Auteur Sujet: [Fictions] Au Seuil du pavé ~ Chapitre X (Partie 1)  (Lu 22960 fois)

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #15 le: jeudi 18 octobre 2007, 17:31:55 »
So, comme promis, 600 ème post pour toi et ton magnifique chant :)

Ravi que mon dernier com' t'ait fait plaisir^^ Et en parlant de commenter, je vais m'y mettre de suite :niak:

Alors...

Déjà, avec le premier paragraphe, c'est ce qu'on appelle planter le décor :niak: Encore une de tes magnifiques descriptions, à ceci près que j'ai eu beaucoup plus de facilité à la lire (entends par là que je ne me suis pas perdu en cour de route^^) comparé à celles du premier chapitre. Infelt semble être un cadre parfait, peut être trop. Derrière la perfection se cachent souvent de sombres secrets, et, comme l'a fait remarqué GPN (Great Parasitor Nehëmah :niak:), cela semble être plus ou moins confirmé par cette mystérieuse dernière phrases, une interrogation qui prévoit des choses négatives pour ces braves Infeltiens (?) :niak:

La suite met plus en avant cette chère Aylinn, qui semble être la perfection incarnée. D'ailleurs, est-ce si loin de la vérité? :niak: Quoi qu'il en soit, malgré toute mon affection pour ce personnage, j'avoue que ce genre de personnage exempt de défaut a tendance à me rebuter :niak: mais ceci dit, ce n'est que le début, j'attends de voir comme elle avoluera ^^

Ensuite une nouvelle description, puis après le petit tour de cette coquine 'd'Aylinn, j'ai retenu une information qui me semble relativement importante: Tu sais très bien que les illusions sont dangereuses
Personnellement, cela m'intrigue. :niak: J'ai du mal à imaginer cette douce enfant pratiquant une magie dangereuse. Donc une fois de plus je vais suivre cette histoire avec grand intérêt :niak:

J'adore l'ambigüité de la relation entre Sildinn et son élève. :niak: Je suis sûr que tu as prévu quelque chose de sublime pour eux, je te fais entière confiance la dessus :)

Ce qui nous amène à la fameuse scène d'entrainement. J'ai bien aimé l'espèce de "flou" qui est présent tout du long de ce passage, j'ai trouvé cela vraiment bien adapté au thème, à savoir l'illusion. Ainsi Aylinn est une experte du combat à mains nues? Intéressant :niak:
Quoi qu'il en soit, cette magie illusionique m'intéresse au plus haut point ;) J'ai hâte d'en apprendre un peu plus.

Bref, ce deuxième chapitre s'est révélé aussi bien, voir mieux que le précédent. Je ne peux qu'attendre la suite avec une impatience frustré de lecteur acharné :)

Ps à Nehëmah: Par contre, j'ai l'impression que le parasite de mon Cycle s'est pris un coup de bombe anti vermine :niak:
Un gros câlin plein d'amour à Emy pour la sign!

Hors ligne Prince du Crépuscule

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #16 le: vendredi 26 octobre 2007, 19:03:21 »
Nehëmah, mon cher parasite (;)) => Que de questions! Ravi que mon Chant de l'Ombre éveille ta curiosité et que la scène plus sombre et flouée de l'entraînement t'aie plu, j'avoue avoir pensé un peu à toi en l'écrivant. En tout cas ça ne peut que m'encourager à continuer, merci d'être passé! ^^ Pour Sildinn et l'intrigue, ne t'inquiète pas ce ne sont là que les préliminaires, comme à mon habitude je mets du temps mais au fur et à mesure que je progresserai, je me centrerai beaucoup plus sur l'hisoitre en elle-même que sur de longues descriptions romantiques. Disons que j'ai toujours eu du mal à débuter, et pour une fois je suis satisfait du résultat (grâce à vous aussi). ^^

GMS => Comme c'est gentil à toi de me réserver ton 600ème commentaire, je t'adore! :niais: Fufu, je vois que ce deuxième chapitre soulève bien des interrogations, c'était l'effet escompté.
Quelque chose de sublime entre Aylinn et Sildinn? Huhuhu, tu verras ça. ;p Et voilà que pour toi commence la véritable nouveauté dans l'histoire, n'est-ce pas? :p

En tout cas merci pour ce long et magnifique commentaire également, mais voici venir maintenant et en exclusivité pzienne le troisième chapitre, le plus long pour le moment! (mais vous pouvez me faire confiance pour la longueur, je suis expert en la matière il paraît. ^^') Je n'allais pas vous laisser sans rien pendant cette semaine de vacances où je pars quand même, je serais bien ingrat envers vous! J'espère que vous aimerez et que vous commenterez cette suite, que voici. :)







Chapitre III: L'Aube d'un Crépuscule

     


      Un vent frais fit frissonner Aylinn, qui fronça les sourcils, encore endormie. Une autre rafale, plus longue cette fois, la sortit de son sommeil avec un léger sursaut. Elle battit des paupières un moment, ne sachant plus où elle était ni ce qu’elle faisait assise sur un banc. Machinalement, elle repassa sa robe de ses mains, afin de la défroisser. Après quoi elle s’étira longuement et bâilla à s’en décrocher la mâchoire, sans aucune pudeur. Elle frissonna encore une fois du froid, sensation qui lui déplaisait fortement alors qu’elle se levait. « Que ne vaut un bon lit ! » se dit-elle. Elle se frotta les épaules et regarda autour d’elle. Elle vit l’aurore poindre dans la brume, délicatement dorée par les rayons encore hésitants de l’astre solaire, qui s’élevait timidement derrière les collines. Elle s’émerveilla un instant du calme parfait qui l’entourait, de la beauté de ce spectacle si simple et qui pourtant préservait depuis l’aube des temps sa fraîcheur et sa magnificence. Saisie, elle ne fit pas attention à Sildinn, qui dormait encore à ses côtés, le menton baissé sur sa poitrine. Ses mèches de jais se balançaient délicatement au gré du vent, comme les eaux ondoient sous la brise d’automne, et tombaient devant son visage aux traits fins et réguliers, comme ciselés dans le marbre.
      Aylinn se tourna lentement vers lui, le regardant longuement alors qu’elle percevait son souffle, serein des bienfaits du sommeil. Elle se sentit tout apaisée devant le repos de son maître qu’elle chérissait tant. Le voir se sentir aussi bien, comme auréolé par la plus grande satisfaction fit esquisser à ses lèvres un grand sourire. Elle avait toujours conçut une grande admiration pour Sildinn, une affection pour le moins à mesure de son être, de son essence, donc terriblement démesurée. Mais peu lui importait, elle n’en était pas consciente, ou se refusait à y croire. L’essentiel restait de pouvoir passer du bon temps avec lui, et de ne surtout  pas le décevoir, à n’importe quel prix. Elle effleura sa joue du bout de ses ongles, cédant à une envie soudaine. Puis elle se rétracta et se redressa sur le banc, les yeux toujours rivés sur lui.
      Le voir ainsi assoupi ne lui était pas familier, ne dormant pas dans la même chambre que lui. Elle lui trouva encore plus de charmes qu’à l’accoutumée, un frissonnement lui parcourut le dos. Elle le fixa attentivement, détaillant son visage imberbe, ses sourcils finement arqués avec un brin de sévérité, ses lèvres étroites, son front d’une blancheur éclatante où des mèches plus noires que la nuit tombaient sur les tempes, tel l’onyx sur l’albâtre. Ses cheveux étaient parfaitement coiffés, malgré ces quelques mèches volages dansant au rythme des bourrasques, et étaient attachés aux extrémités dans le bas de sa nuque. Ses paupières clauses dissimulaient de magnifiques yeux vert sombre, d’un mystère saisissant, un regard dur et parfois glacial capable de transpercer l’âme, mais qui avait toujours été étonnamment bienveillant, presque attendris à son égard. Le profil fier, d’une imposante prestance, subtile, malgré son teint blême et sa maigreur presque maladive, Sildinn savait se mettre en avant quand il le fallait et exhiber ses connaissances et sa vivacité d’esprit devant l’assemblée et l’opposition. Sans qu’il n’ait à se manifester avec force, il parvenait à inspirer le respect et à décourager ses détracteurs d’un jour d’un seul de ces regards dont il avait le secret. En un mot, il émanait de lui ce genre d’autorité douce et presque impalpable qui lui valait la plus grande considération : celle d’un Maître, comme on le nommait si bien.
      Doté de manières élégantes, d’un maintien presque régalien, il n’en restait pas moins extrêmement bienveillant envers ses élèves, parfois même chaleureux, surtout envers elle. Ses yeux d’ébène s’adoucirent à cette idée. Du dos de la main elle effleura le fin tissu qu’il revêtait, aussi noir que sa chevelure. Rehaussé aux extrémités des manches, du col et du bas par de fines bandes cousues de fil d’or, il semblait avoir été conçu sur mesure pour lui. Le col était étroit, les manches plus larges, une ceinture de ruban également doré venait retenir le vêtement. Malgré la qualité de la texture, sa tunique n’en restait pas moins d’une grande simplicité, marque de l’artiste sachant concilier élégance et délicatesse à la vie de tous les jours. Un pantalon du même coloris et des chaussures confortables finissaient de l’habiller entièrement. On aurait juré par l’austérité de son apparence et son caractère amène mais rigoureux qu’il avait autrefois fait partie d’une organisation religieuse, quoique ce ne fût jamais le cas.
     
