Auteur Sujet: Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce  (Lu 773 fois)

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Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce
« le: jeudi 23 décembre 2010, 22:45:13 »
J'ai déjà posté ma fic sur le site, mais j'aimerais avoir vos commentaires dessus, donc la voici. Je vais ajouter la suite au fur et à mesure que je l'écrirai... ^^

[align=center]PENTALOGIE DE LA TRIFORCE
PARTIE 1
La légende de Zelda, la Porte de la Triforce[/align]

[align=center]Chapitre 1 : Un nouvel héritier[/align]
[/b]

Les festivités commémorant le trépas du roi d’Hyrule devaient avoir lieu bientôt. Le royaume était en deuil. On ne connaissait pas la cause de la mort du défunt, mais on soupçonnait l’empoisonnement. On avait retrouvé le souverain raide mort un matin, dans son lit. Les soldats du château affirmaient n’avoir laisser entrer aucun individu la nuit du décès. Une enquête devait avoir lieu bientôt, mais il y avait quelque chose d’encore plus urgent à régler pour le moment: il fallait trouver un nouvel héritier au trône, ou tout simplement un conseiller à la princesse qui était encore un peu trop jeune pour gouverner seule. Les célébrations se faisaient de plus en plus présentes. On avait installé de longues guirlandes rouges et dorées sur le toit de presque chaque habitation, en honneur à la royauté. On avait aussi mis sur pied de grands chapiteaux et quelques installations au Grand Marché. Quelques jours plus tard, tout était près : on pouvait passer à la cérémonie officielle.

Après avoir effectué quelques champs religieux en l’honneur des déesses, on avait passé au banquet. Link était de la fête. Lorsqu’il avait entendu parler du l’incident qui était survenu au château, il avait enfilé une tenue sobre (son habituelle tunique verte) et s’était hâté d’aller voir la princesse pour la consoler. La pauvre était amorphe et avait les yeux rouges. Le héros avait une place tout près de Zelda à la table. Il l’avait aidé tant bien que mal de reprendre ses émotions. Ils avaient discuté un peu. C’est alors qu’il avait entendu parler qu’il faudrait un héritier au royaume, et il avait décidé de se présenter ; mais il doutait d’avoir les compétences requises pour ce métier.

La nuit commençait à tomber. Après le festin, le garçon rejoignit Zelda sur une terrasse. Il s’approcha d’elle.

-   Et puis, princesse, ça va mieux ?

La fille esquissa un petit sourire pour rassurer son ami.

-Tu sais bien que tu peux m’appeler par mon nom, Link… Et pour répondre à ta question, oui, ça va mieux. Je sais désormais que je peux encore rentrer en contact avec mon père grâce aux déesses…

Link était consterné.

- Aux déesses ? Mais… comment ?

La princesse lui expliqua que la nuit dernière, elle avait eu une révélation. Le roi d’Hyrule lui était apparu en rêve. Le héros était à la fois confus mais heureux pour son amie.

- Et tu penses que ce sont les déesses qui t’ont accordé ces pouvoirs ? lui demanda-t-il enfin.

   - Je…

   La princesse baissa la tête.

   - J’espère bien…

   Ils furent sortis de leurs rêveries par un garde qui accourait vers eux.

   - Vite, princesse. Les funérailles vont commencer !

Ils arrivèrent à la place centrale du village. Les cors résonnèrent. On apporta la dépouille du roi, que l’on déposa sur une grande table de pierre. Les textes sacrés résonnaient dans les oreilles et dans les coeurs de tous. La cérémonie ne dura pas très longtemps. Alors que Link s’en allait quitter les lieux, il aperçut un vaisseau étrange dans le ciel : un immense vaisseau recouvert de dessins insolites. L’appareil descendit lentement au-dessus de la foule, puis se posa dans un nuage de fumée. Un grand homme sorti de l’engin… le héros crut alors apercevoir Ganondorf… Mais…

- Link ! Link ! Ce n’est pas le temps de dormir ! On nous attend pour commencer la cérémonie !

Le garçon se réveilla. Il s’en était voulu d’avoir cru que le seigneur du mal était de retour parmi les vivants. Le héros ne l’avait pas vu depuis qu’il l’avait vaincu, quelques années plus tôt. Comment pourrait-il revenir du néant ?

Link suivit la princesse qu’il l’avait réveillé. Ils allèrent devant un grand chapiteau où un homme, certainement une personne de la garde proche du roi, prit la parole :

- Bonjour, mesdames et messieurs ! Vous allez assister aux funérailles du défunt roi d’Hyrule. Que les déesses le protègent durant son voyage !

De nombreuses personnes acclamèrent ses paroles. La princesse Zelda se leva pour allez dire quelques mots devant le chaleureux public. Tous étaient émus. À la fin de la célébration, le même homme qui avait pris la parole au début s’avança.

- Comme vous le savez certainement, nous avons besoin d’un nouvel héritier au trône. La famille royale n’est plus, Zelda étant sa dernière représentante. Nous allons donc devoir élire un nouveau roi pour la conseiller.

Il n’eut pas le temps que terminer ça phrase que des acclamations de mécontentement se firent entendre. Quand le silence revint, l’homme continua son discours :

- Pour déterminer qui sera le nouveau souverain, nous aurons premièrement besoin de volontaires, à qui nous ferons passer des épreuves… Que ceux qui veulent accéder au trône pour aider le royaume s’avancent !

Quelques hommes s’avancèrent. Link hésita. Il ne ferait peut-être pas un très bon roi. Il s’approcha tout de même du chapiteau en déclarant qu’il aimerait participer aux épreuves. Les gens autour étaient  confus ; ce jeune homme, bien qu’héros connu de tous, était encore relativement jeune pour régner sur le royaume… Mais il était plutôt de l’âge de la princesse, soit aux alentours de vingt and. Celle-ci, qui s’était remis de son discours, s’approcha de lui et lui sourit.

- Tu veux devenir roi d’Hyrule, à ce qu’on dit ?

- Oui! Je veux devenir le nouvel héritier du royaume, avec toi bien sûr !

[align=center]
Chapitre 2 : Le duel à l’épée
[/align]

Le soleil se levait tranquillement sur le royaume. Tous et toutes étaient déjà réveillés et attendaient patiemment l’arrivée des participants au tournoi. Link se préparait dans le château avec Zelda. Il avait enfilé sa tunique habituelle : la verte. La princesse lui avait prêté une épée pour l’occasion ; mais rien n’était semblable à la sensation de tenir Excalibur dans ses mains.
   
   La matinée était assez avancée quand le héros et l’héritière du trône arrivèrent à la grande place. Le garçon était certainement le dernier à être attendu. Link fut conduit sous un grand chapiteau, avec les autres participants du concours. Il prit une place sur un petit banc, à côté d’un homme qui le dévisageait. L’individu arborait une longue barbe noire et ne semblait pas très commode. Le garçon se demandait comment de telles personnes pourraient être choisies comme conseillers à la princesse. Mais il ne s’attarda pas longtemps sur la question ; il aperçut un éclat mystérieux dans le regard de son « adversaire ». Un éclat malveillant…

   Un petit bonhomme arriva dans le chapiteau et demanda à tous les participants au concours de s’approcher de lui. Les quelques dizaines de personnes présentes sous la tente se pressèrent de se ressembler autour de lui. L’étrange personnage leur expliqua le déroulement de la compétition : il y aurait en premier lieu un combat de corps à corps, pour déterminer celui qui aurait la plus grande capacité à protéger la princesse. Par la suite, on organiserait une « chasse au trésor » dans tout le royaume, où les participants essayeraient de trouver des objets cachés dans leur périple. Enfin, il y aurait un débat d’énigmes pour voir les aptitudes mentales des compétiteurs.

   La troupe suivit le petit être à l’extérieur de l’abri où des centaines de personnes les attendaient. On annonça haut et fort le nom de participants au tournoi ; Link appris que l’homme qui lui avait jeté le regard perfide se nommait Luryo. Il y avait ainsi une dizaine de concurrents, aussi différents les uns que les autres. On déclara que le tournoi de combat corps à corps commencerait cet après-midi, pour laisser le temps aux participants de se préparer. Le héros alla rejoindre la princesse qui l’attendait au château. C’est avec elle qu’il décida qu’il prendrait l’épée que lui avait prêté Zelda. Il s’entraîna une partie de la matinée avec l’arme, puis prit part au festin du midi. Par la suite, on l’invita à venir à la grande place. Le héros gaina sa lame et attendit les indications sur le tournoi identiquement à tous les autres aspirants au trône. Le même petit homme qui était entré dans le chapiteau le matin vint voir les voir. Comme toujours, aussi étrange que cela puisse paraître, il portait deux petits chapeaux turquoises. Mais les gens étaient habitués de le voir accoutré ainsi, et on le respectait pour ses bons rapports avec la princesse.

Pour le combat de corps à corps, il n’y avait qu’une règle à respecter ; ne pas tuer l’adversaire, mais lui faire lâcher son arme ou l’immobiliser. Il y aurait plusieurs relances entre différentes personnes pour déterminer le grand gagnant.

La première relance confrontait Luryo, l’homme au regard mauvais, et un dénommé Frane, un personnage grand et chauve. Le public, ressemblé autour d’une arène de combat remplie de sable, acclamait les deux participants. La majorité prenait pour Frane, plus fort et plus rusé, mais d’autres étaient plus pour son adversaire, impulsif et agressif. Les deux transportaient de puissantes épées à deux mains, ce qui fit trembler Link qui réalisa qu’il n’avait qu’une frêle et mince épée.

On sonna le début du combat. Aussitôt commencé, Luryo se précipita vers son adversaire, lui balançant son épée à la figure. Le jeune chevalier l’évita de justesse, contre-attaquant. Son opposant dévia cependant le coup et fracassa la paume de son épée dans les côtes de Frane, lui coupant le souffle. La bataille était déjà terminée. On amena le blessé à l’infirmerie, car il avait plusieurs os de fracturés.

Marc, un soldat de la gendarmerie royale, et Yvaac, un solide moustachu, furent les seconds antagonistes. Les adversaires étaient de forces plus égales. Le militaire était le plus expérimenté des gardes du château, tandis que l’autre était un puissant forgeron, moins agile, mais qui fabriquait ses propres armes. Encore une fois, on déclara le début de l’assaut. Le fort Yvaac, avec son lourd marteau de guerre, essaya d’assommer d’un vigoureux coup son adversaire, mais il fut trop lent. Marc, avec sa fine et véloce lame, lui assena un rapide ricochet, qu’il para de justesse avec sa massue. Le forgeron fit alors un geste que personne n’aurait pu prévoir : il lança puissamment son arme vers le soldat, qui ne put l’éviter cette fois. L’homme fut propulsé dans les airs avant de retomber durement sur le sol quelques mètres plus loin. Le combat arrivait à sa fin.

Ce fut Link et un certain Galux qui furent de la troisième relance. Ce dernier, un maigre mais vif homme, empoignait, comme le héros, une épée se tenant à une seule main. Le garçon fut quelque peu rassuré de ne pas affronter un colosse, mais sa confiance se dissipa quand son adversaire commença à l’attaque de sa main agile. Link, n’ayant aucun bouclier ou autre armure, dut parer de son arme le vif coup. Alors que Galux allait lui assener un choc qui aurait pu lui être fatal, le garçon fit un salto arrière. Décontenancé, le soldat s’avança prudemment vers lui. Le jeune homme fonça alors vers son antagoniste et frappa si puissamment son arme contre celui de son adversaire que les deux épées furent projetées au loin. Le combat se continua à mains nus mais, sachant que l’homme était beaucoup plus fort que lui, Link utilisa la ruse ; il tourna à toute vitesse autour de l’arène, et, alors que Galux ne le suivait plus des yeux, il eut le temps de récupérer son arme, ainsi que celui de son opposant. Il jeta la lame à son propriétaire, avant de déclarer avec un sourire :

- Un vrai combat se fait toujours à l’épée…

   Il fit un clin d’œil à son adversaire. À sa grande surprise, l’homme lâcha son arme, affirmant :

   - Je sais que tu ferais un meilleur aspirant au trône que moi ; je ne pense qu’à me battre. En me donnant mon épée ainsi, tu as prouvé que tu es plus loyal que moi… Tu as gagné la bataille…

   Le garçon sourit de sa réussite. On sonna la fin du combat, ainsi que la conclusion de la première partie du tournoi. Galux s’approcha de Link.

   - Je suis sûr que tu ferais un meilleur souverain que moi, Galux, fit le héros avec conviction.

   Le combattant mis quelque temps avant de contester :

   - Non, mon cher. La princesse est bien ta copine !

   Et il éclata de rire, semblant oublier sa défaite face au garçon.


[align=center]Chapitre 3 : La Chasse[/align]

   La deuxième épreuve, surnommée « la Chasse », devait se dérouler le lendemain matin. À la sortie de l’arène, Link s’approcha Zelda avec un sourire. Toujours resplendissante dans sa robe de princesse, elle l’invita à l’accompagner au château. Ils pénétrèrent dans l’immense demeure du défunt roi et l’héritière du trône le convia à venir dans sa chambre. Le héros s’essaya sur le lit, tout près de son amie.

-Link, tu sais bien que la prochaine épreuve est la chasse ?

Le garçon approuva de la tête. Pourquoi le lui rappelait-elle ? La princesse se leva sortit un objet d’un petit meuble. Enveloppé dans un morceau de tissu, se trouvait l’Ocarina du Temps…

   - Mais… princesse ! Comment as-tu fait pour le récupérer et pourquoi me montrez-vous cet objet ?

Celle-ci s’approcha de lui, posant l’instrument bleuté dans les mains du héros.

   - Quand tu as vaincu Ganon, j’ai laissé l’Ocarina dans l’Autre Monde. Maintenant, je l’ai récupéré et je te l’offre, peut-être que tu en auras besoin, demain…

   Link la remercia en posant un baiser sur sa joue, ce qui la fit rougir. Le garçon salua la princesse et quitta le château pour aller rejoindre les gens à la grande place. Zelda, elle, resta assise sur son lit, songeuse.

   Encore une fois, le soleil n’était pas encore très haut quand les participants au concours se rejoignirent dans le chapiteau. La princesse avait encouragé le garçon avant qu’il ne parte à la grande place. Link connaissait maintenant le nom de tous ceux avec qui il aurait à participer à l’épreuve de la Chasse. Il y avait Luryo, Frane, Yvaac, Marc, Galux, un certain Niryk (absent lors de la première épreuve) et bien sûr, lui-même. Le garçon savait bien que ce serait quelqu’un parmi ces concurrents qui deviendrait conseiller à la princesse et peut-être ensuite, souverain. Intérieurement, le jeune homme souhaitait pouvoir aider la princesse .La veille, on avait acclamé les grands gagnants de la première épreuve ; bien sûr Luryo, Yvaac et lui. Les trois autres participeraient quand même au second défi, mais si ils échouaient, ils seraient éliminés pour la troisième.

   Le petit homme aux deux chapeaux vint encore une fois sous la tente pour leur expliquer le déroulement du défi ; il fallais qu’ils partent à la recherche d’objets éparpillés un peu partout dans le royaume. C’étaient des perles, pas plus grosses qu’on poing. Les concurrents avaient le droit de s’équiper comme ils voulaient, et si deux d’entre eux trouvaient un cristal en même temps, ils pouvaient se battre pour déterminer qui remporterait le germe. Encore une fois, abattre l’adversaire était interdit ; cela prouverait que le tueur ne serait pas loyal. Luryo soupire à l’entente de ces règlements qu’il jugeait absurdes. « Un vrai combattant ne prend jamais de pitié pour l’adversaire » se disait-il… Les prétendants au trône avaient une journée complète pour rapporter le plus de globes et devaient les ramener avant la tombée du jour à la princesse. Trois cloches sonneraient, et si au troisième tintement une personne n’avait pas rapporté ses cristaux à Zelda, il serait éliminé de la compétition.

   Un canon retentit à l’extérieur, déclanchant le début de l’épreuve. Certains, comme Yvaac et Frane, ne s’étaient pas préparés en conséquence de ce départ si soudent ; ils durent se presser d’aller chercher leurs armes et armures respectives. Ce petit test de démarrage éclair permettait aux juges de déterminer qui étaient prêts en tout temps ; ceux qui ne l’étaient pas n’auraient certainement pas été préparés à une éventuelle attaque dans le château. Link, lui, n’avait besoin de rien pour partir à la recherche des perles mis à part son épée, son bouclier et bien sûr, sa tête qu’il transportait toujours avec lui. Il fut l’un des premiers à détaler vers l’extérieur de la grande place, mais ralentit un peu le pas avant d’arriver dans la plaine ; il fallait qu’il détermine où aller d’abord…

   Les cristaux cachés avaient certainement été placés à des points difficiles d’accès ; il fallait commencer à chercher dans les lieus les plus reculés. Le garçon sentait le rebondissement de l’Ocarina du Temps dans la poche de sa tunique tandis qu’il marchait. Alors qu’il traversait le pont-levis, il songea à l’endroit même où il avait découvert l’objet ; le cours d’eau qui cheminait juste sous de lui. Curieux, il plongea dans l’affluent et chercha sous la passerelle. Un objet scintillant, incrusté dans le bois du pontil, attira son attention. Voilà, déjà une perle de trouvée.

   Il récupéra la gemme scintillante et grimpa au bord de l’eau, sur la terre ferme. Luryo, le dernier de la troupe de prétendants à traverser le pont, passait à ce moment au pas course juste à côté de lui. Apercevant l’objet tant convoité de tous les participants au concours dans la main du garçon, il s’avança vers lui dégaina son épée. À quoi bon cela donnait de suivre les règles si il n’y avait personne pour les mettre en vigueur ici? De son arme, il s’apprêtait à couper la main du jeune homme, mais une voix derrière lui se fit entendre :

-   Luryo, plus un geste.

   L’homme se retourna, furieux de s’être fait prendre dès le début de la Chasse. Deux soldats lourdement armés s’avancèrent et pointèrent leur lance vers le fourbe individu, le mettant en respect. Luryo lâcha aussitôt son glaive et le jeta devant lui. Tentant de trouver une excuse sensée, il bredouilla :

   - Je… C’est le garçon qui a commencé ! Il m’a menacé de son épée et j’ai essayé de me défendre.

