Auteur Sujet: Les contes du Jardin de l'éternité  (Lu 4905 fois)

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Hors ligne Jielash

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Les contes du Jardin de l'éternité
« le: dimanche 06 mai 2007, 00:17:05 »
Bienvenue sur ce sujet...
Où sera écrit une sorte de recueuil de contes. Je ne sais pas vraiment dans quel sens je vais développer ce que je ferais, il risque donc d'y avoir des parties assez improvisées u_u"
Il y aura quand même parfois des petits liens entre les histoires... Enfin je vous laisse lire, n'hésitez surtout pas à commenter, c'est comme ça que je peux m'améliorer en continuer ^_^

(Au fait pour les connaisseurs de Mushishi, si par hasard mes textes vous font un peu penser à l'ambiance de l'anime, je pense que c'est parce que j'ai été vraiment touchée par cette oeuvre, je trovue les contes qui y sont racontés vraiment superbes et la nature est omniprésente.
Donc si vous considérez que je "copie" cet anime, vous n'aurez qu'à me lancer des pierres >_<)


~

Trois enfants se tenant par la main, s'approchèrent de la ronde qui s'était assemblée à l'ombre d'un grand chêne. Au milieu d'eux s'était assise Minwa, elle avait posé une boîte en bois verni contenant des perles avec lesquelles elle faisait un collier. La plupart des personnes autour d'elle étaient des enfants où des adolescents, quelques rares adultes, assis un peu plus loin, écoutaient d'une oreille distraite.

Une petite fille d'environ sept ans, aux courts cheveux bruns s'approcha de  la jeune conteuse.
"Néh, Minwa, tu nous racontes une autre histoire ?", demanda-t-elle timidement.
La femme sourit, avant de poser son collier inachevé sur le côté et de laisser l'enfant s'asseoir sur ses genoux.
"Alors Lise, si je vous  parlais du conte des Cerisiers en Fleur ?"

o~O~O~o

Cette histoire se passa dans un petit village où les habitants prenaient tout particulièrement soin de leurs cerisiers. Ces arbres étaient la fiertée de tous et chaque année, lorsqu'ils fleurissaient, le village resplendissait sous les délicates pétales roses.
Mais, un jour, le fils du représentant du village attrapa soudainement une étrange maladie. Aucun médecin ne comprenait ce qui lui arrivait, l'homme se trouvait dans l'incapacité de bouger, il ne mangeait presque plus, mais buvait bien plus qu'auparavant.

Sa voisine, Sarah, qui l'aimait de tout son coeur, décida d'aller chercher la sorcière habitant sur la colline toute proche.
Cette sorcière appelée Flor n'était pas cruelle et laissait en paix les villageois tant qu'ils ne l'attaquaient pas. Il lui arrivait même de se déplacer pour rendre des services en échange de bois ou de nourriture.

Ainsi, quelques jours plus tard, Flor examina le malade sous tous les angles. Après plusieurs minutes, elle finit par soupirer et sortir. Sarah la suivit.
"Avez vous trouvé un moyen ?, demanda la jeune fille.
-Malheureusement, nous ne pouvons rien faire pour lui. As-tu vu la marque en forme de pétales de cerisier sur son torse ? C'est la trace que laisse un esprit démoniaque qui se cache dans les cerisiers, il attaque les créatures qui passent trop près et s'approprit son corps. Donc, plus il y a de cerisiers, plus ces démons se rassemblent.
-Alors d'autres personnes risquent d'être malade à leur tour ?!, s'exclama Sarah effrayée.
-En effet, répondit Flor dans un soupir, mais je peux encore empêcher cela en lançant un sort sur les arbres afin de faire partir les démons. Mais pour ton ami, c'est malheureusement bien trop tard.

Après ceci, la sorcière se dépêcha de protéger tous les cerisiers du village: en trois jours ce fastidieux travail fut achevé et, alors qu'elle allait repartir, Sarah l'interpella à nouveau.
"N'y a-t-il vraiment aucun moyen ? Je serais prête à tout pour le sauver, tout !"
La sorcière soupira, comme si elle abandonnait, et se rendit au chevet du malade.
"La seule façon, serait de transférer le mal sur quelqu'un d'autre. Si tu le désires, je peux le transférer sur toi, je te donnerais un médicament qui retardera le processus et te permettra de te mouvoir. Seulement, à la fin, les effets seront les même que ce qui va lui arriver si on ne fait rien.
-Et quels sont ces effets ?"


Un an plus tard, le fils du représentant du village qui était parti la semaine dernière faire du commerce, revint chargé de fruits. Sans attendre, il courut jusqu'à la maison de sa voisine.
"Sarah ! Sarah ! Viens voir tout ce que nous avons reçu !", cria-t-il en entrant, la porte étant ouverte.
Personne ne lui répondit.
Poussant la petite grille permettant l'accès au jardin, l'homme laissa soudain tomber son panier de fruits, et laissa échapper un faible cri de surprise devant un cerisier qui était apparu au milieu du jardin, là où Sarah faisait parfois de courtes siestes.


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Voilà voilà, commentaire ?

Hors ligne Rodrigo

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Les contes du Jardin de l'éternité
« Réponse #1 le: dimanche 06 mai 2007, 10:42:37 »
Je ne connais pas Mushishi ,je ne percevrai peut-etre pas les choses de la meme manière que toi .

J'aime bien ton style d'écriture ,c'est très plaisant à lire ,tu ajoutes des détails qui rendent agréble la lecture sans l'alourdir . J'aime bien l'aspect paisible ,féerique et poètique de ton conte . Il y a aussi un aspect fantastique ,mais qui ne prend pas trop de place dans l'histoire et laisse donc quelque chose de réel et une plus grande possibilité de s'imaginer dans la peau des personnages . J'aime bien ton "dénouement" qui montre à quel point on peut aimer quelqu'un .

