Auteur Sujet: Écrits non contractuels  (Lu 4837 fois)

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Fictions et Fanfictions
« Réponse #15 le: mercredi 06 décembre 2017, 20:55:00 »
Y a un message caché ?
Tu es encore plus belle qu'hier Neyrin... :help:

J'aime toujours autant tes écrits, ton style, et cette histoire est bien sympathique, continue ! :oui:
Haine, Aleit, on m'appelle l'indécise, mais je crois que maintenant, c'est bon.

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Fictions et Fanfictions
« Réponse #16 le: mercredi 18 avril 2018, 11:27:42 »
Hey ! J'ai lu tout ce que tu as posté jusqu'à présent et je dois dire que ça me plait beaucoup ! Tu as une écriture belle, agréable et élégante. Tes histoires sont très prenantes même si on ne connait presque rien de ton univers, et j'apprécie suivre tes personnages - parfois étranges - même si on ne connait quasiment rien d'eux non plus.
En bref j'apprécie beaucoup ce que tu fais, j'ai hâte de lire de nouveaux textes ^^


Merci à tous !

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Écrits non contractuels
« Réponse #17 le: dimanche 01 juillet 2018, 17:28:41 »
Un petit texte sur la princesse Kaguya des studios Ghibli. <3
J'ai essayé de retranscrire la poésie du film, ce fut assez complexe. :8):

_____________________________


    Sous ces étoffes de soie ne se dévoilait qu'une élégance superficielle, bien loin de celle que la nature lui avait octroyée avec grâce et bienveillance. Les tissus nobles et colorés glissaient sur sa peau blanche et soyeuse et avec une certaine grâce, semblaient se déverser en une délicieuse cascade sur les planches vernies. La pureté des traits de son visage, l'éclat de son regard ébène et de ses vêtements dont chaque motif tissé reflétait une richesse d'esprit factice, ne faisaient qu’accroître cette beauté que tant d'hommes se pâmaient. Ses longs cheveux noirs, raides et parfaits, défaillaient le long de son dos de manière unique et singulière ; ils s'harmonisaient si bien avec les soies que les servantes s'accordaient à croire qu'elles avaient été faites pour cette splendeur surnaturelle. Certains admirateurs affirmaient qu'elle provenait des cieux, voire au-delà ; un endroit inaccessible aux hommes, un lieu où tout n'était que magnificence aussi bien dans l'architecture, l'art que dans les créatures superbes qui naissaient sur de mystérieux astres lointains.

   C'était une jeune femme d'une beauté féerique. Ses yeux perçaient le cœur des hommes : ceux dont la flamme qui s'y terrait était flamboyante et sincère, elle les embaumait d'une douce attention pourtant frugale, mais qui donnait à chacun d'entre eux le courage de gravir les plus hautes montagnes pour espérer recevoir d'elle, un baiser ou même une caresse. Un timide sourire volé serait même, à leurs yeux, la récompense la plus délicieuse des kamis. Adulée et source de fascination, de sentiments exaltés, comment pouvait-elle seulement être ternie par le malheur ?

  Le peuple racontait que jamais elle ne versait de larmes ; l'on disait que la seule façon d'attiser sa passion était de l'émouvoir en déployant sa poésie et ses talents. Ainsi, même le plus misérable des hommes pouvait espérer recevoir d'elle d'augustes larmes qui se convertiraient en un amour tendre et exceptionnel. Cela n'était que des légendes destinées à bercer le désespoir des malheureux, car seuls les prétendants nobles avaient l'autorisation d'approcher cette beauté. Ceux qui refusaient de la croire vraie parlaient d'une Ohaguro Bettari qui avait envoûté les hommes et ne se dévoilait que le jour des noces ; la plupart préférait rire d'une telle absurdité, dans la simple crainte de voir leurs fantasmes jugulés.

   Sous ces merveilleux traits que l'on traçait à la jeune femme, sous ces somptueuses étoffes qui ébauchaient sa joliesse éternelle, aucun ne décelait le malheur qui ceignait son cœur. Prisonnière d'une vie noble, elle en venait à songer à cette campagne, mère de tous ses idéaux et berceau de son enfance. Chaque soir, elle était torturée par le désir de retrouver la montagne et ses richesses, d'entendre de nouveau les cris des enfants qui l'appelaient avec gaieté. À ses oreilles, lors des nuits les plus pénibles, parvenait son prénom : celui des montagnes où elle s'était vue naître. Ses songes les plus profonds lui infligeaient l'image de Sutemaru dont elle avait été arrachée.

