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Communauté => Créations Artistiques => Littérature, Fictions => Discussion démarrée par: Synopz le mardi 11 mai 2010, 08:19:13

Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Je connais une fille qui n'aime pas la poésie ]
Posté par: Synopz le mardi 11 mai 2010, 08:19:13
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" Hé ! On dit parfois des poètes
Qu'ils seraient faits de démesure
Avec des rêves plein la tête.
Je suis de ceux-là, sois-en sûre ! "

Bienvenue dans les Errements Poétiques ! Vous trouverez ici en majorité des poèmes, ma désormais vieille (et discutable !) fiction L'Ange Des Ombres et d'autres petits textes de natures diverses selon l'humeur, à la qualité variable au vu du temps depuis lequel je traine mes guêtres dans le coin. Si vous tenez à rémunérer l'imposture d'écrivain que je suis, n'hésitez pas à commenter le topic :-* Enfin, je vais terminer en remerciant une ancienne amie aujourd'hui perdue de vue pour le dessin situé ci-dessus ainsi que Jophine de PZ pour le superbe dessin situé au début de la fic' ! A vous de lire si le cœur vous en dit !

« (...) Du jour où il sut lire il fut Poète, et dès lors il appartint à la race toujours maudite par les puissances de la terre... » [AdV] - Stello


L'Ange Des Ombres


  • Prologue et Chapitre 1 : Bataille (#post_c1)
  • Chapitre 2 : Esprit (#post_c2)
  • Chapitre 3 : Élu (#post_c3)
  • Chapitre 4 : Légende (#post_c4)
  • Chapitre 5 : Ascension (#post_c5)
  • Chapitre 6 : Déesses (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg311163.html#msg311163)
  • Chapitre 7 : Amertume (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg313996.html#msg313996)
  • Chapitre 8 : Destinée (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg315541.html#msg315541)
  • Chapitre 9 : Révélation (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg317970.html#msg317970)
  • Chapitre 10 : L'impétueuse (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg320475.html#msg320475)
  • Chapitre 11 : Traque (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg322751.html#msg322751)
  • Chapitre 12 : Désolation (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg344174.html#msg344174)
  • Chapitre 13 : Douceur (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg415598.html#msg415598)
  • Chapitre final : Fatalité et Épilogue (http://forums.puissance-zelda.com/index.php/topic,5472.msg469460.html#msg469460)
Nouvelles, Petits Textes et Extras

Nouvelles

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Prologue

« Contour blanc sur l’ombre…
Espoir de l’autre monde,
Rouge sur blanc, ombres malsaines de la pénombre …
La Lune si blonde
Écho d’une légende bien vite Oubliée …
Âmes entremêlées en une étreinte éternelle et discordante…
Contraire de la lumière et de l’ombre, la princesse et l’oublié…
Une plainte lancinante… »




Chapitre 1 : Bataille


10 ans avant le héros du temps

« La lumière perça ses yeux, ses paupières se soulevèrent laissant apparaître deux rubis en lieu et place des yeux. La jeune fille se leva, alliage de beauté et de grâce, ses cheveux couleur neige cascadant jusqu'aux reins et encadrant l’ovale aux traits fins de son visage. Elle était droite, fine et tout en elle inspirait beauté et respect, une longue tunique noire et moulante arborant le symbole sheikah lui descendait jusqu'à mi-cuisse, de longs collants gris lui enserraient les jambes et des bottines noires la chaussaient. A son cou un pendentif doré composé de formes géométriques complexes descendait à la base de sa poitrine ; une paire de mitaines lui protégeaient les mains et dans son dos une lame sombre et mortelle pendait. Sur sa main gauche la puissance des déesses luisait doucement…
Elle se dirigea vers une petite fenêtre située à l'extrémité de sa chambre, qui tenait d'ailleurs plus du grand placard que d'autre chose, et contempla la vaste étendue herbeuse qui s'offrait à son regard, rien ne laissait présager le carnage qui surviendrait dans quelques heures... Elle s'égara dans ses pensées en admirant l'aube, peut-être son dernier lever de soleil, qui n'était pour l'instant qu'une simple ligne rose sur l'horizon.La pièce qui lui était assignée se trouvait à la base de l'imposante muraille du bourg d'Hyrule et permettait de surveiller entièrement la plaine un atout précieux dans ce conflit qui divisait depuis maintenant presque une demi-décennie les peuples d'Hyrule, depuis que l'emplacement de la triforce avait été redécouvert par hasard les peuples se livraient une guerre meurtrière.D'un coté les hyliens et les sheikahs, aidés des gorons et de quelques zoras, luttaient contre les gérudos, une grande partie des zoras et les tribus errantes du désert dirigés par le seigneur du désert et, elle le savait, le futur seigneur du malin et porteur de la triforce de la force : Ganondorf...
Une douce brise avant-midiale vint lui caresser la joue, un murmure presque imperceptible lui parvint aux oreilles...
Luna... viens princesse des ombres, il arrive...
Encore cette voix...
Luna ne voulait plus l'entendre...
Non, il ne reviendrait pas, il y avait trop longtemps, bien trop longtemps...
Viens...
Elle explosa de fureur et frappa le mur dans un geste stupéfiant de rapidité et de puissance, le sang se mit à ruisseler sur son poignet, le rouge vif de son sang tranchant avec la pâleur de sa peau.Elle attrapa une dague noire comme l'épée qu'elle portait au coté et la glissa à sa ceinture puis sortit en claquant la porte.Sa colère diminua peu à peu en marchant jusqu'à la place du marché transformée en bastion de l'armée d'Hyrule, elle prit place au milieu d'un groupe de femmes et d'hommes de la tribu des ombres.Leur habilité aux armes et leur discrétion à toute épreuve avait fait d'eux les éclaireurs de l'armée royale mais aussi une troupe d'élite envoyé sur le champ de bataille en cas d'absolue nécessité... Ils seraient en première ligne si la coalition de Ganondorf se décidait à envahir le bourg...
Elle avait été missionnée en tant qu'éclaireuse pour cette énième bataille, la jeune fille se trouvait près des premiers contreforts de la vallée Gerudo là où le campement des hommes du seigneur noir du désert s'était installée.Luna épiait leurs moindres faits et gestes, attentive à la moindre anomalie...
Une branche craqua...
Elle n'eût pas le temps de se retourner pour voir la garde d'un sabre Gerudo la fesser lourdement à la tête, la fière guerrière s'effondra, assommée."

Elle avait mal...
Les ténèbres, la lumière et encore les ténèbres...
Elle entrouvrit les yeux, les contours flous d'une tente lui apparurent, une table.Elle sentit les chaînes qui la retenaient attachée à un pieu, sa vue devint de plus en plus nette et la sheikah put voir par l'embrasure de la tente que le crépuscule n'était plus qu'un lointain souvenir sur l'horizon.Ils, enfin plutôt, "elles" l'avaient eu comme une débutante, une flos ; Sa rage d'être capturée la faisait bouillir intérieurement mais la douleur causée par la coup qu'elle avait reçu l'empêchait de reprendre complètement possession de ses moyens. Une jeune femme à la volumineuse chevelure orangée pénétra dans la tente:
"Alors, ma belle,on a perdu ses moyens? Fit la Gerudo, en lui relevant le menton.
-Vas-y, Termine moi maintenant si ca peut te faire plaisir...
La femme du désert cracha à ses pieds.
-J'aimerai bien, pauvre sotte,mais je préfère te laisser pourrir dans cette tente en songeant que l'armée d'Hyrule compte ses pertes par milliers en ce moment même! "
la guerrière des sables la frappa au visage et sortit sans plus de cérémonie.

La morsure du froid s'insinuait en elle, de plus en plus profondément, il y avait déjà longtemps qu'elle avait arrêté de lutter.Deux jours qu'elle agonisait, lentement mais sûrement, au cœur du désert. le vent embrasait le désert et quand venait la nuit le vent apportait avec lui la mort... (référence évidente à Tww ; ) )
Le temps semblait avoir suspendu sa course, elle était perdue dans un rêve de mort...
une forme floue apparut devant elle:
"La fière guerrière abandonnerait-elle?
-plutôt crever... Souffla la torturée.
la Gerudo la gifla
-Tu me jases autrement, sheikah..."
Elle frappa encore.
Une ombre passa...
Luna s'évanouit en entendant une lame sortir de son fourreau...
* * *
L'aube...
C'est qu'il lui semblait voir...
Était-elle morte?
Ses yeux se refermèrent:
"Alors, princesse des ombres? Le peuple du désert vous importunerait-il?"
La jeune fille n'ouvrit pas les yeux, elle rêvait, c'était la seule explication...
Trop d'années avaient passé sans qu'elle n'entende cette voix, ses paupières se soulevèrent malgré elle et un jeune homme du même âge qu'elle lui apparut.
"Synopz...
la sheikah essaya de se lever.
-Du calme,princesse...
Luna parvint à s'asseoir.
-Ne m'appelle plus princesse ou je vais t'appeler élu des ombres..." Articula-t-elle
Le sheikah sourit, son visage aux traits durs et anguleux était entouré de cheveux bruns mi-longs en bataille, des mèches folles voilaient ses yeux couleur sang.Dans son dos la même épée sheikah que celle de Luna pendait.Il était habillé de vêtements en cuirs souples et l'œil sheikah était représenté sur son torse, sur sa main droite une triforce brillait légèrement...
-Tu n'as pas changée à ce que je vois...
Un sourire éclaira le visage de Luna
-Toi non plus, on dirait...
-Que faisait-tu chez ces, il grimaça, Gerudo?
-J'attendais que tu viennes me sauver voyons...
-Luna...
-Tu le sauras le moment venu. Dit-elle
-très bien.
-Il faut que nous retournions là-bas, ils ont l'ocarina et mon épée !Et l'armée d'Hyrule..."
Et s'ils avaient perdu ? Que ferait-elle? Elle les traqueraient et en tueraient le plus possible avant de s'effondrer...
Synopz interrompit ses mornes pensées:
-Depuis quand, as-tu la garde de l'ocarina du temps? s'étonna le sheikah
-Aurait-tu oublié que je suis la princesse des ombres? Sourit-elle
-D'accord... Mais je vais le chercher seul. Soupira Synopz
-Non, je viens aussi!
-J'aimerais bien mais non...
-C'est ta princesse qui te l'ordonne! tonna la jeune fille
-Mon premier devoir est de protéger l'héritière du peuple sheikah et déjà qu'elle a failli mourir dans une tente Gerudo!
-...
-Tu trouveras de quoi manger et boire dans ce sac... "
Il sortit de la grotte silencieusement.le jour n'avait que quelques heures...
Luna se laissa tomber par terre et murmura:
"Synopz... Attention..."
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: sakuranbo le mercredi 12 mai 2010, 20:49:21
Ca a l'air pas mal tout ça  :yeah:  J'aime bien ton intro et le début de l'histoire, mais c'est un peu court^^ Il va falloir lire un deuxième chapitre pour pouvoir juger un peu mieux, je t'encourage donc à continuer!
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le jeudi 13 mai 2010, 08:28:48
Merci beaucoup, ca me fait vraiment plaisir  :)  
 Les deuxième et troisième chapitre ne devraient pas tarder!!
Celui-ci est court car je ne voulais pas tout de suite présenter le second personnage principal mais bon je vais peut-être le rallonger un peu...:hum:

Edit: Voila le 1er chapitre a été rallongé n'hésitez pas à poster vos commentaires  ;)  le 2eme et 3eme vont arriver très prochainement!
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 15 mai 2010, 08:54:08
Le second chapitre est en ligne !  :D
N'hésitez pas à poster vos commentaires (allez, il n'y a personne qui me donne son avis, là !)

Chapitre 2 : Esprit

Synopz assomma une garde Gerudo peu attentive et pénétra dans la forteresse des voleurs, la mi-journée approchait.Il s'engagea dans un couloir et passa devant ce qui semblait être les appartements royaux du peuple du désert quand une voix le stoppa net.Il se retourna prêt à dégainer:
"Qui es-tu ?
Une jeune fille âgée d'une quinzaine d'années le regardait de tout son orgueil.Ses traits fins contrastaient avec la dureté de son regard,Un pantalon bouffant habillait ses jambes et un simple haut recouvrait ses seins et laissait son ventre nu,un sabre pendait à son coté.Sa peau était matte et une beauté sauvage émanait d'elle malgré son jeune âge.
-Je te retourne la question, jeune fille... Répondit le sheikah en esquissant un sourire
-Je suis Nabooru,future reine du peuple du désert.Et à ce que je vois tu dois être un sheikah.
-N'es-tu pas censée me détester ? Avança Synopz.
-Non, tu es quelqu'un de bon je le sens.
Son instinct de sage parle déjà,songea le jeune homme.
-Me guiderait-tu dans cette forteresse ? proposa-t-il.
-Pourquoi pas..."

* * *

Luna fixait l'horizon, pensive... Synopz était parti sans laisser de trace et il venait de réapparaître surgissant de nulle part.Elle n'avait pas tout de suite réalisée que c'était vraiment lui, ces quelques minutes avec lui étaient floues dans sa mémoire.La jeune fille se fit peur toute seule en imaginant quelques secondes qu'elle avait pu rêver mais elle se ressaisit rapidement.Ils avaient treize ans quand Synopz était venu la prévenir qu'il partait... Elle se souvint avoir pleuré.Il lui avait lancé cette phrase avant de disparaître dans la nuit:
On fuit souvent ce qui nous ressemble, Luna...
Une larme solitaire glissa sur sa joue et laissa une trainée claire derrière elle tant son visage était maculé de poussière.Elle souffla comme pour oublier ses vieux démons et prit une outre remplie d'eau...
Après s'être lavée sommairement, Luna s'étira et sortit devant l'entrée de la grotte, une chaleur effroyable régnait dehors et il fallut quelques minutes à la jeune fille pour s'y habituer... La sheikah s'empara doucement de sa lame et mima des enchaînements au ralenti avant de rengainer son arme.Elle regarda la triforce qui luisait sur sa main et sourit:
"On fuit souvent ce qui nous ressemble, Synopz, mais on finit toujours par revenir... Je ne me souviens plus du passé, seul l'avenir compte à présent."

* * *
Le jeune sheikah commençait à s'impatienter, voilà plus d'une heure que la jeune Gerudo le guidait dans l'inextricable repaire des voleuses.Il lui demanda:
"As-tu un rêve, Nabooru ?
-Je rêve d'un destin extraordinaire, de partir d'ici.
Tu n'imagines pas à quel point ton rêve va être satisfait, pensa Synopz.
-Pourquoi m'aides-tu alors que je suis un sheikah, le pire ennemi de ton peuple?
-Mon peuple est aveugle, Ganondorf attise leur haine envers vous, il leur promet milles richesses, il leur promet la plus belle terre du monde: Hyrule.Mais je sais qu'au fond il n'aspire qu'à ses propres intérêts, c'est lui l'ennemi.
-Ta pensée est juste. Acquiesça Le guerrier.
-Et toi, Synopz ? Pourquoi détestes-tu mon peuple?
Il ferma les yeux... Le goût du sang et de la douleur lui revint en mémoire.Après une courte pause, il reprit:
-C'est une longue histoire. J'ai peur que tu sois trop jeune pour comprendre.
-Je suis polie et je n'insisterai pas mais je suis convaincue que la jeunesse n'est qu'une invention destinée à taire les secrets... Nous voilà arrivés, ici sont cachés les objets d'une grande valeur." dit-elle en levant un bras vers une salle ou un monceau d'objets précieux s'entassaient.
Le sheikah attrapa l'ocarina bleuté et l'épée sombre et se retourna vers la jeune fille.ils échangèrent un regard puis repartirent. Après plusieurs minutes de marche, ils arrivèrent au bout d'un couloir qui donnait sur l'extérieur:
"Jeune fille, je pense qu'il est temps de nous séparer...
-Synopz, Emmène moi à Hyrule ! Je veux voir Ganondorf mourir pour tout ce qu'il fait à mon peuple,qu'on le fasse souffrir autant que ma tribu !
-Il serait très vite averti de ta disparition... tenta-t-il.
-Synopz !
-Ton rêve deviendra réalité, un jour. Mais si tu préfères le réaliser maintenant... Je t'emmène...
-Merci...
-Bon, il serait triste de ne pas montrer à ton peuple que nous sommes là ! dit Synopz en faisant un clin d'œil à la jeune fille.

Une voix tira la jeune sheikah des ses pensées:
"Les grands esprits se rencontrent ! Voici Nabooru, Princesse du désert...
Il ajouta mentalement pour Luna:
Et future sage de l'esprit.
-Je suis honorée de te rencontrer, princesse des ombres... dit Nabooru en s'agenouillant.
-Relève-toi, je pense que tu détestes toutes ces civilités autant que moi...
-Effectivement...
Luna se tourna vers Synopz:
-L'ocarina et l'épée ?
-ils sont là, princesse..
La sheikah fusilla le jeune homme du regard quand celui-ci évoqua son titre royal.
-Nous devrions profiter de la fraîcheur de la nuit pour repartir vers Hyrule. Proposa la Gerudo.
-Oui, partons."
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: sakuranbo le mercredi 19 mai 2010, 23:28:04
Pas mal ce chapitre! J'ai lu le 1 que tu as rallongé et aussi le chapitre 2. On commence un peu plus à cerner les personnages. Luna me plaît, elle a l'air d'avoir un caractère assez affirmé.
J'ai bien aimé aussi voir Nabooru jeune^^ J'ai toujours aimé ce personnage, dans OOT c'était ma sage préférée!
A bientôt pour la suite!
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le jeudi 20 mai 2010, 05:10:05
Merci pour ces premiers commentaires  ;)

Le chapitre 3 est là !

Chapitre 3: Élu

« Je te connais...
Et pourtant, j'ignore qui tu es
Tristes contraires
Entre ombre et lumière
Un espoir m'a tourné vers l'avenir
Et un regret vers le pire...
Peut-être pourras-tu me retirer ce goût amer
Qui me rend si fier...

"Une lueur apparut sur l'horizon et l'ombre devint lumière, trois silhouettes sombres se découpaient dans l'aube naissante, la jeune Nabooru s'était effondrée sur sa monture depuis quelques heures déjà.Les contours d'Hyrule se dessinaient vaguement dans le lointain orangé.Une jeune fille à la crinière de neige chevauchait en compagnie d'un jeune sheikah aux cheveux bruns en bataille, le jeune fille cassa un silence long de plusieurs heures:
"Que vas-tu faire, Synopz ?
-La légende commence à peine à naitre et nous sommes malheureusement les artisans de son aurore...
-Tu dois revenir... Implora la jeune fille.
-Personne... Personne ne m'a attendu...
-Personne ? Tu oses dire ca ? Qui t'as attendu tout ce temps, qui a persuadé tout le monde que le, soi-disant, "élu des ombres" allait forcément revenir ? Qui ? Arrête de te croire la seule victime et ouvre les yeux, Synopz ! Jeta la jeune fille.
La jeune Gerudo fut tirée du sommeil par les cris de Luna.
-Il y a un problème ? S'alarma-t-elle.
-Non ! Pas du tout ! Cria la sheikah avant de partir au galop.
-Que se passe-t-il ? Demanda Nabooru en se tournant vers Synopz.
Il lança un regard vers Luna, qui était déjà loin devant eux, et répondit:
-Elle accepte la vérité, et moi, je la fuis...
-Luna ou la vérité ?
Le jeune sheikah sourit quand il entendit cette question piège:
-Fais-toi ta propre idée..."
                                                                               
* * *

L'imposant bourg d'Hyrule se dressait devant eux, à ses pieds la plaine était jonchée de cadavre, une odeur de mort régnait et conférait au lieu une atmosphère oppressante et angoissante:
"Hyrule a changé depuis la dernière fois... lança le sheikah étonné.
-Synopz ! Réprimanda Luna en montrant la jeune Gerudo pétrifiée sur sa monture.
-Que... Qu'est ce que c'est ? Articula difficilement celle-ci.
Synopz répondit sur un ton morne:
-La mort, froide et implacable ou la vie stoppée en plein élan, enfermée dans l'horreur de l'instant..."
le trio se dirigea vers l'entrée du bourg évitant soigneusement les cadavres...

Les deux sheikahs et la Gerudo remontèrent la longue ruelle principale du bourg qui montait à la place du marché, le village était désert et après avoir renseigné leurs identités, ils entrèrent dans la tente royale, le monarque d'Hyrule apparut alors à l'autre bout de la tente :
"Luna, princesse des ombres et guide du peuple sheikah... Nous craignions que le peuple du désert ait attenté à votre vie... Dit-il d'une voix fatigué.
-Cela a bien failli arriver mais celui que mon peuple attendait est heureusement arrivé à temps... L'élu des ombres est de retour parmi nous !
Synopz s'avança devant le souverain du royaume qui le détailla du regard avant de lui parler:
-Quel est ton nom, élu ? Questionna-t-il.
-Synopz...
-Ta place n'est même pas discutable, tu guideras les guerriers sheikahs en compagnie de la princesse...
-Très bien... J'aimerais vous présenter Nabooru, il fit un signe à la jeune fille qui s'approcha, il s'agit de la princesse du peuple Gerudo, elle est favorable à notre cause...
-Dame Nabooru je serai ravi de vous accueillir dans mon humble demeure...
-Eh bien...
-J'ai aidé ton rêve à se réaliser en t'amenant jusqu'à Hyrule, Nabooru. Luna et moi ne pouvons pas t'emmener avec nous, le danger est bien trop grand... Il ne s'agit pas d'un jeu mais d'une guerre...
La jeune fille baissa les yeux et suivit une des servantes du château sans un regard en arrière.
-Pourquoi le village est-il désert ?
-Malheureusement, Ganondorf, vexé d'avoir perdu la bataille a dirigé le reste de ses troupes vers le paisible village de Cocorico, nous avons donc dépêché ce qui restait de l'armée d'Hyrule ainsi que la tribu Sheikah pour protéger le village... Vous devriez rejoindre vos armées le plus vite possible... Et je compte également sur vous, princesse des ombres, pour la garde de l'ocarina du temps.
-L'ocarina du temps ne sera le plus en sécurité qu'avec moi, encore plus si Synopz m'accompagne... Nous allons donc prendre congé de vous et nous rendre dès maintenant au village de Cocorico, répondit Luna.
-Faites..."
Le monarque se retira et les deux jeunes sheikahs sortirent à leur tour de la tente :
"Elle aurait pu venir avec nous ! Lança Luna en sortant énervée de la tente, Synopz sur ses talons.
-Évidemment qu'elle aurait pu venir avec nous ! Elle pourrait anéantir la moitié de la minable garde d'Hyrule et en vouloir encore après !
-Mais forcément , cet imbécile qui se prétend roi ne l'aurait jamais laissée partir avec nous , je ne suis même pas sure qu'il croit en ses bonnes intentions !
-Oui, Et heureusement que Ganondorf a eu la bonne idée d'attaquer Cocorico , sinon il aurait fallu que j'échappe , en plus , à une bonne dizaine de tentatives d'assassinat...
-Tu vois grand , il n'y en a plus qu'un ou deux qui veulent encore te tuer... Tu sais , maintenant que tu es revenu , la légende des ombres va nous être révélé , la jeune fille lui fit un clin d'œil , enfin si on sort vivant de Cocorico !
-La princesse des ombres qui a défait l'année de ses treize ans un groupe d'une demi-douzaine de Gerudo et l'élu des ombres qui a vaincu l'un après l'autre tout les guerriers sheikahs d'Hyrule... Je pense qu'on a de bonne chance de s'en sortir et d'enfin voir cette légende dont on nous parle depuis toujours ! "

Les deux jeunes sheikahs enfourchèrent leurs montures à la robe d'ébène et quittèrent le Bourg . Ils traversèrent l'immensité de la plaine en quelques heures . Le ciel se teintait d'or quand ils arrivèrent aux abords du village , Synopz sauta de sa monture et s'empara d'un arc accroché à sa selle :
"Je vous suis , princesse... Dit-il en s'inclinant.
-Tu ne te souviens plus du village ? S'étonna la jeune fille.
-Bien sur que si , je m'en rappelle mais je sais que tu insisteras de toute façon pour passer devant...
-Ce n'est plus un jeu , Synopz . C'est la mort...
-Crois-moi , si une personne sait que la mort n'est pas un jeu , c'est moi...
-Peut-être... "

Luna et Synopz étaient juchés sur les hauteurs du  village Cocorico , les combats semblaient avoir cessés et les deux camps étaient rangés chacun de leur coté , les Gerudos avaient installés leurs campement à l'entrée du village et les sheikahs étaient, quant à eux , cachés parmi les maisons du village . Synopz saisit la seule flèche qu'il avait emporté :
"Tu vas les prévenir ? Et moi je vais montrer à nos amies que je suis de retour...
La jeune fille hocha la tête :
-Oui..."
Elle descendit le long de la pente en quelques sauts souple et félins . Synopz bandit sa flèche :
"Enflamme-toi..."
Le projectile s'embrasa , le sheikah relâcha la tension sur la corde et la flèche partit en une courbe harmonieuse avant de retomber sur les tentes Gerudos qui s'enflammèrent.
"C'est parti..."
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: sakuranbo le jeudi 20 mai 2010, 13:54:49
Ne t'inquiète pas, ta fic est certainement lue, mais par des personnes non inscrites sur le forum, c'est pour ça qu'ils ne commentent pas.

J'ai lu le début de ton chapitre 3, l'arrivée à Hyrule de tes personnages, mais comme je suis gourmande, je trouve ça trop court, j'en veux plus! xD N'hésite pas à faire des chapitres un tantinet plus long pour ne pas "hacher" ton histoire. On a à peine le temps de se plonger dans la lecture que c'est déjà terminé^^ Prends le temps d'écrire pour poster ton chapitre en entier en une seule fois. L'histoire qui se met en place me paraît très interessante, je suis curieuse de savoir comment tu vas mener tout ça.
Je t'encourage à continuer!
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: astrid le vendredi 21 mai 2010, 19:36:14
Salut Synopz ! (Que de pseudo par S sur ce topic ! Je vais ramener les A ^^)
J'ai lu ton prologue qui fut bien sympathique. Je n'ai rien à dire sur ton agréable écriture, tes rares fautes et ton sens du mystère. Par contre, de ce que j'ai lu, tu n'as pas mis énormément de détails sur la situation. Tout s'est déroulé un peu trop vite à mon goût, à moins que cela ne soit voulu et là je n'ai rien dit. La description de Luna est particulièrement réussie, au début du prologue. Je me suis bien fait une idée de son physique, et de son caractère (hé, Saku, sa Luna me fait penser à Saïnee ! :arrow:) ! Rien à redire donc sur ton écriture qui est vraiment super ! ;)
Par contre, le problème, c'est la syntaxe. N'hésite pas à mettre des virgules, des points-virgules et tous ces machins bien sympathiques qui rendent le texte et les phrases moins lourds. Aussi, n'oublie pas de faire un espace lorsque tu mets un point, pour aérer tes phrases. J'ai vu aussi quelques majuscules qui n'avaient rien à faire au beau milieu d'une scène et qu'il manquait des points à la fin de certaines phrases. Il faudra donc que tu fasses plus attention à la syntaxe, pour rendre ton texte plus agréable à la lecture et plus aéré.
J'espère t'avoir aidé ;)
Sur ce, je vais rattraper la lecture et te dire un avis sur l'histoire, car je ne suis pas parvenue à me faire une idée rien qu'en lisant le prologue.
En attendant, bonne continuation ! :)
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 22 mai 2010, 06:01:23
Effectivement l'action très rapide au début est voulue, t'inquiètes pas ca va se calmer, en fait je voulais de cette manière exprimer l'enchaînement des jours monotones jusqu'à l'arrivée de Synopz (Mon pseudo serait-il équivoque ;) ?) puis ensuite l'absurdité de la situation, il revient de nulle part après des années, je voulais justement symboliser l'enchaînement des actions dans le désordre mais ca va bientôt se calmer, la fin du 3ème chapitre sera plus posée, le calme après la tempête  :)  !