Beau conte ,continue .  ;)

Hors ligne Jielash

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« Réponse #2 le: samedi 12 mai 2007, 22:51:11 »
Merci beaucoup pour ton commentaire Floax, il m'a fait très palisir ^^

------

"Ce conte n'était pas très joyeux, marmonna un garçon affalé sur un gros coussin.
-Veux-tu que j'en racontes un autre, Tim ?
-Je n'ai pas voulu dire cela", répondit-il.
Même si son regard curieux montrait le contraire.


~


Cette histoire est celle d'un homme du nom  de Marsh, il vivait dans une vallée où l'agriculture était difficile, et les autres habitants du coin cultivaient avec peine leurs maigres plantations.
Un jour, alors qu'il était parti chasser dans la montagne, il se cogna contre une racine, glissa et tomba dans un ravin.

Se relevant doucement, il fut heureux de ne s'être blessé que légèrement et décida de longer le ravin afin de chercher un endroit où remonter.
Mais, quelques heures plus tard, il finit par trébucher et tomber au sol, épuisé. L'homme avait marché sans s'arrêter et mourrait de faim, il releva alors la tête  et découvrit un arbre où pendaient d'étranges fruits bleus.
Hésitant, il se releva et en détacha un, avant de le porter à sa bouche, essayant de ne pas penser au risque que le végétal ne soit pas comestible. Le fruit était gorgé d'eau et n'avait aucun goût, mais il redonna espoir à Marsh, qui se remit en route et qui arriva, quelques minutes plus tard, devant une pente praticable.

L'endroit n'était, en fait, pas très loin de chez lui et il ne mit pas longtemps avant de rentrer, heureux, il se mit à chanter. Dès que les premières notes eurent quittés sa bouche, quelques gouttes d'eau tombèrent du ciel, lorsqu'il eut fini la première phrase, une fine pluie tombait sur le champs qu'il traversait. Marsh, étonné par ce hasard, n'y fit cependant pas très attention. Mais, pourtant, depuis ce jour, dès qu'il se mettait à chanter, la pluie tombait autour de lui.

Ses voisins ne tardèrent pas à s'appercevoir que ses cultures étaient bien plus belles que les leurs, ils comprirent aussi que cela était du à sa voix et ils lui demandèrent alors de chanter devant leurs champs afin d'arroser leurs culutres.
Malheureusement, au bout d'un mois, on commença à lui poser des questions sur la nature de son pouvoir, Marsh expliqua, sans penser aux conséquences, qu'il pensait que c'était à cause du fruit qu'il avait mangé. Plusieurs habitants partirent donc en quête du fruit magique et revinrent avec le pouvoir de faire tomber la pluie.

Mais ceux-ci n'étaient pas aussi prudents que Marsh, beaucoup chantèrent trop, détruisant leurs cultures. De peur d'être ensuite jugé comme responsable, Marsh s'enfuit une nuit.

Et, parfois, on entends parler d'un homme se promenant de village en village, ammenant la pluie à ceux qui sont frappés par la sécheresse.

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« Réponse #3 le: samedi 12 mai 2007, 22:59:22 »
Ta deuxième histoire est sympa, l'histoire est agréable mais il y a quelques petites fautes (on entend et pas on entends), rien de grave.

Hors ligne Rodrigo

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« Réponse #4 le: samedi 12 mai 2007, 23:13:45 »
J'adore les illustrations d'avant histoire . C'est de toi ?Si oui ,j'aime bien ton style de dessin .  :)

Au niveau de l'histoire ,dommage que la deuxieme soit plus courte que la premiere . Je l'ai trouvee agreable a lire ,dommage que l'idee ne soit pas plus exploitee . Avec ces bases ,tu pouvais faire une plus longue histoire . Sinon ,il y a toujours les qualites du premier ecrit . Et j'aime bien la morale de ctte histoire .


Enfin voila ,continue  . ;)

Hors ligne Jielash

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Les contes du Jardin de l'éternité
« Réponse #5 le: vendredi 21 décembre 2007, 20:26:35 »
Désolée d'avoir mis autant de temps et merci beaucoup pour vos commentaires.

Sinon, oui c'est moi qui ai fait les petites illustrations, contente qu'elles plaisent. (Par contre elles sont vieeeeeilles, du coup je les aime plus moi XD)
Voilà la troisième histoire.
----


~

"Dis Minwa, tu nous racontes une histoire qui parle de frères ou de soeurs ?", demandèrent deux jumeaux.
Minwa leur offrit un grand sourire.
"Il y en a beaucoup. Je peux vous parler de celle de Vollmond et Naiv par exemple.

o~O~O~o

Vollmond et sa soeur Naiv vivaient en compagnie d'un groupe de nomades qui s'arrêtait chaque mois près d'un étang, peu après la pleine lune. Ils passaient toujours par le même chemin et, un jour, Naiv découvrit une grotte qui n'était pas là quelques années auparavant. Mais, alors qu'elle s'apprêtait à y entrer, Vollmond l'arrêta et lui dit de vite revenir vers le groupe.

