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D_Y:

--- Citation de: Guiiil le mercredi 09 novembre 2016, 14:40:23 ---Trump, c'était sans doute le seul candidat du système qui n'était soutenu par aucun système ! :hap: Mais je comprend ce que tu veux dire.. v.v

--- Fin de citation ---

Il ne faut pas véhiculer cette image de Trump contre vents et marées. Les gagnants dans l'histoire sont les médias, qui ressortent de l'élection d'autant plus neutres alors que c'est eux qui depuis le début des années 2000 instillent dans les esprits des américains (et des occidentaux en général) la peur de l'étranger. A force de cultiver la peur de tout, à force de dire que les musulmans sont des enculés à la religion dégueulasse, à force de dire qu'au Moyen Orient il n'y a que des sauvages, raser toute une partie du monde pour ensuite se lamenter bêtement qu'il y ait des représailles sans même chercher à voir une relation de cause à effet, à force de dire que c'est une mauvaise chose que les étrangers (les latinos dans le contexte) "volent" les métiers que les locaux trouvent ingrats...
Bref, à force de dire que le pays part tellement en couille et que la solution pour éviter ça, c'est de faire exactement ce qu'il faut pour que le monde parte réellement en couille, on a ce qu'on mérite. Et Trump est presque étranger à ça, c'est l'engrenage rouillé qu'on a trouvé pour mettre dans cette horloge mal réglée, encore faut-il bien identifier l'horloger.

A part ça j'ai un peu de mal à lire que ce gros porc capitaliste n'est soutenu par aucun système alors que c'est la parfaite caricature du système dont on le présente totalement étranger. Le mec on pourrait le mettre sur les boîtes du Monopoly ça choquerait moyennement.

@Rodrigo  La démocratie, faudrait peut être un jour comprendre que c'est un système de merde, du moins un système dont les politiciens ont réussi à utiliser les failles à leur avantage de sorte qu'ils ont prouvé que la frontière entre démocratie et dictature est peut être moins marquée qu'on ne le pense. Au final, il est aujourd'hui facile de se dire que Aldous Huxley avait tout pigé des limites de ce système dans les années 30, qu'une dictature déguisée en démocratie était plus dangereuse encore qu'une dictature réelle, étant donné que le peuple avait l'impression d'être libre, et aimait cette fausse liberté, sans penser une seule seconde à trouver une alternative.
D'aucun dirait que c'est des conneries, que Hitler ou Pol Pot c'était d'un autre niveau que Hollande et Trump et qu'on est quand même super chanceux de vivre dans nos conditions. Il n'empêche qu'il faut pas être un génie pour voir que le mot même de "Liberté" perd son sens dans les conversations lambda de tous les jours. Personne n'a plus conscience de ce que c'est qu'être libre, même ceux qui arborent le mot "Liberté" sur leurs mairies.

Fonzie:

--- Citation de: D_Y le mercredi 09 novembre 2016, 17:14:04 ---Personne n'a plus conscience de ce que c'est qu'être libre, même ceux qui arborent le mot "Liberté" sur leurs mairies.

--- Fin de citation ---

La vraie liberté c'est limite d'être mort v.v
C'est pas du pessimisme à la con, c'est juste ce que je pense parfois. Je me dis qu'il n'y a que dans la mort qu'on est véritablement libre. Mais genre vraiment libre, libre de tout.

Guiiil:

--- Citation de: D_Y le mercredi 09 novembre 2016, 17:14:04 ---A part ça j'ai un peu de mal à lire que ce gros porc capitaliste n'est soutenu par aucun système alors que c'est la parfaite caricature du système dont on le présente totalement étranger. Le mec on pourrait le mettre sur les boîtes du Monopoly ça choquerait moyennement.

--- Fin de citation ---

Sauf que le système, c'est pas uniquement ça ! Au contraire, il suffit de voir combien prévoient la fin du néo-libéralisme avec lui parce qu'il se veut protectionniste (et il n'en sera probablement rien, mais bon, c'était ses promesses de campagnes, il veut supprimer tous les traités de libre-échanges et taxer les entreprises qui produisent ailleurs).

Quand je dis anti-système, je veux dire que le milieu boursier ne veut pas de lui, les autres pays (pour la majorité) ne veulent pas de lui... Et je pense que Moore décrit bien la chose en parlant de l'aspect marionnettistes des votants, ces gens qui sont contrôlés tout le temps, et qui, l'espace d'un temps, devant l'urne, sentent qu'ils peuvent gouverner le monde. Y en a plein qui jubilent, non pas parce qu'ils aiment Trump, mais parce qu'ils ont le sentiment d'avoir déjoué ce que le monde (médias, politiciens) exigeait dans sa majorité !

Alors qu'en vrai, Trump sera sans doute aussi coincé que l'était Obama, mais bon...

D_Y:
Entre les promesses politiques et la réalité il y a (comme souvent) un gouffre. Je comprends la logique du "les médias soutenaient Clinton donc c'est une victoire du peuple face au système", sauf que dans ce cas là c'est presque le même cas de figure que Marine Le Pen qui se présente comme une anti-système convaincue alors que c'est une "fille de" qui vit dans un château et qui n'en a pas grand chose à faire des préoccupations du petit peuple.
Qu'ils arrivent à faire gober le contraire à certains électeurs c'est un bon indicateur d'intelligence en général.