Sa jeune disciple se perdit à le contempler un long moment, avant de finalement rediriger son regard sur l’astre du jour, encore légèrement vermeil, coupé en son milieu par la silhouette sombre et indistincte des monts de l’est. Elle embrassa du regard ce tableau splendide, à peine éveillé encore, comme un enfant qui verrait le monde pour la première fois, soigné de sa cécité de naissance. Emerveillée, elle soupira encore une fois et laissa son esprit vagabonder parmi les grands arbres de la forêt, dont les fins rameaux ployaient sous la force invisible du zéphyr. Après quelques instants d’égarement purement contemplatifs, elle décida de profiter du sommeil de Sildinn afin de porter à bien un projet qu’elle avait à cœur depuis longtemps. Elle avait en vue d’obtenir encore plus de fierté de la part de son maître, mais surtout de lui faire passer un bon moment, après tout ce qu’il avait fait pour elle. Excitée à l’idée du ravissement dans lequel il serait plongé grâce à elle, elle jubila intérieurement.
      Elle posa un léger baiser sur la joue de son maître en guise d’au revoir, et s’engagea dans les rues d’Infelt, enthousiasmée. Elle fit un détour par sa chambre, dans laquelle elle se saisit d’une lyre. Devant son miroir, elle mit de l’ordre dans ses longs cheveux de jais à l’aide d’une brosse en nacre, emmêlés par sa nuit passée dehors. Elle dévala ensuite les marches du premier étage et se réceptionna souplement, l’instrument en main. Elle parcourut la même grande allée bordée de tilleuls par où ils étaient passés la veille, et dévia par un petit chemin de terre. Quelques petits animaux s’enfuirent à son approche, alors qu’elle sautillait comme une enfant. Elle s’arrêta ici et là, flânant comme à son habitude, respirant les délicieuses exhalaisons de la nature, cueillant des fleurs d’un bleu profond qu’elle mit ensuite dans ses cheveux, juste au-dessus de l’oreille. Elle suivit un papillon des yeux, qui se posait de nectar en nectar, toujours avide d’une nouvelle collation et se vit bientôt arriver devant de grands arbres, qui constituaient l’orée de la forêt. Sûre d’elle, elle y pénétra, empruntant un sentier presque invisible comme si elle l’avait fait des centaines de fois.
      Au bout d’un moment, elle déboucha sur une petite clairière, au milieu de laquelle était enracinée une souche d’arbre. Les hautes cimes ne laissaient filtrer qu’une lumière très diffuse, presque mystique, conférant à cet espace une ambiance mystérieuse et intime qui plaisait beaucoup à Aylinn. Après s’être assurée qu’il n’y avait personne, elle sortit de l’ombre et s’assit avec légèreté sur la souche. Elle fit en sorte d’être installée confortablement, puis arrêta soudain de bouger, tendant l’oreille. Seul la brise délicate faisant virevolter gracieusement ses mèches lui répondit. Elle perçut les bruits forestiers habituels, comme ceux des rongeurs, ou des glands qui tombaient à terre. Satisfaite, elle sourit un moment, immobile, enveloppée par la douce chaleur des troncs resserrés de hêtres et de chênes. Elle sentit un désir d’éternité l’envahir, qui la ravit au plus profond de son âme. Les yeux clos, elle savoura l’atmosphère sereine et secrète des lieux, et se réjouit de l’absence d’hommes, qui auraient pu la déranger dans un moment si délicieux. Elle avisa une feuille morte qui s’était détachée de sa branche, et qui toujours plus se rapprochait du sol, dans son lent ballet aérien.
      Quand enfin elle se fut posée à même le sol, la jeune femme se saisit de son instrument, qu’elle avait laissé à côté de ce qui fut jadis le plus grand chêne de ces bois. Lentement, comme si elle ne voulait pas troubler la quiétude de la forêt, elle souleva l’objet et le porta à hauteur de son ventre. Le regard perdu dans le ciel et les nuages, qu’on ne voyait que comme un point bleu, encore légèrement rosé, elle caressa la corne de sa lyre avec affection. Comme par hésitation, elle commença par s’éclaircir la gorge avant de séparer son regard du firmament matinal. Elle lança dans l’air deux accords de son instrument, afin de vérifier sa justesse, puis entreprit de tester sa voix et de l’échauffer. Jugeant qu’elle était digne de débuter ses intonations, elle réfléchit un instant, puis se mit à pincer les cordes avec finesse. Cette introduction résonna longuement parmi les grands arbres, avant que sa voix ne s’élève. Aussi pure que du cristal, elle fit frémir jusqu’aux rameaux des jeunes pousses, qui croissaient dans la clairière. Adoptant un air d’abandon, presque douloureux, elle se concentra afin de se remémorer la mélodie et les vers qu’elle avait passé des nuits à créer et à améliorer, soucieuse du moindre détail. Enfin, elle se décida, tenant fermement son instrument dans ses mains délicates. Quelques accords légers, puis lents et mélancoliques, commencèrent à monter dans les airs, suivis bientôt du chant en lui-même :
     
      « Guerriers, qui quittez votre demeure
          Pour de nobles conquêtes, sachez
          Qu’en vain du péril vous vous débattez :
          Votre destin est scellé bien avant cette heure…

       Grands héros, aspirants à la gloire,
         Tueurs nouveaux, de la mort les miroirs,
         Apprenez que les vies honteusement ôtées
         De votre âme le poids sur la balance feront pencher.

       Vous ne savez, les Déesses pleurent,
         Dans leur haute tour leur espoir se brise.
         Leur joue de nacre luit encore, chère sœur,
         Du sillon se figeant dans la bise…
       
       Ah, Vous qui vainement croyez combattre
         Pour l’honneur, pareillement que votre vanité,
         Que l’Epée du Jugement dans le sang est trempée,
         Que le mérite par la Mort se forge, dans l’albâtre,

       Détrompez-vous ! Aux sublimes Rives d’argent
         Seules les mânes des bienfaiteurs accèdent ;
         Les Déesses, l’éternité embrassant,
         Seuls aux figures de Paix intercèdent.

       Vous ne savez, les Déesses pleurent,
         Dans leur haute tour leur espoir se brise.
         Leur joue de nacre luit encore, chère sœur,
         Du sillon se figeant dans la bise…

       Preux guerriers, qui expirez sur le fil de l’épée,
         De vos cris, barbares, la vallée résonne !
         N’entendez-vous donc pas vos épouses, éplorées,
         Et vos enfants qui de la peur frissonnent ?

       Par vous, vos aimées périront dans l’attente ;
         Votre lignage succombera par votre absence.
         De divines larmes viendront saluer leurs souffrances innocentes,
         Mais vous, serez châtiés pour votre vile complaisance…

       Vous ne savez, les Déesse pleurent,
         Leur désespoir lentement les consume.
         Le soleil se couche pour une gloire, posthume,
         Et le firmament s’embrase de leurs dernières heures… »


***


    - Maître Sildinn, réveillez-vous on vous appelle ! fit une forte voix de femme, tout en secouant légèrement l’endormi.
      Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsqu’il ouvrit ses yeux d’émeraude, réveillé par son interlocutrice. Pas très délicate, cette femme rousse et corpulente, mère de trois enfants faisant tous partie de la classe du maître d’école, tenait son bras entre ses doigts boudinés. Clignant des paupières, il chercha d’abord à savoir où il était, encore assommé par les brumes du sommeil. Retrouvant ses esprits, il posa une main à côté de lui, sur le banc. Il eut la désagréable surprise de ne pas rencontrer ce qu’il espérait trouver. Il se tourna vers un vide qui le désappointa. Son coeur bondit de l’inquiétude qu’il éprouva sur l’instant, mais il se calma vite et recouvra son impassibilité coutumière.
  - Vous cherchez Aylinn, n’est-ce pas ?
      Son silence fut éloquent. Eludant la question qu’elle allait lui poser, comme en témoignait sa grande bouche de bavarde insatiable de nouveaux ragots, il lui lança un regard qui la dissuada de continuer. Il n’était pas d’humeur à écouter ses jacassements incessants, et vu le recul qu’elle avait, elle l’avait parfaitement compris.
  - Le maire et ses conseillers vous attendent. Ils m’ont envoyée vous chercher. Une affaire importante et préoccupante, ont-ils dit.
  - Bien, j’y vais. Merci d’être venue me chercher, Madame Lambrith.
      Il se leva et s’engagea dans la rue principale d’Infelt, sans jeter un regard à la commère, qui restait les bras ballants, sans trop savoir quoi faire. Sildinn longea quelques boutiques, déjà animées dans l’engouement tranquille de la petite bourgade. Il frôlait inconsciemment quelques passants, trop respectueux pour le lui faire remarquer. Il avait l’esprit ailleurs, il pensait à son élève surtout, se demandant ce qui l’avait animé à ne pas le réveiller et à le prévenir. Une certaine mélancolie l’habita un instant quand il arriva devant leur maison, repensant à tous les jours heureux qu’ils avaient écoulés ici, sans se soucier de rien. Située un peu à l’écart de l’activité marchande, faite d’une unicité de pierres blanches et d’un toit en chaume, elle ne se distinguait pas réellement des chaumières environnantes, foyers paisibles et rustiques. Seule la taille variait, et la surface du jardin également. Il lut la plaque où était inscrit en bleu sur fond blanc « ici vivent Aylinn et Sildinn » et eut un soupir. Après quelques moments d’égarement, il se ressaisit et se rappela sa mission : il devait aller le plus vite possible voir le conseil de la ville ! Peu lui importait en fait, et il n’en avait pas vraiment envie, mais si c’était si crucial que ça, il se devait d’y aller.
      Avec une moue de dépit renvoyant à ses désirs contrariés, il se remit néanmoins en marche, abandonnant à regret sa demeure et ses réminiscences. La mairie n’était pas très imposante, et correspondait bien au lieu par son aspect simple et dénué de fioritures. Une autorité douce en émanait, comme si de toujours l’ordre et le bien-être s’étaient imposés d’eux-mêmes. La criminalité était d’ailleurs si faible à Infelt que son gouverneur avait été décoré récemment. On considérait cette tranquille cité pour un havre de paix, où il faisait bon vivre et où tous étaient heureux. Pourtant elle n’était peuplée tout au plus de quelque cinq mille habitants, reposant comme un point lumineux sur la colline qui lui servait de frondaison, lorsque tombait la nuit. Sa monotonie, la langueur dans laquelle Infelt s’assoupissait, ne devait certainement pas plaire à tout le monde, surtout pour ceux qui raffolaient d’évènements et d’activités en tous genres.
     
     Sildinn poussa la porte à lourds battants de chêne, et s’engagea droit devant lui en direction de la salle du conseil, où se tenaient toutes les réunions importantes. A droite et à gauche, derrière des guichets d’une facture simple, deux assistantes relevèrent le nez à son approche. L’une d’elle, qui devait toucher à ses vingt printemps, sortit de son « nichoir » et fit tomber au passage quelques paperasses qui envahissaient son bureau en désordre. Elle eut un rire gêné et entreprit de les ramasser, sous l’œil du récent visiteur. Il se pencha et l’aida à tout remettre sur le meuble. Une fois ceci terminé, elle rougit de sa maladresse et s’excusa poliment.
  - Je vois que tu officies dans la mairie maintenant, constata Sildinn sur un ton chaleureux. Depuis hier non ?
  - Ha ! Euh, oui… répondit la secrétaire, se passant une main dans les cheveux pour dissimuler son embarras.
  - Tu t’en sors ? Tes employeurs ne sont pas trop durs ?
  - Vous êtes toujours au courrant de tout, maître Sildinn. Mais non, ça va, monsieur le maire me traite plutôt gentiment.
  - Bien, alors j’y vais.
  - Ils vous attendent, monsieur…
      Déterminé, il continua de fouler le dallage sans même jeter un regard en arrière. D’autres choses le préoccupaient déjà assez comme ça et la rencontre d’une de ses anciennes élèves n’y figurait pas. Cette dernière resta plantée là, sans bouger, suivant son ancien tuteur des yeux. Elle ne se rassit même pas quand la porte du conseil se referma sur les cheveux de jais de Sildinn. Avec un léger claquement, celui-ci la referma et sonda la grande salle du regard. Un homme aux longs cheveux bruns, au visage anguleux, le scruta également, assis en plein centre, entouré de ses six conseillers. Une grande table ronde de bois sombre, rehaussée d’une nappe bleu nuit occupait le milieu da la circonférence da la pièce, où ils étaient tous accoudés. Une seule chaise était vide, attendant que quelqu’un y prenne place. Tous avaient les yeux rivés sur Sildinn, qui eut comme un petit geste avant d’aller s’asseoir nonchalamment sur son siège. Il croisa les jambes l’une sur l’autre et plaça toute son attention sur ses ongles, avant de bâiller et de s’étirer longuement, tel un félin se réveillant. Un silence de mort s’empara de la salle, personne n’osait élever la voix, et tous continuaient de le regarder intensément, les sourcils froncés. Le maire était habitué à ce genre de comportement, mais dans les circonstances présentes, cela l’irritait grandement. Cependant, ils avaient trop de respect pour Sildinn pour l’en blâmer et attendirent nerveusement qu’il ait fini son manège. Le silence s’appesantissait comme une chape de plomb, certains s’agitaient sur leur siège, mais aucun n’ouvrait la bouche et se contentaient de se dévisager mutuellement. Au bout d’un moment, un petit rire s’éleva, aigu, presque sournois.
  - Eh bien, pourquoi m’avez-vous fait venir, conseillers ?
      Le maire entrouvrit les lèvres, mais aucun son n’en sortit. Un conseiller plus téméraire que les autres se leva.
  - Puisque personne ne veut parler, je le ferai… fit-il en jetant un regard en biais à l’illusionniste, comme s’il craignait qu’il lui arrive malheur pour avoir osé lui répondre.
  - Eh bien qu’attendez-vous ? Continuez je vous prie, lui intima Sildinn, un sourire déconcertant sur les lèvres.
      Le dit conseiller hésita un moment avant de se racler la gorge. Une goutte de sueur perla à son front, avant qu’il ne lève un doigt menaçant dans l’air. Le maire, d’un geste du bras, lui ravit la parole :
  - Laissez, je vais le faire. L’heure est grave, mes amis. Si je vous ai réunis ici, ce n’est pas pour une réunion de moindre importance portant sur un problème commercial ou une querelle entre habitants. Il s’agit d’un problème d’une tout autre envergure, et même si j’aurais préféré ne pas à avoir à vous le dire, il le faut…
     
