Auteur Sujet: [Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2  (Lu 82195 fois)

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[Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2
« Réponse #105 le: vendredi 11 septembre 2020, 12:48:34 »
Syl
Soir du sixième jour avant la fin
Souterrains
Comme un air de déjà vu

Alaïa et moi marchions en silence dans le réseau souterrains. Le groupe s'était séparé. Non sans regrets, mais nos objectifs actuels divergeaient trop pour que l'on continue ensemble. Dans tous les cas, j'avais la certitude de rencontrer en ce groupe hétéroclite des alliés fiables. Cette pensée me réchauffa le coeur : cela faisait bien longtemps que je n'en avais pas trouvés.
Cheiralba souhaitait poursuivre sa quête de vengeance. De mon côté, je voulais reprendre mon enquête dans le Cercle. Alaïa avait émis le souhait de venir avec moi, et je n'avais pas eu coeur à la refuser. Elle présentait quelques affinités magiques, certainement pas assez pour qu'Alkebath l'accepte, mais je ne pouvais refuser le luxe d'un allié supplémentaire.
Et puis, il y avait son bras. Nous n'avions pas encore réfléchi à la question : devait-elle le montrer aux yeux de tous les mages, devenant certes une curiosité aux yeux de certains, mais d'autres pourraient nous renseigner sur des cas semblables, ou au contraire le cacher, perdant ainsi toute possibilité d'apport de connaissance par un mage. Le choix lui appartenait.
ㅡ Avant toute chose, je te dois des explications sur ce qui se trame dans le Cercle.
Je pris quelques secondes avant de continuer :
ㅡ Bien évidemment, ce que je vais dire reste entre nous...
Alaïa hocha la tête, approuvant ma demande implicite. Je repris :
ㅡ Tout n'est pas aussi simple que tu ne le penses. Comme tu le sais, le Cercle regroupe tous les sorciers, mages, enchanteurs, druides, chamans, astromanciens et autres telluristes en fuite face à la Croisade. Si certains ont trouvé un refuge, attendant que les choses se tassent pour simplement vivre en cachant leur pouvoir, d'autres n'ont pas supportés cet affront. Alkebath...
Je m'interrompis un instant, songeuse.
ㅡ Mais évidement tu ne sais pas qui est Alkebath.
Alaïa ne répondit pas, attendant que je continue mon récit. Pour qu'elle comprenne pourquoi j'étais inquiète vis à vis des projets de l'elfe, j'étais obligée de lui raconter son histoire, du début. L'omettre rendrait mon appréhension infondée et complètement disproportionnée.
ㅡ Pour que tu comprennes bien la situation, je vais devoir commencer du début. Cela remonte à mon arrivée à Miderlyr, quelques jours avant la Fracture. Je venais d'obtenir l'autorisation d'accéder à la bibliothèque du Collégium. Rapidement, Alkebath m'a abordée. Simple étudiant, il voulait une démonstration d'invocation, et éventuellement quelques conseils. Pour lui et son groupe de potes. Je sentais que quelque chose de pas net se profilait. J'ai accepté. Et il m'a présenté Imielda.
Je soupirai au souvenir de la jeune fille. Mon récit succinct me ramenait trois ans en arrière, dans le maelstrom d'émotions de cette fameuse nuit. Je me repris :
ㅡ Imielda n'était pas qu'une simple étudiante. Je ne sais pas trop ce qu'elle était, mais elle avait monté une sorte de culte dans le Collégium afin de mener un rituel abject. Et son objectif était d'invoquer un prince démon.
ㅡ Rien que ça... murmura Alaïa.
ㅡ Et Alkebath était son bras droit.
Je marquai un autre arrêt, songeant un instant sur ce que j'allais ajouter. La jeune elfe ne me laissa pas le temps :
ㅡ Et comment ça s'est terminé ?
ㅡ Imielda a pu mener à bien son invocation. Fort heureusement, une RepoussOmbre était également présente, elle a réussi à se débarrasser d'Imielda et nous avons... détruit le démon.
J'avais parlé de façon très détaché. Alaïa avait l'air songeuse. J'avais éludé beaucoup de détails, son imagination était sûrement en train de combler les trous de mon récit. Tant mieux. Je n'avais aucune envie de parler du duel des démons, et donc du mien, ni que c'était les derniers instants de Miderlyr avant l'ouverture de la Faille.
ㅡ Je ne sais pas comment Alkebath a survécu cette nuit là. Mais aujourd'hui, il contrôle la partie belliqueuse du Cercle. Il veut que les mages prennent la place qu'ils leur reviendraient de droit, en usant de la force si nécessaire. Il prévoit quelque chose pour les prochains jours. Un rituel sans précédent pour reprendre ses mots. L'influence qu'a eu Imielda sur lui est bien réelle, c'est pourquoi j'ai peur qu'il ne prépare quelque chose de terrible...
