Auteur Sujet: Je bouquine !  (Lu 155869 fois)

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Je bouquine!
« Réponse #810 le: vendredi 19 juillet 2013, 15:43:50 »
Ah tiens, un p'tit mot ici pour dire que j'ai enfin fini de lire Les Aventuriers de la Mer, de Robin Hobb.

Que dire de ces neuf tomes ? Un pur bonheur. Mon rythme de lecture pour les premiers livres étaient lents, mais j'ai dévoré les trois derniers, surtout le huitième, là où les révélations commencent.

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Inutile de rajouter que j'adore le style de Robin Hobb qui est irréprochable, même si quelquefois, les descriptions traînent un peu en longueur.

Voilà, je vais donc attaquer les sept derniers tomes de L'Assassin Royal et pouvoir me mettre après à la suite, Serpents et Dragons, pour ensuite lire Gastby et le Trône de Fer. Relire l'Écume des Jours aussi. Bref, j'ai pas fini mes lectures !

Yeah, bien joué ! Finir une série de Robin Hobb, ça fait toujours quelque chose, pas vrai ? :^^:
A chaque fois que je vois quelqu'un lire un de ses tomes ou que j'en entends parler, j'ai une envie terrible de m'y remettre, alors que j'ai fini le quatrième tome des Cités des Anciens il y a quelques mois à peine. C'est dire si je suis accro. D'ailleurs, je trépigne d'impatience que le cinquième tome de la série sorte en format Poche. D'ici fin août, ça me paraît une éternité !

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Sur ce, je m'en vais (re)finir La Pitié dangereuse, de Zweig. J'ai beau l'avoir déjà lu, ce roman me fait peur tant il me touche par son intelligence et la justesse de ses analyses psychologiques. Je le conseille à tous, même si je me doute que Floax en a déjà assuré la promotion. :niak:
« Modifié: vendredi 19 juillet 2013, 15:46:15 par Prince du Crépuscule »


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« Réponse #811 le: vendredi 19 juillet 2013, 19:22:33 »
Je n'en ai jamais parlé, pour la simple et bonne raison que je ne l'ai pas encore lu (alors qu'il traine depuis un an dans ma bibliothèque, sections "à lire"). =p Mais on m'avait dit qu'il n'était pas extraordinaire, et que Zweig déployait bien mieux son talent en nouvelles qu'en romans, ce qui m'avait un peu découragé. Mais ce que tu en dis me redonne quelque peu envie, tout en décrivant parfaitement ce que je trouve toujours chez Zweig : intelligence et justesse des analyses psychologiques.

Rictus => Of Mice and Men, on parle bien du même livre ? T'as fait une sorte de mélange assez étrange dirait-on. =p Mais la description que tu as faite du livre m'a convaincu, je vais probablement aller me l'acheter dès demain.  ;D

Perso, je lis en ce moment Le Parfum, de Suskind, et je dois dire que c'est l'un des livres les plus surprenants qu'il m'ait été donné de lire. Le héros est détestable et l'intrigue assez décousue, mais quel florilège de sensations lorsqu'on parcourt cette oeuvre ! J'ai l'odorat plutôt fin, et c'est la première fois qu'une oeuvre, tous médias confondus, réussit à parler à ce sens trop souvent sous-exploité. En fait, j'espère un film tiré de ce livre, qui pourrait retranscrire encore davantage cette pléthore d'odeurs, de manière visuelle. Ça pourrait être splendide.

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« Réponse #812 le: vendredi 19 juillet 2013, 21:30:04 »
En effet, ça fait toujours quelque chose de finir une série. Quand je regarde ma petite bibliothèque - Le Soldat Chamane, L'Assassin Royal première partie, Les Aventuriers de la Mer, avec au total 23 tomes de déjà lus, et bah t'es fier de ta collection. Il me manque Le Trône de Fer, et ce sera bon. Faut que je recontacte GMS, il m'avait donné des séries sympas à lire, mais je m'en souviens plus.

