Auteur Sujet: Le topic des RPG japonais [Level-up, cheveux bleus et aventures]  (Lu 14328 fois)

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Le topic des RPG japonais [Level-up, cheveux bleus et aventures]
« Réponse #45 le: lundi 08 mars 2021, 18:51:56 »
Perso j'ai pas trop aimé le premier Caligula 2 donc je suis pas trop intéressé par le deuxième

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« Modifié: jeudi 08 avril 2021, 18:38:46 par un modérateur »

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Le topic des RPG japonais [Level-up, cheveux bleus et aventures]
« Réponse #46 le: vendredi 19 mars 2021, 18:37:22 »
J'ai bien avancé ma partie de Bravely Default II. Pour l'instant, si je prends plaisir à y jouer, c'est simplement grâce au gameplay que l'on connait particulièrement bien si on a joué aux premiers et que j'ai retrouvé dans Octopath Traveler. Je joue en facile car je n'aime pas les défis et je voulais profiter de l'histoire. Mais quelle histoire. C'est l'histoire de méchants qui ont volé des cristaux des éléments, du coup y a des catastrophes et on doit les récupérer. Ohlalala. Tellement original. Non en vrai, je me fais chier. J'en suis a priori à la moitié du jeu et pour l'instant je suis pas convaincu. Déjà c'était assez classique dans les premiers, mais bon c'était un début de licence, mais là. Je me fais chier en terme d'histoire. Des fois ils tentent des rebondissements, mais ça "mouais". Là on va enfin affronter les grands méchants donc j'espère que ça prendre un peu d'ampleur, mais j'ai peur que ça soit une suite d'affrontement de méchants.

La musique est très joli, le design, ça va. Les artworks des villes sont sympa, mais les donjons sont sans âmes et je n'aime pas la gueule des personnages. Pire, j'ai des pixels de partout. Je sais pas ce qu'ils ont foutu, mais y a des fois où c'est mal réalisé. Franchement, heureusement que je prends plaisir à faire des combos intéressants et à déboiter du monstres.

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Le topic des RPG japonais [Level-up, cheveux bleus et aventures]
« Réponse #47 le: lundi 21 février 2022, 00:37:51 »
Je ne sais pas si je suis le seul, mais LA nouvelle qui a fait ma journée lors du dernier Nintendo Direct, c'était l'annonce des deux premiers Mother/Earthbound sur le service online de la Switch ! Ils étaient ressortis sur cette maudite Wii U que j'espère ne jamais ressortir, et Earthbound était exclusif New3DS (Nintendo, pourquoi ?) et là j'ai enfin l'occasion d'y jouer, près de dix ans après avoir fait Mother 3, toujours un de mes JRPG préférés. D'ailleurs, s'il y a des fans, j'espère que vous avez vu cette superbe vidéo d'un hypothétique remake 3D du jeu .

Du coup, Earthbound, c'est évidemment l'histoire de Ness, dans une Amérique années 70-80 bien déjantée, et avec un style visuel assez unique parmi les JRPG. Et un système de combat bien archaïque et digne de Dragon Quest par contre, si ce n'est au niveau des altérations d'état très originales et les dialogues pendant les combats qui rendent déjà le jeu unique.

Mais sinon, c'est la claque, et malgré pas mal de soucis d'ergonomie (la gestion de l'inventaire est un enfer, le système de soin est laborieux, avec des hôtels pour se soigner, des hôpitaux pour soigner certaines altérations ou ressusciter un personnage et des PNJ spécifiques pour certaines altérations. (je maudis ces fichus champignons qui inversent les commandes et ne sont pas soignables par une capacité ou un objet), le jeu reste super inventif et audacieux, d'autant plus pour un jeu de 1994. Les dialogues sont complètement barrés, c'est rempli de cynisme, ça casse le 4è mur, c'est souvent absurde, parfois même politique et les thématiques tranchent énormément avec le ton des jeux Nintendo et la représentation du monde du jeu, de prime abord plutôt bon enfant. Mais ça parle de police corrompue, de violences urbaines, d'exploitation/d'esclavage, du capitalisme, et le tout de manière assez explicite. Bon, ça n'égale pas Disco Elysium en terme de finesse d'écriture évidemment, mais ce mélange improbable de JRPG, de Nintendo et d'un contexte urbain contemporain est vraiment très surprenant.