Pour la syntaxe, j'essaie de m'améliorer mais ...

Citation de: "Astrid"
J'ai vu aussi quelques majuscules qui n'avaient rien à faire au beau milieu d'une scène


J'ai considéré les noms de races comme des noms propres et j'ai donc mis des majuscules à leur nom ainsi que (bien sur) au prénom des personnages, aux noms de régions/villes, et à Hyrule.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: astrid le dimanche 23 mai 2010, 17:50:24
Chapitre 2 lu, Synopz !
Quand je parlais des majuscules au beau milieu d'une phrase, il s'agit plus de ceci, par exemple :

Citer
La sheikah fusilla Le jeune homme du regard quand celui-ci évoqua son titre royal.


Vois-tu de quoi je veux parler ?
Pour revenir à la syntaxe, les espaces sont tes meilleurs amis !
Au fait, n'écrirais-tu pas directement sur le site ? Si c'est le cas, écris tout d'abord sur un traitement de texte ;)
Concernant l'histoire, comme Saku, j'ai bien aimé Nabooru, et s'il y a une chose que j'ai beaucoup aimé, c'est les phrases philosophiques criblées dans ton texte, je trouve ça sympathique ! Si j'ai bien compris, Nabooru va partir avec Luna et Synopz, car elle pense que les desseins de Ganondorf sont purement personnels... Je me demande ce qu'il va se produire ensuite ! Aller, je me mets à la lecture du chapitre 3 !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le lundi 24 mai 2010, 08:25:21
Voilà , j'ai posté le chapitre 3 en essayant de tenir compte des remarques sur la syntaxe et l'enchaînement trop rapide des actions.
N'hésitez pas à commenter !

[musique suspens] Que va-t-il se passer dans le chapitre 4 ? Mais quel est que cette légende des ombres ? Vous le saurez dans le chapitre 4 :niais: !! [/musique suspens]
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 28 mai 2010, 02:43:06
J'ai donc essayé de tenir compte des remarques et des conseils pour ce chapitre  ;) !

Et maintenant le moment que le monde entier attend : le chapitre 4 !!!

Repartons au coté de la beauté sauvage Luna et du ténébreux Synopz :o  ... ( Je m'emballe, je m'emballe...)

Chapitre 4 : Légende

Synopz se baissa une seconde avant que le coup de la Gerudo ne le décapite , celle-ci voulut se protéger , une fraction de seconde trop tard... La lame sombre lui transperça le cœur et elle s'effondra , morte avant d'avoir eu le temps de s'en rendre compte . Le jeune homme releva la tête et aperçut quelques Sheikahs qui le saluèrent de la tête ; les structures en bois des tentes Gerudos commençaient à tomber au fur et à mesure que l'incendie progressait . Synopz se retourna et scruta la foule de sheikah qui assaillaient le campement Gerudo , il reconnut celle qu'il cherchait et marcha vers elle.
"J'avais raison , il n' y a plus que Vaila qui veut te tuer . Le conseil des trois m'a assuré que les autres ne gardaient aucune rancune pour...
Le sheikah coupa la jeune fille.
-Oui , je sais pourquoi...
-Je vois que tu tires toujours aussi bien à l'arc . Avisa-t-elle en voyant les tentes Gerudos en proie aux flammes.
-Oui . Synopz s'agenouilla et tendit la main vers la jeune fille , l'air ironique, me feriez-vous l'honneur de cette bataille ? Demanda-t-il.
Luna sourit et prit sa main.
-Comment pourrais-je refuser un tel honneur venant du , ô combien mystérieux , élu des ombres ?
-Une princesse de votre rang se doit d'être honorée de la plus exceptionnelle des manières...
La jeune fille ria.
-Je vous accorde cette danse, Élu ... "

Les deux sheikahs dégainèrent leurs lames noires et coururent vers la mêlée, combattant dos à dos .

Synopz effectua un grand revers et deux Gerudos tombèrent . Les corps s'amoncelaient autour de Luna et lui , une dernière Gerudo tomba . Le tonnerre des armes s'entrechoquant cessa . La première ligne Gerudo venait d'être percée ... Luna se tourna vers le peuple de l'ombre et lança , d'une voix forte :
"Retenez ce jour ! L'élu des ombres est de retour parmi nous et l'ennemi du désert est en déroute ! Ce jour marque le début du salut d'Hyrule ! Poursuivons les femmes du désert et renvoyons l'orgueilleux roi noir dans son désert maudit ! "
Tout les sheikahs levèrent leurs lames vers le ciel dans un silence complet et répétèrent à l'unisson :
" La princesse et l'oublié nous guident dans les affres de la lumière et de l'ombre...."
Luna se tourna vers Synopz :
-Allons-voir cette fameuse légende
-Je vous suis dévoué, princesse et je pense, moi-aussi, qu'il est de temps de lever le voile tâché de sang de notre prétendue innocence...
La jeune fille soupira.
-Synopz si tu te mets en plus à faire de la poésie... Je ne vais plus savoir où donner de la tête pour admirer tes trop nombreuses qualités...
-Mais, heureusement, mes qualités n'atteindront jamais les vôtres, princesse...
-Plutôt que de raconter des bêtises, allons voir ce que le conseil des trois a à nous révéler."
Les deux sheikahs remontèrent le village jusqu'au pied du mont du péril, là où les villageois s'étaient amassés et entrèrent dans une tente noire. Le conseil des trois se tenait devant eux , il s'agissait de deux femmes et d'un homme chargés de guider le peuple de l'ombre. Le mobilier de la tente se réduisait à une simple table en bois à laquelle le conseil était attablé et à quelques chaises. La sheikah assise à droite se leva :
"Mon nom est Izlia, servante de la royauté d'Hyrule et protectrice de la princesse des ombres et de l'élu oublié...
C'était une femme athlétique aux longs cheveux couleur nuit , elle était habillée de vêtements noirs en cuir souples et une paire de dagues longues pendait à ses hanches. Elle se rassit et la femme de l'ombre assise à gauche se leva à son tour, ce qui arracha un léger sourire à Synopz.
-Mon nom est Impa, je suis celle qui scella le monstre de l'ombre au fin fond d'un puits sans fin et la nourrice de la princesse des ombres...
Impa se tenait droite, des mèches de cheveux blancs comme neige voilant ses yeux rouges. Elle portait une légère armure de métal blanc et une épée courte était attachée en travers de son dos. Chose inhabituelle une cape noire était accrochée à ses épaules. La future sage de l'ombre se rassit et l'homme qui était assis au milieu se leva lentement :
-Je suis Alyo... Chef du conseil des trois et guide du peuple sheikah jusqu'à l'arrivée de la princesse et de l'oublié...
Il se rassit et Luna s'avança devant eux :
-Je suis Luna, élue des déesses et princesse des ombres...
La princesse recula d'un pas et Synopz prit sa place :
-Mon nom est Synopz , élu des déesses et porteur de la légende ...
le conseil se leva.
-La légende est inscrite dans la maison des morts que nous allons rejoindre par ce passage, il désigna un escalier qui s'enfonçait dans les ténèbres.
Luna et Synopz échangèrent un regard et descendirent dans la grotte, Izlia menait le cortège, une torche à la main. Après quelques minutes le passage déboucha sur un mur qui n'était qu'illusion, le groupe passa au travers et ils arrivèrent à l'entrée du temple de l'ombre. Alyo prit la torche et éclaira un des murs du temple :
-La légende est là, oubliée depuis siècles... "
Luna et Synopz s'approchèrent des inscriptions en ancien sheikah :

La princesse et l'oublié sur des voiles de peine...
Jusqu'au bout du monde traçant la toile
Pour dissiper les ténèbres qui règnent
Et le voile qui recouvre les étoiles...

Les cieux vous devrez atteindre
Pour que l'ombre et la lumière
Puissent dépeindre
La vérité sans détour et manière...

Et le crépuscule,
Accueilleras le début de l'inexorable destin
Triste vérité nécessaire pour que les ténèbres reculent
Devant cette triste fin..."
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 04 juin 2010, 06:45:29
Vous l'attendiez :bav: ? le voilà ! Eh oui le chapitre 5 est en ligne ! N'hésitez pas à poster vos commentaires et vos critiques. Il nous vous reste plus qu'à écouter le vent vous conter une romance insolente sous la toile nocturne...
Chapitre 5 : Ascension

"Une larme de poussière
Versée par la reine des ombres
Feignant le cœur de pierre
Seule dans la pénombre
Du palais des courants d'air
Le cœur sous les décombres
D'une étoile de verre..."

Synopz posa un pied sur le sentier rocailleux qui menait vers les sommets du péril et leva la tête , l'imposante chaîne de montagne baignée dans le soleil couchant se dressait devant Luna et lui. Il repensa à ce que le conseil leur avait dit :
Les cieux correspondent à la plus haute des montagnes mais, malgré tout nos efforts, nous ne savons pas ce que vous devrez accomplir une fois arrivés sur les lieux. Nous savons seulement qu'une deuxième partie de la légende vous sera révélée... Et maintenant hâtez-vous vers les sommets...
Luna se tourna vers lui :
"Il y a quelque chose qui n'est pas normal... Dit-elle.
-Oui, on est d'accord...
-C'est un piège, tendu par ces, soit-disant, déesses...
-Quelque chose nous attend au sommet de cette montagne... "
La jeune fille ne répondit pas et s'enferma dans le silence jusqu'à ce que à la tombée de la nuit, après l'ascension d'une paroi particulièrement raide, ils arrivèrent sur un promontoire à flanc de montagne. Le bord de ce promontoire donnait sur la falaise effrayante de verticalité qu'ils venaient d'escalader et, du coté de la montagne, sur une grotte peu profonde. Luna s'approcha de l'entrée, suivie de Synopz :
"Ce palais convient-il à, son excellence, la princesse des ombres ? Demanda le sheikah.
Luna s'assit sur un rocher :
-Ça ira..."
Synopz sortit de la grotte, les dernières lueurs du jour n'étaient plus qu'un souvenir sur l'horizon et plusieurs étoiles éclairaient déjà le firmament.

* * *
Quelques braises luisaient dans l'obscurité, Synopz ouvrit les yeux, la nuit était bien avancée... Il se leva silencieusement et sortit de la grotte, quelques notes de musique lui parvinrent aux oreilles, il se tourna vers la falaise. Luna était là, au bord du vide... Éblouissante de beauté, ses cheveux de neige ondulant sous la brise du soir, son visage serein, ses yeux vermeils clos et l'ocarina bleuté porté à ses lèvres laissant échapper une douce mélodie. Le jeune homme resta là plusieurs secondes, incapable de se détacher de cette beauté sauvage. Il s'approcha silencieusement et s'assit à coté d'elle. Luna cessa de jouer et se tourna vers le jeune homme, son sourire s'esquissant dans l'ombre. Synopz prit sa main et la jeune fille s'approcha de lui et posa sa tête sur son épaule. Une larme coula sur la joue de la belle sheikah.
"Qu'est ce qui tourmente ton cœur, Luna ? Murmura Synopz.
-Tellement de choses... Tellement... Tu es revenu de nulle part et au lieu de nous laisser enfin tranquille, on nous demande de repartir pour sauver ces hyliens qui nous méprisent, j'ai l'impression d'être contrainte par ces déesses hypocrites ! Je ne sais pas où je vais et je crois que si je le savais... Je n'irai plus.
Les larmes roulaient sur le visage de la sheikah.
-Je vois...
-Et puis, reprit-elle, il y a toi, Synopz... Tu sembles si proche et pourtant si lointain... Tu es parti il y a si longtemps...
-Que dirais-tu si je te faisais une promesse, Luna ? Si je te promettais, quand tout serait fini, de t'emmener... De t'emmener loin d'ici, dans toutes ces contrées étranges par lesquelles j'ai voyagé.
La jeune fille se blottit un peu plus contre lui.
-Je dirai que j'espère de tout mon cœur qu'elle se réalisera..."
Synopz leva les yeux vers la Lune. Malgré tout ses efforts, il craignait de ne pas pouvoir tenir cette promesse... Et elle ? Savait-elle tout ce qui le tourmentait ? Surement... Mais il ne voulait pas en parler, pas le revivre encore... Il se tourna vers Luna qui s'était endormie sur son épaule. Il la souleva délicatement et la porta jusqu'à la grotte...

"Peut-être toi
La seule qui pourrait en écho
Me rendre à moi
Une caresse du vent sur l'eau
Et les étoiles
En vers et âme
Me recouvrent de leur voile
Pour oublier que mon cœur te réclame..."

Synopz ouvrit les yeux, la jeune fille dormait encore juste à coté de lui. Il sortit de la grotte silencieusement ; l'aurore naissait à peine répandant sa couleur pourpre et son silence sur les massifs montagneux. Il savoura quelques secondes de silence et se tourna vers le mont en permanence noyé dans les nuages où Luna et lui devaient se rendre. La jeune sheikah apparut à l'entrée de la cavité :
"Sa majesté est réveillée ?
-Oui, et, Luna lui jeta un regard insistant, il semblerait que la nuit porte réellement conseil.
-Il semblerait...
-Alors ? Prêt à affronter le danger inconnu ? Demanda la jeune fille.
-Plus que jamais, princesse...
La jeune fille leva les yeux au ciel.
-En avant, élu des ombres !"

Ils marchèrent plusieurs heures, alternant corniches étroites et passages à flanc de paroi, jusqu'à une arche en ruine orné de la triforce en travers d'un étroit chemin de crête.
"Je pense que n'importe quel humain normal aurait eut du mal à construire cette arche, avança Synopz
-Évidemment que personne n'a construit cette arche !
-Et qu'est ce qu'elle fait là cette arche, votre excellentissime majesté ? S'énerva le jeune homme
-Eh bien, elle... Je ne sais pas, moi !
-Passons là, alors !
-Très bien..."
Les deux sheikahs passèrent le portail, à peine l'avaient-ils dépassés que la pierre bleue au sommet de l'arche s'illumina, un brouillard conséquent commença à s'installer et les flocons se mirent à tomber en tourbillonnant. Synopz avança d'un pas :
"Nous voilà arrivés sur le chemin des cieux..."
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le dimanche 11 juillet 2010, 12:53:26
Bon, le 6ème chapitre malgré mon extrême feignantise devrait incessamment sous peu arriver mais, en attendant, je vous poste la poésie de la princesse et l'oublié  ;)  ! Je compte sur tout les gens qui passeraient ici pour commenter ma fic' !

   
Luna

Princesse des ombres,
La romance qui t'enivre,
Aux yeux de l'ébène sombre,
Fera tomber les pleurs que tu livres.

Tu rêves toutes les nuits
De ces lèvres qui se trouvent
Et de ces mains qui se lient
Sur des corps qui s'éprouvent...

Tu ne vois plus les dangers qui t'assaillent,
Seule à errer dans le palais des courants d'air
Hésitante, entre la soie et la paille...
Mais qui es-tu donc pour verser ces larmes de poussière ?

Reine à la chevelure des étoiles,
Préfère la paille rêche à la soie douce d'une vie indolente,
Ne laisse personne détourner ta voile
Et fait résonner pour ta grandeur ta beauté insolente

On passe au deuxième  ;)

       
Synopz

Triste âme en peine
Tu regardes ton cœur qui s'assiège
Suivant la lumière sereine
De cette princesse à la crinière de neige

Cette fille qui te mène
Semant une passion
Distillant de son seul sourire cette peine
Repoussant cette triste question...

Abandonné, seul dans cette terre
Il ne s'agit d'un destin figé qui est là
A force de coups brisant le cœur de pierre
L'oublié ira là où le guident ses pas

La rivière devient fleuve
Il partira sans attendre
Que dans son cœur, il pleuve
Qu'une romance fragile vienne le prendre...

Voilà, ce sera tout, n'hésitez pas à commenter ces deux poèmes...  :)
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le lundi 19 juillet 2010, 23:17:20
Donc en passant voici un petit à texte à apprécier ou détester !


Seule...

Souffrances, douleur... Elle avait mal et chaque parcelles de son corps lui hurlaient de s'abandonner, de renoncer... Définitivement...

Tout s'était passé trop vite ou trop lentement, le monde avait basculé dans une demi-réalité à laquelle elle était totalement indifférente, en fait, le monde n'existait tout simplement plus. Elle essayait juste de grappiller quelques secondes de plus, juste quelques secondes... Elle ignorait les suppliques de sa chair mourante qui l'implorait de partir, son esprit refusait la réalité, elle ne pouvait pas disparaître comme ça... Pas seule...

La lame avait mordu son corps, s'était insinuée en elle comme une brûlure vive et insaisissable. L'arme avait voilé son esprit et ouvert une plaie béante au milieu de son corps et de son âme. Un travail d'expert : elle agonisait depuis des heures...

Et puis finalement l'impétueuse jeune fille abandonna, elle mourrait ici, au bord de cette mare boueuse... Seule. Elle cracha du sang, voulut l'essuyer, et renonça au moment où elle essayait. Une étrange paix se logeait dans son cœur, la peur n'était plus qu'une lointaine angoisse, comme toutes les autres sensations... Des souvenirs qu'elle croyait perdus affluaient. Une douce brise se leva... 

Le vent effleura son visage et la fit frémir, ses yeux d'émeraude se fermèrent doucement et quelques lignes s'imposèrent dans les méandres de son esprit embrumé :

Le souvenir d'une fougueuse existence
Aux jours remplis d'une beauté insolente
Heureuse et Libre.

Son corps se détendit et une bourrasque chassa la vie qui y résidait. Elle  était là, par terre, une mare de sang autour d'elle, un sourire ironique aux lèvres et le souvenir d'une vie dans ses yeux clos...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 20 juillet 2010, 23:18:53
Et un 6ème chapitre riche en tyrannie, un ! et oui ! je n'aime pas les divinités !

Chapitre 6 : Déesses

" La princesse des ombres
Au cœur qui, peut-être, résonne
Pour cet oublié qui s'illusionne
Livré aux caprices des reines sombres

Un cœur qui se blesse
À l'ombre restée muette
D'une âme aux larmes imparfaites
Pour un rêve qui effleure la dame de l'ombre sans cesse..."

La fille aux cheveux verts se leva, elle marchait dans une sorte de couloir aux murs inexistants, sa longue chevelure émeraude flottait librement dans son dos et une légère robe couleur feuille l'habillait. De longs gants en satin blanc recouvraient ses mains et ses yeux semblaient pouvoir transpercer l'âme des mortels. Farore, déesse des vents et du courage. La déesse déboucha dans une salle aux contours flous où se trouvait deux autres jeunes femmes, la fille à l'imposante crinière rouge et au teint mat se leva, la déesse était vêtue à la manière des Gerudos, un pantalon bouffant et un haut recouvrant seulement sa poitrine, tout deux de couleur crème. Des flammes brillait dans son regard de rubis. Elle portait de nombreux anneaux dorés aux poignets et un diadème orné de pierres précieuses la ceignait. La puissance était là en la personne de Din, déesse des brasiers et de la force.
" Ils sont arrivés, annonça Farore.
- Si ils survivent à nos gardiens, nous pourront peut-être ...
Une voix chantante l'interrompit :
- Ils réussiront et ils continueront à nous haïr ..."
Din se retourna vers celle qui venait de l'interrompre, il s'agissait, d'une autre jeune fille aux longs cheveux bouclés couleur turquoise. Une robe saphir simple et resserrée à la taille par un fil d'or la parait et elle tenait une harpe dorée dans ses bras. Dans ses yeux bleus profonds chantaient le coulis des ruisseaux et son visage au teint pâle ne connaissait pas le moindre défaut. Nayru, déesse des eaux et de la sagesse était là. Din ne releva pas l'intervention et continua.
- Les Hyliens nous adulent mais un seul peuple reste rebelle... Mes sœurs, ces élus sont notre dernière chance de mater ces ombres belliqueuses "

* * *

Luna se releva et essuya sa lame tachée de sang sur les vêtements de son adversaire avant de rengainer. Étrange créature que celle qu'elle venait d'affronter... Un visage et un corps d'apparence humaine, des mains terminées par de longues, épaisses et acérées griffes. Le point le plus surprenant de son anatomie était de longues ailes noires d'une envergure d'environ un mètre qui jaillissait entre les omoplates... Le combat n'avait pas été de tout repos et la jeune fille était abîmée par une multitudes de petites entailles ainsi que par une longue et profonde coupure sur la cuisse causée par un coup de griffe bien placé. Elle s'avança vers la porte qui venait d'apparaître en claudiquant, Synopz avait sans doute combattu une créature semblable, l'issue du combat était évidente mais une petite pointe d'inquiétude résonnait tout de même en elle.

La porte s'ouvrit toute seule dès qu'elle atteignit son seuil ; la sheikah passa pour entrer dans une salle obscure, une porte similaire à celle qu'elle venait de franchir s'ouvrit quelques mètres plus loin. Synopz vint la rejoindre et, avant qu'ils n'aient pu prononcer une parole, la lumière inonda la salle et les trois déesses d'or apparurent. La déesse de la force soupira puis leva un regard impérieux vers les deux Sheikahs et se lança dans une longue tirade :

"N'importe quel peuple se serait déjà incliné devant nous, mais pas celui de l'ombre, trop fier, continuant de murmurer des paroles à la Lune et à chuchoter des rimes au vent... Cultivant cette différence, vénérant la liberté, ayant, sans l'accord de leurs créatrices, appris à maîtriser les forces invisibles... Fier, libre et insolent peuple que le vôtre...
- Et nous sommes plus que jamais fiers de notre insolence, nous sommes ce que vous ne serez jamais, nous sommes libres ! railla Synopz d'une voix ironique qui tranchait avec la haine pure qu'on pouvait lire dans ses yeux vermeils.
Farore le fixa d'un regard indéchiffrable pendant quelques secondes et se décida à parler :
- Synopz, Il ne s'agit pas d'une vaine querelle entre les ombres et nous mais de l'avenir d'Hyrule, de la légende, du début et de la fin, de tout...
Synopz fut devancé par Luna, la jeune fille éclata d'un rire forcé et sans joie :
- De tout... Et c'est nous qui sommes insolents ? Si il s'agit de l'avenir d'Hyrule, pourquoi ne tout simplement pas supprimer le roi du désert ? Pourquoi laisser des milliers d'Hyliens se faire tuer dans des batailles meurtrières ?
La déesse du courage n'essaya même pas de s'expliquer et répondit d'une voix aussi froide que la mort :
- Petite insolente, si tu n'étais pas élue des ombres tu serais déjà morte...
Nayru qui était restée impassible, jusque ici, s'avança :
- Princesse des ombres, sans les ténèbres, la lumière ne peut exister. Il s'agit d'un équilibre nécessaire à la survie du monde... Je comprends votre colère, mais, il ne peut en être autrement...
Synopz reprit :
- Si tel est le cas, alors vous pourriez tout simplement éviter toutes ces batailles sanglantes... Sans détruire le mal...
Farore soupira.
- La vie est toujours suivie par la mort et nous avons choisi de ne pas intervenir à ce niveau...
Synopz se contint avec grande peine mais c'était trop pour la princesse des ombres :
-Quoi ?!? Vous pourriez intervenir et...
Din la coupa :
- Vous accomplirez votre mission, que vous le vouliez ou non..."

Une lumière blanche envahit la salle mettant fin à l'échange. Luna et Synopz se sentirent soulevés avant de s'évanouir... Une dernière phrase retentit dans leurs esprits : Vous accomplirez votre mission, que vous le vouliez ou non...

Synopz sentit la caresse du vent sur son visage et ouvrit les yeux, Luna émergeait lentement de l'inconscience à coté de lui. Ils étaient au pied d'un arbre, dans la plaine et l'aube pointait à l'horizon. Les deux Sheikahs se relevèrent en s'aidant de l'arbre, Luna tremblait de colère :
- Elles osent s'appeler déesses...
Une voix ironique de femme retentit :
- Allons, princesse... N'insultez pas nos créatrices...
Synopz pivota lentement, il avait très bien reconnu cette voix, il croisa le regard de Luna, elle était inquiète... Synopz, un sourire faussement joyeux aux lèvres, répondit :
- Vaila ! Quelle bonne surprise...
La jeune sheikah qui se tenait devant lui était habillé d'une tenue de cuir sombre, de courtes bottes aux pieds, des cheveux couleur corbeau et un visage pointu à la peau pâle. Une menace de mort émanait de tout ses gestes. Vaila, une guerrière de l'ombre parmi les plus douées et les plus cruelles... Elle détestait Synopz et Luna et, pour ne rien arranger, ses parents étaient morts, tués par Synopz, quand, âgé de treize ans, celui-ci s'était emparé de l'arme qu'il portait maintenant...
- Tu sais ce que je suis venue chercher, Synopz, évitons des paroles inutiles. Je veux faire couler ton sang...
- Et tu sais aussi bien que moi que je ne suis pas totalement responsable...
- Peut-être... Mais tu l'as fait et tu vas mourir, ici et maintenant...

Les pensées se bousculaient dans l'esprit de Luna, Vaila était venue venger ses parents, Synopz au moment où il avait touché le sabre des ombres avait été animé d'une folie meurtrière. Quinze Sheikahs, dont les parents de Vaila, étaient tombés avant qu'il parvienne à se maîtriser, c'est cet événement qui avait engendré son départ... Bien que la majorité des Sheikahs avait compris son incapacité à repousser cette pulsion cela avait causé de grandes inimitiés. Le temps s'était écoulé et tout le monde avait pardonné sauf cette fille, Vaila, qui exigeait un combat à mort... Synopz ne pouvait refuser...

- Eh bien, soit, viens mourir sous ma lame... Lança le jeune homme.
- Avec plaisir ! "

Les deux combattants dégainèrent devant le soleil levant. Vaila passa à l'attaque, un geste prodigieux de rapidité... Synopz para le coup avec une facilité déconcertante et d'une improbable roulade, se retrouva sur le coté et traça une ligne de feu sur le flanc gauche de la jeune fille. Ils se retrouvèrent de nouveau face à face et le sheikah lut dans les yeux de la sheikah une haine pure alliée à une volonté implacable. Elle effectua un saut et ouvrit une large blessure dans l'avant-bras de Synopz, se retrouvant sans défense une fraction de seconde, Synopz s'engouffra dans la brèche et enfonça sa lame jusqu'à la garde dans la poitrine de la jeune fille, le combat avait duré moins d'une minute. L'étonnement d'abord puis la douleur, il retira sa lame et elle s'effondra.
"Je suis désolé. Murmura Synopz."

