Auteur Sujet: Écrits et tableaux  (Lu 23982 fois)

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Écrits et tableaux
« Réponse #75 le: vendredi 21 mai 2021, 00:05:59 »
Ne pas tomber amoureuse ne pas tomber amoureuse ne pas...

Tout est magnifique, la jolie demoiselle, la peinture, la perruche.
Mon Artstation avec mes dessins : par ici

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« Réponse #76 le: vendredi 21 mai 2021, 00:41:57 »
Sah quel plaisir un commentaire de Sentinelle :-* Merci !! <3

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« Réponse #77 le: dimanche 30 mai 2021, 01:44:44 »
Tadam. Le premier texte sorti pour le concours à Quatre Mains... Hmmm, est-ce que ça intéresse quelqu'un ?

LE JUDAS

Petit disclaimer : le texte met mal à l'aise (c'est le but). Hé oui, il traite de sujets un peu touchies.


Une trentaine de minutes auparavant — lorsque je m’étais glissée sous la couette —, le lit était terriblement froid. Il témoignait de la solitude qui m’enserrait ces derniers jours. En général, j’installais une bouillotte à ma place — celle tout à droite, juste à côté de la table de chevet et la veilleuse — et la mettais sur mon ventre pour me réchauffer moi, ainsi que le matelas. J’aimais cette chaleur extérieure qui comblait mon corps ; elle me rappelait une présence humaine à mes côtés, comme si quelqu’un me prenait dans ses bras.

J’étais en perpétuel manque de contact, même si, depuis quelques années, j’avais préféré m’isoler. J’avais coupé le cordon avec nombre de mes amis, et ce de manière naturelle. Je n’avais rien prémédité ; cela s’était fait progressivement et personne ne semblait avoir remarqué quoi que ce soit. Personne n’avait cherché à me recontacter. Parfois, lorsque le manque se faisait particulièrement sentir, je sortais le soir, j’allais m’installer à une terrasse et je tissais des liens avec des jeunes femmes. Souvent, elles appréciaient l’individu singulier que j’étais, alors elles me proposaient de coucher chez elles pour une nuit. Puis, si elles désiraient approfondir la relation, elles finissaient par se heurter à un mur. Je craignais de m’engager dans une nouvelle relation — amicale ou amoureuse, peu importait —, alors, toujours naturellement, je m’éloignais et me renfermais pour qu’elles m’oublient. Ainsi, j’arrivais à retrouver ma solitude. Solitude que je redoutais, mais qui faisait partie de moi malgré tout.

Ce soir-là, j’avais été saisie d’une sorte de paresse fulgurante, ou d’une sorte de lassitude du quotidien. Par conséquent, il n’y avait aucune bouillotte sur mon ventre. J’attendais simplement de m’être habituée à la température désagréable qui stagnait sous la couette. J’attendais en observant le plafond que je ne voyais pas parce qu’il faisait noir : les volets étaient hermétiquement fermés. Dehors, le bourdonnement des quelques voitures qui s’aventuraient sur la route était audible jusque dans l’appartement. J’écoutais sans vraiment écouter. C’était un bruit de fond. Je me demandai si, à mon étage, tous les résidents dormaient, ou si j’étais la seule encore éveillée. Puis je laissai mon esprit flotter.

Comme une réponse à ma pensée, la lumière du couloir s’actionna. Elle glissait sous ma porte et se répandait sur le carrelage — la porte vitrée qui communiquait avec l’entrée me permettait de voir ce qu’il se passait par-delà ma chambre. C’était quelqu’un qui rentrait d’une longue soirée, peut-être.

Plusieurs minutes s’écoulèrent, mais la lumière demeurait. Normalement, elle s’éteignait automatiquement au bout d’un certain moment. De plus, elle était orangée — alors qu’elle était jaune, et j’en étais sûre —, et particulièrement forte par rapport à l’accoutumée. Les copropriétaires avaient décidé de faire changer les ampoules du couloir ? Ils avaient aussi décidé que la lumière ne s’éteindrait plus automatiquement ? Intriguée, je me tirai du lit pour me rendre dans l’entrée. Le cache du judas était relevé — je ne le baissais jamais —, alors je plaçai un œil sur la lentille.