     Interloqué, Sildinn leva les yeux sur le bourgmestre d’Infelt, comme tous ses conseillers, qui étaient littéralement pendus à ses lèvres.
  - La vie de nos concitoyens est en danger ! Et la menace n’est pas une imagination de ma part, une poignée d’habitants m’ont rapporté cette affaire. Je vais vous raconter ce qu’ils m’ont dit, et je vous préviens, cette nouvelle est effrayante : trois de nos concitoyens sont morts! Des paysans sont partis chercher du bois dans la forêt hier soir, jusqu’ici rien d’anormal. Le crépuscule tombait déjà quand ils y sont allés, ils se sont enfoncés entre les arbres pour chercher des branches de bonne qualité, pour le vendre à notre menuisier. Seulement, alors que la nuit se levait à peine, ils ont entendu un cri strident d’abord loin d’eux, puis qui se rapprochait à une vitesse folle. Apeurés, ils ont allumé des torches afin de savoir d’où la menace venait. Ils se sont mis en cercle, plaçant deux fillettes au centre afin de les protéger si le besoin en était. Soudain, ils ont entendu de nouveau un grand cri dans les broussailles, juste à côté d’eux. Et avant qu’ils ne puissent réagir, une bête les a attaqué sauvagement, si vite qu’on aurait dit l’éclair en personne. Lacéré de toutes parts, un villageois s’est effondré dans son propre sang, avec un râle d’agonie. Paniqués, les autres se sont enfuis dans un concert d’hurlements terrifiés et de pleurs des deux enfants, que leurs mères avaient pris dans les bras avant de courir à toute jambe. Ils se sont éparpillés, cherchant une issue pour retourner à Infelt. La plupart ont mis beaucoup de temps avant de sortir de la forêt, aveuglés par l’obscurité et la terreur. Ce matin, les survivants sont venus me voir. Ils étaient complètement bouleversés, jamais je n’avais vu ça ! D’abord je ne les ai pas crus, évidemment, croyant à une fable ou un monstre de fantaisie, qui aurait expliqué que trois d’entre eux se seraient perdus dans les bois, apeurés de se retrouver dans la forêt au milieu de la nuit.
      Mais ils ont insisté, et vu leur état, j’ai bien voulu les suivre jusqu’au lieu du premier meurtre, entouré de gardes comme ils l’exigeaient. Ils tremblaient comme des feuilles, les mères cachaient les yeux des fillettes, qui sanglotaient encore. Je n’en croyais pas mes yeux. Le cadavre était mutilé au possible, méconnaissable, comme transpercé par des centaines de lames. J’ai manqué défaillir devant ce cruel spectacle. Jamais je n’aurais pensé qu’une pareille barbarie pourrait exister près de notre bonne ville d’Infelt ! J’ai voulu examiner la dépouille de ce brave paysan, mais il ne restait rien de lui que des lambeaux de vêtements et de chair. Nous avons fouillé la forêt pour savoir si les deux autres disparus avaient réchappé à l’attaque lors de leur débandade. Nous avons vite fait de les trouver, non loin de là, dans des fourrés. Ils étaient pareillement amochés, et ne respiraient plus depuis longtemps. Je ne vais pas vous le cacher, nous avons tous été terrifiés, et certains ont même crié devant l’horreur de ces meurtres. J’ai décidé d’improviser des civières afin de transporter ceux qui étaient trop choqués pour se déplacer. Je ne pouvais pas les laisser là, c’était bien trop dangereux ! Mes gardes ont aussi ramassé ce qui restait des trois victimes, et nous les avons enterrées au secret de tous, avant qu’on ne parte te chercher… Je leur ai ensuite demandé ce qui avait pu faire un pareil carnage, ils m’ont juste répondu avoir entr’aperçut une bête un instant, une masse noire, et entendu de grands cris stridents, surtout lorsqu’ils avaient allumé leurs torches…
      L’ensemble de la salle fut pris par un profond malaise suite à cette déclaration, pour le moins terrifiante. Aucun ne semblait y croire, et pourtant ils étaient grandement choqués, figés par le récit du maire. Certains paniquaient, c’était évident, même s’ils avaient assisté pour la plupart à l’inhumation des cadavres ils n’avaient rien vu, puisqu’on avait placé les restes sanguinolents dans des jarres funéraires. Et le maire avait attendu que tous soient réunis pour leur exposer la situation. Bouleversés, meurtris par cette nouvelle, tous craignaient que le calme légendaire de leur ville soit à jamais corrompu par l’arrivée des ces monstres, qu’ils ne transforment Infelt en un bain de sang, puis en une ville morte, où plus personne n’oserait s’aventurer sans la peur d’une attaque particulièrement horrible. Alors, adieu les couchers de soleil derrière les collines verdoyantes, adieu la sérénité et la joie de vivre des rues marchandes. Ils devraient faire une croix sur un havre de paix qu’ils croyaient à jamais préservé de l’agitation et des troubles, sans parler de ces créatures meurtrières ! Leurs certitudes qui leur semblaient inébranlables se fissurèrent, ce qu’ils ne pensaient jamais avoir à remettre en question, comme un socle de marbre, se brisa. Le monde s’était écroulé sur eux, comme s’ils n’avaient plus rien à espérer de l’avenir. Même Sildinn avait perdu son impassibilité coutumière. Son teint, au récit du maire, était devenu encore plus livide. Lui non plus n’aurait jamais pensé que pareille chose aurait pu se produire dans ces paisibles contrées, qui paraissaient si loin de tout, si détachées des troubles extérieurs. Mais il avait fallu que ça leur tombe dessus, rien ni personne n’aurait pu y remédier…
  - Une… bête, vous dites ? demanda-t-il, interloqué.
  - Parfaitement, lui répondit le maire, comme soulagé que le silence de mort soit enfin levé. Les témoins n’ont pas pu m’en dire plus, ils ont juste aperçu une masse noire, flouée par la vitesse avec laquelle elle a bondi. Après bien sûr dans les bois et paniqués comme ils l’étaient, ils n’ont pas pensé à voir à quoi leur assaillant ressemblait.
      L’illusionniste hacha imperceptiblement de la tête, profondément plongé dans ses réflexions. Tous le regardaient à nouveau, comme attendant un jugement. Plusieurs minutes s’écoulèrent sans que personne ne bougeât d’un pouce et ne prononce mot. Ils se contentaient de le fixer et de sonder ses yeux verts, absorbés par un vide infini. Mais le bourgmestre se leva à nouveau :
  - Sachez que je n’ai pas prévenu nos habitants du drame d’hier soir et intimé les autres victimes de l’attaque à garder le silence afin que la panique ne s’empare pas d’Infelt. Ce serait un poison bien trop dangereux que d’affoler pour rien nos concitoyens. Pour l’instant, nous ne connaissons pas la menace, espérons que ce ne soit que passager et que les meurtres ne se reproduisent plus, ou qu’ils soient trop rares pour devenir vraiment préoccupants. Pour limiter les risques tout en gardant le mystère sur l’affaire, je vais ordonner qu’on ne s’aventure pas des la forêt, au moins après le coucher du soleil. C’est une précaution élémentaire, mais nécessaire. Je souhaite de toute mon âme qu’elle soit suffisante pour préserver des vies, un maximum possible. Dès demain, j’afficherai partout et ferait lire en place publique par des hérauts un message officiel interdisant tout accès nocturne dans les bois, et déconseillant fortement d’y pénétrer, sauf si c’est absolument indispensable. Pour cela, je vais prétexter une prolifération de chenilles venimeuses et…
     
     Détaché de tout ce discours, Sildinn continuait à scruter l’horizon par derrière les murs de pierre d’un regard morne, méditatif. On aurait dit la statue fixant de ses yeux de marbre le temple auquel elle était dédiée, préoccupée par des pensées autrement plus cruciales que les vains palabres des prêtres. La scène lui semblait figée, plus rien n’existait pour lui que cet engrenage manquant, ce bout de réflexion qui se refusait à lui montrer ce qu’il cherchait et qu’il ne connaissait pas, mais dont il savait l’ultime importance. Le maire continuait de gesticuler dans ses recommandations, mais lui ne le voyait pas, il était absent au monde. Une profonde mélancolie le saisit, sans qu’il n’en puisse expliquer la raison. Soupirant dans sa frustration de ne pas trouver, il retourna chaque pan de réflexion, chaque évènement depuis ce matin qui pourrait lui permettre d’y accéder. Au prix d’un grand effort de concentration, il frôla par la pensée son but tant désiré, et craint aussi. Plus en retrait que jamais, coupé des liens de ce qui l’englobait, il vit sa proie lui échapper, comme un soleil qui déclinerait juste après s’être levé.
      Puis enfin il vit, et se décomposa. Son teint se para d’une pâleur presque cireuse, fantomatique. Profondément bouleversé, il se plongea dans un mutisme total. Il se tenait droit sur le dossier de son siège, tendu à l’extrême. L’urgence du danger prit bientôt la place de l’avachissement premier. Clignant des paupières comme s’il voulait à tout prix émerger de cet état second, il serra les dents et jeta un regard affolé à l’assistance. Tous s’étaient tournés vers lui, ébahis par ce comportement qui lui était si peu coutumier. Les mains tremblantes, Sildinn leva des yeux surpris et terrorisés vers un mur, comme s’il voyait à travers. Bouche bée, incapable de prononcer le moindre mot, une lueur ravit son éternelle indifférence à son regard émeraude : celle d’une peur extrême. Il resta figé un moment, comme s’il ne comprenait pas ce qui lui arrivait, ou que la réalité trop dure lui semblait insurmontable. Un autre feu embrasa soudain son être, une détermination liée à l’angoisse, une volonté inébranlable et vengeresse. Dans la salle, les conseillers tremblèrent de peur quand il leva une main rageuse dans leur direction. Puis il se mit à courir à une vitesse folle, presque arrachant les battants de la porte lorsqu’il l’ouvrit à la volée. Personne ne comprit ni n’osa bouger d’un pouce. Pourtant un cri perça l’air, désespéré et puissant, provenant déjà de la rue adjacente, un message sans équivoque : « Aylinn ! ».
« Modifié: samedi 28 janvier 2012, 19:26:03 par Prince du Crépuscule »
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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #17 le: mardi 06 novembre 2007, 22:18:33 »
Court Aylinn, Court!  ._.

Ha, enfin je trouve le temps de commenter ce fabuleux chant. Ce n'était pas trop tôt. Franchement, entre Titus Andrikus, et le Chant de l'Ombre, mon cerveau a été grandement emerveillé de passion littéraire aujourd'hui, ça lui a fait du bien.