"Douleur et hésitation
Assailli de questions
Il se prend à hésiter,
A tromper la vérité...
Elle est sans vie
Parti pour un voyage infini..."
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Aroma le mercredi 28 juillet 2010, 11:38:49
Personnellement, j'aime bien ta fic';
Continue comme ça !
J'ai hâte de lire la suite...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: angenoir37 le mercredi 28 juillet 2010, 17:28:55
Franchement cette fic est de toute beauté.

La rédaction est claire,soignée.Tout ce lit avec une facilité vraiment agréable.

De plus les petits poèmes vienne apporter une touche d'originalité qui fait que tout ces textes s'inscrirait parfaitement dans un véritable recueil de légende Hyliennes.

Une dernière chose appréciable c'est que tu as décider d'écrire un texte sur le thème de Zelda mais qui met en scène des personnage totalement inconnu ce qui rend ta fic encore plus attrayante par son contenu.

Bref du super bon travail j'accroche vraiment et j'ai hâte de lire la suite.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mercredi 28 juillet 2010, 17:54:09
Merci, merci, ca faisait longtemps que je n'avais pas eu de commentaires !!!

Le septième chapitre progresse tranquillement... Et, un petit retournement de situation pourrait venir, selon mon humeur !  ;) Je vais peut-être essayer d'allonger des chapitres qui restent quand même assez courts...

Angenoir37 => Je me demandais, d'ailleurs, si je n'allais pas essayer de rassembler tout les poèmes dans un recueil sur le site...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: angenoir37 le mercredi 28 juillet 2010, 19:50:21
Citation de: "Synopz"


Angenoir37 => Je me demandais, d'ailleurs, si je n'allais pas essayer de rassembler tout les poèmes dans un recueil sur le site...


Ma foi l'idée est intéressante.Cependant peut être devrais tu d'abord terminer ta fic.De cette manière si tu rajoute d'autres poèmes dans tes chapitres tu pourra ensuite tous les regrouper dans un topic comme une sorte d'appendice.Un peu comme dans "Le Seigneur Des Anneaux".

Qu'en pense tu ?
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mercredi 28 juillet 2010, 21:58:28
Oui, c'est plutôt une bonne idée !!

En fait, l'existence de ces poèmes, c'est qu'à la base j'ai commencé à écrire seulement de la poésie puis après un an de vers, je me suis dis que j'allais écrire autre chose, à ce moment là j'ai pensé que mélanger les deux avec des petites poésies qui décrirait, les personnages et leurs sentiments...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: angenoir37 le mercredi 28 juillet 2010, 22:43:18
Citation de: "Synopz"
Oui, c'est plutôt une bonne idée !!
à ce moment là j'ai pensé que mélanger les deux avec des petites poésies qui décrirait, les personnages et leurs sentiments...


Et c'est une excelente idée.

La poésie dans un texte apporte selon moi une touche d'originalité dans le récit.Non seulement en marquant une sorte pose dans la lecture et (comme là) un petit àjout sur les personnages et leurs émotions tout en le faisant de manière plus volupteuse et plus personnelle.

Donc je t'encourage à continuer comme çà.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 30 juillet 2010, 13:30:48
il y avait longtemps ! une petite poésie en attendant le septième chapitre :

La reine des courants d'air
Cueille les larmes des étoiles
A l'ombre de sa romance solitaire,
La Lune frémit sous son voile...

Le temps s'écoule et s'efface
Mais elle est toujours là à cueillir.
Ses rêves voguant sur des tempêtes qui s'enlacent
Et, dans des cœurs amants, viennent mourir...

Cette dernière étreinte,
Sous l'aube plaisante,
Ses lèvres toujours peintes
D'une beauté innocente

Quelques larmes de poussières
Glissent dans son âme,
Fendillant le cœur de pierre,
Étouffant ce souvenir qui l'enflamme...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: sakuranbo le jeudi 12 août 2010, 14:03:25
J'ai tout lu ça y est! J'aime beaucoup ta fic, en particulier le dernier chapitre ou on en apprend un peu plus sur Synopz! L'intervention des Créatrices est bien menée, j'ai bien aimé ce passage^^
Bon ben on attend le chapitre 7!
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le jeudi 12 août 2010, 14:45:30
Merci, ca me fait plaisir  :) . Bon ben y semblerait que le pressentiment que j'ai d'avoir totalement raté mon chapitre à chaque fois que j'en poste un ne soit pas totalement fondé... Mais mon chapitre 7 rame un peu à cause de ma nouvelle pour le concours Pz, je n'arrive pas à trouver une fin correcte...  ._.  Il ne me reste que 5 jours d'ailleurs...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 14 août 2010, 13:17:34
Dans toute poésie, il y a une lutte secrète entre l'infini du sentiment et le fini de la langue dans laquelle cet infini se renferme sans se limiter

Jules Barbey d'Aurevilly

C'est beau...  ;)

"Elle jette son voile,
Cœur flottant au vent,
Sur la brûlante saveur des étoiles
Se dessine les esquisses du levant

Fleur en vol poétique
Contre âme, brisants et tonnerre
D'une parole onirique
A la forme parsemée de vers

L'ombre volante
Pour un espoir frustré
Qui cherche une princesse insolente
Pouvant combler un vide blessé

Princesse des ombres et des glaces
Ou fille des toiles
Parmi tant d'autres qui s'effacent
Son nom est chante par les étoiles..."

Et un petit deuxième :

Quelques paroles
Qui s'oublient et s'envolent
L'écho d'une promesse
Dans l'ombre traîtresse...
Des mots qui s'emmènent
Qui se passionnent et se sèment
Pour s'envoler
Et s'oublier...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 27 août 2010, 14:19:18
Beaucoup de choses au programme aujourd'hui ! deux poésie, et un petit texte ! le tout est, évidemment, accessible depuis la première page !

La dame du miroir,
Je la vois sans savoir,
Si je pourrais, un jour, vraiment la voir
Dessiner sur mon âme les esquisses du soir.

Son visage reste dans l'ombre
Elle étouffe dans son silence,
Perdue dans les décombres,
Sa beauté se fait violence

Je ne sais rien d'elle,
Sinon qu'elle est peut-être piquante et belle
Ou bien suave et cruelle...
Mais je sais que ces maux sont bien réels

J'ai juste besoin de vivre,
Que son parfum m'enivre
Et remplisse le livre
Dans lequel mes paroles se livrent..."




Le vagabond

Je ne suis ni d'ici ni de là-bas, je ne viens de nulle part... Je vis juste ici, j'irai au bout du monde et je reviendrai dans cet autre coin. Après tout, je ne sais rien, je suis juste ici, le cœur au vent, les poches pleines d'avenir et de souvenirs avec, devant moi, toute une vie pour découvrir un monde qui reste à écrire...

Le monde est ma maison : mon cœur est quelque part, mon âme flotte autour et mon corps m'y suit... Je reste dans un endroit, j'y trace quelques lignes dans les étoiles puis je vois, j'entends, je découvre, je ressens, j'apprends, j'écoute et je repars... Pour recommencer. Je ne sais plus rien car je sais que tout reste à voir et savoir... Je suis libre et j'avance mais, au final, je ne suis rien qu'un vagabond...

Je marche toujours plus loin, vos menaces m'indiffèrent, je ne veux pas de votre monde, mon cœur me suffit. J'irai quelque part où vous n'avez plus rien à dire, où règne une beauté agréable et un silence harmonieux... Vous ne vivez plus, vous agissez... Jamais la beauté d'un lieu ne vous retiendra... Trop pressé, trop contraint. Vous ne découvrez plus, vous restez dans cet enchaînement monotone des jours et des nuits sans jamais rêver d'autre chose... Malgré tout, je ne vous hais pas, car je sais qu'un jour la réalité vous frappera... En attendant, je repars, peut-être avec elle, vers une beauté sauvage...


Espoir

"Aujourd'hui, je ne veux plus savoir
Car j'ai, enfin, envie d'y croire
J'ai peut-être admis
Que le temps de l'envol est fini
Et que toutes les ombres grandissent
Pour que leurs destins s'accomplissent..."

J'attends, évidemment, vos commentaires  ;)
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: John Craft le vendredi 27 août 2010, 14:33:42
Pour ce qui est de tes poèmes, je trouve que tu es trop dépendant de la rime. J'ai un peu trop la sensation que tu écris ce qui la précède uniquement pour que ça reste un peu cohérent avec elle... avec cette rime...
C'est Verlaine, dans Art poétique, qui écrivait
"Ô qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et fou sous la lime ?
"
Et, un peu trop esclave d'elle, tu en perds le reste du vers. Chaque vers ne travaille que pour chaque vers, pas pour le poème tout entier, ce qui donne des phrases qui ne sont pas belles -quand je dis "belles", j'entends dans son sens... "mystique", hein, "merveilleuses", quoi, dans ce sens- si on les ôte. Dans un beau poème, si on prenait chaque phrase, on la trouverait poétique à elle seule; là, c'est seulement au vers que tu mets de la poésie.
Ce qui est dommage : tu as de jolies formules et de bonnes idées.
Pour ta prose, je la trouve trop courte. C'est très joli, mais trop bref, ce qui fait qu'on n'a pas le temps de découvrir un peu plus ton récit. C'qui est dommage aussi vu que tu peux y donner pas mal de choses, on dirait. ^^
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 27 août 2010, 15:41:32
Alors, si j'ai bien compris ( en fait j'ai pas très bien compris  ;) ) tu me dis que chacun de mes vers ne peut pas exister tout seul... Qu'il n'y a qu'ensemble que ces vers ont quelque chose ? C'est vrai qu'il arrive souvent que j'étale une phrase sur 4 vers... Mais le problème c'est que quand je commence un poème, c'est en général pour faire passer un message et j'ai, toujours en général, beaucoup de mal à faire passer ce message sans l'étaler sur une phrase qui se découpe en 4 vers ( je suis clair ? ) Donc, à ton avis, il faudrait que chaque vers soit une phrase, qui en étant sortie du poème, soit poétique et cohérente ? ( c'est ce que j'ai compris...) Je te réponds dans ce cas, que oui, je suis d'accord avec toi, ça m'arrive souvent ! Je te propose donc de lire les poèmes "Luna" Et "La fille des toiles" (Peut-être que c'est déjà fait ? ) et de me dire si c'est également le cas parce que j'ai l'impression que ça l'est moins ( mais un peu quand même ! ). Bref, je vais travailler ça !

Pour la prose, je vais voir ce que je peux faire ( elle sera rallongée, très probablement, ce soir ! ) Et je voulais te demander si tu avais lu la fiction et - si oui - ce que tu en avais pensé ?
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: John Craft le vendredi 27 août 2010, 15:45:17
Non non non, ce n'est pas vraiment ce que je voulais dire...
Déjà, touche pas à tes textes >_< que j'les aime ou pas n'a pas d'importance, ils restent tes créations, qu'tu te dois d'chérir, huhu. Mais donc, détruis pas tes efforts pour quelques critiques.
Pour le coup des vers, ce que je voulais dire, c'était que tes phrase étaient trop... "découpées", trop "constituées" de "sous-phrases", si on veut... rendre le tout plus cohérent, plus fluide... désolé, je vois pas bien comment clarifier c'que j't'ai dit plus tôt ^^"
J'vais jeter un coup d'oeil à tes autres pouwèmes ^^
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 27 août 2010, 15:52:12
Bon, j'ai absolument rien compris à ce que tu veux me dire  :niak:

Pour mes textes, t'inquiètes pas, je vais pas les retoucher à cause de tes critiques ( pas fou non,  :D ), quand j'ai dit " je vais travailler ça" je voulais dire : dans mes prochains poèmes, j'y ferai attention ! Et si c'est de la prose que tu parles, je voulais, de toute façon, la rallonger ! Mais j'ai toujours pas compris... J'ai l'impression que mes vers sont cohérents, ou alors je suis aveuglé par mon immense égo qui m'empêche de voir la triste réalité ? Bref, si tu pouvais développer un peu, ça m'aiderait !  :ash:
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le dimanche 29 août 2010, 13:58:15
Encore du nouveau ! On frôle l'implosion ! Un petit poème en prose plus le texte " le vagabond " que j'ai rallongé ! Vous n'avez plus que deux choses à faire : lire et commenter !



Souvenirs

" On ne choisit pas son chemin,
On se contente de le suivre...
En essayant de capturer des souvenirs,
On ne voudrait jamais les oublier
Et les revivre, encore et encore
Mais le temps passe et le chemin continue,
De nous emmener vers des terres inconnues... "
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 11 septembre 2010, 22:10:40
Après des semaines de doutes et d'hésitation voici le chapitre 7 qui commence à mettre en place les éléments du dénouement ( fin' c'est pas tout de suite, la fin !  ;) ) Ce chapitre est le plus long que j'ai écrit, le plus riche en action, le plus riche en dialogue... Bref, vous allez adorer ! ( ou pas ! ) J'attends des commentaires pour ce chapitre qui m'a valu plusieurs crises de nerfs et deux écrans d'ordis éclatés dans d'atroces souffrances ( niak ! )

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Chapitre 7 : Amertume

Aux cœurs qui battent la mesure du temps qui ne veut pas s'arrêter... (La Rue Kétanou... )

Parti... Disparu... Elle ne voulait pas y croire, alors qu'il était chaque jour plus proche, elle qui avait tant espéré son retour... Elle commençait à l'apprivoiser et il était parti. Sans un mot, rongé par un remord qu'il ne voulait pas avouer... La princesse des ombres était restée là longtemps, vide... Puis, elle avait fait venir sa monture et s'était éloignée, seule encore et toujours...

"Toujours plus loin, tu avances,
Lambeaux d'âme qui s'emportent,
Le cœur au rythme de tes sens,
Destin ou devoir ? Peu t'importe...

Solitude, souffrances, trahisons ?
Ne dis rien, ne fais rien, princesse sombre !
Nous avons nos raisons...
Et, après tout, vous n'êtes que des ombres...

Une ombre qui sert la lumière...
Marche et tue, jeune dame.
Contente toi d'un cœur de pierre,
Et oublie ton âme...

Mais non, tu es trop fière
Fière et insolente...
Tu préfères verser des larmes de poussières
Plutôt que de nous laisser poursuivre cette vie indolente..."

Une brise fraîche se leva, soulevant la chevelure de neige de la jeune fille. Elle était restée sur sa monture toute la journée et il y avait maintenant plusieurs heures que le soleil avait disparu à l'horizon, Luna laissa son regard caresser la voute céleste et soupira... Elle se trouvait aux alentours du village cocorico, elle hésita quelques instants puis sauta de selle, s'engageant dans les marches qui menait au village. Alors qu'elle montait, un bruit inaudible par quiconque n'avait pas grandi parmi le peuple de l'ombre retentit, Luna s'immobilisa et dans un geste félin se retourna tout en effectuant une roulade sur le coté, elle dégaina une fraction de seconde après s'être réceptionné... Une dizaine de Sheikahs se tenaient là, prêts à la tuer d'une flèche... Le plus grand d'entre eux s'approcha d'elle...
" Alors, princesse des ombres ? On se promène seule ? S'absenter une semaine... Quelle fâcheuse erreur...
Une semaine ? Luna se reprit au dernier moment, Synopz et elle étaient parti trois jours au maximum... A moins que le temps entre leur rencontre avec les déesses et leur réveil dans la plaine ait été plus long qu'il ne le pensait... Elle était dans une position difficile, apparemment ces Sheikahs avaient trahis...
- Un traître qui vient me parler d'erreur... Es-tu vraiment bien placé pour me donner des leçons ? Cracha-t-elle.
- Nous ne sommes pas des traîtres, princesse... Nous agissons pour le peuple de l'ombre, nous avons été trop longtemps privés du pouvoir, il est temps de montrer notre puissance à ce royaume et le roi du désert nous offre une place à ses cotés...
Luna réfléchissait à toute vitesse, une dizaine... Elle pouvait le faire, non, elle devait le faire !
- Ce village est donc tombé... Savez-vous quel sort est réservé aux traîtres ?
-Allons, l'issue du combat ne fait aucun doute, à dix contre un vous ne...
L'homme n'eût pas le loisir de terminer sa phrase, la princesse des ombres avait bougé et déjà deux Sheikahs étaient à terre.
- Ne vous laissez pas avoir ! Elle ne peut pas gagner ! Cria le meneur du groupe.
Un guerrier qui devait bien mesurer deux têtes de plus que la jeune fille s'approcha, Luna s'élança, lame en avant. L'homme para le premier coup avec difficulté, le deuxième traça une ligne de feu sur sa joue et le dernier le tua... L'action avait duré une seconde. Il ne restait que sept traîtres debout, quatre d'entre eux encerclèrent la Sheikah, elle tournait sur elle-même, animée d'une folie meurtrière, elle para, transperça, trancha... Une lame la frôla, d'un revers la jeune fille acheva le propriétaire de l'arme sans lui jeter un regard, une flèche siffla... Luna s'écarta au dernier moment et le projectile tua un deuxième homme. Une brèche s'ouvrit dans sa défense, l'un des Sheikahs voulut en profiter... Elle ouvrit la main, un éclair lumineux heurta le combattant qui fut projeté en arrière, mort avant d'avoir touché le sol. La guerrière se retourna, le quatrième était là prêt à la tuer par derrière, elle coinça sa lame dans la garde et tourna, un horrible craquement retentit, le sabre noir remonta et trancha la carotide de l'homme avant même qu'il ne puisse exprimer sa douleur. Il restait trois hommes, Luna courut vers eux, un éclair lumineux frappa le premier qui s'effondra, le deuxième, terrifié fut incapable de se défendre, la jeune fille lui trancha simplement le cou... Luna arriva enfin devant leur meneur, l'homme qui lui avait parlé... Il essaya de s'enfuir, une parole de la Sheikah le fit tomber à terre. Elle s'approcha de lui et le prit à la gorge en le plaquant contre la paroi de l'escalier...
" Qu'avez- vous fait des autres ? Demanda-t-elle d'une voix féroce.
- Nous les avons enfermés dans une grotte, sous le cimetière et nous avons tué le conseil... Sauf... Impa, elle s'est enfuie pour rejoindre la princesse d'Hyrule qui vient de naître... Je sais aussi qu'il reste des poches de résistance dans le village... Pitié, ne me tue pas...
- Je t'avais prévenu du sort réservé aux traîtres... " Murmura-t-elle d'un ton qui évoquait tout sauf de la pitié.
Elle resserra sa prise sur le cou de l'homme pendant quelques secondes puis relâcha la pression, il glissa à terre, un filet de sang à la commissure de ses lèvres, mort. Luna se remit à marcher d'un pas vif vers l'entrée du village, la jeune fille était poisseuse de sang et une lueur folle brillait dans ses yeux vermeils, n'importe quel personne censée ne l'aurait approché à ce moment...

Un Sheikah corrompu montait la garde devant la porte du village, La jeune fille s'approcha de lui, aucune brindille ne craqua sous son passage, elle retira sa lame sans qu'un seul crissement ne vienne perturber le silence nocturne. Elle se releva, s'approcha au plus près du garde et l'égorgea sans qu'il ne pousse un cri. Luna continua, elle se mouvait avec grâce, se faufilant entre les maisons éclairées par le clair de Lune. Une rage inhumaine brûlait en elle... Ils avaient trahis ? Elle les tueraient jusqu'au dernier. Une main se posa sur son épaule, la tirant brusquement de ses pensées. La Sheikah pivota sur elle-même, dégaina et mit à terre son assaillant, la pointe de son arme sur la poitrine. Elle faillit pousser un cri de surprise mais parvint à se retenir.
" Nabooru ? Que fais-tu ici ?
- Je me suis enfuie du château et je suis venue ici pour aider à reprendre ce village... Un groupe de résistants t'attends, Luna.
- Combien sont-ils ? Et pourquoi les forces d'Hyrule ne sont pas intervenues ?
- Eh bien, ils sont qu'une quinzaine, le bourg a été attaqué, toutes les personnes valides sont là-bas...
Un sourire carnassier flotta un court instant sur le visage de la princesse.
- Quinze... Amène moi là-bas !
- Très bien !
Elles parcoururent quelques mètres dans les rues obscures du village puis Nabooru s'arrêta devant une imposante bâtisse.
- Ils sont là-haut, ils comptaient attaquer ce soir...
- Tu pourras monter ?
- Je ne monte pas, princesse. Je dois aller libérer les Sheikahs prisonniers... Dit la jeune Gerudo en souriant.
Luna la dévisagea un instant et sourit, son destin commençait déjà...
- Vas- y et... Ne te retourne pas ! "
Nabooru continua à sourire puis s'éloigna dans la nuit.

La jeune Sheikah se tourna vers le mur, toute trace de joie avait disparu de son visage... Un sourire bestial tordit ses lèvres, le goût du sang et de la vengeance la submergea... Elle s'élança en un bond prodigieux qui l'amena à mi-hauteur du mur puis se hissa sur le toit en quelques gestes souples et puissants. Seize Sheikahs étaient là, l'un d'eux s'approcha de Luna.
" Princesse des ombres, notre plan est simple... Nous allons incendier le village et éliminer leurs forces en bénéficiant de l'effet de surprise, à ce moment la jeune Nabooru aura libéré les prisonniers qui viendront nous aider en renfort... Et, à partir de ce moment, seul notre habilité au combat nous départagera..."
La jeune fille contracta le poing quelques secondes et un arc en bois mauve foncé armé d'une seule flèche se matérialisa dans sa main. Elle banda l'arc... Seize traits s'élevèrent dans la nuit... Le dix-septième était parti tuer la sentinelle qui venait de tourner au coin du bâtiment. Des cris commencèrent à retentir, tout les Sheikahs se laissèrent tomber dans le vide. Luna lâcha son arme qui disparut immédiatement. la jeune fille se releva sur le toit, ses cheveux flottants au vent l'entouraient d'un halo presque irréel.
"Tu rates quelque chose, élu des ombres... "
La Sheikah plongea.

Feinte, parade, esquive... Luna ne savait plus depuis combien de temps elle luttait, le nombre de vies qu'elle avait pris défiait la réalité... Son arme se faufila dans un défaut d'armure et tua encore une fois... Quelque chose n'allait pas, les autres Sheikahs auraient dû arriver depuis plusieurs minutes... Un doute l'envahit... Et si, Nabooru avait échouée ? La peur doucha la folie meurtrière de la jeune fille, elle releva la tête pour voir que seulement six Sheikahs tenaient encore debout... Dix... Dix d'entre-eux étaient tombés. Une volée de flèches apparut dans le ciel, Luna se jeta à terre. Le vacarme des combats se tut sur le champ de bataille, la princesse était allongée au milieu des cadavres, une larme roula sur sa peau pâle maculée d'un mélange de sang et de poussière... Elle n'y croyait plus, elle avait fait coulé trop de sang, trop de haine... Des éclats de voix percèrent le silence morbide, des cris de joie, de victoire... Quatre des Sheikahs encore en vie s'approchèrent d'elle en rampant. Un homme d'un âge avancé la fixa du regard avant de parler.
" Princesse, fuyez et retrouvez la jeune reine Gerudo, je crains qu'il ne l'ait...
- Je ne peux pas vous laisser ! Protesta vivement Luna.
- Il le faut pourtant. Vous êtes peut-être princesse des ombres, élue des déesses, du destin... Qu'en sais-je ? Le peuple des ombres n'en a plus pour longtemps, jeune fille... Les déesses se rendent compte qu'elles ont crées un peuple bien trop libre et fier... Laissez-nous sauver le peu d'honneur qu'il nous reste... Vous, et l'oublié..."
Luna ferma les yeux, ses lèvres s'écartèrent en un sourire douloureux. Après un temps de silence, elle porta une main à son cœur.
- Pour que les ombres saignent les illusions qui règnent sur ces voiles de peine...
Les quatre Sheikahs répondirent en cœur :
- La princesse et l'oublié dessinent la toile pour lever ce triste voile qui assombrit les étoiles. "
Les membres du peuple de l'ombre, trois hommes et une femme se relevèrent. Des cris retentirent quelques secondes après.
" Venez ! Il reste des survivants ! "
Luna se releva, jeta un dernier regard à ceux qui se sacrifiaient pour elle et se mit à courir. Elle devait retrouver Nabooru et fuir le plus vite possible. Elle s'arrêta net, un bruit... Non, une sensation, elle balaya du regard la ruelle où elle venait de s'engager.
" Synopz ! Cria-t-elle. Montre-toi, personne ne t'en veut pour ce que tu as fait...
Elle songea qu'il ne restait, de toute façon, que peu de personnes en vie et susceptibles de lui en vouloir.
- Ici ! Vite !
Ce n'était pas la voix habituelle de Synopz, la Sheikah y ressentait une pointe d'angoisse... Elle ne lui avait pas entendu cette voix depuis près de dix ans... Elle courut jusqu'au bout de la ruelle pour découvrir Synopz, agenouillé devant le corps inerte et poisseux de sang de Nabooru. Luna s'arrêta comme si elle avait pris un coup de couteau.
- Elle n'est pas...
- Non, Synopz leva les yeux vers la jeune Sheikah. Il faut partir, Luna.
- On ne peut pas laisser les autres se faire massacrer ! Il faut aller les aider et...
- Luna ! Coupa le jeune homme. J'ai découvert quelque chose... Je suis retourné au temple de l'ombre... La légende des ombres comporte une quatrième strophe...
- Et alors ?!? S'emporta la Sheikah.
- Eh bien... Cette légende raconte que... Je l'ai notée, lis-là...
Synopz tendit un court parchemin à la jeune princesse. Elle le parcourut à toute vitesse.

" Quand, enfin, la princesse et l'oublié scelleront la légende,
Les ombres, gardiennes des histoires, verront leur sort s'accomplir
Sous le crépuscule, elles trouveront leur destin sur la lande.
La princesse et l'oublié les accompagneront pour défier la mort d'un triste sourire..."