Le lendemain, à son réveil, Vollmond ne trouva pas sa jeune soeur à ses côtés. Affolé, il parcouru le campement en long et en large, dans l'espoir qu'elle soit partie dormir ailleurs. Mais il n'y avait aucune trace d'elle dans les environs. L'enfant prévint rapidement le chef du groupe, et des fouilles plus approfondies eurent lieu.
Lorsque le soleil commença à disparaître au loin, les nomades revinrent les uns après les autres, sans Naiv.
"Je comprends que tu sois inquiet, Vollmond, mais nous ne pouvons pas faire grand chose de plus. Nous devons repartir demain, que ta soeur sois revenue ou non."
Déçu, le jeune garçon abandonna les adultes à leurs préparatifs de départ et se rendit devant l'étang, retenant à grande peine ses larmes. Il savait que les nomades ne les considéraient pas vraiment comme faisant parti des leurs, lui et sa soeur, mais il n'aurait jamais pensé que le chef serait prêt à l'abandonner, alors qu'elle était sûrement perdue quelque part, en train d'attendre qu'on lui vienne en aide. Elle qui lui disait toujours qu'il lui fallait être plus reconnaissant envers les nomades...

L'image d'une grotte se superposa soudain à celle de sa soeur et Vollmond se souvint alors de celle qu'avait découvert Naiv, la veille. Le garçon se leva précipitamment et couru jusqu'à en retrouver l'entrée. Epuisé, il regarda le passage qui s'enfonçait dans les ténèbres, sa soeur était peut-être là, dans le noir. Sans trop savoir pourquoi, il était persuadé que quelque chose l'appelait, à l'intérieur du trou sombre. Il fit un pas, puis deux.
"Ne rentres pas !" A ces mots, Vollmond s'arrêta immédiatement et se retourna, une vieille femme aux cheveux emmêlés qui portait une tunique en laine informe se tenait à quelque pas de lui.
"Ne rentres pas, répéta-t-elle, cette grotte abrite un génie. Et pas un des plus sympathiques.
-Un génie ?
-Oui, si tu rentres à l'intérieur tu tombera dans une salle remplie de trésors, mais il suffit que tu effleures ne serais-ce qu'une pièce pour que le génie puisses s'emparer de ton âme.
-Mais alors, si Naiv y est entrée...
-Il y a peu de chances qu'elle puisse en ressortir seule. Ecoute, va au point d'eau le plus proche et plonge jusqu'à trouver un caillou qui brille. La pleine lune est passé il y a peu de temps, tu devrais encore pouvoir trouver une pierre de lune. Ensuite, tu devras rentrer dans la grotte, traverser trois salles sans rien toucher, et tu te retrouveras devant le génie. Echange lui alors la pierre de lune contre ta soeur."
Ceci dit, la vieille dame partit.

Sans hésiter, Vollmond courut jusqu'à l'étang et plongea, fouillant dans les algues et l'eau boueuse. Cinq bonnes minutes de recherches plus tard, il n'avait trouvé que des galets. Après un dernier essai, il sorti finalement de l'eau, sale et trempé, et se laissa tomber sur l'herbe humide. Il resta quelques minutes ainsi, prostré, jusqu'à ce qu'un chant attire son attention.
"Pierre de lune, pierre de lune, rends moi riche"
C'était un des nomades, il enlevait ses vêtements et s'apprêtait à plonger, Vollmond s'approcha discrètement et lui dit:
"Il n'y en a plus, j'ai cherché partout.
-Vraiment ?, répondit l'autre d'un ton méfiant. Bah, j'en ai trouvé une hier, elle devrait me rapporter assez d'argent, tant pis.
-Tu possèdes une pierre de lune ?! Donne la moi !", s'écria Vollmond.
L'homme lui rit au nez et lui dit que pour l'avoir il devrait lui proposer plus d'argent que les marchands de la capitale ne pourraient lui en donner. Vollmond essaya de négocier, lui expliqua qu'il en avait besoin pour sauver Naiv mais le nomade cupide ne changeait pas d'avis.
"Très bien, dans ce cas je vais te montrer une grotte où j'ai caché un butin... Lorsque nous arriverons devant la grotte je veux que tu me donnes la pierre de lune, jure le moi.
-Un butin ? Je suppose que tu l'as volé, je me doutais qu'il ne fallait pas attendre grand chose d'un petit cafard de ton espèce."
L'envie de ruer l'homme de coups de poings et de pieds traversa l'esprit de l'enfant avec la vivacité d'un éclair mais il se retient, pensant à sa soeur.
"Alors ?
-Très bien, je le jure"
Vollmond poussa un léger soupir puis ordonna à l'autre de le suivre, un sourire serein aux lèvres.

Arrivés devant la grotte, l'homme tendit la pierre de lune avec mauvaise volonté à Vollmond avant de se précipiter à l'intérieur, le garçon le suivit tranquillement. Dedans s'entassaient d'incroyables tas de pièces, empilées les unes sur les autres elles formaient des tours, des châteaux montant jusqu'à la voûte de la grotte, des tapis tissés d'or et d'argent s'étalaient sur le sol terreux. Vollmond passait entre ses trésors sans les regarder, essayant de ne rien toucher. Après avoir contourné une tour de pièces bancale, il aperçut le nomade qui progressait dans une mer de pièces, sûrement un tas qui s'était écroulé, en riant et en attrapant quelques une des pièces argentées au passage, les faisant glisser entre ses doigts, les cachant dans ses poches.
Au bout de quelques instants cependant, Vollmond remarqua que quelque chose semblait couler le long de la peau de l'adulte, ses mouvements semblaient plus lents aussi. Quand une des pièces d'argent passa à travers l'annulaire et l'auriculaire, tranchant net les doigts, Vollmond comprit. Le nomade aussi apparemment vu qu'il poussa un grand cri.
Il n'y avait aucune trace de sang, les deux doigts, en tombant sur le sol s'étaient aplati comme de la boue. La peau de l'adulte tombait peu à peu, par morceaux, s'écrasant au sol en flaques. Dans un effort semblable à celui de l'insecte prisonnier de l'eau et qui se débat avant de couler, l'avare se tourna vers le garçon et plongea son regard haineux dans les yeux indifférents de l'enfant.