   Les deux militaires se retournèrent vers le héros. Décidemment, cet homme mentait, car l’arme du jeune ami de la princesse était toujours dans son fourneau et il n’aurait pas eu l’audace de faire cela. Un des soldats affirma :

   - Allez, amenons-le avec nous jusqu’à la princesse ; c’est elle qui décidera de son jugement.

   Lorsque les trois hommes eurent disparus, Link poursuit sa route vers un autre probable gemme, la perle en main. Maintenant qu’il avait récupéré son ocarina, il pouvait appeler Epona. Le cheval lui apparut alors qu’il atteignait le Ranch Lon Lon. Passant par là, il demanda à la fille de son propriétaire – l’une de ses bonnes amies – si elle avait vu quelqu’un cacher une pierre baroque dans la ferme. Elle lui avoua que non, personne n’avait pénétré dans le domaine depuis plusieurs jours à part lui-même.

   Le garçon salua Malon et quitta l’endroit. Prochain objectif ; le village Goron. Il y avait songé longuement lors de sa marche ; la statue au centre serait une très bonne cachette pour une gemme, de la taille qu’elles étaient pour la plupart. Le héros arriva à la cité dans la montagne quelques minutes plus tard ; après avoir fouillé les endroits les plus susceptibles de cacher des objets au village Cocorico, il avait pris la direction de l’élévation. Il questionna le grand chef Darunia sur ce qui se trouvait à l’intérieur de la statue ; le chef lui avoua qu’il n’en savait rien.

   Le jeune homme s’en alla alors à une place où personne n’aurait osé chercher : son village natal, la forêt Kokiri. Ses anciens confrères, qui n’avaient toujours pas vieillis, lui seraient peut-être d’une aide précieuse. Il expliqua à un gamin accoutré de vert la raison de sa visite inusitée, puis lui demanda s’il avait remarqué une présence anormale dans la forêt ; le garçonnet admit avoir vu une humanoïde sortir des Bois Perdus. C’est sans hésiter que le héros pris la direction du Bosquet Sacré.

   Alors qu’il allait pénétrer dans les lieus secrets, il aperçut tout près de lui une palissade qu’il n’avait jamais remarquée auparavant. Dans cette palissade était incrustée une porte, une immense porte de pierre gravée de symboles anciens, avec un chambranle de marbre.


[align=center]4-La tribu indigène[/align]

   Le héros examina de près la construction colossale qui se dressait devant lui. Décidément, la porte de pierre devait être le résultat du travail acharné de plusieurs constructeurs talentueux, certainement issus d’un autre peuple habile. D’un côté ou de l’autre du chambranle, il ne semblait pas y avoir d’issue pour y pénétrer. Peut-être était-ce simplement un ornement qui avait été placée à cet endroit mystique en l’honneur d’une divinité ? Cela était peu probable, car Din, Nayru et Farore n’étaient pas représentées par de simples portes, et encore moins en ces lieux secrets... De ses mains, Link tâta la surface rugueuse de la construction. En observant bien les symboles gravés dans le roc, on pouvait discerner des figurations de la Triforce, cet objet de légende qu’avait déjà possédé en partie le garçon. Il y avait aussi des emblèmes d’une autre religion et des scènes de combats gravées avec minutie dans le marbre. Une d’elle attira l’attention du héros : elle le représentait lui-même, au moment où il avait terrassé le seigneur du mal, Ganondorf. Assurément, ce ne serait pas ici que le jeune homme trouverait une gemme recherchée.

   Le craquement distinct d’une branche sèche qui cède sous un pied suivi d’un bruit de pas sortit le jeune homme de sa rêverie. Décidemment, on l’épiait. Pourtant, il ne connaissait personne, hormis Zelda et Saria, qui connaissait l’existence de ces lieux. Sur ses gardes, Link posa la main sur le pommeau de son épée. Il distinguait du mouvement dans les buissons, tout près de lui.

   - Sortez de votre cachette! hurla-t-il aux espions. Je vous ai vu !

   Une petite troupe d’étranges hommes et femme à la peau d’ébène, couverts de bijoux et d’ornements dorés, émergea de la végétation. Leur figure était rayée de peinture blanche ; c’était certainement une tribu autochtone vivant isolée dans les Bois Perdus qui le prenait d’assaut. Les hommes, armés de longs pieux acérés pointant vers lui, scrutaient le jeune Hylien de leur étrange regard. Les femmes, quant à elles, semblaient moins agressives, mais tout de même agitées. Tous étaient habillés très légèrement et ne possédaient qu’un court habit de fourrure animale à la taille pour vêtement ; ils paraissaient n’avoir aucune pudeur…

   Un vieil homme au dos légèrement recourbé et à la barbe blanche, appuyé sur une longue canne de bois sculpté lui servant d’appui et recouvert d’aquarelle ornementale sur tout le corps, se manifesta au sein du groupe, s’avançant vers le héros. D’une voix rauque mais enjouée, il lui lança une série de phrases dans une langue inconnue du garçon, après avoir lancé un ordre à ses compagnons :

-   Akuç !

Tous les aborigènes s’étaient tus.

-   Amukamok vah irna ! Vanzalé ! Pah Dan, Nauty vo Fawove !

   Link fit mine au vieillard qu’il ne comprenait rien de ce qu’il disait. Celui-ci sembla l’ignorer et l’invita simplement d’un geste à se joindre à lui. Hésitant, le jeune homme accepta finalement l’offre en hochant la tête ; peut-être avait-on placé cette tribu aborigène sur son chemin car elle possédait une gemme convoitée des participants à la Chasse et que la porte au cœur de la forêt ne servait qu’à attirer l’attention? Il n’aurait qu’à suivre la petite troupe jusqu’à l’endroit où reposait la pierre qu’il possédait nécessairement…

   Après plusieurs minutes de marche, accompagné des guerriers indigènes, le jeune homme aperçut l’endroit où se cachait certainement le village des hommes noirs. Camouflée par les arbres se dessinait la petite bourgade des autochtones : elle était composée de plusieurs tentes construites un peu partout dans les bois. Plus loin, on pouvait distinguer une hutte plus grande ; certainement l’habitation du chef de la tribu. Une rivière à l’eau cristalline coulait tout près de l’endroit dans un clapotis régulier. Qui aurait cru qu’une cité aussi exotique était dissimulée au cœur des Bois Perdus ?

   Le vieil homme convia le garçon à le suivre jusqu’à sa vaste demeure. Le grand gourbi en peaux animales abritait cependant peu de choses : qu’un grand tapis aux motifs multicolores et quelques coussins éparpillés un peu partout, ainsi qu’un coffre contenant les armes du guerrier. Le chef de la tribu s’assit à même le sol et invita le héros à faire de même.

-   Vah…irma hera ?

   Déconcerté car il ne comprenait toujours rien des paroles de l’étranger, Link garda le silence. Le vieillard à la peau basanée leva alors l’index comme s’il avait eu une idée soudaine. Il se mit subitement debout et alla fouiller dans le grand coffre qui se trouvait dans la tente, en ressortant une petite pierre scintillante. Le héros se dit que c’était certainement une des gemmes qu’il recherchait ; sans demander l’autorisation à son propriétaire, le garçon arracha la pierre perle des mains du vieil homme. Furieux, celui-ci leva sa canne de bois vers le garçon et lui assena un solide coup de son bâton sous la mâchoire, lui faisant perdre son équilibre et de ce fait lui faisant échapper le globe de cristal. Le jeune homme s’affaissa lourdement sur le tapis, confus.

   - Moi pas vouloir de mal à toi, désolé, mais toi voler trésor à moi, fit le vieillard comme s’il connaissait subitement la langue hylienne, lorsque Link se releva.

   Le héros avait une vilaine ecchymose sous le menton. Il se tourna vers le chef de la tribu qui avait placé la gemme sur son cou.

   - Comment faites-vous pour parler ma langue ? le questionna le garçon.

   Le vieillard prit quelques temps avant de répondre, toujours dans la langue d’Hyrule, que c’était grâce à la pierre qu’il comprenait et pouvait parler le dialecte. Il raconta comment lui et sa troupe de guerriers étaient venus à sa rencontre près de l’immense porte de pierre car ils l’avaient pris pour un ennemi. Link lui expliqua à son tour le but de sa visite au Bosquet Sacré ; il était à la recherche des gemmes dissimulées dans le royaume, et il voulait avoir le globe que possédait le chef indigène. Celui-ci refusa aussitôt de lui prêter l’objet en le serrant vigoureusement dans ses mains puis en le caressant du bout des doigts comme si c’était la prunelle de ses yeux. Le héros, embarrassé, approcha donc simplement ses yeux de l’objet scintillant ; après l’avoir examiné comme il fallait, il en conclut que ce n’était finalement pas une des gemmes cachées qu’il recherchait, mais bien un simple instrument magique. Il se leva donc subitement et s’empressa de quitter les lieux afin de continuer sa recherche des pierres. Un groupe d’hommes noirs armés se présenta cependant devant lui pour l’arrêter, leurs lances pointées vers lui. Le jeune homme dégaina son épée en les défiant du regard, mais les guerriers ne bronchèrent pas et attaquèrent les premiers. Link les déstabilisa tous dans une puissante attaque tourbillon et continua à fuir vers la porte. Il fut toutefois vite rattrapé par les agiles autochtones qui firent voler sa lame dans les airs, l’empoignant fermement par les chevilles. On l’amena devant un autel sacré gravé de symboles ( les mêmes qu’avait aperçu le jeune homme sur le chambranle de marbre de la structure du Bosquet Sacré), avant de le lâcher. Le héros se débattait toujours, mais on vint vite à bout de sa fougue. Arrivé devant le lieu de culte, il cessa de bouger ; une idée venait de lui apparaître. Maintenant qu’il était désarmé, il ne pouvait compter que sur sa ruse.

   Une vieille femme richement habillée et recouverte d’accoutrements ridicules en cette saison si chaude se présenta devant lui. Elle lui fit signe de se dévêtir partiellement et commença à peinturer des symboles étranges sur tout son corps. Link se laissa faire, car il avait son plan en tête…


[align=center]5-A’guì
[/align]
        -Tu comprends quand je te parles, n’est-ce pas ?

   Une voix cristalline avait sorti le héros de sa rêverie, lui arrachant un sursaut. Ses plans de fuite et les raisons de sa visite dans les Bois Perdus disparurent de son esprit quand il aperçut une charmante jeune femme à la peau de macassar s’approcher de lui et s’asseoir à ses côtés. Mais comment pouvait-elle parler l’Hylien ? Le garçon lui posa la question.

   - Tu es drôle, jeune garçon de vert vêtu. Ce sont ces symboles sur ton corps qui te permettre de me comprendre, pas moi qui parle ta langue ridicule.

   Elle éclata d’un rire si burlesque que Link gloussa bêtement à son tour. Sans le savoir, il venait de tisser un premier lien d’amitié entre Hyrule et ce peuple des forêts. La jeune indigène détacha les liens qui emprisonnaient les poignets du héros en les coupant avec le poignard qu’elle tenait à sa ceinture. Le jeune homme en profita pour regarder le visage de la fille de plus près. Cette demoiselle était vraiment jolie. Comme les autres membres de la tribu, elle abordait des maquillages insolites sur la figure ; ses longs cheveux noirs tressés descendaient en cascade sur ses épaules. Le regard sombre de l’autochtone lui conférait un air mystique. Link se sentait attiré par cette aguichante femme sauvage. Il se décida à parler :

-   Merci… merci d’avoir détaché mes liens. J’avais les bras endoloris…

   L’aborigène émit encore l’un de ses rires qui envoûta complètement le garçon.

-   De rien… Je m’appelle A’guì, et toi, quel est ton nom ?

-   Je suis… Link…

   Il était sous son emprise maintenant. Ce que le jeune homme ne savait pas, c’est que la femme était en fait une sorcière qui le contrôlait partiellement grâce à sa magie occulte. Elle avait créé un enchantement et s’était aspergée de parfums envoûtants – à base de la sève d’un certain arbre -  pour le maintenir sous son influence. Bien qu’elle l’eut trouvé de son goût, A’guì, la fille du chef de la tribu, se servait surtout de lui pour gagner la confiance de son père. Les habitants du Bois Perdus étaient polygames, c'est-à-dire qu’ils pouvaient avoir plusieurs relations simultanées avec des personnes de l’autre sexe. Le problème, c’est que le héros était véritablement tombé amoureux d’elle, et il était certain que c’était réciproque.

   L’indigène aida le garçon à se remettre sur pied. Elle lui chuchota à l’oreille qu’on ne lui voulait pas de mal. On l’avait simplement placé devant l’autel sacré pour que les dieux chassent les mauvais esprits qui habitaient son corps, et on ne voulut pas qu’il s’enfuît. Link ne cherchait plus à comprendre ; il était sous le charme de la demoiselle.

   Celle-ci l’invita à venir chez elle, soit sous la hutte du chef, où le jeune homme était déjà allé un peu plus tôt. Elle s’accroupit au sol et le héros fit de même. La femme rampa alors jusqu’au coffre de bois ou le chef autochtone avait trouvé la pierre qui lui permettait de parler le Hylien. Elle en sortit ce qui semblait être un instrument de musique, similaire à une lyre. Link se rappelait que, alors qu’il était en quête quelques années auparavant, Sheik jouait de cet objet à cordes.

   A’guì entama une lente et douce mélodie qui finit par faire sombrer le garçon dans le sommeil. Lorsqu’il fut assoupi, la jeune femme posa ses lèvres sur son front et quitta la tente.


***

   Link entrouvrit les yeux. Les chauds rayons de l’aube passaient au travers de l’étoffe de la tente du chef où le garçon était toujours couché et lui brûlaient les yeux. Dans ses songes, il avait rêvé à la jeune indigène qui occupait désormais toute la place dans ses pensées. Mais la nuit était terminée…

   Il entendait les voix d’une conversation animée à l’extérieur du gourbi. C’était inévitablement A’guì et son père qui se disputaient. Le héros passa la tête à l’extérieur des peaux de bêtes et observa les deux individus qui s’injuriaient. Personne ne le remarqua. Le garçon en profita donc pour écouter discrètement la discussion de la fille avec son père.

- Mais… père ! Ce n’est pas juste ! Il est encore jeune et je… je voulais le garder pour moi !

Mais de quoi parlait-elle ? Link n’eut le temps de s’interroger que le dialogue se poursuivait de plus belle. Le chef de la tribu indigène répondit :

- A’guì… Il écrit dans la prophétie de Hulma que ce garçon doit être sacrifié pur les déesses devant la Porte… Nous ne pouvons faire autrement…

- Mais qu’est-ce qui te dit que c’est bien lui ? Et que c’est le bon moment pour le tue…?

La jeune femme aperçut le héros du coin de l’œil. Elle se tut aussitôt. Par son regard inquiet, Link sut qu’on parlait de lui. C’est lui qui allait se faire sacrifier…


[align=center]6-L’ouverture de la Porte[/align]

   A’guì se précipita d’aller rejoindre le garçon sans adresser un mot à son père. Le héros l’ignora et s’enfuit vers la forêt. Alors les autochtones voulaient le tuer, c’était ça ? Il alla se réfugier derrière le tronc d’un arbre massif à proximité du village, entre ses racines noueuses. S’il s’éloignait trop du camp, il risquerait de se perdre. L’indigène le poursuivait toujours. Le jeune homme se recroquevilla sur lui-même et baissa la tête. Lui qui était tombé amoureux d’elle…

   La jeune femme noire ralentit le pas et s’approcha doucement de lui, reprenant du coup son souffle. Elle ne voulait surtout pas le brusquer.

   - Link je…

   Elle se tut un instant, le temps de formuler une phrase concrète.

   - Link, je ne sais pas depuis quand tu m’espionnais en train de me disputer avec mon père, mais je dois te dire une chose : c’est vrai ce que tu as entendu. Nous devons… te sacrifier sur l’autel de la porte… mais… non… attends !

   Le héros s’en allait quitter son refuge pour en trouver un autre lorsque la fille l’avait hélé. Il en avait déjà entendu assez et commençait à s’impatienter et à s’agiter. A’guì reprit :

   - J’essayais de te défendre, crois-moi ! Nous sommes obligés de te sacrifier… sinon une malédiction va s’abattre sur nous et notre peuple… ainsi que sur tous les royaumes de ce monde…

   Mais qu’est-ce que c’était que toutes ces balivernes ? Si elle l’aimait vraiment, elle ne le laisserait pas se faire tuer. Link s’apprêta à se lever mais la jeune femme à la peau de macassar le bloqua de son bras.

   - Une minute ! Ce n’est pas là que je veux en venir ! Ce que j’essaye de t’expliquer depuis tantôt, c’est que je vais essayer de t’aider à t’échapper lors de la cérémonie. Mais pas avant ! Plusieurs gardes patrouilles en tout temps les alentours de la bourgade et t’arrêteraient bien vite. Lors du rite, ils ne seront plus là. Tu sais, ceux qui t’ont aperçut lorsque tu allais détruire la port…

   - Moi, détruire la porte ?!

   Qu’est-ce qu’elle imaginait ? Qu’il était assez puissant pour défoncer une porte de marbre de plusieurs dizaines de pieds de hauteur ? Le garçon ricana intérieurement. On le prenait donc… pour un vrai héros ? C’était vrai qu’il avait réussi à vaincre le Ganondorf, mais là à détruire une colossale construction de pierre…

   Il reporta son attention sur la discussion.

   - Je… d’accord, je comprends…, fit enfin le jeune homme. Comment vas-tu faire pour que je m’évade avec succès ?

   L’indigène sourit. Il l’avait pardonné.
   
   - Je t’expliquerai cela tout à l’heure. Maintenant, c’est le temps pour toi de prendre un petit déjeuner ! Viens, j’ai de bons fruits au miel en réserve!

   Et ils prirent la direction du village.

