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Aujourd'hui j'ai vu...

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Suijirest:
J'ai vu The Mortal Instruments : La Cité des Ténèbres.

La partie la plus intéressante de la critique est tout en bas. v.v

Alors, pour être franc, j'ai acheté ce film pour une seule raison : il avait l'air nul. Et j'ai pas été déçu.

C'est soi-disant adapté d'une série de best-sellers mondialement connus. Dans quel monde, je sais pas, mais pas dans le mien en tout cas, c'est sûr. J'en aurais pour toute la semaine à lister les trous béants et les incohérences du scénario quand c'est pas les réactions stupides des personnages, il me faudrait tout autant de temps pour énoncer à quel point les comédiens n'en a strictement rien à branler, (surtout le deuxième rôle, et concernant celui-ci, il dit qu'il est blond naturel comme Morgan Freeman dit qu'il est caucasien) ou pour expliquer que non, l'ambiance gothique et l'ambiance SM sont deux choses très différentes, si ce n'est pour énumérer toutes les ellipses et tous les changements de plan dégueulasses dans les scènes de combat qui n'ont pourtant pas l'air spécialement improvisées.

Après, je dois dire, les environnements sont pas moches, le rythme est somme toute assez correct, le réal' semble croire sincèrement au projet vu comme il parsème la séance de possibilités pour une suite au lieu de fermer les portes à tout va pour limiter le fiasco, et je me suis bien marré à lister toutes les questions débiles ci-dessus.

Bref, ce n'est pas un bon film du tout mais j'ai quand même été d'un bout à l'autre sans m'endormir, c'est déjà ça. 8/20.

Suijirest:
J'ai vu Les Charlots font l'Espagne, un film de 1972.

Quatre employés de RER partent en voyage en Espagne et vont aller de délire en délire. Ca a évidemment vieilli, en bien ou en mal, mais c'est quand même du chouette humour burlesque comme on n'en fait plus. :)

A regarder avec bienveillance et indulgence et on passe une bonne séance.

Suijirest:
J'ai vu The Voices, le nouveau film de Marjane Satrapi qui s'est illustrée par Persepolis.

Il faisait partie des films que je tenais à voir et il rejoint la liste des "finalement c'était pas si terrible". Même s'il a des arguments à faire valoir et qu'il se défend joliment sur l'écriture des voix et du quatre-coins en m'évoquant subtilement des sources aussi variées que Victor Hugo, Jean-Paul Sartre, Dr House et Silent Hill, il n'en reste pas moins un film pas si bien réalisé que ça au rythme incertain, qui va partout sans aboutir à rien de très concret et qui force sa fin, pourtant géniale au demeurant.

13/20. Pouvait mieux faire, pouvait faire pire.

Trictus McNatret:
Je sais plus trop quand parce que j'ai légèrement très beaucoup perdu la notion du temps, j'ai vu American Beauty. Si le titre de ce film de 1999 vous est familier, c'est normal, c'est parce que contrairement à moi, vous n'avez pas vécu dans une grotte : félicitation ! Le cas contraire, pansez vos morsures de chauve-souris et aller le voir de suite, parce que, croyez-moi, il en vaut le coup.

L'histoire d'une famille américaine ordinaire, les Burnham, qui vivent au coeur d'un quartier résidentiel chaleureux et verdoyant. Banal au possible ? Oui. Justement. Car les plus banales des familles peuvent être sujettes aux crises ; et quand le manque de communication vire aux psychoses, le destin des Burnham va devenir délicieusement tragique.
J'aimerais pouvoir présenter davantage les personnages, pour rendre mon synopsis plus alléchant ; mais j'aurais peur, se faisant, de gâter les portraits juste sublime et d'une grande justesse qu'en peint le film. Sachez juste que les amoureux de drame psychologiques et de situations qui déraillent complètement ou juste les amateurs de cinéma qui aiment se laisser surprendre ont tout intérêt à se le procurer au plus vite et à y chercher bonheur.