Peut être de pire que la Fracture. Cette pensée brûla mes lèvres, mais je ne pu me résoudre à prononcer ces mots. Je voulais rester positive. Mais il fallait se rendre à l'évidence : Miderlyr était instable magiquement. Le moindre rituel d'une trop grande envergure pouvait réveiller la Faille et ce qui s'y terrait. Ou déclencher une nouvelle cascade d'événements catastrophiques.
ㅡ Tu penses à quelque chose en particulier ?
ㅡ Pas vraiment. Il a distribué des bagues pour contacter les membres du Cercle, mais elle est louche. N... je n'ai pas encore pu en percer le secret.
Je me mordis la lèvre. Le nous m'avait presque échappé. Et contrairement au précédent, celui-ci ne se justifiait pas dans ma phrase. Alaïa ne réagit pas, se contentant d'un petit rire presque forcé :
ㅡ Effectivement, tu as passé pas mal de temps à courir dans les égouts.
J'eus un petit sourire amusé. Elle n'avait pas tort. Et même si, en soi, cette aventure m'avait fait perdre un peu de temps, ce n'était absolument pas du temps perdu, bien au contraire.
Le silence se fit suite à cette remarque, seulement brisé par le bruit de nos pas. Nous avancions dans un tunnel de roche, cicatrice laissée dans la terre suite à l'ouverture de la Faille. La pente était douce, remontant lentement mais sûrement vers la surface. Le sol irrégulier était faiblement éclairé par la lumière de nos lanternes, physique pour Alaïa, magique de mon côté. Il n'y avait aucun signe d'une présence humaine ou monstrueuse dans les environs, ce qui nous permettait de cheminer tranquillement.
Après quelques dizaines de minutes de marche, notre boyau déboucha dans un corridor, cette fois taillé par des mains. Le sol était lisse ainsi que les murs, sur lesquels on pouvait deviner des encoches pour y fixer des torches.
Je pris quelques secondes pour me repérer. Nous nous rendions à la cache principale du Cercle, où résidaient une partie des mages en fuite face à la Croisade, mais surtout où se trouvaient les ouvrages qui avaient pu être sauvés de l'Inquisition. Si Alaïa voulait se renseigner sur l'Estrobi, c'était là où elle devait commencer.
J'identifiais rapidement la route à suivre. Il nous fallait aller à gauche. Mais avant toute chose, j'éteignis la lumière qui m'éclairait jusque là. À partir de maintenant, il était bien plus probable de croiser des gens, et autant éviter tout risque. En voyant cela, Alaïa brisa le silence :
ㅡEt... Euh. Est-ce que tu pourrais... Je sais pas... Faire quelque chose pour dissimuler mon bras ? demanda-t-elle d'une voix étranglée.
Elle regardait le sol, visiblement gênée par cette demande.
ㅡ Bien sûr. Attends un peu...
Je commençais à concentrer notre magie, préparant un petit sort d'illusion.
Mauvaise idée fillette.
Je haussai un sourcil, enjoignant Thargraktrug à continuer.
Je ne sais pas comment son bras réagit à la magie. Et encore moins à un contact prolongé. Ce serait plus sage d'utiliser un moyen plus... Conventionnel.
Je m'interrompis. Il n'avait pas tort. Plongeant la main dans ma fidèle sacoche, j'en extrayais rapidement un gilet en tissu aux manches longues. Heureusement, Alaïa et moi avions la même stature.
ㅡ Mets ça ce sera le plus simple. Par contre, je n'ai pas de gants. Il faudra faire attention en ville le temps que l'on en trouve.
Alaïa me jeta un regard interrogateur. Je repris, répondant à sa question dissimulée :
ㅡ Je ne sais pas comment ton bras va réagir à la magie, et je n'ai pas envie d'avoir une mauvaise surprise au mauvais moment.
La jeune elfe hocha la tête. Elle semblait vouloir ajouter quelque chose, mais ne dit rien. Néanmoins, sa remarque me servait de rappel : j'avais moi aussi mon apparence à changer. Mes yeux vairons et ma chevelure de feu ne passeraient pas inaperçus.
Je m'en occupe fillette.
Mes cheveux prirent une teinte noire et mon oeil gauche devint vert tandis que la magie du démon faisait effet. Cela servit de déclic à la jeune elfe : mon apparence avait effectivement changé avant et après son kidnapping. Elle écarquilla les yeux, ouvrit la bouche prête à me questionner. Je fus plus rapide, répondant dans un petit rire :
ㅡIl vaut mieux qu'Alkebath ne me reconnaisse pas.
Ainsi qu'une autre personne... Encore une fois, je gardai cette remarque pour moi. Inutile d'inquiéter Alaïa au sujet d'Althanéa. Ni de la mettre au courant pour Thargraktrug.
Alaïa hocha simplement la tête, approuvant ma remarque et clôturant le sujet.


