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Sujets - Jielash

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Littérature, BD et séries d'animation / [Manga] Gloutons & Dragons
« le: mardi 23 juin 2020, 00:42:05 »


Laïos et Farynn sont un frère et une sœur explorant, avec un groupe d'aventuriers, les tréfonds d'un mystérieux donjon. Lors d'un affrontement avec un dragon, Farynn se sacrifie pour téléporter ses compagnons hors de danger.

De retour à la surface, Laïos est bien décidé à retourner illico sous terre afin de ressuciter sa sœur avant que le dragon ne la digère. Mais comment faire ? Le groupe a perdu la majorité de ses bagages et n'a pas l'argent nécessaire pour s'acheter de nouvelles vivres.

Laïos a bien une solution, mais pas sûr que cela plaise fort à ses compagnons...



Les manga de cuisine et ceux aux univers de fantasy inspirés de jeux de rôles sont foison, Gloutons et Dragons a la particularité de mêler les deux ! Afin d'avancer dans les étages du donjon, nos protagonistes doivent profiter des différents types de monstres et écosystèmes qui s'y trouvent pour se ravitailler.

Le manga est très humoristique et on peut s'attendre, en lisant le volume 1, à ce qu'il soit surtout composé de petites scénettes comiques tournant principalement autour d'un plat par chapitre, mais la narration évolue au fur et à mesure de l'avancée des personnages ! Ceux-ci s'étoffent au travers des épreuves, de même que l'histoire lorsqu'on en apprend plus sur le mystère du donjon, sa mythologie et les problèmes géopolitiques se développant autour de celui-ci.

Ryoko Kui, l'autrice, parvient ingénieusement à développer cela sans perdre de vue la thématique principale de l'œuvre, les plats à base de monstres. Bien souvent, la solution à un problème se trouve dans les créatures qui hantent les sous-sols et c'est passionnant de voir nos chers gloutons chasser leur nourriture, parfois de manière épique, souvent de manière hilarante et toujours avec beaucoup d'inventivité.

À ce sujet, le bestiaire est très bien travaillé, il y a évidemment de fortes inspirations du côté de l'énorme répertoire des jeux de rôles à la Donjons & Dragons mais Ryoko Kui s'approprie cela en adaptant ou réinterprétant si besoin des versions de monstres classiques afin de coller avec ce qu'elle veut raconter et, au passage, en rendre certains plus comestibles. 

Que ce soit pour les monstres ou pour les différentes espèces humanoïdes, le travail de character design est lui aussi très efficace, avec des personnages bien distincts et remplis de personnalité. Petit exemple avec une série de portraits comportant divers personnages de la série :


En parlant de personnages, peut-être seriez vous curieux d'en apprendre plus sur nos protagonistes ?

En apparence, Laïos a tout du héros typique de JRPG avec son look de jeune guerrier humain à épée et au physique classique. Mais sous cet a-priori banal, il est en vérité un dangereux maniaque des monstres, qui les étudie dans les moindres détails depuis des années, connait mille anecdotes plus ou moins scabreuses à leur sujets, adorerait pouvoir en avoir comme animaux de compagnie et surtout, rêve d'en découvrir le goût une fois passés à la cocotte. Ou à défaut, de comprendre les mystères qui entourent encore certains monstres : quel est le secret derrière les armures mouvantes et surtout, est-ce que ça se mange ?

Sa sœur, Farynn, est une jeune femme très empathique mais, on se rend compte lorsqu'on a finalement l'occasion d'en apprendre plus sur elle qu'elle partage quand même pas mal de bizarreries avec son frère.

Marcyle est l'elfe magicienne du groupe et cumule à première vue pas mal des clichés associés aux elfes dans certaines œuvres parodiques : pas très dégourdie, assez capricieuse et passablement hautaine. Mais cette amatrice de sorts explosifs et de bonne cuisine est loin d'être un boulet, il lui faut juste un peu de temps avant de dévoiler ses talents cachés et son passé.

Senshi rejoint le groupe au début de l'histoire, il est un nain passionné par la cuisine de monstre et vit pour cela dans le donjon. Lui aussi cache certains secrets, derrière son côté très franc et pas prise de tête, à la fois "vieux" sage et un peu fou. Fervent défenseur d'une alimentation saine , il fait aussi particulièrement attention à préserver l'écosystème du donjon.

Tylchack est un halfelon dépisteur de pièges. Sarcastique et pragmatique, il est un peu la personne la plus normale du groupe principal mais c'est aussi cette simplicité et son côté bougon qui font son charme.

Il existe aussi de nombreux autres personnages alliés ou en conflit avec ceux que j'ai présenté plus haut mais je vais vous laisser le plaisir de les découvrir par vous même.




En France, le titre est édité chez Casterman, avec une traduction particulièrement travaillée, riche en jolis jeux de mots et expressions bien choisies, ainsi qu'un vocabulaire adapté à l'univers de fantasy. Cela peut parfois rendre les textes pas totalement naturels mais cela donne aussi des répliques délicieuses (hun hun) et mémorables.

Il y a actuellement 7 tomes sortis, contre 9 au Japon, où l'œuvre (appelée originellement Dungeon Meshi) est prépubliée dans le magazine Harta qui publie dix numéros par ans, ce qui fait que les tomes ne sortent pas à un rythme très rapide. Heureusement, les tomes ne manquent pas de contenu : les pages sont bien remplies et l'histoire avance à bon rythme, tout en restant claire et sans impression d'aller trop vite.

Je ne peux que vous conseiller vous aventurer à y goûter !  :oui:

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Yuhki Kamatani fait sa première apparition dans les librairies françaises avec Nabari, édité par Kazé manga, qui est aussi sa première série sortie au Japon. Nabari no Ō (de son titre original, le Roi de Nabari) sera publié de 2004 à 2008 dans le magazine shônen G Fantasy pour atteindre 14 volumes.

On a affaire à une histoire de ninjas dans le monde moderne, qui se battent afin de récupérer un pouvoir qui pourrait exaucer tous les vœux, réécrire l'histoire et contrôler le monde de l'ombre. La série aborde des thèmes comme l'évolution de la société, l'héritage, la mémoire, l'immortalité. L'œuvre alterne affrontements et passages plus calmes, où les personnages manigancent, se posent des questions sur leurs buts et la marche à suivre mais aussi tentent parfois simplement de vivre leur vie.

Après cela, c'est à travers l'éditeur Akata qu'un autre de ses séries arrivera en France. Shimanami Tasogare, renommée Éclat(s) d'Âme, qui traite entre autre de la vie de personnes membres de la communauté LGBT+, dont Yuhki Kamatani fait justement partie, puisqu'iel s'identifie comme agenre ou non-binaire (x-gender, au Japon).

Dans cette œuvre en 4 tomes, publiée de 2015 à 2018 via le magazine Hibana, on y suit l'évolution de Tasuku, un lycéen gay qui, suite à des rumeurs sur sa sexualité, va faire la rencontre du mystérieux personnage de "l'hôte", propriétaire d'un salon de discussion. Dans ce salon, Tasuku va faire connaissance avec plusieurs personnes, rejoindre une association réhabilitant les maisons abandonnées de la ville et pouvoir se poser des questions sur qui il est, son rapport avec les autres, ce qu'il veut faire, etc.

Même si on suit principalement Tasuku, on découvre aussi les vies, les problèmes et l'évolution des autres personnages du salon de discussion, parfois à travers ce qu'ils échangent avec lui, parfois en dehors de son point de vue.


Suite à la bonne réception d'Éclat(s) d'Âme, Akata va aussi licencier Shônen Note ou Nos C(h)œurs évanescents, une œuvre en 8 tomes issue du Morning Two, écrite entre Nabari et Shimanami. Celle-ci vient de commencer à sortir cette année en France. L'histoire se centre sur le chœur musical d'un collège, ses différents membres et leur rapport à la musique. Le personnage principal est Yutaka, un jeune garçon soprano qui n'a pas encore mué et possède une voix incroyable et une sensibilité musicale très marquée.

Le style graphique de Kamatani évolue énormément au cours de Nabari, qui a évidemment été une œuvre formatrice. Une certaine poésie et son style particulier, qui se perfectionnera dans ses œuvres suivantes, se dégage déjà de plusieurs planches. Cette évolution se transcende vraiment avec son œuvre suivante où, à travers la musique, le monde se déforme et se transforme, la rêverie prend le pas sur la réalité.