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« Réponse #78 le: mercredi 02 juin 2021, 02:22:22 »
Petit poème écrit à l'arrache en trente minutes pour évacuer l'angoisse liée à l'anniversaire qui approche (toujours dur dur de vivre les années qui passent).

Hier, j'ai retrouvé un petit martinet inerte sur mon balcon. Il était mort. Je ne sais pas ce qu'il lui est arrivé... Peut-être qu'il s'est cogné contre un mur ? En tout cas, il était magnifique. Je n'en avais jamais vu d'aussi près, sûrement parce que ces oiseaux ne se posent jamais (ils peuvent voler pendant dix mois sans interruption !!).

MARTINET NOIR

Étendu sur l’herbe factice, ventre à plat,
Je te vois
Qui es-tu ? D’où viens-tu ?
Tu es inerte, tu  ne bouges plus
Les ailes repliées, la queue ciselée
Petit bec noir et yeux renfoncés
Comment es-tu arrivé ici ?
Qu’est-ce qui t’a ôté la vie ?
Un accident, certainement

Je ne t’ai pas entendu te heurter,
Te blesser, et trépasser
Je me sens coupable,
Dissipée et incapable

Subtilisation de ton âme
Par le destin infâme
Pourquoi ne s’est-elle pas échangée ?
Avec la mienne, lasse et fatiguée
Toi, pauvre martinet
Tu possédais la liberté
L’innocence
Et l’inconscience
Ce que j’aurais pu te restituer
En échange d’une spiritualité
 
L’esprit loin de la fin
Contrairement au mien
Penchée sur la rambarde
Prête à laisser
Ce qu’à toi, on t’a retiré
Suis-je seulement légitime
dans mes convictions intimes ?

La douceur de ton plumage
Sous mes caresses sages
Je vais t’offrir dès à présent
Une chose qui, pour toi,
n’a nulle autre semblant
Une fleur d’orchidée
Simplement pour t’honorer
Toi, qui a perdu la vie
À ma place, sans l’avoir choisi

Je les vois, les tiens
Tournoyant dans le ciel
Sans craindre les lendemains
Te cherchent-ils désespérément
Comme une mère cherche son enfant ?

Petit oiseau sauvage,
Je me souviendrai
Lorsque je regarderai
Tes compagnons proches des nuages
Le destin qui t’a sacrifié
Pour me sauver de l’imminence
D’un trépas
préparé sans clairvoyance

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« Réponse #79 le: mardi 15 juin 2021, 22:30:48 »
Tadam. Le deuxième texte pour le concours à Quatre Mains ! Ce deuxième texte correspond à la deuxième manche, et nous devions intégrer un troisième personnage inédit dans le texte de notre binôme. Nous devions réécrire l'histoire avec le point de vue de ce personnage fraîchement créé. J'ai trouvé le thème plaisant, et je me suis bien amusée avec le texte de Doutchboune (ma binôme), Le temps des murmures. Je vous invite à aller le lire !

Idem, allez lire Émanation, le texte de Doutch basé sur le mien de la première manche, Le judas. C'est de la balle ce qu'elle a écrit.


LES MURMURES DU PRINTEMPS

Les murmures du Printemps sur Google Docs. C'est plus agréable à lire comme ça, je pense.

