Art > Longs métrages et Télévision

Aujourd'hui j'ai vu...

<< < (201/314) > >>

Suijirest:
Je suis allé voir Pride, film anglais basé sur des faits réels.

L'histoire se déroule en 1984, alors que la grève bat son plein suite à l'annonce par Margaret Tchatcher de la fermeture de 20 mines entraînant quelques 20 000 personnes au chômage. Face aux abus des forces de l'ordre et aux préjugés abjects dont sont victimes les mineurs, un leader charismatique de la communauté homosexuelle de Londres va former un comité de soutien, partant du principe que les pédés et les gouines sont également la cible de terribles discriminations et brimades. Voilà, à présent que je suis sûr d'avoir perdu tout mon lectorat qui participe à la Manif pour Tous, on peut continuer.

Le film a un parti pris intéressant et une moitié de traitement pertinente : les homosexuels décomplexés sont accueillis de façon très mitigée par les villes minières qui baignent autant dans les clichés sur les "pervers" que dans la guerre de l'image, mais à force de marques de bonne volonté, ils se font accepter pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des humains comme les autres, avec leurs qualités et leurs défauts.

Sauf que ça c'est la bonne moitié. La mauvaise, c'est le déroulement généralement très convenant et sobre adopté. Les cas de violences sont très rares et la plupart des gens deviennent un peu trop vite les plus accommodants du monde. Je ne parlerai pas du fait qu'on les décrit comme des mineurs, des travailleurs de la mine de charbon, mais qu'ils auraient pu être des infirmiers ou des charcutiers que ç'aurait été pareil à leur faciès. On n'échappe pas non plus à un sale relent de niaiserie et de martyre à droite à gauche. En plus, la caméra a une méchante tremblotte qui nuit de temps à autre à l'action (les tremblements, c'est bon pour le found footage, nom de Dieu, dans ce cas de figure ça donne juste l'impression qu'on a pas les moyens de se payer du matos stable ou un cameraman compétent).

Bref, ça aurait pu être mieux, ça aurait pu être pire. Le tout transpire quand même une certaine joie de vivre, une image totalement décomplexée et gai luron, même si c'est assez unidimensionnel. Les oppositions aux homosexuels et le rejet des mineurs auraient quand même pu être traités avec une dureté beaucoup plus marquée, d'autant plus qu'en notre beau pays de la France nous avons eu récemment (et nous aurons encore prochainement) quelques cas assez graves et bien médiatisés de démonstration de force des réactionnaires qui se battent bec et ongles pour le refus de l'égalité, de l'amitié entre les humains et de la tolérance pourtant réclamée à corps et à cris par ce Dieu auquel ils prêtent des propos légitimant leur action rétrograde.

A voir quand même si vous n'êtes pas allergiques à ce genre de propos, et si vous êtes arrivé(e) au bout de ce post, vous avez de grandes chances de l'être. :astro:

Poulika:
J'ai vu pas mal de choses ces derniers temps; petite retrospective rien que pour vous.

Le Rôle de Ma Vie de Zach Braff : Mouais ... C'est mignon, on a des personnages attachants qui ne sont ni des loosers ni des winners (ce qui est admirable), cela dit, le scénario ne mène à rien, il faut juste aimer voir des gens normaux dont la vie ne va pas être bouleversée mais juste un peu bousculée par des évènements mineurs. Comédie qui sait oublier que c'est une comédie et qui donne dans le mielleux genre scènes de vie.

Les Combattants de Thomas Caillay : Petite perle du cinéma français (Comme quoi). J'adore tout particulièrement la structure linéaire du film qui rappelle celle des road movie (Sauf que c'en est pas un). Je recommande.

Blood Diamond de Edward Zwick : Film engagé se montrant maladroit dans certains choix scénaristiques, surtout à la fin, Blood Diamond reste néanmoins un film que j'affectionne tout particulièrement et que j'ai adoré redécouvrir. Puis l'imagerie de l'Afrique chie des arcs en ciel par paquet de douze.

Steak de Quentin Dupieux : J'ai voulu m'initier au cinéma de Dupieux, expérience renouvelée quelques jours plus tard avec Wrong Cops. Ce type produit une mise en scène et un format vraiment particuliers sur lesquels je vais pas m'étendre parce qu'il est tard. Cela dit, j'aime beaucoup ce qu'il fait. En gros. J'aime aussi beaucoup les sujets qu'il touche et la décomplexion dont il fait preuve en les traitant. Ah, et c'est Sebastien Tellier qui a composé la BO de Steak, il y apparait même. Idem pour Kavinsky qui a même un rôle important (Sachant que Q.Dupieux est aussi connu sous son nom d'artiste Mr.Oizo, ces accointances n'ont rien d'extraordinaire)

Le Tombeau des Lucioles par Isao Takahata : Meh, tuerie. Pas besoin d'argumenter. Je suis bien content de l'avoir enfin vu. Par contre, je savais qu'il avait pour réputation d'être glauquissime, mais à ce point, je pensais pas.

