Forums de Puissance-Zelda

Communauté => Créations Artistiques => Littérature, Fictions => Discussion démarrée par: Neyrin. le dimanche 26 mars 2017, 17:40:53

Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Neyrin. le dimanche 26 mars 2017, 17:40:53


Hey ! Je ne sais pas vraiment comment présenter ce topic donc je vais essayer d'être brève : ici, je posterai quelques fictions ou fanfictions. Elles pourront avoir une suite, ou non... Ça déprendra. Il m'arrive de faire partager quelques uns de mes écrits à la recherche de conseils ou de critiques :(8: donc je suis preneuse ! Je ne suis pas une grande écrivaine, ni très douée dans ce domaine donc les écrits risquent d'être un peu fades :oups: Je ne posterai pas non plus très souvent mais j'essayerai de rester un minimum régulière.

Bref, pour démarrer le topic, voici un O.S très court sur Breath of the wild (Je pense honnêtement qu'il n'y pas de spoilers si ce n'est sur la relation entre Link et Zelda) qui n'a aucun scénario. Je l'ai écrit juste pour me détendre un peu durant mon temps libre. Je m'excuse d'avance pour les fautes ou les coquilles, quelques fois, elles me passent sous le nez.

Bonne lecture !



La chute inexorable de la pluie l'apaisait. Le son que produisait l'averse semblait ne jamais être semblable à un autre, si bien que cela en devenait une mélodie aux oreilles du jeune homme. De grandes flaques où iraient, une fois la tempête terminée, s'ébaudir les petits oiseaux, jonchaient le sol. Le ciel couvert d'imposants nuages noirs grondait et par moment, le jeune homme pouvait observer des éclairs se dessiner au loin. Ils traversaient le ciel avant de disparaître aussi vite qu'ils étaient apparus. Ils semblaient si lointain, qu'il crut un instant que jamais la foudre ne pourrait l'atteindre. Il aurait aimé admirer le paysage, mais la brume formée par cette averse l'empêchait de voir au-delà du bout de son nez. Si cette pluie ne s'était pas abattue sur eux, il se serait posté au bord de cette petite montagne qui surplombait une mince partie de la plaine, et aurait contemplé - peut-être des heures durant - les troupeaux de chevaux parcourir la vaste étendue verdoyante, les animaux sauvages qui paissaient sur le versant d'une autre montagne, le ciel noir moucheté d'étoiles. Il aurait écouté les murmures nocturnes, les grands mouvements silencieux des nuages et du vent qui s'engouffrait dans les feuilles des arbres. Peut-être se serait-il endormi par la suite, ne pouvant résister davantage à la fatigue qui l'écrasait.

Le souffle bruyant de l'un des chevaux le tira de ses pensées. Son regard se détacha de la pluie, et se reporta sur la jeune femme qui caressait sa monture à la robe immaculée. Sa main glissait sur son encolure, puis sur sa crinière. Elle arborait un air dépité, accentué par les cernes provoqués par son sommeil irrégulier et insuffisant. Tous deux ne parvenaient pas à dormir convenablement, assaillis par la crainte d'être attaqués durant leur sommeil. Près de quatre jours que l'épuisement s'était installé, ils avaient atteint leurs limites. Le jeune homme arrivait encore à lutter contre celui-ci, mais sa coéquipière manquait de tomber de fatigue à chaque instant. Heureusement pour eux, ils avaient trouvé refuge dans un tas de ruines sur le plateau d'une montagne. Ici, ils seraient en sécurité le temps d'une nuit jusqu'à ce qu'ils puissent reprendre la route jusqu'au village le plus proche. Là-bas, ils pourraient profiter d'un lit et de quelques jours de repos mérité, de même pour leurs chevaux.

« Zelda, je monte la garde cette nuit, dit-il.

- Hm ? répondit-elle, tirée de sa torpeur. Tu dois te reposer, toi aussi.

- Nous alternerons. »

Silence. Seul le crépitement du feu vint combler le calme qui venait de s'installer. Le ciel gronda, un éclair le traversa. Le jeune homme pouvait entendre d'ici les cerfs et les biches prendre la fuite, remuer la végétation sur leur passage. Ils devaient être une dizaine, tout au plus. Une nouvelle fois, le jeune homme se perdit dans ses pensées. Il ferma les yeux quelques secondes. Happé par l'épuisement, il se laissa porter par les songes. L'endroit était propice à un agréable repos. Dans un faible mouvement, il s'appuya contre le mur délabré avant de sombrer.