Bon, je ne saurais reproduire une longueur de commentaire aussi longue que les deux précédents, j'espère que tu ne m'en tiendras pas rigueur.

Je n'ai pas grand chose à dire sur la première partie de ce chapitre. Je ne peux qu'à nouveau baver devant ta maîtrise de l'écriture, toujours aussi bonne. La description de Sildinn lui donne une sacrée personalité, je dois dire que je m'en faisais une image toute autre. Non, pas que celle-ci me déplaise, au contraire :) Le chant d'Aylinn est superbe, à ton image j'ai envie de dire :love: Je crains pour elle. Dieux! Que rien ne lui arrive! :love:

Halala, braves Infeltiens, bien heureux dans vos douillettes maisons toutes de pierres blanches et de chaumes douces, que vous ne sachiez rien de ce cruel monde extérieur qui bientôt vint vous trouver... Trop de bonheur attire toujours sombres malheurs, et Malédiction bientôt remplacera vos Bénédictions. Longtemps vous fûtes loin de tous soucis, apprenez ce qu'est la vie.
Car le Loup est sorti,
de sa retraite sombre;
Et traversant la prairie,
il vient vous prendre dans les ombres.

Enfin, Loup, Loup, qu'est-ce que j'en sais après tout? :) Remarque, j'adore les Loups-Garou :love: Mais là n'est pas le sujet, je m'éloigne, enfin tu me diras, ça ne change pas de nos habitudes, hein? :love:

Le voici donc enfin, ce fameux élément perturbateur. Sombre, mystérieux (je te retrouve bien là ;)) et angoissant qui plus est! Tout ce que j'aime. Sildinn a du souci à se faire pour sa chère Aylinn, prions les déesses qu'il ne lui arrive rien. Sortez les fusil, et chargez les balles d'argent. Ha oui c'est vrai, ce n'est pas un Lycanthrope. Je m'éloigne encore une fois. Ce doit être une manie O:-)
Bien, bien, les choses s'accèlèrent, je sens que ça vient! (Non, je ne pensais pas à ce que vous pensiez que je pense)
N'empêche, il en impose Sildinn, vu comment il a imposé le respect à ces conseillers XD

Bref! Encore un excellent chapitre, je n'aurais qu'un seul mot à dire... La Suite, et Banzaï! (Et oui, 15 ans de Groland, ça se fête :niak:)
Un gros câlin plein d'amour à Emy pour la sign!

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #18 le: mercredi 07 novembre 2007, 17:33:15 »
Ah, il y a matière à dire sur ce chapitre !

Mais procédons par étape. Tout d'abord je m'excuse du retard de mon commentaire mais figure-toi que je n'étais pas chez moi cette semaine et que les trois jours de retour j'avais du boulot (quoique j'en aie encore mais bon...) Terminale Littéraire je suppose que tu dois comprendre ma situation (puisqu'elle doit être grosso modo la même que la tienne) :niak:
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Nehëmah, mon cher parasite (Clin d'oeil) => Que de questions! Ravi que mon Chant de l'Ombre éveille ta curiosité et que la scène plus sombre et flouée de l'entraînement t'aie plu, j'avoue avoir pensé un peu à toi en l'écrivant. En tout cas ça ne peut que m'encourager à continuer, merci d'être passé! ^^ Pour Sildinn et l'intrigue, ne t'inquiète pas ce ne sont là que les préliminaires, comme à mon habitude je mets du temps mais au fur et à mesure que je progresserai, je me centrerai beaucoup plus sur l'hisoitre en elle-même que sur de longues descriptions romantiques. Disons que j'ai toujours eu du mal à débuter, et pour une fois je suis satisfait du résultat (grâce à vous aussi). ^^


Deuxième étape : la réponse au commentaire !
Je suis comblé d'avoir été une modeste source d'inspiration pour un passage aussi sombre, si, si, j'insiste ! Bon en fait y avait pas grand chose d'autre à dire puisque le reste j'y réponds dans la troisième étape : le commentaire.


DONC ! Un chapitre découpé en deux parties bien claires cette fois-ci. La partie d'Aylinn et celle de Sildinn.
Comme je le pensais, Aylinn est une jeune potiche qui s'émerveille pour pas grand chose, qui fait la cueillette comme le Petit Chaperon rouge et qui chante des choses d'une beauté épique mais presque confuse par moments. Soit. Le génie de cette situation tient cependant dans l'insouciance de la jeune femme qui s'enfonce dans la forêt où, dans la deuxième partie, on fait office d'une bête sauvage. Serait-ce le grand méchant loup ? A défaut de l'être, on remarque vite le parallèle et j'apprécie énormément ce clin d'oeil.
La deuxième partie est un véritable condensé de génie une fois encore. Non seulement les tournures grandiloquentes et pompeuses s'effacent, rendant le texte bien plus fluide, mais on se rend compte en fait que le texte s'adapte vraiment mieux au caractère de Sildinn marquant un fort contraste avec celui de Aylinn. Chez Aylinn tout est beau, enivrant, bref, la jeunesse et on sait tous plus ou moins que les filles ne sont pas matures avant les hommes mais potiches bien plus longtemps (et paf même pas mysogyne). Or, ce brave Sildinn est déjà bien plus blasé que sa conjointe / disciple. Les phrases souffrent presque de l'absence de cette "patte Crépusculienne", qui finalement n'est pas moins bonne mais différente : elle va à l'essentiel, se permet quelques remarques encore lyriques par moment du genre : "On aurait dit la statue fixant de ses yeux de marbre le temple auquel elle était dédiée, préoccupée par des pensées autrement plus cruciales que les vains palabres des prêtres.". Bref, on sent en Sildinn l'expérience, son charisme d'autant plus élevé suite à cela.

En définitive, j'apprécie bien plus le personnage de Sildinn qui me paraît bien plus terre à terre et donc bien plus apte à affronter les épreuves à venir. Car oui, le loup sort de sa tanière et ça risque de sérieusement décoiffer dans les chapitres qui viennent. Vivement qu'Aylinn soit confrontée à un choc violent, car si sa vision du monde se métamorphose, on pourrait obtenir de somptueuses descriptions pessimistes bien moins cul-cul la praline.

Et je m'excuse d'avance si certaines expressions te choquent, mais au vu de la construction admirable du chapitre, je considère que l'insouciance d'Aylinn est absolument délibérée :niak:

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #19 le: mercredi 07 novembre 2007, 21:53:15 »
Que vais-je dire moi aprés des commentaires si interressants ? Je vais être ridicule face à ceci mais je me lance.

Je trouve le portrait de tes protagonistes bien réalisés.

l'idée de présenter Aylinn comme un personnage naïf est excellente. Je m'explique, elle a vécu où le bonheure et la tranquilité pleuvent sans cesse tout comme la tiedeur agréable de la ville. On a la sensation d'un paradis, ainsi c'est normal qu'elle soit aussi candide. Elle trouve le monde beau et magnifique, elle n'a jamais connu d'évènement trés grave. Sait-elle vraiment la notion du mal ? Sans doute que non. (enfin je crois cependant les rêves d'une autre ville pourrait peut-être supposer autre chose mais vu qu'elle ne s'en rapelle pas ^^ ). Le personnage peut décevoir ( je précise que ce n'est pas une critique ) car on pouvait l'imaginer plus adulte, plus mature mais ce n'est qu'une adolescente qui rêve, qui chimèrise, et je trouve ceci trés bien.


Maintenant passons à Sildinn, c'est un personnage effacé dans les premiers chapitre qui prend une bien plus grande ampleur dans ce chapitre là, et quel prestance il a! J'en suis charmé. Il est déjà bien plus mature que Aylinn ( normale me direz-vous ), et le fait qu'il soit aussi respecté prouve que c'est un illustre homme même jusqu'à faire quelques actions quelques peu "déplacées". Il y a quelques instants où il me fait penser à Soren (Cf Fire Emblem Path of Radiance, c'est le personnage que j'ai en avatar pour ceux qui liraient mon commentaire et qui ne connaîtrais pas le-dit jeu), enfin je trouve non? Je commence à adoré ce personnage, félicitation.

Je n'ai qu'une hâte : que le chapitre 4 arrive bientôt.

Mille merci à Yorick pour la signature de Soren, à Kerberos pour l'avatar et la signature de Soren et à Krysta pour cette signature et avatar.

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #20 le: samedi 10 novembre 2007, 17:38:29 »
Cher Prince, j'ai enfin trouvé le temps de lire ta fiction et je dois dire que je n'ai pas été déçu :) Ce que tu écris est fantastique, ton style est très beau, et textes d'une beauté sans pareille ;) Enfin bon, après tous ces commentaires, jai pas grand chose à rajouter XD Si ce n'est que j'attends la suite avec impatience :D

Vico la Patate

Ps : la prochaine fois, j'essayerai de m'arranger pour commenter en premier XD

Chez le Fitz (gallerie littéraire, garantie sans spoil ni ennui !)
Yorick est un dieu : merci pour ce magnifique kit !

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #21 le: lundi 12 novembre 2007, 21:24:14 »
Hum... Je t'avais promis un commentaire, mais le problème, c'est que comme disait l'autre, tout à déjà été dit. XD
Je ne répèterais pas que je trouve ton style (et en particulier le vocabulaire que tu emploies) absolument délicieux pour les yeux, quoique parfois un peu trop chargé (:3) ce qui fait que les marmottes comme moi doivent un peu s'accrocher pour suivre. L'histoire prend forme lentement, mais sûrement, et nous laisse le temps de nous attacher peu à peu aux personnages, et à leur univers.

Je n'ai qu'une critique à faire, qui a je crois été déjà un peu abordée. Il s'agit de Aylinn, que je trouve un peu trop parfaite à mon goût. Il est bien connu que les filles sont toujours jalouses des unes des autres, et justement, mon coeur de marmotte à un peu de mal à trouver crédible une fille aussi belle, aussi douée, autant admirée, toussa toussa... :3
En revanche, je ne saurais pas trop dire pourquoi, mais je trouve la relation Aylinn/ Sildinn excellente. ^^ A la fois touchante et un peu gênante, pour le moment encore mystérieuse et floue, j'ai très envie d'en apprendre plus sur leur couple assez atypique.
Je crois que j'ai tout dit pour cette fois-ci ^^ J'espère que tu trouveras le temps de vite rédiger la suite, ne nous laisse pas trop longtemps dans un moment aussi critique. :3

Yorick, merci pour ce kit magnifique *O*
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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #22 le: jeudi 22 novembre 2007, 21:01:07 »
Eh bien, que de commentaires! Je suis sincèrement touché... :sad: *sort ses mouchoirs*
Bon, pour des raisons que vous connaissez bien je ne vais pas vous répondre un par un, car j'ai le vague sentiment que cela prendrait plus de place que mon chapitre tout entier... Ce serait fâcheux je pense... XD

Ceci dit, je me permets tout de même de répondre à quelques-unes de vos remarques-clés. Tout d'abord, merci d'avoir commenté, surtout aux nouveaux venus. ^^ Pour répondre, je dirais qu'en effet je vous réserve encore de petites surprises, ne croyez pas que mes longues phrases ne sont qu'un écran de fumée à une imagination faiblarde. J'ai de petites choses en réserve dans mon sac, peut-être même trop mais bon on est excessif ou on ne l'est pas hein. ^^
Pour la relation Aylinn/Sildinn vous verrez bien encore une fois. Et pour l'allusion au Petit Chaperon Rouge Nehëmah (mon parasite préféré ;p), je crois je ne pas me tromper en affirmant qu'on t'a bourré la tête avec ça également. Mais ceci dit, c'est bien vrai, j'ai bien fait un petit parallèle entre elle et le loup, d'ailleurs tu sais la robe qu'avait achetée Aylinn eh bien... Elle devait être rouge, et la porter pour aller dans les bois mais je me suis dit que ça ferait peut-être trop. ;)

