Précision quant à la loi : elle est pas toute méchante et toute vilaine envers les embryons, hein ! ^,^
Je veux dire par là que certes, un enfant n'obtient la personnalité juridique qu'à partir du moment où il est "vivant et viable", c'est à dire qu'il est né et qu'il peut vivre seul (d'ailleurs le flou de ces notions a entrainé de nombreuses complications jurisprudentielles, il me semble), mais le droit français a admis de nombreuses exceptions (là encore assez flou, j'ai vu tout ça il y a deux ans, à un moment où regarder ce qui se passait par la fenêtre me semblait plus important que d'écouter le cours, ce que je regrette maintenant).
Donc je ne sais pas si je suis HS en disant ça, mais ce détail me semble important : la loi (ou les sources du droit en général) s'adaptent à la société contemporaine, rien n'est immuable, au contraire. Il suffit de voir toutes les nouvelles dispositions en apparence anodines qui sortent chaque année mais qui, au final, changent fondamentalement l'application de certaines notions.
Pour rester dans le sujet, certes l'enfant n'acquiert la personnalité juridique qu'au moment de sa naissance, et c'est absolument normal. Une personne physique, au sens légal, dispose de droits et d'obligations. Elle doit remplir plusieurs critères. Et vu que tout le droit se base sur la notion de personnalité juridique, la donner à droite et à gauche créerait une insécurité énorme. Donc pour de multiples raisons, donner la personnalité juridique à un enfant qui n'est pas encore né est légalement aberrant.
Seulement cette idée est quand même fortement nuancée. Il me semble que le droit a permis aux parents d'une enfant mort né (donc pas né vivant et viable) de l'enterrer, ou de lui donner un nom. Comme je l'ai dit, tout ça est flou dans mon esprit, mais il me semble que l'inscription d'un enfant sans vie au registre de l'État civil a été autorisée, d'une part pour permettre à la famille de faire son deuil, et d'autre part pour permettre aux "parents" d'accéder à certains droits sociaux, comme certaines indemnités. Mais bon, au fond il acquiert pas pour autant la personnalité juridique. Bref, je m'égare encore.
Tout ça pour dire que le droit ne met pas un point final à la notion de "vie" pour un enfant à naître. Le but des législateurs reste, dans l'idéal, de protéger le plus de gens possible contre toutes les menaces. La grossesse involontaire en est une, et peut pourrir la vie d'une femme assez aisément. Seulement même légalement, tout est dit : au delà de douze semaines, l'IVG est impossible. Et encore heureux. Je ne pense pas tellement que les législateurs aient basé leur réflexion sur un espèce de compromis entre pro et contre IVG ("elle peut avorter mais pas trop quand même !"). Je vois plutôt ça comme une question de responsabilité. Au bout de douze semaine, si une personne ne s'est toujours pas décidée à avorter, tant pis. Elle le garde. Ça peut paraitre vache dit comme ça, mais faut pas oublier que même si l'embryon n'est pas encore un être vivant, il n'en reste pas moins un potentiel enfant. Nuance minime mais qui revêt à mes yeux une importance non négligeable. Pour moi, la limite des douze semaines est là pour responsabilisé les personnes et leur faire comprendre que bon, certes un droit vous est accordé, mais réfléchissez un peu quand même parce que le sujet n'est pas à prendre à la légère. Douze semaine c'est quand même trois mois. Et en trois mois, je pars du principe que la personne sait si elle peut réalistement s'occuper d'un gosse ou pas (après je ne dis pas que la décision est facile à prendre, au contraire, mais c'est un autre débat).
Aussi je pense que la loi devrait limiter quantitativement le recours à l'IVG. Ou alors condamner un "utilisateur abusif" à une amende. Ça parait scandaleux comme ça, mais en y réfléchissant je trouve que c'est le meilleur moyen de lutter contre l'avortement comme moyen de contraception. Parce que bon... la capote pète une fois, deux fois allez, mais faut pas non plus exagérer. Encore une fois, tout est une question de responsabilité, et permettre le recours illimité à l'IVG favorise vraiment ce mauvais comportement. Ceci dit j'ai une amie qui s'est faite avorter l'année dernière, et il m'a semblé qu'étant donné qu'elle était majeure, c'était payant pour elle, quelques centaines d'euros. Gratuit pour les mineures ceci dit. Mouais, bizarre quand même... Faudrait vérifier ça.
(Je n'encourage pas non plus ce genre de dispositions parce que je trouve qu'à 18 ou 19 ans, la personne n'est pas forcément plus indépendant financièrement qu'à 17 ans, et bon, tout le monde a droit a une "erreur" si je puis dire, mais bon passons.)
Finalement, je suis pour l'IVG dans le principe, parce qu'une grossesse non désirée peut pourrir la vie pas seulement des parents, mais aussi (et surtout) de l'enfant à naitre, mais utilisée de manière responsable et "limitée", et pas juste parce que "bon, au pire j'avorte... ^x^").
Enfin bon, il me semble que c'est comme ça que ça se passe légalement, mais j'insiste, mes souvenirs peuvent me jouer des tours. Donc si quelqu'un a quelques corrections à apporter...