Une minute plus tard, il ne restait plus qu'un tas de boue perdu dans l'immensité d'argent. Vollmond, lui, était déjà parti, s'enfonçant plus profondément dans la grotte.
Une table en bois couverte d'une nappe blanche était dressée au milieu de cette deuxième salle, dessus, des mets s'étalaient dans des assiettes et de grands plateaux. Leur odeur vint chatouiller le nez du garçon qui se rendit alors compte qu'il était affamé. Mais, parce qu'il conservait encore alors un semblant de raison, il se détourna de la vue de cette table pourtant si invitante. Il faillit alors rentrer dans une coupe de fruit posée à même le sol.
Vollmond grogna et son regard s'arrêta sur une grappe de raisin. Il sentit brusquement sa gorge s'assécher et le raisin lui paraissait si sucré, si juteux et doux qu'il ne se rendit pas tout de suite compte que son bras se dirigeait vers la coupe. Tout ce qu'il désirait à cet instant, c'était de pouvoir goûter à ce raisin, comme lorsqu'il en mangeait dans les jardins avec Naiv, alors que leurs parents étaient encore vivants et...
Le garçon arrêta tout mouvement. Naiv, il était ici pour Naiv et pour rien d'autre. Eloignant sa main de la corbeille aussi vivement que s'il s'était blessé, il se dirigea presque en courant sur le chemin de terre qui serpentait le long de la grotte.

Il s'attendait à trouver beaucoup de choses dans la salle suivante de la grotte du génie, mais il n'y avait rien d'impressionnant. A vrai dire, l'endroit était presque vide: Naiv était assise dans un coin, sagement. Elle tourna son regard vers lui, un sourire s'étira sur ses lèvres. Lorsqu'elle prononça son nom, Vollmond sentit toute l'angoisse, la fatigue et la faim quitter son corps. Il n'avait besoin de rien d'autre que de sa soeur.
"Ne t'inquiètes pas Naiv, je vais te sauver, sa voix n'était qu'un murmure mais la fillette sembla l'entendre et sourit de plus belle.
-Allons nous en, Vollmond.
-Oui, je dois juste donner cette pierre au génie, répondit-il en la montrant à sa soeur
-Vollmond..."
Sa voix était faible et semblait le supplier, si cela avait été possible, le coeur de Vollmond se serait brisé à cet instant. Détournant les yeux, il regarda le reste de la grotte et découvrit un passage étroit.
"C'est ici que le génie se cache ?, demanda-t-il
-Vollmond... Je t'en supplie. Sauve moi."
Le garçon se tourna à nouveau vers sa soeur, des larmes coulaient sur ses joues et elle reniflait, essayant de les arrêter.
"Je vais te sauver, Naiv. Je ferais n'importe quoi, je ferais tout pour toi. Tu le sais n'est-ce pas ? J'ai laissé mourir cet abruti, cet horrible et cupide nomade, je les aurais même tous tués s'il l'avait fallu ! Tu le sais n'est-ce pas ?"
Lui aussi s'était mis à pleurer, il se frotta les joues agacé et sourit du mieux qu'il pu.
"Oui, oui je le sais. Ne t'occupes pas des nomades, qu'ils meurent tous. J'ai juste besoin que tu me sauves !"
Les yeux de la fillette étaient rougis et elle avait du mal à tenir debout, Vollmond s'approcha lentement, ne faisant pas attention à la partie de lui qui lui disait de se méfier, que ce n'était pas normal, que Naiv ne dirait jamais de mal des nomades.
Car à cet instant, l'enfant semblait si perdue, si faible qu'il ne pu se retenir et la serra dans ses bras, tendrement, respirant l'odeur de ses cheveux et de sa peau, la rassurant de mots qui lui semblait habituellement vides de sens, mais ici tellement importants.

Vollmond mit quelques instants avant de sentir l'odeur de la terre après la pluie, les cheveux de Naiv qu'il caressait jusqu'alors ne lui semblèrent soudain plus aussi doux. L'horreur suivit alors instantanément la surprise lorsqu'il vit la peau de Naiv fondre sous ses doigts, ses jolis yeux étonnés disparaître sous la boue qui coulait de son front. Et lorsqu'il tenta de la serrer plus fort dans ses bras, il ne fit que transpercer son corps de terre fragile avec ses mains.
Le garçon hurla, son cri se répercuta contre les parois de la grotte en un faible écho. Ses mains fouillèrent dans le tas de boue, essayant désespérément de trouver un reste quelconque de sa soeur, et quand ses propres mains se transformèrent en boue et qu'il ne pu plus chercher, que ses cheveux de terre et son front qui coulaient devant ses yeux l'empêchèrent de voir, il se mit à rire. Rire de douleur et de joie de se sentir libéré.
Et bientôt, sa boue recouvrit celle de sa soeur.

o~O~O~o

"Quelle horreur, s'exclama un enfant, c'est vraiment comme cela que finit l'histoire ?
-A vrai dire on ne sait pas vraiment. Certains disent que la vieille dame, qui était une sorcière, a récupéré la pierre de lune restée avec les tas de boue de Vollmond et Naiv et qu'elle a demandé au génie de les libérer. Ils auraient ensuite passé le restant de leurs jours avec la sorcière, car elle l'aurait exigé en remerciement. D'autres disent qu'ils restèrent prisonniers de la grotte du génie pour l'éternité.
-Inutile de dire que je préfère la première fin ?, répondit l'enfant avec un léger sourire amusé
-Moi je ne sais pas, au final ils sont toujours ensemble dans les deux cas et c'est ce qu'ils voulaient", s'exclama un garçon roux.
Aussitôt, chaque enfant donna sa propre opinion, dans un joyeux et innocent vacarme.
---

