Auteur Sujet: [Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2  (Lu 22727 fois)

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[Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2
« Réponse #105 le: vendredi 11 septembre 2020, 12:48:34 »
Syl
Soir du sixième jour avant la fin
Souterrains
Comme un air de déjà vu

Alaïa et moi marchions en silence dans le réseau souterrains. Le groupe s'était séparé. Non sans regrets, mais nos objectifs actuels divergeaient trop pour que l'on continue ensemble. Dans tous les cas, j'avais la certitude de rencontrer en ce groupe hétéroclite des alliés fiables. Cette pensée me réchauffa le coeur : cela faisait bien longtemps que je n'en avais pas trouvés.
Cheiralba souhaitait poursuivre sa quête de vengeance. De mon côté, je voulais reprendre mon enquête dans le Cercle. Alaïa avait émis le souhait de venir avec moi, et je n'avais pas eu coeur à la refuser. Elle présentait quelques affinités magiques, certainement pas assez pour qu'Alkebath l'accepte, mais je ne pouvais refuser le luxe d'un allié supplémentaire.
Et puis, il y avait son bras. Nous n'avions pas encore réfléchi à la question : devait-elle le montrer aux yeux de tous les mages, devenant certes une curiosité aux yeux de certains, mais d'autres pourraient nous renseigner sur des cas semblables, ou au contraire le cacher, perdant ainsi toute possibilité d'apport de connaissance par un mage. Le choix lui appartenait.
ㅡ Avant toute chose, je te dois des explications sur ce qui se trame dans le Cercle.
Je pris quelques secondes avant de continuer :
ㅡ Bien évidemment, ce que je vais dire reste entre nous...
Alaïa hocha la tête, approuvant ma demande implicite. Je repris :
ㅡ Tout n'est pas aussi simple que tu ne le penses. Comme tu le sais, le Cercle regroupe tous les sorciers, mages, enchanteurs, druides, chamans, astromanciens et autres telluristes en fuite face à la Croisade. Si certains ont trouvé un refuge, attendant que les choses se tassent pour simplement vivre en cachant leur pouvoir, d'autres n'ont pas supportés cet affront. Alkebath...
Je m'interrompis un instant, songeuse.
ㅡ Mais évidement tu ne sais pas qui est Alkebath.
Alaïa ne répondit pas, attendant que je continue mon récit. Pour qu'elle comprenne pourquoi j'étais inquiète vis à vis des projets de l'elfe, j'étais obligée de lui raconter son histoire, du début. L'omettre rendrait mon appréhension infondée et complètement disproportionnée.
ㅡ Pour que tu comprennes bien la situation, je vais devoir commencer du début. Cela remonte à mon arrivée à Miderlyr, quelques jours avant la Fracture. Je venais d'obtenir l'autorisation d'accéder à la bibliothèque du Collégium. Rapidement, Alkebath m'a abordée. Simple étudiant, il voulait une démonstration d'invocation, et éventuellement quelques conseils. Pour lui et son groupe de potes. Je sentais que quelque chose de pas net se profilait. J'ai accepté. Et il m'a présenté Imielda.
Je soupirai au souvenir de la jeune fille. Mon récit succinct me ramenait trois ans en arrière, dans le maelstrom d'émotions de cette fameuse nuit. Je me repris :
ㅡ Imielda n'était pas qu'une simple étudiante. Je ne sais pas trop ce qu'elle était, mais elle avait monté une sorte de culte dans le Collégium afin de mener un rituel abject. Et son objectif était d'invoquer un prince démon.
ㅡ Rien que ça... murmura Alaïa.
ㅡ Et Alkebath était son bras droit.
Je marquai un autre arrêt, songeant un instant sur ce que j'allais ajouter. La jeune elfe ne me laissa pas le temps :
ㅡ Et comment ça s'est terminé ?
ㅡ Imielda a pu mener à bien son invocation. Fort heureusement, une RepoussOmbre était également présente, elle a réussi à se débarrasser d'Imielda et nous avons... détruit le démon.
J'avais parlé de façon très détaché. Alaïa avait l'air songeuse. J'avais éludé beaucoup de détails, son imagination était sûrement en train de combler les trous de mon récit. Tant mieux. Je n'avais aucune envie de parler du duel des démons, et donc du mien, ni que c'était les derniers instants de Miderlyr avant l'ouverture de la Faille.