   Elle rêvait de leurs corps qui s'étreignaient, loin de la pudeur aristocratique et elle s'imaginait, durant des heures, sentir l'herbe douce de la campagne chatouiller ses pieds, glisser entre ses doigts comme des insectes. Elle s'imaginait pouvoir embrasser la cime des arbres, les oiseaux qui tournoyaient jusqu'au firmament et exultaient leur liberté au travers d'aubades mélodieuses. Lorsque la fatigue onirique se manifestait, elle se laissait choir dans cet écrin verdoyant, abritant tant de parfums vivifiants, et elle voyait s'allonger à ses côtés Sutemaru qui n'avait jamais quitté cet endroit, mais qui apprenait de nouveau à le contempler en sa délicieuse présence.


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« Modifié: dimanche 01 juillet 2018, 17:32:07 par Neyrin. »

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« Réponse #18 le: samedi 08 septembre 2018, 23:05:04 »
C'est dommage, j'ai commencé des tas d'écrits mais tous sont inachevés... Ils ne peuvent pas encore être postés. À défaut de pouvoir les partager, je mets ce petit poème à la place qui date de quelques mois – et qui n'a pas de titre, ui ui.
C'est la première fois que je fais un peu de poésie. :8):

_____________________________

Le soleil, émergeant de l'horizon
Te caresse tendrement de ses rayons ;
Peut-être as-tu cessé de ressentir
Sûrement ne désires-tu plus saisir,

Les fuites de ce maraudeur
Qui dérobe cette pudeur ;

Qu'il aime te regarder
Que j'aime te contempler !

Seulement vêtue de cette nudité
Toi, réfugiée au creux des bras de Morphée,
J'aimerais te cueillir simplement
Être le plus désiré des amants ;

Laisse-moi ravir la rose
Cette merveilleuse chose ;
Qui, satinée comme la soie,
Éclot à l'aube de mes doigts.



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« Réponse #19 le: dimanche 09 septembre 2018, 20:28:23 »
C'est un premier essaie très réussi Ney, avec des rimes qui rendent le tout harmonieux à lire. Sinon n'hésites pas à continuer dans la poésie, ça sera peut-être plus simple à finir que tes autres écrits. :oups:
Merci à Haine et Jielash pour le kit <3

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« Réponse #20 le: jeudi 27 septembre 2018, 22:49:29 »

Un texte complètement inachevé qui traîne dans mes fichiers depuis plusieurs mois maintenant.
Il n'a aucun titre mais il parle d'un mouton. Enfin, d'une sorte de mouton.

(Cliquez pour afficher/cacher)

« Modifié: mardi 20 novembre 2018, 22:59:03 par Neyrin. »

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« Réponse #21 le: mardi 20 novembre 2018, 22:41:02 »
   
Le jeune toubib

    Une nuit, j'étais venue aux urgences parce que je me sentais barbouillée, toute étrange et toute faible. Ma tête dodelinait, des petites étoiles venaient perturber ma vision et je manquais de m'effondrer chaque fois que je me levais un peu trop brusquement. Un avis extérieur m'aurait dit que ce n'était rien, qu'il aurait simplement fallu que je me couche. « Un bon sommeil, c'est la clé d'une vitalité à toute épreuve ! » me disait-on. Moi, j'avais toujours eu un bon sommeil mais je ne tenais jamais une journée complète. C'était triste, mais c'était comme ça. Le quotidien, ça se changeait pas et quand les habitudes étaient là, on peinait à s'en défaire. Bref, moi je savais que quelque chose n'allait pas. Je savais qu'il ne suffisait pas d'un petit comprimé et de quelques heures de sommeil supplémentaires.

   Aux urgences, j'avais été récupérée par un jeune médecin de garde qui baillait à tout va ; je voyais plus le fond de sa gorge que son joli minois. Je lui avais expliqué mes tracas et exposé mes symptômes, puis il m'avait examinée par simple obligation. Lui, il savait que j'avais rien. « Vous mangez régulièrement ? » m'avait-il demandée. Je savais que j'étais pas très épaisse. J'avais pas su quoi répondre alors je l'avais regardé avec des yeux de merlan frit. Il m'avait sourie. Un beau sourire, je vous assure ! Il avait les cernes étendues jusqu'aux commissures des lèvres mais pour sûr, qu'il était beau et qu'il avait un beau sourire ! C'était rare, les beaux toubibs. D'habitude, c'était tout vieux, tout chauve ou tout nonchalant. 'Paraîtrait même qu'ils couchaient avec les infirmières pendant le service... Sur la table, sur le bureau, dans les petites salles chauffées entre deux opérations... Bah, fallait bien  décompresser. Ils étaient toujours rattrapés par le temps, à devoir s’exécuter à la tâche sans même avoir le confort de déguster un bon café viennois. Ils faisaient comme ils pouvaient. Moi, j'allais pas leur jeter la pierre, aux toubibs, et encore moins à ce sujet-là !