Un petit commentaire pour me faire plaisir ? *yeux de chat poté*

Hors ligne Red ink

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Les contes du Jardin de l'éternité
« Réponse #6 le: mercredi 26 décembre 2007, 14:20:54 »
XD je te deteste, tu es fort en dessin et en créa graphique et maintenant tu veux t'améliorer en écriture ?  >.<

Bon, il s'agit donc d'un conte, et un conte a souvent une morale. Pourrait-on savoir quelle est cette morale ici ? (ce n'est pas une critique, juste une question ^^)

Bon alors c'est assez bien écrit même si je dénote quelques maladresses :

"Je vais te sauver, Naiv. Je ferais n'importe quoi, je ferais tout pour toi. Tu le sais n'est-ce pas ? J'ai laissé mourir cet abruti, cet horrible et cupide nomade, je les aurais même tous tués s'il l'avait fallu ! Tu le sais n'est-ce pas ?"

Comment Naiv pourrait le savoir ? Et puis une fille si pure, dire après qu'elle s'en fout des nomades euh ... Cela casse un peu tout  :ash:

Ensuite on regrette un peu que le récit encadrant ne soit pas plus narré ou décrit ne laissant presque que des dialogues (désolé je suis un peu influé par un livre que j'ai lu il y a pas longtemps ^^)

Enfin tu aurais du plus décrire certaines scènes clés comme : Vollmond près de l'étang. Avec de belles figures de styles, ton texte serait encore plus ... Humain (c'est pas le bon mot mais tu me comprends hein ?  :ash: )

Sinon je ressens un ptit potentiel alors essaye de t'entraîner le plus souvent possible  ;)
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« Réponse #7 le: vendredi 15 février 2008, 16:55:22 »
C'est normal que Naiv réagisse bizarrement vu que c'est pas vraiment "elle" si on peut dire.

Bref, j'adore ce texte ^^
L'idée est géniale, le style fluide... j'adore le moment où le nomade "fond".
L'idée d'une grotte magique fait un peu penser à la Caverne d'Aladin je trouve !

Bref, bonne idée. L'introduction à la découverte de la grotte est peut-être légèrement courte par contre.

Un auuutre  ;D  !
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« Réponse #8 le: samedi 08 mars 2008, 19:36:54 »
Je me permets de remonter le topic ; je voulais poster il y a de cela plusieurs jours, mais je n'avais pas eu le temps de lire la dernière histoire.
J'ai été très rapidement charmé, d'abord par les images, aussi simples qu'agréables, puis (surtout), par les textes, le style très agréable pour l'esprit, le cadre du conte pour enfants, et la beauté de l'unité !
J'attends la suite !

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« Réponse #9 le: mercredi 09 juillet 2008, 23:14:37 »
Mon dieu !!! Pose ce maudit pinceau pendant quelques secondes et écris nous encore une belle histoire. J'étais parti pour lire que les deux premières mais j'ai été prisonnier de ton écriture. Ces petits contes sont absolument magnifiques !! Pourquoi ne suis je pas venu plus tôt ? Presque aucune faute, aucune critique au niveau de l'écriture, elle est simple et belle. Le scénario est original, instructif et plaisant. Ces trois petites morales m'ont ramené un sourire : les graphistes ont plus d'une corde à leur arc. Je suis ravi d'être tombé par hasard sur ce topic ! Bravo. Je tairais la suite de l'éloge, mais il en reste de même. J'adore et s'il te plaît, au nom des grandes déesses du saint royaume, apporte nous un quatrième chapitre.

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« Réponse #10 le: jeudi 10 juillet 2008, 00:44:48 »
Tiens, ça fait longtemps que je voulais commenter ici, et j'ai jamais pris le temps, c'est vrai... Eh, d'ailleurs, c'est "éternité", et pas "éternitée" ! :p
Sinon... ben si tu te souviens bien, j'avais parlé de ta seconde nouvelle dans le Journal de la Fiction ! ^^ Et je n'en avais dit que du bien ! :p Autant c'est très court, autant c'est un conte, donc c'est normal... De plus, l'ambiance est onirique, merveilleuse, splendide ! C'est joli, c'est touchant, c'est poétique ! J'adore ! Déjà que j'aimais tes dessins... :p Tricheuse !
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« Réponse #11 le: jeudi 10 juillet 2008, 01:00:06 »
Red ink>> Déjà, merci pour le commentaire :3

Je n'ai pas lu beaucoup de conte possédants de morale qu'on repère du premier coup d'oeil contrairement à une majorité des fables mais bon.
Je suppose que si il y a une morale il faut la découvrir dans les trois épreuves du génie.

Citation de: "Red ink"

"Je vais te sauver, Naiv. Je ferais n'importe quoi, je ferais tout pour toi. Tu le sais n'est-ce pas ? J'ai laissé mourir cet abruti, cet horrible et cupide nomade, je les aurais même tous tués s'il l'avait fallu ! Tu le sais n'est-ce pas ?"

Comment Naiv pourrait le savoir ? Et puis une fille si pure, dire après qu'elle s'en fout des nomades euh ... Cela casse un peu tout


Ce que Vollmond pense que Naiv sait, c'est le fait qu'il viendrait la sauver et ferait n'importe quo pour elle (je suppose que tout le monde a remarqué le fanatisme dont il fait preuve envers sa petite soeur ? :3)

C'est normal que la Naiv avec qui Vollmond parle de cette façon, étant donné que c'est ce que Vollmond veut entendre.
Tu te souviens de ce qu'à dit la vieille femme ? il y a trois salles à passer où il ne faut rien toucher. Dans les contes traditionnels où il faut passer trois salles, la première est remplie de pièces d'or, la deuxième de pièces d'argent et la dernière de pièces d'or.

