthamus ou Savera ? fit-il, dubitatif. Je ne suis qu’un homme, tu sais.
   - Pas faux, concéda-t-elle.
   - Sinon, il suffit de dire que ta chambre possède une chaise ou un fauteuil plus confortable, donc tu m’as gentiment proposé de dormir dessus ? avança-t-il à son tour.
   - Je dirai que j’ai eu pitié en te voyant grelottant, plié sur ta chaise, ajouta-t-elle.
   - Parfait. Ta grande bonté, ça ne surprendra personne, dit-il sérieusement.

   Elle haussa les épaules. Elle était quelqu’un d’altruiste, elle ne pouvait le nier, mais elle doutait quand même que ce soit suffisant pour faire passer l’idée qu’elle ait accepté le médecin dans sa chambre pour la nuit. Elle ne put s’empêcher d’ajouter :

   - Ça aurait été plus crédible si tu avais été une plante, mais bon…
   - Certes.

   Lui non plus n’était pas entièrement satisfait du plan, et il continuait à chercher une autre solution. Ils avaient atteint la porte de l’auberge, devant laquelle ils s’arrêtèrent. Elle soupira.

   - Je ne vois pas mieux, de toute façon. C’est ça ou sortir par la fenêtre, et revenir au petit-déjeuner en disant que tu as trouvé un ancien ami pour te loger, dit-elle alors que l’idée venait de germer dans son esprit.
   - J’allais le dire, rétorqua-t-il, ayant visiblement eu la même pensée qu’elle. Mais mes talents de monte en l’air sont sans doute un peu rouillés. Quoique… depuis ce voyage au manoir de Sangre…

   Il toussa, un peu gêné. Visiblement, il ne tenait pas à discuter de ce qu’avait été cette formation qu’il était allé suivre dans la demeure de leur ancienne Chambellane. Cela importait peu à Adelheidy, de toute manière, focalisée sur la soirée.

   - On verra dans quelle forme tu seras demain matin, le provoqua-t-elle en riant.
   - C’est un défi ?

Elle rit à sa réponse, les yeux brillants. Elle savait qu’il ne pourrait pas résister à sa petite bravade. Elle fit semblant de n’avoir pas fait exprès.

   - Si tu veux.
   - Tu devrais le savoir, si on m’attaque par l’égo, je ne réponds plus de rien. Connétable ou pas, crâna-t-il.
   - Comment oublier ça ? admit-elle en secouant la tête.
   - En montant à l’étage, peut-être ? proposa-t-il, un large sourire sur le visage.
   - Ah, bonne suggestion, répondit-elle.

   Après une grande inspiration, elle franchit le seuil de l’établissement, tenant toujours l’homme par la main. Ils montèrent les marches le plus silencieusement possible, et traversèrent le couloir sur la pointe des pieds alors qu’ils passaient devant les portes des chambres de leurs compagnons. Au passage, Adelheidy jeta un regard entendu vers cette fameuse chaise, et Solÿn lui fit un grand geste de dénégation. Il était hors de question qu’il passe la nuit sur ce meuble inconfortable. Dans un souffle, elle lui murmura :

   - Elle n’est pas si mal.

   Puis elle alla à la porte de sa chambre, l’ouvrit et entra en silence. Derrière elle, le médecin regardait la chaise avec compassion.

   - La pauvre, elle va se sentir bien seule, marmonna-t-il entre ses dents.

   Il hésita un instant sur le seuil, réalisant que ce pas compterait sûrement beaucoup plus que bien d’autres. Il inspira un grand coup. Sa décision était prise, il entra à son tour, et referma délicatement la porte. Il se retourna vers la jeune femme qui lui sourit doucement. Lentement, tout en tendresse, elle s’approcha de lui et glissa ses bras autour de son cou, puis vint poser ses lèvres contre les siennes. Le baiser était doux, sensuel. Il l’enlaça, les mains posées sur sa taille.