Notre escapade à la surface fut rapide et efficace. C'était la fin de journée, de nombreuses personnes déambulaient dans les rues, sans pour autant être une foule compacte. Quelques gardes patrouillaient, s'assurant mollement de la sécurité. Je sentais Alaïa tendue à côté de moi, mais les manches longues et les mains dans les poches suffirent à masquer la peau noire de son bras.
Nous trouvâmes sans peine une paire de gants pour la jeune elfe, qu'elle s'empressa d'enfiler dès qu'elle fut à l'abri des regards. Son bras était maintenant entièrement caché par des tissus. Nous fîmes quelques achats de provisions avant de regagner la tranquillité relative des tunnels sous la ville.
Le trajet jusqu'à la cache principale du Cercle se fit sans encombre. Nous étions encore proche de la surface et les créatures les plus dangereuses que nous pouvions croiser ici étaient des agents de la Croisade. Arrivée face à ce qui semblait être une impasse, j'activai la rune cachée sur le mur pour libérer le passage. Les pierres s'effacèrent sans un bruit, laissant une ouverture juste assez grande pour une personne. Je m'engageai la première, faisant signe à Alaïa de me suivre. Le mur se referma silencieusement derrière elle, ne laissant aucune trace de notre passage.
Le couloir débouchait très vite dans une petite salle déserte creusée à même la roche. Quelques sphères de lumière flottaient paresseusement, diffusant une lumière douce mais largement suffisante. De nombreuses ouvertures partaient dans toutes les directions, créant sans peine un dédale tentaculaire de galeries. Certaines étaient bien éclairées, d'autres plus sombres, de certaines provenaient des bruits de discussions ou de vie tandis que d'autres étaient complètement silencieuses.
Je me tournai vers Alaïa, lui glissant discrètement :
ㅡ Reste avec moi si tu ne veux pas te perdre.
La jeune elfe hocha la tête. Elle était calme, mais seulement en apparence. Son regard courrait partout et elle sursautait au moindre écho.
Sans hésitation, je m'engageai dans un petit couloir sinueux, sur la droite. J'étais très loin de connaître parfaitement le dédale, mais j'utilisais la magie pour me repérer. Je réussis à nous guider en évitant les rencontres (je n'avais pas spécialement envie de croiser quelqu'un que je connaissais) jusqu'à une petite alcôve fermée de rideaux opaques. Une petite sphère de lumière éclairait doucement la pièce, occupée d'un mobilier très simple : une table, trois chaises, deux lits. De quoi nous nous installer tranquillement et nous poser pour la nuit. Je pris néanmoins la peine d'indiquer la bibliothèque toute proche à Alaïa. Si elle voulait chercher des infos sur son bras, c'était un bon endroit pour commencer.
De mon côté, je voulais me reposer un peu. La journée avait été riche en action et en émotion. Un peu de repos ne pourrait que me faire du bien. C'est à ce moment qu'elle s'activa. La bague.
Elle frémit un instant, avant de s'éteindre et de redevenir le bijou simple qu'elle était. J'eus un instant d'abattement : évidemment que les choses s'enchaînaient sans me laisser le moindre répit. Puis je me repris. Après tout, je voulais me rendre utile pour cette ville. C'était un moyen pour moi de me repentir suite à tout ce que j'avais causé, d'une certaine façon. Je me reposerai plus tard.
J'attrapais prudemment la bague, et la sortit de ma poche. Le sortilège était des plus élémentaire. Un simple message mental lorsque la pierre passa dans mon champ de vision.
ㅡ Et bien. Alaïa, nous avons rendez-vous demain, à midi, dans les couloirs sous l'ancien Collégium...