P. Avant que l’Hiver ne parvienne à trouver le repos, nous nous croisions dans une danse où se mêlaient le vent rude et la brise tiède. Nous nous balancions, nous nous entrelacions afin de trouver un commun accord, afin qu’il accepte de me céder sa place dans le calendrier des saisons. Les êtres humains avaient, certes, une date bien définie pour m’accueillir — le 20 mars —, mais la transition n’était pas aussi nette que présentée. Je devais me lier avec l’Hiver, supporter son corps froid contre le mien avant que je puisse déployer mon essence dans la nature. Alors, chaque année, doucement, je l’accompagnais dans son antre rudimentaire pour le couvrir de son drap blanc lorsque notre ballet prenait fin. C’était seulement à ce moment-ci que je pouvais baller de tout mon soûl, seul, autour des arbres qui bourgeonnaient, des fleurs qui n’osaient se dévoiler, des feuilles qui peinaient à verdir et des animaux qui hésitaient à nourrir leur fourrure des agréables rayons du soleil. Je soufflais dans les branches pour réveiller la brise revigorante qui faisait remuer les battants des fenêtres et soulevait les cheveux longs. C’était la saison du renouveau, et je l’incarnais.

Tandis que je m’adonnais avec plaisir à ma tâche, je remarquai que, dans un parc proche d’une université, isolé dans une petite ville, un jeune homme se délectait de mon œuvre. Je l’observai avec attention : il contemplait les fleurs roses et blanches des magnolias et des orangers, toutes fraîchement écloses. Je remuai les parures des rameaux de mon souffle ; il caressa les joues de l’humain d’une tendresse à laquelle je ne m’attendais pas. Pourquoi avais-je été d’une telle douceur ? Je me dis que cela était peut-être un signe, un signe envoyé par la Nature elle-même. Sûrement me disait-elle : « Ne cherche plus. » Pourtant, à chaque période de mon entrée en ce monde, je devais chercher inlassablement. Encore et encore jusqu’à trouver la perle, celle qui accepterait de se confondre avec ma grâce pour l’éternité.

Plongé dans ma réflexion, je ne m’étais pas aperçu qu’il s’enivrait de la fraîcheur du temps. J’étais troublé de voir un tel individu, tant touché par mon travail et surtout, tant touché par mes premières esquisses. Lentement, il se dirigeait vers la sortie du jardin, poussé par mes soupirs qui s’engouffraient dans son dos. J’eus peur qu’il ne revienne pas ; j’avais le pouvoir de faire renaître la flore, mais pas de pister chaque être vivant qui s’entichait de mon labeur. Alors, comme je le faisais pour enjôler les bêtes qui n’osaient pas sortir de leur terrier, je chantai. Les oreilles humaines ne devaient percevoir que de faibles murmures, des murmures qui paraissaient lointains ; les animaux, eux, entendaient distinctement mes paroles : ils étaient davantage liés à la Nature que les hommes ne l’étaient. J’espérai que ma comptine le pousse à revenir me voir. Lorsqu’il fut sorti, je le suivis sur la moitié de son trajet. Puis je finis par me lasser, car les rues goudronnées ne m’intéressaient pas, quand bien même quelques pissenlits avaient réussi à pousser dans les fissures des trottoirs. Il disparut derrière un bâtiment en pierre. Cependant, je ne devais pas trop m’attarder au même endroit ; j’allais retarder ma venue sur d’autres territoires et empêcher l’uniformisation de la saison.

***
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Voilà ! Le prochain post sera un tableau. J'ai hâte. :-*
« Modifié: mardi 15 juin 2021, 22:32:31 par Neyrin. »

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« Réponse #80 le: mercredi 23 juin 2021, 14:46:25 »
PETITE RUELLE



(Cliquez pour afficher/cacher)

Nouveau tableau : Petite ruelle ! Il s'agit d'un cadeau pour l'anniversaire de ma mère qui arrive prochainement. Il reste plus qu'à attendre qu'il soit complètement sec pour l'emballer dans le joli papier cadeau que j'ai choisi. :-*
J'aurais aimé le peaufiner, peindre une deuxième couche sur le côté gauche du tableau (les habitations), ainsi que sur les escaliers... Mais par manque de temps, je n'ai pas pu. Je décolle de chez moi dans quelques jours, le tableau doit être emballé et il met plusieurs jours à sécher ; je ne peux donc pas faire des retouches de dernière minute.