ㅡ Je ne sais pas comment Alkebath a survécu cette nuit là. Mais aujourd'hui, il contrôle la partie belliqueuse du Cercle. Il veut que les mages prennent la place qu'ils leur reviendraient de droit, en usant de la force si nécessaire. Il prévoit quelque chose pour les prochains jours. Un rituel sans précédent pour reprendre ses mots. L'influence qu'a eu Imielda sur lui est bien réelle, c'est pourquoi j'ai peur qu'il ne prépare quelque chose de terrible...
Peut être de pire que la Fracture. Cette pensée brûla mes lèvres, mais je ne pu me résoudre à prononcer ces mots. Je voulais rester positive. Mais il fallait se rendre à l'évidence : Miderlyr était instable magiquement. Le moindre rituel d'une trop grande envergure pouvait réveiller la Faille et ce qui s'y terrait. Ou déclencher une nouvelle cascade d'événements catastrophiques.
ㅡ Tu penses à quelque chose en particulier ?
ㅡ Pas vraiment. Il a distribué des bagues pour contacter les membres du Cercle, mais elle est louche. N... je n'ai pas encore pu en percer le secret.
Je me mordis la lèvre. Le nous m'avait presque échappé. Et contrairement au précédent, celui-ci ne se justifiait pas dans ma phrase. Alaïa ne réagit pas, se contentant d'un petit rire presque forcé :
ㅡ Effectivement, tu as passé pas mal de temps à courir dans les égouts.
J'eus un petit sourire amusé. Elle n'avait pas tort. Et même si, en soi, cette aventure m'avait fait perdre un peu de temps, ce n'était absolument pas du temps perdu, bien au contraire.
Le silence se fit suite à cette remarque, seulement brisé par le bruit de nos pas. Nous avancions dans un tunnel de roche, cicatrice laissée dans la terre suite à l'ouverture de la Faille. La pente était douce, remontant lentement mais sûrement vers la surface. Le sol irrégulier était faiblement éclairé par la lumière de nos lanternes, physique pour Alaïa, magique de mon côté. Il n'y avait aucun signe d'une présence humaine ou monstrueuse dans les environs, ce qui nous permettait de cheminer tranquillement.
Après quelques dizaines de minutes de marche, notre boyau déboucha dans un corridor, cette fois taillé par des mains. Le sol était lisse ainsi que les murs, sur lesquels on pouvait deviner des encoches pour y fixer des torches.
Je pris quelques secondes pour me repérer. Nous nous rendions à la cache principale du Cercle, où résidaient une partie des mages en fuite face à la Croisade, mais surtout où se trouvaient les ouvrages qui avaient pu être sauvés de l'Inquisition. Si Alaïa voulait se renseigner sur l'Estrobi, c'était là où elle devait commencer.
J'identifiais rapidement la route à suivre. Il nous fallait aller à gauche. Mais avant toute chose, j'éteignis la lumière qui m'éclairait jusque là. À partir de maintenant, il était bien plus probable de croiser des gens, et autant éviter tout risque. En voyant cela, Alaïa brisa le silence :
ㅡEt... Euh. Est-ce que tu pourrais... Je sais pas... Faire quelque chose pour dissimuler mon bras ? demanda-t-elle d'une voix étranglée.
Elle regardait le sol, visiblement gênée par cette demande.
ㅡ Bien sûr. Attends un peu...
Je commençais à concentrer notre magie, préparant un petit sort d'illusion.
Mauvaise idée fillette.
Je haussai un sourcil, enjoignant Thargraktrug à continuer.
Je ne sais pas comment son bras réagit à la magie. Et encore moins à un contact prolongé. Ce serait plus sage d'utiliser un moyen plus... Conventionnel.
Je m'interrompis. Il n'avait pas tort. Plongeant la main dans ma fidèle sacoche, j'en extrayais rapidement un gilet en tissu aux manches longues. Heureusement, Alaïa et moi avions la même stature.
ㅡ Mets ça ce sera le plus simple. Par contre, je n'ai pas de gants. Il faudra faire attention en ville le temps que l'on en trouve.
Alaïa me jeta un regard interrogateur. Je repris, répondant à sa question dissimulée :
ㅡ Je ne sais pas comment ton bras va réagir à la magie, et je n'ai pas envie d'avoir une mauvaise surprise au mauvais moment.
La jeune elfe hocha la tête. Elle semblait vouloir ajouter quelque chose, mais ne dit rien. Néanmoins, sa remarque me servait de rappel : j'avais moi aussi mon apparence à changer. Mes yeux vairons et ma chevelure de feu ne passeraient pas inaperçus.
