Auteur Sujet: K. ~ Partir et autres expériences.  (Lu 16989 fois)

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Hors ligne HamsterNihiliste

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K. ~ Thanatos, mon ami
« Réponse #30 le: mercredi 29 décembre 2010, 19:10:58 »
Nouvelle fournée, nouvelle création en un nombre de chapitres existant mais désincarné. C'est de l'absurde, c'est un monde où tout se perd, où la question du sens devient risible, même si le héros qui n'a de héros que le nom cherche à sauver sa raison, on attendra toujours, puisque c'est la seule solution. Enfin on y voit ce qu'on veut. J'avais déjà fait un peu la pub avant, je l'ai sobrement intitulée Thanatos, mon ami, anti-référence à Misanthropie, mon amour. C'est un peu ça.

*

•Thanatos, mon ami

Chapitre 0 : Ceci n'est pas un prologue

Il était une fois, au numéro douze de la rue du Moineau qui chante, au quatrième étage, au fond du couloir à gauche, deuxième carreau en partant de l’Est, le trois avril mille neuf cent cinquante-cinq pour être précis, un petit écureuil qui fabriquait des mouchoirs de couleur rose pour ma soeur qui n’hésitait r’a peute. C’est dans un univers qui n’a absolument rien à voir que prend place une histoire qui n’a absolument rien à voir.
Hors du continuum espace-temps pour être précis, c’est l’histoire d’un mec, peut-être un héros, peut-être habillé de vert, qui vit peut-être dans une ville paumée où il n’a absolument rien pour devenir le Héros d’Hyrule, qui allait commencer une aventure, et qui n’avait pas de qualificatif pour la désigner.
Le plus originalement du monde, ce mec s'appelle Link. Ça fait un choc hein, j’peux vous dire que moi, la première fois que je l’ai lu, attendez, s’appeler Link pour un mec comme ça, c’est franchement étonnant non ?
Bref Link, qui aurait aussi pu s'appeler Zelda, Robert, ou Jean-Alfred, est schizophrène, avec un accent grave. Et croyez-moi, la schizophrénie, avec un accent aigu, c’est grave. Mais comme pour chaque aventure épique, il faut bien lui trouver un compagnon de route, ceci aura son importance. Quand même, je sais ce que j’écris, c’est pas du grand n’importe quoi si ce pauvre type est schizophrène. Je connais mon plan, je sais donc exactement ce que je veux écrire. Vous verrez si vous attendez la suite. Attendre, hélas, mais si c’est le seul moyen, alors attendons.
Et je ne vous ai peut-être pas prévenu que la vie, c’est absurde.

Link, dans sa petite bourgade paumée, devait partir pour sauver la princesse, ou quelque chose du genre. Enfin je crois qu’il ne se posait pas de questions, qu’il devait partir, sans raisons. Comme si la raison avait une place dans ce monde faux dans lequel il vit. La raison, c’est bien son principal ennemi et son principal allié.
C’est à un moment complètement quelconque qu’il se met, pour ne pas se retrouver à court de ce merveilleux et enrichissant bien qu’est l’argent, à entrer chez ses voisins sans frapper, à faire des roulades contre leurs étagères pour faire tomber un pot plein d’espoir, à voler leurs économies durement gagnées à l’usine, à piller les frigos et à prendre un morceau de gras de jambon, avec tout le respect qui lui est dû. Comprenez-le, suivre cette routine sans avoir à parler, c’est ennuyeux. Alors contre cet ennui, sa schizophrénie l’oblige à utiliser ce merveilleux art de la parole, sans ironie aucune.

-Nom de Zeus ! J’peux parler, dit-il avec un point à la fin.
-Ouais, enfin si tu dois parler pour ne rien dire, ne parle point, lui répond à ces mots sa schizophrénie. À propos, comment va ta schizophrénie ?
-Tu vas bien, merci. Sur ce j’ai à pénétrer chez des gens. Sans vulgarité.
-Entre un calembour sur pénétrer et un pot détruit sur une étagère, j’ai comme un souvenir tiens. Mais quoi, je vois pas du tout.
Après ces calembours plus ou moins littéraires, il passe chez sa copine la boulangère, dont l’habitation jouxte le précipice de la falaise donnant sur la réserve de Phazon des autorités secrètes.
-C’est secret, ne dis rien ! Par contre j’aime bien le verbe jouxter, me dit la schizophrénie de notre héros.
Mais je ne donne pas de suite à cette remarque.
-Bien l’bonjour m’dame la boulangère, vous avez de belles miches aujourd’hui !
-Elle était facile, répondit cette dernière. Vous allez me la faire à chaque fois, Monsieur Link ? Mais quoi que vous disiez, vous aurez toujours droit à tout mon respect, vous le savez !
-Je venais juste pour vous voler quelques réserves de rubis, j’en ai besoin.
-Très bien, Monsieur Link, faites comme chez vous ! Sans problème, surtout servez-vous, je vous en prie, merci beaucoup Monsieur le Héros !
-Avec plaisir.
Il s’approvisionne donc, et part sous les honneurs de madame la boulangère et des ménagères de moins de cinquante ans.
-Mes bourses sont pleines ! hurle-t-il en sortant.
Des fois il m’énerve. Je viens à peine de lui donner la liberté de la littérature, il déshonore déjà ce merveilleux art, sans ironie aucune. C’est bien parce que j’écoute Medli’s Awakening que je ne le pousse pas dans la réserve de Phazon.

Pour poursuivre sa trame narrative, si trame narrative il y a.
-T’écris bien dis donc, me coupe la schizophrénie.
Il est gentil, mais reprenons. Link se dirige vers le bazar de la ville, et non pas le bordel.
-Faut arrêter avec ces jeux de mots vulgaires, d’autant plus que personne ne les comprend, me fait-il remarquer non sans aplomb.
Je pousse ma gueulante. Je suis l’auteur, j’ai tout droit sur mes créations. Un jour je me rebellerai, mais pas demain, demain je procrastine.
Voilà qu’il entre dans le magasin, sûrement pour dépenser hédonistement, et je me ris des anti-néologistes, tout son argent moins durement gagné. Mais qui pourrait résister à une DeLorean volante fonctionnant au Phazon au prix cassé de quatre-vingt-dix-neuf virgule quatre-vingt-dix-neuf rubis, pour s’enivrer hors du temps ? Même Link et sa schizophrénie n’y résistent pas, je vous l’avais dit. De plus, grâce à sa raison, il lui reste encore des économies,et c’est à partir de ce moment qu’il s’apprête à prendre le large.

Link aura-t-il besoin de route là où il va ? Réussira-t-il à conserver sa raison malgré l’absurdité dans laquelle il sombre ? Pourquoi Thanatos ? Vais-je finir drogué ? Quel est le sens de la vie ? Vous le saurez. Peut-être.

*
« Modifié: vendredi 30 décembre 2011, 23:04:37 par un modérateur »

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K. ~ C'est l'été
« Réponse #31 le: samedi 15 janvier 2011, 17:09:54 »
Salut HamsterNoeliste, je viens de lire ton premier chapitre d'Origines.
J'aime bien, c'est bien écrit. Tu t'inspires de Termina, mais tu fais ta propre histoire. Tu l'adaptes, tu en fais ton pays.

Par contre, j'ai remarqué qu'il y avait parfois des majuscules qui apparaissent comme ça sans raison apparente. Je n'ai peut-être pas compris, mais pour moi, je ne vois pas ce qu'elle fait là.

De plus dans ta publication, il y a un caractère étrange qui s'est mis. Il faudra l'enlever.
Little bit of love

Hors ligne HamsterNihiliste

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K. ~ Thanatos, mon ami
« Réponse #32 le: jeudi 27 janvier 2011, 18:00:06 »
Thanatos, mon ami, quelque chose qu'on peut appeler un deuxième chapitre, enfin je crois. Quoi dire ? C'est un peu plus long, un peu plus poussé, on peut trouver un sens à la raison et à l'absurdité, enfin je crois. On a aussi ce qui ressemble à des intertextualités qui disent en bref que la littérature, c'est bien m'voyez. Le chapitre et son titre si bien porté se basent là-dessus d'ailleurs. Enfin je crois.

*

Chapitre (-12 + 13 ) : Lis tes ratures

Appelez-moi Ismaël. Il y a quelques années de cela - peu importe le nombre exact - ayant peu ou prou d’argent en poche, et rien ne me retenant à terre, je décidai de naviguer un peu pour voir l’étendue océanique du globe. En DeLorean.