***

   La nuit commençait lentement à tomber. L’hululement d’une chouette et le sifflement distinct d’un criquet se faisaient entendre. L’ombre des arbres s’étirait en de longues masses sombres difformes sur le sol graveleux, sous la lumière crépusculaire du croissant de l’astre lunaire. Pour compléter le tout, un grand feu de camp brûlait au milieu de la forêt.

   Tous les membres de la tribu s’étaient rassemblés autour des immenses braises flamboyantes. On fêtait l’arrivée du jeune homme annoncé par l’oracle, celui qui avait vaincu la « bêtes des ténèbres » selon la légende des hommes noirs. Le garçon devrait se faire sacrifier sur un autel sacré la nuit même pour les dieux indigènes, et c’est grâce à lui que les grandes portes de la forêt s’ouvriraient enfin. Il se ferait tuer de son plein gré, sinon la prophétie ne se réaliserait pas.  Tous les hommes et femmes habitant la clairière vouaient un culte à la construction de marbre. Selon eux, c’étaient les divinités qui avaient posé cet ornement immense au cœur des bois à la création du monde. Link demeurait sceptique. Il ne croyait point en ces récits car, lorsqu’il était venu au Bosquet Sacré lors de sa quête passée – quelques années auparavant -, le colosse de pierre ne se trouvait pas là.

   A’guì étaient aux côtés de Link près des flammes et lui comptait des légendes antiques de son peuple lorsque le chef de la tribu interrompit la discussion qu’ils menaient :

   - Ma fille, c’est le temps. Dans moins d’une heure, il y aura l’éclipse. Celle-ci ne devrait durer que quelques minutes, mais lorsque le soleil disparaîtra complètement, le garçon –il pointa le héros du doigt – devra avoir la tête tranchée.

   Il fit signe à la fille à la peau d’ébène de le suivre avec son compagnon. Les autres membres de la tribu marchèrent dans leurs pas et ils atteignirent le Bosquet Sacré en moins de quelques minutes. Une grande table de pierre grossièrement taillée avait été installée au centre de la clairière. On demanda à Link de s’y coucher et on l’attacha dessus avec une sorte de racine souple. Celui-ci commença à paniquer, mais A’guì lui fit un clin d’œil discret qui eut pour effet de le calmer.

   On entama une lente prière en langue ancestrale, que le garçon comprenait grâce aux symboles peinturés sur son corps. Il profita de l’inattention des gens sur lui pour évaluer la situation : il était accroché sur le support de pierre et ne pouvait s’enfuir sans que quelqu’un s’en aperçoive. Que faire alors ?

   Lorsque les paroles en l’honneur des dieux furent terminées, un grand homme coiffé d’un casque de fer s’approcha de lui. Il tenait une lourde hache qu’il leva brusquement… Alors que Link croyait voir sa vie achevée, une douce mélodie se fit entendre au loin, un chant mélodieux. Il pensa d’abord être le seul à l'ouïr et que c’était cette musique qui annonçait son arrivée dans le monde des morts, mais ce n’était pas le cas. L’individu qui lui servait de bourreau se retourna vers la source du bruit, et tous les autres membres de la tribu firent de même. Une jeune femme s’approchait d’eux… A’guì ! Le chef de la bourgade, la voyant chanter, demeurant interdit. À quoi donc pensait-elle ? Le héros vit que plus aucune vigilance n’était braquée sur lui. Il réussit, quoique difficilement, à se défaire des racines qui l’oppressaient contre la table de pierre.

   Il s’était glissé discrètement derrière le tronc d’un arbre. La jeune indigène cessa alors de chanter. Son regard se porte aux cieux : l’éclipse était sur le point d'apparaître… Ses lèvres s’étirèrent en un sourire en coin. Son père jeta un coup d’œil vers l’endroit où devait se trouver le garçon. Il n’était plus là ! Poussant un grognement de colère, il s’élança vers sa fille et la plaqua contre le sol. Voyant sa bien-aimée se faire maltraiter par son père, il sortit de sa cachette et, attrapant une grosse branche qui était tombée à ses pieds, la brandit vers l’homme. Elle percuta de plein fouet son crâne et il s’affala sur le sol.

   Ce n’était que le début de l’action. Le sol se mit à trembler soudainement et les individus à la peau d’ébènes commencèrent à paniquer. Ça y était ! Le garçon n’avait pas été sacrifié à temps et les dieux les punissaient !

   Une grande crevasse se forma juste devant les immenses portes de marbre. Dans un grondement sourd, elles s’ouvrirent brusquement en renversant la table de pierre où le héros était couché il y avait quelques instants sur son passage. Celui-ci était incrédule : l’embrasure s’ouvrait véritablement sous ses yeux !

   Tout le monde avait les yeux braqués sur les volets qui s’ouvraient dans un grincement incessant. Link, croyant voir dans l’orifice l’autre côté de la clairière, eut la surprise de sa vie : un maelström immense composé de feu tournoyait dans l’espace vide. À côté d’elle, A’guì semblait tout aussi étonnée que lui ; les autres membres de la tribu de même. Un immense cratère commençait à se former tout autour. La jeune femme reprit contenance et lui fit signe de la suivre. Sous les yeux ébahis du garçon, elle s’avança vers les braises ardentes qui brûlaient et bondit à l’intérieur. Le sol se dérobait sous elle alors qu’elle marchait.

   - Vite, plonge Link ! Plonge dans les flammes si tu ne veux pas te faire engloutir sous les décombres de la porte !
   
   Le tintement sourd d’une cloche se fit entendre au loin et le héros sauta à son tour dans le brasier.

   
***

   Luryo avait été finalement relâché par Zelda, celle-ci n’ayant pas assez de preuves authentiques de ses méfaits. Il poursuivait désormais sa recherche des gemmes pour l’épreuve du tournoi. Lorsqu’il avait aperçut le héros pénétrer dans les Bois Perdus, il l’avait suivit discrètement. Peut-être connaissait-il l’emplacement d’une des pierres recherchées ? Il avait eu une facilité déconcertante pour trouver celle qui était dissimulée sous le pont-levis de la plaine d’Hyrule. Avait-il comploté quelque chose avec la princesse pour qu’il devienne à coup sûr le nouveau roi d’Hyrule ? Il ne fallait pas que l’homme prenne de chance. Il voulait mettre fin au parcours du garçon qu’il détestait tant. Luryo ne désirait pas être gouverné par un adolescent.

   Maintenant qu’il assistait à la scène de l’écroulement de la porte, il aperçut des fissures se formant dans le sol tout autour de lui. Apeuré, il s’approcha sans s’en apercevoir du remous de flammes. Voyant Link y plonger de son plein gré, il resta béa. Peut-être s’il sautait dans le maelström lui aussi, il parviendrait à trouver un gemme ? Ne prenant pas de chance, il bondit dans le tourbillon.

Avant d’atterrir dans les flammes ardentes, il entendit lui aussi la cloche du Château d’Hyrule. Lorsqu’il disparut, la porte de marbre s’effondra sur lui.


[align=center]7-Du côté de Zelda
[/align]

   Zelda commençait à s’impatienter, car Link n’était toujours pas revenu de sa recherche des gemmes. Où était-il donc passé ? Un premier tintement de cloche avait retenti et Yvaac, Marc, Frane et Galux étaient déjà arrivés au château. La princesse espérait que ce signal attirerait l’attention du héros. Peut-être avait-il eu un accident ? Non, il ne fallait pas dramatiser.

   Frane avait trouvé une seule gemme, cachée au sommet d’un arbre de la Plaine d’Hyrule. Galux, quant à lui, n’en avait trouvé aucune. Marc en avait néanmoins deux, ce qui lui donnait une grande avance sur les autres. Une avait été découverte au lac Hylia, l’autre dans un précipice près du village Gerudo. Pour sa part, Yvaac en avait aussi une, dénichée au sommet d’une falaise.

   Luryo tardait, tout comme Link, à arriver. Peut-être avait-il voulu tendre encore une fois un piège au garçon pour qu’il ne rapporte pas ses cristaux à temps ? Avait-il lui-même tombé dans son propre appât avec le héros, alors ? Zelda se posait tant de questions…

   Le second tintement de cloche se ferait attendre dans environ une heure. La princesse profita de ce temps pour s’enfermer dans sa chambre, au palais d’Hyrule. Elle était toujours songeuse. Lorsqu’elle s’assit sur son lit, elle se rappela du moment qu’elle avait partagé avec le jeune homme au même endroit, la veille. Il l’avait embrassé sur la joue. Elle ne savait pas pourquoi, mais la future reine avait ressenti une drôle d’émotion à cet instant -là.

   Agitée qu’elle était, elle s’enfargea dans un objet sur le sol et trébucha, s’affalant à plat ventre sur la moquette. C’était une grosse boule de verre qu’elle avait renversée. Le globe roula devant elle, jusqu’à atteindre le mur de pierre pour s’arrêter. La princesse attrapa la sphère de ses deux mains et la porte à ses yeux. Mais oui ! Grâce à cet instrument translucide qu’elle tenait –cadeau des déesses, soulignons-le -, elle pourrait entrer en contact avec son défunt père. L’ancien roi d’Hyrule lui serait certainement d’une grande aide pour éclaircir ses idées.

   Zelda s’assit à même le sol tapissé de tissu et se mit en « position indienne » (les jambes croisée, une placée plus haute que l’autre). Elle posa la boule de verre entre ses genoux et essaya d’entrer en transe. Elle y arriva au bout de quelques minutes, quoique difficilement vu son anxiété.

   Elle flottait maintenant dans un grand espace vide. Tout était noir autour d’elle, jusqu’au moment ou une lueur apparut au loin. C’était l’ombre de son père ! La princesse était très émotive et aurait pleuré en voyant le spectre du roi d’Hyrule si elle aurait été dans son corps matériel. Mais elle ne l’était pas, donc se contenta d’être simplement mélancolique.

   Daphnes n’avait pas changé depuis sa mort. Il abordait une longue barbe blanche – elle était transparente vu qu’il n’était que l’ombre de lui-même – et quelques touffes de cheveux sur son crâne où était posé une couronne. Son regard était toujours aussi perçant et il portait un habit dans les teintes de rouges et or, symbole de royauté. S’il elle l’aurait pu, Zelda aurait sauté dans ses bras, mais sa forme immatérielle l’en empêchait.

   De sa vois grave, son père se mit à parler :

   - Ça va, ma princesse ?

   Celle-ci esquissa un léger sourire.

   - Ta future reine, tu veux dire…

   - Ha ! Ha ! Mais c’est vrai…

   Daphnes se tut un instant et redevint sérieux.

   - Pourquoi m’as-tu appelé ?

   - Je…

   Zelda s’empêcha de dire les vraies raisons de la visite de son père. En réalité, elle avait simplement trébuché dans le globe de verre qui lui permettait d’entrer en contact avec lui et, pour oublier sa tristesse, était allé le voir. Elle dit simplement :

   - Je suis fatiguée et je voulais te rendre visite, c’est tout…

   Cette réponse était suffisante pour Daphnes. Le visage du spectre devint alors sombre.

   - Il faut que je te parle de quelque chose, ma fille.

   - Mais… de quoi ?

   L’apparition s’approcha un peu de la princesse.

   - Depuis quelques temps, dans l’Outre Monde, je sens une agitation. Certains spectres veulent se rebeller et s’enfuir de ce monde maudit. Ils se lassent de parcourir cette dimension maudite, ils veulent plus de liberté… De plus…

   Il hésita à dévoiler la suite, mais continua toutefois :

   - De plus, depuis que Ga… Ganondorf ère du mauvais côté de l’Outre Monde, certains esprits du mal se joignent à lui. J’ai bien peur qu’il… qu’il ne revienne semer la discorde en Hyrule…

   Zelda en avait entendu assez. Elle lâcha le globe de communication.


La suite bientôt...

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Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce
« Réponse #1 le: samedi 25 décembre 2010, 22:58:36 »
[align=center]8-Prisonniers de la grotte[/align]

   Link avait terriblement mal au crâne lorsqu’il reprit conscience. Tout autour de lui été plongé dans le noir, et il sentait un sol froid et dur sous ses fesses. Tâtant les parois rocheuses près de lui, il conclut qu’il était dans une caverne, sous la terre. Il portait encore ses vêtements qui ne semblaient avoir été brûlés par le feu et son sac pendait toujours à sa ceinture.

   - L…Link ?

   Le héros sursauta en entendant cette voix.

   - A’guì ?

   - Link ? C’est bien toi ?

   C’était l’indigène, il n’y avait aucun doute.

   - Oui, c’est moi… Sais-tu où nous sommes? demanda le garçon.

   - Non. Toi ?

   - Non plus.

   Un silence angoissant prit place entre le jeune homme et l’autochtone. Malaisé, Link tenta de trouver une issue à la grotte. Il abandonna bien vite sa recherche. S’il y avait une quelconque ouverture vers la surface, un rayon de soleil aurait pu lui indiquer le chemin. La lumière étant inexistante en ces lieux, il ne voulait pas risquer de tomber dans une cavité et de laisser son squelette croupir tout au fond pendant l’éternité.

   Une question lui venait en tête et A’guì se la posait certainement aussi : comment avaient-ils fait pour atterrir ici, au milieu de nulle part ? Le garçon se rappelait vaguement de la cérémonie de son propre sacrifice – qui n’avait pas eu lieu finalement- et du portail en flammes. Avant d’atterrir dans les braises rougeoyantes, il avait cru voir l’immense porte de marbre s’effondrer sur lui. « Peut-être suis-je mort, » songea-t-il.

   Un craquement sec le tira de ses pensées. Il sentait du mouvement tout près de lui.

   - A’guì, c’est toi qui bouge ainsi ?

   - Non, je… suis immobile. Je croyais que c’était toi quoi t’agitais comme ça.

   Link se gratta la nuque.

   - Donc, nous ne sommes pas seuls…

   Un frisson d’effroi lui parcourut l’échine. Il n’osait même pas s’imaginer le tas de créatures hostiles que pouvait abriter cette obscurité abyssale.

   - Aïe !

   Dans la noirceur, le jeune homme distingua, quoique difficilement, une masse s’effondrer sur lui. Était-ce le corps d’une chauve-souris gigantesque ou d’une bête des ténèbres? Non, ça ressemblait plutôt à celui d’un humanoïde quelconque, car le héros sentit deux mains s’agripper à lui.

- Qui êtes-vous !? s’écria une voix grave que le garçon reconnut aussitôt.

   - Lu… Luryo ?

   -C’est moi ! On se connaît ?

   L’Hylien le lâcha. Il se tut un instant avant de grogner, reconnaissant la voix du jeune homme :

   -Ah, c’est toi, misérable gamin. C’est à cause de toi que je suis prisonnier de cette grotte maudite…

   -Link, qui est cet individu avec qui tu dialogues ? demanda A’guì. Je ne comprends rien de tes paroles étranges…

   -Qui c’est, celle-là ? Elle ne parle pas l’Hylien, on dirait, fit Luryo en s’asseyant sur le sol rocheux.

   Link ne savait plus quoi penser et son esprit était embrumé. Il se laisser lui aussi choir sur la pierre et expliqua à son adversaire sa rencontre avec les indigènes, puis l’effondrement de la porte de marbre. Le garçon était surpris que l’homme l’ait suivi jusqu’au Bosquet Sacré et même dans le torrent de flammes, mais il n’en tint aucun mot. Celui-ci s’éloigna finalement de lui et prit place contre une des parois de la caverne. Le héros en profita pour expliquer la situation à la jeune femme à la peau de macassar qui était déconcertée par le flot de paroles dans la langue étrangère entre Luryo et lui.

   La fatigue commença à le tenailler. Il ne savait plus trop combien de temps s’était passé depuis sa disparition dans la porte enflammée et il avait sommeil. Pour chasser son ennui, il sortit l’Ocarina du Temps d’une besace à sa ceinture et se mit à en jouer, doucement toutefois pour ne pas déranger l’Hylien.

   -C’est toi, Link, qui joues de cet instrument mélodieux ? le questionna A’guì.

   Celui-ci lui répondit par la positive et elle se mit à chanter avec le garçon de sa voix angélique. Luryo, plus loin, était tombé endormi.

   Lorsque le héros eut terminé de souffler dans son Ocarina, il aperçut que sa bien-aimée était tombée endormie. Il appuya sa tête contre la sienne et tomba à son tour dans les bras de Morphée.

   Personne n’aurait pu imaginer que ces trois individus se retrouvent simultanément dans cette grotte, au milieu de nul part, ensemble. Le hasard peut faire de drôles de choses, quelquefois.

[align=center]
9-La découverte d’un nouveau monde
[/align]

   Un bruit strident tira Link du sommeil. À sa grande surprise, un rayon de soleil l’aveuglait. Où était-il ? Avait-il réussi à s’extirper de la grotte ? Si oui, comment ?

   Le jeune homme était couché dans l’herbe, au milieu d’une grande plaine verdoyante. Son premier réflexe fut de voir si A’guì était encore à ses côtés. Non, elle n’était pas là. Cependant, tout près de lui, une petite bête au museau pointu muni d’un groin était affalée au sol et émettait des plaintes gutturales. Le héros n’en avait jamais vu des semblables à Hyrule. C’était certainement ses gémissements qui l’avaient réveillé. L’animal semblait blessé, donc le garçon s’empressa de lui venir en aide.

   Le petit marcassin – où ce qui semblait en être un – avait une patte maculée de sang. Il avait peut-être été attaqué par un autre animal ou avait tout simplement mis le pied sur des galets aiguisés. Link sortit du petit sac qu’il transportait quelques petits tissus d’un blanc uni et les appliqua sur la plaie de la créature. La bête couina de soulagement. Par chance, le jeune homme transportait toujours avec lui quelques plantes médicinales, au cas où il lui arrivait quelque chose au cours de ses aventures. C’était le moment de les utiliser.