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Par ailleurs, le tome 5 de La Cité des Anciens est sorti. Ca fait quelques semaines que je l'ai, peut-être que ce n'est pas le même éditeur...
« Modifié: vendredi 19 juillet 2013, 21:47:18 par Krystal »
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« Réponse #813 le: vendredi 19 juillet 2013, 21:56:20 »
Ah ? On en avait parlé pourtant, je m'en rappelle. Tu m'avais juste fait part de ton intention d'achat alors si ça se trouve.
Pas extraordinaire en tout cas c'est vite dit. Je veux bien qu'il y ait des longueurs, et que ça percute moins que les nouvelles, mais je trouve le propos et le développement tout à fait dignes d'un bon Zweig. La réflexion sur la pitié, bien qu'elle ne donne pas très envie de prime abord, se révèle surprenante et surtout bien amenée. Rien que l'introduction est lumineuse, avec un récit dans le récit. Bref, pour ma part je suis totalement convaincu.

Et puis il s'agit du seul et unique roman (achevé) de Zweig, donc affirmer qu'il déployait mieux son talent dans ses nouvelles, c'est un peu un non-sens. Il préférait ce format, certes, mais s'il a choisi d'écrire un roman précisément pour la Pitié, c'est parce que le développement de la thématique l'exigeait. Et à mon sens, malgré quelques longueurs assez discutables, je trouve la décision justifiée. La description en filigrane de la société austro-hongroise et de l'époque (la majeure partie de l'intrigue se déroule à l'aube de la 1ère GM) pourrait d'ailleurs fortement t'intéresser à titre personnel, je pense.

Enfin, si tu t'y mets, tu me diras ton sentiment. :^^:

Concernant Le Parfum, il existe déjà un film en fait, un film assez récent en plus. L'adaptation a été réalisée par Tom Tykwer, qui a aussi fait Cours, Lola, cours. Il est franchement pas mal selon moi, mais clairement en-dessous du niveau du bouquin, et certaines différences sont assez bof. Car malgré de bonnes trouvailles, on peine un peu à retrouver les sensations olfactives qui font tout l'attrait et l'originalité du roman. Les scènes où J.-B. Grenouille renifle avec gros plan sur le nez, ça va bien deux minutes, mais ça suffit pas quoi. Enfin je te le conseille quand même, juste par curiosité, parce que même s'il est décevant sur ce point, il tient la route. L'univers visuel est intéressant et les acteurs se défendent pas mal dans l'ensemble.

Ah et l'affiche, qui a servi aussi pour la jaquette du DVD, est absolument magnifique :
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Le roman, quant à lui, est une sacrée expérience. Je l'ai lu il y a plusieurs années et j'en garde un excellent souvenir. Par contre accroche-toi, il y a un passage assez lassant vers le milieu. Mais la suite en vaut clairement la peine.


Krys => Oui, il est sorti chez Pygmalion y a un bout de temps. Mais c'est des voleurs, je veux pas payer 20 € pour leur édition honteuse. Du coup j'attends toujours la version poche J'ai lu, même si ça me frustre légèrement beaucoup.

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Au fait, les fanarts t'ont plu j'espère ?


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« Réponse #814 le: vendredi 19 juillet 2013, 22:35:46 »
Je n'en ai jamais parlé, pour la simple et bonne raison que je ne l'ai pas encore lu (alors qu'il traine depuis un an dans ma bibliothèque, sections "à lire"). =p Mais on m'avait dit qu'il n'était pas extraordinaire, et que Zweig déployait bien mieux son talent en nouvelles qu'en romans, ce qui m'avait un peu découragé. Mais ce que tu en dis me redonne quelque peu envie, tout en décrivant parfaitement ce que je trouve toujours chez Zweig : intelligence et justesse des analyses psychologiques.