Hum sinon, merci à tous encore une fois de suivre ma petite fiction, d'ailleurs je m'excuse de tout ce temps qui s'est écoulé entre ce chapitre et le précédent, vraiment ça me désole je manque horriblement de temps... Mais ça devrait aller mieux, et tout de suite, voici le chapitre 4 du Chant de l'Ombre! ^^








Chapitre IV: Une Etincelle avant le Néant




      Ayant chanté l’après-midi durant, Aylinn n’ouvrit les yeux que par le changement de lumière qui l’avait soustraite à ses poèmes. Déjà le vent rafraîchissait cette chaude journée passée entre les arbres et les herbages. Elle cilla légèrement pour s’habituer de nouveau à la lueur diurne et mit une main devant son visage afin de s’en protéger. Encore envoûtée par cette atmosphère enchanteresse, toute faite de senteurs boisées et d’invisibles présences, la jeune femme savoura encore un moment le rêve dans lequel elle s’était plongée. Le temps était passé si vite ! Elle n’avait pas regardé alentour depuis longtemps, absorbée par sa musique et son lyrisme. Elle était allée jusqu’à se charmer elle-même, tellement sa voix cristalline se fondait dans les merveilles sylvestres. Elle sourit à cette idée. Elle se rappelait encore des vers qu’elle avait déclamés, accompagnée de sa lyre. Affectueusement et sans y penser réellement, elle caressa l’instrument de ses doigts délicats. Pensive, elle chantonna vaguement quelques airs de sa composition. Transcendée par cet environnement magique, son lyrisme s’était envolé au-delà de la raison, l’emportant dans des cimes de béatitude jamais atteintes. Elle avait même improvisé de nouveaux chants comme ça, sur l’instant. Jamais elle n’aurait cru se sentir aussi bien. De petits animaux s’étaient approchés alors qu’elle chantait, mais elle ne s’en était pas rendue compte tout de suite. Il lui avait fallu suspendre un instant son accord final avant d’en entamer un nouveau pour ouvrir les yeux et les voir, massés autour de la souche d’arbre qu’elle occupait. Formant un petit cercle de fourrure et d’yeux malicieux, ils avaient fui quand elle avait arrêté de jouer. Mais quelle rencontre charmante, elle en avait eu les larmes aux yeux. Si Sildinn avait été présent, il l’aurait doucement réprimandée pour son oisiveté et son manque de prudence. Peu importait, ne faisait-elle pas tout cela pour lui après tout ? Plongée dans ses réminiscences peuplées de chants anciens et langoureux, au ton douloureux et sublime, elle s’abandonna à la délicieuse sensation que procure une grande bouffée d’inspiration. Transportée par pareille chaleur créatrice, elle laissa son regard vagabonder entre les troncs d’arbres, comme en quête d’un Dieu, qui guiderait ses mains sur la lyre et lui murmurerait de doux poèmes.
     
      De lourds nuages gorgés de pluie dérivaient mollement dans le ciel, augurant l’orage qui allait irrémédiablement s’abattre sur Infelt. Leurs paresseuses circonvolutions, semblables à de l’encre imbibant lentement la blancheur du parchemin, rendait l’air presque étouffant. Un certain malaise s’était distillé au sein même de la nature, d’habitude si sereine. Bientôt, plus aucun bruit ne s’éleva de la forêt. La lumière rougeoyante du soleil était désormais entièrement voilée par un pesant écran de nuées grisâtres et menaçantes. L’écorce des grands chênes, auparavant teintée de fines raies rosées, s’était parée d’un lourd manteau cendré. Cette masse compacte avait ravi toute la joyeuseté d’une fin de journée au point ultime de sa révérence, en même temps que le libre cours de la vie sylvestre. Les animaux s’étaient terrés où ils le pouvaient, les oiseaux s’étaient envolés vers de plus paisibles contrées dans un silence de fin du monde, uniquement coupé de sinistres bruissements d’ailes. Les arbres eux-mêmes, si fiers dans leurs superbes atours feuillus, semblaient avoir inclinés leurs branches vers le sol, abattus par l’oppression venue du ciel. L’existence voulait fuir un néant qui allait tout absorber, jusqu’à l’âme du plus insignifiant rongeur. Attendre et se cacher, voilà les seules voies de salut qui semblaient envisageables à présent.
      Un cri perçant retentit dans la forêt non loin de la clairière, où Aylinn continuait de rêver et de savourer son émerveillement malgré toute l’hostilité vidée de vie qui l’entourait. Ce hurlement ne lui parvint à peine que sous la forme d’un gémissement plaintif, absorbée par la découverte de sentiers qu’elle était la seule à arpenter. Lorsqu’elle ouvrit de nouveau les yeux, rappelée cruellement à la réalité par ce déchirement du calme oppressant qui régnait autour d’elle, elle aperçut furtivement la bête qui en était source. Comme si elle pensait à un cauchemar, elle n’esquissa pas un geste de réaction tandis que le monstre s’approchait lentement d’elle aux ultimes lueurs de l’astre solaire. Ses poings se crispèrent par la peur qui commençait à percer les barrières brumeuses de son esprit, lentement happé par une confrontation du réel, implacable. Ce combat brisait peu à peu les songes éveillés qui nourrissaient toutes ses espérances, impitoyable. Les yeux rivés sur la créature, qui s’était arrêtée comme si elle hésitait à frapper ce qui semblait inerte et luttait contre son instinct qui lui commandait de ravir la vie tout entière, les muscles de son cou se tendirent sous l’effet de l’angoisse. Totalement désemparée, incapable de se ressaisir par l’incongruité d’une rencontre aussi hostile en un lieu aussi empreint de sérénité, inapte à croire le changement radical qui avait littéralement fait de cette terre de lumière que ténèbres et désolation, elle se contenta de regarder l’instrument de la mort s’avancer vers elle lentement et d’une manière qui semblait tellement inexorable. Elle avait d’abord cru à un grand loup comme il s’en trouvait par ici, mais quand elle vit cette masse noire, grotesque, relativement allongée et incroyablement légère, comme glissant sur de l’eau à trois pas de la souche où elle s’était pétrifiée, Aylinn comprit qu’il était enfin temps de réagir, mais pas de n’importe laquelle des manières. Dotée de longs appendices derrière la tête, flottant alors que pas le moindre brin d’air ne venait faire bruisser les feuilles des cimes, munie d’une sorte de masque rond en métal parcouru de veinures rouges en guise de visage, son apparence n’était pas moins effrayante que l’aura meurtrière et démente qui émanait d’elle.
     Dans un premier temps, la jeune femme inspira lentement l’air encore empli de senteurs boisées et pleines de vie, s’en saisit pleinement afin de reprendre contenance d’elle-même, et le relâcha. De ses mains tremblantes, elle posa délicatement sa lyre à terre, et sans geste brusque se leva pour faire face au monstre, grignotant peu à peu le chemin qui le séparait de sa proie. Se forçant à garder son calme le plus parfait et la pleine mesure de ses facultés d’analyse, sa prochaine victime prit deux longues et fines aiguilles faites de fer de la sacoche attachée autour de sa cuisse, les passa doucement par le bas de sa robe pour enfin se mettre en garde au cas où son épouvantable agresseur venait à évincer son manège et déciderait soudainement de la faire passer de vie à trépas. Sans se départir d’un certain recul dans la situation qui l’accablait, Aylinn ne pouvait empêcher la peur de s’insinuer irréversiblement dans toutes les veines de son corps et de frémir à chaque pas de la bête. Voulant retarder au maximum le combat qui allait certainement se dérouler et qu’elle sentait ne pouvoir jamais emporter, elle fit quelques pas en arrière, ses yeux figés sur le prédateur. Elle se rendit compte trop tard où ces pas la menaient, et trébucha avec un petit cri sur la souche d’arbre qui l’avait tantôt permis d’exalter sa passion créatrice.
     
      Quand elle releva la tête, ses yeux exorbités par la terreur d’une éventuelle attaque à cause de cette regrettable maladresse, elle vit que la créature s’était arrêtée, inclinant la tête sur le côté comme si elle avait enfin reconnu l’objet de sa traque et qu’elle savourait les derniers instants de sa chasse couronnée de triomphe. Ils restèrent longtemps ainsi, la proie figée, incapable d’esquisser le moindre mouvement ni de détacher son regard terrorisé, et l’agresseur détaillant avec délectation toute la beauté de la situation, qui allait bientôt s’accélérer pour en finir.
      Soudainement, le monstre brisa une nouvelle fois le silence d’un cri strident, déchirant toute l’étendue du corps de sa victime comme une multitude de poignards, synonyme de sa mort imminente. Cette dernière ne put résister et plia sous son instinct, qui la fit se relever plus rapidement que jamais, tous les sens à fleur de peau, puis reculer plus posément d’une démarche raide jusqu’à ce que son dos fut accolé au tronc d’un grand chêne, dont elle serra de sa main libre quelques fines branches qui parsemaient son tronc plus d’une fois centenaire, comme si elles étaient la garante que l’espoir d’y réchapper existait toujours. Le souffle saccadé, Aylinn était plus pâle encore. Quelques mèches rebelles de sa chevelure d’un noir intense gênaient sa vision et donnaient plus que jamais l’impression que la lumière et les ombres s’étaient fondues dans la perfection d’un unique visage. Sa poitrine se soulevant rapidement, elle subit cet horrible cri au plus profond de ses entrailles jusqu’à ce qu’il cesse enfin. Alors, dans un élan plus vif que la foudre, le monstre la chargea, arrachant au passage la souche comme une vulgaire mauvaise herbe. La jeune femme ne put réprimer le cri qui s’échappa de sa gorge nouée par l’angoisse et ferma les yeux, les bras positionnés par réflexe devant son visage, comme si ce geste allait lui être salutaire alors qu’évidemment, il n’en était rien. Ce constat la frappa et lui fit se remémorer les leçons de Sildinn, son cher maître pour qui elle aurait tout donné pour qu’il soit là, à ses côtés, et qu’il lui avoue avec un grand rire que ce n’était encore que l’une de ses illusions. Chassant cette idée de son esprit, elle recentra toute son attention sur la créature qui allait bientôt la rejoindre et la vider de son sang si elle ne faisait rien pour l’arrêter. Il fallait réagir, coûte que coûte !
     