   Il sortit de sa besace les racines d’une plante aux formes étranges et se mit à les mâcher. Leur goût était pâteux mais elles possédaient plusieurs soins curatifs qui pourraient aider pour la guérison du jeune sanglier et empêcher l’infection de sa blessure. Le héros cracha la mixture gluante dans sa main et se mit à l’étaler sur la patte meurtrie du marcassin, après avoir enlevé le tissu blanc qui la recouvrait. L’animal réussit à se mettre sur pied et commença à trotter lentement dans l’herbe. Link sourit. S’il n’avait pas sauvé cette petite bête inoffensive – du moins, elle l’était pour l’instant – elle aurait certainement été la proie de charognards. Le garçon se leva et scruta l’horizon qui perdait lentement de sa teinte violacée. C’était encore l’aube et il aurait sûrement le temps de se faire un abri pour dormir avant la nuit.

   Tranquillement, il se mit en route vers une forêt qui recouvrait un peu plus loin la plaine herbeuse, le sanglier sur ses talons. Il n’avait aucune idée de l’endroit où il se trouvait mais l’important pour l’instant, c’était de survivre. Il avait presque épuisé ses réserves en nourriture et il faudrait qu’il commence à chasser, bientôt. Mais sa principale préoccupation en ce moment, c’était de retrouver A’guì.

   Plus il avançait, plus le soleil se levait et plus il faisait clair. Les rayons de l’astre lumineux l’aveuglaient toujours et sa lueur formait des ombres sur le sol. Néanmoins, Link ne se laissait pas faiblir. Lorsqu’il sentait que sa gorge devenait sèche, il prenait une gorgée d’eau dans sa gourde. Même si ses muscles étaient endoloris, il avançait à un rythme régulier.

   Le héros arriva bientôt au boisé dans lequel serpentait un petit ruisseau d’eau cristalline. Le clapotis constant du liquide n’avait rien d’éreintant, au contraire, le bruit était agréable à l’oreille. Le jeune homme s’aspergea le visage et en profita pour remplir sa bouteille qui commençait à se vider. Il pénétra dans l’amas d’arbres, s’appuyant sur des branches et ou des rochers pour ne pas perdre son équilibre.

   L’ombre des énormes feuillus et conifères qui formaient la forêt rendait la température plus supportable pour Link qui avait chaud dans sa tunique. Le garçon marchait lentement en regardant de temps en temps au sol devant lui pour ne pas s’enfarger dans une quelconque racine noueuse traversant son chemin. Assurément, cette sylve n’était pas très visitée ; aucune chaussée n’avait été créée pour qu’un individu puisse la traverser.

   Le héros se rendit jusqu’à ce qui semblait être un petit étang. Le point d’eau était parsemé de quelques plantes, en particulier des quenouilles. Des nénuphars flottaient à la surface de l’onde calme dans une sorte de mousse verdâtre. Le jeune homme prit place sur un tronc d’arbre qui s’était écroulé au bord de l’eau et bénéficia d’un court temps de repos, avant de se lever et d’assembler un tas de branches d’arbres plus ou moins grosses pour commencer à former un abri rudimentaire. Il fallait bien qu’il se couvre pour ne pas se faire attaquer par des bêtes sauvages durant la nuit ! Link ne connaissait pas les environs et ne voulait prendre aucun risque. S’il avait choisi cette forêt comme refuge, c’est que dans la plaine, il aurait été a découvert et si un orage s’était formé dans le ciel, il aurait eu de grandes chances de se faire frapper par la foudre.

   Voilà, il avait fini de confectionner sa couche rudimentaire. Elle était composée de quelques ramures de sapins et de branchettes de toutes sortes par-dessus lesquels il avait posé une mince fourrure qu’il avait dénichée dans son sac pour se donner plus de confort – il fallait avouer qu’il était toujours torse nu depuis sa rencontre avec les indigènes. Au-dessus du refuge, il avait appuyé des troncs d’arbres de taille moyenne contre un plus grand baliveau pour former une «tente» de bois sommaire. Celle-ci lui permettrait de se couvrir si la pluie tombait, la nuit.

   Maintenant sa construction terminée, le héros pourrait se reposer un peu et trouver de quoi se nourrir pour les jours à venir. Il n’avait aucune idée du temps qu’il passerait dans ce monde étrange… Link entra silencieusement dans sa cabane de luxe et se laisse tomber sur le coussin dur que formait son assemblage de tissu et de bois. Le confort de cette installation n’était pas très grand, certes, mais il était tout de même acceptable. Il ferma les yeux. Même si le soleil venait tout juste de se lever, il avait déjà sommeil. Lorsqu’il était sortit de sa torpeur au milieu de la plaine, il se sentait curieusement atteint d’une grande fatigue. Le jeune homme entra dans une sorte de rêve éveillé. À demi-conscient, il vit une silhouette se dessiner dans son esprit. C’était celle de Ganondorf. Il songeait souvent à lui depuis quelque temps, il ne savait pas pourquoi. Une chose était sure, son apparition dans les cauchemars du garçon n’augurait rien de bon pour lui… Le seigneur du mal, dans son songe, s’approcha dangereusement prêt de lui. Il grogna :

   - Gare à toi, je suis de retour...

   À l’extérieur, le marcassin, qui avait suivi le héros durant tout son trajet dans les bois, poussa un couinement aigu avant de s’enfuir.


[align=center]10-La montagne[/align]

C’est une vibration sourde qui réveilla le jeune homme, comme un puissant bruit de pas. Le sol tremblait en secousses régulières sous lui. D’abord paniqué, il essaya de se rappeler pourquoi il se trouvait dans cette étrange tente de bois. Lorsqu’il se souvint des événements qui s’étaient déroulés la veille – notamment son passage dans l’étrange tourbillon de feu au moment de la cérémonie des autochtones – il poussa un soupir de découragement. Il n’avait donc pas rêvé tout cela… Il n’eut pas le temps de s’apitoyer très longtemps sur son sort car il dut aussitôt reporter son attention sur les tremblements de la terre qui s’approchaient dangereusement près de lui…

   Link possédait toujours l’épée qui lui avait prêté la princesse à sa ceinture. Il dégaina furtivement la lame et sortit de son abri de luxe. Les sens en alerte, il regarda autour de lui. L’obscurité qui s’était levée l’empêchait de voir convenablement les détails qui l’entouraient. De tout façon, la forêt était devenue silencieuse tout à coup. Le héros n’avait tout de même pas halluciné les secousses ! Il avait la certitude de les avoir ressenties… Il attendit quelques minutes sans bouger ne serait-ce que d’un doigt. Il n’y avait plus aucun mouvement aux alentours de son camp de fortune. Le garçon dut croire qu’il avait confondu ses rêves avec la réalité.

   Alors qu’il tournait le dos à l’étang, un souffle chaud sur sa cheville le fit sursauter. Ah, ce n’était que le petit sanglier qu’il avait sauvé la journée d’avant… La bête semblait paniquée. Elle bougeait frénétiquement la tête de gauche à droite et poussait des grognements comme si elle voulait lui dire quelque chose.

   Danger… Il y a du danger ici…

   Mais… qui avait parlé ainsi ?!  Le jeune homme savait bien qu’il était venu seul dans la clairière. Du moins, il le croyait… Peut-être l’avait-on suivi lors de son trajet ?

   - Hé ! Il y a quelqu’un ?

   Aucune réponse. Si quelqu’un avait marché sur ses pas dans la plaine, même de loin, Link l’aurait très certainement aperçu. Il était pourtant certain d’avoir surveillé ses arrières sur le chemin qui l’avait mené ici. Personne ne l’avait talonné, mis à part… le marcassin blessé… Incrédule, il jeta un coup d’œil à celui-ci…

   - C’est toi qui t’exprimes comme ça ? Non, c’est impossible. Les animaux, ça ne parle pas…

   Le héros était tout de même perplexe. Qui d’autre aurait pu ou simplement voulu dialoguer avec lui ? Il se dit qu’il se poserait cette question plus tard et décida de suivre l’avertissement qu’on lui avait donné. Rassemblant ses choses à la hâte – il faut avouer qu’il n’en avait pas beaucoup avec lui – il quitta sa construction de bois et s’enfuit de la zone marécageuse.

   Au même instant, une créature énorme émergeait de l’eau mousseuse de l’étang.

***

   Le soleil se levait tranquillement. Link arriva à bout de souffle à ce que semblait être une éminence montagneuse. Des amas de pierres – certainement des restes d’éboulis - couvraient le sol rocailleux sous ses pieds. Le petit sanglier boiteux l’avait suivi pendant un bout de temps dans la plaine, maintenant une vitesse assez rapide, mais lorsque les deux compagnons étaient arrivés en territoire plus raide, le jeune homme avait décidé de le transporter dans ses bras. Il ne savait pas pourquoi, mais il éprouvait une certaine affection envers le petit animal qui le suivait toujours dorénavant. Peut-être cette créature lui serait utile à un moment donné, d’une quelconque manière ?

   Le héros prit une pause sur un plateau un peu escarpé, tout près d’un précipice. Ce n’était pas l’endroit idéal pour se reposer, mais il n’avait pas trouvé un lieu plus hospitalier dans la montagne. Des galets aiguisés pointaient quelquefois à la surface du sol. En avançant, le garçon devait regarder où il posait le pied chaque fois qu’il faisait un pas. Pourquoi avait-il choisi de prendre la direction de cette élévation en quittant la forêt ? Une force mystérieuse l’avait guidé jusque-là. En jetant un rapide coup d’œil au loin, de son point de vue, Link put constater que de l’autre côté de la plaine où il s’était éveillé la veille, il y avait aussi une chaîne de montagne qui s’étendait à perte de vue vers l’horizon… Il aurait été d’un côté au de l’autre en s’enfuyant, cela aurait peu importé. De plus, une étrange fumée noire émanait du boisé où il avait établi son camp la nuit précédente. Rien pour le rassurer…

   Le garçon ne s’attarda pas davantage sur la forêt qui brûlait et poursuivit sa route sur le chemin abrupt qu’il traversait. En quelques minutes, il atteignit une seconde plate-forme de la culminance rocheuse. Bénéficiant d’un autre court moment de repos, le jeune homme en jouit car la montée devenait de plus en plus ardue. Lorsqu’il aurait fini son ascension de la montagne, il devrait entamer sa descente… Enfin, sa traversée des éminences glacées terminée, il se retrouverait sûrement en sol plus stable et plat. Selon lui, la seule façon de retrouver A’guì ou un portail menant vers Hyrule était de sillonner les lieux à la recherche d’indices.

   Plusieurs heures de marches passèrent sans que Link ne vît le temps passer. Il avait grignoté quelques unes de ses provisions en chemin, mais ses réserves de nourriture s’épuisaient dangereusement. Il ne lui restait plus, dans sa besace qu’il trimballait avec lui, que quelques tranches de viandes salée et des morceaux de pain séché et ranci. Il aurait dû profiter de son passage dans la forêt pour cueillir des petits fruits et chasser le gibier, mais la fatigue avait eu raison de lui. De toute façon, il ne possédait pas l’équipement nécessaire pour traquer des bêtes et ignorait lesquelles des plantes qui poussaient en bordure de la chaussée produisaient des semences comestibles.

   Le cycle de jour devait être beaucoup plus rapide dans ce monde qu’à Hyrule, car le soleil avait déjà atteint son zénith et il amorçait lentement sa déclinaison. Le héros devrait rapidement trouver un endroit pour passer la nuit, que ça soit une cavité dans la pierre ou un abri naturel entre deux rochers. Ce n’était pas chose facile à faire… Les lieux hospitaliers étaient rares dans le coin. Pour empirer les choses, plus l’altitude qu’il atteignait était haute, plus la température devenait basse et plus l’air manquait.  Le jeune homme s’était maintes fois durant sa traversée de la montagne. Par chance, le petit marcassin qui se tortillait dans ses bras semblait être habitué à ce genre de climat… Au moins, Link n’aurait pas à craindre pour la vie de la créature…

   Tout juste avant que l’astre lumineux ne disparaisse de l’horizon, le garçon découvrit un interstice entre deux amas pierreux. C’était l’endroit droit rêvé pour s’installer pour la nuit à venir… Le héros ne se laisse pas prier et glissa dans le trou qui s’était formé naturellement. Il déboucha dans une caverne étroite où s'amoncelaient stalactites et stalagmites. L’endroit était plongé dans l’obscurité et seule une petite partie de la cavité était visible, grâce aux rares rayons de soleil qui parvenaient à y pénétrer. Chose étonnante, le sol poussiéreux était couvert de cendres noires. Peut-être étaient-ce les résidus d’un volcan maintenant éteint ? Bien que cette hypothèse était peut probable, le jeune homme s’y fit. Il se coucha à même le sol crasseux, sans couverture ni oreiller, et s’endormit aussitôt. Le bébé sanglier vint se blottir près de lui, se roula en boule puis, poussant un couinement de satisfaction, sombra lui aussi dans le sommeil.

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11-Du côté d’A’guì
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   C’est la lumière éblouissante du soleil qui éveilla A’guì. La jeune indigène était couchée sur ce qui semblait être une immense feuille d’arbre repliée sur elle-même. Lorsqu’elle constata qu’elle était en fait à plusieurs mètres du niveau du sol, elle fut prise de vertige. Tout autour d’elle se dressaient des troncs d’une grandeur monumentale. Comment avait-elle fait pour atterrir ici ? Était-elle dans un songe ? Ça, elle n’en avait pas la moindre idée…

   Elle sursauta en apercevant sur une branche, tout près de l’endroit où elle se trouvait, un petit singe gesticulant comiquement qui semblait la regarder avec intérêt. Le primate était tout petit. Il avait de grands yeux exorbités qui lui conféraient un air cocasse. L’autochtone reprit contenance et se mit à l’examiner avec attention. Lorsque l’animal parut remarquer qu’on le fixait, il s’enfuit à grands bonds, sautant d’une branche à l’autre jusqu’à ce qu’il disparaisse dans le feuillage dense de la forêt.

   Reportant son attention sur la situation périlleuse dans laquelle elle se trouvait, la jeune femme noire tenta donc de trouver une façon de s’extirper de la feuille géante dans laquelle elle était coincée. Elle mit ses mains de chaque côté de son corps et poussa de toutes ses forces sur la membrane verdâtre. Celle-ci s’ouvrit sur elle-même, accordant la liberté de mouvement à sa prisonnière qui s’empressa de sortir du piège à la hâte. A’guì fut soulagée de constater que tous ses biens avaient été conservés durant de son transport dans ce monde étrange.

   Elle-même ne savait pas ce qui l’avait poussé à pénétrer dans le tourbillon de flammes lors de l’effondrement de la porte du Sanctuaire de la forêt, pendant la cérémonie du sacrifice de Link qui n’avait finalement pas eu lieu. Elle avait suivi son instinct en posant ce geste, voyant que le sol commençait à s’écrouler tout autour d’elle. Le héros habillé en vert l’avait suivi dans le maelström. Ensemble, ils s’étaient retrouvés dans une grotte étrange avec un homme dont elle ignorait l’identité. Puis elle s’était éveillée ici, au milieu d’une sylve composée d’arbres géants. L’indigène espérait qu’il ne lui ait rien arrivé de mal par sa faute. Et puis son père… Des larmes se mirent à couler sur ses joues tandis qu’elle imaginait le pire pour lui. Il était certainement tombé dans une crevasse qui s’était formée suite au tremblement de terre qui avait ébranlé les environs de la bourgade. Sa fille espérait qu’il n’était pas mort parce qu’elle ne l’avait pas écouté quand il lui avait dit que son compagnon devait être sacrifié devant la porte de marbre. Elle lui avait désobéi, et les dieux l’avaient certainement puni. Soit dit en passant, son peuple vénérait les mêmes dieux que les Hyliens, sauf que les membres de ceux-ci leur donnaient un nom différent.

   Elle essuya ses pleurs du revers de sa main et porta son attention sur le décor insolite qui l’entourait. La jeune femme à la peau d’ébène était perchée sur haute branche qui offrait un magnifique point de vue sur les alentours. La forêt s’étendait à perte de vue jusqu’à l’horizon, et elle perdait lentement de sa verdoyance pour prendre une teinte bleutée plus elle s’éloignait. Sans ambages, elle aurait de la chance si elle parvenait à retrouver Link sous ce manteau d’épais feuillage. A’guì avait devant elle un panorama exceptionnel qui lui fit peu à peu oublier ses pensées négatives. Malencontreusement, elle n’avait pas de temps à perdre si elle voulait retrouver son ami d’Hyrule. Cherchant des yeux une irrégularité de l’arbre sur lequel elle se trouvait ou une branche flexible qui lui permettrait de descendre jusqu’au sol sans danger, elle trouva plutôt une liane qui pendait juste en dessous d’elle. Elle effectua un saut et se laissa glisser sur la pousse pour atterrir agilement sur la mousse qui couvrait l’une des racines du feuillu surdimensionné. Il lui restait tout de même une bonne élévation à dévaler avant d’atteindre le sol. Elle bondit donc en se crispant et ce fut par chance une feuille géante qui amortit sa chute qui aurait presque pu lui être fatale.

   Aucun sentier distinct ne semblait avait été tracé sur ce territoire qui était sûrement vierge. Qui avait bien pu grimper tout en haut de l’arbre où elle s’était éveillée et la poser à l’intérieur d’une feuille sans qu’elle ne s’en rende compte ? Était-elle plutôt tombé du… ciel? Son esprit était embrumé et elle se dit qu’elle songerait à tout ça plus tard… Elle fit quelques pas vers l’avant et prit place sur un petit rocher qui se trouvait non loin d’elle. Se mettant à observer la nature qui l’entourait, la jeune femme conclut qu’elle n’était plus à Hyrule, mais bien dans ce qui était sans aucun doute une autre dimension où se déroulaient, il semblait, des phénomènes inquiétants, et ce monde n’avait rien de rassurant.

   -Mais où ai-je bien pu atterrir ? murmura-t-elle pour elle-même, inquiète.