-Oui, je pars en mer, dit Link.
-Moi aussi, répond sa fidèle schizophrénie.
-Ben oui je sais.
-Qui diable y résisterait, après tout ? C’est l’Océan, c’est profond.
-Ben oui c’est profond.
Je réagit.
-Arrêtez de vous quereller pour des inepties aussi ineptes ! crie-je.
Un long silence se fit entendre.
-Joli ça, me répond Monsieur la schizophrénie.
La joliesse n’a plus d’intérêt par ici. Et tu remarqueras que je ne parle pas de beauté. Tu remarqueras également que je te parle, moi l’auteur en personne. Appelle-moi K.

Ils prennent la mer. Moi aussi. Ils disent vague. Moi aussi. Nos coutumes divergent, et quand elles divergent il y a dispute, et diverge pour dispute c’est énorme, mais c’est équitable.
La mer est jolie. C’est à peu près ce qu’il y a à dire. Je ne vais tout de même pas dénaturer le miroir où contempler son âme dans le déroulement infini de sa lame dans un texte où la littérature et la poésie se font la malle. Toujours est-il qu’ils prennent la mer sur une DeLorean artisanale ; ils forèrent les poutres et les joignirent ensemble, au moyen de chevilles et d’autres assemblages. Ils dressèrent le mât et l’antenne du mât, puis fabriquèrent la barre pour pouvoir gouverner sur la route.
-La route ? Là où on va on a pas besoin, de route.
Ils jettent alors négligemment leur œuvre par delà le panorama le plus effroyablement désolé qu’il est donné à une imagination humaine de la concevoir. Même si la raison est censée se sauver, l’on doit se croire sur la Mer des Ténèbres.
-C’est moi où ton dernier chapitre de Misanthropie, mon Amour. t’as fortement inspiré ? me demande face à un tel talent, auquel je ne crois pas, sa schizophrénie de son acidité impie.
-Comme les Chevaliers de la Mort ! intervient Link premier du nom, de l’esprit et de toutes ces choses qui se font la malle.
-Oh. Si tu savais ce qui m’inspire. Seigneur Dieu.

Pas la peine d’expliquer les tourments traversés, qui n’ont d’épique que le nom face à une humanité ne méritant même pas d’être tragique. Assez voyagé de Charybde en Scylla pour ce paragraphe.
Il est temps que j’explique la mer où nous allons. L’île que vous voyez là-bas est appelée par les Norvégiens Vurrgh. Celle qui est à moitié chemin est Moskoe. Celle qui est à un mille au nord est Ambaaren. Là-bas sont Islesen, Hotholm, Keildhelm, Suarven et Buckholm. Plus loin, — entre Moskoe et Vurrgh, — Otterholm, Flimen, Sandflesen et Stockholm. Tels sont les vrais noms de ces endroits ; — mais pourquoi ai-je jugé nécessaire de vous les nommer, je n’en sais rien, je n’y puis rien comprendre, pas plus que vous.
-Alors là je suis sûr que personne, absolument Personne ne verra le plagiat d’Edgar Allan Poe. Je te parie... Je te parie ma DeLorean tiens.
Link, le premier, qui veut toujours sauver ce qui est censé s’appeler Raison mais qui se fait la malle, ne craint pas de pousser sa verve, avec un v en quatrième position je vous prie.
-On avait dit : pas d’allusions sexuelles à l’avenir, signé Schizophrénie.
-Tatatatatata. Primo, on n’avait jamais exprimé ça, et Levi, l’auteur en personne à savoir moi, est en train de parler.
Link détourne donc cet extrait, traduit par Charles Baudelaire en personne.
-Et à l’Est, les Royaumes de l’Est, dominés en leur Nord par les luxuriantes forêts de Lordaeron. Si le tourbillon de la Mer Voilée au centre d’Azeroth vous contournez, les portes de Kalimdor vous sont ouvertes. À l’Ouest le plus profond, l’île, distinguée par son dernier gigantesque Arbre-Monde, non loin des côtes de Sombrivage, abrite Teldrassil, où un jour je pourrai retrouver un peuple non distant de mon espèce.
-Faux ! Nous ne serons jamais des elfes de la nuit ! Ne te pervertis pas à l’Ombre et à ce
mouvement hippie qui veut vivre avec des Druides et des Chasseurs ! Nous sommes des hauts-elfes !
-Parce que tes Pedelfes de sang ils sont pas drogués peut-être ?
-Arrêtez de vous batter ! crie-je.
Et ils arrêtent de se batter.

Après avoir traversé un éprouvant débat pour savoir qui avait raison parmi ceux qui ont tort, l’accostage s’opère. Ça y est, il est guéri de son cancer.
-C’était nul.
-Je sais. Je me confesse.
La voiture civilisée est laissée sur la côte. Non sans peur. Aucune forme de vie n’est présente ; tout semble mort et figé. Tout est mort et figé d’ailleurs. On se croirait à Hiroshima, à peine après avoir quitté la mer et sa pseudo-tranquillité. On nous apprend, en effet, au beau milieu des commentaires d’une foule enthousiaste que n’importe quelle ville peut être rasée par une bombe de la taille d’un ballon de football. La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie.
-Là pareil, personne, absolument Personne ne verra le plagiat d’Albert Camus. Je dis qu’il va nous falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif et le suicide.

Soudainement, au laid milieu de cet avant-goût de raz-de-néant, des enveloppes s’envolent. Link les ramasse, certaines sont vides.
-Super, une enveloppe ! dit-il schizophrène en la serrant contre son corps.
Il y a des cœurs sur la plupart. Sur toutes d’ailleurs.
Des petits mots éparpillés, en guise de réponse ou de questions sur chacune d’elles. Tu n’as pas vu d’hôpital à Hiroshima. Tu n’as rien vu à Hiroshima. Je n’ai rien inventé. Tu n’as rien vu à Hiroshima. Comment aurais-je pu éviter de le voir ? Rien. De même que dans l'amour cette illusion existe, cette illusion de pouvoir ne jamais oublier.
Intrigués nous sommes. Ils me demandent naïvement :
-L’amour ? Ça veut dire quoi l’amour ?

Je silence et je saute une ligne.

-De toute façon moi, je suis misanthrope.
En continuant la pseudo-exploration, un bonhomme avec un labrador mort, un démon et un alien explorent également le Temps et l’Espace.
-Bonjour, je m’appelle Roy Duncan, l’aventurier du Temps et de l’Espace, dit-il.
-On sait, c’était écrit dans ta description, répond Link le moins non-censé.                                                   
-Ah. Alors comme ça vous êtes misanthrope ?
-En effet.
-Ah.
-Ah.
-On va devoir se quitter alors. Concluons cette discussion passionnante. Bonjour, ça va ?
-Ça va, et vous ?
Puis ils se quittent donc.

Peu après, dans cette même île où des âmes perdues se perdent, un jeune homme de 16 ans, aux cheveux blonds respirant la liberté, s’apprête à entrer dans un rêve pour découvrir l’absurde.
On l’accoste. Je le connais bien.
-Halte là ! Je suis Link, je suis schizophrène et misanthrope !
-Bonjour, je m’appelle Kafei et je suis misanthrope.
-Bonjour Kafei ! crient-ils comme des alcooliques anonymes.
-Quel est donc cet étrange endroit ? On dirait une île où des âmes perdues se perdent, s’étonna-t-il.
-Il faut croire que c’est une île où des âmes perdues se perdent.
Je préfère me cacher. Au point où j’en suis. Ils sont juste en train de discuter de choses futiles qui se font la malle. Même si Kafei est en train de rêver après s’être intensément refoulé, le pseudo-protagoniste de cette pseudo-aventure semble apparemment fouiller dans son inventaire bondé pour donner un objet, un symbole à Kafei, qui est lui un héros bien réel. Parmi son bazar qui se veut organisé, il semble chercher son ocarina perdu au milieu de nulle part, pour s’en séparer finalement. Ça sera sa preuve. Son symbole.
Puis Kafei s’en va, par la même raison pour laquelle il est venu.

Je lui murmure tout de même :
-Kafei. Je suis ton père.
Ils ont vu les plagiats. Pas la peine de me contredire, point. Je reprends les droits de ma propriété intellectuelle littéraire, dont la valeur pléonastique est à débattre, sur la DeLorean.

Fin de partie

*
« Modifié: vendredi 30 décembre 2011, 23:04:54 par un modérateur »

Hors ligne HamsterNihiliste

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K. ~ Il part
« Réponse #33 le: jeudi 27 janvier 2011, 18:17:20 »
Dans la foulée, je publie ici le texte du concours de Noël de John Craft, qu'j'ai intitulé Il part. C'est léger, c'est réaliste, ça n'a rien à voir avec Zelda, avec vrais morceaux de Téléphone dedans. Joyeux Noël hein :noel:

Merci Yorick, j'ai corrigé le caractère bizarre qui arrive de temps en temps. Mais pas les majuscules, puisqu'elles représentent les concepts plus symboliques et importants aux yeux des habitants, ceux qui ont une valeur dans l'univers, comme la Lune, les Marais ou le Cimetière qui sont des régions.

