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Aujourd'hui j'ai vu...
Yuan:
Coucou à Doc et Marty, c'est l'occasion pour moi de parler de quelques films que j'ai vu. Certains parce que je sais qu'il y aura parmi vous des gens pour en parler, d'autres parce que j'ai vraiment envie de répandre la bonne nouvelle autour de moi.
En août, j'ai eu l'occasion de voir Scarface. Une claque inespérée ! Quand j'ai fini le film, je n'étais pas si subjugué que ça. Mais finalement, j'ai pas arrêté d'y repenser tant il m'avait marqué, par son esthétique toute en teintes de rose et d'or, son ambiance très particulière et ses plans très léchés. Sans parler, évidemment, du charisme monstrueux d'Al Pacino en Tony Montana sous l'emprise de la folie (et de la coke), et de cette fin à la fois « clichée » (tant elle est représentative des 80s) et dérangeante, avec ce bain de sang et ce "The World Is Yours" qui reste gravé au creux de la rétine.
Bref, un gros coup de cœur pour ma part, et je recommande vivement le visionnage de ce classique si ce n'est pas déjà fait.
En parlant d'Al Pacino, j'ai eu l'occasion de le revoir dans Donnie Brasco et Heat. Si dans le premier il reprend son costume de gangster, dans le second, il joue un rôle extrêmement différent, et pour le meilleur ! Ces deux films m'ont moins mis une claque dans la figure que Scarface, mais je les ai bien appréciés également (il faudrait ajouter qu'il n'y avait pas qu'Al Pacino pour faire briller le casting lors des crédits, mais aussi Johnny Depp pour Donnie Brasco et Robert De Niro pour Heat).
Parmi les films qui m'ont le plus marqué et que j'ai vus cet été, il y avait aussi la Cité de Dieu : une réal aux petits oignons, une ambiance très déroutante, des personnages imprévisibles... une très belle narration, très envoutante dans sa mise en scène.
J'ai aussi vu La Haine, qui est devenu une de mes grosses références, et le meilleur film français que j'aie jamais vu (bon, j'avoue pas en avoir vu des tonnes). Beaucoup de partis pris, très réussis pour la majorité. Des personnages plus attachants qu'on ne pourrait s'y attendre, et une vision très bienveillante de la jeunesse des banlieues, qui au final, serait toujours bienvenue de nos jours... et le film fête pourtant ses 20 ans cette année !
Je passe aussi en vitesse sur Old Boy, qu'on m'avait vanté pour son scénario, et qui au final m'a surtout marqué pour son esthétique. Je ne reproche que peu de choses au scénario en réalité, mais le côté atrocement machiavélique de l'antagoniste ne m'aura pas tant charmé que prévu ; le côté très érotique et malsain des relations entre les personnages, en revanche, m'a été plus séduisant.
J'ai aussi vu la ribambelle nécessaire de films sur le Vietnam, avec The Deer Hunter et Full Metal Jacket qui étaient les plus intéressants du lot selon moi (je n'ai pas trop été emballé par Platoon). J'ai trouvé des longueurs sur le premier Acte de Deer Hunter, mais qui ne me sont pas dérangeantes en rétrospective tant l'expérience était bonne. Tant de plans marquants (dont un que j'ai utilisé pour un devoir d'histoire du cinéma, c'est dire :v), tant de scènes qui prennent aux tripes ! Un classique qui ne se démérite pas. Et pour le second, un film très léché (mon premier Kubrick d'ailleurs :,( ), une réalisation glauque et vraiment plaisante. On peut peut-être lui faire le reproche d'être facile, pour un film sur le Vietnam (à part la première partie, que tout le monde aime). Mais honnêtement, ça ne m'a pas dérangé, et j'ai passé un très bon moment.
J'ai rattrapé un peu mon retard sur Tarantino (dont j'avais déjà vu plusieurs films, je rassure quand même) avec Kill Bill Vol.1 et 2 et Jackie Brown.