   Elle était seule au milieu d’un boisé dont elle ignorait l’existence jusqu’alors… Les plantes n’avaient rien de semblable à celles qu’on retrouvait à proximité de son village. En plus d’être couvert d’arbres monumentaux, le sol était parsemé de quelques arbustes et d’une multitude d’autres végétaux de toutes tailles. Si cela lui aurait été familier, elle aurait facilement pu trouver de quoi subsister durant quelques jours. Mais là, c’était différent… Elle ne saurait différencier un fruit comestible et un fruit incomestible ici. Pour empirer les choses, la faim lui tenaillait déjà l’estomac.

    A’guì s’était levé et tentait déjà de trouver quelque chose qu’elle pourrait se mettre sous la dent, quand un bruit sec parvint à ses oreilles. C’était une sorte de cliquetis qui lui disait vaguement quelque chose… Elle se retourna vivement pour tenter de déterminer d’où provenait ce son et qu’est-ce qui l’avait produit, or tout était immobile derrière d’elle, excepté le ramure des arbres qui se balançait au gré du vent. Quelques grandes fleurs de couleurs foncées poussaient çà et là sur la terre graveleuse. Croyant que c’était simplement ses sens qui lui avaient joué un tour, l’indigène poursuivit calmement sa route vers un quelconque plan de fruits sauvages. Néanmoins, l’éclat sonore se fit entendre de nouveau, plus près d’elle cette fois. Agacée, la fille à la peau de macassar ne prit pas la peine de faire pivoter sa tête pour voir d’où émanait le chuintement. Elle aurait cependant dû, car une masse gluante la tira subitement vers l’arrière pour la projeter fermement au sol. L’autochtone connaissait les Mojo Baba, ces plantes animées qui s’en prenaient à tous les individus qui passaient à proximité d’elles, mais elle n’avait vu un végétal similaire possédant tant de fougue.

   -Argh ! Lâche-moi, sale bête ! s’écria-t-elle en essayant de se libérer de son emprise.

   La créature oppressait le sommet de son crâne de plus en plus fortement. Si A’guì ne se défaisait pas de l’influence de la fleur carnivore, celle-ci l’avalerait tout rond. Elle se mit à hurler. Dans un élan de rage, elle planta ses ongles dans la tige de la pousse pour essayer de la faire céder. Par malchance, le monstre était beaucoup plus vigoureux elle.

   Ses pensées s’embrouillaient peu à peu. Elle perdait lentement l’usage de ses sens. L’indigène adressa une courte prière aux divinités hyliennes– dans son dialecte, appelées Dan, Fawove et Nauty - pour qu’elles l’acceptent dans l’Outre Monde, avant de fermer les yeux. La plante était en train de l’engloutir presque complètement. Elle qui avait été si forte durant toute sa vie, il fallait qu’elle meurt de cette façon ridicule…

   Alors qu’elle croyait que sa vie allait prendre fin dans les prochains instants, elle se vit tirer hors de la mandibule de la créature et entendit une voix masculine lui murmurer à l’oreille :

   -C’est fini maintenant…

   Elle perdit conscience.


[align=center]12-Du côté de Luryo
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   Luryo ouvrit les yeux. Le mince filet de lumière qui parvenait à ses yeux lui permit de constater qu’il était sur le sol froid d’une petite caverne, certainement sur le flanc d’une montagne. Rapidement, les souvenirs de la pénombre dans laquelle il s’était éveillé après avoir plongé dans la porte en flammes, en suivant Link, lui revinrent en mémoire. Où ce gamin l’avait-il encore fait atterrir ?  Fulminant intérieurement, il se mit en position assise et scruta les alentours. Un petit passage menait à la surface, à quelques pas de lui. Le fourbe homme s’empressa de l’emprunter. Il eut tout juste le temps de s’arrêter devant ce qui semblait être une immense cavité dont le fond, plongé dans l’obscurité, lui était indiscernable. S’il ne l’avait pas aperçu à la dernière seconde, il aurait certainement basculé dans le vide et aurait aussitôt mis fin à sa vie en se fracassant le crâne contre les irrégularités rocheuses du trou. Son cadavre aurait croupi dans les profondeurs abyssales pour l’éternité. Il serra les dents. La seule issue qu’il aurait pu emprunter pour quitter cet endroit était impraticable. Il aurait fallu qu’il ait un grappin ou une corde pour pouvoir se balancer de l’autre côté du creux, ou alors qu’il exécute un prodigieux bond vers cet endroit d’où la lumière lui parvenait

   Soupirant, il revint sur pas et s’assit sur le sol rugueux sur lequel il s’était éveillé il y avait quelques instants. Il agrippa la gourde d’eau qui pendait à sa ceinture – celle-ci avait miraculeusement survécu à son passage dans le tourbillon de feu – et la porta à ses lèvres. Après en avoir pris plusieurs gorgées, il la replaça à sa taille. Il ne restait plus que quelques gouttes dans le récipient, et Luryo n’aurait rien d’autre pour étancher la soif qu’il allait certainement éprouver dans les prochaines heures. Sur le coup, il avait oublié qu’il était dans un endroit sans issue et qu’il ne découvrirait évidemment aucune source d’onde ici, dans les entrailles de la terre, au milieu de nul part. Il ne lui restait plus qu’à dépérir silencieusement.

   Le vil Hylien s’était adossé contre une paroi de la grotte et se mettait à ruminer de sombres pensées sur le sort qui l’attendait, lorsque son regard s’arrêta sur un coin plus sombre de la caverne que le reste de celle-ci. Lentement, ses yeux s’étaient habitués à l’obscurité ambiante, et il percevait de mieux en mieux les détails de ce qui l’entourait. Au début, il avait accordé peu d’importance à son milieu quand il avait trouvé l’issue vers l’extérieur qui s’était révélée vaine, puis la rage, lorsqu’il était retourné vers le lieu de son réveil, l’avait fait ignorer les irrégularités de l’excavation rocheuse qui s’étendait autour de lui. Il n’avait pas remarqué qu’un trou avait été formé dans le roc, non loin d’où il se trouvait. C’était certainement une cavité naturelle, mais peut-être menait-elle à l’extérieur ?

   Luryo s’empressa de s’y rendre. Le plafond de la grotte était haut et il ne risquait de se frapper la tête contre celui-ci en marchant, même s’il se tenait bien droit. Un gros rocher dissimulait la crevasse dans la pierre. Celle-ci était assez grande pour qu’un homme puisse se faufiler à l’intérieur aisément, bien qu’il y marchât à quatre pattes. Sans réfléchir, hâté d’être à l’air libre, l’ennemi de Link se glissa dans le trou. Il était assez costaud, et devait donc mettre ses bras sous lui pour avancer dans le tunnel rocheux sans se frapper les coudes contre les côtés de celui-ci. Bientôt, il fit totalement noir et l’Hylien ne put se fier qu’aux autres sens que sa vue pour se guider. Il chemina ainsi durant quelques minutes, se tortillant frénétiquement pour franchir certains passages plus étroits que d’autres. Enfin, il déboucha sur une vaste pièce faiblement éclairée par un rayon de soleil venant d’un trou pratiqué sur le plafond en dôme de celle-ci. Mais… si cette ouverture avait été créée à cet endroit précis, c’est que quelqu’un avait percé la pierre pour laisser passer la lumière de l’astre  solaire ! Il était très improbable que la nature ait formée cet orifice toute seul.

   La salle était cependant vide, dénuée d’objets. Le sol était assez lisse, mais non sans posséder quelques aspérités ici et là. De gros stalactites laissaient couler des filets d’eau qui, à leur tour, créaient des stalagmites, formant d’immenses colonnes rocheuses à travers la pièce. Un petit passage était visible entre deux de ces piliers naturels. Luryo l’emprunta. Il menait dans un petit tunnel de roc. L’Hylien n’avait pas fait un pas qu’un son de crissement, semblable à un bruit de pas parvint à ses oreilles, le faisant sursauter. C’étaient certainement ses sens qui lui jouaient des tours. Autour de lui, de ce qu’il pouvait discerner dans le noir – les murs de pierre et la surface sur laquelle il marchait-, tout était normal. Il poursuivit donc son chemin sans se poser des questions. Mais le bruit se fit de nouveau entendre. Une lueur apparut soudain au bout de la galerie. C’était un éclat orangé, et sa lumière vacillait comme celle… d’une flamme. Luryo s’approcha silencieusement du scintillement insolite. À sa grande surprise, une ombre était distinguable derrière la lueur. C’était celle d’une créature de petite taille qui avait certainement une torche à la main. Le prétendant au trône d’Hyrule s’arrêta. Il ne semblait pas avoir été repéré par l’humanoïde. L’homme n’osait pas bouger. Certes, la bête à la silhouette floue aussi restait immobile. Luryo, inquiet, se mit à avancer à pas très lents vers la lumière du feu qui dansait au bout du tunnel.  À son grand soulagement, il constata que ce n’était pas une quelconque bestiole qui tenait un flambeau qui en était la source, mais bien la statue d’un individu dans les mains de lequel brûlait de la résine dans un crépitement. Qui avait bien pu l’allumer ? À Hyrule, il y existait plusieurs forces aux pouvoirs inexpliqués, donc le rival de Link ne s’inquiéta pas trop de cette illumination surnaturelle. Depuis son passage dans la porte enflammée du Bosquet Sacré, plus rien ne l’impressionnait, ou presque, mais pas cette embrasement spontané d’une torche.

   Une fois redevenu calme, Luryo se mit à examiner la sculpture creusée dans la pierre. Avant étonnement, il se rendit compte qu’elle représentait la déesse hylienne de la force, Din. Ce n’était pas pour rien qu’un feu brûlait au creux de ses paumes. Elle avait été façonnée dans une pierre différente de celle qui l’entourait, donc on l’avait certainement installé là dans un but précis. Ses yeux, étincelants à la lumière vacillante des flammes, étaient fait de rubis. Elle portait des boucles d’oreilles fait d’une pierre précieuse qui lui était inconnue et un pendentif incrusté d’un superbe joyau pendant à son cou.  L’Hylien était un homme avare, et il ne put s’empêcher de s’imaginer la fortune qu’il pourrait faire avec ces petites gemmes, s’il retournait un jour d’où il venait et les vendait. D’ailleurs, était-il encore au royaume de Daphnes ?  Ça, il n’en avait pas la moindre idée. Ce qui importait, pour l’instant, c’était de trouver une fichue issue à ce dédale rocheux. Or, le tunnel dans lequel il avait marché était un cul-de-sac. Il était coincé à l’intérieur de cette caverne et ne verrait peut-être plus jamais la lumière de soleil. La déesse lui avait-elle fourni cette lumière pour le guider vers un quelconque but ? Non, c’était impossible… N’y pouvant plus, il tendit le bras et, d’un mouvement sec, arracha l’ornement qui formait le collier de la divinité.

   Au même moment, les globes oculaires de la statue se mirent à briller d’un éclat aveuglant, comme si elle prenait vie. Apeuré, Luryo tomba à genoux et, tremblant, posa le bijou devant la sculpture qui allait peut-être bientôt s’allumer. Il bredouilla :

   - Je… je suis désolé ! Je… ne voulais pas profaner votre représentation ! Je vous en prie, ne me faites pas de mal ! Pitié…

   Sans vraiment s’en rendre compte, accroupi, il reculait, s’éloignant lentement de la dame en pierre au regard rutilant, dont les yeux devenaient de plus en insupportables à regarder, ce dont l’ennemi de Link se garda bien de faire. Et puis, tout d’un coup, il entendit un cliquetis, et le sol se déroba sous lui.

   Il était tombé dans un trou sorti trou droit de nul part. Lorsqu’il avait pris la direction de la lumière au bout du tunnel, il avait bien vite remarqué que le sol parsemé de roches de différentes grosseurs était stable et assez régulier, et qu’il ne courait pas le danger de basculer dans une quelconque cavité dissimulée quelque part. Maintenant, Luryo, dont tout d’abord la chute avait été verticale, se voyait glisser dans un passage qui prenait une inclinaison de plus en plus horizontale. La descente dura un long moment. Enfin, l’Hylien déboucha sous ce qui semblait être une cascade et atterrit… dans l’eau, dans une grande éclaboussure. Il cala pendant un court moment, mais remonta vivement vers la surface de l’onde en agitant ses jambes. Lorsqu’il émergea, il constata avec soulagement qu’il était à l’extérieur. Un rayon de soleil atteignant ses yeux affaiblis par l’obscurité le confirma. En quelques coups de brasse, il atteignit le bord de la source dans laquelle il avait plongé. Une brise chaude soufflait, faisant flotter ses longs cheveux noirs derrière lui. Ses habits ne mettraient  sûrement pas beaucoup de temps à sécher. Il jeta un coup d’œil rapide autour de lui. Une forêt luxuriante s’étendait aux alentours de la chute, celle-ci puisant son giclement tout en haut d’une immense montagne au sommet couvert de glace. C’était à l’intérieur de celle-ci que l’homme s’était retrouvé à son éveil. Il régnait alors dans la grotte une froideur glaciale. Était-ce aussi là-dedans qu’il avait rencontré Link et une jeune femme au dialecte bizarre ? Le héros avait paru s’entendre étrangement bien avec cette demoiselle… La connaissait-il déjà ? Peut-être que Luryo avait tout simplement rêvé cette rencontre biscornue ? Il n’en avait aucune idée…

   Maintenant assis aux abords du trou d’eau, il faisait défiler dans son esprit les événements qui s’étaient succédés depuis le début de la Chasse aux gemmes. Tout d’abord, il avait été surpris par les soldats de la princesse alors qu’il s’apprêtait à attaquer son ennemi à la tunique verte. On l’avait amené devant celle-ci. Or, pour une raison inconnue, Zelda l’avait laissé poursuivre sa recherche des globes vitreux. L’Hylien s’était empressé d’aller rejoindre Link et le prendre discrètement en filature. Il voulait voir si la fille de Daphnes prenait un parti pris pour le garçon, en lui donnant des renseignements sur l’emplacement des cristaux convoités des prétendants au trône. Luryo s’était retrouvé au Ranch Lon Lon et l’avait vu échanger quelques mots avec la fille de son propriétaire. Le jeune homme avait donc pris la direction du village Cocorico, puis de la cité Goron. Finalement, il s’était dirigé vers la Forêt Kokiri, où son opposant n’avait jamais voulu aller. Peut-être s’était-il aperçu que le fourbe individu le suivait et voulait le mettre en déroute ? L’homme ne s’était pas laissé impressionné par la pénombre mystérieuse qui couvrait ce boisé magique. Le gamin l’avait conduit dans un petit village où, semblait-il, tous les habitants étaient des enfants. Il avait pénétré dans les Bois Perdus, était finalement arrivé au Bosquet Sacré puis… était disparu. Luryo s’était aménagé un camp de fortune à proximité du gigantesque chambranle de marbre qui avait été installé dans la clairière. La porte qui y était incrustée semblait mener sur nul part. Jusqu’au premier retentissement de la cloche annonçant la fin de l’épreuve, au moins, le vil personnage voulait faire certain que le héros ne trichait pas. Avant que les deux autres tintements ne se fassent entendre, il aurait certainement le temps de trouver une ou deux des perles qu’il recherchait. Presque une journée avait passé avant qu’une troupe indigène arrive près de la construction géante. Sur une modeste table qui avait été posé devant les battants de pierre, on avait installé… Link ! Ses poignets avaient été liés au meuble rudimentaire à l’aide de racines végétales. L’ami de la princesse avait certainement été capturé par ces individus à la peau noire. Luryo avait frétillé de joie en s’imaginant le sort qui lui était réservé. Il serait certainement sacrifié lors d’un de ces barbares rituels que font les sauvages, en de rares occasions. La lune était bien ronde dans le ciel. Un bourreau s’était avancé vers le gamin. Il serait bientôt hors d’état de nuire aux projets de l’Hylien. Son temps était compté. Au grand désarroi de l’homme, alors qu’il allait assister à son exécution, une étrange mélodie s’était répercutée jusqu’à ses oreilles. Celui qui était supposé le décapiter s’était tourné vers la source de ce bruit. Le temps qu’il se rende compte de la disparition de sa victime, celle-ci était déjà loin de lui. Luryo l’avait vu s’enfuir dans le bois dense sans qu’il ne puisse rien faire. Il était furieux… L’ennemi du héros n’avait pu essayer de concevoir à qui appartenait la voix féminine qui avait chanté que le sol s’était mis à trembler sous lui. De ses propres yeux, il avait vu la colossale porte qui surplombait la forêt commencer s’écrouler sur elle-même, et un tourbillon de feu s’était formé en son centre. Ne suivant que son instinct, il avait plongé à l’intérieur, suivant Link qui avait fait de même. Un peu plus tard, il s’était réveillé dans une étrange caverne complètement plongée dans les ténèbres, puis dans une autre faiblement éclairée.

   Un cri perçant retentit de la forêt, derrière Luryo, le tirant de ses pensées. Il était vraiment tombé dans la lune ! Vivement, il se retourna pour voir qui avait poussé le hurlement. Un peu plus loin, entre les immenses arbres qui formaient la riche jungle, une silhouette diffuse semblait se débattre avec une plante semblable à celles qu’ont les Mojo Baba. Tout courant, l’Hylien se dirigea vers l’individu en détresse. En quelques enjambées, il l’avait déjà atteint. Une jeune femme à la peau d’ébène était presque engloutie par un immense végétal carnivore. Dégainant le petit glaive qui pendait à sa ceinture – celui-ci avait été conservé lors de son voyage dans ce monde mystérieux – il trancha la tige de la fleur animée. Sa tête, dans les teintes de bleu, tomba lourdement au sol. Il dégagea le corps inerte de l’indigène de la gueule du monstre, avant de lui souffler à l’oreille que tout était fini.

   Un déclic se fit dans son esprit. La fille du chef de la tribu autochtone n’était nulle autre que celle qui avait chanté au Bosquet Sacré, certainement dans le but de sauver Link, et celle qui était atterrie dans la grotte avec lui et le héros.