Les premiers rayons matinaux vinrent l'éblouir. Ils réchauffaient son corps endolori. A moitié éveillé, Link peinait à se situer. Ce ne fut qu'après une minute de flottement qu'il finit par se lever. Il était resté au même endroit, appuyé contre ce mur. Son sommeil n'avait pas été des plus réparateurs mais il avait recouvert assez de forces pour poursuivre le voyage jusqu'au prochain village. Le jeune homme s'étira, se redressa puis inspecta les environs. Le feu qui brûlait les fagots de bois il y avait de cela une poignée d'heures, était désormais éteint. Une légère fumée noire s'élevait jusqu'au plafond avant de se dissiper sous les coups du vent qui s'infiltrait. Zelda était couchée sur le flanc près du bois calciné, plongée dans un profond sommeil.

Personne n'avait monté la garde cette nuit, une aubaine qu'ils n'aient pas été attaqués ou dépouillés de leurs vivres et armes. Il en restait à peine pour subsister ne serait-ce que deux jours. Ce village, ils devaient le rejoindre de n'importe quelle manière. Le jeune homme poussa un long soupir et mit un pied hors de leur refuge de fortune. Le plateau de la montagne baignait sous la lumière du soleil matinal, l'herbe était humide et des flaques jonchaient le sol. Par moment, l'ombre d'un nuage s'y reflétait. Les oiseaux s'égosillaient dans les arbres à proximité. C'était le meilleur moment pour observer la nature se réveiller. Désireux de profiter de quelques minutes de tranquillité et de solitude, il s'installa au bord de la montagne pour contempler le ciel orangé, les chevaux sauvages en contre-bas et le versant de la montagne opposée.

Si le jeune homme avait pu choisir, peut-être n'aurait-il pas choisi cette vie. C'était ce à quoi il songeait lorsqu'il observait le monde autour de lui, lorsqu'il était livré à ses pensées. Peut-être aurait-il préféré ne pas être fils de chevalier, ne pas se préoccuper de ses responsabilités et de pouvoir les fuir rien qu'en lançant son cheval au galop à travers les plaines. Voyager dans l'insouciance avec pour seul et unique objectif : traverser la contrée à la recherche d'une réponse. Laquelle ? Lui-même l'ignorait. Une réponse, voilà tout. Peut-être serait-il parvenu à la trouver, peut-être l'aurait-il trouvé sans avoir voulu la chercher.

Plus les journées défilaient, plus il sentait Hyrule trembler sous le courroux du Fléau. Lui, n'était pas encore éveillé et espérait que jamais il ne reviendrait. Malheureusement, sa résurrection semblait inévitable, qu'importe le nombre de fois où le Héros le scellait. Jamais Link n'avait souhaité être le Héros, le destin s'était abattu sur lui sans crier gare. Tout ce qu'il pouvait faire désormais, c'était supporter.

« Nous sommes préoccupés par la même chose ? demanda une voix féminine dans son dos. »

Intrigué, il se retourna pour découvrir Zelda. Combien de temps était-il resté assis ici, à contempler le paysage ? Elle vint s'asseoir à ses côtés, posa son regard sur l'horizon avant de le reporter sur lui. Elle lui adressa un sourire harassé.

« Probablement, répondit-il.

- Tu es sûr qu'il va revenir mais tu ne le crains pas, n'est-ce pas ? Tu ne crains rien, ni personne. »

C'était faux.

« Tu es confiant. Tu sais que tu sauras en venir à bout.

- Je n'en sais rien.

- Moi aussi. (elle marqua une pause) Je suis désolée d'avoir été aussi rustre avec toi, ces derniers temps... Je m'en excuse. »

Link se redressa. Il voulait mettre fin à cette conversation qui, dans tous les cas, n'aboutirait à rien. De toute façon, il n'avait jamais été enclin à la conversation. Zelda ne fit aucune remarque, elle s'y était accommodée au fil du temps. Elle, en revanche, demeura dans la même position, le regard rivé sur le lointain. Elle observait les biches à l'affût sur la montagne opposée. Tout était si paisible, que personne n'aurait pu croire un instant que le Fléau pouvait apparaître à tout moment. Elle était inquiète, bien trop inquiète. Ce voyage lui nouait le ventre tant l'anxiété la poignardait, mais ils réussiraient comme chaque siècle. Ils n'échoueraient pas. Ils n'échoueraient plus. Ils n'étaient plus seuls désormais, les autres Prodiges lutteraient à leurs côtés.
 