D'abord, parce qu'il est réalisé par Sam Mendes, et que j'ai beaucoup de bien à dire sur Sam Mendes. Si le nom du monsieur ne vous évoque que dalle, c'est que vous n'aimez pas James Bond OU que vous êtes en train de nettoyer vos piqûres de moustiques parce que vous n'avez toujours pas quitté votre marais : on lui doit en effet Skyfall, un des meilleurs opus jamais sortis de toute l'histoire de l'espion anglais, et il planche actuellement sur la réalisation du suivant, 007 : Spectre. Mais surtout, Sam Mendes, c'est un type dont j'ai déjà dit beaucoup de bien à l'occasion d'une précédente critique sur ce topic ) ; en effet, j'avais déjà eu l'occasion de m'extasier sur son travail dans l'excellent Road to Perdition, un film de gangster sur lequel j'avais beaucoup vanté la qualité de l'image et qui compte parmi mes longs-métrages favoris, tant il réussit à être à la fois esthétique et semblable malgré l'univers impitoyable dans lequel il prend place.
Ce (trop) long paragraphe plein de digressions inintéressantes vous en dit long sur l'appréciation que j'ai des rares travaux de Mendes que j'ai pu voir. Avant de faire du cinéma, le type faisait du thêatre, et pas dans le genre troupe de village puisqu'il a travaillé comme metteur en scène pour la Royal Shakespare Company. Rien que ça. Puis un jour, il a décidé de se lancer sur le grand écran, et pour son premier court-métrage, il a décidé de frapper fort et de pondre le film dont je suis censé parler depuis tout à l'heure : American Beauty. Et là, vous êtes en train de vous dire que j'ai beaucoup tourné autour du pot, juste pour étaler ma science : bah, oui, en fait. Mais pas seulement : je tiens surtout à saluer le talent d'un type qui a réussi à toucher le jackpot au premier essai, et qui a fait montre lors de sa carrière d'un véritable talent et d'une grande application.
D'habitude, j'aurais tendance à saluer les prises de risques, les montages audacieux et les sursauts d'originalité... Déjà ici, Mendes fait montre de sa capacité à créer des plans tableaux, des figures les plus classiques à des constructions plus personnelles ; mais ce qui m'a particulièrement interpellé dans ce film, c'est l'impression que j'ai eu que plutôt que de créer ses codes, le réalisateur a ici décidé de s'approprier ceux d'Hollywood et de les tirer vers la satire, et ce avec beaucoup de subtilité :on est donc loin de la parodie grossière et ridicule, et on touche à quelque chose qui touche davantage à la sensibilité. C'est dans l'utilisation de montages très clichés, des scènes d'hallucinations érotiques aux prises de mains entre amoureux, en passant par les passages où le hard-rock montre que les personnages remontent une pente ou traversent une période particulièrement épique de leur vie... Qu'il s'amuse à créer un décalage, quelque chose qui fait sonner ça faux et, du coup, d'autant plus brillant. Ajoutez-y à ça une facilité à jouer sur les lumières et les couleurs, ou à employer la météo (OH MON DIEU, DE LA PLUIE, IL VA SE PASSER UN TRUC GRAVE) pour créer des atmosphères particulièrement immersives, et en même temps pour créer la surprise ou le malaise ; la musique s'inscrit dans un répertoire au fond très caractéristique du cinéma hollywoodien, mais s'accorde tellement à l'image qu'on peut difficilement le lui reprocher (et puis, c'est fait exprès, après tout).

