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Aujourd'hui j'ai vu...

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Duplucky:
Bien bien bien, aujourd'hui, j'ai vu ceci...


Parait qu'il est culte, celui-là.
Et...

C'est compliqué, peut-être parce que j'ai vu The Thing 2011 d'abord, que j'ai adoré. Mais j'ai clairement préféré la version 2011. Disons que chaque film a ses qualités et ses défauts :

- 1982, le peu qu'on voit de la chose est vraiment dégueulasse et ça, ça fait plaisir comparé à la version 2011 où les images de synthèses sont trop flagrantes. Et il a aussi pour qualité de mettre bien plus en avant le côté paranoïaque du film là où 2011 semblait être assez rapidement expédié de ce côté-là...

Mais bordel, la fin, qu'est-ce qu'elle est à chier, par contre.

On voit très peu la chose durant tout le film comparé au film de 2011, ce qui est vraiment pas mal car le film laisse clairement planer le doute sur tout le monde. Mais à la toute fin, lorsque la créature se montre enfin, moment qu'on attend depuis très longtemps, (Cliquez pour afficher/cacher)elle reste statique, juste bonne à se faire exploser. Le tout pour finir sur une conversation finale entre les deux survivants qui ne laisse pas vraiment planer de doute sur le fait que si oui ou non, l'un d'eux est encore une incarnation de la chose ou pas. Tout ça, ça tombe vraiment à plat et on est vraiment loin de par exemple la fin d'Alien où la tension était à son comble.

The Thing 2011 maintien son niveau de qualité qui est assez bien élevée du début à la fin, tandis que 1982 monte la barre très très haute durant une grosse partie du film mais s'effondre totalement à la toute fin et ça laisse un sentiment de déception et de frustration dans la bouche, c'est bien dommage. :/

D_Y:
Si l'on me demandait de dresser une liste des meilleures fins de film de tous les temps, celle de The Thing figurerait certainement en bonne place. Elle est presque parfaite, d'une noirceur exquise, si merveilleusement gérée qu'elle évite d'être décevante et déprimante. Cette fin n'est pas spéciale ni intelligente simplement parce qu'elle laisse le public en plan, beaucoup de films s'engagent dans cette voie avec plus ou moins de succès (type Inception), mais en général il s'agit d'une astuce pour faire paraître les films comme plus intelligents et plus énigmatiques qu'ils ne le sont vraiment. Mais The Thing, par contraste, est une histoire si bien racontée que sa fin semble amplement méritée pour récompenser le spectateur.

Quant à la scène finale avec Childs et MacReady, c'est un puits infini de spéculation et d’ambiguïté. Même John Carpenter et Kurt Russell ont dit n'avoir aucune idée si un, chacun, ou aucun des deux gars est la chose. Il n'y a littéralement aucune preuve tangible qui aille dans un sens ou dans l'autre, uniquement des objets de spéculation (comme la respiration de Childs). Mais comme le mystère plane aussi bien pour eux que pour nous, les implications de cette scène sont très profondes, et c'est ce qui fait sa force. Car après les 100 minutes précédentes de tension intense, alors qu'enfin la menace semble écartée et un "héros" défini, on se retrouve avec les deux gars, MacReady et Childs, ignorant l'un comme l'autre si l'autre est la chose ou non. Et comme chacun aura toujours le doute, cela rend leur sacrifice inévitable, quand bien même les deux seraient humains. En d'autres termes comme il faut que l'un survive à l'autre, ils n'ont pas d'autre choix que d'attendre et de regarder l'autre mourir, donc attendre que l'un des deux meurt de froid pendant que l'autre (également resté humain) se rend compte avec horreur qu'ils auraient pu s'entre-aider et survivre dés le départ. Et le pire c'est que même si l'un des deux est infecté, la chose peut quand même hiberner et laisser mourir le non-infecté ; présumant ceci, et dans l'intervalle, le non-infecté ne peut rien faire car cela laisserait le risque d'assassiner un ami non-infecté (et quand même précipiter sa propre perte). Dans les deux cas la fin est tragique et psychologiquement forte, et un tel dilemme est là où réside toute l'horreur du film.

La fin d'Alien manque ce genre de dimension psychologique, c'est juste une fin de film de monstre classique. Il n'y a pas vraiment de comparaison possible entre la version 1982 et 2011, aussi bien dans le déroulement de l'intrigue que dans leur climax. Je suis donc bien curieux de comprendre ce que tu trouves tant "à chier" dans cette fin qui est consensuellement considérée comme terriblement impactante et qui est encore vivement débattue plus de trois décennies plus tard (preuve de sa grandeur s'il en faut).

Maedhros:

Voilà, j'ai écouté Nosterafu, un film d'horreur de 2024 réalisé par Robert Eggers. C'est le premier film de ce réalisateur que j'ai écouté et surtout c'est le premier film de Dracula/Nosterafu que j'ai écouté. Et j'ai adoré.