Et le jeu a plein de micro idées qui renforcent beaucoup la cohérence et l'immersion dans le monde : on paye en dollars, on doit retirer de l'argent aux ATM pour acheter des choses (les ennemis ne lâchent pas d'argent en étant éliminés, celui-ci est donné par le père de Ness pour le récompenser, sur son compte en banque), les prix des biens et services changent énormément en fonction des lieux, on doit manger de la nourriture pour se soigner, on peut choper des coups de soleil en restant trop longtemps dans le désert, on doit appeler sa mère quand on se sent "Homesick" après avoir passé trop de temps loin de son village ou sans l'appeler ; c'est un jeu qui fourmille de petites idées, pas toujours bien exécutées, mais qui tente plein de choses, et se permet même sur certains points d'être super moderne (pas de combats aléatoires, les ennemis avec un niveau faible directement vaincus sans combat), et le tout avec un rythme presque aussi efficace que celui de Chrono Triggr. Enfin, pour l'instant, là je pense en être à la moitié du jeu et tout se passe très vite et chaque lieu a une identité assez forte avec un concept original dans l'exploration.

Petite déception pour les musiques, j'adore les pistes de la série Mother dans Smash, et la plupart de ces pistes sont en fait ... issues du premier jeu sur NES. A part le thème du monde enneigé et de Fourside, je n'en ai reconnu aucun, et si l'ambiance musicale est efficace (et souvent originale), les thèmes de Mother 1 me semblent plus mémorables après quelques écoutes Youtube.

Dommage aussi que le jeu n'est pas traduit en français, je rate quelques blagues et ce n'est pas très pratique pour les objets, qui sont très nombreux et avec un nom rarement explicite. (mais du coup je dois souvent vérifier à quoi servent les trucs dans mon inventaire, surtout que l'espace disponible est super limité et qu'on est noyés sous les objets improbables.




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Le topic des RPG japonais [Level-up, cheveux bleus et aventures]
« Réponse #48 le: lundi 06 juin 2022, 20:46:17 »
Il y a une série qui m'a longtemps inspiré des sentiments pour le moins hostiles, et qui répond au nom de Kingdom Hearts.
Les fossoyeurs du forum retrouveront le post exact, mais je considérais en 2006 qu'il était honteux que Square Enix ait osé souiller la qualité de Final Fantasy avec de la merde Disney.

Sous la pression d'une ancienne connaissance (Fénomal pour ne pas le citer) qui m'avait juré que je n'avais vu que le côté Disney de Kingdom Hearts, j'avais tenté en 2010 l'expérience Kingdom Hearts 2, qui n'avait pas été très convaincante pour bien des raisons.
Birth by Sleep est passé par là en 2017 pour me confirmer que j'étais passé à côté de quelque chose, et une autre expérience m'a fait revoir sévèrement à la baisse mes exigences en écriture et narration.

Bref, tôt ou tard, il faut savoir vérifier de ses propres yeux, alors je me suis lancé dans la compilation The Story so Far en commençant par le 1.
Ne vous faites aucune illusion : je n'ai rien pardonné de ce que je reprochais à Square Enix ; après tout, cette affaire n'a que 16 ans. :coffee:
Mais il ne m'a pas fallu longtemps pour comprendre qu'en fait, je partais de mauvaises bases, et je ne pouvais donc pas aboutir à un résultat positif. :-|


Kingdom Hearts n'est pas un jeu Square Enix. Kingdom Hearts est avant tout un jeu Disney sur lequel Square Enix a été exécutant, et qui a eu le droit de faire sa pub au passage. La différence d'approche est de taille : il ne faut pas chercher en KH l'approche adolescente de découverte de Final Fantasy, mais celle centrée sur le protagoniste qui va s'éveiller aux bons sentiments et à l'amitié de Disney.

A partir de là, j'aurais évidemment des centaines, des milliers de lignes à écrire sur le jeu, mais je vais m'en tenir au plus simple.
En tout cas, je ne suis pas étonné que le jeu ait été un hit à l'époque, et je serais même plutôt surpris s'il ne l'avait pas été.