Le premier Kill Bill m'avait énormément marqué pour son efficacité en tant que film d'action, de son utilisation brillante de nombreux clichés du cinéma, et de sa narration excellente. En enchaînant avec le 2, j'étais au départ déçu de ne pas retrouver la force de l'action ; mais en rétrospective, c'est un putain de western, quand même. Un western sans le contexte des westerns, ce qui est déroutant et qui, je pense, fait que beaucoup de gens ne l'ont pas apprécié. J'ai adoré ses nombreuses références au monde du cinéma (parmi les plus évidentes, on a celle au cinéma hongkongais avec le maître chinois, qui est tout simplement excellente). Bref, de très bons films ! Jackie Brown a également été génial pour ma part, bien que je n'ai pas lu la nouvelle dont il narre l'histoire (Punch Créole), ce que j'aimerais bien faire pour avoir un avis plus élaboré sur le film.
Côté Scorcese, je me suis fait Goodfellas et Taxi Driver. Le second est devenu un coup de cœur instantané pour moi (un héros impossible à cerner, un tableau très coloré et sincère de New York, une ambiance excellente), mais le premier ne m'a pas autant emballé qu'il aurait du (j'avoue qu'on me l'a beaucoup vendu). En fait, j'ai aussi vu American Gangster de Ridley Scott dans le même temps, plus récent, mais qui est également un biopic de criminel mafieux. Et, s'ils sont extrêmement différents dans la réalisation (American Gangster étant beaucoup plus classique), je dois avoué avoir préféré la production de Scott pour l'histoire qu'elle narre et les personnages qu'elle met en scène (surtout avec la façon dont elle les met en scène : on s'y attache énormément, alors que les héros de Goodfellas ne m'ont pas procuré ce degré d'émotion). Je ne nie aucunement les qualités de Goodfellas, cela dit (le côté très « cadre privilégié » dans lequel se situe l'audience, avec le héros qui lui raconte l'histoire de façon très intime, par exemple), et j'ai globalement bien apprécié le film.
J'ai aussi eu l'occasion de voir Kevin Spacey dans une ribambelle de films, les deux plus marquants pour ma part ayant été American Beauty et The Usual Suspects, les deux pour des raisons très différentes, bien qu'on y retrouve Spacey en narrateur dans chacun de ces films. Deux films très forts, d'ailleurs, que je ne peux que recommander pour leur réalisation superbe et leur personnalité unique.
J'aimerais aussi profiter du post pour mentionner The Graduate, avec Dustin Hoffman, qu'à ma surprise peu de gens autour de moi ont vu alors qu'il a tout d'un classique. Une esthétique qui met à son service la quasi-totalité des scènes du film, et qui parvient à narrer une histoire pas si intéressante que ça avec une brio exceptionnelle. Pour moi, on est carrément sur du cas d'école, donc je conseille vivement de passer dessus si ce n'est pas déjà fait. Beaucoup de choses à dire sur la réal, et je n'ai pas la prétention de vouloir me lancer dessus en un modeste paragraphe, mais en tout cas, c'est du bon. (Allez, en plus il est court ! 1H45, vous n'avez pas d'excuse)
L'instant « blague », j'ai envie de conseiller 2 tueries à voir impérativement. La première, c'est Big Trouble in Little China (ou en français Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du Mandarin, si ça vous vend pas du rêve je sais pas). Mais que se passe-t-il ? Que sont ces costumes improbables pour les méchants ? Qu'est-ce que cet hybride singe-chewbaca ? Ces effets d'éclair peuvent-ils être considérés comme des choix artistiques ? Pourquoi le héros porte-t-il le mullet mieux que n'importe quel homme ? Y aura-t-il assez de bières pour tenir tout le film ? Voici le genre de questions auxquelles vous serez confrontés pendant la durée de cet ovni. Je dois le dire, je me suis jamais tapé autant de barres devant un film (qui n'était pas un nanar des caniveaux comme on les aime). Bref, c'est devenu une de mes références ultimes, un de mes films incontournables top 10 spé « qu'est-ce que le cinéma a apporté à ma vie ». Des barres. Je vous laisse quand même une image du méchant, il devrait vous vendre suffisamment de rêve pour lancer le film dès la fin de votre lecture de ce post.
