L'antre du démoniaque Morcego

Démarré par Morcego, Vendredi 28 Juin 2024, 03:07:23

Morcego

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Lettres
Une réécriture de Voyelles de Rimbaud utilisant seulement des E et des U commes voyelles (auxquelles on pourrait rajouter les deux Y, mais pour moi, ce sont ici des consonnes).

Ébène, E blême, de gueules, U vert, bleu : lettres,
Desquelles je révèle les débuts perdus :
Busc ébène des sphex, qu'enserre un feu ténu,
Susurrements, près de senteurs cruelles, d'êtres,

Creux secrets ; E, blême des fumées et des tentes,
Épées de névés rudes, ducs blêmes, tremblez,
Fleurs ! Lèvres, de gueules, désennuyées d'emblée,
Querellées, éméchées, de secrets émulgentes ;

U, cercles, tremblements célestes de mers vertes ;
Chut, herbes semées de bêtes, fentes expertes
Que l'étude sculpte sur les têtes lettrées !

Suprême bugle bleu, repu de vents fumeux,
Détente pure, trêve de l'éther brumeux,
Bleu suprême, bleu de Ses Yeux, reflet feutré.


Ce n'est pas un sonnet parfait, mais ça rime à peu près.
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Morcego

#1
J'ai écrit cette poésie, courte, un peu inspirée de das Gassenfenster de Kafka :

À La Fenêtre


Pour peu que la pluie inonde la rue et humecte
Les plantes, à grosses gouttes, chasse les insectes ;
Pour peu que des feuilles, végétales notonectes,
Dévalent les rues aux ratissages incorrects ;

Que ce soit une tristesse ou une rage
Qui t'écrase dans ton canapé, sauvage,
La pluie saura t'apaiser comme il est sage
(À condition que tu aies un bon chauffage.) ;

Car tu iras jusqu'à ta fenêtre, à pas lents,
Regarderas au-delà du ciel transparent
Malgré quelques gouttes claires l'obscurcissant :
Oh ! la tête un brin en arrière, souriant.


Et celle-ci, que j'aime moins, car chaque phrase dément la précédente, et qu'elle fait un peu fable, mais sans du tout en être une :

On était par la pluie au salon renvoyé.
Un moucheron s'était réfugié sous la voûte
D'un grenier, par l'oeil-de-boeuf ouvert. Quelle goutte
Subreptice ou sournoise saurait le noyer ‽

La pluie, sous laquelle les feuilles ne ployaient
Pas ne le concernait plus, pour lui, aucun doute.
Il ne voyait pas poindre un torrent sur la route
La pluie se renforçait, il s'était fourvoyé.

Roulant d'énormes nuages venait l'orage,
Noyant ou fracassant les plantes avec rage,
Seul l'idiot moucheron ne s'en souciait guère.

La foudre, voisine, venait d'abattre un hêtre,
Et vingt gouttes de pesticides le diptère :
« Rhoo ! Qui a oublié de fermer la fenêtre ‽ »
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