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[Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2
« Réponse #106 le: dimanche 06 décembre 2020, 21:54:06 »
Cheiralba et Hundwiin
Vétéran
Jour 5 avant la fin
Ruines de la Volière
Pour Miderlyr et Drakonia


≪ Et maintenant, vous me dites que mon royaume a été réduit en cendres. Vous en êtes sûre ?
ㅡ Je n'y suis jamais allé, mais c'est ce qu'on sait des déclarations de l'Ambassadrice de la Tour d’Améthyste. Les Seigneurs-Djinns ont ravagé les terres de Drakonia. Ici, tous les membres de votre espèce ont été tués. Peut-être reste-t-il des survivants dans votre royaume, mais leur sort reste peu enviable au nôtre.
ㅡ Je dois me venger. Je dois les venger. Je dois restaurer mon pays. C'est ma responsabilité. ≫

Quelque chose s'était brisé chez Hundwiin. La vieille femme le revoyait tel qu'elle l'avait trouvé : faible et nécessiteux. Il avait besoin d'aide, mais rien de ce que disait Cheiralba ne lui permettait de se remettre sur pied. Il avait perdu ses amis, son royaume, sa sécurité. Il ne lui restait que Cheiralba.

≪ Si je puis-me permettre. Vous devez d'abord penser à vous. Si vous tenez à restaurer votre royaume et sauver les survivants, il faut que vous soyez vivant. Si leur roi est mort, qui viendra à leur secours ?
ㅡ Je ne suis pas un roi.
ㅡ Tant que nous n'avons pas la preuve du contraire, votre famille est morte et vous êtes le seul à avoir échappé à cet enfer. Votre père n'est certainement plus là. Vous êtes le roi.
ㅡ Je ne suis pas un roi. Je n'ai plus de royaume. Mais je vais le reconstruire. Je vous le promets.
ㅡ Ce n'est pas à moi de le promettre. Mais une promesse est une promesse. Tâchez de la tenir. Et pour cela, j'insiste, vous devez être en vie et libre. ≫

Le Draconien laissa un moment de silence s'installer. Les certitudes et les doutes se bouleversaient dans sa tête.

≪ Est-il prudent de quitter Miderlyr ?
ㅡ Pour aller où ?
ㅡ Je ne sais pas. Ailleurs. Établir un foyer de résistance. Lever une armée.
ㅡ Qui voudrait risquer sa vie pour un royaume qui n'est pas le sien ? Chaque royaume doit affronter ses propres ennemis. Ici c'est la Zandriarchie. Chez vous c'est la Cabale des Seigneurs-Djinns. Vous trouverez peut-être une aide auprès de la résistance, mais ils ne feront pas passer vos besoins avant les leurs.
ㅡ Tâchons qu'ils nous soient redevable alors.
ㅡ Nous ? Je ne pensais pas les aider. J'ai mes propres projets à réaliser.
ㅡ Vous voulez donc faire passer votre désir de vengeance au-dessus de la sécurité de tous et de l'espoir de restaurer un royaume déchu ?
ㅡ Je…
ㅡ Je crois comprendre que vous n'avez pas le courage d'essayer de sauver la cité. Ce que je ne comprends pas, c'est que cela ne vous ressemble pas. Vous avez tout fait pour sauver Alaïa, aux dépens de votre propre sécurité et voilà que vous faîtes preuve de lâcheté. Aider la Résistance, renverser la Zandriarchie ne serait bon que pour moi ? Vous êtes encore plus concernée que moi. ≫

En quelques secondes, le Draconien avait repris ses esprits et son autorité princière. Cheiralba avait un peu honte, mais pas tout à fait. Elle avait eu ses raisons de ne pas prendre part à la Résistance, mais elle avait changé dans les égouts de la ville. Elle n'était pas devenue une héroïne, mais mue par son désir de vengeance, elle avait oublié sa propre importance pour penser cette fois aux êtres qui lui étaient chers. Voilà qu'elle recommençait en voulant suivre la piste de cet étrange commanditaire. Était-ce si important ? Est-ce que cela ne pouvait pas attendre ? Elle avait peut-être sauvé Alaïa des griffes de Sébastide Hordefeu, mais était-elle en sûreté pour autant ? Les magiciens, les créatures hérétiques comme elles n'avaient pas le droit de vivre leur vie dans cette ville tant que l'inquisition serait là.

≪ Très bien. Rejoignons la résistance. Soyons prudents, mais rejoignons-la.
ㅡ Vous savez où la trouver ?
ㅡ J'ai travaillé avec eux pendant quelques années. Ne vous l'ai-je pas dit ? Je ne sais plus. J'ai mis à disposition mes capacités à soigner, mais je crois qu'il est temps d'offrir plus de ma personne. Peut-être pourrais-je jouer un rôle décisif dans cette bataille qui se dessine devant nous.
ㅡ Prêtons-nous mains fortes et je suis sûr que nous serons inarrêtable.
ㅡ Je ne partage pas votre confiance, mais votre enthousiasme fait plaisir à voir et m'encourage. Rejoignons les souterrains.
ㅡ Encore ? On a passé à peine une journée à la lumière du jour que déjà il faut se calfeutrer dans ces égouts immondes ?
ㅡ Vous ne pensez pas qu'ils puissent s'organiser aux yeux de tous. Nous vivons cachés.
ㅡ Vous avez raison. Pour Miderlyr et Drakonia.
ㅡ Pour Miderlyr et Drakonia. ≫

La vieille femme et le Draconien se levèrent de concert, l'un plus vite que l'autre, soulevant dans leurs mouvements un nuage de poussière. La Volière était devenu leur refuge temporaire, mais leur sécurité était précaire. Les deux nouveaux acolytes consultèrent pendant quelques instants le plan du réseau souterrain qu'ils avaient emporté du laboratoire.

≪ Ne vous inquiétez pas. Nous n'aurons pas longtemps à marcher. Si nous empruntons un rythme soutenu, nous y serons assez rapidement.
ㅡ Leur quartier général est si connu que ça ?
ㅡ Je n'ai aucune idée d'où se trouve le quartier général.
ㅡ Où allons-nous, alors ?
ㅡ A l'infirmerie, voyons.
ㅡ Evidemment. ≫



Cheiralba, Hundwiin et Aarath
Vétéran
Jour 5 avant la fin
Infirmerie de la résistante
Il y a des pointes

Alors que Cheiralba et Hundwiin s'approchaient de l'infirmerie, des voix leur parvenaient de manière distincte. Sans aucun doute, ils se criaient mutuellement dessus. D'un geste du doigt, la femme araignée fit signe au roi draconien de ne faire aucun bruit et d'écouter la conversation.