La deuxième, c'est Ferris Bueller's Day Off, qui ne nécessite pas autant de bière que le premier pour être apprécié à sa juste valeur. Sa narration particulièrement soignée et au service du comique font toute sa force. Après, personnellement, l'humour typé 80s, un peu bon enfant, peut-être un peu facile sur les bords, mais jamais vulgaire, me touche facilement et j'y prends clairement mon pied. J'imagine que ce n'est pas au goût de tous (ce que je trouve un peu triste, par exemple des films « comiques » récents comme The Hangover ont à peine réussi à me faire sourire ; bon dans celui-là y'a Ken Jeong en Leslie Chow qui sauve les meubles, mais il apparaît 10 secondes à l'écran et reste vulgaire quand même, c'est pas trop mon bol de soupe). Mais je recommande quand même clairement de laisser sa chance à ce bon vieux classique américain, je doute qu'on puisse passer un mauvais moment devant.
J'ai vu beaucoup d'autres films, mais voilà globalement ceux qui m'ont suffisamment marqué pour les mentionner (je remarque que j'ai pas parlé de ceux qui m'ont marqué en mal, tant mieux dira-t-on). Je vais donc finir sur le dernier que j'ai vu en date, à savoir Mulholland Drive, hier. Un bon film, mais je dois avouer être un petit peu déçu. On m'a vendu monts et merveilles à son sujet, notamment pour son esthétique. Pardon, mais quelle esthétique ? Les lesbiennes, c'est tout ce qu'il vous faut pour trouver un film esthétique ? :v
Bon, je suis mauvaise langue, on a droit à un montage efficace et des plans intéressants, mais ce n'est pas le plus marquant dans ce film. Ce qui me reste le plus est quand même son scénario exceptionnel (peut-être un peu bordélique, à savoir si on devrait le lui reprocher ou pas, et je n'ai pas vocation à argumenter là-dedans) et les thèmes qu'il tacle. Je dois avouer, en revanche, avoir été particulièrement déçu du couple des deux demoiselles. Il est inutilement érotique. Aurait-on eu un pestacle pareil pour un couple hétéro, ou même homo masculin ? J'en doute le plus sincèrement du monde. Et c'est décevant. Quelque part, pour moi, ça renforce cet inconscient collectif de l'érotisme du couple homo féminin, et c'est vraiment glauque dans l'idée. C'est triste à dire, mais ça m'a pas mal bloqué dans mon visionnage, tant la sensualité du couple est au centre de la narration.
J'ai aussi trouvé le jeu d'acteur carrément étrange par moments, à la limite du ridicule. Quelque part, ça donne pas mal de personnalité au film et ça contribue à son ambiance malsaine. Mais je dois avouer que c'est difficile de savoir, parce qu'on voit les acteurs jouer convenablement plus loin dans le film. Je sais pas trop.
J'imagine que je dois le revoir. En attendant, je ne nie pas ses qualités, mais ces détails m'ont fait grincer des dents, et j'aimerais bien avoir vos avis dessus (je sais qu'il y en a quelques uns parmi vous qui aiment beaucoup ce film, donc ça m'intéresse).
Je m'arrête là ! Pendant les vacances, j'essaierai de me faire des trucs évidents que je n'ai toujours pas vu, comme les Star Wars (hum hum), Mad Max (thx DY :love:), The Mask, Matrix... probablement beaucoup d'autres, mais ça c'est pour ceux que j'ai en bluray et qui me regardent du coin de l'étagère (ou que j'ai obtenus récemment en général, c'est le cas de Mad Max).
J'ai aussi deux devoirs pour l'histoire du cinéma, qui nécessitent de mater un Buster Keaton et le Chien Andalou, si ça sonne des cloches (#anglicismedesrues) à certains.
*triple salto arrière*
Royug:
Arrête Yuan, tu regardes trop de films, tu vas finir par saturer. :O
En tout cas, c'est cool que t'aies aimé American Beauty, c'est un de mes films préférés. Et là tu m'as donné envie de voir Scarface et La Cité de Dieu (que j'ai jamais vu non plus).