Des procédés similaires sont utilisés dans Éclat(s) d'Âme pour représenter les émotions et l'état d'esprit des personnages, bon ou mauvais. Déformations à l'intérieur des cases, jeux de perspective exagérées, effets d'accumulation, superpositions, métaphores visuelles. Ses compositions sont vraiment efficaces et personnelles, on prend plaisir à s'arrêter sur une page, en observer les détails, et à vraiment rentrer dans la tête des personnages.

Le développement des relations entre eux justement est aussi très sympathique, les dialogues et interactions s'associent bien à la mise en page léchée. On reconnait à travers ses différentes œuvres quelques types de caractères que Kamatani semble apprécier mais ses personnages restent assez différents les uns des autres.


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Littérature, BD et séries d'animation / [Manga/Anime] Osamu Tezuka
« le: jeudi 13 juin 2019, 20:37:55 »

Comme l'indique le titre du sujet, ici on va parler des œuvres d'Osamu Tezuka, qui a créé un nombre assez incroyable de manga et de personnages iconiques. Comme Astro Boy (ou Atom, en japonais), Black Jack, Princesse Saphir, le Roi Léo et j'en passe... et si vous ne les connaissez pas, les informations ne manquent pas à ce sujet sur internet ou dans de nombreux bouquins à propos du "Dieu du Manga". Qui a aussi une certaine influence, en bien comme en mal, dans l'industrie de l'animation japonaise puisqu'il a participé à la production très intensive de séries en travaillant sur les adaptations de ses propres œuvres, instaurant l'utilisation très limité de dessins par secondes et d'autres techniques pour économiser du temps et de l'argent.

Je m'épargne donc la charge d'essayer de davantage présenter ce monsieur ô combien connu et je vais plutôt entrer dans le vif du sujet et parler rapidement de ses mangas que j'ai déjà eu l'occasion de lire. Le premier a été Ayako, ce charmant récit autour d'une famille abordant conflits politiques et inceste, une de ses œuvres les plus sombre donc. Ensuite, quelques années plus tard, j'ai lu L'histoire des 3 Adolf, là encore une lecture joyeuse où l'on voit grandir en parallèle deux enfants portant ce prénom pendant la seconde guerre mondiale, l'un étant un métis allemand-japonais dont le père travaille pour le régime nazi, l'autre un juif allemand, qui fuira les horreurs de son pays pour aller au Japon. Un récit très intense.
J'ai aussi lu la vie de Bouddah, une histoire beaucoup romancée et réimaginée autour de ce personnage historique. Du plus célèbre des personnages des personnages de Tezuka, Astro Boy, je n'ai pour le moment lu que quelques volumes aux histoires dans l'ensemble intéressantes et sympathiques (même s'il y a aussi du moins bon qui vient cotoyer le très bon), il faudrait d'ailleurs que je lise le reste, à l'occasion.

Mais plus récemment, c'est à une œuvre assez ancienne (publiée entre 1967 et 1968) et « inachevée » de Tezuka que je me suis attaquée : Dororo. Ce manga en quatre tomes nous fait suivre les aventures de Hyakkimaru, le fils d'un noble seigneur qui a offert différentes parties de son corps à des démons en échange de la prospérité sur ses terres, et de Dororo, enfant chapardeur et malicieux qui accompagnera Hyakkimaru dans sa quête pour retrouver les parties de son corps. Les différentes aventures sont composés d'affrontements avec des créatures monstrueuses variées mais les histoires s'intéressent aussi au triste sort du peuple dans une ère de conflits où la pauvreté, la famine et la mort les guettent.

Tezuka aurait initialement prévu de faire une histoire plus longue mais divers événements lui firent finalement arrêter le manga, avec une fin plutôt abrupte. Le manga alterne des parties humoristiques et légères avec de l'action et des thèmes plus sombres et graphiquement, il y a des composition très chouettes, parfois assez expérimentales. Si les différentes aventures peuvent sembler assez inégales par moments et que l'absence de fin a de quoi décevoir, cela reste une œuvre intéressante de la carrière de Tezuka.

Mais qu'est-ce que qui m'a poussé à lire Dororo maintenant ? Et bien tout simplement la nouvelle adaptation animée qui est sortie cette année pour fêter les 50 ans de l'œuvre. Dororo avait déjà été adapté en série d'animation en 1969, en jeu vidéo en 2004 et en film en prise de vues réelles en 2007, malgré le fait qu'elle ai un goût d'inachevé, l'histoire et ses protagonistes possédaient un attrait particulier et ont continué de plaire et d'inspirer. Parallèlement à la série, une nouvelle adaptation manga est d'ailleurs publié au Japon.


La patte artistique de l'œuvre est un peu revue pour coller à des normes modernes, le design des personnages étant signé par Hiroyuki Asada (l'auteur du manga Letter Bee). En 24 épisodes, l'anime  adapte plus ou moins librement plusieurs des aventures de Hyakkimaru et Dororo, y ajoutant quelques nouvelles péripéties et cherchant à développer davantage les personnages et arriver une fin plus complète.

Une différence notable se fait déjà dans les protagonistes et leur relation. En effet, dans le manga Hyakkimaru est doté d'une capacité de télépathie lui permettant de « parler » et d'entendre » même s'il lui manque son système auditif et sa langue. Ajouté aux prothèses ultra-développées que lui a fabriqué son père adoptif qui lui sauve la vie en le recueillant et sa capacité à sentir les âmes des choses, il reste très humanisé et capable de communiquer sans trop de problèmes avec ses semblables. Cela ne l'empêche pas de vouloir retrouver son corps et d'être très heureux lorsque c'est le cas.

L'anime a supprimé ses pouvoirs télépathiques, le gardant donc initialement complètement sourd et muet, ce qui, combiné à son absence de vision et de sensations physique (toucher et douleur) le rend complètement coupé du monde extérieur. Il reconnaît cependant les démons à leur aura/âme et les affronte d'instinct, regagnant ainsi petit à petit ses différents membres volés. Regagner ses sens n'est cependant pas une partie de plaisir, car il lui faudra s'habituer à eux

C'est là qu'intervient Dororo. Dans le manga, Dororo et Hyakkimaru entretenaient une relation assez conflictuelle et humoristique, se cherchant souvent des noises et voyageant ensemble un peu à contrecœur et par intérêt dans le cas, de Dororo qui voudrait bien lui voler ses sabres. En se fréquentant et apprenant à se connaître, une amitié nait cependant entre eux au fil des aventures, bien qu'ils prétendent le contraire. L'anime prend ceci dans un tout autre sens puisque Dororo est le lien qui va accompagner Hyakkimaru dans sa découverte de son identité et de ses sens, l'aidant à comprendre le monde inconnu qui l'entoure et que Hyakkimaru parcourait sans former de contacts.

Les choix d'adaptation de l'œuvre sont généralement très intéressants (il n'y a eu que de rares changements que j'ai trouvé décevants) et je prends beaucoup de plaisir à suivre les aventures de nos deux protagonistes. Tout n'est pas parfait, il y a certaines facilitées et répétitions, certains personnages restent assez simples et classiques mais cela n'entache pas trop tout ce qui fait l'intérêt et le sel de l'œuvre.


Bon, cela fait déjà un bon petit pavé, je crois que je vais m'arrêter là...

Et vous, quelles œuvres de Tezuka avez vous lues et/ou vues ? Que pensez-vous de celles-ci ? Lesquelles avez-vous envie de découvrir ? Phoenix m'intrigue beaucoup, personnellemnt.

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Coucou, vous voulez lire un pavé ? (Sinon si vous avez la flemme, vous pouvez toujours aller à la fin du post, où je parle de la nouvelle série d'Ikuhara, en cours de diffusion)

Kunihiko Ikuhara est un être étrange en provenance de la planète Kashira. S'il a écrit le scénario de quelques manga, il est surtour connu pour les anime qu'il a réalisé. Ses premiers pas dans le travail de l'animation ont été fait au studio Toei, en tant qu'assistant de Junichi Sato qui réalisa les deux premières saisons de l'anime Sailor Moon. Ikuhara repris d'ailleurs ce poste pour la troisième saison et le premier film de la franchise.

Après cela, il part voler de ses propres ailes en rassemblant autour de lui un petit groupe surnommé "Be-Papas" pour créer Utena la Fillette Révolutionnaire, en 1997. La mangaka shôjo Chiho Saito, qui était en charge du design des personnage dessinera un manga en 5 tomes avec une histoire différant sur plusieurs points de la série de 39 épisodes. Un film (difficilement compréhensible sans avoir vu la série) et un visual-novel se situant entre les deux premiers arcs de la série verront aussi le jour.