≪ Comment comptiez-vous l'interroger dans cet état ?! Vous êtes complètement inconscients ma parole ! Trois carreaux ! Un seul aurait suffit à l'endormir tranquillement pendant plusieurs heures. Avec trois, vous avez de la chance s'il tient la journée. Nous ne pourrons même pas l'interroger pendant des jours entiers s'il survit.
ㅡ C'était soit ça, soit il nous tuait tous. Et je vous rappelle que de toute façon, l'ambassadrice avait donné au départ l'ordre de le tuer.
ㅡ Depuis quand suivez-vous les ordres de cette traîtresse ? Nous sommes loyaux à Aube et à la Résistance. Pas à notre ennemi. Si elle veut le tuer, elle doit avoir de bonnes raisons. Nous avons tout intérêt à le garder vivant et à savoir ce qu'il se cache derrière cet assassinat.
ㅡ Vous aurez beau crier. Deux de nos gars sont morts pour le garder en vie.
ㅡ Peut-être pour rien. Je vais essayer de faire au mieux, mais je ne promets rien. ≫

Cheiralba choisit ce moment pour intervenir. Sa tenue était complètement défaite et quiconque regardait d'un peu près comprendrait qu'elle était sa véritable nature. Mais elle avait reconnu la voix du médecin. Elle avait eu affaire à lui à plusieurs reprises. A l'époque, ils étaient tous les deux des élèves du Docteur Malassius.

≪ Peut-être que je pourrais me rendre utile.
ㅡ Bonté divine ! Oserai-je croire à un miracle ? Cheiralba, est-ce bien toi ? Tu as tellement vieilli… Oui, pardon, ça ne se dit pas. Le temps a sur toi une emprise tellement différente. Et pourtant tu es toujours là. Je m'égare. Je suis juste stupéfait de te revoir après tout ce temps.
ㅡ Moi aussi, cela me fait plaisir de te revoir Handmond. ≫

A première vue, il ne ressemblait pas du tout à un médecin. Pas de tunique blanche, pas de costume similaire à Hordefeu. Il avait les bras nus et portait une simple veste sans manche surmontée d'une capuche qui lui couvrait seulement en partie ses cheveux bruns coupés courts. De mémoire, il avait toujours prétendu qu'il était plus facile de se laver les mains que de nettoyer ses manches. Une raison valable, mais qui avait toujours eu le don d'exaspérer le docteur Malassius.

≪ Bien sûr que cela me fait plaisir de te revoir, Cheiralba. C'est que je ne m'attendais pas à te voir. Bien sûr. Et que la Résistance va au plus mal. Je ne peux rien te révéler évidemment, mais je dois quand même te demander un service. Cela ne doit pas être un hasard si tu arrives maintenant.
ㅡ Il se trouve que j'ai également un petit service à te demander.
ㅡ Je crois malheureusement que je n'ai rien que je puisse t'offrir.
ㅡ Ton appui me suffira. Mon ami et moi souhaitons rejoindre la Résistance.
ㅡ Ce n'est pas trop tôt. Attends… tu viens de dire "ton ami" ? ≫

Dans un effet théâtral, Hundwiin choisit ce moment pour faire son apparition dans la lumière projetée dans la pièce. Les trois membres de la Résistance ne cachèrent pas leur surprise.

≪ Un Draconien. Je les croyais tous tués.
ㅡ C'est ce que je viens d'apprendre, hélas. De toute évidence, il en reste encore un. Et il a bien l'intention de faire tomber la Zandriarchie, détruire la Cabale des Seigneurs-Djinns et reprendre son royaume.
ㅡ Reprendre son royaume. Je dois rêver… D'abord l'arrivée miraculeuse de notre meilleure spécialiste en poison lorsqu'on nous avons affaire à un surdosage en narcoleptique et voilà qu'un membre de la famille royale draconienne fait son apparition.
ㅡ Ne me traitez pas avec déférence. Cheiralba m'a considéré comme son égal, et jusqu'à maintenant cela m'a plutôt bien réussi. J'ai l'intention de continuer ainsi. Si je parviens à récupérer mon royaume, peut-être alors cela fera de moi un bon roi. En attendant, je souhaite avant tout être un membre de la Résistance, si vous m'acceptez... ≫

Cheiralba était surprise d'heure en heure. Il avait retrouvé sa prestance et il jouait maintenant d'une diplomatie nouvelle qui arrivait à mettre en confiance de parfait inconnu. Elle-même se serait fait avoir par sa voix assurée et ses propos rassurants. En quelques instants, il avait pris l'attitude d'un meneur de troupe. Peut-être se révèlerait-il plus utile que ce qu'elle pensait.