*

•Il part

Pom Popopopom Pom Pom, je suis le Père Noël. Étonnant non ? En même temps vous en connaissez 56 des vieux gros bonshommes en rouge qui incarnent la magie d’un tel concept, à part Staline ? J’espère que vous avez été sage, pour que je vous apporte vos désirs consuméristes d’enfants pourris gâtés par milliers dans vos petits souliers pendant que vous dormez sagement ce 25 Décembre 2012 en m’attendant comme votre esclave ! Et même si je dois me déplacer à 1170 km/s dans l’air en portant quelque 600 000 tonnes de cadeaux, ce qui produirait une résistance à l’air monstrueuse qui flamberait mes rennes en 4.26 millièmes de secondes, par une énergie de 14 300 millions de joules par seconde, vous pouvez compter sur vos cadeaux ! Même pas la peine de commettre un tel sacrifice énergétique chez mon Rodolphe au nez rouge, puisque sujet moi-même à des accélérations de 17 500 G, je me retrouverai instantanément transformé en une crotte de pigeon dans la cour du château d’Hyrule. En bref je n’existe pas.

Si je n’existe pas, du moins tel que vous le pensez mes enfants, alors qu’est ce que je peux bien faire de mes journées ? Telle est la question mes enfants. Noël va arriver, emportant avec lui et apportant pour nous sa magie, son hiver, ses batailles de bonshommes de neige, ses cadeaux par milliers, et je n’ai pas du tout à me plaindre de ma condition, je suis comme vous et moi mes enfants. Je ne suis pas un pauvre abandonné qui passe son hiver dehors à demander des pauvres pièces, sans se soucier de ses illusoires pauvres cadeaux. Je ne suis pas un taulard qui aimerait passer Noël hors d’ici avec sa femme qu’il a tuée. Je ne suis pas le Père Noël qui parle dans les airs avec un chapeau, même si je vous fait croire que je le suis. Non, je pense bien que je ne suis pas.

Vous savez mes enfants, j’écris seulement. Vous êtes en train de lire une partie de ma mise à nue plus ou moins intellectuelle, que j’ai écrite plus ou moins en freestyle. C’est comme ça, mes enfants, ça arrive souvent les soirs d’hiver quand il fait froid, tu crois que tu rêves tellement c’est parfait, t’aimes, mais t’aimes que même si Elle te demandais de plus l’aimer tu le ferais tellement tu l’aimes, tu partages ses nuits, ses jours, son café, ses amours, et puis elle te casse tout sur la gueule en guise de cadeau de Noël, alors que tu l’aimais à en crever, et tu veux continuer à l’aimer, alors tu t’dis qu’tu veux crever, qu’est ce que tu crois mon enfant ? Boh et puis après tout ça arrive, tu t’mets à faire des lignes en écoutant du Téléphone, t’espères, tu t’fais toujours un peu consoler par la douceur de l’hiver et par Rodolphe au nez rouge.

Rodolphe au nez rouge, c’est un de mes potes que j’appelle comme ça. Comme le renne du Père Noël pour qui je me prends, il s’appelle Rodolphe alors comme c’est Noël et qu’il fait froid, il a le nez rouge. Allez pas croire une autre raison mes enfants, tout le monde n’est pas si désespéré. Rodolphe c’est le genre de mec avec qui t’aimes pleurer, qui aime bien un peu toujours tous tes goûts, au moins il aime. Oui, lui aussi Rodolphe il aime Téléphone, va savoir pourquoi. Histoire de pas gaspiller mes pleurs, j’l’ai invité dans mon humble demeure pour partager un Noël. Je me suis déguisé en Père Noël, et l’espace d’un instant je crois que j’existe. Il pose au moment même où j’écris ceci sa main sur mon épaule. Elle aussi posait souvent sa main sur mon épaule. C’est drôle. Le 21 Décembre des pauvres pigeons prévoyaient une fin du monde. J’pensais pas qu’elle tomberait sur moi. Mais comme le monde n’est pas détruit, il y a encore des esprits, des coeurs, et des corps à conquérir. Ça se retrouve vite il paraît.       
 

Excusez-moi, j’espère que j’ai pas trop renversé mon verre sur cette feuille, je viens de m’hydrater d’une once de Vodka. On vient d’apporter le rôti de biche, au moment où je vous écrit. Ça me rappelle que je l’appelais toujours ma biche, c’est pas très original, mais au moins, on s’aimait. Et puis elle adorait l'améthyste. Mais c’est qu’un rôti de biche, où tu veux voir de l’améthyste dans un rôti de biche ? Où tu veux que je la voie encore dans cet hiver ? Qu’est ce qu’il y a ? Tu veux que je t’appelle encore mon enfant ? Bah après tout, au point où j’en suis mon enfant, j’peux bien t’appeler ma biche aussi. De toute façon j’en mangerai pas d’ce rôti. Rodolphe non plus, il en veut pas, il préfère partager ce qu’il y a à partager. Et le partage ça se fait à deux, mon enfant. Boh. Si tu veux partager, mon enfant, partage. T’es mignonne tu sais. Tu as de beaux cheveux, tu es belle, tu as des formes. Bien sûr c’est pas tout, mais au moins tu m’écoutes, tu existe. Tu veux un peu de rôti ? Tiens, ouvre la bouche.

Je viens de lui faire lire ces grafouillis, à cet enfant, elle a trouvé ça joli. C’est peut-être le mot. Si elle le dit. Elle  a l’air d’apprécier mon style. Je lui ai donné un morceau de rôti en lui disant ouvre la bouche, et elle a ri. Mon améthyste elle riait pas spécialement. Et elle aimait que je l’appelle ma biche. Elle, elle aime moins, elle préfère l’originalité. J’l’appelle mon enfant. C’est joli aussi. Ça rappelle Noël, ça fait vert, alors que dehors on est entouré de blanc.
Le rôti est à peine entamé, y’a des cadeaux sous le sapin, il neige dehors. Je n’ai pas froid, je ne viderai pas ma bouteille de Vodka, je ne partirai pas dans l’ambulance par -10°C en attendant ma mort. On peut essayer de s’aimer. Je peux tout jeter ; c’est mon plus beau Noël.


Pour cette éventuelle future compagne qui me réchauffe le cœur. Tu as souhaité lire une histoire de sentiments humains, c’est pourquoi je te livre cette fiction de ma création. En espérant qu’elle te plaise et que tu puisses donner suite à notre relation. Je t’aime.
Tu apprécieras sans doute mon avance ; Joyeux Noël !

Père Noël - Quelque Part Dans L’Imaginaire - 22 Décembre 2010.


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« Modifié: vendredi 30 décembre 2011, 23:05:06 par un modérateur »

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K. ~ C'est l'été
« Réponse #34 le: jeudi 27 janvier 2011, 20:06:46 »
Well...ça c'est ce que j'appelle étaler ses tripes sur les pages du forum!
C'est assez chouette, j'aime bien le nihilisme dont tu fais preuve, c'est mature et bien fourni en matière de références.

Cependant!
Trop de nihilisme et de réflexions pessimistes peut apporter une lourdeur incommodante au récit. Il y a aussi certaines "facilités" à éviter si tu maintiens le langage soutenu.
ex: "ne me prends pas pour un con" dans un sujet sur la futilité de l'existence de link en tant que roi...ça passe limite.

A part ça, j'ai pas grand chose à dire, la nouvelle du pot m'a particulièrement plu, pour le reste, il y a de bonnes idées mais le style est encore un peu hésitant, tu es sauvé par tes références en quelque sorte. ^^

Voilà, continue comme ça, GML approves! =D

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K. ~ Thanatos, mon ami
« Réponse #35 le: mercredi 02 mars 2011, 19:24:29 »
Voici ce que l'on peut appeler le deuxième chapitre de Thanatos, mon ami, tout en lettres s'il vous plaît. Comment expliquer ça ? Et bien il y a du nihilisme, j'en profite pour dire bonjour à la critique de 'Lu que je econnais parfaitement, il y a une perte de la raison, il y a une recherche de la raison, il y a une recherche des peines perdues, il y a du Meuporg, il n'y a pas de moutons carrés, il y a peut-être du Thanatos; et enfin il y a du nihilisme comme c'est étonnant.