     Elle étudia avec précision son monstrueux assaillant afin de déceler les points faibles de sa constitution comme Sildinn lui avait appris, et se concentra à son maximum. Jugeant le moment opportun, elle lança l’une des deux aiguilles qu’elle avait prises de sa sacoche avec la grâce qui habitait le moindre de ses mouvements, doublée d’une extrême rapidité. Son geste, si vif qu’il n’aurait été que flou pour un œil normal, fut d’une précision exemplaire. La pointe de l’aiguille s’était fichée exactement dans l’endroit visé, dans le pli formé entre la patte et le flanc gauche de la bête, ce qui devrait au moins au moins le ralentir, sinon paralyser le nerf qui commandait ce membre. Mais au contraire de ce qu’elle espérait, son prédateur ne sembla pas souffrir de ce coup. Néanmoins, sa course fulgurante fut suspendue momentanément pour un autre cri suraigu, inhumain. Profitant de cet interstice, Aylinn se saisit rapidement de deux autres aiguilles, qu’elle mit entre ses lèvres avant de grimper souplement sur le chêne, posant à peine le pied sur une branche qu’elle rebondissait déjà sur une autre, et tout ça sans jamais lâcher des yeux son adversaire, sauf pour lancer un regard furtif vers son prochain appui. Arrivée à mi-hauteur de l’immense arbre, elle se posa sur une branche, se penchant en avant pour étudier l’angle de trajectoire de son prochain projectile. Elle opta pour la base de la nuque et prit entre ses doigts une aiguille placée entre ses dents. Elle se saisit également de l’autre tige de fer qui lui restait de sa première attaque, et visa précautionneusement les points qu’elle avait choisi pour tenter d’assommer définitivement la bête. Le haut et la base de l’échine, voilà qui semblait une bonne solution pour la mettre hors d’état de nuire. Une flamme de détermination brûlant dans son regard d’ébène, son bras ne tremblait plus de peur, mais de la rage qui s’était emparée de son esprit, ne pouvant permettre qu’on gâche ainsi la magie de ces lieux et les instants sublimement lyriques qu’elle avait passés ici. Telle une figure vengeresse, elle se tenait droite et fière, une main appuyée nonchalamment sur le tronc de l’arbre vénérable, un brasier de colère se reflétant dans ses yeux. Comme si elle dominait le monstre de toute sa furieuse hauteur, elle baissait le regard vers lui avec un ardent désir de meurtre, toute son habituelle joie de vivre envolée pour ne laisser place qu’au sentiment ravageur du courroux.
      Sans crier gare, elle lança les deux dards mortels, qui fondirent sur leur proie avec un sifflement presque imperceptible. Le monstre, qui semblait avoir perdu la trace de son adversaire, continuait de le chercher lentement, comme si sa capture était irrémédiable. Alors qu’Aylinn serrait déjà le poing en signe de victoire, intensément concentrée sur la suite des évènements, la bête releva soudainement la tête alors que les deux projectiles étaient en passe de le toucher mortellement. Ces deniers ricochèrent avec un bruit strident et métallique sur son masque, et se fichèrent misérablement en terre, signe de l’échec de leur propriétaire. Celle-ci se pétrifia devant la posture du prédateur cauchemardesque, qui était passé de l’indifférence assurée à une véritable défiance, à un instinct meurtrier terrifiant. Telle une machine conçue pour le combat et l’assassinat, il fixa un long moment sa future victime avant de s’élancer et de grimper à son tour sur l’arbre, arrachant l’écorce du vieux chêne de ses longues serres recourbées. Aylinn n’abandonna pas pour autant, et avant que la créature ne la rejoigne elle se posta plus en hauteur encore et la bombarda d’aiguilles, dont le nombre s’amenuisait dangereusement. Elle parvint à l’atteindre plusieurs fois malgré la fulgurance et l’étonnante souplesse du monstre, mais encore une fois aucune trace de blessure ne manifestait un quelconque succès. Dépitée, elle réserva ses deux derniers projectiles au cas où elle trouverait un point faible dans le corps de la bête, et aussi –surtout- dans l’idée de pouvoir se défendre s’il venait à la saisir. Quels moyens de l’emporter ou simplement de réchapper à ce terrible affrontement lui restaient-elles ? S‘enfuir, même par la cime des arbres resserrées était hors de question, la bête semblait bien trop rapide. Le combat à main nue, discipline que Sildinn lui avait poussé à pratiquer jusqu’à une ample maîtrise, serait-il une solution ? Non, même par la spécificité de son art secret, l’éventualité que ses techniques se révèlent sans effet était bien trop importante pour se lancer à corps perdu dans un tel risque. Il ne restait qu’un seul et unique moyen, moyen qui l’effrayait au demeurant. Mais elle n’avait pas le choix, sinon il serait trop tard.
     
      Elle releva les yeux, déterminée à vaincre et s’aperçut de l’avancée foudroyante de la créature, à peine trois branches plus bas qu’elle-même. Attendant le dernier moment, elle esquiva le coup de griffe ravageur de justesse. La puissance de l’attaque était impressionnante, au point que des copeaux de bois volèrent en tous sens.
  - Tu ne plaisantes plus n’est-ce pas ? lança-t-elle à son hideux assaillant avec un air de défi. Moi non plus !
      Aylinn rit de la réussite de son plan : il avait coincé sa griffe dans la branche, qui, de plus, était collée par la sève qui s’en échappait. Se concentrant intensément, une goutte de sueur perlant sur la tempe, elle murmura quelques paroles dans un langage d’une sombre gravité et sortit une avant-dernière aiguille de son étui de velours. Elle passa les doigts plusieurs fois dessus, et l’objet fut entouré d’une aura à la teinte émeraude, instable et comme incessamment parcourue de vents contraires. Ses cheveux de jais se soulevant légèrement par l’effet du sort, elle remercia rapidement son maître de lui avoir tant appris, avant de sauter soudainement sur le dos de son assaillant avec un grand cri vengeur. Elle frissonna au contact froid de la peau noire et lisse du monstre, comme résultant des œuvres des ténèbres elles-mêmes. Plus désireuse encore de faire taire à jamais cette cruelle aberration, la jeune femme poussa un nouveau cri de guerre et planta furieusement son arme dans le dos de son adversaire, juste entre les omoplates, avec toute la force qu’elle avait pu y mettre. Ce dernier hurla atrocement, rejetant la tête en arrière et se secouant frénétiquement, tentant par tous moyens de se dégager la patte et de faire regretter son acte à sa victime. Surprise par cette manifestation de douleur qu’elle n’avait pas prévue aussi efficace, Aylinn tomba à la renverse à cause de ces soubresauts plus violents les uns que les autres, comme en une danse follement macabre. Elle se réceptionna tant bien que mal à une branche plus basse. Elle ne réussit malheureusement pas à préserver son équilibre et dérapa. Quelques pieds de chute suivirent cette incidence, avant qu’elle ne parvienne à s’accrocher à un jeune rameau, dépassant d’une des  noueuses branches du chêne. Elle cria de douleur à cause de la peau que ce geste lui avait arraché, et resta un moment suspendue là, sans avoir la force de remonter.
     
      Alors, tout s’accéléra.
      Sa souffrance devenait insupportable, lui lançant dans tout le bras droit. Elle lui intimait de lâcher prise, de se jeter dans le vide avec la voix doucereuse d’un maître perfide, qui viendrait contempler vaniteusement la situation désespérée dans laquelle elle se trouvait piégée et ourdirait de lui ôter lâchement sa vie de jeune femme. Et alors qu’elle n’avait plus moyen de lutter ni de choisir une voie par laquelle s’échapper, le pire survint. Plus un bruit ne montait dans le ciel grisâtre, mis à part ses halètements. Elle releva la tête, et vit avec horreur la créature qui s’approchait lentement sur la branche à laquelle elle pendait misérablement, avec la lenteur et l’orgueil qu’inspire une victoire assurée. De manière inexorable, elle faisait un pas après l’autre, tout doucement, ses griffes crissant atrocement sur le bois meurtris pour ne pas ajouter à l’effroi qui paralysait Aylinn. Elle ne sentait déjà plus son bras et plus aucun moyen de s’enfuir ne s’offrait à elle, exceptée une mort certaine, implacable. Plus que deux pas et il serait juste au-dessus elle. Tournant la tête vers le bas, elle ne vit plus que l’offre de suicide que le vide lui offrait. Un profond vertige la saisit. Frissonnant de froid, elle fit lentement face à son assassin cauchemardesque. Une goutte de sang plus noir que l’encre tomba sur sa joue livide, et ruissela doucement en un sillon aussi glacé que lorsque la vie s’éteint, en même temps que tout espoir. Son origine était le dos de la créature dont exsudait un léger filet sombre, formant une sombre flaque sur l’écorce du chêne. La jeune victime se vit alors dans le miroir argenté du masque de celui qui prendrait sa vie. La pâleur de son reflet, abominablement déformé par cette plaque métallique à deux pouces de sa peau, prit un caractère insupportable et violent qui la frappa de stupeur. Plus morte que vive, transie de froid jusqu’à l’intérieur des os, elle se laissa chuter par cette vision d’horreur.
      Le vide aspira son corps comme un loup affamé, plus rien ne faisait obstacle jusqu’au sol. L’atterrissage signerait sûrement son trépas, et si ce n’était pas déjà fait le monstre s’en chargerait. Aylinn vit les contours flous des branches s’éloigner, tout lui semblait si confus… Elle aperçut ce qui suivrait : la chute, ses os brisés, la douleur, puis sentit déjà les crocs qui la dévoreraient, qui lui déchireraient les entrailles. Un léger souffle encore, comme une étincelle avant le néant. Puis elle défaillit, alors que ses cheveux virevoltaient encore par sa chute, formant comme un linceul noir qui signerait la fin de son existence et de ses souffrances…
« Modifié: samedi 28 janvier 2012, 19:32:08 par Prince du Crépuscule »
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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #23 le: vendredi 23 novembre 2007, 14:51:16 »
Je ne regrette pas cette attente, quelle agréable suite ! ( avoue que tu as laissé du temps pour monter le suspence ^^ ), j'en tremble encore.

J'ai adoré ce passage, le paysage merveilleux, illusoire se transforme en paysage effrayant. Le lecteur ressent le danger imminent et on souhaiterait dire à Aylinn de fuir mais il est trop tard le monstre est déjà là. On a peur qu'il abrège la vie d'Aylinn.

Je n'ai aucun reproche à te dire, je te félicite. Je trouve ton récit merveilleux, cette fiction me parle au coeur.
Pour les lourdeurs je n'ai pas la sensation d'en voir mais je suis quelqu'un qui est accoutumé à celles-ci puisque ma syntaxe est souvent bien lourde, je ne pourrait te reprocher ce problème.

Je ne sais que dire, tous les mots de ma bouche se sont envolés devant tant de beauté.

Mille merci à Yorick pour la signature de Soren, à Kerberos pour l'avatar et la signature de Soren et à Krysta pour cette signature et avatar.

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #24 le: dimanche 25 novembre 2007, 00:21:44 »
Diantres ! Je t'en prie, Prince, s'il est une chose que j'aime lire (un poil moins que les textes, il en va de soi) il s'agit des commentaires et des réponses aux commentaires ! Pour moi, il s'agit d'annexes de l'histoire qui peuvent compléter certains passages et même expliquer plusieurs choix ! Donc je t'en prie, la prochaine fois, réponds aux commentaires de manière excessive s'il le faut ! Je te promets que c'est une chose que j'adore lire :niak:

Bien, passons au texte, donc.
Le Petit Chaperon Rouge, oui, en effet j'en ai bouffé, ainsi que la totalité des Contes de Perrault. Cependant, je puis me permettre un petit aparté sur le programme de terminale Littéraire, je dirais bien que la matière Littérature est un doux présent car les oeuvres étudiées et l'approfondissement l'oeuvre sont véritablement intéressantes.
Et pour en revenir à Aylinn, oui, le parallèle avec le Petit Chaperon Rouge est assez intéressant à voir. Bon, ensuite, je vais pas le répéter cent trente ans, quoi, le contexte est bien différent après tout et je ne pense pas que tu aies voulu faire de morales psychanalitiques.
Un chapitre tout entier pour la demoiselle, donc. J'ai adoré cette progression extrême du très cul-cul au très opressant. Le coup des animaux qui viennent écouter Aylinn, je dois t'avouer qu'il reste encore en questionnement. Etait-ce une référence à Blanche Neige cette fois-ci ou bien une réelle volonté de parodie ?
Il n'en est pas moins que la suite soit excellente. Aylinn se rend compte peu à peu de son "loup" bien étrange. Le combat est mené avec brio, mêlant la narration et la description à merveille. L'ambiance angoissante est partagée et le lecteur croit à plusieurs reprises que les derniers moments de la jeune femme sont arrivés... Et c'est d'ailleurs ainsi que se termine le chapitre.
Va-t-elle survivre ? Le bon sens nous souffle "oui", puisque dans notre esprit est déjà ancré le statut de héros d'Aylinn. Cependant, le lecteur reste dubitatif. L'insistance est présente et tu appuies bien là où ça fait mal. Bref, du coup la suite est plus que pressante. Que va faire Sildinn ? Et pyuis, zut, c'est quoi c'te bestiole bizarroïde, là ?
Allez, on s'active, on s'active, y a du scoop !