Déjà, il faut en parler mais la photographie de ce film est impressionnante. Tantôt très gothique et soudainement pleine de couleurs exsangues. Dans certaines scènes, le noir et blanc succède de manière presque imperceptible à la couleur et vice versa ; à d’autres moments, ils cohabitent dans le même cadre, ce qui crée d’étonnants contrastes. Les macabres tableaux qu’Eggers est si doué pour imaginer sont saisissants. Il y a dans la mise en scène en général un mélange d'intimiste et de quasi épique qui donne un certain rythme au film. Bref, la photographie c'est le gros point fort du film, avec quasiment à chaque scène des plans mémorables

Je connaissais aussi un peu le scénario de base de Dracula et dans ce film, il est un peu changé. L'amour du comte vampire pour Ellen devient une soif de domination. Il veut qu’elle se soumette à lui dans toute son entièreté. Dès lors, la décision finale d’Ellen relève de l’autodétermination, cela permet de rajouter comme sujet au film les relations toxiques que subissent plusieurs femmes et c'est extrêmement bien amené je trouve.  De même, Ellen joue un rôle plus actif et devient au minimum un deutéragoniste de l'histoire.

J'ai certaine personne dans mon entourage qui ont trouvé très dommage que le film sexualise autant Ellen et je ne suis absolument pas d'accord là-dessus. La sexualité et le désir de la femme sont un thème au cœur du film et plus spécifiquement du viol, des relations toxiques et de la masculinité. Chaque fois que Orek prend possession d'Ellen, s'empare d'elle, c'est très clairement si vous voulez mon avis une analogie au viol.

De même je pense que le film représente bien (même si je suis loin d'être un expert) la mentalité de l'agresseur et le comportement de harceleur par Nosterafu. La nécessité de la soumission volontaire d'Ellen au vampire n'est pas ici pour présenter Orok qui gagne et réussit son objectif. Mais il permet au compte vampire de se libérer de toute culpabilité ou de tout travail de conscience, il peut minimiser toutes les manipulations, les menaces et les horreurs qui lui ont permis d'obtenir ce qu'il voulait.

Donc pour moi, ça marche parfaitement bien. Le seul véritable problème c'est qu'Ellen semble prendre du plaisir sexuel aux possessions d'Orok, ce qui indique à certains que le monstre est aussi une représentation des désirs sexuels non avoués de la jeune femme. Et je ne suis absolument pas certain que faire de cette représentation un abuseur et manipulateur en laissant sous-entendre que c'est ce qu'elle désire (comparé à une masculinité plus faible du personnage principal) soit moralement acceptable, surtout dans notre contexte où une vision de la masculinité très toxique refait surface.

En bref, Nosterafu est un excellent film, surtout pour sa photographie marquante.

Fenrin:
Ces derniers jours, j'ai regardé Arcane. Cent ans après la guerre, mais ceci est une habitude chez moi.



Depuis le temps que j'ai des potes qui me disent de regarder cette série en me disant "Promis, tu vas aimer". Et bien je vous adore et je vous détestes à la fois. x)

J'ai été très enthousiasmée par la première saison.

Déjà, la série est accessible même à ceux qui comme moi ont peu joué à League of Legend et n'y connaissent donc pas grand chose, et même à ceux qui n'y ont jamais joué et ne connaissent donc rien à l'univers du jeu.

Ensuite, la qualité de l'animation.

Enfin, la narration et les personnages. Des personnages développés et attachants, avec une narration intimiste qui sait prendre son temps et qui passe par les personnages et leurs relations entre eux (et vous verrez, ce détail est important pour la suite).

Pour la seconde saison en revanche, c'est plus mitigé.

Pour les qualités on retrouve encore une fois l'animation et l'accessibilité aux néophytes et aux ignorants de League of Leagend. En revanche pour le reste, j'ai été déçue.

J'ai fait quelques recherches et je penses que la série souffre principalement du fait qu'initialement 5 saisons étaient prévues mais que, pour des raisons de budget car le studio en charge du développement, bien que talentueux, était inexpérimenté et de ce fait prenait plus de temps que prévu, et le développement coûtait donc plus d'argent. Le nombre de saisons a donc été raccourci à 2. Et aussi l'équipe du scénario est passée de 10 à 3 scénaristes.

Cela se ressent. On passe d'une narration intimiste et centrée sur les personnages et leurs relations entre eux à une narration plus rapide et fondée sur l'action et les combats (non pas qu'il n'y avait pas de combats et d'action avant mais cela prenait moins de place ; ce n'était pas ça qui portait la narration mais les personnages et leurs relations entre eux, encore une fois). Trop rapide même, j'en étais même à ne plus comprendre les intentions des personnages, le pourquoi ils agissaient comme ça. J'ai eu du mal à comprendre et à suivre la saison 2. Et pourtant, je ne m'estime pas être particulièrement stupide. Les dialogues et les réactions tombent comme un cheveu sur la soupe. Ca se sent qu'ils ont du condenser dans la saison 2 tout ce qu'ils auraient de base voulu développer dans les saisons 2, 3, 4 et 5. En gros, ils ont du condenser 4 saisons en 1.