Rictus => Of Mice and Men, on parle bien du même livre ? T'as fait une sorte de mélange assez étrange dirait-on. =p Mais la description que tu as faite du livre m'a convaincu, je vais probablement aller me l'acheter dès demain.  ;D

Perso, je lis en ce moment Le Parfum, de Suskind, et je dois dire que c'est l'un des livres les plus surprenants qu'il m'ait été donné de lire. Le héros est détestable et l'intrigue assez décousue, mais quel florilège de sensations lorsqu'on parcourt cette oeuvre ! J'ai l'odorat plutôt fin, et c'est la première fois qu'une oeuvre, tous médias confondus, réussit à parler à ce sens trop souvent sous-exploité. En fait, j'espère un film tiré de ce livre, qui pourrait retranscrire encore davantage cette pléthore d'odeurs, de manière visuelle. Ça pourrait être splendide.

Le film existe, et est souvent cité comme étant un des trop rares exemples d'adaptations réussis... et, ouais, on en a discuté, ma confusion est assez bête XD

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« Réponse #815 le: samedi 20 juillet 2013, 00:54:02 »
Prince : il est également sorti en format de poche chez France Loisirs (c'est d'ailleurs le seul bouquin que j'achète), et coûte moins d'une dizaine d'euros.

Et oui, j'ai bien aimé tes fanarts, mais je pense que j'ai légèrement été spoilée sur celui de l'arc de L'Assassin Royal, quand j'ai vu son titre.
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Citation de: Rictus McNatret
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Citation de: Un paysan
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« Réponse #816 le: samedi 20 juillet 2013, 01:46:13 »
J'aime pas trop le système de France Loisirs, et puis je préfère continuer avec la même collection. J'aime les bibliothèques bien rangées. v.v

Pour le second fanart, pas de souci, c'est pas vraiment un spoil. On apprend (quasiment) directement qui est Sire Doré dans mon souvenir.


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« Réponse #817 le: mardi 23 juillet 2013, 19:16:42 »
Je réponds ici à ça :

Citer
Ah, Edgar Allan Poe, moi aussi j'ai gardé un très bon souvenir de cet écrivain. Mais je n'ai pas lu ce livre, donc je ne pourrai pas m'avancer là-dessus. Tu me diras ce que t'en penses. (Je n'ai lu qu'Histoires extraordinaires et je l'ai adoré.)

Si j'apprécie grandement "Histoires extraordinaires", je te conseille vraiment sa suite qui est est à mon sens grandement supérieure. Après ça dépend des sensibilités parce que certaines nouvelles de "Nouvelles histoires..." sont vraiment glauques (mais c'est ça qui est bon !) Je pense notamment au Roi Peste, qui décrit une réunion bien macabre avec des personnes déformées par la maladie. A noter aussi "La Barrique d'amontillado" qui décrit la vengeance d'un homme qui s'est fait insulté. Je ne vais pas donner ici la nature de la vengeance mais c'est génialement malsain. Et bien sur la chute du célèbre "Le chat noir" laisse vraiment sur le cul. Et là ce n'est qu'une sélection exhaustive, même si certaines histoires ont un peu moins d'impact (notamment sur la fin), la grosse majorité des écrits sont du pur caviar.

Bref Poe dans ce livre arrive à parfaitement retranscrire la folie et le macabre, largement magnifié par Baudelaire qui était lui même un peu pété dans sa tête. Je sais pas comment rend la traduction de Poe dans d'autres pays mais ça ne m'étonnerait pas que la notre soit dans le haut du panier. En plus juste avant j'avais lu un peu de Lovecraft, au final je regrette pas du tout mais ça fait longtemps que je n'ai pas lu un truc un tant soit peu joyeux.
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« Réponse #818 le: mardi 23 juillet 2013, 19:22:44 »
Personnellement, je l'ai lu en anglais, mais je ne doute pas que son style soit très bien rendu en français. Enfin je me rappelle qu'il y avait certains passages que j'arrivais très bien à m'imaginer en français lors de ma première lecture, donc c'est dire !
En tout cas, oui, j'apprécie beaucoup le côté macabre des écrits de Poe, donc ce que tu me décris a l'air fait pour moi. Donc j'y jetterai un coup d'œil, j'essaierai de le trouver en VO, mais je ne pense pas que ça sera une grande déception si je le prends en français.