   Enfin enfin, ce jeune médecin de garde m'avait ensuite demandée si dans ma vie, tout se passait bien. J'avais été un peu surprise, vous pensez. Pourquoi s'intéressait-il à mon piètre quotidien de femme ? Au début, j'avais été un peu réticente mais il avait été très doux, le petit toubib au beau sourire (puis il avait de jolies mains aussi, ça se voyait qu'il était médecin !). Au fil des mots, j'avais fondu en larmes devant son minois compréhensif. Je m'en souvenais de comment j'avais tenté de m'exprimer dans cette cascade de sanglots. Il m'avait ramené des mouchoirs et un café chaud, puis dit : « Un peu de lait avec ? ». J'avais ri. Bah quoi, c'était mignon de sa part ! J'avais jamais croisé le chemin d'un homme aussi gentil. Puis moi, mon mari, il m'ennuyait alors que ça faisait que deux ans qu'on était mariés donc je l'avais embrassé, le jeune toubib mais il avait rien dit. Immobile comme une statue donc j'ai recommencé. Voilà que je m'étais prise pour les infirmières. Il avait rien dit, il s'était laissé faire (qu'il était beau ! Quelle chance !). Puis c'était agréable, puis c'était incroyable. Je faisais pas ça à mon médecin traitant, moi, celui qui me prescrivait mes antibiotiques contre mes cystites à répétition (faut dire qu'il était vieux et qu'il sentait le chamois).

   Puis le jeune toubib m'avait arrêtée. Normal, normal. On faisait pas ça à ses patientes, normal, normal. « Rien de grave, vous pouvez rentrer chez vous. » m'avait-il dit ensuite, avant de me rappeler que je devais manger. Je mangeais pas beaucoup, c'était bien vrai. Il m'avait aidée à me rhabiller parce qu'il était gentil. Puis il était devenu rouge comme une écrevisse aussi. Pauvre, il avait été toute chose ! Pas étonnant. « Prenez soin de vous, mademoiselle. » puis j'avais déguerpi, parce que j'avais fait la connerie de ma vie. 
« Modifié: mardi 20 novembre 2018, 22:45:01 par Neyrin. »

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« Réponse #22 le: mercredi 21 novembre 2018, 10:13:03 »
"C'était rare les beaux toubibs" Non mais dis donc ! Merci bien ! @Izzy Novada et @Moon qu'avez-vous donc à dire à cette mégère (c'est pour l'effet de style, ce mot n'est absolument pas une insulte envers toi. C'est juste le terme employé dans le script.) ?

Sinon c'est un joli texte. Un peu cliché quand même, mais joli. Mais surtout, bon sang, qu'est-ce qu'elle avait ? Pourquoi était-elle pas bien ? On ne le saura pas en définitive. Ou justement est-ce ça la connerie : être partie alors qu'il y avait quelque chose de grave ?

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« Réponse #23 le: mercredi 21 novembre 2018, 13:14:01 »
J'ai à dire que je pleure toutes les larmes de mon corps  :'(

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« Réponse #24 le: mercredi 21 novembre 2018, 18:44:26 »
Quelle mégère je fais... Terrible.

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« Réponse #25 le: vendredi 17 mai 2019, 16:44:19 »
Le troisième enfant

Les femmes ressentaient, durant une période plus ou moins longue, le besoin viscéral d'enfanter. Lorsque l'amour sincère naissait et perdurait, la partenaire s'imaginait étreindre un être fragile ardemment désiré, fruit d'une association entre deux amours partagées. Un être qui l'était jusque dans l'odeur qu'il portait, jusque dans le visage qu'il arborait. Quelle fierté pour une mère que d'avoir une telle merveille dans les bras ! Certaines affirmaient que tout cela n'était que sombres bêtises, comme si elles craignaient d'être réduites au même rang que les autres espèces. Une crainte d'être humiliées par le rapprochement entre l'humain et l'animal qui semblait pourtant évident ; chaque être humain suivait un instinct inhérent même s'il pouvait lutter contre par la raison. C'était d'ailleurs la raison naturellement présente qui poussait la femme à refuser de porter la vie, par simple souci de facilité. Voilà une décision bien confortable et agréable que de ne mettre au monde aucune progéniture ; c'était défier le dessein de la nature par fierté narcissique.

C'était du moins ce qu'elle pensait, cette femme qui ne pouvait porter aucun enfant dans son utérus. Tout cela restait du domaine du fantasme malgré elle. Elle se refusait à essuyer un nouvel échec ; un échec déchirant qui ne laissait pas de cicatrices. Elle était éprise d'une terrible jalousie envers les jeunes mères, enviait l'amour maternel et pur qu'elles pouvaient offrir à leur progéniture. Jamais elle ne pourrait le déployer, cet amour, et était condamnée à errer dans une frustration couplée à un profond désespoir.