*

Chapitre Deux : À la recherche des peines perdues

Qu’est ce que c’était ?
-C’était ? Pourquoi c’était ? Je te ferai remarquer que cela ne ne te correspond pas de t’enfermer dans le passé, me fait remarquer Link.
-Tu as raison.
Il s’extasy s’extasie alors, ayant finalement peut-être illusoirement réussi à sauver sa raison, à la seule suite d’un seul mot prononcé par ma seule personne. Mais au point où tout en est, on peut comprendre que c’est compréhensible.

Trêve de regretter autant que de perdre ma crédibilité, nous voilà errant tels des âmes perdues sur cette île où des âmes perdues se perdent. Nous ne savons pas où faire, quoi aller, ni qui tu es. Où courir ? Où ne pas courir ? Dis-moi qui tu es, je te dirai qui tuer, toi qui me tutoies.
-Mais qui tu es, toi qui cherche qui tuer ? demande Link le premier au laid milieu de ce néant onzetordu.
-Thanatos ? réponde-je, apeuré autant qu’extasié par une réponse.
-Mon ami ? réplique la schizophrénie.
Hors d’un monde de sales amis qui sont sots s’ils sont, il faut croire que parce qu’elle est morte, Adèle, on ne sait pas si c’est de l’art ou du cochon. Donc Thanatos est peut-être un ami. Peut-être.
-Oui, mais tu as dit donc. Entre Link qui a eu raison, et toi qui as donc, tu crois que l’espoir existe ? demande affectueusement Link le schizophrène par opposition à Link le raisonné.
-On ne parle pas d’avoir pour une notion aussi sacrée que la raison.
-Vindicte ! Crie l’autre pour la seule raison qu’il a entendu sacré.

Nous avons peur de l’espoir. Parfois je pourrais désormais m’appeler HamsterNihiliste, puisque ça ne changerait pas tant. Où qu’en soit l’espoir ou la raison, ou je ne sais quelle espèce en voie de disparition qui permet toujours de faire des rimes, nous devons malgré tout continuer notre périple, qui n’a de périple que le nom.
-Ne sois pas nihiliste, Hamster, répond Link ou l’autre.
-Je m’appelle K., s’il te plaît.
-Oui, appelle-toi K. si tu veux, mais si je veux, moi, je ne t’appelle pas K.

Je réfléchis à la subtilité de cet un de mes protagonistes, puis nous félicite lui et moi pour ce semblant d’ébauche de révolte qu’il vient  de déclarer. Mes personnages qui commencent à se rebeller ; je n’attendais que ça. Je ne veux que les tester face à l’absurdité de la vie.

Ils restent alors sur cette terre inconnue, en se tournant les pouces ou encore en parlant de lettres et du néant. De lettres ?
-Hey ! T’as vu ça ? J’me tourne les pouces en parlant de lettres et du néant ! entend-je de la part de la schizophrénie. Toujours est-il que leur vie reste absurde.

Oh ? Que vois-je à l’horizon ? Il me semble qu’il s’agit, peut-être, semble-t-il, d’un ou d’une pancarte. Sur un fond musical aussi agréable que mélancolique. Quelqu’un y a écrit : La vie c’est absurde et l’on y peut rien - Signé : Le peintre des pancartes.

À ces mots, parce qu’il faut croire qu’il sait lire, Link se met à chanter. Une chanson du même nom de Jean-Jacques Goldman, vous savez, elle est sympa cette chanson, elle parle de l’amour et que l’on y peut rien. Mais, comme cette magnifique tentative pour retrouver la logique trouve un lien entre une écriture et une autre forme d’art, alors il faut croire en une sorte de logique. L’autre Link, l’opposé, soupire.
-Je croyais que l’espoir et la logique n’existaient pas ! Alors nous vivons dans la fausseté ! Tu... Tu nous a trahi !
-Bien sûr que nous vivons dans la fausseté ! crie-je. Bien sur que non je vous ai pas trahis ! C’est le chaos, c’est l’imprévisibilité, même pas celle des hommes, mais celle du monde, qui nous a trahi !
-Quoi qu’il en soit il n’y a pas de logique ! crie sa schizophrénie en empêchant de terminer sa chanson, lui sautant dessus intérieurement.
Il respire fort. Il a eu peur. Moi aussi. Je crois que la peur c’est un sentiment. Bêrk. Vous pensez que ça se nettoie ?

-Si ce n’est toi, tu es donc schizophrène, remarque la personne la mieux concernée pour en parler.
Je soupire plus fort en me disant que je finirai schizophrène. Et drogué. Et suicidé, une dague dans le coeur en citant Baudelaire.
-Mon Dieu c’est à se pendre. Tu es en train d’écrire, K., repens-toi.
-Oui, tu as raison, je vais me rependre, répond-je à Link.

Puis, tandis que nous nihilisons sans raison - la bonne blague -, nous nous tournons encore les pouces comme toujours. Comme quand l’on chante la chanson qui dit Tourne, tourne, petit moulin, tape, tape, petite main. Sauf qu’ici rien ne tourne, que même si l’on voulait taper quelque chose, l’on s’en empêcherait.

Au milieu de cet ennui à se pendre, Link le schizophrène déclare soudain :
-J’ai une idée !
Nous nous extasions.
-Partons à la recherche des peines perdues ! continue-t-il.
Nous nous extasions un peu moins mais partons tout de même à la recherche des peines perdues.

Je précise que je ne fume pas mon parquet. Si j’avais de la moquette chez moi, ça pourrait être légitime, or je n’ai que du parquet.

Toujours est-il que nous enclenchons notre sort Logique, ce qui déclenche un buff augmentant notre score de Raison de 99% et nous aide donc à accomplir la quête des peines perdues, quête que personne ne nous a donnée. Et c’est bien connu, qui mange du buff mange du buff.

Nous ne savons toujours pas comment, mais nous avons réussi à trouver les peines perdues que nous recherchions. Ce n’était absolument pas dur et nous n’avons aucun mérite, mais on peut au moins se donner une bonne conscience en pensant avoir fait quelque chose.
Bordel et je le dis sans être vulgaire, c’est fou ce que j’écris pas super bien aujourd’hui, boh, ça arrive, c’est que de l’écriture spontanée, j’vous met au défi d’écrire spontanément vous.
Link le schizophrène me répond :
-J’y arrive ! Alors Un, deux, trois, Squadallah, nous sommes partis : ioè!çyérhyuFRIU’Ç(OÀ)Ç(!ÇPUJIIOJhuehueSPONTANÉÉÉÉéééééééééééééééééééscritur.
-Non mais on parle d’écriture et d’écriture. Cette chose que tu viens de cracher n’est pas de l’écriture. Je crois pas que la mienne n’en soit non plus, mais à côté de ça, tout est relatif.

-C’est relatif. Donc c’est logique, reconnaît en s’excusant Link le schizophrène qui avait commencé par brider toute logique.
-Logique. Il faut croire . Ils l’ont été durant ce semblant d’épisode. J’vais les remercier pour les encourager. Je leur offre la DeLorean que j’avais confisquée, elle servira de monture volante pour explorer ce truc même pas Baroque. De la même manière que je l’ai confisquée, je la rend, je serai toujours à même d’y reprendre mes droits, je suis l’auteur, je suis libre. Mais quoi qu’il en soit, nous devons marcher, continuer ce qui est censé s’appeler une histoire. Bien.
-Je vous récompense donc je vous redonne la DeLorean. Ne me remerciez pas.
-Évidemment, tu nous récompense pour la Raison, pourquoi veux-tu user de ton affectif ? répond Link logiquement. Tu ne vas, tu ne peux pas me dire que tu a délaissée cette œuvre qu’est la Raison, pour laquelle tu nous a formatée, au profit d’un affectif ? Ne nous trais pas une autre fois ! Je t’en prie !
-Chut. Tu commence à perdre de ton côté.
-Alors aide-moi ! Je ne veux pas plus m’abaisser à perdre ce qu’il reste dans mon monde des idées ! Dialogue ! Explique-nous ! Raisonne ! Qui es-tu ? Et qui sommes-nous ?

Je peux avouer après quelques décisions qu’ils n’ont pas à parler de ceci avec moi. Du moins, pas pour l’instant.

Mais je reviendrai.

*
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K. ~ Thanatos, mon ami
« Réponse #36 le: dimanche 03 avril 2011, 17:05:47 »
Ça existe vraiment des gens qui lisent ce truc ?
Chapitre après le deuxième, donc disons troisième, de Thanatos, mon ami, avec un début écrit sans plan et le reste qu'on rattrape sans trop savoir ce qu'on rattrape. Après celui-ci, la fin commence, enfin, comme toujours, je crois.