   Lorsque leurs bouches se séparèrent, elle s’écarta un peu de lui, le regardant intensément. Son cœur battait la chamade, et elle refrénait son envie d’étreindre cet homme avec passion. Sa voix laissait entendre une pointe de résignation quand elle reprit la parole.

   - Il est temps de dormir, maintenant.

   Mais ils restèrent encore un moment debout, enlacés. Ils savouraient ce moment, ultime hésitation avant de décider de ce que serait faite cette nuit. Il se pencha finalement sur elle, et l’embrassa tendrement, tout en l’entrainant délicatement vers le lit. Elle sentit une bouffée de chaleur l’envahir, se laissant guider jusqu’à la couche en resserrant son étreinte.

15
Littérature, Fictions / Doutch écrit aussi, un peu...
« le: jeudi 09 juillet 2020, 13:10:10 »
Ça fait bien longtemps qu'on joue ces personnages. Le mien a été créé il y a un peu plus de 7 ans, et le sien, je ne sais pas exactement, mais un peu plus (ptet un ou deux ans). Et ils se connaissent depuis 7 ans, puisque j'ai créé mon perso dans l'objectif de rentrer dans cette guilde. Mais bon, du coup, la suite !

La Fête du Feu
partie 3

   Il la regarda tendrement, ce qui eut pour effet de faire refluer ses soucis. Sur un ton amusé, il lui répondit :

   - Eh bien, je ne pense pas prendre Kothran et Lomah comme modèles, mais je dirais que s’ils ont réussi… Et puis, tu es plus fine que Lomah, et moi plus subtil que Kothran, tu ne crois pas ?
   - Encore à manquer de respect à tes supérieurs, s’esclaffa-t-elle !
   - Evite juste de te faire rajeunir dans un corps de seize ans. Ou d’exploser dans ta chambre du Beffroi.

   Adelheidy rit à l’évocation des mésaventures de leur ancienne Chambellane, expériences qu’elle ne comptait vraiment pas vivre un jour.

   - Je n’y tiens absolument pas, tu peux d’ores et déjà être rassuré.
   - Je t’en saurai gré. Je doute que l’expérience soit plaisante, remarqua-t-il.
   - Je ne veux jamais savoir ! dit-elle avec véhémence.
   - Nous sommes bien d’accord, alors, conclut-il.

   C’était étrange de repenser à ces événements qui avaient eu lieu des années auparavant, dans leur ancienne place forte, à quelques encablures de la cité où ils se trouvaient actuellement. Aujourd’hui, Lomah avait quitté leurs rangs pour vivre des jours heureux dans son manoir familial, à deux quartiers d’ici. Les événements qui avaient amené leur officier à changer de corps avaient été tragiques, cependant, ce soir, elle préféra en rire. Elle lui dit donc, l’air faussement soucieux :

   - Mais qui sait… peut-être pour faire enlever ces vilaines cicatrices…

   Elle regarda vers son épaule, où la balle l’avait touchée quelques soirs plus tôt. Masquée sous le bandage s’y trouvait une imposante cicatrice, souvenir permanent de l’épieu maudit qu’elle avait reçu dans la forêt drustvari. A l’époque, déjà, c’était l’homme contre lequel elle était appuyée qui l’avait veillée et soignée. Se doutait-il à ce moment-là qu’ils s’embrasseraient à la lueur du grand brasier de la fête du Feu ?

   - Les tiennes ne te barrent pas le visage, mais au moins, elles te donnent un peu de caractère, dit-il en touchant machinalement le bandeau qui cachait son œil mort. Il ne faut pas oublier que même si tu t’occupes de l’intendance, tu es une féroce guerrière de l’Ost Pourpre avant tout.
   - Hé, on est tous sensés savoir se battre, non ? rétorqua-t-elle. Et éventuellement pouvoir se prendre des épieux par surprise dans la forêt drustvari…
   - Exactement. Savera te dirait que les cicatrices sont les médailles des vrais guerriers, ou quelque chose de très martial dans le genre, dit-il sur un ton affecté.
   - Mouais, hésita-t-elle, ce n’est pas toujours esthétique quand même. Toutes ces robes que je ne peux plus mettre ! acheva-t-elle sur un ton évaporé pas très convaincant.
   - Ça ne t’a pas empêchée d’être une fantastique gourgandine sur scène.