Utena, l'héroïne éponyme, est une adolescente dont les parents sont morts dans sa jeunesse. Un prince aurait alors séché ses larmes et lui aurait offert une bague en lui disant de garder son cœur noble et pur, même en grandissant. Inspirée par ses paroles, Utena décide qu'elle aussi aimerait devenir un prince...

Quelques années plus tard, à l'établissement Ohtori, Utena découvre que le conseil des élèves participe à des duels étranges pour obtenir la main de Anthy Himemiya, la "Fiancée de la Rose", qui donnerait à son partenaire le pouvoir de révolutionner le monde. Chacun d'eux porte une bague semblable à celle que le prince a donné à Utena.


Il s'agit d'un de mes anime préférés et je ne peux que vous conseiller fortement cette œuvre culte. Alors oui, l'animation est parfois (souvent) limitée, on sent tout à fait que ça date des années 90 et le style graphique très inspiré shôjo manga risque de rebuter les non-habitués... Mais peu importe !

Parce que Utena, c'est une expérience à tester, une ambiance surréaliste avec un humour complètement barré mais aussi des moments angoissants et dérangeant, lorsqu'on plonge au cœur des insécurités et du passé troublant de ses personnages. Si l'animation ne vous éblouira pas les mirettes de mille feux, la série est remplie de belles images marquantes, qui servent merveilleusement bien le propos de l'œuvre et nous happent dans cet univers étrange. L'ambiance sonore est tout aussi réussie, avec quelques unes des musiques les plus cultes de l'animation japonaise. Il faut dire qu'Ikuhara soigne toujours particulièrement les bandes-sons de ses anime, c'est un plaisir pour les oreilles.

Je ne peux évidemment pas vous promettre que vous allez adorer autant que moi mais c'est clairement une œuvre qui ne laisse pas indifférent et qui vaut le coup d'y jeter un œil.




Après Utena, Ikuhara a passé plusieurs années sans gros projet anime, ce n'est qu'en 2011 qu'il reviendra au poste de réalisateur avec Mawaru Penguindrum, un anime en 24 épisodes. Une série de trois romans voit aussi le jour et est actuellement en train d'être publiée en France par l'éditeur Akata.

Himari, Kanba et Shôma Takakura sont une fratrie vivant ensemble dans une petite maison, sans parents. La vie de Himari est menacée par une terrible maladie et le seul espoir pour sa survie semble être le mystérieux "Penguindrum". Mais qu'est-ce que c'est, au juste ?

Les thèmes de l'anime sont la famille, le destin, le karma... Si l'histoire est tout particulièrement déjantée, ses graphismes et sa réalisation léchés et plus modernes la rendent probablement plus accessible qu'Utena. (Paradoxalement, la série fait fortement référence à des événements et romans japonais, références qui seront potentiellement moins compréhensibles pour le public occidental que l'utilisation des contes de princes et princesses dans Utena, même s'il suffit de faire quelques recherches pour en apprendre plus)

C'est la première œuvre d'Ikuhara que j'ai vue et ce fut un plaisir de le découvrir avec elle.




Le retour d'Ikuhara après Penguindrum ne se fait pas trop tarder, puisqu'il revient en 2015 pour signer Yuri Kuma Arashi, en 12 épisodes.

Son œuvre contenait déjà des romances et relations homosexuelles mais cette fois-ci, l'idée d'Ikuhara était de s'attaquer directement au genre du yuri, qui se concentre sur les relations féminines. Pour cela, il fait appel à la mangaka Akiko Morishima, qui se spécialise dans le genre, afin qu'elle s'occupe du design des personnages. Elle dessinera aussi une version manga de Yurikuma, avec une histoire qu'elle aura inventé de son côté.

Le pitch : La mère de Kureha s'est faite tuer il y a bien longtemps par un ours, une de ces viles créatures rôdent de l'autre côté du mur de la Séparation. Depuis, elle vit seule et n'a qu'une seule amie, ses autres camarades ne l'apprécient pas et prévoient même de l'ostraciser à son insu. C'est alors qu'arrive Ginko, qui est bien décidée à ravir le cœur de Kureha... sauf qu'évidemment, il y a un hic : Ginko est une ourse.


Si j'ai bien apprécié le visionnage de Yuri Kuma, j'ai trouvé que la sauce prenait un peu moins que pour ses précédentes séries. D'autres personnes plus sévères vous diront qu'Ikuhara en vient à se parodier lui-même à force de réutiliser les même ficelles. Je pense que bien que très imparfaite, la série est cependant intéressante.

L'anime est disponible en France sur la plateforme Crunchyroll.



Nous voilà arrivés au bout du fil, avec la toute nouvelle série d'Ikuhara qui est diffusée actuellement en France sur Wakanim et dont le premier épisode est sorti hier : Sarazanmai ! Et que dire, si ce n'est qu'il a réussi à me surprendre même quand je pensais savoir à quoi m'attendre !

Sarazanmai nous fait suivre trois collégiens, qui vont se retrouver transformés en kappa pour avoir offensé un prince kappa nommé Keppi. Afin de redevenir humains, ils vont devoir récupérer les shirikodama de kappa-zombies. Le shirikodama étant un organe fictif qu'on retrouve dans les légendes sur les kappas et qui se situerait dans le rectum... Je vous laisse découvrir comment cela est imagé dans l'épisode 1, si vous en avez le courage. (non, vraiment, allez le regarder !)


Je dois dire que Ikuhara a fait fort sur le coup pour sortir un premier épisode extrêmement survolté et encore plus loufoque que ce qu'on pourrait imaginer, même en connaissant bien ses précédentes séries. En même temps, la série ne fait que 11 épisodes, cela peut expliquer ce rythme effréné.

On y retrouve une esthétique assez proche de Penguindrum, des passages d'animation complétement fous et certains thèmes chers à Ikuhara. Je suis on ne peut plus curieuse de voir comment l'histoire et les personnages évolueront et je sens que je vais encore être bien surprise.


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Les Enfants de la Baleine est un manga de Ami Ueda commencé en 2013, pré-publié dans le magazine shôjo Mystery Bonita. Actuellement toujours en cours au Japon, avec 13 volumes pour le moment, le manga est traduit par Glénat avec déjà 11 volumes sortis en France. Une adaptation anime de 12 épisodes a été diffusée l'année dernière, elle est disponible sur Netflix.

La baleine de glaise est une étrange île dérivant sur la mer de sable et sur laquelle vit une petite communauté d'environ cinq cent personnes dont la majorité possèdent un pouvoir télékinétique mais ne vivent pas longtemps. Un jour qu'ils exploraient une île afin de récolter des matériaux, le scribe archiviste de la baleine rencontre une fille de son âge, qui viendrait donc du monde extérieur.
Cette découverte fait paniquer les anciens de la communauté et très vite, de nouveaux événements vont bouleverser leur quotidien paisible et peu à peu révéler les nombreux mystères et terribles secrets de la baleine de glaise.

J'ai récemment vu l'anime et cela m'a donné envie de relire tous les volumes sortis afin de me remettre en mémoire ceux-ci, vu que j'avais commencée la série dès sa sortie en France, cela faisait quelques années déjà depuis que j'avais lu les premiers.

Cette série de fantasy possède un univers aussi intriguant que plaisant à découvrir. Les couvertures des volumes donnaient très envie et les dessins à l'intérieur ne déçoivent certainement pas, ils sont riches en détails, en décors magnifiques et en scènes oniriques somptueuses mais aussi parfois horribles.
Oui, car l'aventure est loin d'être toute rose et comporte plusieurs affrontements sanglants. On a déjà un certain nombre de personnages morts qui va continuer à grandir et certains mystères se révèlent être plutôt glauques.

Difficile pour le moment de savoir jusqu'où ira la série et si l'on est proche de la fin ou non mais l'histoire avance à un bon rythme, chaque volume est riche en événements et informations nouvelles. Je suis bien curieuse de voir dans quelle direction cela va continuer, notamment avec le retournement de situation du tome 9 et le cliffhanger du 11. J'ai vraiment hâte de lire le suivant !

Tout n'est pas parfait malheureusement et je trouve certains personnages quand même plutôt clichés, même si la plupart se développent de manière plaisante avec le temps et des scènes leurs ajoutent un peu plus de profondeur. L'humour non plus ne fait pas toujours mouche pour moi.

Relire la série m'a permis de redécouvrir tout un tas de petits détails que j'avais oublié/auxquels je n'avais pas fait attention et de bien me remettre en mémoire les relations entre les différents habitants de la baleine de glaise, parce qu'il y a pas mal de personnages de fond qu'on voit régulièrement en fait et c'est sympa. Même s'il y a aussi...