J'ai préféré faire un peu plus original en ne faisant qu'une pièce "typique" centrée sur les richesses, une deuxième sur les désirs du corps et une troisième sur les sentiments.
Notre génie est vicieux : Naiv EST la troisième épreuve. Il fallait que Vollmond réfrène son envie de parler à sa soeur, de la réconforter et aille dans la prochaine salle. J'avais d'ailleurs laissé un indice au moment où il retrouve sa soeur :
Citer
il regarda le reste de la grotte et découvrit un passage étroit.

Seulement, il était évident que Vollmond se laisse attraper au dernier piège du génie, à cette "fausse" Naïv à qui il n'a pas osé ne pas faire confiance.

Pour les descriptions, c'est vrai qu'il n'y en a pas énormément, j'ai parfois un peu de mal avec, je n'arrive pas à les rendre "vivantes" (en même temps, les contes ne sont pas toujours très descriptifs).

clo>> Merci ^^
Oui, l'idée est tirée des grottes magiques semblables à celle qu'il y a dans Aladdin.
C'est vrai que la découverte est un peu rapide, je ne savais pas trop comment traiter cet instant alors j'ai un peu baclé je suppose.

Mytho Man>> Merci du commentaire ;3

Yorick26>> Je ne touche à aucun pinceau (excepté celui pour l'aquarelle) de peur de faire des malheurs.
Je me demande comment tu as fait pour trouver ce sujet quand même, alors qu'il devait être enterré sous des tas d'autres écrits XD

Enfin bref, ton voeu est exaucé, voici une quatrième histoire. Très courte cette fois-ci (mes réponses aux commentaires sont carrélent plus longues que l'histoire en elle-même. wow /o/)

John>> C'est à cette heure que tu postes x3 ?! (le commentaire s'applique aussi à moi dans ce cas mais bon)
J''édite le titre >3>" *hop hop*
Pis bah merci beaucoup :3

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~

Minwa s'étira pendant quelques secondes et balaya du regard le cercle d'enfant qui s'était formé autour d'elle. Ses lèvres s'étirèrent en un joyeux sourire. Un peu plus loin, Johnathan, assis contre un bouleau les regardait avec un air méprisant, légèrement dégouté.
Le sourire de Minwa se fana.

"La prochaine histoire se passe dans un monde où les gens sont reliés par des fils rouges."
o~O~O~o

À la naissance, lorsqu'un enfant sortait du ventre de sa mère, il avait une cordelette rouge nouée autour du poignet. Dès que le cordon ombilical avait été coupé, on déroulait le fil rouge et on attachait l'autre bout au poignet de la mère.
Le père venait ensuite serrer la petite main du bébé dans la sienne et un autre fil rouge apparaissait, reliant leurs deux poignets.

Tout au long de sa vie, le nouveau-né serrerait les mains des autres personnes auxquelles il se présenterait, se liant ainsi à eux via le fil rouge qui apparaîtrait.
Durant toutes ces années, il vivrait entouré de dizaines, voir même de centaines de fils rouges, et à la fin, ses fils disparaitront avec lui.

Parfois, on s'éloignait trop des personnes avec qui le fil nous reliait. La longue ligne rouge s'étirait alors jusqu'à la ligne d'horizon et semblait infinie. Si l'on voulait revoir la personne, ne pas s'éloigner d'elle encore plus, il fallait aggriper le fil et tirer de toutes ses forces. Il fallait aussi y mettre tout son coeur, parce que l'on ne peut pas garder les gens près de nous seulement par la force.
Mais parfois il était trop tard et lorsqu'on arrivait au bout, il ne restait plus qu'un bout de corde rouge coupée.

Ellias n'avait jamais osé tiré sur un seul fil. Il n'avait tout simplement jamais été doué pour se lier avec les autres.
Ce n'est pas qu'il n'appréciait pas les personnes qu'il rencontrait, c'était seulement qu'il ne savait pas quoi leur dire ou comment réagir lorsqu'ils lui adressaient la parole. Alors il se taisait, continuait d'avancer et les regardait s'éloigner, sans oser rien faire.
De temps en temps, il arrivait qu'il reste plus longtemps avec certaines personnes, parce qu'elles allaient dans le même sens, suivaient une partie du même chemin que lui, mais une fois qu'ils bifurquaient et changeait de direction, Ellias ne pourrait plus les rappeler.
Il avait peur, tout simplement. Terriblement peur. Que ferait-il une fois qu'il aurait tiré jusqu'à lui une personne dont il avait du mal à se souvenir du visage ? Devrait-il s'excuser d'avoir laissé la personne à l'écart si longtemps ? Comment devrait-il engager la conversation ? Et si la personne se montrait méprisante, blessante, si elle lui disait qu'elle ne voulait plus le voir et coupait le fil si fragile qui les reliait ? Que pourrait-il faire si, lorsqu'il arriverait à l'autre bout du fil, il n'y avait déjà plus personne ?
S'il n'arrivait pas à trouver quoi dire, à se montrer suffisamment intéressant pour que ceux qu'il ramènerait à lui veuillent bien rester à ses côtés, leurs fils se couperaient. Et Ellias savait pertinemment qu'il n'était pas quelqu'un d'intéressant.

Alors il continuait de suivre le chemin monotone qui se traçait devant lui, laissant trainer ses fils qui s'étiraient sans cesse derrière lui. Sans jamais savoir si il y avait encore des personnes à l'autre bout, il continua à marcher et finit par mourir emprisonné dans sa solitude.

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À celle dont je n'ai pas osé tirer le fil.