Sinon dans le décor, le petit ours polaire est en laine cardée et fait par ma mère il y a des années. C'est pour ça qu'il a perdu une oreille et une patte. Plus jeune, je me suis prise d'affection pour ce petit ours et ma mère n'a jamais compris pourquoi (elle est comme moi : elle trouve que ce qu'elle créé, c'est moche).

J'ai beaucoup beaucoup beaucoup galéré sur ce tableau. Un mois pour le faire ! C'était chaud. Je n'ai jamais dessiné de bâtiments, je suis nulle en perspective, je n'ai jamais peint de chat, etc. Bref, je me suis lancée un gros défi. Comme d'habitude, je ne suis pas très satisfaite du résultat... Mais je ne suis pas Léonard de Vinci. Je suis débutante, il faut que je sois plus indulgente envers moi-même.

Toujours, vous retrouverez ci-dessous les étapes commentées de la conception du tableau.

(Cliquez pour afficher/cacher)
« Modifié: mercredi 23 juin 2021, 23:22:52 par Neyrin. »

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« Réponse #81 le: mercredi 23 juin 2021, 14:52:22 »
Vraiment super joli, ta mère a de la chance de recevoir un cadeau pareil !

Honnêtement, pour quelqu'un qui a pas l'habitude, tu t'en sors bien avec la perspective. Et même si ça t'a pris du temps, et que ce fut compliqué, les maisons rendent bien, je trouve.

Et ce chat est tellement choupi mignon qu'on a envie de lui grattouiller le ventre !

Bravo en tout cas, tu progresses à chaque toile, ça fait plaisir à voir.


"Je ne connaîtrai pas la peur car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien. Rien que moi."

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« Réponse #82 le: mercredi 23 juin 2021, 15:15:33 »
Merci beaucoup, ça me fait super plaisir !!

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« Réponse #83 le: jeudi 24 juin 2021, 03:21:54 »
C'est superbe ! Le tableau avait une ambiance un peu lugubre dans certaines étapes, et le résultat final est totalement différent et coloré, j'imagine que c'était le but recherché, et ça rend très bien. Bravo Neyrin. :miou:
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« Réponse #84 le: jeudi 24 juin 2021, 13:47:09 »
Merciiiii  *o* <3

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« Réponse #85 le: lundi 28 juin 2021, 21:25:14 »
Une fiction qui traînait depuis un moment dans mes fichiers Google Docs. J'ai réussi à la terminer récemment : une vague d'inspiration m'a traversée ! Je précise que dans cette histoire, le peuple Piaf ignore que l'humain qui est à l'origine de l'apaisement de Vah'Medoh est Link. Il n'est qu'un banal voyageur à leurs yeux, et le responsable de la régularisation de leur situation est Teba, l'héritier du Prodige Revali. Bonne lecture !

TIR D'AILE

Tir d'aile sur Google Docs. Je recommande plutôt de lire sous ce format.


Sous l’effet de plusieurs détonations, les résineux des montagnes se délestaient des oiseaux qui y avaient trouvé refuge. Un essaim de petits volatiles traversa le ciel brumeux sous les yeux ébahis d’un jeune voyageur. Quelques heures plus tôt, il avait déposé ses bagages au relais des Piafs et laissé son cheval aux bons soins de la palefrenière, le temps de recouvrer ses forces. Il mangeait silencieusement autour du wok qui accueillait un repas chaud et réconfortant avant d’être interrompu par ces bruits inhabituels.

Il se redressa, sous le choc, délaissant son bol garni du déjeuner copieux pour rejoindre le gérant du relais. La région n’était pourtant pas réputée inhospitalière depuis l’apaisement de la créature divine Vah’Medoh, qui par le passé, dissuadait tout étranger de fouler les terres tabantiennes. Le gérant, accoudé sur son comptoir, observait la scène avec un certain détachement : il devait s’être accommodé de ces perturbations qui paraissaient quotidiennes.

« Que se passe-t-il ?! D’où viennent ces explosions ?