Ah the ticking of the clock
And the ringing of the stocks
Are relics of our lives

link du 40

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« Réponse #819 le: mardi 27 août 2013, 09:56:03 »


 Je viens de finir "la maison du Péril" de Agatha Christie, ce livre est superbe et pour une fois à un renversement de situation inattendu, j'ai moi aussi étais berné par l'assassin comme ce bon vieux petit Belge préféré "Hercule Poirot"
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Et j'ai aussi fini "Cartes sur Table... Une autre enquêtes d'Hercule Poirot vraiment superbe elle aussi, là je ne me suis pas fait berner et je l'ai su comme Hercule Poirot
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« Réponse #820 le: mardi 27 août 2013, 13:07:14 »
J'ai récemment attaqué quelques classiques littéraires. Et j'dois avouer que si j'ai eu de très bonnes surprises, j'ai également eu droit à des déceptions.

Prenons par exemple Atala de Châteaubriand... Et bien autant des auteurs tels que Victor Hugo, Alexandre Dumas et Edmond Rostand m'avaient donné une excellente image du romantisme (Cyrano de Bergerac est de loin ma pièce de théâtre préférée, et je voue une admiration sans borne au vieux barbu pour les Misérables et Notre-Dame de Paris), autant Chateaubriand m'a donné mal au front à force de facepalm. Le style m'a profondément déplu, tant les longs phrasés et les exclamations balancés à tout bout de champ sur le ton plaintif de la tragédie par le narrateur m'ont rendu la lecture désagréable. J'avais l'impression d'être agressé par toutes ces invocations à a beauté de l'amour innocent, à la sainteté et à l'inexorabilité du destin, par cet abus de descriptions aussi titanesques qu'inutiles, par ces tirades qui n'ont pas de place dans un discours oral et par cette narration quasi-résumé et impersonnelle qui contraste avec les autres éléments, donnant un mélange difforme et imbuvable qui m'a insupporté tout le long.
C'est bien simple:
-demandez à un enfant de vous raconter sa promenad en forêt: "Et là on a marché puis après y avait un arbre alors on est passé au-dessus, et on a mangé des myrtiles et..."
-ajoutez-y un portrait prolongé et alambiqué du paysage "Les buissons, magnifiques odes à la beauté de ce monde, haies fécondes au vert feuillage foisonnant, fourmillaient de milliers de fruits croquants, étincelants au soleil comme les mamelles du seingeur... etc"
-d'appels au seigneur/d'odes à l'amour/de plaintes au destin: "Maudit soit le destin qui nous a ainsi éloigné de cette clairière où nous eussions pu nous asseoir et pique-niquer! Mais la volonté de notre créateur en fut autrement, et un nid de guêpe, demeuré en embuscade dans les environs, nous chassa de ces lieux" (nan, j'écrirais que dalle sur l'amour, allez vous faire voir!)
-et faites de vos dialogues des tirades de théâtre, bien improbables en de pareils situations et témoignant vraisemblablement du manque de contact humain subit par ce sale emo d'auteur enfermé dans sa tour: "Pourquoi, ô Matthéo, mon doux camarade aux moeurs pourtant si humbles, as-tu défendu les Who? Ne sont-ils pas l'exemple même des artistes sans nom se parjurant pour la célébrité en attaquant la gloire naissante des One Direction, ces braves garçons aux vocalises divines? -Que maudits soient tout les ancêtres qui, au cours des années, en sont arrivés à te faire arriver au-devant de moi, Jean-Eudes! Car ce sont bien là des paroles viles, inspirées par quelques démons de l'ignorance et de lé débilité la plus profonde qui t'ont amené à pareil discours, à de termes aussi perfides qui souilent à jamais ton nom dans ma mémoire!"