« Et si tout ne se passait pas comme prévu, qu'adviendra-t-il de nous ? D'Hyrule ?, avait-elle demandé. » Il n'avait pas répondu. Sûrement s'exileraient-ils ou mourraient sur le champ de bataille, mais c'était pour cette raison que Link existait : pour les protéger ou plutôt, pour la protéger.

« Je n'ai jamais eu besoin de toi pour assurer ma protection. »
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Neyrin. le dimanche 28 mai 2017, 23:02:20
Je n'ai pas trouvé l'inspiration pour une deuxième fiction sur Zelda, donc voici un texte que j'ai écrit il y a plusieurs mois de cela sur Princesse Mononoké. Je l'avais regardé une nouvelle fois et il m'a tellement plu, que je n'ai pas pu m'empêcher d'écrire un petit truc dessus. Rien de bien transcendant, mais j'ai bien aimé l'écrire.

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Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Gaellink le dimanche 23 juillet 2017, 19:29:11
Après avoir lu tes écrits dans la fic collective j'étais curieuse de voir si tu avais écrit d'autres choses, et vu que personne n'a mis de commentaire j'ai eut envie de donner mon avis ^^

Alors déjà ton écriture est très agréable à lire, je n'ai pas vu de grosses fautes ou de coquilles (mais bon je suis pas une championne pour les remarquer  :(8: ) Que soit l'ambiance de Botw ou de Princesse Mononoké  je trouve que tu as réussi as la retrouver. Par exemple ton texte sur Botw me fait penser à certains passages dans les souvenirs avec la pluie, le doute sur soi-même, sur l'avenir, la menace de Ganon, ouaip je le trouve super :oui: et tant pis si tu ne trouve pas suite, il ne faut pas se forcer ! Et le second texte m'a redonné envie de regarder Princesse Mononoké, qui est pourtant le Miyazaki qui m'a traumatisé (je l'ai vu beaucoup trop jeune et j'en garde pas un très bon souvenir), il faudrait que je lui donne une seconde chance  :^^:

Voilà ! Hâte de voir tes prochains écrits que se soit ici ou sur la fic collective ^^
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Neyrin. le lundi 24 juillet 2017, 01:27:10
Merci beaucoup pour ton retour, ça me fait très plaisir !
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Chompir le lundi 24 juillet 2017, 18:03:51
Il y a longtemps je voulais poster par ici. Semblerais que j'ai oublié de le faire.  :oups:

J'avais beaucoup aimé ton début de fic sur BotW et comme l'a dit Gaellink, on retrouve bien les sentiment éprouvés dans un souvenir sous la pluie. Je trouve que Link est très bien décris et tu nous donnes un passé très intéressant qui lui va très bien. (Surtout avec la situation.)
Pour ta deuxième fic sur Mononoké, je la trouve très intéressante. J'avais vu le film il y a maintenant 5 ans, mais tu j'ai envie de le revoir.  :oui:
Ta description du village des forges est plutôt bien fait. (J'avoue que j'étais tellement triste de voir le moment ou le village est incendié.)
Le rêve aussi est intéressant et je trouve que tu respecte plutôt bien l'univers.  :oui:

Ça fait peut être longtemps que tu n'as pas posté ici mais j'espère que tu nous réécriras des morceaux de fic. :(8:
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Neyrin. le mercredi 02 août 2017, 06:56:43
Salut, j'ai écrit un truc pas très long sur un rouge à lèvres.