L'une de mes grandes déception a été également le personnage de Vi. Dans la saison 1, c'était le personnage qui n'était certes pas le personnage principal de l'histoire (il n'y a pas de personnage principal dans Arcane) mais du moins le personnage. Le centre de l'histoire, même s'il y avait d'autres choses à côté, devait être elle et la relation avec sa sœur Powder/Jinx. En témoignent les génériques. En témoignent l'acte 1 de la saison 1 qui se termine sur le fait qu'elle "abandonne" sa sœur sur le coup de la tristesse et de la colère, avant de se repentir bien vite mais trop tard ; et l'acte 2 de la saison 1 qui est consacré à sa quête pour retrouver sa sœur et ramener cette dernière, qui souffre maintenant de schizophrénie et de syndrome post-traumatique, à la raison. Et dans la saison 1 est décrit sa relation privilégiée avec son père adoptif Vader. Elle est même appelée "l'enfant prodige de Vader" par l'un des personnages dans l'acte 2 de la saison 1.

Mais tout cela passe au second plan dans la saison 2. La saison 1 vous aura fait vous attacher à Vi comme personnage central ? Et bien la saison 2 la replace non pas comme personnage insignifiant mais comme un personnage "important" parmi les autres. Sa relation privilégiée avec Vander ? Elle n'est plus mise en avant. Cela n'aurait pourtant pas été compliqué de le faire dans l'épisode de la ligne temporelle alternative en... je ne sais pas moi... en ne montrant que même brièvement que la mort de Vi dans cette timeline a affecté Vander ! Mais non, rien de cela !

Tout cela passe au second plan dans la saison 2. La saison 1 vous aura fait vous attacher à Vi comme personnage central ? Et bien la saison 2 la replace non pas comme personnage insignifiant mais comme un personnage "important" parmi les autres. Sa relation privilégiée avec Vander ? Elle n'est plus mise en avant. Cela n'aurait pourtant pas été compliqué de le faire dans l'épisode de la ligne temporelle alternative en... je ne sais pas moi... en ne montrant que même brièvement que la mort de Vi dans cette timeline a affecté Vander ! Mais non, rien de cela ! Mais prenez des notes les scénaristes, c'est moi qui offre le cours ! Désolée mais mon agacement est à la hauteur du gâchis que j'éprouve.

J'ai vu à plusieurs endroits (je ne retrouve plus mes sources donc à prendre avec des pincettes) que les scénaristes ce seraient finalement désintéressés du personnage de Vi en cours de route. Cela m'étonne quand même car vraiment on dirait que Vi n'a pas été écrite par les mêmes personnes entre la saison 1 et la saison 2 ; mais quand on sait que l'équipe de scénaristes est passée de 10 à 3 personnes cela peut s'expliquer...

Parlons également de Powder/Jinx. Le traumatisme de cette dernière est beaucoup trop mis en avant selon moi. Et celui de Vi, on en parle ? Certes, le traumatisme de Powder/Jinx est explosif alors que celui de Vi se manifeste de manière plus discrète. Mais cela fait justement qu'il n'y en a que pour le traumatisme de Powder/Jinx Putain de Dark Sasuke. Et le fait qu'elle redevienne "gentille" est mal amené. Je veux dire qu'en soit ce n'est pas une mauvaise idée ; sinon aurai-je été émue lors du passage où Jinx dit à sa sœur d'arrêter de culpabiliser et qu'elle a le droit d'être heureuse ? Aurai-je été également émue à la fin lorsque Jinx préfère se sacrifier pour que sa sœur ne tombe pas dans le vide avec Vander et elle ? Seulement, ce changement de mentalité est trop rapidement amené et expliqué seulement par une gamine random (tellement random que je n'ai même pas retenu son prénom) surgie de nulle part qui ne parle même pas mais qui est tellement fan de Jinx qu'elle la suit telle un pot de colle et qu'elle se teint les cheveux en bleu comme Jinx parce qu'elle est fan d'elle (subtilité bonjour). Et cette gamine ferait resurgir en Jinx sa part d'humanité avant de mourir aussi soudainement qu'elle est apparue. Non mais allez vous faire foutre les scénaristes au bout d'un moment, sérieusement. Encore une fois, je pense qu'à ce niveau la série a souffert d'avoir du condenser ses saisons 2, 3, 4 et 5 en une saison 1.

Et je ne serais jamais d'accord avec ceux qui critiquent la Vi de 15 ans (acte 1 de la saison 1). J'ai même envie de dire que c'est mon passage préféré du personnage. C'est justement ce qui pose le personnage ; son courage, sa force de caractère, son intelligence vive, sa répartie et son humour piquant, sa relation avec sa sœur Powder et celle avec son père adoptif Vander (très touchante cette relation, d'ailleurs).

Voici donc en résumé mon avis sur Arcane. Une série qui m'aura beaucoup accrochée par son énorme potentiel dans la saison 1, mais qui m'aura ensuite d'autant plus déçue dans la saison 2.

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