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13-Du côté d’A’guì et de Luryo
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   C’est avec un mal de tête épouvantable qu’A’guì se réveilla. La femme à peau noire se mit en position assise et posa les mains sur ses tempes. La migraine atroce qui la tenaillait ne lui permettait pas de la permettait de se concentrer sur d’autre chose que son mal. Elle resta ainsi immobile durant plusieurs minutes. Enfin, la douleur se dissipa. Elle leva les yeux pour constater avec étonnement qu’un charmant jeune homme la regardait fixement de ses yeux sombres. Tout d’abord, elle fut soulagée, car elle n’était pas la seule dans ce monde mystérieux peuplé de créatures touts aussi étranges les unes que les autres. Mais depuis combien de temps l’observait-il ainsi avec intérêt ? L’indigène se trouvait encore dans l’immense jungle dans laquelle elle avait atterri il y avait peu de temps. Combien de temps s’était écoulé depuis qu’elle s’était réveillée dans l’immense feuille repliée sur elle-même au faîte d’un arbre ? Elle n’avait plus aucune notion du temps. Justement, que faisait-elle là, installée sur la souche d’un gigantesque tronc qui était certainement mort il y avait très longtemps ? Elle se rappelait qu’une immense fleur bleue carnivore l’avait gobée lorsqu’elle avait passé à proximité de celle-ci. Après, plus rien. Elle avait certainement perdu conscience après qu’une voix lui est murmurée quelque chose à l’oreille. Mais… c’était certainement celle de ce garçon !

   Un long silence s’insinua entre les deux individus. L’homme semblait trouver la timidité de l’indigène amusante, car un demi-sourire se dessinait sur ses lèvres. L’autochtone, par contre, était très embarrassée. C’est son regard énigmatique et perçant qui la clouait sur place. A’guì sentait qu’il avait quelque chose d’attirant, et elle ne pouvait s’empêcher d’arborer une mine gênée en le voyant.

   Luryo trouvait aussi que la demoiselle à la peau de macassar était séduisante. Il n’était jamais vraiment tombé amoureux, et ce n’était pas maintenant qu’il allait commencer, se disait-il. Mais il éprouvait un certain malaise en la voyant. C’était un sentiment nouveau pour lui, il ne savait décrire ce qui l’habitait. Il ne connaissait presque rien aux femmes. La mère de l’Hylien était morte juste au moment où celui-ci naissait, donc il n’avait jamais vraiment eu d’autre représentation féminine que sa seule et unique sœur Loja, qui avait vécu au milieu d’une famille composée uniquement de mâles. Celle-ci avait rapidement quitté la maison pour aller rester avec son amant, car elle avait déjà atteint l’âge de la majorité au royaume de Daphnes. Soit dit en passant, il était le dernier né des cinq enfants, bien sûr, car sa génitrice s’était éteinte en le mettant au monde.

   Cessant de contempler le joyau que la nature avait placé sur son chemin, le prétendant au trône d’Hyrule se décida à rompre l’absence de paroles échangées. D’une voix chevrotante, il bégaya :

   - Bonjour, je… euh… je m’appelle Luryo.

   Il n’avait jamais aussi manqué d’assurance de toute sa vie. Ses mains étaient moites. Nerveusement, il chassa une mèche de cheveu rebelle qui lui tombait devant les yeux. L’indigène affichait un faciès hébété. Les paroles de l’Hylien étaient complètement incompréhensibles pour elle. Ce dernier se rappela qu’elle ne parlait pas le même dialecte que lui. Il l’avait entendu parler avec Link dans la grotte obscure où il s’était retrouvé avoir plongé dans le maelström, au Bosquet Sacré. Comment le gamin avait-il pu apprendre cette langue biscornue ? Comment avait-il rencontré cette autochtone ? Il l’ignorait. Pour l’instant, ce qui importait pour lui, c’était de ne pas paraître idiot devant une femme.

   La demoiselle à l’épiderme d’ébène ne l’observait plus. Elle fouillait maintenant dans un petit sac de cuir qu’elle portait au niveau de la taille. Elle sortit une petite fiole contenant un liquide sombre et opaque de la besace, ainsi qu’un objet qui ressemblait drôlement à un pinceau. Sous les yeux ahuris de Luryo, elle s’approcha de lui et… lui fit signe d’enlever son chandail ! Interdit, il s’exécuta quand même. L’autochtone plongea son instrument semblable à une brosse dans la mixture insolite qui se trouvait dans le flacon et se mit à dessiner une série de symboles mystérieux sur son torse.

   - Mais qu’est-ce que… ? bredouilla-t-il.

   Toutefois ravi de la proximité de la jeune femme, il la laissa finir son travail. Ensuite, elle rangea soigneusement ses choses dans sa petite sacoche.

   - On se comprend mieux désormais, non ? fit A’guì d’une voix cristalline, un sourire accroché aux lèvres.

   L’homme reconnut tout de suite la voix de la fille, l’ayant entendu dans la grotte sombre lorsqu’elle parlait à Link. Or, cette fois là, elle parlait un dialecte totalement différent du sien. Ahuri, l’homme mit un peu de temps avant de comprendre que c’était grâce aux dessins qu’elle avait dessinés sur son corps qu’ils pouvaient maintenant communiquer entre eux. Comment la jeune indigène avait-elle exécuté ce prodige ?

- Je voudrais te dire merci, ajouta-t-elle. Merci de… m’avoir sauvé la vie…

   La fille à la peau de macassar conservait un accent qui n’avait rien d’Hylien. Luryo répliqua :

   - Ce n’est rien ! Je t’ai entendu crier et… et je suis venu à ton secours. N’importe qui t’aurait venu en aide dans de pareilles circonstances.

   A’gu’ì plissa les yeux avant de demander :

   - C’est toi qui étiez dans la grotte plongée dans le noir et qui adressiez la parole à Link, non ?

   - Oui, c’est bien moi…

   - Moi-même, j’ignore comment nous avons fait pour nous trouver les trois dans cet endroit ténébreux et ensuite… ici. Je me demande bien où est le garçon aux vêtements verts et aux oreilles pointues comme les tiennes. Je commence à m’inquiéter pour lui…

   Sa curiosité l’emportant sur sa discrétion, l’Hylien la questionna :

   - Comment… comment as-tu rencontré Link ?

   L’indigène lui raconta brièvement comment une troupe de guerriers de sa tribu dirigée par son père avait trouvé le héros à proximité de l’immense chambranle qui dominait les Bois Perdus. On l’avait amené à la bourgade. Après un bref entretien avec le père de l’autochtone, le garçon avait voulu s’enfuir du village. On l’avait vite rattrapé et amené de force devant un autel sacré pour que les divinités le débarrassent des mauvais esprits qui habitaient son corps. Pour l’empêcher de décamper de nouveau, on l’avait solidement attaché avec des liens. Il s’était vite calmé. Ce n’était non pas à cause de l’influence que les personnages célestes exerçaient sur lui, mais bien parce qu’il avait un plan en tête, ce que la jeune dame ignorait. De toute manière, Link avait oublié ses idées d’évasion apercevant la demoiselle à la peau noire, qui l’avait en quelque sorte envoûté. Le jeune homme avait appris qu’il devait être sacrifié devant la gigantesque porte le soir venu, car une prophétie, celle «de Hulma » selon ce qu’il avait pu comprendre, en disait ainsi, et la tribu indigène était très vouée à sa religion. Il s’était tout d’abord révolté, mais lui et A’guì avaient préparé un plan de fuite. La fille, même si elle avait ensorcelé le pauvre adolescent, tenait à ce qu’il reste en vie. Au moment où il allait être décapité, elle avait chanté de sa plus belle voix. Le héros avait profité de l’inattention de son bourreau pour quitter la table qui était supposé être son lit de mort et se cacher dans la végétation environnante. À son grand désarroi, le sol s’était mis à trembler et des crevasses s’étaient formées autour de lui. Étaient-ce les déesses qui étaient en colère ? Nul ne le savait. Les colossaux volets de pierre s’étaient ouverts dans un bruit assourdissant. Des flammes s’étaient mises à tourbillonner au milieu du chambranle qui semblait donner sur nul part. Ne suivant que son instinct – car elle voyait bien que la palissade dans laquelle était incrustée la porte était sur le point de s’effondrer -, l’autochtone s’était jeté à l’intérieur, suivie de Link et enfin de Luryo qui n’avait vu que le garçon se précipiter dans le maelström. Tous trois avaient perdus conscience et l’avaient repris dans un endroit dépourvu de lumière.

   L’Hylien était suspendu aux lèvres de l’indigène. Il comprenait maintenant mieux les circonstances des derniers instants qu’il avait vécus dans le royaume de Daphnes. Le héros était donc certainement lui aussi en quelque part dans ce monde étrange. Malgré lui, même s’il l’haïssait, il espérait que le gamin revienne indemne à Hyrule, car sinon on porterait assurément le blâme de sa disparition sur lui et on l’enverrait aux cachots, s’il revenait au Château. Il songea au récit que la jeune femme à la peau de macassar venait de lui faire. Il avait apprit des choses qu’il ignorait jusqu’alors, mais plusieurs questions lui demeuraient cependant en tête. Il posa la première qui lui vint à l’esprit :

   - Qu’est-ce donc cette «prophétie de Hulma » dont tu m’as parlée ?

   Les deux individus étaient maintenant assis sur un petit rocher. Après l’avoir libéré de l’emprise de la plante carnivore en abattant celle-ci, Luryo avait amené la jeune dame près de la chute du haut de laquelle il avait plongé dans le point d’eau en émanant de la montagne d’où venait sa source. C’était là qu’elle s’était éveillée après être revenue à elle.

    La fille répondit à la question que l’homme avait posée antérieurement :

   - Cette prophétie a été écrite – car oui, mon peuple pratique l’écriture depuis longtemps- par un très ancien oracle qui habitait notre petite cité à ses débuts. Cette personne était l’un des premiers habitants de la bourgade. Autrefois, nous étions un petit peuple nomade qui vient de très longtemps. Nous avons parcouru une longue route dans les Bois Perdus. À un moment donné, nous avons atteint ce que vous appelez le Bosquet Sacré. Peu de gens connaissent l’existence de cet endroit mythique mais surtout dangereux, excepté quelques personnes, notamment des gens de l’entourage de la princesse, car, bien sûr, Daphnes est mort depuis quelques temps. Tu te demandes certainement d’où je tiens tous ces renseignements. Notre tribu possède plusieurs objets anciens, dont des globes de cristal qui nous permettent de voir au-delà de notre territoire. Malheureusement, je ne l’ai pas avec moi.

   Elle marqua une courte pause avant de poursuivre :

   -Pour revenir au sujet initial, mes ancêtres sont un jour arrivés à la clairière à proximité de laquelle nous nous sommes installés par la suite. Parmi ces voyageurs se trouvait le vénérable oracle Hulma. C’était le chef de la cohorte. Plusieurs le vénéraient. En quelques mots, sa prophétie disait qu’un jour, «quand celui-ci qui tentera de détruire la Porte viendra, il sera décapité devant celle lorsque le soleil disparaîtra». Je ne crois pas à toutes ces balivernes, donc j’ai aidé Link à s’évader… Et si elles se révélaient vraies, mon père a certainement mal interprété l’augure.

   Le héros avait vraiment vu la mort de proche. Luryo songea aux paroles que A’guì venaient de prononcer avant de la questionner de nouveau :

   - Est-ce vous qui avez bâti l’immense porte de pierre au Bosquet Sacré ?

   - Bien sûr que non ! Une journée, nous nous sommes éveillé, et cette colossale construction surplombait la forêt. La vieille, elle n’y était pas. Aucun mortel n’aurait pu concevoir un objet aussi formidable en moins d’une nuit. Ce sont certainement les déesses qui nous ont offert ce cadeau.
   
   - Vous… vous priez aussi  Din, Farore et Nayru ?

   - Évidemment ! Ce sont les grandes créatrices du monde ! Comment ne pouvons-nous pas leur vouer un culte ?

   - Je croyais qu’elles avaient simplement créé Hyrule.

   - Le monde est plus vaste que vous ne le pensez. Heu… je ne t’ai pas encore demandé ton nom. Qui es-tu ?

   L’Hylien se présenta. Une foule d’interrogations se bousculait encore dans son esprit. Maladroitement, il demanda :

- Pourquoi… pourquoi n’avons-nous jamais entendu parler de votre tribu ?

   Aguì sourit. Elle répondit :

    - Ce n’est pas que nous ignorons l’existence des Hyliens, bien au contraire, mais nous nous faisons assez discrets, il faut avouer. De plus, peu de gens s’aventurent dans les Bois Perdus, et encore moins au Bosquet. Veux-tu que je t’éclaircisse sur un autre point, Lu… Lieuro ?

   - Luryo, la corrigea-t-il en ne pouvant s’empêcher de sourire à son tour. Oui, j’ai dernière question : m’aurais-tu envoûté par hasard ?

   - Non, pourquoi ?

   L’homme s’approcha doucement d’elle et posa un baiser sur ses lèvres.

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Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce
« Réponse #2 le: samedi 15 janvier 2011, 22:36:43 »
Des commentaires?  :/

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Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce
« Réponse #3 le: samedi 15 janvier 2011, 23:06:57 »
J'ai lu le début, je pense que c'est une histoire intéressante qui mérite d'être lue. Mais je pense que tu as posté beaucoup trop de chapitres d'un coup, ce qui décourage un peu les éventuels lecteurs j'imagine. Il faut garder le suspens!
Autrement, il y a une petite chose à laquelle il faut que tu fasse attention: Link de temps en temps tutoie la princesse, et à d'autres il la vouvoie. Tu as peut être fait exprès pour faire ressortir le distance que Link s'efforce d'imposer entre eux deux, mais dans ce cas, essaie de préciser un peu plus ses sentiments actuels, ou encore la situation, tu vois? Sinon on ne comprend pas très bien pourquoi à certain moments il la tutoie, et d'autres fois non.
Mais j'aime bien cette histoire, je pense que je continuerai^^ A bientôt!

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Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce
« Réponse #4 le: dimanche 16 janvier 2011, 19:47:41 »
Merci pour le commentaire... ^^

Tu es sûr qu'il la vouvoie? J'avais pas remarqué... Tu peux me donner un exemple? Je vais essayer d'arranger ça. ._.

Pour le nombre de chapitres ce n'est qu'une infime partie de ma fic, pour te dire. :p

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« Réponse #5 le: lundi 17 janvier 2011, 12:12:29 »
Au début du chapitre 3 par exemple:

Citer
- Mais… princesse ! Comment avez-vous fait pour le récupérer et pourquoi me montrez-vous cet objet ?


Tu as déjà écrit beaucoup de chapitres? Tu n'as pas écrit déjà toute la pentalogie quand même? Sinon chapeau, ça doit représenter des heures d'écriture!

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« Réponse #6 le: mardi 18 janvier 2011, 02:03:28 »
Citation de: "sakuranbo"

Tu as déjà écrit beaucoup de chapitres? Tu n'as pas écrit déjà toute la pentalogie quand même?


Non, quand même pas, il y en reste quelques-uns que j'ai pas encore posté (je les avais pas encore postés quand j'ai posté la fic) mais ce que je voulais dire par là, c'est que la pentalogie est quand même un projet de taille... ^^ (ça m'a tout de même pris des heures pour écrire ce qu'il y a de ma fiction en ce moment, et je suis simplement à la première partie :P)

Sinon pour le vouvoiement j'avais pas vu, je vais essayer d'arranger ça.

Pour votre information, selon moi la première partie va avoir environ 30 chapitres (selon moi) et les autres parties vont certainement en avoir autant.

EDIT: Je crois que l'unique vouvoiement de la princesse par Link est celui que tu m'as montré, je me trompe? xD

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« Réponse #7 le: samedi 22 janvier 2011, 11:26:25 »
Ah t'es là toi ? Je te lisais sur le site de PdZ et je regrettais de pas pouvoir te commenter %)


J'aime assez bien ta fic et je lirai la suite. L'intrigue est satisfaisante, le scénario a l'air riche et c'est pas trop mal écrit. Et aussi (très important à mes yeux) je trouve que tu respectes bien l'ambiance de l'univers de Zelda (qui est totalement délaissée dans certaines fics heroic-fantasy que j'ai pu voir sur Zelda)... sauf sur un point : A'Gui. Créer un personnage hylien qui joue un rôle important tout au long de la fic (Luryo), très bien au contraire. Créer un peuple exclusif qui tient un petit rôle dedans, pourquoi pas. Mais A'Gui je trouve ça trop décalé vis-à vis des autres personnages. Je n'arrive pas, parmi les protagonistes, à faire un rapprochement logique entre ce personnage de tribu indigène et Link, Zelda ou Luryo (qui lui ne me dérange pas du tout). Mais ce n'est que mon avis.

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Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce
« Réponse #8 le: samedi 22 janvier 2011, 15:20:15 »
Tour d'abord merci pour le commentaire.  :ash:

Ensuite pour A'guì, c'est qu'elle aura un certain rôle à jouer dans l'histoire, comme tous les autres en fait. C'est vrai que c'est un point qui est peut-être plus négatif, mais maintenant je peux plus vraiment changer l'histoire. Si oui, comment?  ._.

Si tu as d'autres commentaires, n'hésite pas à me les dire, ça me permettra de m'améliorer et d'améliorer la fic.  ;)

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Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce
« Réponse #9 le: mercredi 26 janvier 2011, 17:17:41 »
Salut Supersigo.
Je n'ai malheureusement lu que les trois premiers chapitres de fanfiction, mais je tenais quand même à commenter le peu de ma lecture.

Je vais commencer par le fond, car je n'ai pas grand chose à dire sur la forme.

Sur le fond, la première chose que j'ai envie de dire, c'est que ça va trop vite.
Ensuite je te demanderai quel âge as-tu ? A priori cette question semble assez loin du sujet qui nous préoccupait, mais en fait je t'ai trouvé un style un peu enfantin. Et ceci est lié à cette rapidité que j'ai trouvé dans tes textes. C'est bien écrit c'est indéniable. Simple et tout, mais il y a pour moi un peu trop d'actions. Oui je sais, c'est assez bizarre comme commentaire (surtout qu'il n'y a jamais trop d'action), mais j'aurais quand même aimé voir dans certains passages des pauses narratives. Un petite description, à la limite sur une ou deux lignes. J'ai lu tes chapitres rapidement, je ne me suis pas vraiment posé et j'ai lu d'une traite. Faut dire que c'est "apparemment" ce qui caractérise mon style et j'ai donc un peu de mal à m'y décrocher.