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Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Sentinelle le mercredi 02 août 2017, 12:09:44
Si on m'avait dit dix minutes plus tôt que je passerai dix minutes à lire un texte parlant principalement de Rouge à Lèvre avec une attention si puissante, je n'y aurais pas cru. :oups:
Tu écris vraiment bien, ton style est fluide, agréable, il est élégant et simple à la fois, je pense que t'as trouvé un bon équilibre du moins. Le rythme est régulier, on s'y perd pas, enfin pas moi en tous cas.
On s'attache assez bien au personnage, pourtant on ne sait rien de lui, pas même son nom, il a l'air complètement indifférent à tout, mais tu as géré, du coup on s'attache à lui sans avoir besoin qu'il se présente par exemple.
Très appréciable ! J'ai hâte que tu nous montres un autre de tes textes. :miou:
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Chompir le mercredi 02 août 2017, 12:52:04
Je trouve cette fiction très réussi, Ney. Elle est très intéressante mais aussi déroutante. On est perdu dans un univers qu'on comprend à moitié. Je dirais que c'était  comme si j'avais été dans l'esprit de cette homme.
Tu écris vraiment bien et je ne peux que t'encourager à continuer. Cette fiction est vraiment digne d'être dans un recueil de nouvelles.  :oui:
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Neyrin. le mercredi 02 août 2017, 15:47:12
(https://forums.puissance-zelda.com/proxy.php?request=http%3A%2F%2F1.bp.blogspot.com%2F-X8n4a2qPFpI%2FVlxOsYfwGYI%2FAAAAAAAAIZ8%2Fosijid8BUdc%2Fs400%2Fzoegif.gif&hash=5a0a7a3d53787f99d5d8b7100a8ad4a0)

Merci pour vos retours, vraiment ! Je ne sais pas comment vous remercier... :oups:
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Gaellink le jeudi 10 août 2017, 12:46:11
Salut salut !
Je rejoins les autres pour dire que ce texte sur le rouge à lèvre est superbe, toujours très bien écrit, même si on ne sait pas grand chose du personnage principal on est captivé par sa curieuse quête.

Je ne sais pas pourquoi quand j'ai lu ton texte j'ai pensé à cette vidéo, ça vient de la série Hokku, des sortes de poèmes visuels et celui-là concerne un produit cosmétique (c'est là que le lien se fait !)

En parlant de lien, voici celui de la vidéo :
http://www.youtube.com/watch?v=0Z-FTbsHpR8 (http://www.youtube.com/watch?v=0Z-FTbsHpR8)
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Neyrin. le lundi 11 septembre 2017, 21:28:18
Re.

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Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Chompir le mardi 12 septembre 2017, 21:05:13
Premier passage de la fic plutôt intéressant.
J'ai bien aimé ta façon de nous présenter l'histoire et de nous la conter. Ce personnage squelettique est très intéressant et je l'aime plutôt bien. Tu nous donnes nous à aussi, l'envie d'en savoir plus. (et puis on s'interroge sur le titre de la fic.  :hihi:)

Donc bravo et hâte de lire la suite.  :miou:
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Neyrin. le jeudi 05 octobre 2017, 21:16:49
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Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Chompir le vendredi 06 octobre 2017, 13:59:30
Je suis content de lire la suite de ta fic, je la trouves vraiment intrigante, tu maîtrises très bien cet aspect. Continue comme ça.  :^^:
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Neyrin. le mercredi 06 décembre 2017, 19:43:42
Un petit truc écrit sur le tas, rien de bien transcendant. Je ne sais pas ce que ça vaut :oups:
Peut-être que je le terminerai !

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Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Sentinelle le mercredi 06 décembre 2017, 20:55:00
Y a un message caché ?
Tu es encore plus belle qu'hier Neyrin... :help:

J'aime toujours autant tes écrits, ton style, et cette histoire est bien sympathique, continue ! :oui:
Titre: Fictions et Fanfictions
Posté par: Aélia le mercredi 18 avril 2018, 11:27:42
Hey ! J'ai lu tout ce que tu as posté jusqu'à présent et je dois dire que ça me plait beaucoup ! Tu as une écriture belle, agréable et élégante. Tes histoires sont très prenantes même si on ne connait presque rien de ton univers, et j'apprécie suivre tes personnages - parfois étranges - même si on ne connait quasiment rien d'eux non plus.
En bref j'apprécie beaucoup ce que tu fais, j'ai hâte de lire de nouveaux textes ^^
Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Neyrin. le dimanche 01 juillet 2018, 17:28:41
Un petit texte sur la princesse Kaguya des studios Ghibli. <3
J'ai essayé de retranscrire la poésie du film, ce fut assez complexe. :8):