- Ça veut dire que... Nous et...
- Toi et moi, ainsi que le peuple de l'ombre dans sa quasi-totalité, sommes condamnés à mourir...
- Mais... C'est impossible ! Qui peut décider ainsi de notre destin ?
Synopz eût un sourire ironique et froid.
- Je pense que tu les connais, elles sont trois et leur symbole brille sur nos mains...
- Elles ne peuvent pas ! Elles n'ont pas le droit, j'irai moi-même les tuer !
- Si c'était possible je vous suivrai, princesse mais je pense qu'il nous faut en priorité porter secours à notre jeune ami... Il faut y aller.
Il souleva la jeune fille sans effort et se mit à courir, Luna sur ses talons. Celle-ci revint à sa hauteur et lui lança :
- La sortie du village est probablement gardée, comment allons-nous faire ?
- Au vu du carnage qui régnait dans les escaliers qui mènent au village, je pense que nous n'aurons pas de problèmes... Tu dois être terrifiante quand tu t'énerves, princesse... Gagner à un contre dix...
- Méfie-toi, je pourrais m'énerver plus vite que tu ne le penses..."
Ils passèrent l'entrée du village et arrivèrent jusqu'à la plaine sans aucun problème. Leurs deux montures les attendaient là, ils les enfourchèrent et disparurent... La nuit s'écoula lentement, au rythme du claquement des sabots et de la respiration de Nabooru qui faiblissait inexorablement. Les étoiles disparurent peu à peu et l'aube colora le ciel d'une bande pourpre... Synopz rompit le silence.
" Arrêtons-nous ici quelques heures... Proposa-t-il.
- Oui."
Luna détacha Nabooru de sa jument d'ébène et l'allongea, adossée contre un arbre. Elle s'assit elle-aussi contre l'arbre à coté de Synopz. Aucun bruit n'entachait le spectacle de la nature s'éveillant aux premières lueurs du jour. Luna chercha la main du jeune homme quelques instants pour finalement la trouver. Ils étaient seuls dans l'immensité de la plaine avec pour seul perspective d'avenir, une mort prochaine mais ils avaient pour eux quelques minutes de romance et une éternité de bonheur en plus... La jeune fille prononça ces quelques mots en serrant plus fort la main du jeune Sheikah :
- Et maintenant ? "
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Aroma le lundi 13 septembre 2010, 19:46:04
C'est toujours aussi bien.
Je sais pas quoi dire à part que j'aime beaucoup ce chapitre les Sheikahs s'entretuent,il manquait plus que ça!^^
Vivement la suite ! Je VEUX savoir, que va-t-il se passer?On le saura dans le prochain chapitre !
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Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le lundi 13 septembre 2010, 19:49:48
Merci beaucoup pour ton commentaire ^^ Pour ce qui est du chapitre 8, il pourrait arriver plus vite que prévu car je suis en ce moment dans une poussée d'inspiration peu habituelle... Je ne m'arrête plus d'écrire ! Et, Je suis content que ce chapitre te plaise, l'histoire commence à devenir intéressante et il se pourrait ( peut-être...) que la relation Synopz-Luna s'intensifie... ( j'ai dit peut-être, hein ?!? )  ;)

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Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le dimanche 19 septembre 2010, 21:25:50
Une poésie pour bercer vos sens et soigner vos esprits. La romance est, encore une fois, à l'honneur dans ce poème...

L'amoureuse...

" Sur ses lèvres, un goût d'audace
Qui gomme et efface
Les travers d'un poème épris
De passion et d'envie

Debout, la tête fière comme une reine,
Son cœur s'emporte et s'envole
Pour ne plus croire en ces vaines fariboles,
Qui assombrissent les vies de ceux qui s'éprennent...

Sait-elle seulement les tourments qui l'attendent ?
Osera-t-elle, un jour, se rendre ?
Non, elle est juste égarée dans une romance éprise
Dans laquelle elle ne veut pas lâcher prise.

Et devant l'aube naissante
Qui embaume des effluves d'indolence,
Fait miroiter les sens et les couleurs d'insolence,
La reine fait résonner sa passion éclatante ! "
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 25 septembre 2010, 10:47:23
Bon, je vais triple poster dans la joie pour la énième fois !

Ma nouvelle du concours PZ est ici en compagnie d'un doux poème ! Je vous laisse lire et commenter !

La chute d’Hyrule



« Après tout, pourquoi continuer à se battre ? Pourquoi continuer à croire que le héros de la légende reviendrait ? Le peuple ne croyait plus en cette légende depuis des siècles, la triforce du courage avait volé en éclats éparpillés dans tout Hyrule et son père avait pris une décision qu’elle ne pouvait pas approuver… Il n’y avait plus aucun espoir, ce tyran nommé Ganondorf allait s’emparer du royaume et perpétuer sa cruauté… La jeune fille balada son regard sur la pièce : un lit dans un coin, une commode contre un mur et la table à laquelle elle était assise… Elle, Zelda, Souveraine d’Hyrule, incapable d’agir devant ce monstre ; sa fureur l’empêcha de rester sur sa chaise plus longtemps. La princesse la repoussa violemment et s’approcha du petit miroir qui trônait sur la commode, ses yeux saphir étaient inondés de larmes, souillant un visage à l’ovale fin et délicat autour du quel cascadait d’innombrables boucles d’or. Une robe pourpre légèrement décolleté retenue par un fil d’or habillait la jeune fille et de petites boucles en forme de triforce pendaient à ses oreilles ainsi que de gros bracelets d’or qui tintaient, eux, à ses poignets. Elle était d’une rare beauté qui faisait d’elle la femme la plus courtisée d’Hyrule avant l’arrivée de Ganondorf. Zelda jeta un rapide coup d’œil à sa main droite mais le triangle de Nayru ne se manifesta pas plus qu’à l’habitude… Alors qu’elle s’apprêtait à se rasseoir, un petit poignard à la garde ouvragée posé à coté du miroir retint son attention : il s’agissait du cadeau qu’elle avait reçu pour son dix-neuvième anniversaire. La princesse le jaugea du regard puis le glissa sur le coté de sa botte, en cette période troublée, il valait mieux assurer ses arrières songea-t-elle. Un long son provenant d’une trompette de guerre interrompit ses pensées, quelques secondes de silence lui succédèrent puis les cloches du château se mirent à sonner… Avant même que Zelda puisse comprendre ce qui venait d’arriver, une servante escortée de plusieurs gardes fit irruption dans la chambre.

" Mademoiselle, suivez-nous, nous devons vous mettre en sureté ! Hurla-t-elle.

La jeune fille ne comprenait rien…

- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle.

Un des gardes lui répondit :

- Ganondorf assiège le château
- Quoi ?!? Mais… Ce n’est pas possible, c’est…
- C’est pourtant ce qui est en train d’arriver, suivez-nous, votre altesse. »

La princesse sortit de la pièce en compagnie des gardes qui formèrent aussitôt un cercle compacte autour d’elle, ils traversèrent plusieurs couloirs sans rencontrer de difficultés. Alors qu’ils arrivaient au détour d’un couloir, des bruits pas retentirent… Le chef de la garde lança quelques ordres brefs :

« Quelqu’un arrive ! Cachez la princesse ! »

Zelda fut entrainée derrière une des sculptures qui décorait le couloir. Un homme à la peau d’ébène apparut alors à l’autre bout du couloir. Il était vêtu d’une légère armure de cuir souples et de longues bottes noires, un sabre du désert était accroché dans son dos. Ses yeux brillaient d’un rouge malsain s’accordant parfaitement avec sa chevelure rougeoyante. Ganondorf. Elle le savait. Sa triforce brillait d’une lueur inhabituelle qui lui brûlait la main… Il s’arrêta et jeta un regarde ironique aux soldats au moment où plusieurs femmes à la même couleur de peau et de cheveux le rejoignaient.

« Dites-moi… Avez-vous peur de mourir ? N’avez-vous pas hâte de rejoindre ces déesses que vous vénérez tant ?
- N’insulte pas nos créatrices, usurpateur ! cracha un garde.
- Évidemment, vous ne répondez pas, vous avez peur de la réponse… Où se trouve la princesse d’Hyrule ?
- Crois-tu réellement que nous allons te répondre ? railla un autre soldat.

Ganondorf se retourna vers ses guerrières :

- Tuez-les… Et trouvez la princesse, elle n’est pas loin… »

Le seigneur du désert s’éloigna d’un pas vif tandis que les femmes Gérudos dégainaient leurs lames recourbées… Le combat dura quelques secondes…. Les guerrières des sables étaient de redoutables adversaires, les gardes purent à peine se défendre. Ils tombèrent en quelques coups…

« Le douloureux temps du silence
Qui suit l'horreur du désastre...
Un vain espoir s'élance et s'oublie... "

Elle ne pouvait pas y croire… C’était tout simplement impossible… Toute son escorte, massacrée… Son cœur battait à tout rompre, elle devait s’enfuir… La salle du trône… La jeune fille se mit à courir, jamais elle n’avait couru aussi vite qu’à cet instant… Les contours de l’imposante porte en bois apparurent au détour d’un couloir, Zelda l’atteignit sous les yeux étonnés des gardes qui gardaient l’entrée. Un d’eux lança :
« Laissez la passer ! C’est la princesse ! »
La salle du trône, elle avait réussi, elle y était ! Toutes les issues étaient étroitement surveillées par un nombre important de gardes. Le roi d’Hyrule, son père, était là, assis dans son trône, l'air atterré... Elle s'approcha de lui :

« Père ! Que se passe-t-il ?
- Zelda... Te souviens-tu de la solution extrême que j'avais envisagé au cas où Ganondorf parviendrait à faire vaciller Hyrule ?

Elle n'en crut pas ses oreilles.

- Vous n'y pensez pas, c'est impossible, vous ne pouvez pas faire ça !
- Je crois, malheureusement, que c'est la seule solution... Ganondorf est dans ce château, ce ne seront pas quelques gardes qui l'arrêteront et...

Il fut interrompu par l'explosion pure et simple de la lourde porte qui gardait la salle du trône. Des dizaines de gerudos envahirent la salle, créant une mêlée confuse. Zelda était horrifiée, tout était fini, son père n'oserait jamais mettre son plan à exécution... Elle sentit une main l'entraîner au sol, elle se retrouva à terre, face au roi qui la regarda longuement avant de parler très calmement :

- Oublie le royaume d'hyrule, garde comme seul souvenir de cet endroit la légende du héros du temps, tu devras la raconter à tes enfants, qui, eux-mêmes, la raconteront à leurs enfants... Je suis fier de ce que tu es devenu et de ce que tu feras... Adieu... »

Avant même que la jeune fille n'ait pu répondre, le vieil homme se redressa de tout son long et se mit à prier :

« Grandes déesses d'Hyrule, Noyez la terre des légendes, Noyez ce royaume pour qu'il ne reste de lui que quelques survivants ayants eu la chance de grimper vers les hauteurs... Que disparaisse la terre d'Hyrule ! »

Zelda sentit une grande torpeur l'envahir, la dernière image qui traversa son esprit fut celle de son père la fixant avec un sourire triste puis trois traits de lumière rouge, bleu et verte...
* * *

Le noir... Total, pesant... Un doux bruit régulier, comme de l'eau qui avance puis recule en permanence... Elle n'a jamais entendu ce bruit, il lui est inconnu et, pourtant, étrangement familier. Elle ouvre un oeil, puis l'autre, des images floues apparaissent... Du sable, elle est allongée sur du sable... Elle se relève, elle est sur une île au milieu de l'océan, la jeune fille n'a jamais entendu ce mot mais elle le comprends, il désigne toute cette eau à l'horizon... Tout lui revient alors : Hyrule, Ganondorf ! Paniquée, elle se tourne vers le ciel pour voir trois traits lumineux aux couleurs des déesses briller un court instant dans les cieux, une voix résonne alors dans son esprit :

« Hyrule n'est plus, te voici sur la grande mer... »

Elle sourit, sourire de douleur, d'incompréhension puis se relève, marche un peu, tombe à terre, et prononce un mot :

« Adieu... »

Sourire...

Fin ou commencement...



Et une poésie ! Encore !

" Mots en vers... "

" Des mots pour rire,
Des mots pour aimer,
Qui entraînent le pire
Et, parfois, nous font rêver...

Ces chants amers,
Nous portent sur l'aurore
Et, bien au-delà des mers,
Pansent nos tristes sorts.

Ils nous servent à faire des vers, des vers de couleurs
Dont on s'éprend parfois sans peine,
Pour goûter à une douce saveur :
Celle des vies et des reines !

Ces vers deviennent poésie et romance,
Sur la tempête des Lunes de velours,
Ils se lassent de nos sens ;
Ceux qui nous font aimer un souvenir sourd.

Il s'agit juste d'une histoire du levant,
Un conte des mots amoureux
Emportant dans son vent,
Les paroles des amants envieux.

Ma triste fable s'achève sur l'amer,
Elle finit de noyer les imprudents,
Qui chantaient ces vers,
Les vers du couchants... "
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mercredi 29 septembre 2010, 15:19:58
Un magnifique quadruple post pour inaugurer mon huitième chapitre !  ;) Oui, le huitième chapitre est là, un peu plus court que le 7ème mais assez riche en révélations et décisions importantes ! Je vous ordonne de poster un commentaire ( il faut bien que je mange ! ). Sur ce, le chapitre 8 !   :D



Chapitre 8 : Destinée

Le vent sec du désert vint violemment fouetter les mèches de cheveux de la fière jeune fille. Elle releva la tête, contempla quelques secondes l'immensité brûlante et reprit sa marche. Ses jambes étaient fatiguées par sa longue route et le sang perlaient sur ses lèvres gercées. La jeune femme s'était éloignée pour réfléchir, pour réfléchir à toutes ces choses qui se bousculaient dans sa tête et qui embrouillaient son esprit. Elle ne se sentait pas capable de tout ça... Elle, Luna, princesse des ombres destinée à combattre sans relâche afin de satisfaire les désirs de divinités qu'elle détestait. Elle n'aspirait plus qu'à une chose, la solitude. Enfin, il y avait peut-être une autre chose qu'elle voulait, il y avait peut-être lui... Synopz, la scène qui s'était produite la veille se répéta une fois de plus dans son esprit.

Elle avait paré un puissant revers puis riposté, le jeune Sheikah avait esquivé avec une facilité déconcertante.
" C'est tout, princesse ? Raillait il.
- Il te reste des choses à découvrir, élu. Avait-elle murmuré entre ses dents.
La guerrière avait feinté à droite avant de s'envoler en un bond souple et agile qui l'amena derrière Synopz, prête à le désarmer. Il avait bondi, une fraction de seconde avant que le coup de Luna ne l'oblige à lâcher son arme. Il était parvenu à la saisir et ils avaient roulés dans la terre ocre. Puis, le jeune homme l'avait immobilisé.
- J'ai gagné, Luna.
- Tu ne m'appelles plus princesse ? S'était-elle moquée.
Synopz s'était tu. Leurs regards commençaient à s'apprivoiser, à se rencontrer, ils étaient restés immobiles et silencieux un long moment. Plus rien ne parvenait à l'atteindre, elle ne sentait plus le souffle tiède de la fin de journée la caresser, elle ne sentait plus les pierres pointues qui lui meurtrissaient la nuque. Luna était seule, seule, égarée dans un océan de vermeil. elle s'était approchée un peu plus de lui, elle avait senti son souffle sur sa peau. Puis leurs lèvres s'étaient effleurées, quelques secondes, le temps d'un soupir... Puis le jeune homme avait desserré sa prise et s'était relevé.
- Synopz !
- Je ne mérite pas tes lèvres, princesse...
Elle avait tonné, tempêté, crié mais il était resté le regard dans le vague. Elle l'aimait, elle en était sûre, chaque fibre de son corps résonnait de cette certitude. Elle avait porté sur lui un long regard triste puis, avant de s'éloigner sous la Lune, elle lui avait lancé :
- Mes lèvres appartiennent à qui je veux, élu. Et celui que j'ai choisi les mérite plus que tout autre... "

" Regard vermeil, Yeux de rubis
Dans une folle audace,
Leurs corps se serrent, s'éprouvent et s'enlacent.

Leur destinée, aux ternes couleurs, les envie.
Oubliés, ces tristes devoirs qui les lassent
D'une vie où, tout un jour, trépasse...

Et si la passion qu'ils ont nourris,
Avait enfin défié les puissances qui passent
Et assombrissent deux vies qui se doivent d'être face à face... "

Après une longue marche, Elle avait tracé cette poésie dans le sable ; les mots avaient brillé quelques instants sous le clair de lune avant que le vent les emporte. Elle était parti tôt le lendemain pour simplement réfléchir...

Ces quelques lignes qu'elle avait tracé, la poésie Sheikah... Cette manière d'assembler des mots, cette ironie insolente associée à un émerveillement continu de ce monde. Cet art allait disparaître, avec elle, avec Synopz et avec tout les Sheikahs qui périraient. Le peuple de l'ombre n'était pas des plus tendres, chacun de ses membres suivait un entraînement frôlant l'insoutenable, les bannis étaient nombreux, les morts aussi. L'enseignement était assuré d'un maître à un élève, un seul enseignant, un seul apprenant. La seule exception connue était elle et Synopz, qui avaient été formés par Impa, elle leur avait appris le sens de l'honneur, l'art de manier les mots comme la plus mortelle des armes et le plus beau des présents. La noble Sheikah leur avait fait passer des nuits entières sous les étoiles, des centaines de levers et de couchers de soleils assourdissants les sens des apprentis par leur silence. Elle leur avait appris à prendre une vie et à en sauver, à confier leurs secrets à la rosée du matin et aux vents nocturnes. Tous ces souvenirs n'évoquaient pas en elle la joie, mais plutôt une amère nostalgie... L'impression de ne pas avoir su trouver le bonheur dans ces instants révolus. Un manque qui lui semblait aujourd'hui impossible à combler. Au détour d'un virage, elle vit le sommet de l'imposante colline qu'elle avait choisi d'escalader. Le soleil commençait à descendre sur l'horizon, mais Luna s'en souciait peu. Qu'est ce que Synopz et elle devait faire ? Fuir ? Impossible. La jeune fille atteignit le sommet, elle contempla le silence écrasant du désert et posa un genou à terre ; une première larme coula sur sa joue, bientôt suivie d'une autre, elles se transformèrent vite en un flot de gouttes salées... Luna pleura. Plusieurs minutes s'écoulèrent puis, peu à peu, ses yeux séchèrent, la Sheikah laissa- ses pensées vagabonder, la tête haute. L'astre solaire faiblissait peu à peu, les étoiles commençaient à s'allumer dans la nuit tombante. Que faire ? Que penser ? Elle voulait crier, crier sa haine au monde, crier son dégoût et, surtout, elle voulait hurler son aversion pour les déesses. Sa tête se vida un instant. Elle savait quoi faire ! Un sourire cruel tordit ses lèvres, la princesse se leva et partit au pas de course. Le désert avait soigné son esprit ou, peut-être, l'avait-il obscurci ? Elle n'en savait rien, Luna n'avait plus que cette idée en tête, sa vie venait de retrouver un sens.

La jeune princesse arriva au campement. Pas un bruit aux alentours de la grotte, la peur qu'elle avait ressenti s'évanouit au moment où elle vit Synopz. Il était là debout, l'attendant.
"Tu ne m'as tout de même pas attendu toute la journée ? Sourit-elle.
- Peut-être bien que si, princesse...
Luna s'approcha un peu plus de lui.
- Je pense que... Je pense que nous devrions trouver un moyen de nuire aux déesses.
Le jeune homme sourit.
- C'est à peu de choses près ce que j'allais dire !
- Et la première chose à faire pour les gêner, élus des ombres...
La jeune Sheikah s'approcha encore un peu plus près de lui, et posa, un court instant, ses lèvres contre celles de Synopz.
- ... C'est ça ! "
Luna s'éloigna vers la grotte, un sourire s'esquissant sur son visage. Elle se sentit sûre de son destin, plus personne pour lui dire quoi faire, ou bien quand le faire. Elle avait décidé de vivre pour elle et pour personne d'autre ! Ils partiraient le lendemain, elle ne savait pas où et comment mais ils iraient. C'était tout ce qui comptait...

La petite Luna ne comprend pas. Une femme aux longs cheveux verts vient d'apparaître dans la chambre qu'elle partage avec ses parents. Elle pourrait être belle mais une colère sans borne déforme ses traits, une fureur qui n'a rien d'humaine. La fillette voit sa mère se dresser devant elle, prête à agir. La femme d'émeraude s'est mise à crier.
- Vous n'aviez pas le droit ! Vous ne pouviez pas abandonner !
Luna voit son père s'avancer.
- Nous n'avons pas abandonné, nous avons juste compris bien plus de choses que vous, dame Farore.
- Ne me fais pas rire, Sheikah ! La princesse des ombres grandira seule, quel dommage...
La mère de la petite fille se tourner vers elle et l'enlace avant de porter ses mains aux tempes de sa fille. Luna sent le sol tourner, sa vue se trouble. Avant de sombrer dans les ténèbres, elle entend les dernières paroles de sa mère résonner comme un adieu.
" Caresse la Lune et courtise les étoiles, ma fille. Mais ne laisse jamais personne s'emparer de ton destin jamais... "
La phrase s'achève sur un cri, un cri inhumain. Le cri de cette femme que certains vénèrent.

L'enfant finit par se réveiller. Elle se relève, chancelante. Son cœur rate un battement, ses parents sont à terre, baignant dans leur sang. La déesse du courage vient de faire preuve de sa lâcheté. Elle se tourne vers la fillette.
- Tu accompliras ton destin, princesse... Que tu le veuilles ou non.
Luna crie. Cri de douleur, d'incompréhension et d'horreur. Un cri de petite fille à qui on a tout pris...

***
Au milieu du désert, une jeune fille se réveille en hurlant. Elle est trempée de sueur et haletante. Une douce brise se faufile jusqu'aux oreilles de la princesse redevenue petite fille. La brise l'apaise puis se dissipe, en silence. La nuit semble faire écho à ses paroles.
" Caresse la Lune et courtise les étoiles, Luna. Ma fille... "
Juste avant de plonger dans un profond sommeil. La jeune princesse aux cheveux de neige a prononcé quelque chose. Quelque chose qui lui tenait à cœur.
" Merci, mère... "
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Aroma le vendredi 01 octobre 2010, 18:21:03
Encore à moi de me dévouer pour que le sheikah ai à manger.^^
Eh vous autres !Venez commentez, bon sang !J'y arriverai pas toute seule !

Bon alors....Je suis nulle pour commenter, alors, te plains pas ! (Sinon, je reviens plus ! :p )
Alors...Déjà, c'est trop court, j'ai même pas eu le temps de me remettre dans l'histoire !
Je ne suis pas sûre d'avoir tout compris.... Et pis, elle est passée où, Nab' ?
J'aimerai savoir comment elle va s'en sortir....
Bon voilà, post pas terrible, mais bon....
Je fais ce que je peux !c'est à dire pas grand chose!
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 02 octobre 2010, 21:24:56
Merci pour ton commentaire ! ^ ^ Pour Nabooru, on en entendra parler dans le chapitre 9 ! Je te conseille juste de bien relire les détails de ce chapitre, certaines choses vont devenir TRES importantes !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 09 novembre 2010, 21:13:17
Eh bien voilà, il y avait un mois que je n'étais pas passé, le chapitre 9 est là !! Un chapitre très riche en dialogues qui apporte des réponses à toutes les questions en suspens ! Je vous laisse lire et commenter ! :yeah:

Chapitre 9 : Révélation

- Quel est ton nom, jeune fille ?
- Mon nom est Luna, je suis la princesse des ombres...
- Jeune Luna tu as treize ans. Le temps est venu de te tester. Il y a deux années, ton maître a commencé à te transmettre l'art des Sheikahs, je vais tout d'abord te poser quelques questions, laisse tes sens y répondre...
- Très bien.

L'homme expira lentement.
- Un destin qui s'achève ?
- La fin du début.
- Une romance qui naît ?
- Une étoile s'allume.
- Un gouffre infranchissable ?
- Un pont le traverse.
- Où te mène ce pont ?
- Là ou je l'aurais décidé
- Qui peut influencer sur ce chemin ?
- Personne.
- Une étoile qui meure ?
Luna inclina la tête, comme à chaque fois qu'elle faisait preuve d'ironie.
- C'est un rêve qui vit...
- Bien, jeune princesse, bien. Voyons maintenant si ta poésie s'allie à une volonté capable de l'accomplir.

Luna sursauta, elle était sensée s'occuper de Nabooru, pas se souvenir de choses inutiles ! La jeune Sheikah continua à retirer le bandage de la gerudo mais le souvenir brillait encore trop fort dans son esprit. Elle savait très bien ce qui s'était produit, l'homme avait dégainé à une vitesse terrifiante, seulement, elle avait été encore plus vite, et d'un geste mêlant souplesse et intelligence l'avait mis à terre en une poignée de secondes. Elle avait terrassé un membre du conseil, un homme déjà considéré comme un maître avant sa naissance. L'exploit aurait dû paraître légendaire mais le même jour, Synopz avait perdu la raison en touchant la lame noire du peuple de l'ombre, ce qui l'avait amené à tuer quinze Sheikahs ayant tous un point en commun : ils appartenait à l'élite des ombres, les défenseurs de la famille royale. cet acte l'avait conduit à l'exil...
- Tu rêves, princesse ? Sourit faiblement Nabooru.
Luna la regarda, elle s'était encore égarée dans ses souvenirs. la princesse secoua la tête pour chasser ses mornes pensées.
- Je ne rêve pas, je me souviens de choses qu'il faudrait oublier... Et toi tu sembles bien vive pour une jeune fille couchée depuis une semaine.
- On n'oublie jamais, Luna. On accepte seulement.
La Sheikah soupira,
- Te sens-tu prête à repartir ?
- Cette question est inutile... Je repartirai même si... Luna ! Est-ce que ca va ?
L'élue des ombres venait de s'écrouler secouée par de violents tremblements, à quelques mètres, Synopz subissait le même sort. Nabooru paniquait, malgré ce qu'elle avait assuré, elle peinait à se relever mais avant même qu'elle ait pu se hisser sur ses deux jambes les élus cessèrent leurs convulsions. Luna se releva, chancelante. Nabooru s'approcha pour la soutenir.
- Que vient-il de se passer, Luna ?
La jeune fille cracha du sang.
- Plus tard !
Synopz progressait vers les deux jeunes filles, s'assurant contre les pierres à l'entrée de la grotte du désert. Un filet de sang perlait à la commissure de ses lèvres.
- Elle t'as parlé aussi ?!? demanda-t-il d'une voix lointaine et rauque.
Luna toussa avant de répondre.
- Oui...
- Elle ne peut pas exister Luna, c'est une légende...
Luna était exsangue, mais elle ne retint pas une pointe d'ironie.
- Tu n'en es pourtant pas déjà une, élu ?
- je ne suis pas une légende ayant réalisé des choses impossibles...
Luna cracha encore un peu de sang.
- Qui a dit que ce qu'elle avait fait est impossible ? Ce n'est pas ce que nous, nous voulons faire ?
Nabooru intervint à ce moment là.
- Que vient-il de se passer exactement ?
Les deux Sheikahs échangèrent un regard éloquent.
- Nous ne pouvons te le révéler, Nabooru. Souffla doucement la princesse.
- Mais je veux le sa...
- Non ! Tu dois partir Nabooru ! Tu es encore faible mais tu dois partir ! Vas vers Hyrule et demande audience au roi, Une fois en sa présence, dis-lui que nous acceptons sa proposition, il comprendra.
Nabooru soupira, un soupir résigné.
- Très bien... Quelle est cette proposition ?
Luna éclata de rire.
- Tu n'abandonnes donc jamais ?
- Jamais princesse, jamais...
- Nous acceptons de diriger l'ensemble des forces d'Hyrule si le bourg venait à être attaqué.
- D'accord.
Synopz s'approcha.
- Tu dois y aller tout de suite,
La Gerudo se redressa avec maladresse, rassembla ses quelques affaires et les fixa à la selle de sa monture sous les yeux attristés des deux élus. Nabooru se figea et se tourna vers eux.
- Et si j'échoue ?
Ce fut au tour de Synopz de sourire.
- Tu n'échoueras pas.
Les deux jeunes filles échangèrent un regard amusé puis la question fatidique tomba.
- Vous reverrais-je bientôt ?
- Si jamais l'on ne devait pas se revoir, jeune fille. Dis-toi seulement que ce qui est juste ou ne l'est pas, c'est toi qui le décide, et surtout...
Luna acheva la phrase.
- Tu es une lumière, jeune reine. Ne laisse personne obscurcir ton cœur.
Nabooru se hissa en grimaçant sur sa selle.
- Luna, Synopz, je n'ai, moi, qu'une seule chose à vous dire : certaines légendes ne meurent jamais...
La reine Gerudo talonna sa monture qui s'éloigna au galop. Synopz se noya dans les yeux de la princesse des ombres pendant de longues minutes.
- Elle sait ? Demanda-t-il.
- Évidement qu'elle sait...