Vous mélangez tout ces éléments, donnant la plus molle des narrations, dans une histoire qui illustre la débilité profonde liée à la religion aveugle et à l'amour plus que fou (là c'est carrément du masochisme OMG), puant bien la bonne pensée vertueuse, et vous obtenez Atala, ode poétique à la crétinerie. Merci Chateaubriand: avant de me plonger dans ce livre, j'avais une bonne opinion de ta plume.


Comme si ça ne suffisait pas, j'ai également commencé Manon Lescaut de l'abbé Prévost. Pourquoi faire preuve d'un tel masochisme? Parce que l'oeuvre est a programme de littérature française, mes bons amis! Et vous savez quoi? Surprise! J'arrive presque à trouver du plaisir à le lire, tant il est jubilatoire de contempler la naïveté stupide du chevalier des Grieux et les aventures dans lesquelles il se retrouve plongé pour les beaux yeux de sa libertine de maîtresse. Le style n'est pas des plus désagréable, car il est bien plus fluide et la narration plus personnelle, ce qui le rend au fond assez agréable à lire, et me permet donc d'éprouver une joie malsaine à lire les infortunes (bien cherchées) du héros. J'attends de le finir pour donner un avis définitif, mais malgré la multitude de soupirs exaspérés que m'en a provoqué la lecture, je le trouve plutôt drôle.

Autre bonne surprise: Le Rouge et le Noir de Stendhal est à proprement parler un véritable chef d'oeuvre. CA c'est un roman qui me parle. Une narration fluide et acide, des personnages aux portraits psychologiques rigoureusement détaillés et cohérents, et toute une thématique de l'ambition, de la vanité, de l'évolution sociale et de la pensée plébéienne... En font un véritable délice que j'ai dévoré avec joie. Il y a un tel réalisme et une telle force dans cette ouvrage que je me suis senti transporté, tandis que je suivais Julien Sorel le long de sa difficile escalade sociale, payée à l’hypocrisie la plus totale. Je saurais difficilement revenir dessus tant il est dense et complet, mais c'est clairement une merveille de la littérature classique.

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« Réponse #821 le: samedi 07 septembre 2013, 22:21:52 »
J'ai fini La Horde du Contrevent.

J'ai adoré le style de Damasio, très varié, il campe vraiment ses personnages et il nous entraîne vraiment dans la quête de l'Extrême-Amont.

Mais passé la Flaque chaque page a été plus dure que la précédente, quand je sautais pas des lignes je m'endormais carrément dessus. :severe:

J'ai décroché à cause de :

- l'omniprésence des chrones, chrones ceci, chrones cela, chrones en plaines, chrones en château, chrones en bourg, chrones à quoi, chrones à ouak ?
- les aptitudes justes a-bu-sées de certains persos ; oui, je sais et je veux bien que ce sont des durs de durs qui ont sacrifié énormément et qui ont repoussé les limites de l'être humain, mais est-ce que y a pas un moment, je dis ça comme ça, il faut dire stop ?
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- l'usage de mots en langue étrangère comme "briefing" ou "carpaccio" alors que le monde est monolinguistique (et si ce mot n'existe pas, je vous empapapoute tous) jette un léger discrédit sur la joute de Caracole qui est pourtant prenante au-delà de toute expression.
- la partie mystico-technique en fin de bouquin est redoutablement indigeste et on perd de vue l'idée que je me faisais de l'histoire.

... Enfin, bref, je pourrais continuer longtemps, mais toujours est-il que si je salue sans regret les aptitudes incroyables que démontre Damasio en tant qu'écrivain, j'accroche moyennement à ce qu'il raconte et surtout à comment il le raconte. 14/20, parce que je suis gentil. Un livre qui m'endort à la fin, c'est déjà beau qu'il ait la moyenne en général, alors vous voyez...  v.v

Mille mercis à Yorick26 pour la signature !

