Art > Longs métrages et Télévision
Aujourd'hui j'ai vu...
D_Y:
Et donc tu peux me pointer ma grosse connerie ? Parce que je vois pas trop.
Mais bref, pour l'élément du père, là où tu vois une situation extrêmement réaliste (t'abuses pas un peu là ?), je vois une grosse ficelle scénaristique, une facilité pour expliquer le racisme de Derek. A ce titre le fait que le type soit pompier n'est déjà pas anodin et sert cette ficelle, dans la tête du spectateur c'est d'office un gars bien, et là on apprend qu'en fait c'est un gros facho. Désolé mais je trouve ça facile et pas très subtil comme élement de l'histoire.
Et si tu trouves que le fait que Derek et son frère changent d'idées aussi rapidement et radicalement, c'est un cliché bien exploité, ce serait peut être à toi de revoir le film pour y voir ses défauts, et pas en parler comme si c'était un chef d'oeuvre parfait.
A part ça quand on caricature en général on n'attend pas à se faire analyser les élements qui sont caricaturés comme si on les avait pas compris, c'est tout le concept du truc.
--- Citer ---Et, y a clairement des moments inspirés du film "Les dieux du stade", notamment le match de basket.
--- Fin de citation ---
Ah oui mais non désolé je vois toujours pas, vu que le match de basket est quand même très banal d'un point de vue filmique, là où les Dieux du Stade c'est quand même très droit, très carré, et très propre (ne me dit surtout pas que c'est parce que c'est en n&b, pitié).
Trictus McNatret:
(Cliquez pour afficher/cacher)Ben techniquement, la racisme ça naît soit d'une éducation (or là, le père de Derek l'a éduqué comme ça, de façon très insidieuse, et le dialogue joue bien sur la nuance) soit d'un choc... Me semble que le meurtre d'un père, ça suffit. Ensuite, j'vois pas en quoi le fait que ce soit un pompier ça en fait nécessairement un gars clean, on a assez d'histoire de fonctionnaires qui donnent dans la connerie, y a bien des flics racistes, des pompiers qui violent des nanas en bande etc... ça se trouve partout dans les journaux. Puis l'essentiel du film retrace les origines du racisme de Derek, et que ce dernier point soit l'ultime révélation, j'trouve au contraire que c'était judicieux. Ensuite, je rappelle que dès le début, le frère de Derek n'est pas convaincu DU TOUT des idées de son frère. Il est choqué par le meurtre des deux cambrioleurs, et il a visiblement l'air "pas à sa place" parmi les autres. Tu sens bien qu'il essaye de se donner un genre pour être le "digne frère" de Derek. C'est un gosse qui cherche sa place, il a une ficelle facile pour se faire un statut, il la saisit, point. Et Derek, c'est son modèle. Voilà. Et quand son frère lui dit qu'il a pas besoin de ça, quand il voit son frère revenir sur ce qui a brisé leur famille, il se dit: si lui il pense plus ça, moi qui ait tout construit sur lui, j'vais devoir repenser un peu à tout ce délire... Si lui il m'assure que je peux vivre sans, j'vais lui faire confiance. Ca devrait même pas être expliqué tant le film est bien huilé pour que ça semble évident!
D_Y:
(Cliquez pour afficher/cacher)
--- Citer ---Ben techniquement, la racisme ça naît soit d'une éducation (or là, le père de Derek l'a éduqué comme ça, de façon très insidieuse, et le dialogue joue bien sur la nuance) soit d'un choc... Me semble que le meurtre d'un père, ça suffit. Ensuite, j'vois pas en quoi le fait que ce soit un pompier ça en fait nécessairement un gars clean, on a assez d'histoire de fonctionnaires qui donnent dans la connerie, y a bien des flics racistes, des pompiers qui violent des nanas en bande etc... ça se trouve partout dans les journaux. Puis l'essentiel du film retrace les origines du racisme de Derek, et que ce dernier point soit l'ultime révélation, j'trouve au contraire que c'était judicieux.