Après c'est plus compliqué que ça parce que même pour Clinton c'était pas la grosse propagande non plus, et les médias ont bien relayés certaines de ses casseroles, surtout celles qui chez les américains sont des facteurs déterminants (la sécurité nationale, dans un pays qui git encore en PLS en train de pleurer depuis 2001 ça joue). Entre ça, les nombreux mensonges éhontés (elle prétendait qu'en quittant son avion en Bosnie, elle avait du courir sous les balles des snipers...), et ses différents malaises chelous qui donnent l'impression que son cerveau prépare ses valises pour une retraite définitive, on peut pas dire qu'elle ait été encensée par le "système".

Yuan:
Trump a beau être l'incarnation vivante du capitalisme, il n'en reste pas moins qu'il n'est pas issu du milieu politique à proprement parler. C'était d'ailleurs un de ses premiers arguments, et couplé au fait qu'il a joué la carte du populisme jusqu'au bout, ça a contribué à son succès.
Ce n'est pas qu'une question de peuple sous-éduqué, d'ailleurs quand on regarde les démographies des votes, la majorité des diplomés universitaires blancs ont voté Trump. Mais le fait est que Trump a parlé à tous ces blancs qui se sentent « attaqués » par le libéralisme social, qui ont peur des étrangers et du Moyen-Orient, et qui veulent de nouveaux emplois parce que les immigrés leur en volent... Et oui, Trump a promis de créer de nouveaux emplois en centralisant la production. Pourquoi pas, hein, mais je demande à voir tellement ce type dit tout et son contraire, c'est à se demander s'il a toute sa tête parfois.
De plus, c'est aussi faux de dire que les médias ne sont pas satisfaits de cette élection, ou qu'ils en sont choqués... Absolument pas. Ils ont rempli leurs sacs sur le dos de cette élection, jusqu'aux dernières minutes en faisant durer le suspens alors qu'on savait déjà que Trump remportait l'élection (je voyais encore des médias parler d'états à compter alors que Trump avait déjà remporté 276 grands électeurs sur les 270 qu'il lui fallait). Et les médias ne soutenaient absolument pas Clinton ; jusqu'au bout, elle a été martelée avec les scandales qu'elle traînait, en particulier celui des e-mails, qui est le plus anodin de tous, ce qui est pour moi une bonne preuve d'un désir profond de lui faire une sale pub - et ce n'est pas injustifié.
Et non, Trump ne sera pas aussi limité qu'Obama, puisqu'il a bien un congrès républicain prêt à le soutenir. Évidemment qu'il ne pourra jamais faire toutes les conneries qu'il a pu mentionner dans sa campagne, parce qu'un bon nombre sont simplement inconstitutionnelles... à moins qu'il n'abuse le système à ce point, auquel cas je ne réponds plus de rien et j'aurai presque envie de bruler mon passeport.
Je tiens quand même à dire que la naïveté des européens m'a un peu blasé pendant toute cette élection, à l'instar de l'incrédulité quant au second mandat de Bush fils lorsqu'il s'est représenté. Tous les Français que je connais n'arrêtaient pas de me répéter que Trump ne passerait jamais : c'est très mal connaître les États-Unis. :[

Pour moi, ce que cette élection prouve, c'est la puissance de la suprématie blanche aux États-Unis, un pays qui, au bout de 200 ans d'histoire, a encore Andrew Jackson sur son billet de 5$ alors que cet enculé a tout simplement entraîné un génocide contre les Natifs. Parmi les votants de Trump, il y avait des gros rednecks qui se retrouvaient dans chacun de ses propos et qui font preuve de racisme hyperviolent (de nombreux exemples étaient visibles dans le public de ses discours, où l'on voyait des noirs se faire bousculer et exclure), mais il y avait aussi de simples blancs qui espèrent, par Trump, attaquer le système, relancer l'économie... Leur vote n'en reste pas moins injustifiable, mais il faut comprendre d'où il vient.
Cette élection est un témoignage d'une société oppressive et toxique, où l'électorat blanc est prêt à choisir un candidat qui rejette totalement les minorités ethniques, qui est un misogyne avéré et accusé à plusieurs reprises de harcèlement sexuel, et qui est un homophobe et transphobe regressiste pourri jusqu'à la moelle, tout simplement parce qu'ils ne sont pas concernés. Et c'est atroce de se dire que cet électorat, baigné dans son privilège, est capable de faire abstraction de toute cette oppression parce qu'ils ne sont pas concernés.
Le véritable ennemi n'était donc ni la campagne faible de Clinton, ni l'abstention, ni les Third Party, ... c'est vraiment la suprématie blanche et les institutions oppressives qui permettent ce genre de mentalité de perpétuer, qui a poussé les gens à voter pour un putain de cheeto sexiste qui se vante de ses conquêtes par harcèlement sexuel plutôt que pour une femme.

Cela dit, outre la suprématie blanche, l'autre grand coupable de cette élection reste le système de vote américain. Si cette élection n'avait pas été un suffrage indirect, Hilary Clinton remportait la présidentielle, ayant récolté un plus grand nombre total de votes. Un système auquel, malheureusement, personne ne s'attaque.

Et un dernier petit mot à l'égard de Bernie Sanders, qui a mené une campagne vraiment forte, riche en émotions, pleine de belles promesses, et en laquelle, pour la première fois de ma vie de votant, j'avais vraiment envie de croire. J'espère vraiment revoir un candidat comme lui lors d'une élection future, qui cette fois-ci ne sera pas flingué par son propre parti pour des raisons idiotes. #hesmyrealpresident

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