Ce n'est pas vraiment un défaut, mais ça donne un aspect conte à ton récit qui est assez surprenant et inattendu de la part d'une fiction basé sur un univers vidéo-ludique.

Sinon le scénario est sympathique. J'ai mis un moment avant de comprendre que la princesse et Link étaient de tout jeunes adultes (même si je ne sais pas quand est la majorité légale en hyrule d'ailleurs. Je dirais 12 ans, enfin bon).


Au niveau forme, je n'ai vu que deux fautes d'orthographes :
(Cliquez pour afficher/cacher)

Des fautes de frappes sans doute.
De plus tu parles d'un rebondissement de l'Ocarina. Veux-tu parler de bombement/gonflement/bosse... ? En effet, je ne suis pas sûr que l'Ocarina rebondisse ^^

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« Réponse #10 le: mercredi 26 janvier 2011, 17:42:45 »
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elle (...) trébucha, s’affalant à plat ventre sur la moquette


Leroy Merlin, décorateur officiel du château d'Hyrule! =D

Hum, cette fanfic fleure bon les amourettes comme on en fait plus que dans le girly twilightien de nos jours!

Y a du bon, mais je suis d'accord avec Yorick, tu dois être assez jeune pour avoir pondu une chasse au trésor éclair peuplée de personnage tous aussi niais les uns que les autres...ça a son public, mais j'ai dépassé depuis longtemps l'âge légal de lire ce genre de pavé mielleux! ^^

Enfin je suis sûre que ton loukoum attirera nombre de jeunes fleurs bleues, et moyennant du yaoï tu pourras en captiver encore plus...

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« Réponse #11 le: mercredi 26 janvier 2011, 23:32:49 »
Je dois avoir quelle âge pour que mon texte soit bon comparé à celle-ci? :niak:

Nah plus sérieusement, j'ai mon propre style d'écriture (l'âge que j'ai n'aillant aucune importance) et c'est normal que certains passages peuvent vous paraître enfantins. Je suis conscient que je ne suis pas un maître de l'écriture et qu'il me reste encore beaucoup de choses à améliorer (c'est ma première fic, ne soyez pas trop dur avec moi ^^) mais je ne peux changer la façon dont j'écris, car sinon ce ne sera pas mon style.  ._.

Yorick26, tu dis qu'il y a trop d'actions. Sur un autre forum, j'ai reçu un commentaire me disant qu'il n'y en avait pas assez. Je ne peux pas plaire à tout le monde... >.< Tu sauras que certains aiment mieux moins de descriptions et plus d'action, ça dépend des gens.

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Sinon le scénario est sympathique. J'ai mis un moment avant de comprendre que la princesse et Link étaient de tout jeunes adultes (même si je ne sais pas quand est la majorité légale en hyrule d'ailleurs. Je dirais 12 ans, enfin bon).


Ah oui? T'es le premier qui me fait ce genre de commentaire, mais je le tiendrai en compte. :P Pour les fautes d'orthographe, c'est des fautes de frappe, je tâcherai de les corriger en temps et lieu. Pour le rebondissement de l'Ocarina, c'est qu'il rebondit dans sa poche... De quelle autre façon l'instrument pourrait-il attirer son attention?  :ash:

Sinon merci pour le commentaire, ça ne me permettra que d'améliorer ma fiction.  :)

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Y a du bon, mais je suis d'accord avec Yorick, tu dois être assez jeune pour avoir pondu une chasse au trésor éclair peuplée de personnage tous aussi niais les uns que les autres...ça a son public, mais j'ai dépassé depuis longtemps l'âge légal de lire ce genre de pavé mielleux! ^^


Comme je l'ai dit plus haut, c'est mon style d'écriture, ça n'a rien à voir avec mon âge. :/

Si vous avez d'autres commentaires, n'hésitez pas!  ;)

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« Réponse #12 le: samedi 02 avril 2011, 20:29:58 »
Simplement vous dire que j'ai rajouté des chapitres dans la partie Fan du site. N'hésitez pas à commenter ici. ^^

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Triforce Pentalogy Part I - TLOZ : Gate of Triforce
« Réponse #13 le: dimanche 10 avril 2011, 17:45:50 »
Devinez quoi! J'ai terminé la première partie de la pentalogie! J'ai ajouté dans la partie Fan du site le vingt-et-unième et dernier chapitre de Gate of Triforce. Si vous y relevez des erreurs ou des incohérences, dites-le moi! Comme toujours, ça fait toujours plaisir de recevoir des commentaires (je ne vais plus me répéter, je crois que vous le savez déjà ^^)

La prochaine partie : The legend of Zelda, World of Triforce !  :)

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Triforce Pentalogy Part 2 - TLOZ : World of Triforce
« Réponse #14 le: samedi 03 septembre 2011, 15:47:04 »
Ça fais longtemps que je n'avais pas posté, j'avais complètement oublié que j'avais posté ma fiction sur ce forum, donc voici le début de la deuxième partie de la pentalogie (écrite il y a de cela un bout de temps déjà).  >.<

Je n'ai posté que les quatre premiers chapitres, mais les autres vont venir sous peu.

PENTALOGIE DE LA TRIFORCE
PARTIE 1
La légende de Zelda, la Porte de la Triforce

1-De retour à Hyrule

Link ouvrit les yeux. Autour de lui, tout était plongé dans l’obscurité la plus totale. Le silence qui régnait lui rappelait vaguement quelque chose. Mais oui ! Après avoir plongé dans le tourbillon de feu qui les avait transportés, Luryo, A’guì et lui, dans la dimension des Onoadiens, ils s’étaient tout d’abord retrouvés dans une grotte où il faisait un noir impénétrable. En tentant de revenir à Hyrule par le Feu Éternel, ils s’étaient certainement retrouvés au même endroit. Au moins, ils étaient toujours en vie. Le héros pouvait entendre la respiration de quelqu’un non loin de lui. Tâtonnant la tête de l’individu, il conclut que c’était A’guì. L’indigène semblait dormir. Le garçon avança à quatre pattes jusqu’à ce qu’il heurte un second corps – celui de Luryo. Lui aussi était endormi, ou du moins inconscient. En essayant de retourner aux côtés de l’autochtone, le jeune homme posa accidentellement la main sur le bras d’une quatrième personne. Il étouffa un cri de surprise. C’était Kuy.

Le jeune homme secoua les épaules de l’homme-animal. Ce dernier laissa entendre un grognement. Link se dit qu’il attendrait que l’Onoadien se réveille avant de le questionner sur la raison de sa présence dans la caverne avec eux. Il marcha à quatre pattes jusqu’à rejoindre l’autochtone dans le fond de la grotte.

Le garçon resta longtemps assis à songer à ce qui l’avait mené jusqu’ici. Durant la chasse aux gemmes, il s’était rendu au Bosquet Sacré dans le but d’en trouver une. À cet endroit, une immense porte de pierre, surplombant la clairière, avait immédiatement capté son attention. Il avait mis un certain temps à observer les symboles et les dessins qui y avaient été gravés, quand une troupe de guerriers à la peau noire l’avait encerclé. Les indigènes l’avaient mené jusqu’à leur chef – le père d’A’guì -, puis l’avaient fait asseoir devant un autel sacré qui arborait les mêmes symboles que la porte qui trônait dans la forêt. C’est à ce moment que le héros avait fait la connaissance de la fille du chef. Il en était immédiatement tombé amoureux. Mais la jeune femme à la peau de macassar s’était aspergée de parfums aux effets envoûtants, ce qui avait grandement favorisé l’attachement du garçon à la demoiselle. L’autochtone avait détaché les liens qui enserraient les poignets du garçon et l’avait amené dans la hutte de son père, où Link s’était assoupi. En se réveillant, il avait entendu l’indigène parler à son père. Les ayant écoutés, il avait appris qu’il devrait être sacrifié le soir même, devant la porte de pierre, pour les déesses. Il s’était aussitôt enfui. Mais A’guì l’avait rattrapé, et elle lui avait dit qu’elle n’était pas d’accord avec la décision de son père de l’immoler, et qu’elle ferait en sorte de le faire enfuir avait succès. Elle ne croyait pas à cette billevesée de prophétie de Hulma… Le crépuscule venu, le héros avait été attaché à une rudimentaire table de pierre juste devant les volets gigantesques. Au moment où il croyait que la jeune femme à la peau d’ébène s’était trompée et que c’en était fini pour lui, cette dernière avait entamé une mélopée, ce qui avait ôté toute attention sur lui. Il en avait profité pour se détacher de la table pour se cacher derrière un arbre à proximité de la clairière. En voyant le père d’A’guì, dans un élan de colère, plaquer sa fille contre le sol, il lui avait jeté une branche, ce qui l’avait instantanément assommé. La terre s’était alors mise à trembler, à son plus grand désarroi, et la grande porte de pierre avait commencé à s’affaisser sur elle-même. Un vortex lumineux, qui s’était révélé être un tourbillon de feu, y était apparu. La demoiselle à la peau de macassar avait indiqué à Link d’y plonger. Il avait obtempéré, suivi sans le savoir de celui qui était jusqu’alors son ennemi : Luryo.

Ils étaient tous les trois apparus dans une cavité sombre semblable à celle dans laquelle ils se trouvaient présentement. Puis, lorsqu’ils avaient tous les trois sombré dans le sommeil, ils s’étaient alors retrouvés dans une dimension qui leur était inconnue. Link était apparu dans une plaine où il avait trouvé un petit sanglier blessé et l’avait soigné, qui s’était révélé être Kuy, un homme-animal. Lorsqu'A’guì avait ouvert les yeux, elle était enveloppée dans une feuille immense repliée sur elle-même, au sommet d’un arbre colossal, dans une jungle dense. Luryo, quant à lui, s’était retrouvé dans une autre grotte, apparemment sans issue. Toutefois, ayant finalement réussi à s’en échapper, il avait fait face à une statue représentant la déesse Din. Quand la représentation de la divinité s’était animée, l’Hylien avait reculé sans s’en apercevoir, et il avait trébuché dans un trou dissimulé dans le sol. Il avait glissé dans un long tunnel avant d’atterrir dans l’eau dans une grande éclaboussure. Il avait entendu l’appel d’A’guì qui avait été engloutie par une immense plante carnivore. Lorsque l’indigène avait repris conscience, elle avait aperçu la figure de son sauveur. Elle s’était éprise de Luryo. Ensemble, ils s’étaient mis à marcher vers un quelconque but. Ils avaient rencontré Abaek, qui les avait guidés jusqu’à Onoa, le village dont les habitants avaient la capacité de se transformer en animaux. Pour se cacher des minotaures qui circulaient dans la cité, ils étaient entrés dans la demeure de Kuy, pensant qu’elle était inoccupée. Par chance, l’Onoadien avait eu l’indulgence de les garder sous son toit, jusqu’à ce qu’ils retrouvent Link. Le héros leur avait raconté qu’il croyait que c’était un dragon aux écailles cramoisies qui l’avait guidé jusqu’ici, même si ses pensées étaient fort troubles. Lorsque le reptile l’avait posé au sol, il avait probablement reçu un choc à la tête, ce qui lui avait faire perdre de nombreux souvenirs. Heureusement, le jeune homme se rappelait de tout ce qui s’était déroulé avant sa rencontre avec la bête écailleuse.

Un soir, le héros, Luyro et A’guì s’étaient rendus où brûlait l'immuable feu Éternel, dans lequel ils avaient plongé. Kuy avait curieusement fait de même. Le garçon se dit qu’il l’interrogerait lorsqu’il serait dans l’état de lui répondre. Pour le moment, il était assoupi.

La tête de Link commença à devenir lourde. Il ferma les paupières, se laissant emporter par une irrésistible envie de dormir. Quand il se réveilla, une douce odeur de fraîcheur lui monta alors au nez. Il ouvrit les yeux. Le héros constata qu’il était étendu sur de la mousse, dans une forêt dont les arbres étaient de grandeur normale. Il se dressa sur son séant. À ses côtés étaient affalés l’Hylien et l’indigène, qui reprenaient lentement leurs esprits. Un peu plus loin reposait l’Onoadien. Ils les avaient bel et bien accompagnés dans leur voyage interdimensionnel.

Le jeune homme discerna un gros bloc de pierre appuyé sur un baliveau qui se courbait sous le poids. La demoiselle à la peau d’ébène l’avait elle aussi aperçu. De nombreux débris de grosseur semblable les entouraient. Il y était gravé des symboles mystérieux et des scènes de combat. Mais ce qui capta le plus l’attention du héros fut les représentations de la Triforce qui y figuraient.

- Nous sommes de retour à Hyrule ! s’exclama-t-il, un sourire accroché aux lèvres.

A’guì et Luryo lancèrent eux aussi une exclamation de joie. Cependant, l’Onoadien semblait fort déconcerté. Link s’approcha de lui.

- Bienvenue dans notre monde, lui dit-il.

L’homme-animal ne l’entendit pas. Le garçon le laissa à son étonnement. Il s’approcha de l’Hylien et de son amante. Ensemble, ils se mirent à marcher vers l’endroit où il y avait le plus de débris. L’Onoadien les suivit distraitement, observant avec admiration la nature qui l’entourait. La mine joyeuse d’A’guì se transforma en une grimace de dégoût puis dans une expression dans laquelle se mêlaient effroi et tristesse. Elle leva des yeux interdits vers Luryo, qui ne saisissait rien de son soudain changement d’humeur. C’est seulement lorsqu’elle pointa le sol du doigt qu’il comprit pourquoi l’indigène était dans un tel état. Sous un bloc de roc était enseveli un corps ensanglanté. Le héros put reconnaître la figure du père de l’autochtone. Cette dernière fondit en larmes.

- Non ! C’est… c’est impossible… !

Elle se laissa tomber dans les bras de l’Hylien. Celui-ci la serra fortement contre lui. Désemparé, il posa un baiser sur le front de sa dulcinée. Il l’étreignit longtemps. Lorsqu’elle fut un peu moins agitée, Luryo lui souffla à l’oreille, dans le but de la réconforter :

- Nous lui offrirons des funérailles dignes de lui. Même si je ne le connais pas, il devait t’aimer très fort…

Ses sanglots redoublèrent d’ardeur. Cela prit près d’une heure avant qu’elle ait pleuré toutes les larmes de son corps. Ses yeux étaient tout rouges. Luryo la laissa aux côtés de son défunt père. Link fit quelques pas en sa direction.

- Maintenant que nous sommes de retour au royaume de Daphnes, il nous faudrait retourner au château, tu ne crois pas ? le questionna-t-il. On doit vivement s’inquiéter à notre sujet. Cela fait plus d’une semaine que nous sommes partis…

- Tu as raison, fit l’Hylien. Allons-y sans délai. Pour l’instant, nous devrions laisser A’guì et Kuy ici. On se poserait des questions en les voyant venir avec nous.

Il s’approcha de son amante et lui dit :

- Je dois m’absenter pour un certain temps. Kuy restera avec toi. Je n’en aurai pas pour longtemps.

L’indigène hocha faiblement la tête. Luryo adressa quelques mots à l’Onoadien avant de revenir vers le héros.

- Maintenant, nous pouvons y aller, déclara-t-il.

Ils trouvèrent facilement l’entrée du Bosquet Sacré – c’était là où étaient amoncelés le plus de débris. Un peu partout gisaient des dépouilles inanimées. Parmi ces cadavres, Link crut reconnaître le visage de certains des autochtones qui avaient participé à la célébration qui devait avoir lieu pour sa décapitation. Leur peau noire le lui confirma. Il espérait que toutes ces gens n’avaient pas péri par sa faute. Son sacrifice devait être une offrande aux déesses – s’étant enfui, il avait peut-être déclenché leur courroux.

L’Hylien et le jeune homme croisèrent la route d’un soldat. L’effondrement de la Porte de la Triforce les avait certainement attirés vers la forêt. La figure du combattant afficha une expression de surprise. Le héros lui dit :

- Je suis Link et voici Luryo. Je sais que nous avons disparu il y a un peu plus qu’une semaine, mais nous sommes enfin revenu.

- Mais non ! s’exclama le guerrier. Cela ne fait que quelques heures que vous êtes partis. La dernière cloche annonçant la fin de l’épreuve de la Chasse va sonner sous peu !


2-La cachette de la princesse

Link et Luryo, interloqués, s’étaient mis à courir à toute vitesse dans la forêt. Le temps passait probablement plus lentement dans la dimension des Onoadiens, ce qui expliquerait cette invraisemblance que cela ne faisait que quelques heures qu’ils avaient quitté le royaume. Ils atteignirent rapidement la plaine d’Hyrule. Heureusement, le pont-levis de la citadelle était encore abaissé. Ils continuèrent à gambader jusqu’au Grand Marché. Ils ne freinèrent leur course qu’en arrivant à l’estrade où les participants de la Chasse devaient se rendre une fois l’épreuve terminée. Frane, Galux, Yvaac, Marc et Niryk étaient en train de discuter à cet endroit. En apercevant le héros, le visage de Zelda s’illumina et elle poussa un soupir de soulagement. Au moment où le duo posa le pied sur la tribune, la cloche annonçant la fin de l’épreuve tinta.

L’ami de la princesse était encore sans chandail – on le lui avait enlevé lorsqu’on avait peint des symboles sur son corps, et maintenant le vêtement était certainement englouti sous les ruines de la porte de pierre – et ses cheveux qui commençaient à être crasseux étaient en bataille. L’Hylien était dans un état semblable. Tous les gens qui les encerclaient les observaient avec appréhension.

La princesse d’Hyrule s’approcha du héros, inquiète.

- Link, est-ce que c’est Luryo qui t’a tendu un piège? lui chuchota-t-elle. Où donc étiez-vous passé ? Pourquoi es-tu si sale ? Et quels sont ces dessins insolites peints sur vos corps ?

- Je t’expliquerai tout à l’heure, répondit simplement Link.