La flatterie libéra en elle une bouffé de chaleur. Il fallait bien reconnaître qu’elle avait adoré interpréter le rôle de Béatrice dans la pièce qu’ils avaient jouée quelques semaines plus tôt, à Boralus. Et que la robe qu’elle avait portée pour l’occasion ne couvrait pas grand-chose. Un peu gênée à ce souvenir, elle opta pour la technique qu’utilisait le plus souvent l’homme en face d’elle dans de telles situation : l’exagération.

   - C’était le rôle de ma vie !
   - Ou peu s’en faut, sourit-il, à ceci près que Daïne aurait pu te faire avaler tes dents si on l’avait laissée faire.

   Solÿn se mit à rire, et elle se remémora la séance de répétition, où la naine, tellement investie dans son rôle, avait manqué d’insulter et frapper sa supérieure quand elle avait découvert que le personnage joué par cette dernière était une traîtresse qui souhaitait apporter la ruine au royaume dirigé par le protagoniste qu’elle interprétait. La jeune femme rit à son tour, et sa voix en portait encore les échos quand elle parla.

   - J’avoue, j’ai eu un peu peur à la répétition, dit-elle en serrant la main du barde un peu plus fort.
   - J’aurais fait rempart de mon corps frêle, affirma-t-il, vantard.

   Elle posa la tête dans le creux de son cou, y déposant un baiser au passage. Elle imagina la scène, et ne vit qu’une réponse possible.

   - Ça aurait été une mort valeureuse.
   - Bon, d’accord, je l’aurais laissé faire, admit-il. Puis je t’aurais rafistolée, comme à chaque fois.

   Il la regarda avec son air le plus angélique. Décidément, il ne pouvait pas s’en empêcher. Mais elle savait que c’était une des choses qui lui plaisait chez lui. Il était parfois très agaçant, mais au moins, il ne passait pas son temps à débiter d’ennuyeuses platitudes. Néanmoins, elle ne pouvait laisser passer ça impunément, et lui donna un petit coup dans le ventre en riant.

   - Hé, ce n’est pas ma faute, s’offusqua-t-il : elle a un gros marteau.
   - Tu-es-im-po-ssible, dit-elle en secouant la tête.
   - Mais je te fais rire en l’étant, répondit-il d’un air faussement contrit, alors pourquoi m’arrêter ?

   Elle le regarda intensément, toujours souriante. Sa voix devint aussi douce qu’une caresse.

   - T’ai-je demandé d’arrêter ?
   - Hé bien… non, répondit-il sur le même ton.

   Elle passa alors une main derrière sa tête, et s’approcha doucement, pour l’embrasser à nouveau. Il lui rendit son baiser avec tendresse. Une sensation de douceur et de bien être envahit la jeune femme, et quand leurs lèvres se séparèrent, elle se sentait comme sur un petit nuage. Contre elle, l’homme soupira.

   - Je risque d’avoir du mal à m’en passer.

   La main toujours posée sur sa nuque, elle s’écarta de son visage, et appuya son front contre sa poitrine. Dans un murmure, elle répondit :

   - Je crois que moi aussi.

   Il lui caressait doucement les cheveux, et tous les deux savouraient ce moment de tendresse. Elle ne voulait pas encore penser aux futures complications, seulement profiter de cette soirée.

   - Mais nous n’en sommes pas encore à devoir nous en passer, non ? dit-elle avec une pointe d’inquiétude dans la voix.
   - Sainte Mamie de la Lumière, non, s’exclama-t-il. Je suis altéran, pas fou. Je garderai ce souvenir précieusement dans ma mémoire, cette nuit quand je grelotterai de froid sur la chaise promise par la Connétable.