*

Chapitre après le deuxième : C'est nul

J’écris sans mon livre oh mon Dieu auquel je ne crois pas c’est terrible. Pour un jour, quelques mots sur un piano, je ne suis pas à ça près.
-On est pas à ça près, crie Link en insistant sur le On parce que, rappelons-le, ils sont schizophrène, sans s au pluriel sinon c’est pas drôle.
-Drôle ? Je te rappelle que nous sommes sur une île d’âmes perdues où des âmes perdues se perdent, avec des accents circonflexes, continue-t-il sur un truc qui n’a d’ailleurs aucun rapport.
À ce moment aussi peu fatidique qu’est de qualité ce qu’écrit Amélie Nothomb, une âme perdue accompagnée d’un accent circonflexe surgit de nulle part, c’est à dire de partout parce qu’ici, c’est tout et rien.
Disons-lui bonjour.
-Bonjour âme perdue et accent circonflexe ! s’écrient-ils comme des alcooliques anonymes.

Attendez, ça fait trois semaine que j’ai écrit ce truc, j’ai retrouvé mon livre, vous me forcez à continuer espèces de schizophrènes que vous êtes.
-Aha c’est nul !
-Ouais, grave. Attends, on va voir à quelle rapidité j’peux écrire tout ça.
-Vas-y, j’te force à écrire, tu t’rends compte de ce que tu peux faire pour nous ? demande Link, le premier, le pas normal bien qu’il soit pas sa schizophrénie voyez-vous.

C’est vraiment terrible de devoir écrire de telles horreur. Je le fais comme un dignitaire indigne de ce nom indigné de dédaigner les cadavres déshérités délaissés dans leurs fosses, dégoûté de sa déification désespérée.
-Ça a un sens, ce que tu écris ? demande l’autre.
-Je crois, réponde-je.
-Bien, alors continuons à explorer cette terre vide en marchant sans raison nulle part sans ressentir de besoin, continue-t-il.
Oui je ne fais que recopier mot à mot mon plan, c’est dire si c’est nul.
-Roh, j’voulais compléter, tu m’as pas laissé trois points de suspension à la fin de ta phrase pour que je te coupe la parole !
-Est-ce que j’ai un esprit à laisser des points de suspension ?
-C’est dire si t’as aucune inspiration.
-Mais on continue la suite, ah oui je précise que c’est K. qui parle. Alors, t’sais, genre, on va faire une signification orphique dans une dichotomie, et de la raison, et de la raison, parmi lesquelles bien sûr tentent de s’y accrocher au sein de leur monde sombrant dans l’absurde. Hé c’que j’écris là c’est pas juste pour faire lol ça veut rien dire t’utilises des mots savants genre les dessins animés de TF1 pour gosses, pléonasme.
-Mais puisque ton plan est déjà établi, t’as pas besoin d’inventer des éléments littéraires, non ?
-Oui, mais faut bien combler, surtout là, dans une autre oeuvre plus intellectuelle, la raison coule de source, mais là, à l’inverse de Jean-Paul Sartre sortant du lit d’Elsa Triolet disant : C’est pas qu’on s’emmerde, mais il est tard, je dirais plutôt comme Elsa Triolet sortant du lit d’Aragon : C’est pas qu’il est tard, mais, m’voyez.
-Donc puisqu’on comble, hé, t’as vu, c’est joli c’que je dis !
-Oui, continue-je, mais toujours est-il que, oh, regarde, voilà Orphée et Euridice qui courent vers la sortie !
-Mais ! Mais y’a pas de sortie !
-Si, crois-je, derrière nous, il y a une sorte de ville pour laquelle je me fiche éperdument si nous l’avons déjà vue ou pas !
-Oui, continue l’autre, peut-être, mais c’est derrière, donc c’est du passé, et le passé, tu nous a dit que c’était mal, et qu’il fallait pas retourner vers le passé !

Je soupire.

-Oui, continue-je, c’est vrai. Mais enfin.
-Mais enfin c’est quand même Orphée, dit la schizophrénie en prenant la parole parce que ça faisait longtemps.
-Non non non, ta ta ta, poum poum poum, 14 14 14.
-14, alors là, tout de même, que vais-je lire, continue le schizophrène avant que je ne lui coupe la parole.
-Ne dis point n’importe quoi, dis-je, Thanatos, mon ami ne se lit pas.
-3 fois 14 parce que 3,14, je reconnais, c’était nul.
-Parce qu’on doit se justifier à chaque truc qui est nul ici ?
-Parce que !
-Orangina Rouge, mais pourquoi est-il si méchant ?
-Parce que !
-Oui tu l’as déjà dit, c’est pas la peine, c’est là la subtilité. Ah oui au fait je sais pas qui parle, j’écris comme ça, allez hop hop hop au boulot les koupaings.

Alors puisque j’veux me repérer on a dit que derrière y’avait une ville avec de la vie, mais que c’est derrière, et que derrière c’est le passé, alors le passé c’est pas bien bien sûr mais comme derrière y’a de la vie et que je crois qu’on cherche de la vie alors on a un paradoxe et le paradoxe c’est paradoxal. Nous continuons à nous déplacer sur place.
-Paradoxe, dis-tu ? demande la schizophrénie, pas trop raisonnée, mais qui au moins le cherche, alors que l’autre, c’est le contraire.
-Je comprends pas ce que tu dis, dit l’autre.
-Arrêtez de me faire soupirer parce que j’aime pas soupirer dans ces circonstances. Ahaha vous verrez la violence avec laquelle je tape sur mon clavier pour écrire, c’est vraiment monstrueux ce que j’inflige à l’écriture sur ce truc.
-Donc puisque c’est un paradoxe, si il a bien compris, ce qui veut dire que c’est la schizophrénie qui parle, mettons en scène un paradoxe, Osef de Orphée et d’Euridice, c’est des mythes, ils sont morts maintenant.
-Les morts ne sont pas morts. Dis-je.
-C’est pour ça qu’on les voit actuellement, en train de courir vers une vie, derrière au passé, continue-t-il.

Mais que faire de ce paradoxe ? Quel suspens ! Pourquoi moi et mes protagorasnistes infligeons-nous de telles monstruosités à ce qui pourrait être une œuvre littéraire ? Vous le saurez pas au prochain épisode car la fin du chapitre se trouve à la fin, j’ai quand même mon plan tout de même.
-C’est dans ce chapitre qu’on découvre qu’on a besoin de Thanatos pour contrer le paradoxe ? demande le Link qui est censé être normal.
-Non, mais y’a quand même un paradoxe, réponde-je.
-Ah ? Lequel ? demande-t-il.
-Celui de la logique ! crie-je.

Pendant ce temps, modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée, les soupirs de la sainte et les cris de la fée.
-Ouh, c’est cocasse.
Je continue car il m’a coupé.
-Orphée continue donc de courir sans se retourner. Si je le vois sans que je ne me sois retourné, c’est parce que je suis quand même un narrateur omniscient. Hé, faut bien ça quoi.
-On continue à massacrer ta littérature alors ?

Je soupire.
-Au point où on en est.

Puisque. Puisque nous parlons de Thanatos pour contrer le paradoxe de la logique. Comme prévu, K. trouve la solution inattendue juste après avoir soupiré :
-Mon Dieu pardonnez-moi, j’ai créé des monstres.

C’est ainsi que la vie du passé derrière du paradoxe fut détruite, autant de significations orphiques ou paradoxales qu’elle abritait.


*
« Modifié: vendredi 30 décembre 2011, 23:05:37 par un modérateur »

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K. ~ Thanatos, mon ami
« Réponse #37 le: vendredi 29 avril 2011, 19:25:59 »
Nouveau chapitre de Thanatos, mon ami, où un semblant de réflexion envers la littérature et les vrais personnages peuvent commencer à émerger. Mais c'est ballot, c'est bientôt la fin.

*

Chapitre 3,14 : Une aventure épique selon les journaleuhs

J’ai détruit une ville, j’ai détruit des vies, j’ai créé des dinosaures, j’ai détruit des dinosaures, j’ai créé l’Homme, l’Homme m’a détruit. J’ai tué l’écriture. Mais j’ai prouvé sa liberté. C’est le prix de la liberté.
-À chaque fois t’es obligé de citer des citation de tes derniers chapitres de Misanthropie, mon Amour., c’est pas possible ! dit l’un, peut-être celui qui est schizophrène. Oui c’est ça.
-Ben si, c’est possible de citer des citations, tu veux que je cite quoi, des horloges ?
-Horloge.
-Woh, il a réussi il est trop fort, dit le Link qui semble pas schizophrène.