— Ce sont des flèches explosives, m’sieur, répondit-il dans un soupir. C’est des hyruliens qui les envoient à destination des Piafs. Ils leur mènent la vie dure mais nous, nous ne pouvons rien faire, vous comprenez ? Ce sont des barbares. »

Le ciel fut constellé de petites déflagrations écarlates aux sons caractéristiques du danger. Les chevaux et les ânes se mirent à hennir et à braire. La palefrenière essaya tant bien que mal de calmer les bêtes paniquées. Les nouvelles flèches explosives éclatèrent dans l’épaisse fumée que les défuntes avaient formé avant elles. Puis, une silhouette aux grandes ailes déployées surgit du nuage noir : un Piaf.

Véloce et acrobatique, il esquivait la pluie de dards explosifs dirigée à son encontre. Il s’éloignait du village Piaf, certainement pour protéger les siens. La valse périlleuse se poursuivit durant plusieurs minutes avant que les premiers signes de faiblesse apparaissent : il volait de plus en plus bas. Alors il bifurqua vers les hautes montagnes d’Hébra. Dans cet endroit hostile pour les humains, il serait compliqué pour ses agresseurs de le poursuivre. Cependant, ces derniers ne comptaient pas laisser leur cible s’extirper de la bataille ; les flèches mortelles abondèrent de plus belle. Dans le chaos fumeux et rouge, il était impossible de distinguer la silhouette de la victime. Quelques secondes plus tard, un corps émergea de la nuée ; il chutait. Derrière le jeune voyageur, des exclamations paniquées fusèrent. Le Piaf disparut derrière les monts enneigés.

Le jeune voyageur ramena ses longs cheveux blonds en queue de cheval, fit sortir sa monture de l’écurie et s’empressa de la seller et l’harnacher. Il devait réagir. S’il ne venait pas en aide au blessé, jamais celui-ci ne s’en sortirait dans la région glaciale d’Hébra. Son plumage, bien que très épais, ne suffirait pas.

« Vous n’allez pas y aller ! interjecta la fille d’écurie. Vous allez vous faire tuer par ces bandits ! Et il est… probablement décédé à la suite de cette terrible chute…

— Non, il n’est pas mort, répondit-il. En revanche, si personne ne lui vient en aide, il succombera au froid et aux blessures. Tenez. »

Il déposa vingt rubis dans le creux de la main de la petite femme. Ils étaient destinés à payer les soins qu’elle avait prodigués à son cheval épuisé. Ensuite, il referma sa bourse en tirant sur les cordelettes, mit un pied dans l’étrier pour se hisser sur la selle et partit au galop. Les occupants du relais le regardèrent partir, étonnés. Personne n’avait encore osé secourir une victime de ces criminels, et encore moins un humain.

Tandis qu’il galopait sur les chemins poussiéreux au milieu des sapins, il songea à ce qui avait pu se passer entre le moment où Tabanta avait retrouvé sa tranquillité suite à son intervention contre Vah’Medoh, et le moment où des hyruliens s’étaient mis en tête de semer la terreur parmi le peuple Piaf. Lorsqu’il fut proche des montagnes, il tira légèrement sur les rênes pour que sa monture trotte et qu’il puisse enfiler sa tunique duveteuse. Il fourra sa tenue hylienne dans les sacs accrochés à la selle, adressa quelques caresses à l’encolure de son compagnon de voyage et repartit.

Après deux heures de trajet, le cheval finit par fouler le sol enneigé d’Hébra. Le froid se faisait de plus en plus mordant au fur et à mesure que les deux compères s’engouffraient. Le jeune homme ramena sa capuche fourrée de plumes sur sa tête pour se protéger.

Ils progressèrent difficilement dans l’épaisse couche de neige jusqu’à ce que, arrivé à une certaine distance, l’animal ne puisse plus avancer ; il s’enfonçait dans la profonde couverture blanche, pesant bien trop lourd pour avancer aisément dans ces conditions. Le voyageur décida de faire marche arrière et de laisser sa monture dans un endroit sûr et abrité — dans la cavité d’une montagne — afin de reprendre son ascension. Il récupéra les bottes adaptées, des gants et des flèches de feu dans ses bagages. Ces dernières serviraient au cas-où il se perdrait et devrait camper ; il devait impérativement avoir de quoi faire un feu rapidement.