(Cliquez pour afficher/cacher)




L'adaptation anime reprend bien le style graphique du manga et l'animation est tout à fait correct. Il adapte plutôt fidèlement le début du manga, même s'il zappe plusieurs scènes/dialogues... dont un qui me semblait assez indispensable pour comprendre les réactions d'un certain personnage qui peut s'avérer assez horripilant.

Par contre, sur les derniers épisodes, il y a eu des choix que je n'ai pas compris du tout : déjà, ils ont fait un gros mélange/charcutages en prenant et réarrangeant à leur sauce différentes scènes des tomes 5 à 8, ce qui ajoute divers éléments qu'ils ne peuvent pas suffisamment développer, pour terminer dans tous les cas sur une fin ouverte. Bon, pourquoi pas, on peut se dire que les scénaristes/réalisateurs voulaient juste adapter certaines scènes qu'ils appréciaient.
Mais ensuite, la cerise sur le gâteau c'est qu'ils ont ajouté une scène originale qui est totalement incompatible avec la suite du manga (en gros, un secret que des personnages décident de garder est révélé à tout le monde) ce qui bloque pas mal la possibilité d'une seconde saison.

(À part s'ils ont envie de la jouer "on ignore la fin de notre premier saison, les lecteurs du manga comprendront et fuck les autres" ou de réadapter correctement la fin du tome 5 et les suivants mais POURQUOI avoir fait ça dans un premier lieu alors ? Mystère.)

Alors est-ce que cela rend l'anime mauvais pour autant ? Je n'irais pas jusque là mais si vous désirez une histoire avec une conclusion et une réponse aux questions variées qui y sont posées, je pense qu'il ne faudra clairement pas compter sur l'adaptation pour le faire. Si c'est pour voir animées certaines scènes du manga que vous adorez ou pour vous faire une idée de l'histoire et de si le manga vous plaira, vous pouvez toujours le regarder.


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De son titre japonais Ooku, Le pavillon des hommes est un manga de Fumi Yoshinaga, prépublié dans le magazine Melody, il est toujours en cours avec pour le moment 15 tomes et est édité chez Kana en France.

Au début de l'ère Edo, à la suite du décès d'un jeune garçon attaqué par un ours dans la montagne, une étrange épidémie se développe dans les villages puis les villes, passant au fil des ans de régions en régions jusqu'à ce que tout le Japon soit atteint. Cette maladie surnommée "la variole du tengu" a la particularité de ne toucher que les hommes, généralement au moment de l'enfance et l'adolescence. Aucun remède ne sera trouvé, si bien qu'au bout de 80 ans, la population masculine du pays fera le quart de la population féminine.
Lorsque le shogun Tokugawa Iematsu, bien qu'étant adulte, décède de cette maladie, sa nourrice Kasuga no Tsubone envoie chercher son unique enfant, une fille illégitime, qui devra remplacer son père pour empêcher des révoltes des seigneurs féodaux et continuer à tout prix la ligné directe des Tokugawa. Il faudra pour cela que "Iemitsu" ait un enfant, aussi Kasuga fait construire un pavillon au château d'Edo dans lequel seront placés de nombreux hommes en bonne santé qui lui serviront de concubins.

Le pavillon des hommes est donc une uchronie (récit d'Histoire alternative) dans laquelle la forte baisse de population masculine va changer la société des femmes et des hommes japonais de cette ère. L'époque n'est pas choisie au hasard, en effet c'est sous Iemitsu que le Japon commence sa politique d'isolation (1633-1853) pendant laquel le pays est coupé au reste du monde, à l'exception de la Hollande avec laquelle ils ont un accord commercial. Cela avait pour but d'empêcher l'expansion du christianisme dans le pays mais dans le Pavillon des hommes, c'est aussi une bonne manière d'éviter que le monde extérieur n'apprenne la situation compliquée dans laquelle se trouve le pays.

Kasuga no Tsubone a bien existé mais le "Ooku", qu'elle a créé était un quartier réservé à des femmes concubines. Les autre personnages basés sur un équivalent réel sont aussi évidemment nombreux et s'il s'agit d'une uchronie, Fumi Yoshinaga se base cependant sur la vie des différents shogun et reprend des événements historique ayant marqués cette époque. Il n'y a donc initialement pas de grand changements comme peuvent le donner certaines uchronies se basant sur le principe de "Et si X avait perdu/gagné cette bataille décisive, que ce serait-il passé ?"

Ceci dit je n'ai pour le moment lu que les 6 premiers volumes, il y aura peut-être des différences grandissantes par la suite. Et puis, je ne peux pas dire que je m'y connaisse vraiment sur les détails de cette période historique donc je ne saurais dire tout ce qui tient du fait réel ou de la fiction dans tout ce qui est narré.

Mais je pense que même sans rien y connaître en Histoire japonaise on peut tout de même suivre et apprécier le manga. Après ce n'est pas toujours très facile de se souvenir des noms des très nombreux personnages (certains en possédant plusieurs en plus) et parfois de qui est qui vu qu'il y en a beaucoup qu'on voit grandir et vieillir et qu'on change régulièrement de groupes de personnages au fur et à mesure que l'histoire suit son cours.

On suit donc principalement la vie des différents shoguns et ce qui se passe au sein du pavillon mais plusieurs scènes montrent l'évolution au niveau des différentes classes sociales qui se joue dans le pays, les femmes reprenant de nombreux métiers masculins et devenant la main d'œuvre majoritaire, héritant des commerces et titres de leur famille puisque les garçons ne sont pas assurés de survivre jusqu'à l'âge adulte.

C'est intéressant de voir comment la mangaka présente ces changements petit à petit et je suis curieuse de voir comme cela continuera de se développer au cours des tomes suivants.


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J'ai découvert Chica Umino avec Honey and Clover, sa première série qui fut publié entre 2000 et 2006 en 10 tomes et fut bien populaire au Japon. Elle reçut plusieurs adaptations, non seulement avec une série animée de deux saisons mais aussi en film et série live.
Chica Umino commença ensuite en 2007 sa série actuelle, March Comes in like a Lion, toujours en cours au Japon avec 13 volumes et qui est encore plus populaire, ayant reçu plusieurs prix, une adaptation en film live et une série anime de deux saisons. Autrement, Umino a aussi écrit plusieurs one-shots et dessiné le character design de l'anime Eden of the East.

En France, ses deux séries de manga ont été publié par l'éditeur Kana et le tome 9 de March Comes in like a Lion vient de sortir. La première saison de l'anime Honey and Clover fut un temps disponible chez Anime Digital Network et les deux saisons de March Comes in like a Lion sont traduites par la plateforme Wakanim (edit: et aussi sur Netflix).




Honey and Clover tourne autour d'un groupe d'étudiants dans une école d'art et design à Tokyo et suit leur évolution sur plusieurs années, de la complétion de leurs études à leur recherche d'emploi, ainsi que leurs relations amicales, familiales et romantiques. L'histoire aborde des thèmes comme le passage dans le monde actif/adulte, l'amour à sens unique, la recherche de soi, le talent dans le domaine créatif. L'ambiance s'avère à la fois très humoristique, douce-amère et empreinte de passages introspectifs mélancoliques de ses protagonistes.
J'avais énormément apprécié cette œuvre pour son traitement de ces aspects, la manière dont on sentait bien le temps filer sans pouvoir être arrêté et les personnages, très excentriques pour certains (voir même un peu dérangés), mais touchants.
Les musiques et la palette de couleurs très douces de la version anime, réalisée par le studio JC Staff, participaient très bien à renforcer l'ambiance du titre.

J'aime énormément le trait de Chica Umino, il est souvent très doux mais peut aussi avoir un côté bien plus sec et agressif, dans tous les cas il est très vivant. Ses illustrations couleurs sont adorables et ses compositions de planches belles et marquantes. Elle arrive bien à manier différentes ambiances et ses personnages sont très expressifs.

Comme le manga ne s'est apparemment pas super bien vendu en France, il a fallu attendre pas mal de temps pour voir arriver March Comes in like a Lion. Il n'a été licencié que l'année dernière, peu après la diffusion de la première saison.