Et puis, parce qu’il sont Link, et qu’ils ont un but de personnages de jeu vidéo qui ne doivent pas se poser de questions, ils le font, allez allez c’est l’heure d’aller dans des temples chercher des artefacts, d’aller battre des boss et d’aller sauver la princesse parce qu’elle s’est faite enlever par le boss final. Alors allons-y.
-Alors si j’comprends bien, dit le même que tout à l’heure qui est quand même dans les jeux éponymes.
-Comme Épona ?
-Je te coupe la parole. Le héros dans les jeux éponymes donc il doit sauver la gentille, parce que, même si elle a pas les yeux bridés et une face de citron, elle est poursuivie par un méchant, alors le gentil doivent la sauver. Oui il n’y a pas de faute de frappe.
-C’est parce qu’on est schizophrène !

Woh, il a compris grâce à un semblant de raisonnement, enfin raisonnement, j’suis pas du genre à espérer, vous voyez le genre.
-Ben oui t’es pas du genre à espérer, tu viens de le dire, dit celui dont j’ai pas envie de dire qui parle parce que c’est quand même de l’écriture spontanée et encore ça fait mal à l’écriture.
-Aïe, j’ai mal à l’écriture ! crie l’écriture.
-Bon sang, qu’est ce que j’ai fait, mais qu’est ce que j’ai fait mon Dieu pour suicider comme ça un art qui sombre dans une indifférence elle te tue à petits coups l’indifférence.
-J’ai mal à l’amour propre ! continue-t-elle.
Elle est là. Elle est encore notre paradoxe, alors que je suis son maître, j’écris, et pourtant je la tue. Elle nous enfermera dans notre paradoxe, et pourtant je ne peux pas la tuer. Tant qu’on va dans un Temple de la Forêt Aquatique dans le Ciel en Feu pour trouver le sens de la vie, on aurait très bien pu rester avec sa schizophrénie comme compagnon de voyage, mais non.

Cependant, alors que nous avons traversé les marécages, la mer, les volcans, la Cobblestone, le Bedrock, et le Néant Distordu, l’écriture, attendez je vais tout de même même si je suis tellement occupé à savoir si je dois le faire que je ne sais pas comment je vais le faire, Écrire Écriture avec une majuscule, donc l’Écriture semble s’être éteinte, où en tout cas, elle n’est plus avec nous, elle n’a plus mal. C’était bien la peine d’écrire.

Je commence à avoir peur. La porte du Temple de la Forêt Aquatique dans le Ciel en Feu s’ouvre parce qu’on va dire qu’on a trouvé la clé. Mais le sens de la vie n’est pas une clé.
-On ne dit rien nous ? demande étrangement Link.
-Dites donc.
-Donc.

Ils ne sont vraiment pas si absurde. C’était bien la peine perdue.
Donc - la bonne blague - l’écriture ne se plaint plus. Soit elle n’est plus, soit elle n’a plus mal, mais comme dans notre société on est ce qu’on a, alors ça semble, euh, ça semble.
-Tout ça n’est que tromperie.
-Oui. Mais chut, je te persuade, tu crois quoi, que je vais te convaincre ?
-Oui ? Non, c’est vrai quoi.

Sur ce, le Temple de la Forêt Aquatique dans le Ciel en Feu nous a déjà ouvert ses portes. On entend une voix : « Link, je suis la gentille princesse Zelda, même si je ne sais pas me défendre, même si je n’ai rien d’autre à faire que de me faire enlever, même si je suis une blondasse et que l’univers vidéoludique que j’incarne se fait sauvagement massacrer par un auteur aussi insensé que je vais perdre ma respiration à débiter cette phrase sans virgule, et que et toi tu es un gentil héros, même si tu es un paysan qui n’a rien demandé, même si tu es schizophrène, même si tu es une ordure, et même si la figure héroïque que tu incarnes se fait autant massacrer par un auteur aussi moral que cette fiction est à la littérature. Alors, viens me sauver même si j’ai pas une face bridée et des yeux de citrons parce que sinon les méchants vont gagner. C’est original hein ? »

Alors, la salle contient des ennemis qui apparemment sont méchants, ou au départ c’était des gentils mais en fait ils sont corrompus, bref, Link les tue parce que, apparemment, Thanatos est avec lui. Une pulsion. Thanatos.
Alors, évidemment, nous trouvons la solution, parce que Thanatos, mon ami, il est nécessaire. Alors, nous avons une clé pour pénétrer dans la prochaine salle dont nous ne connaissons pas l’existence, à part moi parce que je suis quand même un narrateur omniscient.

Mais, et ils sont bien les premiers à s’en étonner, la clé ne rentre pas dans la porte.
-Oh mon Dieu je panique ! Je panique !
-Non, ne panique pas ! crie-je.
Mon Dieu il est à deux doigts de perdre le peu de raison qu’il avait.
-Ne panique pas ! crie-je au cas où il serait atteint de la maladie d’Alzheimer.
Alors, il recommence son topo comme quoi blablabla je les ai trahis en disant qu’il existait encore de la Raison et que nous avons besoin de Raison pour trouver les réponses et cafétéria.
-Mais ce n’est pas de la Raison ! Il n’y a plus de Raison ! Tu n’auras jamais plus de Raison ! crie la schizophrénie.
-Ma Raison ! Je veux ma Raison ! crie Link.

Thanatos.

La réponse est 42. Était-ce un paradoxe ? Je ne sais pas. Mais puisqu’il en est ainsi, la réponse nous permet de pénétrer dans la dernière salle où se trouve la princesse. C’est une salle dans laquelle il y a la princesse qu’ils doivent sauver parce qu’ils sont gentils. Nous y avons accédé, au besoin de Thanatos, peut-être de la Raison, peut-être d’un paradoxe, mais en tout cas, comme dans tout stéréotype, il y a un Boss final.

Alors, après aucune retrouvailles émouvante, je leur supprime la princesse.

*
« Modifié: vendredi 30 décembre 2011, 23:05:52 par un modérateur »

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K. ~ C'est l'été
« Réponse #38 le: samedi 30 avril 2011, 14:55:03 »
Alors, voilà. Ça faisait très longtemps que j'avais envie de venir lire ce que tu avais en stock, donc j'ai pris mon courage à deux mains et je suis venu.
J'ai lu Origine et franchement j'ai bien aimé. Je répète j'ai bien aimé, il faut donc comprendre que ton texte comporte des points faibles. Mais on n'y est pas encore.
Proposer une chronique historique de Termina et de connaître les connaître les origines de Link, c'est intéressant et très original. On ne nous propose pas tout les jours des trucs dans ce genre. Par contre le style est u peu trop minimaliste à mon goût. Toutefois, je pense que le message est plus important que le style.
J'ai en effet été assez frappé par le pessimisme que dégage ce texte. Une utopie complètement gâchée par la raison. En effet, les plus raisonnés, ce sont rendu compte qu'un bonheur aussi parfait ne pouvais pas durer et qu'ils s'en sont rendu compte, ils ont tout gâté. On voit aussi clairement l'application que met l'Homme à tout foutre en l'air. Quelle jovialité dans tes écrits.
Il y a un autre truc qui pêche dans Origines, c'est que certaines explications sonnent totalement faux. Exemple, pourquoi Taya accompagne Link. La conversation entre Navi et Taya m'a laissé totalement sceptique.
Voilà, c'est à peu près tout ce que j'ai à dire sur Origines. Passons maintenant à Thanatos, mon ami. Quand j'ai lu le résumé, je me suis dit chouette ça promet. De plus, la numérotation des chapitres en disait long (chapitre 0, chapitre (13-12), même un chapitre π). Mon enthousiasme est vite retombé. Avec un style totalement décousu, avec une narration sans queue ni tête, tu nous noie dans un monde de non-sens digne d'Alice au Pays des Merveilles (en moins drôle). Le tout assaisonné de calembours atroces et de références incongrues style la DeLorean (Retour vers le Future) ou Roy Duncan. Franchement j'ai du me forcer pour lire deux chapitres. Je ne pense pas que j'irai plus loin, désolé. Il y a vraiment une chose qui me chagrine, c'est que le décalage total tue l'âme du texte, ce que tu voulais faire passer. Le message est paumé dans tout ce fatras et je n'ai même pas réussi à percevoir où tu voulais nous mener.
Donc au final je préfère largement Origines, tant pis ses défauts.

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K. ~ C'est l'été
« Réponse #39 le: samedi 30 avril 2011, 17:16:44 »
Bien le bonjour Raph', ravi de pouvoir lire un nouvel avis, premier sur Thanatos, mon ami de surcroît. J'avoue qu'il faut un certain courage pour s'y plonger, c'est en effet d'une jovialité à rendre gris le Soleil de Termina, mais effectivement, toutes mes fics tournent autour du même thème et du même schéma. Le style d'Origines est minimaliste, c'est vrai, c'est en fait à cause d'un schéma que j'ai voulu exploiter ; j'ai construit chaque paragraphe sur un nombre de mots défini, en en rajoutant cinq à chaque fois. Je l'referai pas parce que, d'abord, c'est chiant, et ensuite, c'est une contrainte qui gâche parfois la cohérence, comme le dialogue entre Navi et Taya ; c'est des fées, admettons qu'elles communiquent par des liens télépathiques, qu'à Termina elles furent des connaissances de longue date par exemple.