L'autre soir, j'ai continué ma MAJ Star Wars avec l'épisode 5. Je crois que je l'ai préféré au 4. Y'a moins de longueurs, Darth Vader a plus d'étoffe et a l'air plus menaçant (je l'ai trouvé un peu quelconque dans le 4), le combat au sabre a plus d'allure, et on voit qu'ils avaient plus de moyens pour ce deuxième film. Y'a Yoda qui m'a marqué aussi. À cause des films de la préquelle, je me souvenais surtout de lui comme un personnage calme, qui parle lentement, réfléchi, etc... Mais dans ce film, il a l'air plus excité et un peu foufou. À croire qu'il est devenu sénile avec le temps, même si ok il se calme un peu lorsqu'il révèle qui il est.
Sinon, un peu avant ça j'ai vu Watchmen. J'avais déjà lu la BD avant, et l'histoire est vraiment très bien respectée dans le film je trouve, je m'attendais à plus de changements que ça. Bon ok, la fin est très différente, mais je crois que je préfère celle du film, elle est pas nécessairement plus logique mais au moins elle est moins bizarre et sortie de nulle part. Y'a le petit plot twist à la toute fin que j'ai bien aimé aussi, qui m'a fait rire. Après, j'ai peut-être un peu moins aimé le style de l'image (je sais pas comment on appelle ça au cinéma), trop gris et épuré aussi parfois, mais ça ça dépend des goûts.
Rodrigo:
--- Citation de: Yuan le mercredi 21 octobre 2015, 22:03:28 ---
J'ai vu beaucoup d'autres films, mais voilà globalement ceux qui m'ont suffisamment marqué pour les mentionner (je remarque que j'ai pas parlé de ceux qui m'ont marqué en mal, tant mieux dira-t-on). Je vais donc finir sur le dernier que j'ai vu en date, à savoir Mulholland Drive, hier. Un bon film, mais je dois avouer être un petit peu déçu. On m'a vendu monts et merveilles à son sujet, notamment pour son esthétique. Pardon, mais quelle esthétique ? Les lesbiennes, c'est tout ce qu'il vous faut pour trouver un film esthétique ? :v
Bon, je suis mauvaise langue, on a droit à un montage efficace et des plans intéressants, mais ce n'est pas le plus marquant dans ce film. Ce qui me reste le plus est quand même son scénario exceptionnel (peut-être un peu bordélique, à savoir si on devrait le lui reprocher ou pas, et je n'ai pas vocation à argumenter là-dedans) et les thèmes qu'il tacle. Je dois avouer, en revanche, avoir été particulièrement déçu du couple des deux demoiselles. Il est inutilement érotique. Aurait-on eu un pestacle pareil pour un couple hétéro, ou même homo masculin ? J'en doute le plus sincèrement du monde. Et c'est décevant. Quelque part, pour moi, ça renforce cet inconscient collectif de l'érotisme du couple homo féminin, et c'est vraiment glauque dans l'idée. C'est triste à dire, mais ça m'a pas mal bloqué dans mon visionnage, tant la sensualité du couple est au centre de la narration.
J'ai aussi trouvé le jeu d'acteur carrément étrange par moments, à la limite du ridicule. Quelque part, ça donne pas mal de personnalité au film et ça contribue à son ambiance malsaine. Mais je dois avouer que c'est difficile de savoir, parce qu'on voit les acteurs jouer convenablement plus loin dans le film. Je sais pas trop.
J'imagine que je dois le revoir. En attendant, je ne nie pas ses qualités, mais ces détails m'ont fait grincer des dents, et j'aimerais bien avoir vos avis dessus (je sais qu'il y en a quelques uns parmi vous qui aiment beaucoup ce film, donc ça m'intéresse).