_____________________________


    Sous ces étoffes de soie ne se dévoilait qu'une élégance superficielle, bien loin de celle que la nature lui avait octroyée avec grâce et bienveillance. Les tissus nobles et colorés glissaient sur sa peau blanche et soyeuse et avec une certaine grâce, semblaient se déverser en une délicieuse cascade sur les planches vernies. La pureté des traits de son visage, l'éclat de son regard ébène et de ses vêtements dont chaque motif tissé reflétait une richesse d'esprit factice, ne faisaient qu’accroître cette beauté que tant d'hommes se pâmaient. Ses longs cheveux noirs, raides et parfaits, défaillaient le long de son dos de manière unique et singulière ; ils s'harmonisaient si bien avec les soies que les servantes s'accordaient à croire qu'elles avaient été faites pour cette splendeur surnaturelle. Certains admirateurs affirmaient qu'elle provenait des cieux, voire au-delà ; un endroit inaccessible aux hommes, un lieu où tout n'était que magnificence aussi bien dans l'architecture, l'art que dans les créatures superbes qui naissaient sur de mystérieux astres lointains.

   C'était une jeune femme d'une beauté féerique. Ses yeux perçaient le cœur des hommes : ceux dont la flamme qui s'y terrait était flamboyante et sincère, elle les embaumait d'une douce attention pourtant frugale, mais qui donnait à chacun d'entre eux le courage de gravir les plus hautes montagnes pour espérer recevoir d'elle, un baiser ou même une caresse. Un timide sourire volé serait même, à leurs yeux, la récompense la plus délicieuse des kamis. Adulée et source de fascination, de sentiments exaltés, comment pouvait-elle seulement être ternie par le malheur ?

  Le peuple racontait que jamais elle ne versait de larmes ; l'on disait que la seule façon d'attiser sa passion était de l'émouvoir en déployant sa poésie et ses talents. Ainsi, même le plus misérable des hommes pouvait espérer recevoir d'elle d'augustes larmes qui se convertiraient en un amour tendre et exceptionnel. Cela n'était que des légendes destinées à bercer le désespoir des malheureux, car seuls les prétendants nobles avaient l'autorisation d'approcher cette beauté. Ceux qui refusaient de la croire vraie parlaient d'une Ohaguro Bettari qui avait envoûté les hommes et ne se dévoilait que le jour des noces ; la plupart préférait rire d'une telle absurdité, dans la simple crainte de voir leurs fantasmes jugulés.

   Sous ces merveilleux traits que l'on traçait à la jeune femme, sous ces somptueuses étoffes qui ébauchaient sa joliesse éternelle, aucun ne décelait le malheur qui ceignait son cœur. Prisonnière d'une vie noble, elle en venait à songer à cette campagne, mère de tous ses idéaux et berceau de son enfance. Chaque soir, elle était torturée par le désir de retrouver la montagne et ses richesses, d'entendre de nouveau les cris des enfants qui l'appelaient avec gaieté. À ses oreilles, lors des nuits les plus pénibles, parvenait son prénom : celui des montagnes où elle s'était vue naître. Ses songes les plus profonds lui infligeaient l'image de Sutemaru dont elle avait été arrachée.

   Elle rêvait de leurs corps qui s'étreignaient, loin de la pudeur aristocratique et elle s'imaginait, durant des heures, sentir l'herbe douce de la campagne chatouiller ses pieds, glisser entre ses doigts comme des insectes. Elle s'imaginait pouvoir embrasser la cime des arbres, les oiseaux qui tournoyaient jusqu'au firmament et exultaient leur liberté au travers d'aubades mélodieuses. Lorsque la fatigue onirique se manifestait, elle se laissait choir dans cet écrin verdoyant, abritant tant de parfums vivifiants, et elle voyait s'allonger à ses côtés Sutemaru qui n'avait jamais quitté cet endroit, mais qui apprenait de nouveau à le contempler en sa délicieuse présence.