Ce manga là tourne autour d'un jeune joueur prodige de shogi, passé professionnel au collège mais à la vie familiale très compliquée (orphelin vivant à l'écart de sa famille d'adoption) et qui "survie" uniquement à travers le shogi. Il va cependant s'ouvrir peu à peu à des personnes autour de lui, comme des joueurs de shogi, un professeur de son lycée et surtout les trois sœurs Kawamoto, qui vivent dans le quartier voisin et n'ont pas eu une vie de famille simple non plus.
Les premiers tomes ne sont pas très joyeux vu l'état de dépression de Rei, notre protagoniste, mais c'est vraiment plaisant de suivre petit à petit son évolution et d'en découvrir plus sur les différents personnages, en même temps que son monde s'élargit. On a notamment plusieurs "portraits" de joueurs de de shogi et il n'est pas nécessaire de bien connaître le jeu pour se plonger dans l'atmosphère des parties qui sont pour beaucoup d'ordre psychologique. Il y a aussi des petites explications sur différents détails du jeu quand c'est nécessaire.

L'adaptation animé a été réalisée par le studio Shaft, qui a tendance à mettre sa "patte" particulière sur un peu tout et n'importe quoi sans se soucier de si la forme et le fond sont conformes et à utiliser beaucoup de tics d'animation similaires à chaque fois, qui peuvent donner une sacré sensation de réchauffé à force et s'avérer déplaisant. Oh et ils ont été aussi réputés pour avoir du mal à bien terminer des épisodes dans les délais donnés pour certaines séries. J'avais donc un peu peur de ce que cela donnerait mais le studio a bien soigné cette adaptation de bout en bout et j'ai trouvé que la saison 2 notamment était vraiment excellente. Les réalisateurs ont adapté leur style pour bien le faire coller avec l'ambiance de l'histoire.

Je viens à peine de lire le volume 9, au milieu duquel l'adaptation anime se terminait et j'ai déjà hâte de lire la suite.


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Littérature, BD et séries d'animation / [Manga/Anime] Dorohedoro
« le: mardi 19 juin 2018, 22:15:52 »

La sinistre ville de Hole est régulièrement assaillie par des mages en quête de cobayes pour tester leurs pouvoirs magiques. Caïman est une de leur victime et s'est retrouvé avec une tête de reptile et en plus de ça, il a perdu la mémoire donc il ne sait pas quel mage lui a fait ça ni comment briser le sort. Avec son amie Nikaido, une simple vendeuse de gyozas, ils se baladent dans Hole à la recherche de mages à tabasser pour trouver le ou la responsable de son état.
Petit problème cependant : à force de tuer des mages, ils ont attiré l'attention de la famille mafieuse de En, qui ne compte pas les laisser agir impunément.

Dorohedoro est une œuvre de la mangaka Q Hayashida, encore en cours avec 22 tomes parus. C'est un manga à l'ambiance graphique et narrative bien particulière, à la fois super gore, parfois expérimental, absurde, sombre et humoristique, bourré de violence et de tragédies mais loin d'être dénué d'espoir.

Q Hayashida a un trait très griffonné et crade qui fait superbement ressortir la noirceur de l'univers dans lequel se situe l'histoire. Les décors débordent de détails qui participent à cela, que ce soit le côté ultra décrépit, limite en ruine, des différentes zones de Hole et les paysages et bâtiments étranges et fantasques du monde secret des mages.

Les pages et illustrations couleurs sont aussi très chouettes, avec encore une fois ce côté crade,  généralement dans des tons sombres et délavés, parfois rehaussées de couleurs vives ou acidulés.

L'action est très débridée mais aussi, je me répète, bien violente et ça ne manque pas de parties du corps découpés en tranches ou d'organes mises à nu. L'humour est souvent noir par ailleurs et l'œuvre a aussi un côté histoire d'horreur grandissante, par moments. Ce n'est donc pas forcément pour tout le monde.


Le charadesign des personnages, là aussi c'est quelque chose. Certains ont des looks très, très déjantés. Genre vraiment. Il faut dire que les mages de haut rang ont l'habitude de porter des masques pour se distinguer. En tout cas ils sont bien distincts les uns des autres et ne manquent pas de classe dans l'ensemble.

Et s'ils ne sont clairement pas des angelots débordant d'innocence, ces persos sont en tout cas remplis d'énergie et font le sel et le sucre de ce manga, tant ils peuvent se montrer attachants chacun à leur manière et sans qu'on s'en rende forcément compte tout de suite. D'ailleurs, si Caïman et Nikaido restent les personnages principaux, le temps d'action est bien réparti avec les autres persos récurrents et notamment la famille de En qui, bien que pouvant être vus comme antagonistes initialement, est très présente dès le début de l'histoire et constitue le point de vue nous permettant d'entrapercevoir le monde des mages, même si tout ne nous est pas révélé immédiatement à leur sujet. Ils sont loin d'être les seuls à cacher des mystères puisque évidemment il y a le passé de Caïman à découvrir mais aussi celui de Nikaido qui cache quelques trucs. Oh et je n'ai même pas encore parlé des Diables... mais je n'en dirais pas plus.

L'histoire a son lot de révélations et retournements de situations donc, même si au début on alterne un peu entre passages développant l'histoire et aventures plus légères dévoilant un peu plus l'univers et les personnages. Même si en fait certains trucs qui semblent sans relation avec le scénario peuvent se révéler l'être plus que ce qu'on croyait.

Ce qu'on a appris dans ce post :
1. Si vous voulez écrire sur un protagoniste amnésique, c'est bien de lui donner un petit truc particulier, comme une tête de caïman par exemple.
2. Les décors déchirent !
3. Q Hayashida semble bien aimer dessiner des gros seins.
4. Il y a des Diables, mais il faudra lire le manga pour en savoir plus.
5. C'est quand même bien gore.
6. Le personnage préféré de Jielash est Ebisu... ah non, je ne vous l'avais pas encore dit. :oups:

Qui postera plus tard dans ce topic ? Tout cela est encore... dans le plus grand chaos. C'est ça, Dorohedoro !


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Dans le Japon de l'ère Taishô (1912-1926), Tanjiro est l'aîné d'une famille marchande de charbon vivant dans les montagnes. Un jour qu'il était parti vendre du charbon plus bas dans la vallée, il découvre que sa mère et ses frères et sœurs ont été massacrés pendant son absence. Seule sa sœur Nezuko a survécu... mais elle a été transformée en ogresse par la personne responsable du massacre. Bien que les ogres soient avides de sang à en perdre l'esprit et dévorer leur famille, Nezuko semble regagner plus ou moins conscience après avoir failli tuer son frère.
Leur rencontre avec un pourfendeur d'ogre, membre d'une organisation secrète va faire prendre à Tanjiro la décision d'en devenir un lui aussi, dans l'espoir de trouver un moyen de faire regagner son humanité à sa sœur et tuer l'ogre ayant massacré sa famille.



Kimetsu no Yaiba ("La lame pourfendeuse d'ogre" de son titre original) est la première série de Koyoharu Gotouge. Le manga est publié depuis 2016 dans le plus vendu des magazines de manga : le Weekly Shônen Jump. S'il n'a pas eu de succès immédiat, ses ventes ont commencé à monter volume par volume et on peut s'attendre à ce que cela continue. Notamment parque'une adaptation du manga en anime été annoncée dans le Jump de cette semaine.

L'anime sera donc réalisé par le studio ufotable et voici le visuel montré avec l'annonce. Pas encore de date donnée mais cela sera sûrement pour 2019.

En France, il a été mystérieusement licencié par Panini qui a sorti trois tomes pour le moment, sous le poétique nom Les Rôdeurs de la Nuit.


C'est un manga d'action au pitch classique mais qui sait se démarquer grâce à son ambiance glauque dans les affrontements et burlesque dans les interactions entre personnages.
Le style graphique particulier de l'œuvre s'avère aussi très reconnaissable, avec la manière qu'à Koyoharu Gotouge de traiter les aplats de noir et les motifs, les personnages aux design mignons en comparaison avec les terrifiants ogres qui empruntent à différents aspects du folklore des monstres japonais. Les décors peignent un Japon du siècle passé encore bien traditionnel. Dans les phases d'humour ainsi que dans certaines petites scènes, les personnages apparaitront souvent dessiné de manière très simplifiée, c'est assez spécial mais cela a un certain charme. C'est probablement la période choisie qui veut cela en bonne partie mais on sent qu'il y a une influence des estampes japonaises, dans le dessin.


Tanjiro et Nezuko découvrant la ville

J'apprécie beaucoup les affrontements qui ont donc un côté très sanglant et désespéré et se font souvent en équipe. Car s'il y a évidemment plusieurs affrontements en un contre un, les pourfendeurs d'ogres ne cherchent certainement pas à affronter leurs adversaires d'égal à égal, tous les coups sont permis pour les vaincre et protéger les humains. Les ogres sont de toute manière redoutables et possèdent des pouvoirs particuliers parfois carrément étranges qui vont sérieusement corser les combats, en plus d'apporter quelque chose visuellement dans des affrontements bien dynamiques.