Heureusement, le garçon avait conservé sur lui la gemme qu’il avait trouvée sous le pont-levis du château. Il la plaça dans la cavité d’une table de pierre devant laquelle était gravé son nom. L’ancien ennemi de Link, l’ayant suivi dans son voyage interdimensionnel, n’avait récupéré aucune pierre.

Le petit personnage aux deux chapeaux turquoise qui animait le concours annonça le gagnant de cette épreuve, qui était Marc. Le nain proclama :

- La dernière et ultime épreuve, celle des énigmes, aura lieu demain après-midi. Nous pourrons enfin déterminer qui sera le conseiller de la princesse !

Au même moment, une puissante secousse ébranla alors la place. Les gens rassemblés aux alentours poussèrent des cris paniqués, se mettant à courir dans toutes les directions. Une fumée opaque montait de la plaine d’Hyrule. Un nouveau tremblement se fit sentir. Naec, qui était positionné non loin de Zelda, s’approcha d’elle. Il lui tendit une main.

- Venez. Je ne sais pas ce qui se passe par là-bas, mais vous devez vous mettre en sécurité. Suivez-moi.

Voyant que son amie s’enfuyait avec le soldat d’élite, Link la suivit. Luryo, quant à lui, se précipita de quitter l’endroit pour aller voir si A’guì et Kuy étaient en sûreté dans la forêt. Les soldats et les participants au concours tentaient de rassurer la population, tandis que d’autres essayaient d’éteindre les flammes qui commençaient à se propager dans la cité.

***

Une fois sa deuxième boule de feu projetée en direction de la citadelle, Ganondorf baissa le bras. Il vit un homme aux longs cheveux noirs qui quittait le Grand Marché en courant. Lorsque Luryo aperçut le seigneur du mal, il s’immobilisa.

- Comme on se revoit, grogna le maître des ténèbres, sa figure s’étirant en un rictus grossier.

L’Hylien tenta de s’enfuir, mais il était cloué sur place par une force mystérieuse. L’ancien ennemi de Link siffla entre ses dents :

- Bien que j’aie éliminé Daphnes comme vous me l’aviez commandé, je vous ai renié juste après. Le mal ne m’intéresse plus. Le garçon à la tunique verte vous a déjà vaincu. Il va le faire de nouveau cette fois encore. Je ne m’allierai plus jamais à vous.

Ganondorf émit un horrible ricanement.

- C’est ce que tu crois…

Il prononça alors une incantation et un maelström obscur se forma devant lui. Un vaisseau marqué de dessins étranges en émergea. Il était tiré par de grandes créatures noires aux yeux rouges et aux ailes de chauve-souris. Le tourbillon s’effaça. Le souverain de l’obscurité entra dans l’engin. Luryo, malgré lui, le suivit.

***

A’guì avait rapidement dû se remettre de ses émotions, car la forêt était envahie par une foule de créatures toutes aussi terrifiantes les unes que les autres. L’indigène avait tout d’abord été attaquée par une Peste Mojo. Elle n’avait pas été blessée, mais lorsqu’une plante Mojo était apparue tout près d’elle, elle s’était enfuie, suivie de Kuy qui avait pris un peu de contenance en voyant le danger qu’ils couraient. La jeune femme à la peau d’ébène et l’Onoadien s’étaient cachés sous une tente qui avait miraculeusement survécu à l’effondrement de l’immense porte de pierre qui trônait dans le Bosquet Sacré. Heureusement, car un énorme moblin passa à l’endroit où ils se trouvaient auparavant quelques instants plus tard.

L’homme animal chuchota à l’autochtone :

- Je vais me transformer en sanglier et je vais faire un tour pour voir si je pourrais retrouver Luryo ou Link. Ils pourront peut-être nous aider. Je ne suis pas armé, et tu ne le sembles pas non plus. On ne prêtera pas attention à moi sous ma forme bestiale.

Il se métamorphosa en marcassin et détala à l’extérieur du gourbi.
 
***

Naec conduisit la princesse dans un passage secret pratiqué sous le château d’Hyrule. Son entrée était dissimulée sous une statue de marbre blanc à l’effigie d’un ancien roi. Link suivit Zelda et le soldat dans le refuge. Ce n’était pas qu’il était apeuré ou qu’il ne désirait pas aider les autres à rétablir le calme dans la population hylienne, mais il voulait protéger la fille de Daphnes si jamais elle se faisait attaquer.

Le chef des combattants du royaume alluma une torche avant d’annoncer qu’il irait chercher les serviteurs et domestiques de la princesse au château le temps que la situation redevienne normale dans la cité. La citadelle était attaquée : il fallait mettre les gens en sécurité. Il sortit de la cachette et en boucha l’issue avec le buste sculpté dans la pierre.

Le héros balaya l’endroit du regard. C’était une petite pièce ronde creusée dans la terre, meublée d’une étagère et d’une simple table de bois, autour de laquelle se trouvaient une dizaine de bancs. Des réserves de nourriture étaient éparpillées un peu partout. Un petit tapis couvrait le sol. Le garçon prit place sur un siège. La princesse s’assit à ses côtés.

- Maintenant que nous sommes seuls, peux-tu m’expliquer pourquoi cela t’a pris autant de temps pour revenir de la Chasse et pourquoi ton torse est marqué de symboles bizarres ? lui demanda-t-elle. Est-ce que c’est Luryo qui… ?

- Non, l’interrompit Link, Luryo n’a rien avoir avec cela. Écoute bien, je vais tout te raconter depuis le début…

Il lui conta sa découverte de la Porte au Bosquet Sacré – Zelda fut étonnée d’apprendre qu’un si imposant monument puisse avoir été érigé à cet endroit sans qu’elle ne le sache, bien que Naec lui avait déjà fait part de sa découverte dans la clairière - et son aventure avec les indigènes. Il lui expliqua aussi comment il s’était retrouvé dans la dimension des Onoadiens, puis comment il avait réussi à retrouver ses compagnons et retourner dans le royaume. La princesse sembla déçue en apprenant que le jeune homme s’était épris d’A’guì, mais elle avait esquissé un sourire lorsqu’il lui avait dit que ses sentiments à l’égard de l’indigène s’étaient évanouis. Ce qui surprit le plus la future reine fut sans doute la rencontre du garçon avec les hommes-animaux et le soudain changement de comportement de Luryo.

Une fois que le héros eut achevé son récit, la fille de Daphnes lui dit comment elle s’était inquiétée à son sujet pendant son absence – bien que celle-ci n’avait duré que quelques heures. Elle avait craint que l’Hylien, qui avait auparavant tenté de l’attaquer lorsqu’il avait récupéré sa première gemme, n’ait essayé de lui tendre un piège après qu’elle l’eût relâché.

Naec revint finalement, accompagné des quelques domestiques de la princesse. Ceux-ci étaient vivement inquiets.

- J’ai essayé de les calmer, mais ils ne veulent rien entendre, affirma le commandant.

Les serviteurs se dispersèrent dans la pièce et le soldat s’approcha de la princesse. Il lui dit à basse voix :

- Nous sommes bel et bien attaqués par une puissance obscure, que je suis incapable d’identifier. Pour l’instant, ses assauts paraissent s’être arrêtés, mais l’agitation règne en Hyrule. Certaines personnes affirment avoir aperçu un vaisseau aux allures insolites dans le ciel. Je vais aller jeter un coup d’œil à la plaine. Je veux voir ce qui se trame là-bas.

Il quitta le refuge, laissant Link, Zelda et les domestiques seuls dans la lumière vacillante de la torche.


3-Quand le rêve devient réalité

Cela faisait un certain temps que le héros, la princesse et ses quelques visiteurs attendaient dans la cachette. Le garçon s’avança vers la fille de Daphnes. Il lui demanda :

- Sais-tu ce qui se trame à l’extérieur ?

- Je t’avais déjà dit que je pouvais désormais entrer en contact avec mon défunt père grâce à un cadeau que je crois les déesses m’ont offert. Il y a quelques heures, j’ai réussi à le joindre. Il m’a annoncé que Ganondorf était en train de semer la discorde dans le monde des damnés. Il se pourrait bien qu’il ait de nouveau trouvé une façon de quitter l’Outre Monde...

Le jeune homme demeura silencieux un instant.

- Si jamais c’était lui qui nous avait attaqués, je te jure que je lui ferais de nouveau mordre la poussière. Je ne veux pas risquer qu’il te kidnappe comme la dernière fois...

Zelda se rapprocha de lui.

- Tu sais, fit-t-elle, lorsque tu es parti pour l’épreuve de la Chasse, j’ai constamment pensé à toi. Je…

Elle ne put finir sa phrase qu’une violente secousse retentit. L’étagère dans le fond du refuge, où se trouvaient le garçon et la princesse, bascula. Link plongea et, entraînant la future reine dans sa chute, la poussa juste à temps pour ne pas qu’elle se fasse écraser sous le poids du meuble. Lui aussi s’esquiva de justesse. Un nuage de poussière emplissait le refuge, l’empêchant de discerner quoi que ce soit autour de lui. Le héros entendit quelques toussotements.

- Personne n’est blessé ? s’enquit-il.

Heureusement, on confirma qu’il n’y avait que des lésions mineures chez les domestiques. La saleté retomba lentement au sol. Le jeune homme s’adressa à Zelda :

- Je vais aller voir ce qui se passe à l’extérieur. Reste ici. Je reviens bientôt.

L’inquiétude se lisait sur le visage de la fille de Daphnes. Le garçon se précipita en dehors de l’abri de fortune. Lorsqu’il poussa la dalle de la statue qui obstruait le passage menant à l’extérieur de la cachette, un faible rayon de soleil parvint à ses yeux. La nuit tombait. Link ne tarderait pas à revenir.

D’abord, tout lui sembla normal. Le château d’Hyrule était en parfait était et se dressait comme auparavant aux abords des montagnes. Le héros prit la direction de la citadelle. La place était déserte. Les gens, de peur d’être de nouveau attaqués par un opposant inconnu, s’étaient sans doute réfugiés chez eux.

Le jeune homme leva les yeux au ciel. Il s'apprêtait à quitter le Grand Marché lorsqu'un immense vaisseau marqué de dessins étranges se posa dans un épais nuage de fumée au milieu de l’endroit. Il était tiré par des créatures ressemblant à des dragons. Le héros vit une silhouette diffuse sortir de l’engin. Lorsqu’il aperçut Ganondorf, il crut qu’il était encore en train de faire un cauchemar. Il se pinça, mais en vain : le rêve était devenu une réalité.

Ce qui se passa ensuite fut très diffus dans l’esprit de Link. Le maître des ténèbres avait levé la paume de sa main en sa direction. Elle n’était plus marquée du symbole de la Triforce, mais par un dessin représentant un œil. Une lueur violacée en avait émané. Link n’avait eu le temps de dégainer son épée qu’elle partait en sa direction. Le garçon avait fermé les yeux.

***

Zelda attendait impatiemment le retour du jeune homme. Assise sur un banc, elle était songeuse. La trappe menant à l’extérieur s’ouvrit alors ; mais c’était Naec qui entrait dans le refuge, et non le héros. Les traits du commandant étaient anxieux. Quelques ecchymoses couvraient son corps. Il fit un pas en direction de la princesse.

- Je… je suis allé voir ce qui se tramait dans le royaume et… eh bien… une grande quantité de monstres a envahi Hyrule…, balbutia-t-il. Par chance, je ne me suis pas aventuré trop loin, et je n’ai eu affaire qu’à des plantes Mojo et… des Pestes. Mais j’ai vu bien pire…

- Ce que je redoutais tant est arrivé. Ganondorf est véritablement de retour. Il faut absolument le mettre hors d’état de nuire avant qu’il n’étende sa domination sur le monde !

- Ce n’est pas tout, poursuivit le soldat. Il va falloir trouver un autre endroit où se cacher. J’ai déjà commandé à certains de mes hommes d’amener les citadins au village Cocorico. Là bas, ils seront en sécurité. Du moins, je l’espère…

La princesse garda le silence.

- Au moins, je n’apporte pas que des mauvaises nouvelles, fit Naec. Nous avons réussi à reprendre le dessus sur les flammes qui se propageaient dans la cité. Je n’en ai pas encore identifié la source, mais ça venait indéniablement de la plaine. Celui qui nous a attaqué semble parti. Nous pouvons profiter de cet écartement de danger pour se réfugier au village de la Montagne. Allons-y immédiatement.

Ils mirent donc en route en direction de Cocorico. Lorsque vint le moment de passer par la plaine d’Hyrule, on se mit à la queue leu leu, Zelda en premier et le commandant fermant la marche. Ils atteignirent le village sans se faire attaquer.

Le soldat les conduisit dans la cave d’une petite demeure, en bordure de la Montagne de la Mort. On y avait creusé un passage qui menait sous l'élévation. Au moins, là-bas, ils seraient en sécurité.

Zelda plaqua alors une main contre sa bouche. Elle avait oublié le globe qui lui permettait d’entrer en contact avec son père au château.

***

Link ouvrit les yeux. Une douce lumière l’entourait. Était-il mort ?

4-Le plan du seigneur du mal

Lorsque la boule d’énergie eut atteint l’endroit où se trouvait le héros quelques instants auparavant, elle passa tout droit et s’abattit sur la façade du bâtiment qui se trouvait derrière lui. Le garçon avait disparu. Ganondorf poussa un grognement de rage. Mais comment avait-il fait pour se volatiliser ainsi sans qu’il ne s’en aperçoive ? Il l’ignorait, mais si jamais la route du maître des ténèbres croisait de nouveau celle du jeune homme, il l’assaillirait sans attendre.

Le seigneur du mal revint dans son vaisseau. Luryo se tenait dans un coin, immobile. Il était possédé par une force obscure. En fait, c’était le Gerudo qui l’avait mis sous son joug. Il l’avait en quelque sorte hypnotisé. L’Hylien n’était plus libre de ses mouvements, mais il voyait ce qui se passait autour de lui et l’entendait. Le sombre personnage s’avança vers lui, un sourire perfide accroché aux lèvres.

- Maintenant, lui dit-il, nous allons faire croire que tu n’as rien à voir avec le meurtre de Daphnes. Je sais que tu as participé à une épreuve de "chasse" ou je ne sais quoi avec le stupide gamin et d’autres personnes. Nomme-moi une de ces personnes. Immédiatement.

- Fr… Frane, articula difficilement celui qui était malgré lui son serviteur. Je l’ai battu au… au duel à l’épée.

- Bien. Maintenant, va chercher cet individu et conduis-le moi. Je serai au sommet de la Montagne de la Mort. Surtout, il ne doit pas savoir à qui il a affaire. Tu me rejoindras là-haut.

- Oui… maître…

L’Hylien sortit de l’appareil qui prit son envol. Il savait que Frane s’était réfugié au village Cocorico. Il eut tout juste le temps de quitter le Grand Marché que le cortège de la princesse allait dans la même direction que lui. Par chance, personne ne l’aperçut. Lorsqu’il arriva au village de la Montagne, il vit l’individu qu’il recherchait qui se promenait de maison en maisonspour voir s’il pourrait trouver un endroit où il pourrait s’abriter. Luryo l’intercepta.

- Hé ! Salut Frane !

Voyant que son interlocuteur avait l’air étrange, ce dernier répondit :

- Euh… salut ?

- Écoute, fit la marionnette de Ganondorf, je dois te montrer quelque chose de la plus haute importance. Tout de suite ! Elle se trouve au sommet de la Montagne.

- Et qu’est-ce que c’est ? se risqua Frane. Ne vois-tu pas que je suis occupé pour le moment ? Tu es sûr que c’est si urgent que ça ?

- Tu verras par toi-même. Et oui, c’est pressant.

Voyant que l’autre Hylien ne paraissait pas d’humeur à discuter, il obtempéra.

- D’accord, je te suis…

 Qu’y avait-il donc à la cime du volcan ? Et sinon, qu’avait Frane à perdre en faisant ce que lui demandait Luryo ? Ça, malencontreusement, il l’ignorait. Et il allait regretter amèrement d’avoir pris cette décision.

Ils prirent la direction de l’éminence rocheuse. Depuis que le volcan s’était éteint, il était désormais moins dangereux de s’aventurer sur ses flancs. Cela ne prit que quelques minutes au duo pour se rendre au sommet de la montagne. Lorsqu’ils y arrivèrent enfin, l’homme chauve aperçut Ganondorf. Il n’eut pas le temps de faire un mouvement que le seigneur des ténèbres plantait son regard dans le sien, le maintenant sous son emprise comme il l’avait fait avec l’autre Hylien.

- Ce soir, tu te faufileras dans l’endroit où se cache la princesse d’Hyrule et tu verseras ce poison dans l’eau qu’elle boira, ordonna le maître du mal en tendant une petite fiole à Frane. Sa mort aura pour effet de déstabiliser le stupide Link. Si tu te fais prendre, ce n’est pas grave : on te prendra pour celui qui a tué Daphnes. Luryo, tu resteras avec moi.

Frane partit vers Cocorico, le flacon en main. C’est à ce moment que le profil d’une personne se détacha de l’obscurité, derrière Ganondorf. C’était un homme trapu qui arborait une barbe semblable à celle de Luryo. Il avait un regard incroyablement sombre. Ses yeux jetaient des flammes.

- Maître, pourquoi ne faites-vous pas de même avec le gamin ? Je veux dire… pourquoi ne l’empoisonnez-vous pas ? osa demander Gwalit. Ou, maintenant que vous êtes capable d’hypnotiser les gens, vous pourriez le mettre sous votre contrôle.

Ganondorf se tourna vers lui. La confusion régnait dans son esprit, mais il ne le laissa pas paraître.

- Ce garçon n’est pas comme les autres, affirma-t-il à son plus fidèle serviteur. Une puissance divine m’empêche d’user de mes pouvoirs sur lui. J’ai déjà de la difficulté de m’approcher physiquement de lui. Tout à l’heure, lorsque j’ai voulu l’attaquer avec l’une de mes sphères d’énergie, il s’est volatilisé. Lorsque le moment sera venu, il viendra vers moi. Et je lui ferai regretter d’être venu au monde…


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