Je m'en occupe fillette.
Mes cheveux prirent une teinte noire et mon oeil gauche devint vert tandis que la magie du démon faisait effet. Cela servit de déclic à la jeune elfe : mon apparence avait effectivement changé avant et après son kidnapping. Elle écarquilla les yeux, ouvrit la bouche prête à me questionner. Je fus plus rapide, répondant dans un petit rire :
ㅡIl vaut mieux qu'Alkebath ne me reconnaisse pas.
Ainsi qu'une autre personne... Encore une fois, je gardai cette remarque pour moi. Inutile d'inquiéter Alaïa au sujet d'Althanéa. Ni de la mettre au courant pour Thargraktrug.
Alaïa hocha simplement la tête, approuvant ma remarque et clôturant le sujet.


Notre escapade à la surface fut rapide et efficace. C'était la fin de journée, de nombreuses personnes déambulaient dans les rues, sans pour autant être une foule compacte. Quelques gardes patrouillaient, s'assurant mollement de la sécurité. Je sentais Alaïa tendue à côté de moi, mais les manches longues et les mains dans les poches suffirent à masquer la peau noire de son bras.
Nous trouvâmes sans peine une paire de gants pour la jeune elfe, qu'elle s'empressa d'enfiler dès qu'elle fut à l'abri des regards. Son bras était maintenant entièrement caché par des tissus. Nous fîmes quelques achats de provisions avant de regagner la tranquillité relative des tunnels sous la ville.
Le trajet jusqu'à la cache principale du Cercle se fit sans encombre. Nous étions encore proche de la surface et les créatures les plus dangereuses que nous pouvions croiser ici étaient des agents de la Croisade. Arrivée face à ce qui semblait être une impasse, j'activai la rune cachée sur le mur pour libérer le passage. Les pierres s'effacèrent sans un bruit, laissant une ouverture juste assez grande pour une personne. Je m'engageai la première, faisant signe à Alaïa de me suivre. Le mur se referma silencieusement derrière elle, ne laissant aucune trace de notre passage.
Le couloir débouchait très vite dans une petite salle déserte creusée à même la roche. Quelques sphères de lumière flottaient paresseusement, diffusant une lumière douce mais largement suffisante. De nombreuses ouvertures partaient dans toutes les directions, créant sans peine un dédale tentaculaire de galeries. Certaines étaient bien éclairées, d'autres plus sombres, de certaines provenaient des bruits de discussions ou de vie tandis que d'autres étaient complètement silencieuses.
Je me tournai vers Alaïa, lui glissant discrètement :
ㅡ Reste avec moi si tu ne veux pas te perdre.
La jeune elfe hocha la tête. Elle était calme, mais seulement en apparence. Son regard courrait partout et elle sursautait au moindre écho.
Sans hésitation, je m'engageai dans un petit couloir sinueux, sur la droite. J'étais très loin de connaître parfaitement le dédale, mais j'utilisais la magie pour me repérer. Je réussis à nous guider en évitant les rencontres (je n'avais pas spécialement envie de croiser quelqu'un que je connaissais) jusqu'à une petite alcôve fermée de rideaux opaques. Une petite sphère de lumière éclairait doucement la pièce, occupée d'un mobilier très simple : une table, trois chaises, deux lits. De quoi nous nous installer tranquillement et nous poser pour la nuit. Je pris néanmoins la peine d'indiquer la bibliothèque toute proche à Alaïa. Si elle voulait chercher des infos sur son bras, c'était un bon endroit pour commencer.
De mon côté, je voulais me reposer un peu. La journée avait été riche en action et en émotion. Un peu de repos ne pourrait que me faire du bien. C'est à ce moment qu'elle s'activa. La bague.
Elle frémit un instant, avant de s'éteindre et de redevenir le bijou simple qu'elle était. J'eus un instant d'abattement : évidemment que les choses s'enchaînaient sans me laisser le moindre répit. Puis je me repris. Après tout, je voulais me rendre utile pour cette ville. C'était un moyen pour moi de me repentir suite à tout ce que j'avais causé, d'une certaine façon. Je me reposerai plus tard.
J'attrapais prudemment la bague, et la sortit de ma poche. Le sortilège était des plus élémentaire. Un simple message mental lorsque la pierre passa dans mon champ de vision.
ㅡ Et bien. Alaïa, nous avons rendez-vous demain, à midi, dans les couloirs sous l'ancien Collégium...

Fiertés ?
Citation de: Achi
Cap sensei a toujours raison.