L'histoire en elle-même est très simple, vu que Tanjiro et Nezuko vont rapidement croiser une ogresse particulière avec des connaissances en médecine et qui pourrait éventuellement trouver la solution à leur problème en étudiant le sang d'ogres puissants qu'il va donc falloir vaincre. Il y a tout de même quelques mystères autour de l'ogre originel et ses buts.

Pour les personnages, là aussi on voit que certains sont basés sur des traits de personnalité assez classiques, entre le ténébreux, le peureux, le bastonneur... ça ne les empêche pas d'avoir du charme et de voir ça présenté de manière très exagérée et humoristique, comme avec Zenitsu qui cumule un peu tous les défauts du monde pour les élever au rang d'art ou l'accro aux combats qui est euh... un sacré phénomène. :hap:


Nezuko protégeant Tanjiro

À l'inverse, Tanjiro est plus subtil dans son traitement, il est à la fois très mature et sérieux, de part son statut de grand-frère, réfléchi mais aussi parfois très naïf voir bonne poire à cause de son côté campagnard têtu. D'un caractère très doux lorsqu'on ne lui cherche pas de noises, particulièrement gentil et attentif avec les enfants, il peut même prendre de pitié la condition des ogres, sans pour autant leur pardonner leurs crimes. C'est vraiment un protagoniste touchant et plaisant à suivre !

Nezuko est un cas assez particulier, puisqu'elle perd la parole après sa transformation en ogresse. Ses interactions avec les autres personnages sont donc limitées à des gestes de sa part et elle peut sembler parfois un peu en retrait mais il y a quelques très jolies scènes pleine d'émotion silencieuse justement autour d'elle. C'est un personnage à la fois ultra-choupi et badass (devenir un ogre donne une force démesurée) et ses combats en équipe avec son frère sont vraiment chouettes.

La famille est un peu le thème principal de l'œuvre dans le sens où celle-ci (ou son absence, il y a une tripotée d'orphelins) est incroyablement importante dans la construction des protagonistes et même de certains ogres particulièrement marquants. Disons qu'il y a plusieurs scènes des passés de divers personnages qui vont faire se serrer un peu notre cœur (ou le réchauffer).

(Cliquez pour afficher/cacher)

Je trouve que ça marche très bien en tout cas mais c'est peut-être parce que j'adore les petites histoires de famille tragiques. :8):

Il ne s'agit certainement pas du shônen manga qui réinventera la poudre mais Les Rôdeurs de la Nuit/Kimetsu no Yaiba est une lecture vraiment bien sympathique qui devrait beaucoup plaire aux amateurs de combats à l'épée, de monstres japonais et d'histoires qui font passer du sourire à la larme à l'œil. Le graphisme vaut aussi franchement le coup d'œil pour peu qu'on apprécie (moi j'adore !) et semble d'ailleurs bien inspirer les fans japonais parce que ça y va niveau fanart !

J'espère que l'anime rendra honneur à ce petit titre et lui permettra d'être encore plus connu, et de redécouvrir la série en mouvement, couleur et avec du son. J'ai hâte de voir ça, ainsi que la suite de l'histoire.

Du coup, que dire de plus si ce n'est de vous inviter à tester en allant l'acheter en magasin ou le commander chez votre libraire si vous ne le trouvez pas. :miou:

#Sauvonslesrôdeursdelanuit


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En dernière année de primaire à Tokyo, Chihaya n'a pas de passion particulière dans la vie.
Lorsqu'elle fait connaissance avec Arata, un garçon venu de Fukui et pas très bien intégré dans la classe, elle apprend que son rêve est de gagner le titre de Maître en karuta de compétition, soit celui du meilleur jour. Puisque le karuta est principalement joué au Japon, le meilleur du Japon serait le meilleur joueur du monde ! En jouant en équipe avec lui et Taichi, un autre ami d'enfance, Chihaya se découvre rapidement une passion pour le karuta et Arata lui dit qu'elle pourrait même obtenir plus tard le titre de Queen, la meilleure joueuse.

Quelques années plus tard, Chihaya entre à la fois au lycée et atteint le plus haut rang au karuta, qui lui permet de participer au tournoi pour le titre de Queen se tenant une fois par an et où elle pourrait revoir Arata, retourné à Fukui, si celui-ci participe au tournoi du Maître. Mais comme elle n'a pas oublié le plaisir de partager une passion et de jouer à plusieurs, elle veut aussi créer un club de karuta dans son école avec Taichi, pour participer au championnat des lycéens !



Chihayafuru est un manga de Yuki Suetsugu, pré-publié dans le magazine Be Love depuis 2007. Il a déjà adapté en anime de deux saisons de 25 épisodes chacun et une troisième saison qui sera diffusée en 2019 mais aussi en une série de films en prise de vue réelle, qui contiennent certains changements par rapport à l'histoire originale. Le manga est lui toujours en cours au Japon, avec 38 tomes, tandis que la publication française assurée par les éditions Pika en sont au tome 24.

Je ne vais pas expliquer en long et en large les règles du karuta, le manga et l'anime le font très bien en dévoilant ses différentes facettes au fur et à mesure. Pour faire simple : il s'agit d'un jeu où les secondes strophes des 100 poèmes d'un célèbre recueil japonais sont écrits sur des cartes étalées devant les joueurs, qui doivent toucher la bonne carte lorsqu'un récitant déclame la première partie. Le jeu fait appel à la mémoire, la capacité d'écoute, les réflexes, la rapidité, l'agilité, la précision...

Pas étonnant donc, que le jeu ne soit pas franchement répandu en dehors du Japon, puisque c'est encore plus obscur que le go ou le shôgi qui ont quand même des règles compliquées. Même au Japon, cela peut passer comme un jeu ringard auquel certains jouent au nouvel an. La grande popularité de Chihayafuru a cependant permis de faire mieux connaître et revaloriser la variante qu'est le karuta de compétition.


Le manga, avec ses presque-quarante tomes, peut paraître bien long (on s'approche fort de la fin ceci-dit, il n'atteindra très probablement pas la cinquantaine) mais je le trouve vraiment très bon dans ce qu'il fait et passionnant à chaque tome, je ne vois pas le temps passer quand je me plonge dedans et ça se relit avec plaisir.

Les poncifs des manga sportifs lycéens (création du club, recrutement des joueurs, tournoi où l'équipe outsider se révèle) sont bien gérés et parfois détournés. De plus le karuta a des particularités qui apportent des différences bienvenues d'autres séries du genre : déjà et surtout, le fait que le karuta est un sport mixte ! En effet, à l'exception du tournoi pour le Maître et la Queen, les joueurs jouent ensemble sans distinction de sexe et cela permet d'avoir un casting de personnages et de matchs variés, là où une bonne majorité de manga de sport se concentrent sur des équipes masculines. Ensuite, si une bonne part du manga se concentre sur les joueurs lycéens, il y a quand même plusieurs tournois et grands matchs en dehors, où c'est aussi l'occasion de voir des personnages d'âges très différents s'affronter.

C'est donc une excellente série que je conseille à tous les fans de manga/anime de sport et qui pourrait aussi plaire à pas mal de monde grâce au charme de ses personnages très sympathiques, drôles et émouvants, chacun avec leur propre vision et manière d'aimer leur activité atypique. Ça déborde de passion et d'énergie positive. :oui:

L'anime est une bonne manière de se lancer dans la série, c'est une adaptation très réussie de bout en bout par le studio Madhouse. L'animation permet de comprendre plus facilement les parties quand on n'a pas encore assimilé toutes les règles et les couleurs et les voix permettent de transmettre tout l'aspect poétique qui se dégage de l'œuvre.


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Entre l'arrivée imminente de l'adaptation animée de Banana Fish, l'annonce de la fin de Kamakura Diary et la sortie du tome 8 de celui-ci en ce mois de mai, ça ne me semblait pas une mauvaise idée de créer un sujet sur les œuvres de cette mangaka.

Akimi Yoshida a donc commencé sa carrière vers la fin des années 70, de toutes ses œuvres, seules deux sont pour le moment sorties en France : Banana Fish, son œuvre phare de 19 tomes (1985-1994) et Kamakura Diary (commencée en 2006), sa plus récente œuvre en cours qui devrait se terminer en 9 tomes. Le premier est une série d'action tandis que l'autre est une histoire de vie quotidienne.