≪ Je ne peux rien promettre au nom de la Résistance, mais je serais ravi de me battre à vos côtés. Aux côtés de tous les deux. Mais, je ne suis qu'un maillon… et comme je vous le disais, la Résistance n'est pas au meilleur de sa forme. Les rumeurs circulent que nous avons été découverts et que ce serait en lien avec ce Léonin. Pour l'instant, il n'est pas en état de dire quoi que ce soit, mais nous comptons bien l'interroger. Dès qu'il sera réveillé… Peux-tu faire quelque chose pour nous aider, Cheiralba.
ㅡ Je vais essayer. Mais tu dois me promettre d'essayer de nous faire rejoindre la Résistance.
ㅡ Je promets d'essayer. Quant à toi, je ne doute pas que notre "Empoisonneuse" ne puisse pas venir à bout de cet anesthésiant.
ㅡ Qu'avez-vous utilisé ? ≫

Handmond se retourna vers les deux résistants qui n'avaient pas dit un mot jusqu'à maintenant, ne comprenant qu'à moitié ce qu'il se passait et n'osant pas rapporter l'attention sur eux alors qu'ils se sentaient fautifs.

≪ Du venin d'aspic.
ㅡ Des rives de la Zalé'mon ou des Terres sauvages ?
ㅡ On ne sait pas. On nous a juste fourni ce poison en nous certifiant qu'il était efficace. ≫

Handmond leva les yeux au ciel et ne put s'empêcher d'intervenir.

≪ De toute évidence, c'est du venin de Vipera Aspis Milefica. Une vipère des Terres sauvages n'aurait pas eu autant d'efficacité. Les yeux sont basculés, la paralysie est flasque mais ne touche pas les organes vitaux. La durée d'une dose de contact avec le sang en intramusculaire est de plusieurs heures. Il a reçu trois doses. Outre le risque d'un arrêt respiratoire, je te laisse imaginer qu'il va mettre longtemps avant de pouvoir manipuler sa machoire.
ㅡ Il s'agit d'un Léonin, son organisme peut réagir différemment. Je n'en suis pas sûr, mais avec un peu de chance.
ㅡ J'espère aussi. En tout cas, cela veut dire qu'on n'a pas d'antidote connu.
ㅡ Connu non. Je n'ai pas d'antidote à te proposer. Mais essayons tout de même. ≫

Cheiralba dénoua sa tenue rapiécée relevant une bonne partie de son intimité, mais tous les yeux étaient braqués sur l'appendice se terminant par un dard qui restait jusqu'à maintenant dissimulé sous l'épaisse couche de tissu.

≪ Je vois qu'on ne se cache plus.
ㅡ A quoi bon.
ㅡ Je croyais que tu n'avais pas d'antidote.
ㅡ Je vais juste soutenir ses fonctions cardiaques et respiratoires, et j'en profite pour ajouter un petit stimulant pour que son organisme parvienne à éliminer le plus rapidement possible la toxine. D'ailleurs, si j'ai bien compris, c'est de votre faute s'il est dans cet état-là ?
ㅡ Oui, Madame.
ㅡ Dans ce cas, allez me chercher une sonde urinaire. Avec sa paralysie flasque, les sphincters vont se relâcher… Je suis déjà dans un état déplorable, je n'ai pas envie de patauger dans l'urine de chat. D'autant qu'on va forcer la diurèse...≫

Les deux acolytes restaient les bras ballants écoutant les paroles de la femme araignée sans vraiment les comprendre, toujours subjugués par la nature chimérique de Cheiralba.

≪ Bon, les deux lascards. Vous allez prendre le tube qui est là-bas, et vous allez lui enfoncer dans son orifice urinaire et on mettra l'autre extrémité dans un seau. Et je vous préviens… Il y a des pointes, donc ne faites pas les surpris.
ㅡ Cela me fait plaisir de travailler à nouveau avec toi, Cheiralba. Le Malassius aurait été fier de toi. Je m'occupe des fluides pendant que tu t'occupes du soutien interne.
ㅡ Je peux aider en quelque chose ?
ㅡ Hundwiin, je vous propose de surveiller vos deux assistants à ce qu'il fasse bien leur travail. ≫

Cheiralba avait eu le temps d'injecter son propre venin de sa composition que les deux que les deux Résistants étaient toujours en train de se passer à l'un ou l'autre la tube en plastique jauni. Hundwiin n'eut qu'à gronder une fois avant que l'un des deux s'en saisit une dernière fois et regarda avec colère son acolyte. Il commença à défaire le pantalon de son prisonnier et regarda avec dégoût ce qu'il s'apprêtait à faire. Il hésita trop longtemps et Hundwiin perdit patience et se chargea d'extraire l'origine urinaire de sa gangue de poil d'une main tandis que l'autre se saisissait de la sonde en poussant au passage son ancien propriétaire qui fut propulsé quelques mètres plus loin.

≪ Pour Miderlyr et Drakonia. ≫

A peine avait-il touché l'organe reproducteur du Léonin que ce dernier ouvrit les yeux. Tous les muscles se contractèrent d'un coup. Heureusement, les membres étaient solidement attachés, sinon quoi il se serait précipité sur le roi Draconien.