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« Réponse #12 le: jeudi 10 juillet 2008, 01:08:46 »
C'est sublime, ma Linki... Vraiment admirable. Très beau !
Oh, moi j'avais compris que c'était pas une vraie Naiv ! :p Hahaaaaa !
Huhu, t'as édité, mais j'ai eu le temps de voir que tu avais oublié de répondre à mon com ! :p XD
Et je voulais dire un dernier truc mais j'ai oublié... J'éditerai !
EDIT : ça y est, je me rappelle ! XD Vollmond se tape un énorme "brother complex" ! :p
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« Réponse #13 le: jeudi 10 juillet 2008, 16:15:43 »
C'est toujours aussi magnifique Linki. J'adore et cette petit histoire m'a rendu triste. Cela me rappelle tous ces fils rouges que j'ai brisé, ou que j'ai oublié de tirer. Cela me rappelle moi qui veut ne pas être trop attaché, qui n'ose pas rappeler tout comme Ellias au prénom, hélas, si tragique. Néanmoins certaines choses m'ont fait sourire. Cela m'a fait penser à un paramètre des Sims qui vous envois un message à chaque que l'on risque de perdre une amitié. Merci Linki. En plus d'écrire superbement bien tu  nous faire réfléchir monstrueusement. Je tiens à mes amis... même si la distance va s'agrandir, il va falloir que je tire sur un fil rouge, le fil du téléphone pour les rappeler vers moi.

Merci.

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« Réponse #14 le: lundi 22 décembre 2008, 23:39:55 »
John>> On devrait peut-être dire "sister complex" non ? Vu que celui qui a un "father complex" c'est le fils et pas le père.
Mais c'est vrai qu'on peut considérer Vollmond comme ça XD

Yorick>> Merci beaucoup pour le commentaire \o/

Et hop, la cinquième histoire (5 mois après, haha)

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Cette histoire se déroule dans un étang.
Ce n'était pas un joli étang, pas un de ceux dans lesquels on va prendre plaisir à se baigner, il était toujours recouvert de lentilles et avait, en automne, un aspect marécageux qui rebutait les voyageurs. Les seules créatures qui y vivaient étaient celles qui étaient considérées comme des nuisibles.
C'était au fond de cet étang qu'avait décidé de s'installer la seule sorcière de la région.
Etant une sorcière, elle pouvait respirer sous l'eau sans problème et le climat aquatique, les algues, le sable boueux et les  poissons qui lui serviraient de voisins lui plaisaient bien. L'endroit était d'ailleurs plutôt calme et isolé, ce qui lui convenait parfaitement.
N'étant pas de nature très bricoleuse, elle avait proposé à une famille de carpes de s'occuper des travaux. En échange de quoi, elle s'engageait à leur fournir son aide en cas de maladie et à empêcher les humains de jeter leurs déchets dans les eaux de l'étang.

La sorcière put ainsi s'installer tranquillement dans sa maison sous-marine où elle espérait passer de longues et calmes journées allongée sur son sofa, un livre à la main, ou affairée devant son chaudron.
Lorsqu'elle avait du aller s'assurer qu'aucun humain des environs n’irait jeter de déchets dans l'étang, elle annonça aussi qu'elle offrirait ses qualités de guérisseuse à ceux qui viendraient lui demander des soins.
Les villageois l'avaient regardé d'un air étrange. Si elle ne se déplaçait pas, cela voulait dire qu'ils auraient à plonger et nager dans l'eau froide et boueuse pour l'atteindre. "Très peu pour moi", fut donc la réponse muette que chacun formula dans sa tête.

Pourtant, quelques mois après l'annonce de la sorcière, à l'arrivée de l'hiver, un des jeunes laboureurs du village tomba gravement malade. Aucun médecin ne réussit à le guérir et quelqu'un lança finalement l'idée d'aller demander service à la sorcière.
Comme le laboureur, incapable de sortir du lit, n'avait aucune famille pour s'y rendre à sa place on tira à la courte paille.
Ce fut l'idiote du village qui fut désignée et, quoique quelques uns suspectèrent une tricherie, personne n'alla rien y redire de peur de se faire envoyer voir la sorcière à la place de la jeune fille.
Celle-ci se rendit donc à l'étang. L'hiver était fort rude et la surface de l'eau était recouverte de glace, l'idiote ramassa une branche à moitié pourrie et alla frapper la glace avec. Au bout de quelques coups, la branche cassa et l'idiote alla en chercher une autre.
Elle recommença le procédé jusqu'à ce qu'un trou suffisamment grand pour qu'elle puisse s'y engouffrer soit formé. Elle lâcha sa branche abîmée et plongea dans l'eau glaciale.
La jeune fille fit quelques brasses vers le fond, repoussa du bras les longues algues verdâtres qui bloquaient le passage et, après avoir cligné des yeux plusieurs fois, elle aperçut la forme floue de la chaumière de la sorcière.
C'était une petite maison de bois et de paille. Un léger bandeau de fumée s'échappait de la cheminée en pierre qui dépassait du toit. La maison ne semblait en aucun cas affectée par le milieu aqueux dans lequel elle était plongée et la jeune idiote ne se posa même pas de question. La logique des fous allait bien avec la magie des sorcières.
Une fois arrivée devant la porte, elle toqua. On lui ouvrit immédiatement. L'intérieur de la maison n'était pas inondé, ce qui était plutôt profitable à la jeune fille qui commençait à manquer d'air. La porte se referma derrière elle dans un silence lourd. Il n'y avait personne pour l'accueillir.