On peut noter l'existence d'un "Yoshida-verse" : certains personnages se retrouvent dans plusieurs de ses œuvres, en guise de caméo, donnant l'idée qu'ils se passent dans le même univers. On retrouve apparemment brièvement des personnages de Banana Fish dans son manga Yasha, puis c'est un personnage de cette même série qui fait une petite apparition dans Kamakura Diary. Cela ne pose pas de problème de compréhension à la lecture mais tient plus du clin d'œil sympathique !

Banana Fish c'est la rencontre improbable d'un jeune chef de gang new-yorkais et d'un touriste japonais venu aux États-Unis pour aider son oncle journaliste sur un article sur la délinquance juvénile américaine. Ils vont se retrouve mêlés à une affaire de drogue inconnue surnommée "Banana Fish" (inspiré d'une nouvelle de l'écrivain J.D. Salinger) dans l'Amérique des années 80.


Ash et Eiji, les deux protagonistes


L'histoire est connue pour ses thèmes durs (guerres de gangs et mafias, violences, drogues, prostitution de mineurs) qui surprennent régulièrement les personnes ayant une image stéréotypé des mangas visant un public féminin (oui, c'est bien un shôjo, prépublié dans le Betsucomi) mais aussi pour la relation particulière entre ses deux protagonistes et pour sa fin tragique.

En France, le manga avait été édité chez Panini, qui avait fait le choix assez particulier de l'imprimer sur du papier jaune, pour aller avec la couverture jaune vif. Si vous avez l'occasion de trouver des tomes dans des boutiques d'occasion, feuilletez pour voir :hap:

Pour fêter les 40 ans de carrière de Yoshida, un anime a été annoncé et le manga a été ré-édité dans une version collector au Japon, à voir si l'événement sera l'occasion pour Banana Fish d'être aussi réédité en France.

L'adaptation est gérée par le studio Mappa, elle sera diffusée à partir de cet été et fera 24 épisodes.


La bande-annonce la plus récente de l'anime

Un changement que je trouve un peu dommage, c'est qu'on quitte les années 80 pour se retrouver à notre époque. Cela, d'après l'équipe de réalisation, afin d'être plus accessible pour un nouveau public. C'est probablement aussi parce que c'est moins compliqué pour gérer les décors. Ce genre d'adaptation avec changement d'époque n'est pas nouveau mais ici le contexte socio-politique et historique de la période était quand même important dans le manga et les technologies actuelles pourraient compliquer la crédibilité ou la logique de certains affrontements. Il y aura probablement d'autres changements donc, notamment puisqu'ils veulent adapter l'histoire entière en 24 épisodes, pour 19 volumes.

On peut aussi s'attrister de la perte probable de certaines scènes en or, même si c'est moins "important". Malgré mes inquiétudes quand aux choix d'adaptation, je suis curieuse de voir le résultat et de regarder l'anime.

Passons à Kamakura Diary : L'histoire se passe au Japon, dans la ville de Kamakura, trois sœurs adultes dont le père avait fui la maison avec une autre femme apprennent son décès et par la même occasion le fait qu'elles ont une demi-sœur collégienne et vont lui proposer de venir vivre avec elles, sa mère étant décédée entre-temps.


On suit donc le quotidien de cette famille et de plusieurs habitants de Kamakura qui leurs sont proches. On découvre la ville et ses lieux importants et touristiques avec Suzu la cadette, en même temps que sa nouvelle vie, les rencontres qu'elle fera et les bouleversements dans la vie de ses sœurs.

Le dessin sobre accompagne avec simplicité des moments de vie banale, touchants ou drôle mais aussi des thèmes plus graves autour de la maladie, la mort, le deuil.

En France,  les éditions Kana se chargent de publier la série et viennent de sortir le huitième tome, qui sera donc l'avant-dernier. Je me disais au tome 7 que je sentais venir une possible fin et c'est donc bien le cas. J'ai commencé à lire le volume 8 qui continue en effet tranquillement sur cette voix et ça me semble un bon nombre pour achever la série, sans risquer de tirer en longueur. J'attends de lire la fin avec impatience !

Un film japonais basé sur le manga est sorti en 2015, il a été renommé Notre petite sœur pour sa sortie en France.

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Autoportrait de Tamu-Tamu

J'avais envie de faire un topic sur une de mes mangaka préférées pour parler toute seule dans le vide vous la faire connaître et peut-être vous faire découvrir et apprécier ses œuvres.

Yumi Tamura a commencé sa carrière de mangaka dans les années 80. Ses mangas sont pré-publiés dans des magazines visant un public féminin comme le Betsucomi ou Flowers, qui appartiennent à la maison d'édition Shôgakukan.

Elle a de nombreuses histoires courtes à son actif mais aussi plusieurs séries en plusieurs volumes. Yumi Tamura est polyvalente et a écrit dans de nombreux genre : aventure, fantastique, horreur, SF, comédie, romance, mystère, histoires policières... Ses deux mangas les plus longs et connus, Basara et 7 Seeds, sont des histoires post-apocalyptiques.

Graphiquement, son style n'a pas énormément changé depuis ses débuts et peut donc paraître vieillot. Ses dessins peuvent parfois paraître brouillon ou avoir un côté très gribouillé mais une fois qu'on rentre dans l'histoire, on finit par lui trouver un charme particulier. Son sens de la composition et la narration est très efficace à mon goût.

Je vais maintenant présenter un peu ses séries que j'ai déjà lu.





Basara - 27 tomes (1990-1998)

Sûrement la série la plus connue de Tamura, puisqu'elle a été traduite en de nombreuses langues (dont en français par l'éditeur Kana) et adaptée partiellement en une petite série animée de 13 épisodes, sortie directement sur support vidéo.
En 1992, Basara reçu le prix Shôgakukan du meilleur shôjo manga.

Synopsis : Au XXe siècle, une catastrophe naturelle manque de détruire la civilisation actuelle. Le Japon voit sa topographie sévèrement changée et 300 ans plus tard, une famille royale a prit le pouvoir du pays. Un groupe de résistance tenta de renverser leur dictature mais fut vaincu et dû se séparer. C'est dans un village abritant une partie de ces anciens rebelles que naquissent un jour deux jumeaux au chevet desquels un prophète fait la prophétie suivante : "Cet enfant est l'élu. Plus tard, il sera l'étoile qui commandera le peuple et sauvera le pays"
Les villageois élèvent ainsi le garçon Tatara dans l'espoir qu'il parviendra un jour à renverser le régime tyrannique du Roi d'Or mais lors de son quinzième anniversaire, il est tué par les troupes d'un des fils du roi. Sa sœur, Sarasa, prend alors son identité pour sauver son village et se venger du Roi Rouge, responsable de la mort de son frère. Dans sa quête, elle rencontrera un garçon nommé Shuri qui l'aidera à plusieurs reprises et envers qui elle commencera à éprouver des sentiments amoureux... sans se douter de l'identité secrète de celui-ci.

Récit initiatique et fresque épique, Basara fait évoluer son héroïne tout du long de l'histoire, au fur et à mesure que sa connaissance et sa vision du monde s'élargissent à travers voyages, rencontres et combats. Il faut peut-être un peu de temps pour bien rentrer dans l'histoire et s'attacher aux personnages mais c'est un shôjo manga culte.



7 Seeds - 35 tomes (2001-20017)
+ 1 tome bonus épilogue sorti en 2018

Comme Basara, 7Seeds a reçu le prix Shôgakukan du meilleur shôjo, en 2007 cette fois-ci. La série a été traduite dans quelques langues, dont le français chez l'éditeur Pika mais la parution a été arrêtée au tome 10, faute de ventes suffisantes (seuls les 3 premiers volumes se sont écoulés à plus de 500 exemplaires). Une adaptation des débuts de l'histoire a été faite sous forme de narration radio, en 3 CDs.

Synopsis : Différents groupes de jeunes japonais se réveillent dans des conditions mystérieuses et sans aucune idée d'où ils se trouvent. On leur apprend qu'ils auraient été sélectionnés pour le projet 7Seeds et ont été cryogénisés en secret afin de les préserver à l'approche d'une chute de météorites capables de causer la fin du monde. Leur but sera de survivre, chercher d'autres humains encore en vie et reconstruire une civilisation.

Là où Basara raconte l'histoire d'une révolte contre une dictature dans un monde en ruines, 7 Seeds se concentre plus sur la survie face à la nature, l'exploration et l'adaptation à un monde nouveau, en apparence hostile. Les relations entre les personnages n'en sont pas moins travaillées et consistent le cœur de l'histoire, soigneusement enrobé dans des péripéties haletantes. J'en ai déjà parlé à plusieurs reprise sur l'ancien topic Anime & Manga (RIP) mais c'est vraiment une œuvre pour laquelle j'ai une immense affection, que ce soit pour le traitement de ses thèmes, les personnages, l'histoire ou l'ambiance qui s'en dégage et que je conseille à tout le monde.