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Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Neyrin. le samedi 08 septembre 2018, 23:05:04
C'est dommage, j'ai commencé des tas d'écrits mais tous sont inachevés... Ils ne peuvent pas encore être postés. À défaut de pouvoir les partager, je mets ce petit poème à la place qui date de quelques mois – et qui n'a pas de titre, ui ui.
C'est la première fois que je fais un peu de poésie. :8):

_____________________________

Le soleil, émergeant de l'horizon
Te caresse tendrement de ses rayons ;
Peut-être as-tu cessé de ressentir
Sûrement ne désires-tu plus saisir,

Les fuites de ce maraudeur
Qui dérobe cette pudeur ;

Qu'il aime te regarder
Que j'aime te contempler !

Seulement vêtue de cette nudité
Toi, réfugiée au creux des bras de Morphée,
J'aimerais te cueillir simplement
Être le plus désiré des amants ;

Laisse-moi ravir la rose
Cette merveilleuse chose ;
Qui, satinée comme la soie,
Éclot à l'aube de mes doigts.


Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Chompir le dimanche 09 septembre 2018, 20:28:23
C'est un premier essaie très réussi Ney, avec des rimes qui rendent le tout harmonieux à lire. Sinon n'hésites pas à continuer dans la poésie, ça sera peut-être plus simple à finir que tes autres écrits. :oups:
Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Neyrin. le jeudi 27 septembre 2018, 22:49:29

Un texte complètement inachevé qui traîne dans mes fichiers depuis plusieurs mois maintenant.
Il n'a aucun titre mais il parle d'un mouton. Enfin, d'une sorte de mouton.

(Cliquez pour afficher/cacher)

Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Neyrin. le mardi 20 novembre 2018, 22:41:02
   
Le jeune toubib

    Une nuit, j'étais venue aux urgences parce que je me sentais barbouillée, toute étrange et toute faible. Ma tête dodelinait, des petites étoiles venaient perturber ma vision et je manquais de m'effondrer chaque fois que je me levais un peu trop brusquement. Un avis extérieur m'aurait dit que ce n'était rien, qu'il aurait simplement fallu que je me couche. « Un bon sommeil, c'est la clé d'une vitalité à toute épreuve ! » me disait-on. Moi, j'avais toujours eu un bon sommeil mais je ne tenais jamais une journée complète. C'était triste, mais c'était comme ça. Le quotidien, ça se changeait pas et quand les habitudes étaient là, on peinait à s'en défaire. Bref, moi je savais que quelque chose n'allait pas. Je savais qu'il ne suffisait pas d'un petit comprimé et de quelques heures de sommeil supplémentaires.

   Aux urgences, j'avais été récupérée par un jeune médecin de garde qui baillait à tout va ; je voyais plus le fond de sa gorge que son joli minois. Je lui avais expliqué mes tracas et exposé mes symptômes, puis il m'avait examinée par simple obligation. Lui, il savait que j'avais rien. « Vous mangez régulièrement ? » m'avait-il demandée. Je savais que j'étais pas très épaisse. J'avais pas su quoi répondre alors je l'avais regardé avec des yeux de merlan frit. Il m'avait sourie. Un beau sourire, je vous assure ! Il avait les cernes étendues jusqu'aux commissures des lèvres mais pour sûr, qu'il était beau et qu'il avait un beau sourire ! C'était rare, les beaux toubibs. D'habitude, c'était tout vieux, tout chauve ou tout nonchalant. 'Paraîtrait même qu'ils couchaient avec les infirmières pendant le service... Sur la table, sur le bureau, dans les petites salles chauffées entre deux opérations... Bah, fallait bien  décompresser. Ils étaient toujours rattrapés par le temps, à devoir s’exécuter à la tâche sans même avoir le confort de déguster un bon café viennois. Ils faisaient comme ils pouvaient. Moi, j'allais pas leur jeter la pierre, aux toubibs, et encore moins à ce sujet-là !