--- Fin de citation ---
Tu penses que c'est un hasard complet que la profession du père se soit d'aider et de sauver des populations ? Il n'y a pas plus honorable comme métier et vu comme c'est traité dans le film, ça ressemble à un gros coup de coude fait au spectateur "eh t'as vu, un homme courageux qui aide les gens est un gros facho".
Après bien sur que c'est lui qui a influencé Derek, je sais même pas pourquoi t'es parti sur ça à la base vu que j'ai jamais dit le contraire.
--- Citer ---Ensuite, je rappelle que dès le début, le frère de Derek n'est pas convaincu DU TOUT des idées de son frère. Il est choqué par le meurtre des deux cambrioleurs, et il a visiblement l'air "pas à sa place" parmi les autres. Tu sens bien qu'il essaye de se donner un genre pour être le "digne frère" de Derek. C'est un gosse qui cherche sa place, il a une ficelle facile pour se faire un statut, il la saisit, point. Et Derek, c'est son modèle. Voilà. Et quand son frère lui dit qu'il a pas besoin de ça, quand il voit son frère revenir sur ce qui a brisé leur famille, il se dit: si lui il pense plus ça, moi qui ait tout construit sur lui, j'vais devoir repenser un peu à tout ce délire... Si lui il m'assure que je peux vivre sans, j'vais lui faire confiance. Ca devrait même pas être expliqué tant le film est bien huilé pour que ça semble évident!
--- Fin de citation ---
Derek n'est pas du tout convaincu par les idées de son père non plus à la base, cf la scène où il défend son prof juif.
Et je critique pas le fait que le frère soit influencé par Derek (c'est évident à l'écran, évite de me prendre pour plus con que je ne suis), mais que les deux semblent changer d'idées comme de chemises, surtout le frère qui as quand même écrit un devoir sur Mein Kampf la veille de sa "reconversion".
JeK:
Honte à moi de ne pas avoir découvert ce film plus tôt :h:
Ayant réussi à lâcher GTA plus d'1h30 (difficile à croire, je sais, mais je l'ai fait o/), j'en ai profité pour mater mon tout nouveau coup de cœur :coffee:
Wes Anderson, esthète avant tout, n'a pas perdu la main avec ses travellings très propres, ses plans millimétrés et son soin accordé à ses cadres (et quelle mise en scène !). Il possède suffisamment bien ses codes pour que ça ne sonne jamais faux, ou arrogant. La minutie formelle ne s'arrête pas qu'à la composition de ces véritables tableaux vivants : la photographie, les choix musicaux (de Britten à Hank Williams ou au score de Desplat)... tout est mis en œuvre pour un film maîtrisé de bout en bout.
Une réussite stylistique, donc, mais pas que : il est aussi généreux dans la richesse des thèmes abordés que dans leur traitement. Loin du moralisme primaire et de la connerie d'un bon nombre de productions actuelles, Moonrise Kingdom est un hymne à la liberté (quel qu'en soit le prix) et à l'amour, le vrai, celui qui n'a pas d'âge et qui rend invincible. Et c'est brillamment écrit : autant rigoureux dans la composition des personnages et de la narration elle-même, que décomplexé et loufoque dans sa tonalité. Il enchaîne les situations authentiques et burlesques (très belle spontanéité des 2 jeunes acteurs principaux d'ailleurs), avec un génie rare.
Voilà. Un film aussi beau dans sa plastique qu'intelligent ; aussi sincère et naturel que sophistiqué ; aussi frais et distrayant que mélancolique.
Le meilleur film d'Anderson, et un des incontournables de 2012 !
Rodrigo:
Oui, monsieur. Meilleur film de 2012. :cool: D'ailleurs, il rend particulièrement bien en Blu-Ray, grâce à son esthétique et ses couleurs (très Wes Anderson certes). Par contre, je me suis essayé après à d'autres Anderson, et à part Fantastic Mr Fox, je n'ai pas trop adhéré, genre A Bord du Darjeeling Limited ou La Vie Aquatique, des films sans véritable histoire, qui posent une ambiance sympa, mais qui l'exploitent mal. Au contraire de ce fantastique Moonrise Kingdom en fait.
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