Nebraska d'Alexandre Payne : En voilà un de road movie, récent mais en noir et blanc, stupéfiant. Une belle histoire. Comme d'hab' dans ce genre de récits, c'est un prétexte à la con qui va permettre aux protagonistes de s'émanciper de leur quotidien. Le thème récurrent, c'est le passé, jamais montré, sans cesse évoqué (Je pense que c'est ce qui a poussé le réal a faire le choix osé du noir et blanc), le trajet se révèle être un voyage dans le temps. C't un bon film.

Les Indestructibles, que j'ai eu la chance de revoir dans sa version Quebecoise qui transforme Elastigirl et Mr. Indestructible en Elastofille et Mr. Incroyable. Troublant quand on est habitué. Cars et Cars 2 aussi. Petite période Pixar en somme.

Et tout ce pavé pour parler (Vite fait) de Mommy par Xavier Dolan que je viens d'aller voir. Et ça me fait chier d'être d'accord avec la hype autour de ce film ainsi que la branlette sur Dolan; "précoce" et "prodige", mais c'est vraiment une excellente production qu'il faut aller voir. L'histoire tourne principalement autour de cette mère qui doit garder son enfant/ado qui est un sacré rigolo si on excepte les câbles fréquents qu'il pète en cassant la gueule à tout le monde et en criant très fort. Un gosse donc très turbulent, violent, effrayant, ingérable, vraisemblablement troublé par la mort de son père, entretenant un rapport quasi Oedipien avec sa mère, mais un bon gars dans le fond. Et le traitement des trois personnages principaux est vraiment génial, profond mais vague, certainement aidé par un trio d'acteurs brillants (Avec Criquette Rockwell pour les connaisseurs). Des personnages modestes issus des milieux populaires, attachants, touchants, filmés par un réalisateur ne les prenant pas de haut. J'ai vraiment la flemme de me plonger dans un pavé sur ce film, j'ai du mal à faire ça, d'autant plus que Mommy est un long métrage qui ne part pas dans tous les sens mais qui évoque des sujets avec une grosse maitrise et une certaine profondeur, il y aurait beaucoup à dire. Allez voir Mommy si ce n'est pas déjà fait.

Suijirest:
J'ai vu Fight Club... mais j'en parlerai pas. :astro:

Tout ce que j'ai à dire, c'est que je sais ce que David Fincher fume, mais j'en veux ! X.

Poulika:
Ben  Fight Club le film est tiré du livre du même nom écrit par Chuck Palahniuk. C'pas la faute de Fincher. D'ailleurs quelqu'un a vu Gone Girl ? Il est comment ?

Jielash:
J'ai aujourd'hui vu The Book of Life, ou La légende de Manolo en français.

Réalisé par le mexicain Jorge R. Gutierrez, le film a justement pour univers le Mexique, sa culture et met plus particulièrement en avant la Fête des Morts. Tout ça avec un scénario malheureusement archi-classique et sans grande originalité.
La Muerte et son mari Xibalba, souverains des royaumes des morts, se lancent dans un pari impliquant trois amis d'enfance : deux garçons et une fille dont ils sont amoureux, le pari consistera à savoir lequel des deux l'épousera plus tard (beeen oui évidemment, y en a forcément un des deux avec lequel elle va se marier duh)
S'il pouvait y avoir un semblant de doute quant à la conclusion de l'histoire, le titre français l'éclate joyeusement.
Les personnages principaux ne sont donc pas exactement super originaux, de même que la manière dont le scénario se déroule.
Alors c'est assez marrant dans l'ensemble et la famille Sanchez est plutôt attachante, tout le passage dans le monde des morts est bien chouette mais bon... les gros clichés font aussi un peu soupirer à plusieurs reprises. Les dialogues ne volent pas toujours bien haut.

Là où le film est vraiment réussi, c'est clairement au niveau graphisme, avec des couleurs et des décors magnifiques (encore une fois, le monde des morts sort du lot)
Pareil pour la plupart des personnages, censés être représentés par des marionnettes aux costumes très détaillés et aux designs bien sympathique et souvent décalés.... sauf évidemment pour Maria, la "cible" du pari qui a un design sans originalité avec un tronc qui est littéralement un petit bout de bois fin reliant le haut de sa poitrine à ses hanches.

Mbref, si je ne regrette pas non plus de l'avoir vu, je n'ai franchement pas envie de le revoir et je trouve ça un peu dommage que tout ce travail artistique soit mis au service d'un scénario ultra-bateau.

Navigation

[0] Index des messages

[#] Page suivante

[*] Page précédente

Sortir du mode mobile