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #25 le: jeudi 29 novembre 2007, 17:41:42 »
Bon, je n'ai pas lu tous tes écrits (Je le ferai ce week-end si j'ai le temps, en ce moment, j'ai pas mal de cours à rattraper avec tous les blocus  :| ) mais le peu que j'en ai lu (Mme Delacrée, des poèmes, une nouvelle qui parlait de la prise d'Hyrule je crois...) je trouve ça superbe <3 Tu écris  vraiment bien, je te l'ai déjà dit ;)

EDIT ça y est, j'ai lu le début de ta fiction. Je connaissais déjà le premier chapitre, ou du moins le début, car j'ai tout de suite reconnu le dialogue entre Sildinn et Aylinn. Ces quatre premiers chapitres sont excellents, même si c'est vrai qu'au début, j'ai eu du mal à te suivre dans les descriptions, il y a pas mal de mots que tu emploies dont je ne connais pas le sens. Venons-en à l'histoire. J'adore cette idée du pouvoir de l'illusion, qui change de la magie "elfique" qui est assez présente dans les récits de fantasy. Les meurtres commis par la bête sont aussi très intéressants, et les différents passages où elle est mentionnée sont particulièrement bien écrits: lorsque le maire de la ville raconte ce que lui ont rapporté les paysans, et surtout, la scène du combat et celle qui la précède, où le changement d'ambiance est très bien décrit. Tout comme la description du monstre, dont j'ai tout de suite put me faire une image dans la tête (enfin, image qui s'est améliorée au fur et à mesure, car au début, je pensais que c'était un loup ;P)
  Les personnages. Pour Aylinn, je suis assez partagée. Comme l'a dit Furiouze, elle est trop parfaite: belle, intelligente, a une grande sensibilité (Toutes ses réactions sur le monde qui l'entoure, particulièrement le passage où elle est dans le bois et qu'elle chante) a une belle voix, sait comment s'y prendre avec les enfants, etc. Mais je suppose qu'au fil des chapitres, nous découvrirons plus de faiblesses ; )
  En parlant de ses faiblesses, s'il y en a une qui sort du lot, c'est l'attention qu'elle porte à Sildinn (car cela est bel et bien une faiblesse pour moi: au début, lors de la séance d'entraînement, quand elle va voir s'il n'est pas blessé après lui avoir donné un coup, et qu'il lui reproche son geste) et même l'amour, qui est réciproque, car on sent bien qu'ils sont amoureux l'un de l'autre, même si cela n'est pas clairement dit. Leur relation est très intéressante et touchante. Le rapport maître/disciple est ambigü: même si Sildinn est censé lui donner des cours, on sent bien qu'il y a un jeu de séduction entre eux, en tout cas du côté d'Aylinn. Cela s'emplifie également par le fait qu'ils vivent ensemble, ce qui n'est pas très courant pour un professeur et son élève xD ("ici vivent Aylinn et Sildinn ").
  Pour le personnage de Sildinn, même si l'on sait très peu de choses sur lui, je l'aime beaucoup. Il impose de suite le respect, et attire l'attention par le mystère qui l'entoure. Sa personnalité et son histoire m'intrigue, et je ne sais pas pourquoi, mais je l'imagine avec un passé sombre, une enfance difficile^^
   Pour la fin du quatrième chapitre, que dire, à part que je suis impatiente de savoir la suite. Bon, il y a très peu de risques qu'Aylinn meurt (ou bien, cela serait un retournement de situation, et Sildinn prendrait la véritable place de héros) mais comme l'a dit Nehëmah, on doute quand même, car tu insistes beaucoup sur sa chute.
Bon, je crois que mon (modeste) commentaire est fini^^
    J'attends le chapitre V avec impatience, et heu... bonne inspiration^^

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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #26 le: mardi 04 décembre 2007, 18:08:42 »
Bon, j'ai enfin trouvé le temps de lire ce chapitre, je ne suis pas déçu, loin de là.

Je pourrais d'ailleurs réduire mon propos à une expression: Wow!  :|

Voilà qui résume assez bien :niak:

Comme je ne me sens pas de faire un long commentaire, et comme mes prédécesseurs ont déjà tout dit, je vais faire court ^^

Ce qui m'a le plus saisit dans ce chapitre, c'est effectivement le changement de ton et d'atmosphère entre le début et la fin du texte. Ca commence gentillement, un peu trop peut être. D'ailleurs je n'ai pas pu m'empêcher de sourire lors du passage avec les animaux, la scène m'a en effet tout de suite fait penser à Blanche Neige. C'est peut être poussé le féérisme un peu loin non? :niak: M'enfin, c'est comme ça qu'on t'aime XD Puis tout doucement, l'angoisse de la rencontre se dilue dans tes lignes, pour aller vers quelque chose de plus vif, de plus fort, de plus bestial. Une traque quoi. Bref, c'est super bien ammené, je ne peux une fois de plus ne rester que sans voix devant ta maîtrise de la narration. Le combat en lui même est fort bien écrit lui aussi, je n'ai eu aucun mal à m'imaginer la scène, d'ailleurs cela m'a fait penser à certains passages de combat dans les grands films d'animations, comme Princesse Mononoké (c'est un grand compliment que je te fais là :niak:). On en apprend un peu plus sur l'art de combat d'Aylinn, assez original d'ailleurs ^^
Pour la petite histoire, la coïncidence n'est pas banale car Samedi dernier j'ai acheté les trois premiers tomes d'un manga dans lequel les héros sont des acuponcteurs se battant avec des aiguilles, bref, c'était un épisode franchement palpitant de la vie de GMS, excusez le. :niak:

Tout ce babillage pour dire qu'on attend la suite, diantre! Avec cette douce enfant aux portes du cauchemard de la mort, c'est assez osé de nous faire attendre v_v

EDIT: Hou, je suis fatigué moi, je n'ai mis que quatre niaks :niak: (enfin cinq :niak: (plutôt six en fait :niak: (quoique sept c'est pas mal :niak: (mais huit c'est mieux :niak: (et neuf encore plus :niak: (et de dix pour faire rond ^^)))))
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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #27 le: mardi 11 décembre 2007, 10:50:15 »
Je suis désolée de mettre un commentaire directemment après tes écrits car cela coupe ton récit en plusieurs parties, enfin après les autres ça en fera un en plus, c'est tout u_u. (et puis comme c'est comme ça qu'il faut procéder).

Enfin je me devais de passer ici, après qu'Arya m'ait fait lire tes écrits. Et très franchement, que dire, que dire? De toutes les personnes dont j'ai lu les écrits (que ce soit IRL ou sur le net) tu es la personne qui a le plus de talent. Tu as vraiment une plume exceptionnelle. Beaucoup de lyrisme, mais cela va très bien au genre que tu écris, à savoir fantastique/ fantasy. Beaucoup trouvent qu'il y en a beaucoup. Trop de beaux mots, de belles descriptions, c'est vrai que si l'on y prête attention, on pourrait trouver cela presque étouffant, mais moi j'aime, c'est ton style d'écriture, encore une fois il convient très bien à ce genre littéraire, il serait très certainement moins bien passé s'il s'agissait d'un tout autre genre. Mais je pense que ton style est tout à fait honorable, et en tout sincérité, bien que tes phrases soient longues -j'aime les longues phrases comme les courtes, ce sont grâce à elles qu'un texte prend un rythme, une cadence- elles ne rivalisent pas d'incompréhension avec celles de Tolkien ou dans un tout autre genre, celles de Stephen King.
En gros, elle ne me dérangent pas du tout, je n'ai pas besoin de revenir sans cesse sur le début de la phrase -ce que je fais avec Tolkien- et je n'ai pas cette envie cruelle qui me démange, de passer des pages -ça c'est pour Stephen King et ses descriptions de cinquante pages sur un truc anodin qui n'apporte pas grand chose au finel_.
Enfin, j'ai lu tes quatre premiers chapitres, ou plutôt je les ai dévorés devrai-je dire. Ce fut jouissif, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde. Les descriptions, je ne les trouve pas trop longues, seulement justes. Tu dois avoir une très grande sensibilité pour produire tout cela, et ça, j'adore!

J'ai lu aussi ta nouvelle, sur la Préciosité Zeldesque, et j'ai trouvé qu'elle avait un style mythologique un peu. Je ne sais pas si je m'exprime bien, mais ce genre de mythes ou de nouvelles dans lesquels la fin parait moralisatrice. Enfin, moi c'est ainsi que je la vois. La fin me fait penser à bon nombre de héros qui finissent poursuivis par les Erynnies, ces monstres rendant fous. Et pareil je ne me suis pas ennuyée une seule fois. Pour ainsi dire je me suis délectée de toutes ces phrases, ce jeu avec cette prose touchant le poétisme.

Pour ton roman, côté histoire et personnage, étant donné que c'est encore court (mais je pense que c'est parce que tu es un perfectionniste et que donc, tout ceci te prend du temps), je ne préfère pas trop me pronnoncer, si ce n'est que la relation qui unit Aylinn et Sildinn m'a l'air étrange... Relation amoureuse? J'aurai envie de dire oui mais... -même si ça meparait un peu pédophile en fait xDD - car j'ai justement l'impression, ou du moins la sensation que tu veux nous encrer en tête une histoire d'amour pour finalement arriver à nous surprendre, et nous faire voir qu'en réalité il s'agit de tout autre chose. Nous verrons bien par la suite.
Mais si c'était le cas, cela changerait du héros paysan qui convoite la princesse et qui gagne son coeur en lui sauvant la vie^^

Aylinn, elle m'a tout de suite fait penser à Blanche Neige, je crois qu'on te l'a déjà dit d'ailleurs. Les ressemblances physique son frappantes, et on retrouve un peu de son comportement là dedans aussi (sa naïveté). Et comme beaucoup j'ai du mal à m'attacher à elle. Trop parfaite et à la fois énervante. Trop pompeuse quant à son vocabulaire, trop sociable, même les animaux l'aiment tous... Elle en devient presque pédante malgré elle. :/
Pour ce qui est de Sildinn, il me semble... étrange. Il me met assez mal à l'aise comme personnage, je ne saurai dire pourquoi. Je le trouve peut-être un peu hautain malgré lui, puisqu'il a l'air d'être très bien avec ses élèves, mais je ne sais pas, il y a quelque chose autour de lui qui ne me plaît pas. Et pourtant, et pourtant je le préfère à Aylinn. Pourquoi? Je ne sais pas, il m'a l'air d'être un hybride du vieux sage (sûr de lui, professeur) et de l'érudit (son changement de comportement quant à Aylinn au cours de leur réunion). J'aime la première image, sans qu'elle soit trop encré en lui tout de même, en revanche j'ai du mal avec la seconde.