Même avec la patine du remaster, on sent bien qu'on est face à un des plus beaux jeux de son temps, avec des cutscenes magnifiques, certaines animations qui se font plaisir (Jafar pour n'en citer qu'un) et qui arrive à rester fluide envers et malgré tout ce qu'il montre à l'écran. Il faut certes quelques petites concessions, certains environnements ou visages moins travaillés, mais qu'à cela ne tienne, la quantité de détails, de références, l'inspiration esthétique et la réalisation globale sont bluffantes.
Le doublage anglais peut sembler peu vivant à nos oreilles de 2022, et c'est vrai que les passages les plus dramatiques sont à mourir de cringe, mais replaçons-nous dans le contexte... Les doublages anglais de qualité moyenne sur PS2, c'était déjà l'exception, alors une qualité correcte, c'était carrément la denrée rare !
Le scénario fait un meilleur travail d'adaptation, à mon goût, que Kingdom Hearts 2. S'entend, les milestones sont présents, les personnalités sont respectées, mais les enjeux, les enchaînements et les dialogues sont si différents, jouer au jeu ne spoile pas le film et réciproquement... défaut dans lequel ledit KH2 baignait jusqu'aux sourcils et que BbS esquivait en étant plus dans le lore KH que Disney.
Le level design invite à l'exploration, à chercher les petites interactions pour débloquer des passages qui mènent à des coffres ou autres Dalmatiens. On n'est pas obligé de les chercher, mais quand on le fait, le jeu nous en récompense, autant par l'objet acquis, que le simple plaisir de l'avoir trouvé.
Et côté gameplay, c'est peu dire qu'on part de peu de choses, les capacités au départ sont rachitiques à crever, mais vers la fin du jeu, les magies, les compétences et notre expérience ont un peu plus de punch.

A partir de là, on pourrait se dire "la vache mais il est conquis par le jeu, c'est fou comme revirement, ce doit être le BGE intergalactique" ; eh bien, réfrénez vos ardeurs, car si je reconnais sans forcer les qualités du jeu, je n'en peste pas moins contre des défauts plus ou moins graves.


Le premier, le plus gros, c'est le gameplay, parce qu'il a beau gagner en finesse, il n'en reste pas moins très brouillon du début à la fin. Les distances ne sont pas évidentes à lire, notre unique combo ne se lance pas sans touche, les magies sont trop lentes et coûteuses pour être fiables (seul le Soin s'impose), certains Sans-Cœurs sont particulièrement frustrants à gérer, comme les Rondouillards. D'ailleurs, plus on approche de la fin du jeu, plus les bagarres sont omniprésentes, en triple vague de 7, et pas de la piétaille, de la grosse chienlit. Si on ajoute qu'on n'a pas des masses de HP, que les alliés au combat sont aussi utiles au combat qu'un scénariste à Atlose (Donald tombe KO aussi facilement qu'un politique français dit des conneries) ben... on se retrouve à essayer désespérément de spammer du combo dans un angle où on ne se fera pas marraver.
Plusieurs boss sont d'horribles purges, par leur pattern ou leur arène (Cerbère, Ursula et Crochet, je vous voue une haine éternelle) ; faut un masochisme pas croyable pour vouloir les passer au talent et pas par la force brute.

Et autre défaut... Le scénario "Kingdom Hearts" de Kingdom Hearts. Cherchez des avis sur Internet, vous trouverez tout ce que vous voulez.
Pour certains, c'est un ouvrage beaucoup plus deep que sa surface ne le laisse penser, une merveilleuse fable sur la fin de l'enfance et la fragilité humaine, écrite comme le rêve que nous avons tous fait de plonger dans les films Disney avec nos potes Donald et Dingo, mais uniquement pour apprendre nous-mêmes qu'il faut savoir laisser le rêve à sa place, apprécier ce qu'il nous apporte, et embrasser enfin la réalité.
Pour d'autres, c'est un scénario qui aligne des phrases tr0 d4rk, de la philosophie de comptoir et un second degré aussi profond qu'un dé à coudre pour faire bander les ados qui ne veulent plus du "le mal c'est pas bien" et qui veulent plus que ça, un pur jeu du Square Enix des années 2000 qui mercantilisait ses productions à tout va avec ce genre de message qui ne convaincrait que les moins indulgents ou les plus imbus d'eux-mêmes.