   Enfin enfin, ce jeune médecin de garde m'avait ensuite demandée si dans ma vie, tout se passait bien. J'avais été un peu surprise, vous pensez. Pourquoi s'intéressait-il à mon piètre quotidien de femme ? Au début, j'avais été un peu réticente mais il avait été très doux, le petit toubib au beau sourire (puis il avait de jolies mains aussi, ça se voyait qu'il était médecin !). Au fil des mots, j'avais fondu en larmes devant son minois compréhensif. Je m'en souvenais de comment j'avais tenté de m'exprimer dans cette cascade de sanglots. Il m'avait ramené des mouchoirs et un café chaud, puis dit : « Un peu de lait avec ? ». J'avais ri. Bah quoi, c'était mignon de sa part ! J'avais jamais croisé le chemin d'un homme aussi gentil. Puis moi, mon mari, il m'ennuyait alors que ça faisait que deux ans qu'on était mariés donc je l'avais embrassé, le jeune toubib mais il avait rien dit. Immobile comme une statue donc j'ai recommencé. Voilà que je m'étais prise pour les infirmières. Il avait rien dit, il s'était laissé faire (qu'il était beau ! Quelle chance !). Puis c'était agréable, puis c'était incroyable. Je faisais pas ça à mon médecin traitant, moi, celui qui me prescrivait mes antibiotiques contre mes cystites à répétition (faut dire qu'il était vieux et qu'il sentait le chamois).

   Puis le jeune toubib m'avait arrêtée. Normal, normal. On faisait pas ça à ses patientes, normal, normal. « Rien de grave, vous pouvez rentrer chez vous. » m'avait-il dit ensuite, avant de me rappeler que je devais manger. Je mangeais pas beaucoup, c'était bien vrai. Il m'avait aidée à me rhabiller parce qu'il était gentil. Puis il était devenu rouge comme une écrevisse aussi. Pauvre, il avait été toute chose ! Pas étonnant. « Prenez soin de vous, mademoiselle. » puis j'avais déguerpi, parce que j'avais fait la connerie de ma vie. 
Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Yorick26 le mercredi 21 novembre 2018, 10:13:03
"C'était rare les beaux toubibs" Non mais dis donc ! Merci bien ! @Izzy Novada et @Moon qu'avez-vous donc à dire à cette mégère (c'est pour l'effet de style, ce mot n'est absolument pas une insulte envers toi. C'est juste le terme employé dans le script.) ?

Sinon c'est un joli texte. Un peu cliché quand même, mais joli. Mais surtout, bon sang, qu'est-ce qu'elle avait ? Pourquoi était-elle pas bien ? On ne le saura pas en définitive. Ou justement est-ce ça la connerie : être partie alors qu'il y avait quelque chose de grave ?
Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Moon le mercredi 21 novembre 2018, 13:14:01
J'ai à dire que je pleure toutes les larmes de mon corps  :'(
Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Neyrin. le mercredi 21 novembre 2018, 18:44:26
Quelle mégère je fais... Terrible.
Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Neyrin. le vendredi 17 mai 2019, 16:44:19
Le troisième enfant

Les femmes ressentaient, durant une période plus ou moins longue, le besoin viscéral d'enfanter. Lorsque l'amour sincère naissait et perdurait, la partenaire s'imaginait étreindre un être fragile ardemment désiré, fruit d'une association entre deux amours partagées. Un être qui l'était jusque dans l'odeur qu'il portait, jusque dans le visage qu'il arborait. Quelle fierté pour une mère que d'avoir une telle merveille dans les bras ! Certaines affirmaient que tout cela n'était que sombres bêtises, comme si elles craignaient d'être réduites au même rang que les autres espèces. Une crainte d'être humiliées par le rapprochement entre l'humain et l'animal qui semblait pourtant évident ; chaque être humain suivait un instinct inhérent même s'il pouvait lutter contre par la raison. C'était d'ailleurs la raison naturellement présente qui poussait la femme à refuser de porter la vie, par simple souci de facilité. Voilà une décision bien confortable et agréable que de ne mettre au monde aucune progéniture ; c'était défier le dessein de la nature par fierté narcissique.

C'était du moins ce qu'elle pensait, cette femme qui ne pouvait porter aucun enfant dans son utérus. Tout cela restait du domaine du fantasme malgré elle. Elle se refusait à essuyer un nouvel échec ; un échec déchirant qui ne laissait pas de cicatrices. Elle était éprise d'une terrible jalousie envers les jeunes mères, enviait l'amour maternel et pur qu'elles pouvaient offrir à leur progéniture. Jamais elle ne pourrait le déployer, cet amour, et était condamnée à errer dans une frustration couplée à un profond désespoir.

   « Et si j'étais maudite ? avait-elle demandé un beau matin, alors que les rayons du soleil s'étaient à peine immiscés dans la chambre.

   — Ne te rejette pas la faute. Ce n'est pas une question de malédiction, avait-il répondu. Peut-être que ça finira par marcher, peut-être que nous finirons par l'avoir, notre enfant.