   « Et si j'étais maudite ? avait-elle demandé un beau matin, alors que les rayons du soleil s'étaient à peine immiscés dans la chambre.

   — Ne te rejette pas la faute. Ce n'est pas une question de malédiction, avait-il répondu. Peut-être que ça finira par marcher, peut-être que nous finirons par l'avoir, notre enfant.

   — Je ne veux plus souffrir.

   — Alors comment faire pour te consoler ? »

   Elle ignorait le potentiel remède miracle ; il avait donc dû dénicher une solution pour panser les meurtrissures de sa compagne. Les psychiatres s'étaient révélés inefficaces pour vaincre la douleur qui l'enserrait. Ne sachant que faire, il avait rapporté un chaton minuscule. Il n'espérait rien obtenir de cet animal, mais il fut comme une révélation pour sa femme. Son instinct maternel avait jeté son dévolu sur cette pauvre bête qui poussait des miaulements désespérés, secouée par la faim et l'absence de chaleur. Elle l'avait posée sur son ventre – comme on posait un nouveau-né – pour l'apaiser tandis qu'elle soulageait son estomac qui criait famine. Ce petit animal fut un moyen d'adoucir la rancœur qu'elle éprouvait envers les jeunes mères, d'adoucir la souffrance qui la poignardait. Toute son énergie avait convergé vers lui, désirant construire un lien fort entre eux et, lorsqu'il avait atteint un âge où la curiosité mordante l'emportait sur la prudence, elle l'avait surveillé comme un enfant en bas-âge.

Les chats grandissaient bien plus rapidement que les humains, ce qui apporta une forme d’angoisse chez la mère adoptive. Comment gérer un enfant qui grandissait aussi vite ? Pauvre femme qui se créait tant de soucis ! Puis vint un jour où son mari, ayant émergé du tumulte de son travail, s’attarda sur la relation qu’elle entretenait avec sa précieuse bête. Il sentait que quelque chose n’allait pas.

« C’est un chat, tu ne peux pas l’élever comme un enfant. Tu ne peux pas le considérer comme tel.

— Mais je l’aime… Je l’aime de tout mon être.
   
— Je ne t’interdis pas de l’aimer, répondit-il. Je veux simplement que tu prennes conscience de la réalité. »

Ils ont parlé. Beaucoup parlé jusqu’à ce qu’elle entende raison. Elle a cessé de noyer le jeune chat sous cet amour qu’il ne rendrait jamais comme un être humain et très vite, sa rancœur endormie refit surface. Elle alimentait de nouveau le quotidien de cette malheureuse femme, ne cherchant que le bonheur d’avoir une progéniture. Elle observait désormais son animal grandir de sa terrasse. Elle l’observait devenir adulte, devenir une chatte et vivre au gré de ses envies.

La mère résignée se contentait seulement de remplir ses gamelles et changer les déjections qui venaient importuner la litière, redevenue chagrinée par l’absence d’un bébé. En cette saison qu’était l’été, la chaleur emplissait le jardin et martelait les chaises en fer forgé de la terrasse, si bien que personne ne pouvait s’y asseoir tant elles brûlaient la chair. C’était d’ailleurs pour cette raison que la femme en laissait toujours une à l’ombre ; ainsi, quand l’envie de lire et de prendre le soleil la saisissait, elle pouvait s’installer sereinement, entamer sa lecture de l’après-midi et contempler le paysage qui s’étendait face à elle. Un vaste aplat verdoyant qui trouvait sa frontière grâce au champ de tournesols qui se perdait dans l'horizon. Ces tournesols se levaient fièrement, leurs pétales jaunes déployés vers l'astre incandescent qui les galvanisait et leur conférait cette splendeur que jamais personne ne nierait.

Sous ce ciel radieux et cette température étouffante qui semblait inépuisable, la chatte avait donné naissance à trois petits. C’était une femelle avec une forte corpulence, et sa prise de poids n’avait jamais inquiété sa propriétaire jusqu’à ce qu’elle retrouve des chatons dans son séjour, dont deux décédés. Le troisième – le plus frêle et portrait craché de sa génitrice – avait survécu. La malheureuse femme comprenait bien la douleur de perdre ses enfants ; néanmoins, elle n’éprouvait aucune empathie envers son animal. La jalousie s’était même amplifiée.


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Écrits non contractuels
« Réponse #26 le: samedi 18 mai 2019, 13:46:44 »
J'aime beaucoup cette fiction, c'est très doux. Je reste un peu sur ma faim du coup. :(
Les petits chatons, c'est de la triche !
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