--- Fin de citation ---
Ravi que tu l'aies vu, mais je suis plutôt circonspect en lisant ce que tu en as retenu. Déjà, je trouve que le plus impressionnant, c'est justement le montage, qu'on pourrait presque qualifier de chaotique, tant les situations s'enchainent sans que rien ne semble cohérent au premier abord. Et je vais expliquer ça sous spoil, au cas où des gens qui ne l'auraient pas vu me liraient :
(Cliquez pour afficher/cacher)L'idée centrale du film, c'est le rêve, et le montage est tout à fait cohérent vis-à-vis de cela, tout s'enchaine de manière désordonnée, mais avec énormément de liens entre toutes ces scènes (des mots, des objets, des personnages). Et donc, pourquoi toute cette tension sexuelle entre les deux demoiselles ? Parce que Diane est en plein chagrin d'amour parce que Camilla l'a larguée (voire n'a jamais été avec elle) pour Adam Kasher. Et du coup, toute la première partie du film est un mélange assez fou de pensées qui sont censées lui rappeler ce qu'elle aurait fait (commander le meurtre de Camilla, avec une photo, "this is the girl", son échec à Hollywood, son mal-être), et de fantasmes de ce qu'elle aurait voulu avoir : Adam Kasher qui s'en prend plein la gueule, finit ruiné, perd sa femme qui le trompe, et d'un autre côté Camilla, sous les traits de "Rita", qui arrive nue chez elle, amnésique et qui tombe très vite très amoureuse d'elle, la future star d'Hollywood qui éblouit tout le monde par son talent incommensurable. C'est ça le rêve, le fantasme, et c'est plus ou moins comme ça que j'imagine un rêve. Et puis la chute, avec le Silencio, et la réalité assez dure qui se dévoile, en montrant toutes les oppositions entre ce qu'elle imaginait en tant que Betty et ce qui s'est passé en tant que Diane.
Et pour les acteurs qui jouent mal, cf ce que j’ai dit plus haut, certaines scènes sont totalement ridicules, voire surréalistes de bêtise, parce qu'elles n'ont pas pour but d'être cohérentes, elles appartiennent toujours au rêve.
Je voulais faire un post récap de mes films vus récemment, je m'en occuperai plus tard.
Yuan:
--- Citation de: Royug le vendredi 30 octobre 2015, 16:41:04 ---Arrête Yuan, tu regardes trop de films, tu vas finir par saturer. :O
En tout cas, c'est cool que t'aies aimé American Beauty, c'est un de mes films préférés. Et là tu m'as donné envie de voir Scarface et La Cité de Dieu (que j'ai jamais vu non plus).
--- Fin de citation ---
J'ai vu tous ces films étalés sur plusieurs mois quand même, donc ça va (et j'avais pas grand chose à faire de mon été, entre autre :niak: ). Quand je sature je le sens et je fais une longue pause en général, haha.
Oui pour Scarface ! Scarface c'est bien. :cool: Les deux films sont sur Netflix, btw !
--- Citation de: Rodrigo le vendredi 30 octobre 2015, 18:32:38 ---Ravi que tu l'aies vu, mais je suis plutôt circonspect en lisant ce que tu en as retenu. Déjà, je trouve que le plus impressionnant, c'est justement le montage, qu'on pourrait presque qualifier de chaotique, tant les situations s'enchainent sans que rien ne semble cohérent au premier abord. Et je vais expliquer ça sous spoil, au cas où des gens qui ne l'auraient pas vu me liraient :
(Cliquez pour afficher/cacher)L'idée centrale du film, c'est le rêve, et le montage est tout à fait cohérent vis-à-vis de cela, tout s'enchaine de manière désordonnée, mais avec énormément de liens entre toutes ces scènes (des mots, des objets, des personnages). Et donc, pourquoi toute cette tension sexuelle entre les deux demoiselles ? Parce que Diane est en plein chagrin d'amour parce que Camilla l'a larguée (voire n'a jamais été avec elle) pour Adam Kasher. Et du coup, toute la première partie du film est un mélange assez fou de pensées qui sont censées lui rappeler ce qu'elle aurait fait (commander le meurtre de Camilla, avec une photo, "this is the girl", son échec à Hollywood, son mal-être), et de fantasmes de ce qu'elle aurait voulu avoir : Adam Kasher qui s'en prend plein la gueule, finit ruiné, perd sa femme qui le trompe, et d'un autre côté Camilla, sous les traits de "Rita", qui arrive nue chez elle, amnésique et qui tombe très vite très amoureuse d'elle, la future star d'Hollywood qui éblouit tout le monde par son talent incommensurable. C'est ça le rêve, le fantasme, et c'est plus ou moins comme ça que j'imagine un rêve. Et puis la chute, avec le Silencio, et la réalité assez dure qui se dévoile, en montrant toutes les oppositions entre ce qu'elle imaginait en tant que Betty et ce qui s'est passé en tant que Diane.