A ceci, ajoutez une écriture magistrale. Non content d'être orchestré par Saint Mendes, le film a été scénarisé par Alan Ball, qui y a justement fait ses débuts sur le grand écran... Et pour ceux qui ne le connaissent pas, il faut savoir que le gars a travaillé sur plusieurs épisodes de True Blood, mais aussi et surtout sur Six Feet Under, dont il a notamment écrit l'excellent épisode 1 qui devrait être une raison suffisante pour vous inciter à regarder la suite tant il est génial.
L'ouverture d'American Beauty est juste fantastique, les scènes d'expositions sont du bonbon pour vos sens de la narration, et les péripéties sont jubilatoires, un véritable rollercoaster (moi aussi je speak l'américain) émotionnel traité avec un mélange de sensibilité et de cruauté des plus délectables. Je n'irais pas jusqu'à parler d'inattendu, mais c'est construit avec beaucoup de finesse et de détails, et les bouleversements scénaristiques arrivent à mériter leur nom. De l'histoire d'une famille des plus normales, on part sur quelque chose d'absolument tordu, et c'est d'autant plus agréable que le jeu des acteurs et la justesse de leur caractère rend l'ensemble vraiment très humain, et crée ce choque du réalisme qui vire au cauchemar avec une vraisemblance crues. Waouh.
American Beauty joue à merveille avec des thèmes particulièrement bien traités, tels que le jeu des apparences, la quête et l'affirmation de l'identité (et entre autre de la sexualité), les carcans sociaux, le manque de communication et la complexité des relations familiales.

Au sujet des acteurs, je ne développerais pas grand-chose, toujours pour ne pas vous gâcher les portraits des personnages (sérieux, un véritable miracle, j'ai bavé tellement c'était brillant), mais il n'y en a pas UN SEUL qui m'ait déçu, même les plus fades ou les plus secondaires ayant leur moment de bravoures. Les protagonistes sont extrêmement bien interprété, les répliques géniales, c'est fluide et on y croit ; mention spécial à Kevin Spacey et Annette Bening, formidables indépendamment et faisant preuve d'une grande alchimie à deux, ou encore à Wes Bentley et Chris Cooper? incroyablement justes malgré la facilité qu'ils auraient pu avoir à se louper vu leurs rôles.

Alors ouais, vous l'avez sûrement deviné, mais j'ai ADORE American Beauty. Mais genre, dans son ensemble. Et c'est d'autant plus marquant pour moi que c'est pas un film que je m'attendais à aimer, et qu'en fait, j'en suis maintenant pas mal fan. Alors croyez-moi, si vous avez deux heures devant vous, jetez-vous dessus, y a peu de chance pour que ça soit perdu.

Suijirest:
Aujourd'hui, j'ai vu Apocalypse Now.

Vous savez ce que j'ai pensé de Blade Runner, Alien et quelques autres films "anciens" et "populaires" qui ont redéfini leur genre.
Certains savent ce que j'ai pensé du Dracula du même réalisateur (Francis Ford Coppola pour ceux qui suivent pas), de Full Metal Jacket qui traite du même thème et du non moins célèbre Le Bon, la Brute et le Truand.

Pour pas y aller par quatre chemins, ce film de guerre à la limite du river movie démarre foutrement mal, avec des scènes complètement absurdes (raser un village pour faire du surf), mais il se remet sur les rails pour nous offrir des passages plutôt mémorables (le pont) voire carrément mythiques (le camp cambodgien) avec au passage des analyses sur la guerre tantôt pragmatiques (le dîner de cons Français socialiste ! communiste !) tantôt poétiques (Kurtz) mais en nous rappelant quand cela s'impose la réalité des choses (Clean et le bateau).

Malgré cela, je dois dire que je sors assez déçu de ce film dont j'attendais... autre chose. Pas forcément une approche plus "bouchère" de la chose. Au contraire même, je trouve cela bien vu d'éviter de faire gicler le sang à tout va. Mais peut-être un sentiment plus fort d'être dans un pays en guerre ou dans un charnier mal géré par un état-major irresponsable ; en la matière, je recommande plus volontiers The Deer's Hunt (titre français, Voyage au Bout de l'Enfer).

J'oublie pas le très bon qui lui vaudrait 17/20, j'oublie pas le très mauvais qui lui vaudrait 7/20. Alors 13/20 et n'en parlons plus.

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