Il reprit ses recherches, épuisé. Le vent glacial l’affaiblissait. Plus le temps passait, plus il s’inquiétait de l’état du blessé qui était livré à lui-même depuis plusieurs heures maintenant. De plus, la brume s’intensifiait et le ciel crémeux de la région ne laissait pas voir le soleil, seule lueur d’espoir, seul guide dans cet endroit hostile. Puis il perçut des mouvements.

Dissimulé dans le brouillard, le Piaf était difficilement discernable malgré son plumage brun. Le voyageur fut rassuré de le voir ainsi à l’abri des regards ; cela réduisait considérablement les chances que ses agresseurs ne le retrouvent. Les plus zélés trouvaient le courage de s’aventurer dans le désert glacial pour traquer leur victime jusqu’à ce que la dernière goutte de sang soit versée. Il progressa jusqu’au blessé, non sans mal compte tenu de l’épaisseur de la neige. Ce dernier avait remarqué sa présence. Lorsqu’ils furent face à face, une flèche était dirigée droit vers le crâne du jeune homme. Ils se dévisagèrent.

« Je ne suis pas un de ces criminels, dit-il calmement. Je m’appelle Link, je suis un hylien et je suis venu vous porter secours. S’il vous plaît, acceptez mon aide. »

Afin de corroborer ses dires, il glissa des mèches derrière son oreille gauche ; il dévoila la forme pointue de cette dernière sous le regard ébahi du Piaf. Ce dernier baissa son arc tout en gardant un œil méfiant sur cet inconnu.

« C’est surprenant de voir un hylien vivant, ou du moins un qui traîne dans la région. Je pensais que toutes les lignées royales et bourgeoises avaient été décimées par le Fléau.

— Elles l’ont été. Je suis le dernier survivant, mais je ne me souviens de rien.

— C’est impossible. Les hyliens n’ont pas une longévité supérieure à un siècle. Comment pouvez-vous être le dernier ? »

Link lui adressa un sourire qui eut l’effet de balayer la méfiance du blessé. Celui-ci sembla s’ouvrir davantage, comprenant que, de toute manière, il ne pouvait s’en remettre qu’à cet inconnu pour survivre.

« Je m’appelle Fikk, messire Link.

— Je vais vite vous ramener. Vous devez être gelé. Où avez-vous été touché ? »

Le dénommé Fikk extirpa ses pattes ensevelies sous la neige. Les plumes de sa cuisse droite étaient calcinées et la peau était à vif. La blessure avait l’air particulièrement douloureuse ; le Piaf devait terriblement souffrir, mais il ne laissait rien paraître. Pour soulager la brûlure, il avait recouvert ses jambes de l’épaisse poudreuse.

« Mon cheval n’est pas loin. Je peux vous ramener au refuge de Selmie. Elle y laisse régulièrement des vivres et de quoi prodiguer les premiers soins. En attendant que vous puissiez voler de nouveau, il est plus prudent de rester caché à Hébra.

 — Vous êtes quelqu’un de bon, messire, confia-t-il. Votre bonté me rappelle une rencontre que Teba, l’héritier de notre Prodige Revali, m’avait partagé. Un humain l’a guidé pour sauver notre peuple du courroux de Vah’Medoh.

— Les humains avec un bon cœur sont si rares que cela ?

— Je le pense malheureusement, messire. Ils ne portent en eux que haine et vengeance. »

Sur ces mots, Link entreprit de passer l’aile de Fikk derrière son épaule. Doucement, il le redressa. Puis ensemble, l’un clopin-clopant malgré l’aide de l’autre, ils partirent en direction de la monture qui n’attendait que le retour de son propriétaire.