Et pour les acteurs qui jouent mal, cf ce que j’ai dit plus haut, certaines scènes sont totalement ridicules, voire surréalistes de bêtise, parce qu'elles n'ont pas pour but d'être cohérentes, elles appartiennent toujours au rêve.
Je voulais faire un post récap de mes films vus récemment, je m'en occuperai plus tard.
--- Fin de citation ---
Je ne trouve pas le montage mauvais ! Il est efficace et cohérent, mais je ne trouve pas qu'il est mis au service de l'esthétique, comme c'est le cas avec d'autres films (et pour prendre un exemple qui risque d'énerver tout le monde, le Cinquième Élément qui a un montage purement sensoriel pour coordonner des scènes entre elles). Ce qui n'est pas un mauvais point du tout, bien au contraire, mais qui m'a surpris après que tout le monde m'ait dit que Mulholland Drive serait une claque esthétique.
Je n'avais pas de problème avec la compréhension de pourquoi le couple est présenté tel qu'il est, mais je trouve ça... mauvais genre ? :niak: Comme je le disais, l'érotisation inutile des couples de lesbienne est abondante dans les œuvres où elles figurent, je trouve que ça a même un goût de cliché particulièrement agaçant à voir. Passé un stade, j'avais même l'impression de mater un boulard. J'exagère un peu, et j'ai sans doute du mal à exprimer mon propos, mais cette notion de fantasme super freudienne est malsaine à véhiculer venant d'une œuvre, c'est un idéal dépassé : j'ai vraiment l'impression qu'un couple hétéro ou homo masculin n'aurait pas eu un traitement pareil, et je trouve ça glauque. Le fantasme est celui du spectateur (un homme hétéro, donc... ?), pas de l'héroïne, et euh, ouais, bof. Ça m'a empêché de trouver la relation touchante ou séduisante. D'ailleurs, je m'étais renseigné par curiosité, mais plusieurs critiques de films ont partagé cet avis, comme quoi... (Il y en a d'autres, une majorité d'ailleurs, qui encensent évidemment l'érotisme de la relation et disent que ça contribue à la qualité du film ; je reste bien sceptique.)
Je sais qu'on peut répondre à ce paragraphe en disant « mais c'est un rêve donc !! », sauf que je ne trouve pas que ça excuse cet idéal (qui serait purement celui du réalisateur, en fait).
Pour les acteurs, ça va effectivement dans le sens du rêve comme ce que je supposais, mais bon du coup j'y ai été moyennement réceptif. Comme dit, j'ai sans doute gagné le droit de revoir le film, mais je pense que ça aura plutôt tendance à seulement aider ma compréhension de la réal plutôt que ma sensibilité à sa mise en œuvre. Et je ne vais pas mentir, le couple des deux greluches plombe beaucoup ma vision du film.
Après, je suis loin de trouver que c'est un mauvais film. Il a des propos intéressants. J'y suis juste resté majoritairement de marbre, et certains trucs m'ont fait hausser les sourcils, pas que parce qu'ils étaient volontairement wtf, juste parce que c'était lourd à voir.
Brume-Ondeblois:
Je sors d'une séance de seul sur mars, en anglais sans sous titre intelligible pour moi forcément vu ma location d'érasmus.
J'ai trouvé le film correct sans plus, avec une direction artistique propre sur elle mais jamais impressionnante et une histoire qui si scientifiquement vachement plus juste que la moyenne ( coucou interstellar ) était vachement plate et peu passionnante.
Du coup pour me changer les idées j'ai fait une critique satirique dessus sur sc ;D (qui évidemment ne s'adresse qu'aux gens ayant vu le film).
Si ça intéresse quelqu'un le lien est là.
http://www.senscritique.com/film/Seul_sur_Mars/critique/72461327
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