   Fidèle à lui-même, il accompagna cette déclaration de grands gestes dramatiques. Adelheidy sourit, secouant la tête, attendrie. C’était vraiment un cabotin de première, pensa-t-elle, mais elle ne s’en offusqua pas, au contraire. Ce soir, elle pouvait être un peu elle-même, et non pas l’Intendante qui devait garder une certaine distance avec ses troupes. Elle lui répondit sur un ton outré.

   - Si toute cette soirée n’avait pour but que de trouver un lit pour cette nuit, je suis très offensée !

   Elle rit alors de bon cœur, et il la regarda comme si sa remarque l’avait choqué. C’était d’ailleurs peut-être un peu le cas, mais elle n’était pas mécontente de son effet. Il prit un ton scandalisé.

   - Comment ? Adelheidy Hamar, tu es une vraie friponne !

   La jeune femme ouvrit de grands yeux innocents, battant légèrement des cils.

   - Développe, s’il te plaît, demanda-t-elle impérieusement.
   - Et la tradition dans tout ça ? Je dois d’abord aller demander ta main à ton père aux Carmines, lui proposer un prix honnête et légèrement surévalué, trinquer avec lui à notre bonheur puis t’emmener sur mon cheval fringant jusqu’au prêtre…

   Spontanément, elle éclata de rire. Elle ne souhaitait pour le moment que profiter de la nuit, et imaginer déjà officialiser quelque chose lui semblait ridicule. Elle se fit tout de même à ce moment la réflexion qu’ils n’étaient pas issus du même monde. Il venait de la noblesse, et dans la noblesse, les filles ne connaissaient pas leurs premiers émois dans une grange à foin à la fin de l’adolescence. Evidemment, même à la campagne, il fallait rester discret, on n’était pas sensé batifoler avant d’officialiser, mais personne n’était dupe, et il n’était pas rare qu’une grossesse soit la cause d’une union plutôt que sa conséquence. Mais pour lui, il semblait inimaginable qu’elle puisse déjà avoir une certaine expérience dans le domaine, même si, il fallait bien l’avouer, les occasions avaient été extrêmement rares depuis son entrée dans l’Ost. Il continua d’ailleurs sur sa lancée.

   - Je ne voudrais pas qu’on m’accuse d’avilir une femme aussi honnête et droite.
   - Je dois être trop pragmatique, assena-t-elle. Une chambre d’auberge, loin du Beffroi, c’est une occasion qui ne se présentera pas de sitôt.

   Elle le vit s’étrangler, et s’en amusa intérieurement. C’était un plaisir de lui damer un peu le pion, lui qui était toujours si sûr de lui. Ravie de son effet, elle ajouta :

   - Je sais que je ne t’arrive pas à la cheville, mais je pense que tu surestimes mon innocence. Cela étant, je peux partager mon lit uniquement pour dormir, si tu préfères.
   - Je comprends mieux les allusions à la gourgandine, maintenant, répondit-il, comme choqué.

   Adelheidy haussa les épaules. Elle continua sur son avantage, choisissant ses termes avec soin, pour jouer sur cette dualité entre son éducation et son mode de vie.

   - Je ne voudrais pas choquer ta morale.
   - Ma quoi ? fit-il, conscient qu’elle savait parfaitement qu’il n’en avait pas. Pardon, un insecte a bourdonné dans mes oreilles.

   Sa réaction la fit rire. Il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi bien, à pouvoir converser sans arrière-pensée hiérarchique, à pouvoir dire ce qu’elle avait envie de dire, et non pas ce qu’elle devait dire. Il la regarda de nouveau de son air de tragédien.

   - Mais bon, s’il faut en arriver à de telles extrémités pour avoir le droit de profiter d’un lit plutôt que d’une chaise… dit-il avant de passer le revers de sa main sur son front dans un geste théâtral, je suivrai les ordres de ma supérieure.
   - Je savais que c’était l’unique but de cette soirée, soupira-t-elle en souriant.

Pages: [1] 2 3 ... 294