***
Synopz se tenait droit devant l'immense pleine Lune, au sommet d'une dune. Il avait treize ans et le poids de quinze vies sur les épaules, le jeune adolescent se retourna vers Luna.
- Je suis désolée...
- Tu n'as rien à te reprocher...
- Luna je...
La princesse sourit.
- Oui ?
Leurs mains se lièrent.
- On fuit souvent ce qui nous ressemble... Ne m'en veux pas et souviens-toi de l'avenir.
Synopz dégagea délicatement sa main et entama sa descente. Luna se mit à crier.
- Tu reviendras Synopz ! Tu m'entends ? Tu reviendras parce que c'est ton destin ! Tu reviendras... Pour... Pour moi...
La jeune fille tomba à genoux, des larmes glissants par dizaines sur ses joues.
Synopz ne se retourna pas.


Luna secoua la tête. Pourquoi tant de souvenirs lui revenaient-ils maintenant ? Elle n'allait pas mourir demain... enfin, peut-être dans quelques jours... Elle regarda Synopz qui cheminait en silence sur sa monture. Elle avait besoin de réponses.
- Pourquoi es-tu parti ?
Synopz ne répondit pas tout de suite, il suivit des yeux le trajet d'une feuille portée par le vent.
- Il n'y a pas de réponse... Du moins aux yeux du monde...
La réponse était étonnante. La Sheikah fut surprise par le ton presque haineux du jeune homme.
- C'est-à-dire ? chuchota-t-elle.
- C'est-à-dire qu'elles m'ont forcé à le faire, et que je le voulais moi-même un peu.
- Mais pourquoi le voulais-tu ? Pourquoi ? Est-ce que tu avais pensé à moi, à ce que j'ai subi sans toi ? J'ai passé des nuits entières à t'attendre, j'ai espéré pendant des jours ! Et, toi, tu me dis que tu voulais partir !
- Elles m'ont promis d'échapper à mon destin, je voulais t'emmener...
- Tu voulais m'emmener ? Ah oui ? Eh bien, tu as raté l'horaire je crois !
- Tu sais pourquoi je suis revenu ? Pourquoi, d'après toi ?
Luna était prise au dépourvue.
- Eh bien... Je...
- Pour toi, princesse des ombres, uniquement pour toi... J'aurais pu fuir, abandonner ma vie pour ne pas affronter mon destin, mais non, je suis revenu.
- Je suis désolé, je ne savais pas...
- Tu le sais maintenant.
la jeune fille sentit les mots lui monter doucement aux lèvres.
- Je te l'avais dit que tu reviendrais pour moi...
- je fais toujours ce que vous dites, princesse, mais parfois avec un peu de retard !
Luna éclata d'un rire frais qui balaya toutes ses rancœurs.
- Oublions-ça... Pourquoi Hina nous aurait-elle choisis nous ?
- Tu l'appelles par son nom ? La plus ancienne légende d'Hyrule ?
La jeune princesse fit une moue ironique.
- Le légendaire élu des ombres connait évidemment toutes ces légendes !

-
Elle était là, fille des ombres sortant à peine de la toile,
Quand les créatrices voulurent asservir la belle à peine née
Hina l'impétueuse monta alors vers les triangles d'étoiles
Et bravant les cieux, elle effleura les vestiges de la trinité.

Celles qu'on appelle les divinités s'unirent vers un seul but
Et pervertissant les triangles du doré vers le noir sombre,
Elles firent disparaître la première ombre engageant la lutte,
Depuis ce jour, le souvenir d'Hina nous guide sur l'ombre...

- Ces phrases sibyllines suggèrent qu' Hina a été détruite par le pouvoir de la Triforce, les déesses ont refusé son vœu.
- Oui mais nous avons la preuve qu'elle est vivante.
- Après...
- Après 4000 ans...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Suijirest le vendredi 12 novembre 2010, 18:30:14
Eh bien Synopz, j'ai donc lu en cette journée les six premiers chapitres de ta fiction, et outre l'explication de ton pseudo que cette lecture m'apporte, je dois dire que ce fut passionnant (sinon je ne serai pas allé si loin en si peu de temps).

L'idée de te baser sur le plus mystérieux des peuples d'Hyrule, les histoires de guerre, l'apparition des divinités, j'aime bien ces écrits ^^. Surtout ce point de vue selon lequel "la lumière ne peut se passer des ténèbres, la mort suit toujours la vie". J'approuve cette philosophie, et de la part des dieux qui se sentent toujours au-dessus de tout ça, pas concerné, ça me rappelle le cycle des Dieux de Bernard Werber...

Bref, pour l'instant j'aime beaucoup, je finirai cette lecture demain ou mardi prochain, voilà. :)

J'en dis pas beaucoup mais bon... J'ai plus trop le temps là... Je me rattraperai la prochaine fois.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 12 novembre 2010, 19:04:47
Ah ! Un commentaire ! ça faisait longtemps et, en plus, ce n'est pas n'importe qui ! Si ma fic' t'as plus, je n'en suis que plus heureux ! Tu as lu les 6 premiers chapitres, tu as de la chance, les chapitres commencent à prendre de la longueur à partir du 7ème, et l'histoire bascule dans sa deuxième phase à ce moment ! Le meilleur est devant toi !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Aroma le dimanche 14 novembre 2010, 11:58:09
Oups ! Désolée, Synopz, je suis en retard ! Au moins il y a quelqu'un qui est venu ! Merci Wolf ! Enfin quelqu'un qui vient commenter !

Bon chapitre, sinon. (j'ai l'impression de me répéter, est-ce normal ?)
J'ai hâte d'en savoir plus sur cette Hina....

Je n'aime pas qu'un chapitre finisse comme ça, il m'en faut plus !
C'est trop court, personnellement, ça me laisse sur ma faim....

Tu as déjà commencé le prochain chapitre ? (oui, oui, je sais, je ne suis pas très patiente)

Sinon, tu as oublié quelques majuscules et tu as oublié un "e" au "je suis désolée" de Luna.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 16 novembre 2010, 19:45:20
Héhéhéhé * part corriger ses fautes d'inattention, parce que je ne fais jamais de fautes ! *

Faire des chapitres courts est un moyen pour moi de ne pas trop me dégoûter. Je m'explique. Je passe en général un long moment à imaginer la suite de ma fic' mais à partir du moment où l'histoire est fixée, il ne me faut que deux ou trois jours pour l'écrire, voilà pourquoi mes chapitres sont courts, parce que j'ai besoin d'inventer l'histoire au fur et à mesure. Mais je dois avouer que j'ai volontairement coupé ce chapitre à cet endroit, O:-)  Révéler Hina alors qu'elle vient d'apparaître n'était pas la meilleure idée !

Et pour répondre à ta question, j'ai déjà commencé le chapitre 10. J'ai, pour une fois, beaucoup d'évenments déjà prévus, donc le chapitre 10 sera surement plus long et viendra assez rapidement !

( Je tiens d'ailleurs à préciser que le prénom Hina est un hommage aux vahines de mon pays d'adoption : Tahiti ! Tamahine Tahiti ! avis à ceux qui comprendront ces mots ! )
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le lundi 06 décembre 2010, 18:21:25
Un double post pour une poésie... On a tous croisé des inconnues, et il suffit parfois d'un sourire ou d'un regard !  ;)

L'inconnue

"Au détour d'une rue,
Mon regard l'a vue,
Une inconnue aux yeux verts,
Tête haute, regard fier.

Reine-moana, elle a souri
Sourire des vagues, sourire sage.
Sans un mot, sans écrits,
Ni espoir, ni rage...

Je n'ai comme souvenir
Que son visage ou son rire.
Inconnue aperçue.
Inconnue déchue.

Puis elle s'éloigne au loin,
Au milieu d'une foule et de mon esprit.
Amante passagère d'un romance sans soin,
Elle efface avec malice un court poème épris..."[/i]

Moana = océan
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Suijirest le lundi 06 décembre 2010, 22:05:25
Citation de: "Synopz"
On a tous croisé des inconnues, et il suffit parfois d'un sourire ou d'un regard !  ;)


C'est pas Florent Pagny qui disait ça dans Savoir Aimer ?

Oui, chapeau la référence...

Beau texte, Synopz, à part la phrase "Mon regard l'a vue" que je trouve un peu lourde... C'est vrai que ce sont des choses qui arrivent souvent ^^.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 07 décembre 2010, 18:51:57
Référence totalement involontaire ! Je connais à peine la chanson ! Oui, la phrase est un peu lourde mais je n'ai pas grand chose d'autre pour rimer avec inconnue !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 21 décembre 2010, 21:45:39
Un double post pour l'événement que vous attendiez tous... Eh oui ! Le chapitre 10 est terminé ! Le dernier chapitre de l'année ! C'est noël, alors, commentez :p ! Ce chapitre va engendrer encore plus de questions... Est-ce que ça s'arrêtera un jour ? Je ne sais pas ;)



Chapitre 10 : L'impétueuse

" Ton cœur bat plus fort, plus vite, princesse.
Ne l'entends-tu pas pleurer sans cesse ?
Ne l'entends tu pas clamer son existence ?
Il ne veut pas finir sa danse de grâce et d'insolence...

Luna, héritière des songes,
Ne sens-tu pas les regrets qui te rongent ?
Ne sens-tu pas les étoiles s'éloigner ?
Elle vous attend tout les deux au bout de la réalité...

Qui donc ?
La fin du chemin... "

un long sentier serpentait entre les crevasses, havre de sécurité au beau milieu d'une terre désolante : les monts d'Enverra. Il s'agissait d'une chaîne de montagnes qui s'étendait au delà du désert et qui délimitait le bout du royaume d'Hyrule. Personne n'en avait jamais vu la fin et les rares personnes à s'y être risquées rapportaient la présence d'évènements étranges dans la région. Pourtant deux silhouettes progressaient sur le seul passage praticable permettant l'accès au massif. Luna songeait à ce qui les avait menés ici, l'appel d'Hina avait été clair. Ils trouveraient la réponse à leur question ici. La jeune princesse releva la tête et offrit son visage à une douce brise, la saveur piquante du vent embaumait ses sens... Allait-elle bientôt quitter cette vie ? Elle ne savait pas. Le goût sec de l'air la rassura cependant, elle pouvait bien partir, elle avait déjà vécu tant de choses ! Fermant son esprit à ces interrogations, Luna se tourna vers Synopz.
- Quelle réponse es-tu venu chercher en ces lieux, élu des ombres ?
Synopz se tourna vers elle en souriant.
- Je suis venu poser des questions avant tout... Pour ce qui est des réponses, vous en êtes peut-être une, princesse...
Luna sourit.
- Épargne-moi tes phrases pompeuses pour une fois, n'essaie pas de te cacher derrière des mots, aussi beaux soient-ils !
- Alors, si tu préfères, je suis ici pour la vérité...
- Tu vois ! Quand tu veux, élu.
- Mais je suis aussi là pour vos yeux princesse.
Le rire de la Sheikah résonna, porté par le vent.
- Incorrigible...

***

Les trois déesses étaient assises autour d'un grand bassin d'eau pure. Din s'énervait.
- Ils vont réussir... Notre autorité est en grand danger, mes sœurs !
Nayru laissa échapper un fin ricanement.
- Oublies-tu les trois règles ? Nous ne pouvons pas les transgresser !
Farore soupira.
- Il n'existe réellement aucun moyen de les contourner ?
- Cela impliquerait notre totale destruction ainsi que celle du monde... C'est ce que nous avons jurées devant le symbole de notre pouvoir, notre puissance nous détruira si nous enfreignons les commandements. Hina avait bien préparé son coup, elle avait deviné que nous ne pourrions rien face à notre propre puissance...
Din frappa la margelle du bassin.
- Les déesses ne détruiront jamais directement une de leurs créations, Les déesses ne détruiront jamais le monde qu'elles ont crées et, enfin, les déesses ne devront jamais laisser le mal s'introduire dans leur monde. Encore heureux que la dernière nous ait permis d'instaurer les élus afin de pouvoir influencer nos créations...
Nayru éclata d'un rire froid.
- Avez-vous créé un monde dans le but de le détruire ? Ou voulez-vous le voir prospérer ?
La déesse de la sagesse se leva et disparut sans un bruit. Farore se tourna vers la déesses aux yeux flamboyants.
- Elle lui manque...

***

Luna souffla un grand coup et poursuivit son ascension. Synopz montait souplement, quelques mètres devant elle. Les deux Sheikahs venaient d'atteindre la dernière partie de la montagne. Une plainte lancinante résonnait dans leurs esprits depuis une poignée d'heures : Hina les appelait, inlassablement. La princesse avançait harmonieusement sur la falaise effrayante de verticalité, elle utilisait chaque aspérité de la roche, chaque crevasse. Luna sentait battre le cœur de la pierre sous ses mains. L'escalade faisait partie des disciplines majeures du prodigieux entraînement Sheikah, trois mots, c'était ce qui permettait de résumer cette formation : Harmonie, plénitude, poésie... L'élue des ombres siffla légèrement pour attirer l'attention de Synopz, elle lui fit signe de la rejoindre sur une corniche proche. La jeune fille crocheta une prise en hauteur, se ramassa contre la paroi avant de s'appuyer sur sa jambe gauche pour réaliser un saut vertigineux. Elle atterrit sur la minuscule plate-forme, Synopz l'atteignit en même temps qu'elle d'une chute contrôlée au millimètre.
- Fatiguée, princesse des ombres ?
Luna fit mine de pousser le jeune homme.
- Tu ne t'arrêtes donc jamais ? Vraiment jamais ?
- Jusqu'à la mort, princesse !
- Heureusement que nous n'allons pas vivre vieux alors.
La remarque, cynique, rappela les deux Sheikahs à leur destin.
- L'humour noir n'est pas toujours bon à entendre, Luna...
La princesse des ombres repoussa l'air de sa main, comme si elle pouvait ainsi chasser le malheur.
- Je suis désolée... Mais quelque chose me gène Synopz. Pourquoi Hina sait-elle tant de choses ? Mais, surtout, pourquoi est-elle encore vivante près de 4000 ans après sa naissance ?
Synopz mit quelques secondes à répondre.
- Une des légende des ombres raconte que... Les Sheikahs seraient à la base... Issus des déesses...
- Issus des déesses ? Tous les peuples sont issus des déesses, non ?
- Tous les peuples ont été créés par les déesses mais les Sheikahs en descendraient directement, les premiers Sheikahs seraient les fils des déesses, les premiers ou bien... La première.
- Quoi ? Nous... Nous serions les descendants des déesses ? Mais, pourquoi es-tu le seul à connaître cette histoire ?
- Elle était transmise uniquement de chef du conseil en chef du conseil. Ce dernier devait la transmettre à l'élu des ombres qui ne pourrait la révéler qu'à la princesse des ombres seulement en cas de nécessitée absolue ! Donc, non, pas " serions " nous sommes les descendants des déesses...
- Mais...
- Nos pouvoirs, nos aptitudes proviennent du sang des déesses.
Luna se tut, un long moment. Le vent faisait virevolter ses longs cheveux de neige.
- Repartons. Tout de suite.
- Luna ! Tu...
Synopz termina sa phrase dans le vide, la jeune fille montait déjà. Le jeune homme soupira longuement avant de se mettre, lui-aussi, à grimper. Les deux Sheikahs atteignirent le sommet après une longue montée silencieuse. Luna se hissa la première au sommet, une grotte sombres s'enfonçait dans un immense monticule de pierre et devant l'entrée...
- Bienvenue, Luna, princesse des ombres ! Je suis Hina, mère des Sheikahs et fille déchue des déesses...
Luna peinait à accepter ce qu'elle voyait. Hina avait l'apparence d'une jeune fille, une jeune fille âgée de 4000 ans. Son visage fin et pointu était encadré par de longues boucles d'un noir profond, son teint pâle contrastait avec l'éclat de ses yeux vermeils. Elle était vêtue d'une simple tunique noire, ample et aucune arme ne reposait à ses cotés. Luna s'apprêtait à répondre mais l'élu des ombres la devança.
- Nous allons éviter les présentations puisque, vous semblez nous connaître...
Hina laissa échapper un rire fin, sonore.
- Je suis heureuse de voir que mes descendants sont aussi prompts à la répartie...
Luna répondit aussitôt.
- Allons aux faits, qu'est ce que vous nous voulez ?
- Je ne veux rien de vous mais, vous, vous voulez sûrement la vérité... Il y a quelque chose que je ne peux pas te révéler, jeune Luna, mais tes parents, peu avant leur... assassinat par la déesse du courage, sont venus me remettre quelque chose. Quelque chose qui se trouve dans ce boyau, derrière-moi.
La princesse tressaillit.
- Et pourquoi ne pas me dire de quoi il s'agit ?
- Cela n'appartient qu'à toi, princesse. Seulement à toi.
- Je...
- Vas-y, maintenant.
Luna hésita encore quelques secondes et se mit à marcher vers l'ouverture. Synopz cria.
- Tu y vas ? Sans preuve ? Tu ne sais pas ce qui t'attend là-bas ! Piège ou mensonge ?
Elle se retourna, larmes aux yeux.
- Je me fiche de savoir si il s'agit d'un piège ou d'un mensonge. Je veux juste la vérité... Seulement ça !
La Sheikah disparut, avalée par l'obscurité de la grotte. Plusieurs minutes s'écoulèrent avant qu'Hina se tourne vers le jeune homme.
- Élu des ombres, il nous reste peu de temps...
- Que voulez-vous dire ?
- Crois-tu que la princesse sombre aurait accepté de rentrer dans cette grotte aussi facilement ? Elle a été manipulée... Comme je l'ai été moi-même. Les déesses vont s'emparer d'elle et...
- Elles vont s'emparer d'elle ?!? Êtes-vous folle ? Je ne peux pas la laisser !
- Vas-y donc, vas la rejoindre... Comme ça vous serez deux à être asservis ! Quand les déesses captureront Luna, elles se rendront compte de notre mensonge. Tu devras alors te mettre en traque et délivrer l'élue des ombres...
Synopz réfléchissait à toute vitesse.
- Et, comment pourrais-je m'opposer aux déesses ?
Hina sourit. Un sourire de vengeance.
- Connais-tu les trois règles, Synopz ?
- Celles que vous avez, d'après la légende, imposées aux déesses ? Oui, je les connais.
- Nos chères créatrices les ont enfreintes... La princesse a-t-elle déjà évoqué la mort de ses parents devant toi ?
- Non, mais... Attendez, vous voulez dire que...
- C'est cela, la déesses du courage a froidement assassiné les parents l'élue.
Le Sheikah était atterré. Les parents de Luna, assassinés.
- Le sait-elle ?
- Elle le sait, elle y a assistée...
Synopz faillit tomber par terre. Elle y avait assistée ? Ses parents étaient tombés devant elle...
- Et, comment vais-je faire ?
- J'ai moi-même promis aux déesses que si elles enfreignaient une des règles, elles seraient détruites. Seulement, les déesses ont réussi à pervertir cette condition, elles ont obtenu le droit d'enfreindre cette règle une fois,tu ne pourras donc que les affaiblir...
- De quelle manière ?
Le sourire d'Hina s'élargit.
- Ton cœur parlera élu oublié ! Et il parlera bien !
Sans chercher à comprendre le sens de la remarque, il poursuivit.
- C'est vous ? Ne mentez pas, je sais que c'est vous...
La fille des déesses soupira.
- C'est moi. Mais tu sais que cela était nécessaire.
Synopz ferma les yeux.
- Oui, je sais.
- Vas maintenant. La princesses des ombres t'attend.
Le jeune Sheikah avança jusqu'à l'entrée de la grotte, un sourire ironique barra son visage avant qu'il ne pénètre dans l'obscurité.
- La traque commence...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Suijirest le samedi 25 décembre 2010, 18:58:59
Eh bien Synopz, on dirait qu'on entre dans le cœur de l'intrigue ! Et on sent que tu y as réfléchi longtemps.

Je trouve que tu vas un peu vite en besogne lorsque Luna entre dans la grotte, personnellement, c'est vrai que comme l'élu des ombres le signale, Hina n'offre aucune garantie et le piège n'est pas exclu.

Reste à voir où tout cela va nous mener. On connaît déjà les aboutissants, mais... Par quel chemin nous y rendrons-nous donc ?
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 25 décembre 2010, 20:06:27
héhéhéhé... *rire sadique de celui qui sait tout ce qui va se passer*

Oui, j'ai beaucoup réfléchi à ce chapitre ! Voilà, entre autres, pourquoi il a mis longtemps à venir ! Je suis assez fier de mon histoire, moi !

Pour le truc un  peu court, oui, c'est vrai, mais j'ai essayé de justifier, ça avec la petite phrase " je ne veux que la vérité et rien d'autre".

Vous allez voir... La fin va être... épique !

( allez ! un petit indice ? Le titre du chapitre 11... )

Traque...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Aroma le lundi 27 décembre 2010, 22:15:46
Épique ?
Ah ben, ça y est, je suis impatiente maintenant. Merci Synopz !

Ah oui, c'est vrai, faut que je commente, je suis là pour ça...
Bon alors.... C'est toujours très bien, je me répète mais il faut bien que quelqu'un le dise tout de même !
Ensuite...j'ai remarqué qu'à chaque fois qu'il y a des sous-entendu ou un truc du genre, je ne vois absolument pas de quoi ils parlent...
Exemple :
"- C'est vous ? Ne mentez pas, je sais que c'est vous...
La fille des déesses soupira.
- C'est moi."

Ben là, j'ai aucune idée de qui ça peut être. Donc, vivement la suite que je sache !
En attendant, je vais tout relire pour essayer de trouver ne serai-ce qu'un minuscule indice que j'aurai négligé....

*repart tout lire*

Et bonne chance pour la suite !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 28 décembre 2010, 11:29:13
Mais, ces sous-entendus sont justement là pour que vous lisiez la suite ! ($_$ héhéhé...). Cette petite phrase balancée comme ça, c'est justement un indice pour la suite ! Parce que, finalement, vous ne savez rien du passé de Synopz hormis son départ ! Bon, après, c'est un PETIT indice, si vous devinez la suite vous avez une superbe imagination follement décadente ! ( comme moi, en fait ! )

A mon avis, sauf si une idée géniale de rebondissement vient tout foutre en l'air, le chapitre 14 ou 15 verra la fin de l'histoire... Plus le prologue... Et quand vous lirez ce prologue vous allez être là ouaahhhh ! O_O
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mercredi 29 décembre 2010, 20:20:33
Prose d'une nostalgie...

Cette nuit, j'ai vu les étoiles.
Je les ai vues, amantes aux yeux de toile,
elles m'ont chantées les rires d'un autre temps
Et le parfum d'une romance bafouée...
Celle de la princesse des voiles, ou de son souvenir,
Qui porte les noires étoffes de l'oubli,
Écho parfait d'une amère nostalgie.
Souvenirs, d'un autre lieu, d'une autre vie.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 11 janvier 2011, 16:21:23
Bon, je poste donc ma poésie de la finale du concours d'écriture. Le thème se base sur l'après-TWW !

Escarmouches et facéties

« Le sauveur du temps dans sa grande audace,
Défit le seigneur maléfique du royaume sans face.
Alors, il partit, héros des temps, héros des vents.
Il partit porté par un capricieux élan.

La mer infinie lui offrit son immensité
Et, accompagné de la princesse de la destinée,
Il explora le monde pour reconstruire un royaume blessé.

Les élus se laissèrent pousser par une force plus grande que le destin,
Ils avancèrent plus loin que l'endroit où, sur les cartes, la mer prend fin.
Les mois passèrent, pour la première fois, leurs lèvres s'effleurèrent,
Mais, au loin, n'apparut aucune terre.

Le héros et la princesse s'abandonnèrent dans une romance complice,
jusqu'au jour ou, enfin, la mer céda sa place devant un sol lisse.
Les étoiles avaient souhaité que leur histoire s'accomplisse...

Les années défilèrent, gardiennes d'un travail acharné.
Le nouveau royaume naquit de cendres fumantes et de passions animées.
La princesse fut l'artisane de sa naissance,
Tandis que le héros avait été le pilier de sa renaissance...

Bien des siècles s'écoulèrent et seul demeura le souvenir de la princesse et de son héros.
Les habitants de la contrée prospère s'étaient détournés des eaux
Et il ne demeurait qu'une légende, celle d'un garçon aux habits verts et au cœur haut...»

Vous pouvez commenter !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: sakuranbo le mardi 11 janvier 2011, 16:34:42
Oh il est magnifique ce poème :niais: Bravo Synopz pour ce petit moment de poésie, je lui reproche juste d'être un peu court tellement c'était joli!
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 11 janvier 2011, 16:51:53
Merci, merci ^^ Oui, il reste un peu court, mais, tenter le sujet du concours en poésie était déjà assez compliqué alors, j'ai préféré faire court !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Suijirest le mardi 11 janvier 2011, 18:44:47
Oui, très bon poème Synopz, juste que "romance complice" j'ai l'esprit un peu mal tourné en lisant ça, et dans l'ambiance bon enfant de TWW ça jure un poil.

Sinon, à part ces considérations qui n'engagent que moi, bon texte ! :yeah:

Allez, on attend le prochain chapitre de la Princesse des Ombres !

edit : tout le monde peut se tromper de temps en temps... Pardon.  :$
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 11 janvier 2011, 18:51:50
Merci à toi, wolf ! Hé, t'as l'esprit mal tourné, dis-donc ! J'sais pas mais "romance complice" ça reste sympa ! Une romance c'est pas une passion folle ( si tu vois ce que je veux dire :niak: ).

Citation de: "wolf"
on attend le prochain chapitre de la Princesse des Ombres !