≪ Vous avez fait encore de la magie, Cheiralba.
ㅡ Je crois qu'il s'agit plutôt d'Hundwiin. Il a dû déclencher un réflexe primitif ou quelque chose dans le genre. Je vous avais dit qu'on ne pouvait pas prévoir la réaction d'un corps d'un Léonin.
ㅡ Détachez-moi ou je vous tue. ≫

Le captif avait déjà repris complètement connaissance. Malgré son pantalon en bas des chevilles, il semblait ne ressentir aucune pudeur. Seuls la colère et un plaisir à l'idée de torturer tout le monde se dessinait sur son visage.

≪ Permets-moi de mettre ta parole en doute. Je crois plutôt que si on te détache, tu nous tues. commenta Handmond.
ㅡ Je vous tuerai de toute façon. Mais si vous me détachez, je ne vous ferai pas trop souffrir.
ㅡ Partons plutôt du principe que nous pouvons nous rendre service. Tu as envie de nous tuer. On devait te tuer et on n'a pas respecté le contrat qui a été placé sur ta tête. On peut faire quand même mieux que ça. ≫

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[Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2
« Réponse #107 le: mardi 23 novembre 2021, 23:53:20 »
Alaïa et Syl
Vétéran
Cinq jours avant la fin
Ruines du Collégium
Le corps de la Bête




La rune était presque invisible, dessinée sur le mur. Syl me prit la main, me guida jusqu’à elle, et chuchota quelque chose que je ne pus entendre. Le mur disparut, laissant place à une immense galerie, qui semblait être le croisement de plusieurs autres plus petites, probablement protégées par des runes semblables. A peine nous y étions nous engouffrées que le mur derrière nous disparût. Soudain, semblant venir de nulle part, une voix se fit entendre, près de moi.
“Arrêtez vous ! Ne bougez plus !
Du calme, dit Syl, en sortant la bague ayant affiché le lieu de rendez-vous de sa poche. Nous avons été conviées ici.”

La voix ne répondit rien. Je senti l’air vibrer autour de moi; une inspection magique, sans doute. Je me tenais droite, sans rien dire, terrifiée à l’idée que l’on puisse découvrir mon bras. Mais quelque chose semblait… étrange. J’avais déjà subi des inspections de ce type, et je connaissais cette sensation. Mais quelque chose était différent, j’avais comme l’impression que mon bras était entouré, protégé par quelque chose. Lentement, je levai les yeux vers Syl, soupçonnant qu’elle devait y être pour quelque chose. Peu importe ce qu’elle faisait, je lui en étais reconnaissante.
“Toi, jeune fille aux cheveux noirs… tu as une…
Aura étrange. Je sais, c’est une conséquence de la Faille.
… Possible. Vous êtes libres de passer.”
Nous nous remirent à avancer; nous suivîmes les quelques personnes qui avaient fait irruption via les galeries environnantes et qui, après avoir subi l’inspection, s’engouffraient dans un tunnel complètement différent de ceux que j’avais l’habitude de parcourir : façonné par une main consciente, et non pas par les hasards de la Faille. L’entrée des sous sols du Collégium, sans doute.

Le Collégium. Cela faisait maintenant plusieurs années que je n’avais pas repensé à cet endroit. Pour beaucoup, c’était un symbole de la chute de la magie dûe à la Croisade, pour moi c’était le symbole d’un échec cuisant; au delà de toute considération personnelle, ce n’était qu’une ruine. Une ruine qui, fut un temps, avait eu son lot de créatures venues de là où débouchait la faille. Personne ne savait pourquoi ici plus qu’ailleurs, mais avec le temps, comme partout ailleurs, leurs apparitions se faisaient de moins en moins fréquentes. Quoiqu’il en soit, je ne me sentais déjà pas rassurée quand mes démarches solitaires m’entraînaient près du Collégium, mais les couloirs où Syl était en train de m’entraîner étaient beaucoup plus sinistres; tout ici semblait malsain. De ce qui avait été autrefois une académie prestigieuse ne restait que des cendres. Mais ses souterrains, qui avaient fécondé une multitude de complots en tout genres, semblaient avoir été épargnés par le cataclysme qui avait ravagé Mydelir. En les parcourant, j’avais l’impression d’être hors du temps; pas une brique n’avait été décalée, pas un mur n’avait cédé. Tout semblait parfaitement tel qu’il avait été avant l’apparition de la Faille. C’était très perturbant, jamais, en trois ans, je n’avais vu un endroit aussi préservé, surtout pas en dessous d’un bâtiment dont seul le nom et quelques pierres avaient subsisté.