Neko Mix Genkitan Toraji - 11 tomes en cours (2006-)

Parallèlement à 7 Seeds, Yumi Tamura s'est lancée dans cette autre série, au rythme de publication saisonnier (1 chapitre tous les 3 mois, soit 1 tome par an)
Le manga n'est pas édité en France actuellement.

Synopsis : Les humains et les souris se font la guerre depuis des milliers d'années. Pai-Yan, un des héros du pays où se déroule l'histoire, obtient de son Roi un congé d'un an suite à un de ses exploits. Il compte en profiter pour passer du temps avec sa femme Joze et son fils Rio mais lorsqu'il arrive au village où ils vivent, Pai-Yan apprend que celui-ci a été attaqué par des souris et son fils enlevé par la souris de la magie, tandis que sa femme serait partie quelques temps plutôt, nul ne sait où. Le seul indice de Pai-Yan, c'est Toraji, un petit chaton recueilli par son fils et qui s'est fait transformé en Mix par la souris de la magie : un hybride animal-humain capable de comprendre, parler et écrire le langage humain.

"Les histoires fantasque du chat-mix Toraji" ont tout d'un conte étrange. On suit Toraji et Pai-Yan dans des aventures rocambolesques, à travers des lieux fantastiques. Les souris passent de l'effrayant au cartoonesque, chacune ayant un concept, une chose ou un objet si bien qu'on a à la fois une souris des malédictions, une souris de la pluie, une souris des chansons, une souris voleuse ou une souris phare qui... est un phare taille réelle avec une tête de souris, dont la lumière sort par les yeux.
C'est incroyablement bizarre et bourré de scènes mignonnes avec des chats faisant des trucs de chats. Avec le onzième volume, l'histoire semble se rapprocher d'une conclusion.



Mystery to Iu Nakare (Do Not Say Mystery) - 2 tomes actuellement (2017-)

Enfin, je m'arrête un instant sur sa toute nouvelle série. À l'origine une histoire courte publiée pendant que 7 Seeds était encore en cours, Tamura a décidé d'y faire suite après la fin de sa plus longue série.

Totonou Kunou est un étudiant en fac sans amis, très observateur et du genre à faire des remarques un peu curieuses. Lorsqu'un autre élève de son établissement est assassiné près de chez lui, il est soupçonné et se retrouve au poste de police.

Je n'ai pas encore lu le second volume, qui vient de sortir, donc je ne sais pas trop encore vers où ça va se tourner ni s'il s'agira d'une série longue ou courte. Le premier tome contient l'histoire originale et le début d'une autre "enquête", dans laquelle Totonou va se retrouver au beau milieu d'une étrange prise d'otages.



Voilà, sur ce pavé, j'espère vous avoir donné envie et vous attends pour parler ensemble de ces mangas ♥




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On débat très souvent de choses aussi passionnantes que la timeline très bien foutue et réfléchie de la série mais il y a une chose dont on ne parle pas assez : ce qu'il s'agit de savoir c'est quels jeux de la saga sont assez méritants pour avoir l'honneur ou non de faire vraiment partie de la franchise, d'être vraiment considérés comme des jeux purement et simplement Zeldaesques. Car il y a des impostures oui, des jeux qui ne respectent pas assez les codes sacrés imposés par les Trois Déesses (comme ce retcon d'Hylia!!) et qu'il n'y a pas meilleur moyen de déterminer la valeur d'un Zelda qu'en sachant s'il s'agit d'un vrai ou d'un faux.

Comme c'est un peu long (plusieurs pages word, et je me suis retenue), j'ai mis les analyses sous spoil pour que ça ne prenne pas trop de place. Ce n'est évidemment pas complet, il y aurait encore tant à dire dessus mais ce sera pour une autre fois.

Adventure of Link n'est pas un vrai Zelda

(Cliquez pour afficher/cacher)

A Link to the Past n'est pas un vrai Zelda

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Link's Awakening n'est pas un vrai Zelda

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Majora's Mask n'est pas un vrai Zelda

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Les Oracles et Minish Cap ne sont pas des Zelda

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The WindWaker n'est pas un vrai Zelda

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Four Sword Adventure n'est pas un vrai Zelda

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Twilight Princess n'est pas un vrai Zelda

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A Link Between World n'est pas un vrai Zelda

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Tri Force Heroes n'est pas un vrai Zelda

(Cliquez pour afficher/cacher)

En soit, le seul Zelda dont on peut dire pour sûr que c'est un VRAI Zelda, c'est :

(Cliquez pour afficher/cacher)

Je vous invite à apporter de nombreux arguments tous aussi pertinents que ceux plus haut afin de prouver enfin et une fois pour toute la terrible vérité sur l'existence et l'absence des VRAIS Zelda.

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Longs métrages et Télévision / Films/Scènes qui vous ont traumatisé
« le: mardi 31 octobre 2017, 20:15:39 »
C'est Halloween, les modos font les fous en cachant de fausses-friandises (honteux!) dans les messages des membres et les gens s'amusent à se faire peur, se déguiser ou déguster des cucurbitacées par ce que c'est bon quand même.



Il y a déjà un chouette sujet sur le cinéma d'horreur-épouvante dans lequel vous pouvez discuter en détail de vos films préférés (ou pas) du genre. Le sujet dans lequel vous vous trouvez cependant consiste à parler des films, ou même juste des scènes, qui nous ont "traumatisé".

La définition est à prendre comme vous le désirez, il peut s'agir d'un autre choc que celui de l'effroi. Mais vu la période de l'année, le premier souvenir qui m'est venu est celui d'un d'un film qui m'a horrifié lors de mon premier visionnage...

Je parle de Mars Attacks.

Oui, sérieusement.
Certains se diront que j'exagère mais voici un peu plus de contexte : j'avais six ans, j'étais allée jouer chez un ami d'enfance et dans la soirée, le film a été lancé. Sauf que mes parents ont téléphoné avant la fin pour me dire de rentrer. Je n'étais pas mécontente de partir parce que je trouvais les martiens profondément dérangeant que ce soit par leur look, leur voix, leur tendance à tirer sur tout et n'importe quoi ou leur folie incompréhensible. L'humour parodique me passait évidemment totalement à côté de la tête vu mon jeune âge.
Seulement voilà, je n'avais pas vu la fin et du coup, quand je me suis retrouvée dans mon lit à devoir dormir, je revoyais dans ma tête les martiens apparemment invincibles et je réfléchissais à comment le film aurait pu se terminer sans arriver à trouver de bonne fin, plus j'y pensais et plus j'avais peur de me retrouver face à eux et leur rire caquetant. Au final je n'ai pas réussi à fermer l'œil, j'ai passé la première nuit blanche de ma vie à me retourner dans mon lit...

Et à cause de ça je n'ai pas voulu revoir le film avant longtemps, de peur que la même chose se produise encore.
Imaginez ma tête quand j'ai finalement découvert comment les martiens se faisaient tuer :hap:



Et vous ? Quel film/scène vous a traumatisé ?


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Littérature, BD et séries d'animation / [Animation] Courts-métrages
« le: dimanche 18 juin 2017, 23:48:54 »
Un topic tout simple pour parler de courts-métrages que vous auriez découvert, que vous adorez et les faire partager si possible.

J'avais songé à faire un tel topic il y a quelque temps déjà mais avait un peu hésité vu qu'on peut toujours passer des liens dans les vidéos du net par exemple. Ceci dit, il me semble qu'il peut être intéressant tout de même, notamment pour des œuvres faisant plus de quelques minutes qui demanderaient d'y accorder un peu plus de temps qu'un bref passage sur l'autre topic ou encourager des discussions.




C'est finalement la découverte de Pépé le Morse (qui vient de gagner le prix du public des courts-métrages, au festival d'animation international d'Annecy) qui m'a décidée à lancer le topic.
Il est actuellement disponible sur le site d'Arte.
J'ai adoré le graphisme (le design et l'animation des persos est excellent !) ainsi que l'ambiance glauque et triste de cette journée d'automne sur une plage. L'histoire est aussi bizarre que touchante. Niveau son, c'est très chouette aussi.
Ça dure 14 minutes, qui valent amplement que vous vous y attardiez.

La réalisatrice, Lucrece Andreae, a mis quelques-uns de ses autres travaux, plus courts, sur vimeo.

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