Hé, ho, de L'ange des ombres !  v.v  ( pour ta défense, sache que ce que tu as dit faisait partie de mes choix de titres au début de ma fic' ! Mais en fait, déjà que jusqu'au chapitre 7-8 Luna est beaucoup plus mise en avant que Synopz, je voulais pas non plus nommer la fic' en son nom ! L'ange des ombres définit autant Luna que synopz mais, attention, scoop... Il pourrait s'agir du titre d'une des fics que je commence à imaginer pour après l'ange des ombres ! )
Il connait même pas le titre de ma fic'...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: astrid le mardi 11 janvier 2011, 19:10:19
J'aime bien tes poèmes, Synopz : le vocabulaire qu'ils arborent est riche, les vers que tu utilises variés. J'aime surtout ton poème L'inconnue. J'avais l'impression que tu comparais l'océan à une femme (mon esprit est toujours très attaché à la mer, faut pas faire attention !). Bah, si c'est pas le cas, j'ai quand même bien aimé ! x)
Bref, bonne continuation !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 11 janvier 2011, 20:25:26
Merci pour tous ces compliments ! ( je viens d'exploser mon taux de commentaires mensuels en une soirée !)

Pour, l'inconnue, le poème en lui-même n'est pas basé sur une comparaison femme-océan, mais le deuxième quatrain l'est ! Je précise d'ailleurs que le mot moana correspond à océan en tahitien ! (mon pays d'adoption !)
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 18 janvier 2011, 21:10:53
Prélude à la Princesse des Ombres

Elle sera princesse...
Elle aura beau clamer le contraire sans cesse,
L'élue des ombres sera souveraine
D'un peuple qui n'a pas besoin de reine !

Cheveux de neige, yeux vermeils.
Elle est la fille qui veille,
Qui veille sur les peuples innocents
Alors, qu'elle a, elle, les mains tâchées de sang...

Luna, douce dame au cœur fier,
Es-tu parfois une indomptable guerrière ?
Luna, jeune fille amère,
Prends tu plaisir à faire couler le sang sur la terre ?

Entre deux envies,
Une de mort, une de vie
Quel sera ton destin,
Avant que sonne la fin ?

Voilà donc un petit poème (un peu brouillon, je l'accorde), qui vous montre une des idées de fic qui me viennent pour ce que j'écrirais après l'ange des ombres...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le dimanche 23 janvier 2011, 16:40:43
Et voilà, le chapitre 11, plus que deux chapitres et un prologue avant de voir la fin ! Un chapitre de révélations et, certainement le dernier chapitre qui introduit des interrogations ! Voilà, commentez, maintenant, et vite !

Edit 26/01 : J'ai modifié certains passages que je trouvais un peu trop légers...


Chapitre 11 : traque

"Luna,
Fille des ombres, fille des mystères,
Tes lèvres ont un goût amer
Et, c'est peut-être ça,
Qui t'enserre,
Te rendant comme verre.
Ici ou là-bas..."

L'élu des ombres était rentré dans la grotte, sans se retourner, sans se soucier de qui s'y trouvait. Il avait alors senti la réalité basculer, plus tout à fait dans le monde réel, mais pas encore dans le monde des déesses. Un cri déchira alors son esprit. Luna avait mal, peu importe l'endroit où elle se trouvait, la mort lui tendait les bras. Synopz se mit alors à courir vers le cœur de la montagne.

Une jeune fille aux longs cheveux de neige a renoncé, elle s'est abandonnée, complètement. Où est-elle ? Que lui arrive-t-il ? Elle ne le sait pas, mieux, elle se fiche de le savoir. Elle a juste mal, trop mal. Une douleur indécente...

Le sang d'une princesse se répand doucement sur le sol. Lentement, sûrement...

Synopz courrait à toute vitesse, il esquivait les précipices, sautait les obstacles et se dirigeait dans le noir. Il courrait car, à chaque seconde écoulée, Luna mourrait un peu plus, et lui avec. Le temps avait cessé de glisser sur lui, il n'était que volonté. Plus de questions, plus de réponses, juste une certitude. Une certitude qui pulsait en lui, régulière, évidente. Il devait sauver Luna. Que le prix soit sa vie, son âme ou son honneur lui importait peu. Il ne vivait plus, il agissait...

Luna luttait, elle, contre le passé. La mort était-elle si douloureuse que le seul souvenir qui lui restait était celui-là ? Il n'y avait donc pas d'issue ? Le sang perla au coin de ses lèvres, la princesse des ombres ferma doucement les yeux. Amertume, douleur, horreur... Sa mort se résumerait donc à ça ?

Le Sheikah avait couru, combien de temps ? Il ne savait pas. Il avait juste senti la présence d'Hina à ses cotés, pendant toute sa course. Il venait d'arriver dans un profond boyau au fond duquel se trouvait... une porte. La grotte s'arrêtait sans crier gare. La porte s'ouvrit à son passage pour faire place à une immense salle. Flottant des les airs, trois déesses, trois couleurs. La voix de la déesse rouge était calme et apaisée...
- Bienvenue à toi, élu des ombres...
Sourire de rage contenue. Synopz fait un pas.
- Vous me faites l'honneur de votre présence, déesses ?
Farore éclata de rire.
- N'oublie que nous retenons ta princesse, élu insolent.
Synopz rit à son tour, un rire froid.
- Et vous, vous semblez oublier qu'on ne tue pas ceux qui assurent votre domination.
Synopz sentit alors le temps se figer doucement, comme une flamme qui décroît. Le Sheikah semblait être le seul être animé dans la salle. La silhouette de la déesse bleue apparut alors devant lui. La déesse de la Sagesse le regardait d'un air presque suppliant. Avant qu'il n'ait pu esquisser un seul mouvement, elle se mit à parler.
- La princesse des ombres t'attend. Fait vite, sa lumière vacille... Je vais t'aider, élu. Souviens-toi bien de ce moment car ce sera la première et dernière fois. Agis comme le dicte ton cœur, quand le moment sera venu, j'interviendrai.
Synopz sourit encore une fois, toujours ce même sourire, cynique.
- Quel est votre intérêt à m'aider ?
Nayru soupira, la réponse était évidente, mais Synopz voulait l'entendre de la bouche de la déesse.
- Tu diras à ma fille que je l'attends, que même si elle me hait plus que toute chose en ce monde, je l'attends.
- Vous découvrez la vérité des sentiments, dame Nayru ? Je suis surpris...
- Ne vous montrez pas trop cruels envers nous, toi et ta princesse, Synopz... Acceptes-tu mon offre, ou, choisis-tu la mort, et celle de la princesse des ombres ?
Le sourire du jeune homme s'élargit un peu plus.
- Vous connaissez déjà la réponse.
- Alors, adieu, élu des ombres...
le jeune Sheikah fut le seul à entendre les mots de Nayru. La scène se mit doucement à reprendre vie, les couleurs devinrent plus vives et le temps reprit son cours. Synopz se prépara à continuer sa joute orale.

La princesse des ombres, elle, voyait chaque détail de son horrible souvenir. Le tout se répétait à la perfection dans son esprit. La déesse verte avançait et tuait, sans l'ombre d'un remord. Pourquoi ? Pourquoi étaient-ils morts ? Elle avait cherché pendant des années, mais rien ne justifiait le double meurtre... Rien, sauf une légende à laquelle elle n'avait jamais voulu croire...

Din prit la parole.
- Que peux-tu contre nous, élu ?
Le jeune homme sourit.
- Je résiste par mes pensées, par ce que je suis. Et tout cela me rend infiniment plus fort que vous. Quelque soit votre pouvoir, si il ne peut faire plier une volonté, il restera faible, sans consistance. Mais je pourrais, pour vous montrer ma force, parler de votre fille, déesses.
La déesse du courage se mit à crier.
- Qui es-tu pour parler de choses que tu n'appréhendes même pas ! Cette femme n'est pas notre fille, elle n'est qu'une erreur. Une erreur qui en a engendrées d'autres ! Vous, qui vous prétendez peuple des ombres, vous qui croyez pouvoir défier notre puissance ! Regarde combien des tiens sont passés de notre coté, c'est cela votre puissance ? Tu n'es rien, quoique tu fasses, tu resteras un Sheikah incapable, élu !
Synopz demeura impassible.
- Si affirmer votre puissance revient à tuer, comme vous le faites en ce moment ou comme vous l'avez fait pour les parents de la princesse des ombres, alors ne venez pas me parler d'erreur.
L'élu des ombres réfléchissait, que faire ? Croire, la déesse de la sagesse et risquer le piège ? Ou ne pas la croire et risquer la mort ? Le choix était vite fait... C'était de toute façon son seul espoir sérieux.
- Ne parle pas de choses que tu ne devrais même pas connaître... Ta princesse des ombres vivra si tu plies...
Synopz se mit en mouvement, un saut. Calculé à la perfection. Il dégaina en l'air, se prépara à frapper et... Le jeune homme fut percuté de plein fouet par une vague d'énergie dévastatrice. Il tomba à terre, comme un pantin désarticulé. La déesse de la force leva une sorte de lance rouge au dessus du Sheikah, se prépara à l'abattre... Nayru s'interposa.
- Non !
Une gigantesque explosion de lumière agita la salle, quand le calme revint, deux lames, une rouge une bleue, brillaient au centre de la pièce. Les déesses opposaient leur puissance.
- Es-tu devenue folle ? Demanda froidement Din.
Les deux sœurs échangèrent un long regard.
- Si tu touches une fois à ce garçon, le monde ne s'en remettra pas.
Synopz essayait tant bien que mal de se relever. Il se mit debout et chancela quelques instants jusqu'à ce que la déesse de la sagesse se tourne vers lui.
- Prends cette porte, la vérité s'y trouve, et au bout du chemin, celle qui t'es chère. Retiens bien cet instant, c'est la seule fois que je serais avec toi, Synopz.
Le pouvoir des divinités résonna de plus belle. Synopz se mit à courir en boitant vers la porte, les débris volaient dans tous les sens. Au terme d'une longue et éprouvante course, il atteignit le fond de la salle. La porte .s'ouvrit seule dès qu'il arriva devant puis claqua derrière lui. Le silence était presque assourdissant après tant de bruit.

Luna voyait la vie s'échapper, quelques minutes. Il ne lui restait que quelques minutes. Elle allait mourir, emplie de regrets, ses pensées s'égarèrent vers Synopz. Il l'avait prévenu, elle ne l'avait pas écouté... Elle ne le reverrait pas, elle ne pourrait pas lui dire...

L'élu s'approcha du mur de la cavité. Une marque de main s'y trouvait, et quelques mots étaient tracés en dessous.

Ici vivent les souvenirs, ici vit le passé... Appose ta main et découvre ce qui se tait.

Le Sheikah n'hésita qu'une fraction de seconde avant de poser sa main. Des milliers de sensations l'assaillirent aussitôt. Il voyait les trois divinités discuter entre elles. Farore parlait.
- Ils n'ont pas voulu nous remettre l'enfant, cet acte signe leur mort. Mais, nous devrons la laisser grandir parmi les humains. Quant à l'élu, la mort de ceux qui l'ont conçus nous empêche également de l'approcher. La légende des ombres s'accomplira mais les résultats ne seront peut-être pas ceux escomptés. La folie dont sera prise l'oublié sera provoquée par Hina, c'est la condition qu'elle s'était engagée à respecter il y a des milliers d'années...

Synopz retira vivement sa main, il ne s'était pas trompé, et elle n'avait pas menti. Hina était responsable de son exil. Cela lui importait peu désormais. Après une longue marche, le jeune homme entendit une respiration faible qui résonnait faiblement dans l'obscurité. Son cœur rata un battement, elle était à terre, ses longs cheveux blancs barrant son visage. Il s'agenouilla puis repoussa les mèches folles qui cachaient le regard de la jeune fille.

Des bruits de pas, voilà ce que Luna avait entendu. Des bruits qui s'étaient rapprochés, la sortant de sa torpeur morbide. Une silhouette familière. Non, elle n'y croyait pas. Elle était surement au bord de la mort, en proie aux hallucinations. C'était impossible, mais elle tenta sa chance.
- Synopz ?
Le jeune homme s'agenouilla et la prit dans ses bras. Une horrible plaie barrait l'abdomen de Luna.
- Je suis là, princesse. Mais vous devriez m'attendre la prochaine fois...
Soupir de soulagement. C'était lui, elle partirait l'esprit tranquille. Il ne restait plus qu'à formuler l'inexorable vérité et à s'en aller, dans ses bras.
- Je vais mourir, tu pourras faire ce que tu veux, c'est inévitable. Alors écoute bien, je t'ai attendu, chaque jour et chaque nuit pendant toutes ces années. Je t'ai attendu et maintenant que c'est à moi de partir, il faudrait que tu l'acceptes...
Synopz ferma les yeux, les combats, la mort mais pas elle. Il ne pouvait pas, mais elle lui avait demandé, alors, il le ferait.
- J'ai promis de vous servir jusqu'au bout, princesse...
Luna sourit faiblement.
- Ne sois pas trop triste, hein ? Tu vas enfin pouvoir être tranquille !
- Je vais surement m'ennuyer...
- Oui... Surement... Maintenant je vais y aller, j'espère qu'on se reverra...
Synopz serra un peu plus la jeune fille contre lui.
- Moi aussi, je l'espère...

Quelques secondes s'écoulèrent, le silence n'était brisé que par la faible respiration de la Sheikah. Synopz sentit alors la présence d'Hina s'intensifier, elle était là depuis le début mais se rapprochait, maintenant. Son impression se confirma aussitôt.
- Ton heure n'est pas pour maintenant, princesse.
Synopz se retourna.
- Hina ?
La jeune femme sortit de l'obscurité pour apparaître à coté de lui.
- Elle-même ! Vous allez partir d'ici, et ta princesse va très vite oublier sa blessure.
- Vous pouvez faire ça ?
Hina sourit.
- Je suis la fille des déesses, élu. Je peux beaucoup de choses... Mais je lis une question dans tes yeux, pose là.
Synopz eût un sourire amer. Elle devinait donc tout ?
- Vous avez obéi aux déesses pour me rendre fou ?
- En échange des trois règles, j'ai accepté d'ensorceler l'épée sombre pour que, au moment où l'élu des ombres la toucherait, il rentre dans une crise de folie sanguinaire.
Le Sheikah baissa les yeux.
- Très bien...
- Ne m'en veux pas, élu, j'ai fait beaucoup de choses qui vont te déplaire mais nous parleront de cela quand la vie cette jeune fille, elle désigna Luna d'un mouvement de tête, sera remise.
Synopz acquiesça. Hina s'approcha des deux Sheikahs, elle saisit leur main, et pendant quelques secondes, une douce lumière blanche les enveloppa. Ils réapparurent au sommet des Monts d'Enverra. Luna était à terre, évanouie, Synopz l'allongea mais plus rien ne menaçait sa vie. Un vent fort balayait la montagne. Le jeune homme se tourna vers la fille divine.
- Qu'avez-vous fait qui pourrait me déplaire ?
Hina le jaugea du regard.
- Tu veux vraiment le savoir ?
- Oui.
- Alors assieds-toi.
Les deux Sheikahs s'assirent au bord du vide.
- Qu'est ce que vous avez fait, alors ?
Hina laissa le silence régner un long moment avant de se tourner vers Synopz.
- J'ai tué tes parents...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Aroma le lundi 24 janvier 2011, 19:05:27
Bon, ben, je suis de retour, hein !
En fait, j'ai lu ton chapitre hier et je n'ai pas eu le courage de commenter. (je sais, c'est une honte, ce n'est pas digne de moi, je n'aurai pas du te laisser seul sans com' mais quoi ? Dimanche, jour du seigneur, on travaille pas ! je suis athée mais bon....)
Donc, tu m'excusera de ne pas commenter tes poèmes mais c'est que je n'ai pas vraiment la fibre poétique, je ne sais jamais quoi dire d'un poème, désolée !

Alors, venons-en au chapitre de L'ange des Ombres (je connais le titre, moi !).
Donc, ben, chouette chapitre, j'ai juste cru que Luna allait y passer et ça va pas de me faire des peurs pareilles ? Non mais quoi, je me suis inquiétée, moi !
Donc, on a des réponses (enfiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin !) mais je me demande vraiment comment tu vas nous boucler ça !

Aller Synopz, courage ! (mal placée pour dire ça, m'enfin) Je te commenterai jusqu'à la fin ! ^^

EDIT : C'est mieux maintenant, on a plus de précisions, comme la raison de l'aide de Nayru que j'avais un peu de mal à m'expliquer.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le lundi 24 janvier 2011, 19:17:38
Merci à toi pour tous tes commentaires depuis déjà un moment ! Pour Luna... Elle n'y est pas passée cette fois mais, j'envie peu ce qui va lui arriver, à elle comme à Synopz... ( Je partirais donc sur cette phrase énigmatique qui vous fera croire tout et n'importe quoi jusqu'à l'ultime chapitre \O/ )
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Aroma le lundi 31 janvier 2011, 21:52:08
Bon annif' Synopz ! ^^

(et oui, j'espionne aux fenêtres du Café mais quoi ? J'peux pas entrer je ne suis pas auteure !)
Tiens je vais en profiter : la suite de ta fic arrive bientôt ?
Moi, impatiente ?... Ben ouais.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le dimanche 13 février 2011, 18:24:55
Bon, une petite poésie ! ( D'ailleurs, je remercie ma fidèle lectrice, et je lui réponds : la suite arrivera quand elle aura lieu d'être ! )

Ces soirs

On est un de ces soirs...
Où j'ai la brume au cœur
Et l'audace de me rappeler une âme sœur.
Un des ces soirs où tout paraît sans espoir,
Ni avenir, ni soupirs,
Juste des souvenirs,
Qu'on aimerait ravoir...
De ces souvenirs qui font une vie,
Qu'on embellit pour la nostalgie,
En refusant de voir,
Que, même si ils nous enivrent,
Il en reste tant d'autres à vivre,
Presque autant qu'il reste de ces soirs...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mercredi 30 mars 2011, 21:09:42
Il y avait longtemps que je n'étais pas passé ! Je tiens donc à préciser que L'Ange Des Ombres est toujours d'actualité, je fais tout mon possible pour que le chapitre 12 débarque dans les jours qui viennent ! Ensuite, je vous propose une petite prose !

Le mur

Les âmes obscures, aux reflets d'insolence, vivent devant un mur, mur de peines, mur de souffrances. Le mur est tout. Infranchissable, insurmontable, insondable. Le mur barre l'horizon, mais, le retour en arrière est impossible. Le mur arbore un noir profond, pénétrant. Le mur est tout: passé, présent, futur. Il est les choix que l'on fera, ceux que l'on oubliera et ceux qui ne se présenteront pas... Pourtant, malgré la noirceur de cette barrière, malgré sa hauteur, je ne rêve que d'une chose... Je rêve de voler, voler loin au dessus du mur. Loin au delà des peines, loin de la terre, près des étoiles. Et quand je serai au cœur du ciel, loin des hommes, j'oublierais...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 23 avril 2011, 16:03:50
Une rose

"Je cueille une rose,
Fière et froide,
Et mon cœur s'évade...
Blanche rose,
Un peu amère,
Un peu solitaire.
Ou, rouge rose,
Un peu aimante,
Un peu blessante..."
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Mandraganon le mardi 26 avril 2011, 14:51:52
Je n'ai pas tout lu mais le peu que j'ai lu était SUBLIME
Les descriptions surtout sont époustouflantes de détails qui font la force de tes écrits.
Continue comme ça, Victor Hugo.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Yorick26 le jeudi 12 mai 2011, 21:02:14
Je viens de lire, le premier chapitre de ta fiction... comment qu'elle s'appelle déjà ? L'ange des ombres.

Alors je passe tout de suite au point négatif qui m'a sauté aux yeux. C'est la ponctuation. Tu fais un peu du n'importe quoi... enfin quand je dis un peu : majuscule manquante en début de phrase, majuscule inopinée dans une incise, aucun espace atour des points et des virgules.
J'en conviens c'est un détail, mais bon quand on est habitué à un certain type de ponctuation et que c'est fréquent, ben ça gêne un petit peu la lecture.

Je passe ensuite au reste, c'est-à-dire les bons points. Le scénario a l'air d'être sympa. J'ai commencé à lire le second chapitre. Bon comme j'ai des invités, j'ai pas spécialement eu le temps de le continuer. Et puis je me suis dit qu'il valait quand même mieux que je commente ce que j'avais lu.
L'histoire ce passe, écris-tu, 10 ans avant l'apparition du héros du temps. 10 ce n'est pas un peu court ? Si j'ai bien compris, quand tu parles du héros du temps, tu parles d'OOT. D'ailleurs Link adulte m'a l'air plus que majeur et comme le saut dans le temps avance dans 7 ans. Ce qui ferait que le Link enfant a plus de 11 ans.... Oulah ce que je dis deviens incompréhensible tout ça parce que j'étais parti de l'idée que cette Luna pouvait bien être la mère de Link tel que nous le connaissons presque tous (honte à ceux qui n'ont pas joué à OOT). Enfin, bon tout ça pour dire que mon hypothèse se trouve infirmée par les 10 ans.

J'aime particulièrement le début du chapitre 1. La description est bien faite, et je m'imagine très bien le personnage ainsi que les scènes. Tout se passe assez vite, mais pas trop avec un nombre de détails suffisant et nécessaire. Je pense que c'est le principal atout de ta manière d'écrire. Tu équilibres bien l'action, la description la pure prose et les dialogues (choses que j'ai du mal à inclure). Les conséquences sont simples, on rentre très facilement dans le texte (malgré les problèmes de concentrations) et dans l'ambiance ce qui m'a poussé à commencer le second chapitre. Je finirai sûrement de le lire plus tard (j'attendrais que tu répondes évidemment, ça comptera comme deux commentaires ;P)

Sur ce, je m'arrête. Je n'arriverai jamais à faire des pavés comme Prince (Que soit louée son inspiration débordante !).
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le jeudi 12 mai 2011, 21:08:21
Alors, pour répondre au défaut que tu as relevé, sache que, le premier chapitre date d'il y a un an, et que, j'ai vraiment progressé niveau ponctuation depuis :p

Pour le coup des 10 ans, c'est tout simple, ce que j'appelle le héros du temps, c'est le moment où Link s'empare d'Excalibur, en effet, il a beau ne pas être conscient, c'est bien à partir de ce moment là qu'il est le héros du temps (donc Link a 10 ans quand il prend excalibur, et 17 quand il se réveille). Donc, ces événements ont lieu quelques mois/semaines, avant la naissance de Link, et de Zelda, accessoirement. Je me base sur le manga et le jeu pour le scénario, donc, la guerre décrite dans la fic' n'est autre que la guerre d'unification d'Hyrule, celle durant laquelle les parents de Link sont tués, on y revient plus tard dans la fic'.

Sinon, merci pour tout tes compliments, et j'attends tes commentaires au fur et à mesure de ta lecture ;)
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Yorick26 le jeudi 12 mai 2011, 21:13:26
Au passage, pour ton défaut de ponctuation, j'avais quand même pris la peine de vérifier sur le fan site (et oui.... j'y passe pas mal de temps) et les fautes y sont aussi. Et puis mince ! XD Le temps qui a passé est-il une excuse de laisser des fautes d'orthographes gâcher un premier chapitre. C'est honteux. GdO a refait 5 fois son premier chapitre pour qu'il soit parfait. Le premier chapitre, c'est comme une intro, ça doit être parfait!!! =P

Ah d'accord. Pour l'histoire des 10 ans. Dans ma tête, il me semblait aussi que Link avait 10 ans au moment où il retire l'épée de son socle. Il doit y avoir une date quelque part dans le jeu ou dans le manga, mais c'est peut-être une convergence imaginaire.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le dimanche 22 mai 2011, 21:52:32
Le marginal

Vous m'appeliez le marginal,
Car je rêvais d'un idéal,
Qui heurtait vos morales
Et choquait vos esprits étals...

Mais, sans un mot, sans un doute,
Je suis parti sur une route,
Dont on ne revient pas sans qu'il nous coûte,
De devoir affronter ce monde où personne ne s'écoute.

Ah si vous saviez ce que j'ai vu,
Les mers et montagnes, les villes et rues.
Ah si vous saviez ce que j'ai eu,
Les larmes et cris, le sang et le pus.

Mais après voir marché vers la bohème,
Après avoir écrit tant de poèmes,
J'ai enfin compris que ce qui nous sème,
C'est la haine que nous nous portons à nous-mêmes ...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Suijirest le mardi 24 mai 2011, 14:14:29
J'suis déçu, j'm'attendais à ton chapitre 12... :/

Sinon je suis d'accord avec la conclusion.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 24 mai 2011, 21:36:27
Wolf, je te jure sur l'honneur que ce satané chapitre 12 est presque fini :p , mais, si tu veux, j'étais à un noeud du scénario et je devais faire un choix, donc j'ai écrit énormément de brouillons de ce chapitre avant de me lancer ! Donc, je vous préviens, ça parle, beaucoup, beaucoup dans ce chapitre, j'ai un peu abandonné mes interminables descriptions pour fournir toutes les explications avant la fin, donc, chapitre qui sera relativement pauvre en action, mais, qui apportera enfin les réponses à... Presque toutes les questions :noel:
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 27 mai 2011, 22:20:38
Attention, fausse alerte, ceci n'est pas mon chapitre 12 ! /!\ Le chapitre 12 tombe en cette fin de semaine, restez-là :p

Princesse déchue

Pourquoi ne veux-tu pas entendre ?
Pourquoi ne veux-tu pas comprendre ?
Tu as sûrement longtemps attendu,
Mais je ne suis pas celui qui te donnera ce qui t'est dû...
Et tu pourras pleurer, contester, continuer à aimer,
Tant que ne sera pas venu le moment - s'il doit venir un jour - je te rejetterais...
Peut-être que nous devrons nous enticher, flirter, même nous aimer,
Mais ce n'est pas le moment, car tu es arrivée trop tard et trop malmenée.

Peut-être est-ce notre destin, peut-être est-ce notre vie,
Et je ne dis pas qu'un jour ne me viendra pas l'envie
Que de nous chercher, de nous trouver ou de nous ignorer !
Mais, sois-en assurée, si au cœur de l'été, mon cœur était abandonné,
Alors, sans une crainte, je viendrais te trouver...
Non pas comme un animal esseulé, prêt à tout pour avoir quelque chose à désirer,
Mais comme un ami prêt à partager ta vie, en amitié ou en romance.
Et alors, nous nous demanderons si nous voulons tenter les amours et les sens !

Mais, en attendant que vienne ce moment s'il doit venir,
Ne crains ni le meilleur ni le pire,
Laisse-toi juste vivre, laisse les amours guider ton essence,
Et donne un but ainsi qu'une raison à ton existence...
Princesse déchue, je ne te demande pas de nier ce que tu ressens,
Je te demande juste de ne pas croire que ceci sera ton vent
Car le vent qui te portera, sera bien moins imparfait et biens moins volage,
Que ce que je pourrais jamais t'apporter, en tout temps et tout âge...