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« Réponse #822 le: jeudi 07 novembre 2013, 12:01:47 »
Je viens de boucler le très court "La femme et le pantin" de Pierre Louÿs, écrivain français du début XXème, peu connu, mais jouissant d'une certaine réputation.

Et quelle claque ! J'ai vu du Zweig dans cette oeuvre : c'est concis, vivant et tellement juste dans l'expression des sentiments humains. Et même la narration est plus ou moins calquée sur le même modèle, avec un narrateur qui va raconter son histoire à un autre personnage pour faire le lien entre présent et passé. Et c'est juste l'une des histoires d'amour les plus affreuses que j'ai pu lire, avec une passion bien trop forte (et qui mérite très bien son étymologie pour le coup), de la fierté, du jeu de séduction et tout ce que l'homme a de plus mauvais en lui condensé en moins de cent pages.

Bref, de la nouvelle percutante, juste et qui a relancé mon envie littéraire !

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« Réponse #823 le: jeudi 14 novembre 2013, 10:32:45 »
J'ai fini il y a peu Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, roman de Malzieu qui tourne autour de la mort... On y raconte comment le protagoniste vit un deuil difficile, aidé par Giant Jack, un géant docteur en ombrologie de cent trente ans. C'est à la fois incroyablement triste et plein d'espoir, et ça a même des effets curatifs sur les âmes endeuillées. Le style de Malzieu, un brin surréaliste, est incroyable, parce qu'il est tordu et poétique, il a une beauté étrange et surprenante qui me prend toujours aux tripes, avec ses images loufoques qui ont plus de sens que des mots purs concrets, et l'émotion crue qu'il déverse dans le crâne de ses lecteurs. Le narrateur s'adresse vraiment au lecteur et le fait en jonglant avec les mots de façon audacieuse. Je vous le recommande vivement, ainsi que toutes les oeuvres de l'auteur qui valent franchement le coup d'oeil.

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« Réponse #824 le: jeudi 21 novembre 2013, 12:35:59 »
Je réactualise ce topic parce que j'ai fini cette nuit le Livre sans nom, qui a la particularité d'avoir été écrit anonymement, ce qui m'empêche, de fait, de vous donner le nom de son auteur. Le bouquin a gagné une certaine aura, à cause du mystérieux auteur de l'écrivain à son origine, mais aussi parce qu'il a connu un franc succès.

De quoi ça parle ? Du Bourbon Kid, un pistolero de légende qui a traumatisé la ville de Santa Mondega - une bourgade extrêmement mal famée, à la frontière mexicaine - après l'avoir vidé de la moitié de ses habitants à la suite d'une altercation et d'un verre de bourbon, boisson réputée pour le rendre invincible et sans pitié. Cinq ans après, deux moines d'Hubal, petite île du Pacifique, rescapés du massacre de leur ordre, sont envoyés par leur supérieur à la rechercher de l'Oeil de la Lune, une pierre bleue que l'ont dit dotée de pouvoirs magiques, et notamment de conférer l'immortalité. Au même moment, une jeune femme nommée Jessica, qui a survécu au massacre du Kid, se réveille à la suite d'un coma de cinq ans ; un flic spécialisé dans le paranormal, Jensen, est envoyé à Santa Mondega pour enquêter sur une suite de meurtres particulièrement violents, auprès d'un agent local convaincu que le Bourbon Kid est derrière tout ça ; et un tas de crimes s'enchaînent à toute vitesse, à quelque jours de la Fête de la Lune qui célèbre une éclipse tous les 5 ans.