Cela faisait quelques heures que nous ne marchions plus seules, et nous étions désormais entourées par une petite foule. Voir un aussi grand nombre de personnes réunies au même endroit, dans un lieu tel que la Faille, ne faisait que renforcer l’atmosphère particulière de ces ruines. Je prenais garde à ne pas m’éloigner de Syl, et à toujours la garder dans mon champ de vision. Je ne voulais pas me retrouver seule au milieu de cette foule inconnue. Enfin, nous arrivâmes sur ce qui semblait être un véritable théâtre, dans les sous sols du Collégium. Jamais je n’avais supposé qu’un tel endroit aurait pu exister, même si plus rien n’aurait du me surprendre. Des piliers soutenaient l’immense structure, et le tout prenait la forme d’un amphithéâtre. Syl et moi prirent place côte à côte; ma compagne de route semblait anxieuse. Je tentai d’approcher ma main de son épaule, dans un geste de réconfort, avant de me raviser : ce genre d’habitude était depuis longtemps oubliée. Mais il semblait que l’ancienne et candide Alaïa voulait se manifester, ne serait-ce que pour un bref instant.
“ Est ce que… tout va bien, lui ai-je demandé.
Nous en reparlerons plus tard. Ce n’est ni le lieu, ni le moment dit elle en jetant des regards partout autour d’elle.”
Je soupçonnai alors un lien avec Alkebath, et ce qu’elle m’avait raconté à son sujet. Mon imagination avait peut être amplifié (ou diminué, mais je n’envisageais pas cette possibilité) les faits, mais le Cercle semblait bien différent de ce que je pensais. Devant nous, au milieu de l’amphithéâtre, se trouvait une grande table en pierre, recouverte d’un drap noir. Sous le drap, il était possible de distinguer des formes. Des cadavres ? Possible, mais je me demandais quelle aurait été leur utilité. Après quelques minutes à attendre, le silence se fit parmi l’assemblée : un jeune elfe venait de faire irruption. Alkebath, probablement. Il avait un certain charme, avec ses cheveux bruns ténébreux, et un certain sens de la mise en scène. En des temps plus paisibles, il avait du être un grand séducteur, malgré son jeune âge. Il s’approcha de la grande table en pierre, puis se retourna de manière très théâtrale, afin de nous faire face. Puis il leva les bras, achevant de taire les quelques personnes qui osaient encore parler.

“Mes frères et soeurs. Cela fait trois ans que la Faille est apparue. Trois ans que nous vivons ainsi. Mais une grande avancée vient d’être faite. Pendant ces trois ans, j’ai étudié des arts qui m’étaient auparavant inaccessibles. J’ai acquis un savoir qui pourrait nous permettre de sortir de l’ombre. Je sais; ces paroles ont déjà été prononcées trop de fois. Et seul, le savoir ne vaut rien. Il est vrai. Mais des années de recherche m’ont permis de mettre la main sur l’outil de notre vengeance, la concrétisation de mon apprentissage. Longtemps j’ai gardé le silence; je n’avais pas toutes les clés. Je n’avais pas la clef. Mais désormais, je l’ai. J’ai retrouvé ce que je craignais à jamais perdu. Nous sommes à l’aube d’une ère historique, d’un événement comme il n’y en eût jamais. Aujourd’hui, nous qui avons été opprimés, avons enfin l’occasion de redevenir maîtres de notre destin. Mais avant d’en dire plus, voici sans plus attendre ce que j’ai retrouvé.”

Il souleva le drap noir. Sous celui-ci, se trouvait deux choses : l’une d’elle était un crâne aux canines proéminentes, probablement les restes d’un vampire ou autre créature nocturne. Mais l’autre… je n’avais jamais rien vu d’aussi perturbant. C’était une créature cornue, dont le corps semblait avoir été momifié. Il serait d’une main le crâne, et son visage était à jamais empreint d’une expression haineuse. Je tournai la tête vers Syl; elle ne bougeait pas, fixant avec horreur la chose sur la table.

“Ce que vous regardez, mes frères et soeurs, est le cadavre d’un démon, dit Alkebath avec fierté.
Alkebath, dit alors un jeune demi-elfe. Es tu en train de proposer de… ressusciter ce démon ?
Bien sûr que non, dit-il de manière arrogante. Ce démon a été vaincu, je ne pense pas qu’il soit en notre pouvoir de le ramener à la vie.
Dans ce cas… qu’allons nous en faire ?”

Alkebath fixa son interlocuteur quelques instants, puis sourit.

“ A l’aide de ces restes, nous allons créer une créature, bien plus puissante et bien plus terrifiante que n’importe quelle abomination sortie de la Faille. Tout du moins en apparence; la chose, maintenue sous notre contrôle, aura peut être assez de pouvoir pour détruire à elle seule tout la Croisade Zandriarchale. Et alors, dès qu’elle commencera s’attaquer à la population, et bien nous surgirons, de nulle part, pour sauver les citoyens. Nous serons leurs héros ! Nous serons des symboles ! Et plus grand encore que cela, mes frères et soeurs, nous serons les premiers à posséder sous notre contrôle une créature semblable à un démon ! Vous rendez vous compte ! Nous devenons, dès à présent, les véritables maîtres de ce monde ! Et ceci n’est peut être qu’un début; peut être qu’une nuée de choses semblables pourront être crées, rien qu’avec un seul corps ! Qui sait quels secrets cette dépouille pourrait livrer ?”
Merci à @Aleit pour mon avatar!