   — Je ne veux plus souffrir.

   — Alors comment faire pour te consoler ? »

   Elle ignorait le potentiel remède miracle ; il avait donc dû dénicher une solution pour panser les meurtrissures de sa compagne. Les psychiatres s'étaient révélés inefficaces pour vaincre la douleur qui l'enserrait. Ne sachant que faire, il avait rapporté un chaton minuscule. Il n'espérait rien obtenir de cet animal, mais il fut comme une révélation pour sa femme. Son instinct maternel avait jeté son dévolu sur cette pauvre bête qui poussait des miaulements désespérés, secouée par la faim et l'absence de chaleur. Elle l'avait posée sur son ventre – comme on posait un nouveau-né – pour l'apaiser tandis qu'elle soulageait son estomac qui criait famine. Ce petit animal fut un moyen d'adoucir la rancœur qu'elle éprouvait envers les jeunes mères, d'adoucir la souffrance qui la poignardait. Toute son énergie avait convergé vers lui, désirant construire un lien fort entre eux et, lorsqu'il avait atteint un âge où la curiosité mordante l'emportait sur la prudence, elle l'avait surveillé comme un enfant en bas-âge.

Les chats grandissaient bien plus rapidement que les humains, ce qui apporta une forme d’angoisse chez la mère adoptive. Comment gérer un enfant qui grandissait aussi vite ? Pauvre femme qui se créait tant de soucis ! Puis vint un jour où son mari, ayant émergé du tumulte de son travail, s’attarda sur la relation qu’elle entretenait avec sa précieuse bête. Il sentait que quelque chose n’allait pas.

« C’est un chat, tu ne peux pas l’élever comme un enfant. Tu ne peux pas le considérer comme tel.

— Mais je l’aime… Je l’aime de tout mon être.
   
— Je ne t’interdis pas de l’aimer, répondit-il. Je veux simplement que tu prennes conscience de la réalité. »

Ils ont parlé. Beaucoup parlé jusqu’à ce qu’elle entende raison. Elle a cessé de noyer le jeune chat sous cet amour qu’il ne rendrait jamais comme un être humain et très vite, sa rancœur endormie refit surface. Elle alimentait de nouveau le quotidien de cette malheureuse femme, ne cherchant que le bonheur d’avoir une progéniture. Elle observait désormais son animal grandir de sa terrasse. Elle l’observait devenir adulte, devenir une chatte et vivre au gré de ses envies.

La mère résignée se contentait seulement de remplir ses gamelles et changer les déjections qui venaient importuner la litière, redevenue chagrinée par l’absence d’un bébé. En cette saison qu’était l’été, la chaleur emplissait le jardin et martelait les chaises en fer forgé de la terrasse, si bien que personne ne pouvait s’y asseoir tant elles brûlaient la chair. C’était d’ailleurs pour cette raison que la femme en laissait toujours une à l’ombre ; ainsi, quand l’envie de lire et de prendre le soleil la saisissait, elle pouvait s’installer sereinement, entamer sa lecture de l’après-midi et contempler le paysage qui s’étendait face à elle. Un vaste aplat verdoyant qui trouvait sa frontière grâce au champ de tournesols qui se perdait dans l'horizon. Ces tournesols se levaient fièrement, leurs pétales jaunes déployés vers l'astre incandescent qui les galvanisait et leur conférait cette splendeur que jamais personne ne nierait.

Sous ce ciel radieux et cette température étouffante qui semblait inépuisable, la chatte avait donné naissance à trois petits. C’était une femelle avec une forte corpulence, et sa prise de poids n’avait jamais inquiété sa propriétaire jusqu’à ce qu’elle retrouve des chatons dans son séjour, dont deux décédés. Le troisième – le plus frêle et portrait craché de sa génitrice – avait survécu. La malheureuse femme comprenait bien la douleur de perdre ses enfants ; néanmoins, elle n’éprouvait aucune empathie envers son animal. La jalousie s’était même amplifiée.


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Titre: Écrits non contractuels
Posté par: Sentinelle le samedi 18 mai 2019, 13:46:44
J'aime beaucoup cette fiction, c'est très doux. Je reste un peu sur ma faim du coup. :(
Les petits chatons, c'est de la triche !