Tout au long de l'histoire, le lecteur va changer de point de vue pour suivre les nombreux personnages impliqués dans l'intrigue, dans un méli-mélo de faits tous plus surprenants les uns et que les autres, et vraisemblablement tous liés. On se retrouve plongé au coeur d'une jungle urbaine peuplée de fauves qui se disputent le gâteau, mais aussi de petits malins qui veulent tirer leur épingle du jeu. Les amateurs du cinéma de Tarantino ou de Rodrigues (en particulier les aventures du marriachi El, Pulp Fiction et Reservoir Dogs), du Snatch de Guy Ritchie ou encore des séries de roman Baccano! et de Durarara de Ryogho Narita et de leurs adaptation par Omori... ont tout intérêt à se tourner vers cet ouvrage, où ils se trouveront en terrain connu : situations rocambolesques, intrigues mêlés, personnages charismatiques et légendes urbaines qui se confrontent les uns aux autres, gunfight endiablés, standoff à la mexicaine, bars glauques et autres joyaux de ce genre de chef d'oeuvre s'y trouveront ravis.
Personnellement, j'ai beaucoup apprécié ; je suis loin d'avoir été transcendé, mais je me suis vraiment éclaté à lire ce bouquin pas prise de tête qui vous jette d'un bout à l'autre de l'intrigue et vous piège dans une toile de faits liés avec une légèreté dérisoire. Un bon bouquin qui assume pleinement son côté pop-corn, violent et drôle à souhait.



J'édite parce que je viens de finir Asile de fous de Regis Jauffret... L'objectif de l'ouvrage était de partir d'une anecdote somme toute basique, celle d'un jeune homme qui envoie son père annoncé à son ex leur rupture, et de développer la perception des concernés : Gisèle, celle qui se fait plaquer, Damien, le jeune homme, et les parents de Damien. Là où le livre fait fort, c'est qu'il nous présente des personnages complètement cinglés, dans la tête desquels on se promène. Au fur et à mesure de la lecture des points de vus de chacun, exprimés à la première personne du singulier, on les voit partir dans des délires absolument effrayants ; que ce soit leurs dialogues pleins de poisons, le fil détraqué de leurs pensées ou à travers les évènements qui tiennent lieu de conséquences à la séparation, on ne peut que se prendre en pleine face la folie de chacun.

C'est un ouvrage assez effrayant, tant la dureté des situations, leur extravagance, la psychée tordue des personnages et leurs paroles toujours très crues, le tout dépeint avec un réalisme froid, nous prend aux tripes. Pas un seul n'est équilibré, pas un seul ne rattrape l'autre, les fantasmes et visions du monde de chacun les rendent absolument terrorisants. J'ai pris un plaisir malsain, non dénué de malaise, alors que je dévorais chacune des lignes venues me livrer une histoire au contexte, au fond, simple, mais à l'écriture troublante et nauséeuse. Si plonger dans la tête de gens que vous n'aimerez pas rencontrer, et si baigner dans la psychose de parfait inconnu vous intrigue, laissez-vous tenter : c'est aussi fascinant que perturbant. Il y a quelque chose qui tient à la fois du journal intime, de la confession et du délire le plus total, dedans, et pour un peu qu'on arrive à accrocher à tant de crasse, c'est vraiment génialissime. Une de mes révélations de l'année, tiens.



Je réédite parce que je viens de finir l'album BD Coeur de Pierre de Gauthier et Almanza... Un ouvrage avec un souffle très burtonnien, que ce soit dans le dessin ou dans l'histoire et les personnages. Petit conte graphique à la poésie mélancolique, c'est un album extrêmement sobre, assez rapide à lire, mais très beau et à regarder, et à consulter, et qui m'a laissé complètement sous le charme, et pas mal ému. Si vous avez la chance de le voir, n'hésitez pas à y jeter un oeil, voire à l'acheter : sans être un must have, ça reste le genre de petits trésors que l'on aime posséder.

L'histoire pourrait se résumer à ça : son coeur à lui est une pierre, qui ne peut aimer ou ressentir de sentiments. Le sien à elle est un artichaut. Je vous laisse rêver la suite, et la découvrir par vous-même !
« Modifié: mardi 26 novembre 2013, 02:57:05 par un modérateur »