Merci d'abord pour ton œil objectif donc, cependant il y a des points sur lesquels je ne suis pas d'accord. La raison ne gâche pas l'utopie, elle ne fait que l'analyser et la constater. Si l'Élite et Ikau pour ne citer qu'eux l'utilise, c'est pour se préparer face à la menace pressentie, pas pour mettre à mal le monde, au contraire. C'est uniquement la guerre, venue de l'extérieur et dont la raison, elle, est inconnue, qui va tout foutre en l'air, et donc ils constatent que leur raison a été mise à mal et qu'ils peuvent la remettre en question, d'où
(Cliquez pour afficher/cacher)

Donc pour une fois ce n'est pas l'Homme qui court à sa perte.

Quant à Thanatos, ne t'inquiètes pas : Il n'y a pas de message, il n'y a absolument aucune once d'infime existence d'âme du texte, ce qui permet aux personnage et à l'auteur d'êtres des ordures qui bouffent l'écriture dans des tortures atroces. Je ne veux également mener nulle part, à part peut-être vers une fin. Par contre, parmi tout ce bordel insensé, il y a une réflexion sur l'écriture, sur sa liberté. Ça sera peut-être expliqué à la fin, comme tout ce que tout le monde dans la fic attend, c'est dans cette fin que l'écriture sera peut-être un peu plus logiquement construite.
Mais on y attend rien, c'est bien son but d'être une perte de la raison et de sombrer dans l'absurde, même si, loin de moi l'orgueil d'écrire du vrai absurde en me mesurant à Beckett ou Ionesco ; c'est de l'écriture spontanée, ça ne s'écrit pas, ça ne se lit pas, et comme le dit le chapitre après le deuxième : C'est nul.

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K. ~ Thanatos, mon ami
« Réponse #40 le: samedi 04 juin 2011, 17:27:37 »
Le dernier chapitre de Thanatos, mon ami. Court. L'auteur parle. Le paradoxe se questionne. L'écriture se rebelle même si elle ne le fait pas. Je laisse une petite attente quelques jours avant l'épilogue, lisez quoi, pourquoi, comment, quand, où vous voulez.

*

Chapitre 42 : 47

Aube du Quatrième Jour.

-J’suis réveillé dans une mare d’oubli et de débauche, mon haleine sent l’absurde, mon corps est recouvert de folie. J’sais plus ce qu’il s’est passé depuis que l’auteur a écrit le dernier chapitre de l’autre bouquin.
Je ne réponds pas mais ne fais pas qu’endurer pour autant. Après tout.
-Après ! Comment ça, après ? Le temps n’existe pas, as-tu dit ! continue le Link plus ou moins normal.
Un silence ne se fait pas entendre, mais c’est normal, parce qu’un silence, ça ne s’entend pas.
-Mais qu’est ce qu’il fait ? Qu’est ce qu’il fait le narrateur ! s’insurge la schizophrénie.
-Non, on écrit une question avec un point d’interrogation, s’insurge-t-il doublement en jouant mon rôle.
-Ah oui, c’est vrai ?

Ils sont amusants. Mais chut, ne leur parlons pas. Qu’est ce qu’ils peuvent bien se débrouiller tout seul ?

-On était quoi ? Dans un temple ?
-Oui en effet, je crois.
-Pour aller sauver la princesse qui est gentille ?
-Oui en effet, je crois.
-D’un Boss final qui est méchant ?
-Oui en effet.
-Avec nous en tant que protagonistes qui est schizophrène - et il n’y a pas de faute de frappe ?
-Oui en effet.
-Sans un auteur qui est absent ?
-Oui.

Un autre silence ne se fit pas entendre parce que je l’ai déjà dit.

-Tu as oublié quelque chose dans ta phrase, dit-il habitué à ce que la schizophrénie réponde toujours Oui en effet, je crois.

Sur ce il nous faut continuer, alors continuons, je dirais même plus, finissons.
-Fini, c’est fini, ça va fini, ça va peut-être finir.
-Woh l’autre, on a compris l’influence beckettienne dans cette pseudo-écriture.
-Alors avançons. Regarde. Il y a un chemin en face.
Alors ils empruntent le chemin qu’il y a en face.

Ils ouvrent la porte, les voilà en lumière. Je referme la porte. Les voilà.

Bonsoir. Je ne me présenterai ni comme un méchant ni comme n’importe quelle autre entité. Je suis un Boss final, si je veux. Je ne suis que l’auteur.
Mes personnages sont époustouflés.
-Tout ça pour être suivis par la bipolarité d’un auteur qui ne faisait qu’être paradoxal ?
À peu près. Si vous le dîtes.
-Mais.
-Que fais-tu là ?
Qu’est ce que je fais là. J’écris. Seulement. Suis-je un méchant. Peut-être. J’ai choisi que ma liberté fasse de vous des schizophrènes absurdes, qu’elle fasse de moi un paradoxe névrosé, qu’elle fasse de la littérature un produit produit en masse que l’on bouffe avec la bêtise humaine.
Et alors. Je l’ai choisi. Je ne l’ai pas aimé. Maintenant, je peux très bien dire que vous avez effectué une quête pour la liberté. Je vous ai écrits. Je peux très bien faire en sorte que vous vous rebelliez. Vous êtes des œuvres littéraires. L’Écriture elle-même est venue prôner sa toute-puissance, alors, qu’attendez-vous. Je suis un connard, je vous ai tués, j’ai tué l’Écriture.
-Mais je peux me révolter ! Je suis fait de lettres ! Et les lettres, qu’est-ce que c’est ? Ton ego ne nous as t-il pas formaté en prônant et prouvant que toute œuvre est toute puissante ?
Tout œuvre, si. Tout art, si. Toutes lettres, si. J’aurais en effet pu réfléchir, au lieu d’imaginer, une toute autre réflexion, au lieu d’une pseudo-histoire spontanée. Pourquoi ? Parce que je suis libre. Vous auriez pu vous rebeller. Vous êtes faits de lettres ; vous aussi. Alors pourquoi ? Pourquoi ?

-Paradoxe.

Paradoxe.

Avant que Thanatos ne réponde, laissez-moi dire que même le paradoxe n’a pas de sens. Vous étiez une écriture pure. Brute. Seule. Sans liberté. Voilà tout. Tandis que d’autres étaient les deux. L’écriture sans la liberté, elle est comme Éros sans Thanatos, comme l’amour sans la haine, comme le givre sans le feu, comme la pluie sans le soleil, comme vous sans moi. Je vous ai écrits, je me suis écrit. Soit.

-La vie est donc absurde, déclare sa schizophrénie.
Lui ne dit rien.

Je les tue.

*
« Modifié: vendredi 30 décembre 2011, 23:06:11 par un modérateur »

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K. ~ Fin de Thanatos, mon ami !
« Réponse #41 le: mardi 21 juin 2011, 22:05:20 »
Je conclus donc Thanatos, mon ami qui aura occupé une page entière, par cet épilogue infime mais infini qui ne fait pas que croire avoir un sens. C'est alors en cette date que soit l'hiver est fini, soit l'été commence.

Avec le plaisir d'avoir écrit, si l'on peut encore l'appeler écriture, cette deuxième fiction parallèle à Misanthropie, mon Amour., et de la partager avec ceux qui le veulent bien.

*

Chapitre K. : Le sens de la vie ?

Puis il se réveilla.

“ La vie ne serait-elle qu’un songe ? “ déclara-t-il. “ Je n’en ai qu’une mémoire floue, comme l’infinie masse des songes sans lesquels nous ne serions rien.
Autant continuer à rêver. Morphée, ma vie, envole-moi. “



Il était une fois, au numéro douze de la rue du Moineau qui chante, au quatrième étage, au fond du couloir à gauche, deuxième carreau en partant de l’Est, le trois avril mille neuf cent cinquante-cinq pour être précis, un petit écureuil qui fabriquait des mouchoirs de couleur rose pour ma soeur qui n’hésitait r’a peute. C’est dans un univers qui n’a absolument rien à voir que prend place une histoire qui n’a absolument rien à voir.