***
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« Modifié: lundi 28 juin 2021, 21:27:33 par Neyrin. »

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« Réponse #86 le: jeudi 22 juillet 2021, 19:11:50 »
PAON EN FLEURS



Tadaaaam ! Ma toute première broderie qui vient du kit DMC « Paon en fleurs ». L'oiseau et les fleurs sont faits avec du point de croix, les tiges et les petites décorations sur les plumes en point arrière, et l'œil et la crête en point de nœud.

Ma grand-mère m'a offert ce kit pour mon anniversaire — c'est-à-dire début juin — et je l'ai commencé une semaine après. Je l'ai fini en un peu plus d'un mois. Je suis contente d'avoir voulu m'essayer à la broderie. Quand je me sens mal, cela permet d'apaiser mon anxiété et de repousser de plusieurs heures une crise imminente.

Il y a quelques défauts mais globalement, c'est réussi ! D'ailleurs, ça m'a tellement plu que je suis déjà sur un autre projet de broderie. J'ai hâte de vous le montrer (si je le réussis...). :-*

Pas d'étapes commentées pour la broderie : ce ne serait pas très intéressant. Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'était long et ces derniers jours, je n'ai fait que broder (du matin au soir quoi). Les autres doivent me trouver bizarre ha ha. C'est pas habituel de voir quelqu'un sortir une broderie pour s'occuper.
« Modifié: jeudi 22 juillet 2021, 19:16:57 par Neyrin. »

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« Réponse #87 le: jeudi 22 juillet 2021, 19:16:50 »
Moi je trouve que pour une première c'est très réussi, j'aime beaucoup, hâte de voir les prochaines...

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« Réponse #88 le: jeudi 22 juillet 2021, 19:53:02 »
J'aime beaucoup la broderie en tant que passe-temps. J'ai des périodes où j'ai envie d'en faire tout le temps ! Du coup j'ai acheté un tableau complet (assez grand) qui va me durer toute ma vie x)

La tienne est très jolie ! J'aime beaucoup les couleurs, et s'il y a des défauts, en tout cas sur la photo ça ne se voit pas ^^
Hâte de voir la prochaine :D

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22:25:26 ‹Yan930› cocotte > admin site > admin forums > modo
22:26:09 ‹Chompir› oui ça c'est vrai par contre :oups:
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D_Y: si t'étais un délit, tu serais un excès d'intelligence

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Écrits et tableaux
« Réponse #89 le: vendredi 27 août 2021, 20:02:14 »
POISSON-RÊVE



Poisson-Rêve, 20×20, peinture à l'huile, toile en lin

Mon dernier tableau qui n'est autre que le Poisson-Rêve ! Il m'a pris environ une semaine et demie en comptant le temps de séchage entre chaque partie du personnage. En vacances, c'est compliqué de peindre étant donné que je bouge à droite à gauche (étudiante fauchée, on connaît) ; mon travail risque de ne pas être sec avant de repartir pour ailleurs et, de toute façon, le matériel (chevalet, pinceaux, toiles et tubes de peinture) pèse lourd dans la valise avec le reste de mes affaires — sachant que mes oiseaux et leurs petits bagages m'accompagnent partout ! Bref, ça explique pourquoi il n'y a pas eu de peinture durant un bon mois.

Le Poisson-Rêve est un cadeau pour Zelink, mais pas seulement. Il y a quelque temps, j'ai eu un déclic (et pas des moindres) qui a été particulièrement dur à digérer. Durant cette période, j'écoutais beaucoup la Ballade du Poisson-Rêve et j'ai eu envie de le peindre, puis de l'offrir pour marquer mon passage à autre chose, à un quotidien qui lutte véritablement contre la dépression. Jusqu'à ce jour, je n'avais jamais vraiment voulu sortir de cette dernière puisque je ne me connaissais que dans cet état. Cependant, en parallèle de cet évènement, la peinture m'a aussi beaucoup aidée à comprendre que j'étais bien autre chose que ça. :miou:
 
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Ci-dessous, je vous mets le crayonné.

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« Modifié: vendredi 27 août 2021, 20:10:29 par Neyrin. »