Les murs intérieurs étaient formés par de gigantesques étagères remplies à ras bord de livres, de fioles, de bocaux et bibelots intrigants, parfois même repoussants. Les espaces entre chacune des étagères formaient des portes.
Au fond de la salle, un grand chaudron en cuivre était suspendu à une crémaillère, au dessus d'un tas de braises. Quelques bulles émergeaient à la surface de la mixture brunâtre qu'il contenait avant d'exploser dans un léger "ploc", brisant régulièrement le silence des lieux.
L'idiote promena son regard sur les bocaux de l'étagère la plus proche. Dans le premier s'entassaient des yeux de la taille d'une mouche, chacun d'eux était pourvu d'une petite paire de pattes qui brassaient l'air sans arrêt. Le deuxième bocal contenait trois gros fruits bleus qui avait l'air gorgés d'eau et le troisième bocal était rempli d'une poudre aux couleurs de l'arc-en-ciel. L'idiote s'apprêtait à examiner le quatrième bocal quand la sorcière entra dans la pièce.
"Que puis-je faire pour vous aider ?"
Elle avait parlé d'un ton froid, poli mais sans la moindre émotion. Ce n'était pas de la rudesse, c'était juste la manière dont toutes les sorcières s'adressaient aux autres personnes : avec une indifférence totale.
La sorcière de l'étang avait l'apparence d'une femme longiligne, aux cheveux et à la posture raide. Son aspect physique correspondait exactement à son caractère.
D'abord surprise de cette soudaine apparition, la jeune fille se ressaisit et expliqua le problème à la sorcière puis détailla tous les symptômes du malade lorsque celle-ci lui demanda des précisions.
"Je vois de quoi souffre cet humain  et j'ai une potion qui peut le guérir, répondit-elle d'une voix monotone, mais il faudra payer."
Devant l'air étonné de l'idiote, la sorcière annonça que tous les remèdes avaient un prix.

Comme on ne pouvait pas prendre le temps d'aller demander au malade s'il acceptait de payer ou non, à cause de son état, ce fut l'idiote qui dut payer à sa place.
La sorcière lui demanda le pendentif qu'elle portait sur elle. Celui-ci était le dernier cadeau que la mère défunte de la jeune fille lui avait donné et l'idiote hésita donc quelques instants.
Finalement, par peur de la colère dans laquelle se mettraient les villageois si elle revenait les mains vide, elle fit l'échange.
Une fois revenue au village, on l'inonda de questions sur ce qui s'était passé au lac. Le remède donné fut efficace et le malade fut guéri en un rien de temps. Emu par ce qu'on lui raconta de l'aventure que l'idiote du village avait vécu pour lui, il l'épousa.
Les villageois eurent bons nombres de ragots à raconter lors des semaines qui suivirent cette histoire et ils furent rassurés de pouvoir faire confiance à ce personnage extravagant qu'était la sorcière de l'étang.

Le temps passa, les villageois allèrent plusieurs fois demander de l'aide à la sorcière. À chaque fois, il fallait payer un prix qui changeait en fonction de la gravité de la maladie. Il s'agissait le plus souvent d'un meuble ou d'un objet rare, voir unique, et on surnomma bien vite la sorcière de l'étang "la collectionneuse".
Quand quelqu'un refusait de payer le prix, il repartait les mains vides, sans aucune exception.

Un jour, pourtant, un homme qui avait refusé de payer s'empara du remède de la sorcière malgré ses avertissements et l'utilisa pour sauver sa femme d'une épidémie. Le lendemain, la sorcière sortit de sa demeure et alla demander à l'homme de payer mais il refusa à nouveau. Le surlendemain elle revint à nouveau lui demander son dû pour la troisième fois mais il ne céda pas.
Le jour d'après, la fille de l'homme qui n'avait pas payé mourut.
Celui-ci entra dans une colère terrible, alla accuser la sorcière de cet assassinat partout dans le village et rassembla un groupe d'homme armés pour l'abattre.
Ils se rendirent à l'étang, plongèrent sous l'eau, défoncèrent la porte de la chaumière sous-marine et tranchèrent la tête de la sorcière. Ils ramenèrent le cadavre au village, le brûlèrent et éparpillèrent les cendres afin d'éviter tout risque de malédiction.

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"Une fois la sorcière tuée, on alla chercher tous les remèdes qu'elle avait élaboré et on les distribua à tous ceux qui en avaient besoin. Et voilà, fin."
Minwa avait conclut son histoire d'un trait et un sourire triste étirait ses lèvres. Le genre de sourire qui vous dit "C'est injuste n'est-ce pas ?".
Les enfants reniflèrent, ravalèrent leurs larmes et émirent quelques protestations. Seulement, chacun d'entre eux savait qu'une fois le conte fini il n'y avait plus rien à faire pour le changer.
"Bien, maintenant que le conte est terminé, vous pouvez partir. Et ça vaut aussi pour toi Johnathan.", ajouta Minwa en lui jetant un regard agacé.
Son interlocuteur détourna les yeux avant de répondre, presque à contre-cœur :
"Terminé ? Quand il manque bien la moitié de la fin je me demande comment ce conte peut-être terminé. Ne me dis pas que tu as simplement oublié ? "
Minwa hoqueta, comme prise en faute, et alors qu'elle ouvrait la bouche pour parler, Johnathan reprit :
"L'idiote et son mari construisirent pour la sorcière une tombe sur la terre et la famille de carpes une tombe sous la mer."
Les enfants qui s'étaient levés se jetaient des coups d'œil interrogatifs, ne sachant qui croire.
Minwa se releva à son tour et, après quelques bégaiements, elle finit par s'adresser à l'autre adulte.
"Que tu méprises les contes, au fond, cela n'a pas une grande importance pour moi mais ne viens pas les écouter dans ce cas. Surtout si c'est pour me faire la morale après."
Elle s'enfuit, sans attendre de réponse.