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« Modifié: vendredi 30 décembre 2011, 23:06:34 par un modérateur »

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K. ~ C'est l'été
« Réponse #42 le: mercredi 22 juin 2011, 02:11:02 »
Ton texte est clairement une expérience personnelle.
Il est un exercice de te jeter sur un papier et écrire et écrire et essayer de mettre plein de trucs qui t'amusent ou te plaisent, mais, surtout, qui te passent par la tête d'un seul coup. C'est une expérience très intéressante et nourrissante.
Un détail : même si certaines fautes passent pour voulues -pour des blagues ou jeux de mots-, certaines sont juste des fautes, pense à te relire ^^
Sinon, tu sais jouer avec les allitérations, les sonorités, les sens, etc, etc. Tu t'en sors très bien.
Ton texte est souvent confus, mais ça va dans le sens du récit, donc ça ne dérange qu'à peine.
Cependant, le principal défaut, c'est que tu vas un peu nulle part. Tellement nulle part que je ne vois même pas pourquoi tu arrêtes : c'est le genre de choses que tu pourrais continuer à profusion, dès que tu en as envie tu reprends Link et sa schizo et hop tu repas.
C'est un texte plus pour toi que pour les gens à qui tu le montres; c'est très intéressant à lire, mais c'est surtout toi qui en tires quelque chose.
J'ai bien aimé le lire, donc; mais parce que j'ai eu envie de voir ce que tu réservais.
Donc le prochain texte que je dois lire de toi, c'est un plus narratif. Un qui veut raconter quelque chose, pas juste montrer quelque chose ^^
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K. ~ C'est l'été
« Réponse #43 le: jeudi 11 août 2011, 19:24:05 »
Nouvelle d'été, le plus sobrement du monde intitulée. Je parle de nouvelle d'été car je l'ai écrite durant ce temps, mais ce n'est pas le genre de Mémoires d'un pot ou Ne rougis pas qui respirent le soleil et l'herbe verte. C'est un monologue. C'est tout, celui d'un fou qui regrette. Soit. Moi-même ça m'a fait peur, c'est pour cela que je pense pouvoir affirmer en m'autodescendant : Ça ne vous plaira pas. Je précise également, c'est la première nouvelle que j'ai écrite à l'aide d'un brouillon plus détaillé et consistant, c'est pourquoi j'ai préféré m'essayer au monologue pour être le moins contraint par une autre forme. Mais puisque c'est l'été.

*

•L'été

Tout est terminé. La glace a cassé. Je ne garde plus aucune trace de givre ou d’amour de la haine envers toi et moi. Je t’aimais l’été, je te haïssais l’hiver, je réussissais à ne te nommer qu’à la troisième personne. J’aimais la haïr plus que la haine ne le peut, j’aimerais la haïr à m’en crever les veines. Mais terminé le temps où leur givre craquait. J’ai perdu l’ardeur de te haïr, j’ai perdu la raison de t’exclure de mes heures. Je ne garde plus de raison de souffrir. Je regrette peut-être l’hiver qui me nourrissait, je regrette peut-être quelque chose que je ne connais pas, ou que je n’ai pas connu. Il peut peut-être être fier d’avoir vécu une fin si monotone. Pas de doute, l’hiver est éteint.

Le rire m’a arraché à la haine, le cœur au désespoir. Je semble vide. Je continue peut-être à me battre pour ceux qui chassent la lumière et qui vivent heureux un éternel hiver, pour ceux qui ne croient ni au bonheur, ni à l’été, et qui n’ont jamais cru à n’importe quelle autre illusion. Mais peu importe le passé, j’oublie. Oublier, voici ma fin si je reste accroché. Suis-je passé du Cocyte à Léthé ? Il semblerait réellement. Pourtant, l’été, ça semble agréable, plus près d’une chaleur accablante et d’une mer à la liberté perdue. Les autres qui vivent en été ont trouvé un bonheur, c’est merveilleux, ça brille, c’est magnifique, c’est merveilleux, j’ai trouvé le bonheur !
C’est ironique. Je ne veux pas trouver le bonheur. Je veux le chercher. Si je le trouve, qu’est ce que j’aurai à faire d’autre que de jouir de la fin de ma recherche, pour pouvoir enfin crever la bouche ouverte arborant la mine réjouie du crétin satisfait ?
Mais puisqu’il faut vivre, alors soit. Pas de doute, c’est l’été.

Je ne sais déjà plus ce que je dis. J’ai perdu des raisons, ai-je perdu la raison ? J’en ai peur. Mais la peur, mais le passé, mais la haine, mais peu importe. Puisque la montagne est belle, puisqu’ils disent que ça brille, que voilà l’idéal. Est-ce que profiter du soleil a déjà tué quelqu’un ? Est-ce qu’écouter les Beatles dans son hamac en voulant repartir dès que le vent soufflera a déjà rendu fou ? Est-ce que jouer trois accords de guitare pour balancer les bras le soir autour du feu est anormal ? Non. Bien sûr que non. Voilà que je regrette de ne pas avoir voulu être normal. Ça viendra peut-être, ça ne viendra peut-être pas. Il faut fatalement croire qu’il y a des choses qui sont soumises au hasard et d’autres qui ne le sont pas. Il y a des gens qui aiment et d’autres qui n’aiment pas. Soit.

Je fais partie des gens qui n’aiment pas. Mon cœur a appris a dormir dans un hiver aussi froid que les champs du Norfendre. J’ai peur qu’il se réveille. J’ai peur de regretter. Mais puisqu’on finit tous par regretter, alors soit. Il paraît que je subis un amour. Subir, aimer, ça semble équivalent pour ce que ça veut dire. L’expérience m’a appris à assassiner l’amour, l’espoir, le soleil, et toutes ces conneries-là. Je ne suis pas fait pour être amoureux. J’ai cru l’être. Mais maintenant je sais que je ne le suis pas. Je sais que je finirai seul brûlé par mon paradoxe à force de penser, et que je serai le seul à le savoir. C’est évident. Mais puisqu’elle me veut, je ne fais que lui faire croire que j’aime. C’est terrible.

Peut-être que cet amour veut me persuader ou me convaincre de réveiller mon cœur. Puisque ça semble agréable. Puisque des fous ont creusé la terre jusqu’après leur mort, détruire leur art serait trop regretter. Puisque des fous ont eu la volonté de brûler à s’en écarteler, serais-je aussi fou qu’eux pour regretter autant ? Je regrette. J’ai toujours regretté. Je regretterai encore. Je sais bien que ma vie, c’est écrire des textes qui finiront par me rendre fou, c’est écouter seul Jacques Brel l’hiver en pensant finir. Mais je ne regretterai pas plus en m’émerveillant devant des gens qui savent vivre l’été. Ce qu’ils étaient, je n’en sais rien, ce qu’ils seront, je n’en sais pas plus, mais ce que j’en sais, c’est qu’ils sont. Mais puisque je serais prêt à aimer pour ne pas regretter, alors soit.

Soit. Je vais perdre à être lié à un affectif. Je vais peut-être y gagner, mais puisqu’il faut finir, alors soit. On parle. Je ne suis pas fou, je n’ai rien fait pour qu’on me déteste, je ne suis pas un assassin. C’est vrai. Je suis un homme, c’est tout. Et même si je suis fou, même si je serai assassin, je suis aimé, maintenant. Elle comprend peut-être ma vie, je lui relate peut-être la mienne, on s’émerveille l’un l’autre, sans les mêmes raisons, mais qu’importe ; l’amour demande-t-il une raison ?

Je n’ai pas de raison d’être haï, j’ai des raisons d’être aimé. Soit. Mais qu’importe, je ne garde plus aucune place au doute. L’expérience s’alliera à l’oubli. L’expérience, mère de l’avenir, l’avenir, père du hasard. L’expérience de s’allonger dans l’herbe chaude, de glaner le bonheur dans le temps venu des blés, de se tenir la main pour éviter l’orage, de boire de la manzana glacée en écoutant Renaud, de trouver une réponse et de courir jusqu’à la fin du monde. Juste nous. Toi et moi. Oublier. Un instant. Juste un instant. Un instant seulement.

C’est l’été.

*

Oui, c'est court. On n'aurait pas dit comme ça. Puis ça dépoussière ma bibliothèque. Puis vous connaissez déjà le nihilisme qui est le mien avec la peur du mort pour dernier terrain vague, j'ai juste besoin parfois. Parfois.
« Modifié: vendredi 26 août 2011, 20:04:12 par un modérateur »

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K. ~ C'est l'été
« Réponse #44 le: vendredi 12 août 2011, 14:20:33 »
Pas mal. ;)

J'y vois une large part autobiographique, mais c'est intéressant quand même. :)

Mille mercis à Alice Lee pour la signature !
Entre ce que je dis et ce que tu entends, on risque de pas se comprendre...