Alors, devant le clair de Lune et les étoiles,
Je n'ai plus qu'une chose à dire pour t'aider à dresser ta voile :
Tout les hommes grandissent, tout les hommes murissent ,
Et un jour, d'une manière ou d'une autre, leurs peines s'évanouissent...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 28 mai 2011, 22:22:59
Triple post de la mort pour mon... Chapitre 12  8-)  Et oui, vous l'avez attendu, vous l'avez espéré, et, il est enfin là... De grosses révélations en perspective !

Chapitre 12 : Désolation

"Tu vis ?
Non, je meurs.
Je meurs d'envie,
De voir le monde accepter son erreur.
Je meurs d'envie,
De voir le monde céder à la peur,
Mais, surtout, je meurs d'envie,
De t'avoir avec moi pour les dernières heures..."

Synopz demeura silencieux, pendant plusieurs minutes, debout face au vide, offrant son visage à l'immensité. Le vent soufflait sur la montagne, fort et apaisant à la fois. Hina les avait tués, il ne savait pas pourquoi, il ne savait pas comment, mais, elle l'avait fait. La vérité le frappa, de plein fouet. Il se leva, brusquement.
- Vous avez... Vous avez tué mes parents !
Hina demeura impassible.
- Oui, je les ai tués. Rapidement, sans souffrances inutiles...
Synopz tremblait, chacun de ses mouvements trahissaient une colère intense et une menace mortelle. Sa main se posa instinctivement sur le manche de son arme, il dégaina légèrement sa lame, révélant ainsi la couleur noire de l'acier. Il resta immobile pendant d'interminables secondes.
- Et si... moi, je vous tuais ?
Hina bondit, instantanément. Une rapière translucide se matérialisa dans ses mains, elle para le coup de taille de Synopz, se mouvant à une vitesse effarante. La fille divine repoussa du pied la lame du Sheikah, se remit en garde et sauta violemment en arrière pour esquive un mortel coup de coté. Hina atterrit sur ses jambes et dérapa sur la terre sèche. Les deux adversaires se toisèrent un instant du regard. Synopz banda ses muscles prêt à sauter pour une attaque dévastatrice et... S'écroula à terre, assommé, la silhouette chancelante de Luna debout derrière lui, tenant dans ses mains la garde de son arme. Hina fixa le jeune fille avec reconnaissance, Luna sourit avec amertume.
- Il s'emporte un peu, parfois... Murmura-t-elle.
- J'ai vu cela, mais, cette fois, je crains que ce soit ma faute princesse des ombres.
Il sembla alors à Luna qu'elle voyait enfin la fougueuse Hina sous son vrai jour, vieille, terriblement vieille, et accablée de remords. Des remords dont elle ne se déferait jamais. La rapière translucide s'évanouit des mains d'Hina, celle-ci scruta alors le ciel pendant de longues minutes, sans prononcer une seule parole. Les deux femmes restèrent ainsi, silencieuses, leurs longues chevelures flottant au gré du fort vent des monts d'Enverra. Au bout de longues minutes, Hina soupira, avant de se tourner vers l'héritière des ombres.
- Il est temps pour vous de partir, princesse, mais, avant ça, je vais devoir te raconter, tout te raconter car mes jours sont comptés...
Luna soutint le regard perçant de la fille divine, avant de parler, simplement, fermement.
- Je suis prête. Et, mes jours sont tout aussi comptés que les vôtres...

***
Synopz entrouvrit doucement les yeux, une atroce douleur provenant de l'arrière de son crane le traversa. Le Sheikah se trouvait dans une vaste pièce à la lumière tamisée, la chaleur montait des murs, ce devait être le début de l'après-midi. Il était couché sur une petite paillasse posée contre le mur du fond. Quelques rais de lumière filtraient du plafond troué. Synopz connaissait cet endroit, il était déjà venu, des dizaines de fois, mais, à chaque fois qu'il pensait pouvoir l'attraper, le souvenir lui échappait. La princesse des ombres pénétra alors dans la pièce, toute en finesse.
- Où sommes-nous ? Gémit le jeune homme.
Luna sourit, l'air moqueuse, et s'approcha de lui.
- Tu ne reconnais pas l'endroit, élu ? Je suis plutôt déçue...
- Arrête un peu ça et réponds-moi, Luna !
La jeune fille étouffât un rire.
- Dans la maison d'esprit d'Impa, évidemment ! Ne me dis pas que tu as oublié le temps que nous avons passé ici, à essayer de " trouver la voie du destin " comme elle le disait si bien !
La révélation fit l'effet d'une claque à l'élu. La maison d'esprit de leur mentor ! Les heures passées à méditer, à se battre jusqu'à maîtriser tout ses mouvements à la perfection revinrent au garçon. La maison était située loin dans le désert, à quelques encablures de l'entrée des monts d'Enverra. Luna ne pouvait pas aller autre part avec lui évanoui, elle avait choisi le plus sûr et le plus proche.
- Impa est ici ?
Luna se mordit la lèvre inférieure.
- Oui...
Synopz soupira.
- Ça devait arriver. Ce que j'ai fait était nécessaire !
- Oui, elle ne t'en veut pas.
Un sourire furtif éclaira le visage de la princesse. Synopz avait fait quelque chose de complétement insensé mais, la colère qui avait alors pris Impa était mémorable ! Elle avait ruminé pendant des semaines. Quand l'exil de Synopz fût annoncé, elle se trouvait en mission pour le conseil Sheikah. A son retour, la nouvelle l'atterra et elle prit la décision de se jeter sur les traces du banni. Après l'avoir pisté pendant près d'une semaine, elle s'était arrêtée en rase campagne pour la nuit. Le jeune homme s'était alors glissé jusqu'à elle et l'avait dépouillée. La fière guerrière avait alors dû rentrer, furieuse. L'élue fut interrompue dans ses pensées par une douloureuse question.
- Pourquoi m'as-tu frappé, Luna ? Pourquoi es-tu intervenue ?
- Il aurait fallu éviter de faire le malin, élu des ombres... Dit-elle, sarcastique.
Le Sheikah se mit à trembler de peine et de rage.
- Elle n'avait pas le droit... Elle ne pouvait pas...
Luna mit un doigt sur ses lèvres.
- Chut, élu... Le passé ne revient pas, il ne fait que forger l'avenir...
- Pourquoi, Luna ? Pourquoi tant de sang ?
Luna baissa les yeux et se tut. Il n'y avait rien à répondre. Il n'y avait que la douleur, infinie.
- Synopz, je... Je ne pense pas... Tu ne dois pas la haïr ! Lâcha à contrecœur la jeune fille.
L'élu des ombres ferma les yeux.
- Que veux-tu dire ?
- Elle n'avait pas le choix ! S'emporta Luna.
Synopz la repoussa, brusquement.
- On a toujours le choix ! Toujours !
Luna se releva, abandonnant le Sheikah souffrant sur le sol.
- Tu ne comprends pas ? Tonna-t-elle. Tu ne vois donc pas que chacun des gestes, chacune des paroles d'Hina n'avaient qu'un seul et unique but ?
Synopz eût un sourire, cynique.
- Et ce but, c'était de nous utiliser ? Nous ne sommes que des instruments, alors ? Tour à tour, pantins d'une légende qui veut nous détruire puis armes d'une vengeance qui n'est pas la nôtre... Nous sommes pitoyables. Quand vivrons-nous pour accomplir notre destin, seulement le nôtre, et pas celui de divinités hypocrites ? Quand, Luna ?
La princesse des ombres avait les larmes aux yeux.
- Et moi ? Et moi, élu imbécile ? Qu'est ce que tu crois ? J'ai passé tant de nuits à rêver d'autre chose, tant de temps à essayer de me convaincre qu'un autre destin nous attendrait... Mais ce destin n'est jamais venu, et il ne viendra jamais, c'est ainsi Synopz, et pas autrement... Hina a tué tes parents pour toi, elle l'a fait pour te protéger, tout comme la folie sanguinaire qui t'a condamnée à l'exil n'était là que pour t'éloigner de ceux qui tenteraient de te pervertir... Hina a fait tout ceci uniquement pour te protéger. Te protéger des autres et, de toi-même, élu...
- Mais...
- Impa veut nous parler à tout deux, quand tu seras remis. A plus tard, élu... Dit-elle, rageuse.
Luna tourna les talons et quitta la pièce, furieuse. Synopz tempêta quelques minutes, seul, avant de sombrer à nouveau dans un profond sommeil.

Il se réveilla alors que la nuit semblait déjà avancée, le Sheikah se releva avec lenteur et précaution, puis, fit quelques pas dans la pièce. Rassuré sur son état de santé, l'élu des ombres poussa la porte de sa modeste chambre. Il savait déjà où Luna et Impa l'attendaient, sur le toit, comme c'était l'habitude de la maîtresse Sheikah. Se glissant sous les étoiles par une petite fenêtre, Synopz atteignit le toit en tuiles sèches de la maison en quelques tractions. Il avait vu juste, la princesse des ombres conversait à voix basse avec la sage Impa. Il n'avait pas esquissé un mouvement, pas fait un bruit, que Impa se tournait déjà vers lui.

La future sage de l'ombre portait sa tenue habituelle, une armure légère en métal souple, ornée du symbole des ombres : l’œil à la larme. Ses cheveux blancs courts frissonnaient sous la brise nocturne, faisant briller ça et là, de brefs reflets de Lune, qui contrastaient avec le vermillon de ses yeux. La Sheikah était à l'image de son peuple : altière, belle, sauvage, mystérieuse et mélancolique. Elle eût un bref sourire compatissant lorsque elle aperçut le jeune homme, mais, il s'évanouit aussi vite qu'il était venu. Synopz vint s'asseoir, au bord du vide, à coté de Luna. Impa se releva et contempla longuement l'horizon. La nuit était claire, profonde, impénétrable, elle parait les lieux d'ombres rassurantes, dissimulant la beauté des choses en son sein. La Lune nimbait le tout d'un halo lumineux presque irréel, le sable reflétant sa lumière pâle. Le désert était tel l'âme du peuple de l'ombre : perdu entre clarté et obscurité, égaré entre justice et vengeance, oublié entre ombre et ténèbres... Impa huma profondément l'air du soir avant de commencer.
- Luna, Synopz, sachez que la plus grande fierté de ma courte existence restera de vous avoir connus, formés et éveillés... La princesse des ombres et l'élu oublié... Ces titres vous conviennent plus que jamais aujourd'hui. Dans trois jours, l'armée des traîtres à la couronne d'Hyrule tentera d'envahir le bourg, et je peux déjà vous dire qu'elle n'y arrivera pas mais, que, en contrepartie, le peuple de l'ombre y trouvera sa fin. Les déesses en ont décidé ainsi, les événements qui sont survenus allaient tous dans ce sens. Nos divinités ont orchestré cette bataille, elles ont orchestré la disparation des Sheikahs.
Le vent vint caresser les trois combattants de l'ombre.
- Et, l'implication d'Hina dans l'accomplissement de cette légende, quelle est-elle ? Questionna la princesse des ombres.
- Hina a tenté par tout les moyens de modifier le cours des choses, de modifier la légende. C'est pour cela qu'elle a tué tes parents, Synopz - elle désigna le jeune homme d'un hochement de tête - et c'est également pour cela qu'elle a déclenché ta folie, te condamnant à l'exil.
Synopz ferma les yeux quelques instants.
- Alors, malgré toute la haine que je porte à cette femme, je tenterais d'oublier...
- Tu ne pourras de toute façon jamais te venger de la fille des déesses, élu. Le pacte qu'elle a passé il y a près de 4000 ans stipule qu'elle trouvera la mort en même temps que celle de son peuple, dans trois jours, donc...
Luna frappa une tuile d'un poing furieux.
- Tout est donc planifié ? Fixé ? Depuis le début ?
Impa eût un sourire amer.
- Tout...

Le silence retomba sur le toit de la maisonnée, la nuit emportant avec elle les sombres rancœurs des représentants du peuple de l'ombre. Luna se releva, le regard posé sur l'horizon où les premières traces de l'aube se dessinaient déjà, ses longs cheveux blancs voletaient autour de son visage fin. Elle baissa le regard sur Synopz.
- Le destin nous appelle, et avant de l'affronter, il nous reste trois jours... Viens vivre ces trois jours avec moi, élu des ombres !
Impa ne put retenir un sourire ironique, tandis que le jeune Sheikah se levait lui-aussi.
- Je viendrais avec toi, princesse des ombres ! Et quelque soit l'issue de notre destin, je resterai toujours en ta compagnie...
Luna tendit sa main au jeune homme qui la saisit aussitôt. Ils étaient là, au bord du toit, l'immensité du désert et de la nuit devant eux. Impa finit par se relever, elle se tint silencieuse derrière les deux élus pendant un long moment. Elle finit par parler, un léger sourire éclairant son visage et quelques larmes mouillant ses yeux.
- Élus, je crois qu'il va être temps pour nous de nous séparer... Je n'ajoute qu'une chose, comme vous l'a déjà dit la future sage de l'esprit : certaines légendes ne meurent jamais... Et vous êtes de ces légendes !
La maîtresse Sheikah plongea dans le vide et disparut aussitôt vers une destination inconnue. Synopz regarda longuement l'endroit où venait de disparaître Impa. Luna et lui prononcèrent d'une même voix la seule parole qui méritait d'exister en cet instant...
- Merci...
Les premières lueurs du jour surgirent à l'horizon. Il restait trois jours.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Suijirest le jeudi 16 juin 2011, 17:37:14
J'trouve qu'il ne se passe quand même pas grand chose dans ce long post... v.v

Vivement la suite qui devrait, si j'ai bien suivi, tout déchirer. ;)
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le dimanche 03 juillet 2011, 22:43:47
Voilà, je vous présente un début d'idée pour une prochaine histoire ! Alors même si cette scène semble très classique, je compte après jouer du classicisme de l'histoire pour la rendre originale ! Bref, lisez !

La fille à la rose

Je crois que... Je crois que je n'ai jamais su qui j'étais vraiment... Une ombre, un mirage, un rêve, peut-être ? Je ne sais pas. D'ailleurs si je savais, est-ce que je m'obstinerais comme je le fais maintenant ? Non, je ne pense pas... La seule raison qui m'a poussé à tant combattre, c'est le doute qui m'habite depuis toujours, l'incertitude qui me guète depuis le commencement. Le doute, voilà bien un sentiment qui me représente, voilà bien un mot me caractérisant...

10 ans auparavant - Terre brûlée d'Ysalf

Lyan jeta la rose du haut des falaises... Une seconde, la rose dans ses mains, une seconde, la rose dans les airs. Qui l'avait emmené, qui l'avait prise ? Qu'avait-elle cru ? Des questions... Toujours des questions, sa vie, ce n'était que des questions, jamais de réponses, jamais de soulagement, jamais de joies, juste des questions. Pesantes, harassantes, lourdes.

La rose dessina une longue courbe dans le ciel gris pâle. Une courbe fine, gracieuse, qui sembla éclairer l'aube. Les pétales, emportés par la chute, se détachèrent, un à un. Ils voltigèrent au vent quelques secondes avant de heurter doucement la surface de la mer déchaînée. Les pétales disparurent, happés par les flots, balayés contre les abruptes falaises de la forteresse.

Lyan secoua ses longs cheveux dorés, comme pour s'éveiller, comme pour se libérer d'une invisible entrave. Ils étaient là, aux portes. Une larme, seule et unique vint, à la suite des pétales de roses, heurter l'onde. Elle savait ce qu'il lui restait à faire, il lui restait à mourir en reine, en souveraine !

Des pas résonnaient dans les couloirs du château, signes annonciateurs d'une inévitable défaite. Des pas qui claquaient au rythme de la mort. Glacials. La troupe en noir passa quelques portes avant de déboucher sur le plus haut balcon de la forteresse. La jeune reine attendait, seule, comme le voulait la tradition de son peuple. Elle se retourna.

Lyan laissa son regard errer sur les hommes en noir. Ils avaient réussis, ils étaient les plus forts. Un homme plus imposant que les autres s'approcha, cape rouge, général de l'empire auto-proclamé, songea-t-elle. L'homme s'inclina.
- Mort ou déshonneur ? Dur destin que le vôtre, ma reine... Qu'allez-vous choisir ?
La jeune fille soupira, sa décision était prise depuis bien longtemps. Elle tendit la main, et une rose apparut. La rose, intacte. Lyan recula d'un pas, porta la rose à son cœur et sentit son enivrant parfum. Oui, elle ne reculerait pas... La reine d'Ysalf se laissa chuter en arrière, se laissa chuter dans le vide. Rose contre le cœur... Un battement, la jeune fille est sur le balcon. Un battement, elle décrit une gracieuse parabole. Un battement... Il n'y a plus de jeune fille.

Le général impérial s'approcha du vide. La reine Lyan était morte, l'empire vivait. Il se retourna vers ses hommes et dégaina sa lame :
- Gloire à l'empire !
Les hommes imitèrent son geste.
- Gloire à l'empire !
Et tout autour d'eux, la nature murmura bien autre chose...
- Paix à la reine...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 22 juillet 2011, 19:34:49
Double-post pour une poésie :)

Enfant

Enfant de la route,
Enfant du doute.

Enfant de la Terre,
Enfant des airs.

Enfant de l'amour,
Enfant du détour.

Enfant de la rage,
Enfant sage.

Enfant du Soleil,
Enfant de l'éveil.

Enfant de la Lune,
Enfant des dunes.

Je suis fils de ces choses,
Fils du vers et de la prose.

Et je manie les lettres,
Et je manie les tempêtes,
Pour être à la fois juste et traître,
Pour être à la fois immobile et en quête.

En quête d'une vérité,
Une vérité trop souvent ignorée.

La vérité de la vie,
Ses sorties, ses chemins,
Ses doutes, ses envies,
Sa brutale fin.

Je cherche un peu de tout ça,
Et je te cherche toi.

Toi qui m'obsèdes,
Toi qui m'observe,
Toi qui m'aide,
Toi et ta verve.

Après quelque temps passés,
J'ai enfin trouvé.

J'ai trouvé deux réponses à ces choses,
Y ressemblant quelque peu,
Une princesse des roses,
Et une vie d'aveux.

D'aveux à soi-même, d'aveux d'une envie
L'envie... De vivre ma vie.

Alors, je vis, debout et droit,
Droit vers ce que je pense,
Droit envers mes lois,
Droit envers mes souffrances.

Je vis aussi avec toi,
Et je vis avec l'amour, celui entre toi et moi.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Suijirest le samedi 23 juillet 2011, 16:09:53
C'est beau. ^x^

Je visualise bien un acteur déclamer cette poésie avec de grands gestes façon drame de Shakespeare, et ça le fait.

En dépit que le nombre de rimes ne me semble pas respecté, félicitations pour ton texte ! :)
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le samedi 23 juillet 2011, 16:48:30
Merci Wolf  :ash:

En effet, je ne versifie pas mes poèmes, non pas que je trouve ça inutile, mais, je trouve que, c'est s'ajouter des contraintes qui vont me forcer à dénaturer ce que je veux dire ! Jai déjà rédigé quelques poèmes versifiés, mais, je le fais uniquement quand je pense que ça peut apporter quelque chose au texte !

J'en profite pour dire au passage que l'avant-dernier chapitre de l'ange des ombres, le chapitre 13, a enfin commencé à être écrit :p
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le vendredi 05 août 2011, 19:08:34
Tiens, je me mets à un genre inhabituel, une chanson ! Après, ça reste dans l'idée, chanson parlée/chantée  ;)

Chanson à Laura

- Embrasse-moi...
Elle avait dit ça,
Et j'étais là, et j'étais là.
Et toi, Et toi...

Tu m'as regardé, tu m'as effleuré...
Qu'aurais-je pu faire ?
Qu'aurais-je pu faire ?
Rien d'autre que ce que j'ai fait.

Nos lèvres se sont trouvées,
Mais comment aurais-je su ?
Mais comment aurais-je su ?
Que tu les aimerais...

- Caresse-moi...
Elle avait dit ça,
Et j'étais là, et j'étais là.
Et ta voix, et ta voix...

Elle m'a caressée,
Qu'aurais-je pu faire ?
Qu'aurais-je pu faire ?
Pour te rendre ce que tu m'as fait.

Nos corps ont tremblé,
Mais comment aurais-je su ?
Mais comment aurais-je su ?
Que cette vérité te conviendrait...

- Aime-moi...
Elle avait dit ça,
Et j'étais là, et j'étais là.
Et au fond de moi, au fond de moi...

J'ai alors su que moi aussi,
Qu'aurais-je pu faire ?
Qu'aurais-je pu faire ?
Pour te prouver ce que j'ai appris.

Tu m'as dit de me taire,
Mais comment aurais-je su ?
Mais comment aurais-je su ?
Que tu devinais mon aimante lumière...

- Viens avec moi...
Elle avait dit ça,
Et j'étais là, et j'étais là.
Et pour toi, pour toi...

Je suis venu,
Qu'aurais-je pu faire ?
Qu'aurais-je pu faire ?
Pour résister au bonheur entrevu.

Nous sommes partis,
Mais comment aurais-je su ?
Mais comment aurais-je su ?
Que ce serait ou non pour la vie...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Yorick26 le mercredi 17 août 2011, 14:17:52
Salut !
Je crois que c'est la première fois que je viens sur ton coin littéraire. En fait c'est sûrement dû au titre de ton petit coin : "Errements Poétiques". Je ne suis pas très poésie. Plus précisément, j'aime bien, mais sans plus et je n'ai pas la fibre poétique. Du coup je n'ai pas été spécialement été attiré par ton topic, mais cette fois ça y'est ! Je suis sur ton topic et j'ai lu un petit truc. Enfin je n'ai lu qu'un petit truc. Je me suis attaqué à ce qui ressemblait en définitive le moins à un poème. J'ai lu La fille à la rose et je peux te dire que j'aime bien. C'est simple. Il ne se passe pas grand chose en terme d'action mais ça nous convient. Enfin ça me convient. C'est dans l'ensemble assez poétique (mouarf ... disons plutôt assez joli) et j'avoue que j'aimerai bien lire une suite parce que le style me plaît et que ton premier texte est accrocheur.

Voilà, ce n'est pas un pavé, mais c'est un commentaire qui j'espère te fera plaisir. Cette ambiance me fait penser un peu à un Tales of (je rejoue à Tales of Vesperia).
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: John Craft le mercredi 17 août 2011, 15:37:01
Synopz, je trouve ta chanson trop... "plate". Elle utilise des formules entendues mille fois déjà, dans un thème trop éculé, trop vu, vu et revu. C'est joli et chantant, mais ça a un cruel manque d'originalité, hélas.
Ah, si, y a un beau passage, c'est "comment aurais-je su que tu aurais pu aimer mes lèvres"; cette tournure est très jolie et bien trouvée.
Autrement, le reste n'est pas assez inventif, et se repose trop sur d'autres textes du genre.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le jeudi 18 août 2011, 11:50:44
Mais c'est un déchaînement de commentaires :p

Yorick > Si, si, tu es déjà passé sur ce topic, tu avais lu le début de ma fic et tu l'avais commentée ! En tout cas, merci pour ton commentaire, et surtout, si tu aimes la fille à la rose, reste-là dès l'ange des ombres fini, je m'y attaque !

JC > Effectivement la chanson est peu originale mais, c'est le genre de texte qu'il est de toute façon très dur de rendre original, écrire une chanson sur un thème amoureux, c'est presque la certitude qu'elle ne sera pas originale ! Mais, je concède largement que ça fait " ré entendu des milliers de fois "  :ash:

Et la formule, " comment aurais-je su que tu aimerais mes lèvres " moi aussi, je la trouve classe :niak:
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 23 août 2011, 22:31:23
Tiens, je vais piquer une rubrique à notre ami John :niak:, oh bien sûr, ne vous attendez pas à ce que j'en poste aussi régulièrement que lui ! Oui, on parle bien de maximes  ;)

Condition humaine

Avoir conscience des chaînes qui vous entravent, c'est pire que de vivre dans leur ignorance, parce que vous savez que vous ne les briserez pas...
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Condition Humaine ]
Posté par: Synopz le mardi 27 septembre 2011, 19:26:26
OMG LE TOPIC RENAIT !  :niais:

Oui, après cette pause estivale, parce que, faut bien que je me repose, hein  v.v Je fais enfin un peu renaître ce pauvre petit topic ! Fixons-nous un programme si vous voulez bien, les gens ! En effet, même si je me doute que... * Lance un long regard scrutateur autour de lui * Je disais donc, même si je me doute que personne n'est venu depuis biiiiiiiiiiiiiiiiiiien longtemps, il faut bien que j'avance ! Alors, au programme d'ici, la fin de l'année dirons-nous :

- Suite et fin de L'Ange Des Ombres ( chap. 13 et 14 + épilogue ) parce qu'il est temps pour mon tout premier essai littéraire de se refermer  v.v

- Nouvelle(s) fic(s), La Fille A La Rose, de sûr, et si je trouve la motivation et le temps, j'aimerais tenter une fic' Metroid !

- Peut-être l'instauration de maximes, ou tout du moins, de petites citations, de moi, et peut-être d'autres avec quelques analyses personnelles !

- Enfin, encore et toujours, des poésies le plus régulièrement possible histoire d'entretenir mon petit coin littéraire à moi  v.v

Et, bon, vu qu'on est quand même là pour lire, j'vous laisse sur une petite poésie !

Trois mots


Tu m'as donné trois mots, trois mots.
Mots qui résonnent, mots qui frissonnent.
Vie, rire et amour, trois mots en écho...
Des mots qui s'enlacent et détonnent.

Des mots d'espoir, des mots de départ,
Vie, rire, amour, tu as choisi.
Est-ce trop tôt ou trop tard ?
Qu'importe tant que vit l'envie !

Encore, fait virevolter ces couleurs,
Car encore un jour pourront venir
De claires heures, de sombres heures...
Et le passé deviendra avenir.

Alors, tu m'as donné trois mots, trois mots.
Mots qui résonnent, mots qui frissonnent.
Vie, rire et amour, trois mots, trois mots...
Et à leur rythme ta vie résonne !
Titre: Errements Poétiques - [ Le Topic Renaît ! Et Poésie : Trois mots ]
Posté par: Suijirest le mercredi 28 septembre 2011, 16:06:48
Intéressant, comme d'habitude. ^,^

Juste que...

Vie, rire et amour, trois mots, trois mots...
Et à leur rythme ta vie résonne !


La répétition me semble nuire au sens du texte. :-X

Pour ta maxime, je citerai Le Procès de Franz Kafka :

Citer
Il est des chaînes moins lourdes à porter que la liberté.

Ça se recoupe. Il est vrai qu'on mesure notre impuissance en voyant nos contraintes, mais c'est plus facile de laisser faire les autres, ceux qui nous tiennent, que de nous débrouiller nous-mêmes. L'impuissance est le prix à payer quand on est inapte à l'indépendance.