Pour moi... Les deux sont exacts. :-|
La partie "Disney" de Kingdom Hearts, où Sora est juste un gamin innocent à en sucer des prêtres qui devient acteur des films, glorifié par les héros, assisté par tonton Donald et Dingo, ben c'est clairement la meilleure partie du jeu. Il y a véritablement un rapport à l'enfance, une reconnaissance de toute la merveille et l'évasion qu'ils nous offrent, sans s'y noyer pour autant, en n'oubliant jamais que nous avons une vie bien réelle à regagner.
Mais la partie "Kingdom Hearts" de Kingdom Hearts, j'vais être courtois en disant qu'il faut pas être difficile, parce que question platitudes balancées avec aplomb sur la Lumière, les Ténèbres, les amis c'est magique et ça sauve les mondes, on n'est pas à plaindre, bordel de merde !!! Riku partait d'une très bonne base d'ado faussement sûr de lui, facile à manipuler, mais il tombe vraiment loin dans le trip "le héraut des Ténèèèèbres qui a tout compris à la viiiie pas comme Sora-le-Puceau".

Quelle serait mon opinion finale sur Kingdom Hearts ? J'ai encore le boss final à me farcir, j'attends pas des miracles de l'épilogue.
C'est un jeu qui a manifestement eu beaucoup de moyens financiers, artistiques et techniques, et qui témoigne d'un savoir-faire bien réel d'un éminent studio.
Son gameplay a certainement été une révolution en son temps, mais voilà, son temps est révolu depuis longtemps. Les jeux suivants ont largement amélioré sa formule, sans parler de la concurrence. En plus de 15 ans, KH a vieilli, salement vieilli, en terme de game feel.
Mais cela n'entame pas son écriture et son contenu, qui sont toujours fidèles à eux-mêmes : y a du bon à gratter, mais aussi beaucoup de mauvais à se farcir.
Kingdom Hearts 1 est donc un jeu auquel il est impossible de donner une seule note, entre ce qu'il a voulu, ce qu'il a fait, les choix qu'il avait et ceux qu'il n'avait pas, il n'aurait pas pu être meilleur qu'il ne l'a été, mais ce qui est sûr, c'est qu'il aurait pu être largement pire.

En conclusion, jouez-y pour vous faire votre propre avis, vous pouvez compter sur une bonne surprise, mais pas sur une expérience irréprochable qui va changer votre vie. Il est trop tard pour ça !


Mille mercis à Yorick26 pour la signature !

Hors ligne Suijirest

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Le topic des RPG japonais [Level-up, cheveux bleus et aventures]
« Réponse #49 le: mardi 26 juillet 2022, 18:27:06 »
J'en parlais en décembre 2016 dans le topic JV, trois ans plus tard, j'ai enfin terminé Live A Live.

Je coupe le reste du message parce que je vous laisse aller le lire.

Live A Live a fait l'objet d'un remaster HD-2D par le studio le plus nostalgique de ses succès d'antan, j'ai nommé Square-Enix.

Pour résumer, Live A Live est un jeu de 1994 sorti sur SNES signé Squaresoft.
Il est donc l'héritage d'un temps que les plus jeunes ne peuvent pas connaître, un peu comme l'époque où le Bash-PZ était drôle.
On peut le résumer (très) grossièrement comme un recueil d'exercices de style.

Le jeu se divise en 7 chapitres à 7 époques ; chacun a sa propre approche de la narration, un gameplay commun mais avec des variations, pour une durée allant de moins d'une heure à une paire d'heures.
Car c'est facile d'avoir l'idée d'un jeu et d'une histoire qui s'emboîtent à la perfection. C'est plus difficile de l'étaler sur la durée sans la gonfler de vide pour tenir les 25h réglementaires du genre.
Live A Live s'y refuse, les chapitres sont courts, très courts, presque autant que le temps de lecture alloué à un post de connard fini à  nom d'animal moyen.

L'expérience a donc un côté décousu, intense, stylisé à l'extrême, qui montre le J-RPG sous un jour assez varié.
Je ne le recommande pas à n'importe qui. Seulement à celles et ceux qui aiment assez le genre pour apprécier sa diversité et son usage extrême et assumé des tropes et clichés de chaque époque, qui font partie intégrante de l'expérience.

Mille mercis à Yorick26 pour la signature !