Quant à la trame de l'histoire en elle même, c'est trop court pour pouvoir en parler, mais suffisant pour connaître le genre. Je trouve que tu gères magnifiquement bien les moments calmes et lyriques, c'est lent mais pas trop, juste comme il faut en fait, pour pouvoir se plonger dedans quand tout va bien pour eux (les descriptions quand ils sont dehors)... Tout comme l'action est elle tout aussi bien menée. Tu parviens à entrer dans un rythme plus rapide et saccadé, elle ne traîne pas en longueur, bref tout va bien.

Enfin, pour la scène dans la forêt, elle m'a fait également penser à Blanche Neige, comme l'ont dit d'autres personnes.
En revanche l'histoire du Petit Chaperon Rouge.... j'ai du mal à voir le parallèle, vraiment désolée :|
C'est vrai que l'histoire de la robe rouge aurait été un plus mais.... je ne sais pas... Peut-être que oui en surface, mais quand on gratte en profondeur quant au véritable sens du Petit Chaperon Rouge, je dirai non. Je pense que le parallèle se situe donc plutôt au dessus, le monstre est le loup, Aylinn le Petit Chaperon Rouge mais... enfin bref je ne vais pas m'étendre, étant donné que je pense que tu me comprends puisque chez Perrault il s'agit de connotation sexuelle avec la couleur rouge, en gros que les jeunes filles ne doivent pas faire confiance à n'importe qui, puisque le loup représente en vérité l'homme (sans H majuscule s'il vous plaît) et que là, il n'y a pas de relation de confiance, juste celle du chasseur et de sa proie. Voilà =)


Enfin pour terminer, cela va faire bien huit ans que j'écris de mon côté, et je peux te dire que ce que je produis comparé à toi n'est vraiment rien. Alors très franchement, continue, tu as le talent d'un grand, et si j'étais toi, je penserai très sérieusement à la publication. Autant en faire profiter un maximum de personnes, tu es doué, on ne peut qu'aimer. Voilà, je crois que j'ai fini. Bon, mon commentaire suit celui des autres et n'a rien d'original je l'avoue, mais je pense que tout le monde est d'accord sur ce même point, celui que tu as du talent... ce qui fait donc des commentaires se ressemblant quelques peu. Merci pour tes écrits, et comme beaucoup j'attends avec impatience la suite =')
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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #28 le: jeudi 13 décembre 2007, 22:25:07 »
Bon, vu le flot de commentaires et la longueur de certains (vous êtes tous que des fous, c'est moi qui vous le dit, moi jamais je n'aurais l'idée de faire une telle chose, ô combien jamais... ='D), et puisque c'est la mode de répondre sans poster de chapitre en ce moment, je vais suivre un peu pour une fois. ^^'

Alors, dans l'ordre.
Landeroy ==> Je suis sincèrement transporté de joie en lisant tes quelques mots, que ça te parle au coeur est un plus grand compliment que tu ne l'imagines, en romantique que je suis. Merci beaucoup! ^^

Parasite ==> Oui, messire sangsue, dorénavant je répondrais à tous vos commentaires, à tous vos désirs, sous peine d'être disséqué sans anesthésie au préalable. Ce que tu es cruel T-T Mais je comprends tout à fait ton sentiment, moi aussi j'adore ça, au risque de faire de gros pâtés avant mon texte en lui-même mais bon. ;p

Hum... Il faut que je précise une chose pour chacun, il y a eu une erreur. Je croyais avoir enlevé cette phrase avec les animaux venant se presser autour d'Aylinn, sur le manuscrit je l'ai fait j'ai dû oublier excusez-moi. Je m'étais emporté (c'est si rare...) et à la relecture j'avais trouvé ça vraiment trop... et ridicule surtout. Pour l'anecdote vous avez faux, Aylinn n'est pas Blanche Neige, autant pour le Petit Chaperon Rouge j'avoue y avoir pensé, mais là pas du tout. Sans les animaux vous n'y auriez peut-être pas pensé, mais j'aime pas cette image de Blanche Neige... En fait, c'était juste une référence aux romantiques (à l'allemande bien sûr) rien de plus. A moins que mon inconscient psychique ne me joue des tours? ;)
Pour le reste, merci de tes compliments concernant le glissement vers une atmosphère plus sombre et le combat, c'est l'une de mes spécialités à dire vrai. ^^

Arya(choute) ==> Ho merci d'être passée sur PZ, jsute pour moi en plus! Je ne saurais te remercier! :niais: Merci pour tes ces compliments, cette éloge même, mais je t'assure c'est rien hein ^^' Concernant Aylinn, tu as peut-être raison, et j'en suis désolé... Je suis en quelque sorte tombé amoureux de ce personnage qui ne devait être que parfaitement secondaire, du coup elle est ce qui, à mes yeux, représente une femme parfaite, une sorte d'ode à une femme rêvée. Mais je m'étais douté que ce serait peut-être trop et que ça la rendrait moins intéressante à vos yeux. (l'Homme voue une haine au vice, mais en veut toujours, n'est-ce pas ironique? :p) Aussi ai-je quelque chose contrebalançant cet aspect... vous verrez en temps voulu. ^^
Et pour cet agréable commentaire, je ne puis répondre autre chose que "Danke schön"! =D

Great Magician Samyël ==> Ravi que ça t'aie laissé une telle impression, je suis comblé par toutes ces belles paroles. Pour le féérisme je le répète mais oui je suis allé trop loin en effet, mais peut-être que justement ça renforce encore plus le contraste qui s'en suit, et que finalement ça n'aura pas desservi ma fiction? Je ne sais, c'est vous les lecteurs après tout.
Pour la traque, tu as touché juste, c'est excatement l'impression que je voulais donner. Pour ta comparaison avec Princess Mononoké... Ouah :niais: je n'ai pas d'autre mot, je mesurerai à Noël à quel point ce compliment est haut placé, mais je m'en fais déjà une idée, merci beaucoup o^^o
Concernant cette petite coïncidence... N'oublie pas, nos destins sont étroitements liés, tel un arbre au tronc double dont les verdoyants rameaux s'élanceraient d'une commune vigueur vers le firmament étoilé. :<3:

La Femme aux 13 Editages (;)) ==> Les deux soeurs d'un coup dis donc, je suis flatté. ^^ Tu n'as pas à être désolée Saphir, (moi aussi j'adore les pubs pour les parfums pour l'anecdote, surtout Midnight Poison. Quand on connaît mon admiration pour Wong Kar-Waï, on comprend de suite *-* Et puis quel esthétisme ce corset bleu, ces prises de vue qui tiennent véritablement du génie, ce rythme, cette concordance avec la musique, ces symboles raaaah j'en succombe de plaisir tellement c'est beau! D'autant que j'adore Muse! D'ailleurs pour l'anecdote, le passage où l'on voit un train passer n'est pas anodin, Wong Kar-Waï affectionne particulièrement cette dynamique qui donne un élan éphémère à la scène, en contraste avec la mélancolie de ses personnages et de l'intrigue, comme un instant suspendu où le train symboliserait le destin qui toujours vous échappe et qu'on ne peut jamais rattrapper, il utilise souvent ce thème dans ses films ^^ ... je m'égare pas un peu là? Je pourrais disserter sur chaque composante d'un de ses films tellement ça tient du génie =3 ) au contraire ça m'a fait rudement plaisir, je suis littéralement comblé que tu sois passée me commenter.

C'est trop de positif, je ne le mérite pas. Et puis tu sais, la lourdeur de mes phrases, c'est peut-être aussi que je suis nouveau dans le domaine de l'écriture, Madame Delâcrée est la première fiction que j'aie réellement écrite sérieusement :$ De fait, avant je ne composais que des poèmes, d'où ce style sûrement. Je ne saurais faire autrement je pense. ^^ Pour cette chère Mme Delâcrée justement (je lui dois tout sur ce forum <3), la comparaison mythologique est intéressante, je comprends tout à fait ce que tu veux dire par là. Même si je n'y avais pas pensé une seule seconde en l'écrivant, encore une fois.
Quant à ma sensibilité, tu as déjà vu ça quand je parlais avec ta soeur non? Je suis un romantique fini, d'ailleurs mon style est tout à fait inspiré du romantisme à l'Allemande, surtout de Goethe que je vénère par-dessus tout. Et si le romantisme était un arc, la sensibilité la corde, je serais la flêche, j'aime à le penser. :)
Pour mes personnages, c'est étrange que tu aimes ma fiction sans les aimer tu ne trouves pas? Peut-être que ton avis s'améliorera à mesure des chapitres, en tout cas je l'espère, parce que le fait qu'on aie l'impression qu'Aylinn soit pédante m'attriste un peu, ça me dérange qu'on pense ça d'elle. Le parallèle avec la Petit Chaperon Rouge n'était qu'en surface, je te rassure. (manquerait plus que ça v_v') Sinon pour l'étrangeté de Sildinn, je la cultive, j'aime les personnages à forte teneur controversée. =3

Enfin pour terminer non, je n'ai pas songé à me faire publier, pour tout te dire je pense honnêtement ne pas avoir le niveau, je veux m'améliorer si tu le permets! ;)


Voilà voilà, c'est suffisant Nehëmah tu crois? XD Je crois que je vais commencer à répondre à chacun de vos commentaires, sinon j'en auais pour la nuit et ça fera plus que le chapitre en lui-même. :ash:

PS: Chapitre V en cours de rédaction, désolé de tout le temps que j'ai mis, mais j'ai eu nombre de problèmes comme vous ne les imaginez même pas... Ayez pitié je vous en supplie... :sad:
« Modifié: samedi 28 janvier 2012, 19:43:25 par Prince du Crépuscule »
« Les gens exigent la liberté d’expression pour compenser la liberté de pensée qu’ils préfèrent éviter. »


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[Fictions] Au seuil du pavé ~ Chap. V
« Réponse #29 le: vendredi 14 décembre 2007, 15:36:45 »
Au niveau de l'ensemble, oui ça fait une belle réponse ! Je suis heureux que tu te mettes à répondre de telle manière, car je pense qu'outre l'aspect superficiel de gonfler les messages du topic (s'apparentant à du flood, mais qui n'en est pas), un sujet, de fiction, a besoin d'un échange de commentaires pour vivre et surtout car c'est là que l'écrivain y gagne le plus et que c'est là que le lecteur peut récolter toutes les subtilités et mieux y voir la position de l'auteur. Bref, je ne vais pas ouvrir un débat là-dessus, ce serait en effet du HS total, mais des commentaires au sein d'un tel sujet, je crois que ce n'est pas vraiment du Hors-Sujet  ;)

Pour Blanche-Neige, okay, c'est noté, j'éviterai de faire des rapprochements alors, dans le futur ! :niak: Cependant, je trouve en effet que ça a servi ta fic, justement car en tombant dans cet espèce de lyrisme complètement décallé (à tel point qu'on ne sait pas si on navigue entre parodie ou kitschissisme (néologisme, yeah)), le passage suivant se révèle d'autant plus sombre.

Quant au parallèle avec Princesse Mononoke de Samyël, je n'irai peut-être pas jusque là, mais on ressent en effet une certaine poésie qui se rapproche un peu des univers de Miyazaki.

Sur ce, je souhaite que tu finisses ton chapitre 5 au mieux ! (et non au plus vite :$).

Signé : Monsieur Parasite.