En revanche, je ne vois pas le rapport entre le titre et le contenu. Ta phrase ne me semble pas relever de la "condition humaine". Du moins c'est un concept que, personnellement, je ne vois pas dans cette optique, j'aurai davantage cogité sur "ce qui fait de nous un humain ou un monstre".
D'après moi, ta maxime débattrait plutôt sur la liberté ou le libre arbitre. Elle aurait pu aborder le domaine social, mais alors il faudrait la développer.
Titre: Errements Poétiques - [ Le Topic Renaît ! Et Poésie : Trois mots ]
Posté par: Synopz le mercredi 28 septembre 2011, 17:41:35
Enfance (Concours croisés)


«  On m’a appris une comptine, quand j’étais petit,
Une comptine qui arriverait en vrai pendant ma vie
Ça parlait de fin des temps ou quelque chose comme ça
Quelque chose qui serait très bientôt là….

Maman m’a toujours chanté cette histoire,
En me disant qu’il ne faudrait pas de peur mais de l’espoir.

Elle me disait que c’était un gentil et marrant jeu,
 Qu’elle serait avec moi, qu’on serait tous les deux
Et que je devrais être un gentil garçon, sage et fort.
Au fond de moi, je savais qu’elle avait un peu tort…

Mais, à ma maman, je n’osais pas le lui dire,
Parce que tout le monde parlait de ce jeu à venir.

Je ne comprenais rien à rien, ça parlait d’une grande maladie
Qui vous prenait même au fond de votre lit.
Et du coup il y avait des chutes de ministères,
Des conflits armés ou de méchantes guerres.

Je ne comprenais vraiment pas tout,
Même presque rien du tout.

À l’école, des grands m’avaient raconté,
Que le monde allait s’arrêter de tourner,
Que les humains avaient tout déclenché
Et qu’une bizarre de grippe faisait que tout le monde y passait.

Mais, moi, je ne les ai pas crus,
Parce que maman m’avait dit « Ne les écoutes plus ! »

Puis, un beau matin où il faisait bien soleil,
Juste à peine après mon réveil,
Maman est arrivée, un peu énervée,
Elle m’a habillé et le jeu a commencé…

Elle a continué à me dire que c’était un gentil et marrant jeu,
Qu’elle était avec moi, qu’on était tous les deux.

Alors, main dans la main avec ma maman,
On a marché pendant très, très longtemps.
Les grosses voitures ne roulaient plus,
Il y avait beaucoup de grandes personnes dans les rues.

On est arrivé devant une longue queue,
Et on a attendu, attendu en tremblant un peu.

Puis là, des messieurs nous ont fouillés,
Ils nous ont tous piqués,
Ils ont dit que c’était pour contrôler la maladie,
Pour qu’on reste tous en vie.

Et on s’est installés avec Maman,
Dans une grande cave, pendant longtemps.

Et là, j’ai passé pleins de longs, longs jours,
À longtemps, attendre, attendre notre tour
Pour pouvoir être mis loin en sécurité,
Comme les grands messieurs nous disaient
 
Et je voyais tous les autres gens,
Qui partaient lentement.

Maman m’a dit qu’ils faisaient tous semblants,
Que c’était le jeu, que ça ne durerait qu’un temps.
Ma vue a commencé à être un peu bizarre,
Je voyais en plein jour comme dans le noir.

Maman continuait à me dire que c’était le jeu,
Qu’elle était avec moi, qu’on était tous les deux.

Ma tête est finalement devenue toute brûlante,
Maman me borde, m’embrasse, elle est apaisante.
Elle-aussi commence à se sentir mal, et il n’y a pas que nous deux.
Mais, elle continue à dire que c’est un jeu.

Ce soir, tout  autour de moi est noir, je ferme les yeux.
Maman dit que ce n’est qu’un jeu. »

Merci une fois de plus à toi Wolf, tu dois bien être le seul à passer de temps à autres  :niak: D'ailleurs, j'ai pris du retard sur la frontière, moi  v.v

Pour ce qui est du poème, je t'accorde que la répétition ne rend pas le sens très clair ! Peut-être remplacer vie par existence ?

Et pour ce qui est de la maxime, personnellement, je l'associe à la condition humaine, tout simplement parce que, pour moi, le propre de l'homme est de ne pas être libre ! C'est d'ailleurs un thème que l'on retrouve quelque peu dans l'Ange Des Ombres avec l'idée de fatalité ! En effet, selon moi, l'intelligence de l'homme l'amène finalement à ne pas être libre en raison du conditionnement permanent que l'on subit dès la naissance : on naît dans telle culture, alors on pense de telle manière, nous sommes orientés, conditionnés depuis toujours, la sensation ou le ressenti de liberté lui-même est faussé car en quelque sorte " artificiel ". Voilà pourquoi je rapproche cette phrase de la condition humaine : si tu es homme, tu n'es pas libre !

Edit : Youhou page 7 ! \O/


Titre: Errements Poétiques - [ Le Topic Renaît ! Et Poésie : Trois mots ]
Posté par: Synopz le lundi 10 octobre 2011, 22:05:50
OMG, un poème, trop surprenant !  :niak: Mais attention, ce n'est pas un poème comme d'habitude ! Sauras-tu trouver le détail qui tue ? Mais oui ! Ce poème est en pieds égaux ! Je m'essaye pour la première fois au sadisme des pieds, soyez indulgents  :niak:

Que reste-t-il ?

Et après tout, que reste-t-il ?
Il ne reste que les tempêtes...
Et après tout, que reste-t-il ?
Oh, que les cœurs qui s'entêtent.

Ce soir, je meurs, ce soir
Comme tant d'autres soirs

Et après tout, que reste-t-il ?
Après la mort, la vie, l'amour...
Et après tout, que reste-t-il ?
Après les baisers, le velours...

Encore, tourne, une fois
Comme tant d'autres fois

Et après tout, que reste-t-il ?
De nos rêves brisés, oubliés...
Et après tout, que reste-t-il ?
De nos amours lésés, blessés

Ce matin, je rêve,
A une nouvelle trêve...

Et j'ai cherché ce qu'il restait,
Par delà la nuit, par delà le jour.
Et j'ai cherché ce qu'il restait,
Me rendant aveugle et sourd.

Encore, j'ai continué,
Continué l'insensé.

Et j'ai cherché ce qu'il restait,
Vers l'aurore, vers le couchant.
Et j'ai cherché ce qu'il restait,
M'égarant à travers le temps.

Et j'aurais pu douter,
Douter, abandonner.

Et j'ai cherché ce qu'il restait.
Et j'ai finalement trouvé.
Et j'ai cherché ce qu'il restait,
pour trouver qu'il fallait douter...

Douter de mes peines,
Douter de mes reines...
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Le Pardon Effleuré ]
Posté par: Synopz le mardi 13 décembre 2011, 20:51:48
Une nouvelle poésie en coup de vent sur ce topic où je ne poste plus souvent, malheureusement !

Le Pardon Effleuré 

" S'il suffisait de quelques vers...
Pour effacer ces choses amères,
S'il suffisait de quelques rimes,
Pour nous sortir de l'abîme...

Comme il a fui, le temps
Comme il a lui le moment

Loin sont les tendres souvenirs,
Où nous faisions des promesses d'avenir,
Obsessions, départs, cris et fuites,
Nous connaissions sûrement la suite...

Comme il est dur, le mot
Comme il est sûr, le sot

Sûr de ses vaines erreurs ?
Toi qui fut amie, proche, presque sœur
Et l'est peut-être un peu, encore,
Si tu daignes aider une fois de plus mon sort.

Dis-moi donc, ce son, ce son...
Comme il est dur, le pardon.

Il est des choses inchangées,
Que je ne pourrais éviter, corriger...
S'il te plaît, oh, s'il te plaît,
Ne méprise pas trop mes faits...

Comme elle est facile, la déraison,
Comme elle est dure, la rédemption.

Et je ne sais même pas si cette fois,
Je serais à la hauteur d'autrefois,
Mais en une ultime tentative,
Laisse-moi essayer de guérir la plaie vive.

Comme elle fait mal, la vérité,
Comme il est dur de se contrôler.

C'était là tout ce que j'avais à te dire,
Toi ma confidente dont me manquent les rires.
Peut-être que cela ne te conviendra pas,
Que tu ne voudras pas... Alors, je serais toujours là.

Comme elle est vraie, l'amitié,
Comme elle est belle, la réciprocité..."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Le Pardon Effleuré ]
Posté par: Suijirest le mercredi 14 décembre 2011, 09:37:09
J'aime cette poésie au-delà de toute expression. :niais:

Je crois que tu viens d'égayer ma journée, et peut-être même ma semaine Synopz. ^,^

edit : flûte de filtre québecois. >.<
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Le Pardon Effleuré ]
Posté par: Synopz le jeudi 15 décembre 2011, 11:34:21
Merci à toi Wolf, ça me fait bien plaisir  ^,^ Bah, j'vais donc en profiter pour remettre encore une poésie !

Frisson

"Juste ta peau,
Jeux amoureux,
Juste tes lèvres...

Un frisson de vie,
Oui, car l'enfant grandit,
Il découvre l'interdit...
Ou plutôt le non-dit.

Quand les corps s'éprouvent
Les lois s'écroulent,
Les lèvres se trouvent...
Nous sommes si loin de la foule.

Juste l'instant,
Il est là, il attend...
Mais non... Il a déjà fui

Le frisson était si vrai,
Une si belle vérité, un si beau fait,
Que de grandir, essai après essai...
Que de pouvoir dire que l'on sait.

Quand l'enfant mûrit, il abandonne,
La plus pure des innocences,
En échange d'une chose qui détonne :
La plus magique des expériences... "

Edit : Et le filtre québécois, ça soule  >.<
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Frisson ]
Posté par: Supersigo le jeudi 15 décembre 2011, 23:16:37
Un filtre québécois ? Késaco ?  :|
Sinon j'aime bien ton style d'écriture Synopz.  ^,^
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Frisson ]
Posté par: Synopz le jeudi 26 janvier 2012, 22:47:44
Nouvelle poésie, et que dire d'autre... Ah oui, le cadavre de L'ange des Ombres frémit parfois encore, alors, il se réveillera peut-être prochainement ?

Éternité

"Dans l'ombre, je ne me cache pas
Dans le noir, je ne m'y trouve pas
Sous la Terre, je ne vis pas
Dans ma tombe je n'y suis pas...

Je suis le vent qui caresse,
La pluie qui tombe sans cesse.
Je suis le temps qui passe,
Les traces qui s’effacent...

Je suis le chasseur et le chassé,
Le début, la fin, l'amant et l'aimé.
Je suis tout, n'oublie pas,
Dans ma tombe je n'y suis pas...

Je suis l'instant et l'éternité,
Celui qui sait pour mieux oublier,
Ne pleure pas pour moi, ne pleure pas
Car dans ma tombe je n'y suis pas...

Je suis les étoiles dans la nuit,
Le froid, le chaud, tout ce qui a fui
Je suis partout à chaque endroit
Je suis partout et avec toi.

Alors ne pleure pas, ne pleure pas
Car dans le noir je ne m'y trouve pas
Sous la Terre je ne vis pas,
Dans ma tombe je n'y suis pas... "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Éternité ]
Posté par: Prince du Crépuscule le mercredi 15 février 2012, 16:23:30
Bon, comme dit, mon commentaire est un peu une aberration à cause du crash et du roll-back qu'il a engendré, mais j'ai pas le courage de le modifier complètement, alors je le poste tel quel. On va dire que ce sera la preuve des terribles épreuves que nous avons traversées. Ou un truc du genre. Ou pas en fait. :roll:

Bref, le voilà. J'espère qu'il te sera compréhensible, Synopz.




"Tiens, un JeK sauvage apparaît. Bienvenue parmi nous, espèce de cinéphile ! :niak:

Bon, sinon, j'ai dit que j'allais participer un peu à la vie du coin littéraire aujourd'hui, donc me voilà. ça fait un petit moment que je suis ton topic (plus ou moins régulièrement, mais quand même), alors je me suis dit que tu serais ma première victime, Synopz. Ô joie !

Bref, j'ai lu tes derniers poèmes, et comme mon ami du dessus, je suis plutôt emballé. Les thèmes lyriques et/ou élégiaques, c'est un peu mon dada à moi aussi. Et puis c'est bien que tu sois pas l'un de ces coincés de la métrique. Vive la poésie libre ! :o

Dans Harmonie, tu évoques bien la musique, ses multiples facettes, sa puissance, etc. J'ai particulièrement apprécié l'analogie de la "femme d'attention", qui obsède, qui mène à la baguette (huhu). Même si j'ai du mal à me la figurer laide, le reste, c'est tout à fait ce que je pense. Pareil pour la strophe commençant par "C'est une muse bien étrange", ça rejoint pas mal mon sentiment.
Par contre, si je puis me permettre, j'ai trouvé les deux derniers vers de la première strophe assez maladroits avec la rime "sens/insolence/indolence". C'est assez pénible à prononcer et ça nuit un peu à la fluidité du style, d'autant plus que tu ne reprends pas ce schéma dans les autres strophes. Enfin, si, la deuxième strophe y répond, mais c'est encore moins agréable, vu que "ordre", couplé avec "cordes" et "discorde" est carrément pas euphonique.

Mais je pinaille. Car je le répète, j'ai bien aimé ce poème. Tiens, je te donne un exemple pour le prouver : tu te rappelles sûrement quand John te disait que tu t'accrochais trop aux rimes au détriment du reste, n'est-ce pas ? Eh bien, j'étais d'accord avec lui. Cependant, en te lisant aujourd'hui, je trouve que tu as fait de beaux progrès à ce niveau, et que tes poèmes ont beaucoup gagné en fluidité, en naturel. ça rend tes vers plus authentiques, en quelque sorte, et c'est quelque chose de très important à mes yeux. Tu vois ? Mon commentaire est pas complètement négatif.

Cela dit, la critique, les conseils, c’est crucial pour avancer, alors il faut bien passer par là. D’ailleurs…

Si j'ai autant aimé Harmonie, en fait, c'est aussi parce que je le trouve moins décousu que la plupart de tes poèmes. A mon avis, tu as tendance à rompre le fil de tes vers, de tes strophes et du sens qu'ils renferment un peu trop facilement. Et du coup, ça rend le tout un peu haché. Cause principale (mais pas exclusive) : les points de suspension. Peut-être que ça ne tient qu'au goût et aux préférences de chacun, mais personnellement j'ai du mal avec les points de suspension dont tu parsèmes tes vers. Bon, j'exagère, t'en mets pas tant que ça, mais tu as saisi l'image je pense. Par exemple, dans Frisson, tu en utilises beaucoup. Et désolé si je le dis crûment, mais je trouve qu'ils n'apportent rien. A chaque fois que j'en croise un, j'ai l'impression que tu nous dis : "bon, lecteur, à toi de deviner la suite ; j'avais bien autre chose à ajouter, mais je sais pas comment le caser, alors débrouille-toi". Je sais que c'était pas ton intention, mais c'est vraiment ce que j'éprouve.
Pareil pour les points de suspension à la fin, tu emploies pas mal ce procédé. Mais pourquoi ne pas mettre un point final bien franc, bien net ? Encore une fois, ça me donne le sentiment que tu n'as pas tout dit, ou si tu as tout dit, que ça rend le dernier vers un peu trop langoureux, du genre "arrête-toi bien sur ce dernier vers, lecteur, parce que c'est d'une mélancolie confondante".
 
Mais là encore, je grossis le trait, t'en fais pas. Je suis juste très tatillon sur certains points de détail (surtout quand j'ai versé dedans moi-même). Ou peut-être que ça relève du traumatisme post-Sarraute en fait. v.v
Parce que, je le répète, les thèmes que tu abordes, les idées, le contenu, tout ça, j'aime. Et je t’encourage d’ailleurs fortement à poursuivre tes efforts.

Voilà, bonne digestion de pavé et bonne continuation à toi, Synopz ! Ne force pas trop sur la vodka ! Et brosse-toi bien les dents ! \o/ "

PS : 3100ème message, si c'est pas magnifique !
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Apercue ]
Posté par: Synopz le jeudi 16 février 2012, 21:15:49
Apercue

"Je t'ai vue au bout d'une rue, amusante coïncidence n'est-ce pas ?
Je t'ai vue, en train de rire à des mots qui n'étaient pas les miens.
Je t'ai vue et je me suis demandé pourquoi tu n'étais pas dans mes bras,
Je t'ai vue, là-bas, souriant joliment, parlant et riant l'air de rien.

Des réflexions bien étranges ont alors animé mon pauvre esprit,
Des pensées insensées de rêves envolés et étiolés, de cœurs brisés...
Qu'essayaient donc de me dire ces choses, à ton avis ?
Quelle était cette sensation bizarre parvenant à me déchirer ?

J'ai reporté mon regard sur toi, tes yeux et tes courbes aériennes.
Je n'ai même pas tenté de te faire signe, tenté de t'aimer.
Je voulais t'attendre, je t’espérais, je voulais que tu viennes.
Tu ne m'as pas vu, ni moi, ni mes doutes, ni mes peines.

Et là, tu as disparu, cette fille au bout de la rue n'était pas toi,
Tu n'étais pas là, pas avec moi, je ne pouvais pas pleurer cette ombre.
Amer, j'ai fermé les yeux et j'ai réfléchi sur moi, sur toi et moi.
Je t'aime assez pour te pleurer, je te hais assez pour te confondre."



Edit : N'étant passé que rapidement, hier soir, le temps de copier/coller une nouvelle poésie, je n'avais pas eu le temps de répondre au mirifique pavé du Prince, mais, je m'y atèle dès maintenant, et je suis sûr qu'il est impatient  ;D

Alors, tout d'abord, merci ! Et pour ce pavé rempli d'analyses pertinentes, et pour le fait que tu suives mon topic, et pour le fait que tu apprécies ! Le sous-forum étant quand même un peu déserté, j'apprécie vraiment d'avoir un avis, surtout détaillé comme celui que tu m'as fait, Prince !

Ensuite, alors, je serais heureux de parler d'Harmonie, mais malheureusement, le crash du forum a entraîné la disparition totale de ma poésie du forum  v.v Enfin, j'vais tout de même répondre à deux, trois trucs en faisant fonctionner ma mémoire !
Pour ce qui est des reproches que tu fais aux vers " sens/indolence/insolence " et " Ordre/cordes/discordes " je suis d'accord qu'ils sont plutôt lourd et pas très agréables à entendre. Je les ai utilisés parce que je recherchais plutôt des rimes originales, histoire de varier un peu, mais je suis d'accord que le résultat final n'est pas très, très attrayant.

Merci également pour ton compliment sur la fluidité de mes vers : j'ai beaucoup travaillé là-dessus, suite aux conseils de John entre autres et j'suis content de voir que ça se ressent aujourd'hui. Je le constate moi-même : les rimes me viennent beaucoup plus facilement et je n'ai plus besoin de m'embarquer dans des tournures de phrases bizarres pour être en rimes.

Enfin, venons-en au point qui fâche : les points de suspension... (Oh ! des points de suspension pour terminer une phrases de points de suspensions !  :niak: ) Je suis plutôt d'accord avec toi, là-aussi, j'utilise beaucoup de points de suspension, et c'est pour donner un coté aérien au vers, même si j'ai conscience d'en abuser tout de même. C'est certainement aussi une manière d'exprimer ou de souligner le sentiment décrit ou sous-entendu dans le vers : j'ai toujours l'impression de mal décrire mon sentiment dans ma poésie, j'utilise donc les points de suspension pour laisser le lecteur interpréter à loisir. Mes poésies sont décousues, je suis aussi plutôt d'accord (décidément !) mais ce n'est pas volontaire, dans le sens que je ne me rends pas compte de cette coupure pour le lecteur car dans mon esprit, au moment où j'écris le lien entre les deux strophes est présent et logique pour moi. C'est plutôt involontaire, donc.

En tout cas, encore merci à toi pour ce commentaire, Prince et si d'autres de mes poésies te plaisent, n'hésite pas à les commenter, je répondrais certainement plus vite que cette fois ! J'apprécie beaucoup ton commentaire dans tous les cas ! 

Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Aperçue ]
Posté par: Synopz le jeudi 08 mars 2012, 02:58:22
Impression


" Juste le temps,
De t'aimer.
Cœur errant,
Pour Corps liés.

Oh, sauras-tu
écouter ?
Oh, pourras-tu
m'adorer ?

Quelques mots,
Parqués, jetés
Par un pauvre sot
Qui veut aimer.

Dans la nuit,
Sous la Lune,
Tes bras ont fui,
j'écris d'obscures runes.

Pour me rappeler,
Ta fougue, ton visage
ta peau, ta beauté :
Mon rêve, mon carnage

Ma tendre aimée,
Douce, sensuelle,
Toute ta vérité,
Est-elle bien réelle ?

Car je crois rêver,
De te voir capable
De me consoler,
Moi le déraisonnable.

Qui rêve, rêve, rêve
Encore et encore.
Mais qui pour toi se lève
Pour crier : " je t'adore " "



Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Impression ]
Posté par: Suijirest le lundi 19 mars 2012, 14:47:34
Rien que pour arracher la centième réponse de ce topic, je tiens à partager un ressenti :

Si j'ai bien aimé cette poésie, comme toutes les autres, je trouve que le vers j'écris d'obscures runes tombe à plat parce qu'on s'éloigne de la portée physique ou relationnelle qui prédomine pour faire une incursion dans l'écriture qui, à elle seule, ne mène nulle part.

Pour rimer avec "lune" j'aurais tenté d'utiliser le mot "rancune" qui, en plus, se serait bien accordé avec le "carnage" qui apparaît en-dessous.

Voilà, c'est tout. :-*
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Impression ]
Posté par: Synopz le samedi 24 mars 2012, 22:50:51
Il y a une coupure assez franche, je suis d'accord, Wolf, mais c'était voulu, pour bien marquer l'absence. Après, je veux bien croire qu'elle soit maladroite  :^^:

Sinon, une petite maxime pour changer, écrite par moi :

Désillusion


" La couleur des photos est comme le monde : elle est décevante par rapport à ce que l'on croit voir. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Dépendance ]
Posté par: Synopz le lundi 23 avril 2012, 12:15:04
Une nouvelle poésie, n'hésitez pas à commenter et donner votre avis  :^^:

Dépendance

" Dévêtue dans mes bras,
Nue sur mes draps.

Un mouvement, une esquisse
Et mes sens se hérissent.

Danse brûlante de deux corps,
S'il te plaît, aime-moi encore.

On dit parfois des poètes,
Qu'ils sont faits de démesure,
Et ont des rêves pleins la tête.
Je suis de ceux-là, sois-en sûre !

La vie ne passe qu'une fois,
Tant qu'il est temps embrasse-moi.
 
Allez, allez, ne te méprends donc pas,
C'est toi que j'aime, toi qui es là.

Tu ne laisserais pas partir,
Nos amours et nos désirs ?

Car à te sentir loin de mon étreinte,
Je ressens durement une horrible,
Morbide et déchirante crainte :
Un sentiment terrifiant et indicible.

Mais, j'ai tort, je le sais bien.
Je crois en notre vrai et pur lien.

Je crois en tes douces caresses,
Et je t'aime finalement sans cesse.

Plus qu'en la vérité, la liberté et la vie,
Je crois, ma belle, en ce qui nous unit.

Alors même loin de tes regards,
Je me souviens de ta peau sucrée.
Reviens-moi avant qu'il soit trop tard,
Avant que ma dépendance m'ait achevé "



Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Connerie ]
Posté par: Synopz le jeudi 26 avril 2012, 16:12:58
Connerie

La connerie, c'est comme la musique : c'est un éternel recommencement.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Connerie ]
Posté par: Suijirest le jeudi 26 avril 2012, 16:23:17
Connerie

La connerie, c'est comme la musique : c'est un éternel recommencement.

Pas d'accord. :/ La musique "moderne" oui on a un couplet qui se répète trois à huit fois avec peut-être un solo, mais si tu prends les anciennes symphonies, ça s'étale parfois sur de nombreux mouvements qui sont parfois très différents les uns des autres. Et c'est pareil pour le style : je ne pense pas qu'on puisse écrire de la musique classique (si j'ose ainsi m'exprimer) comme on écrirait de la tecktonik, du rap ou de la variété française. Sans même parler des textes, rien que les mélodies ne sont pas du tout pensées pareil.

Pour la connerie, là, c'est sûr que ça existe depuis l'aube de l'humanité, et qu'on est ni plus ni moins avancé qu'avant (peut-être un peu plus avancé, l’illettrisme et l'obscurantisme ayant sérieusement diminué) mais je suis pas trop d'accord pour la comparer à la musique.
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Connerie ]
Posté par: Synopz le jeudi 26 avril 2012, 16:53:31
Connerie

La connerie, c'est comme la musique : c'est un éternel recommencement.

Pas d'accord. :/ La musique "moderne" oui on a un couplet qui se répète trois à huit fois avec peut-être un solo, mais si tu prends les anciennes symphonies, ça s'étale parfois sur de nombreux mouvements qui sont parfois très différents les uns des autres. Et c'est pareil pour le style : je ne pense pas qu'on puisse écrire de la musique classique (si j'ose ainsi m'exprimer) comme on écrirait de la tecktonik, du rap ou de la variété française. Sans même parler des textes, rien que les mélodies ne sont pas du tout pensées pareil.

Pour la connerie, là, c'est sûr que ça existe depuis l'aube de l'humanité, et qu'on est ni plus ni moins avancé qu'avant (peut-être un peu plus avancé, l’illettrisme et l'obscurantisme ayant sérieusement diminué) mais je suis pas trop d'accord pour la comparer à la musique.

Je suis d'accord, et en même temps pas Wolf : la musique, moderne ou classique, est basée sur l'agencement d'un nombre limités de sons, de rythmes, et en tant que musicien, j'suis bien placé pour savoir que, oui, ce n'est pas toujours la même chose  :^^: C’est comme la connerie : le fond ne change pas vraiment (J'veux dire tu n'as que 7 notes et pas une de plus, c'est leur arrangement, leur placement, leur utilisation qui va donner une identité à ta musique !) mais c'est la forme qui change !

Pour la connerie c'est la même chose : la forme change au fil du temps et des personnes mais le fond est toujours là : ils sont cons !

Edit : 8 ème page, ça commence à faire !
Titre: Errements Poétiques - [ Maxime : Connerie ]
Posté par: Synopz le mercredi 06 juin 2012, 16:36:57
http://www.youtube.com/watch?v=EcaxrqhUJ4c

So Real

Oh, c'était si réel.
Si réel, si réel...
Laisse-moi savourer
Le souvenir.
C'était si réel...
Ma belle,
Laisse-moi encore sentir,
Ton odeur ?
Est-elle incrustée,
Sur l'oreiller,
Sur les draps.
Ta sueur.
Si réel, si réel...
Laisse-moi me torturer,
Avec ces questions.
Elles sont si réelles,
Qu'elles n'existent pas.
Pourtant,
Si réel, si réel...
Mais ne me laisse pas t'oublier.
Toi.
Tes lèvres, ton visage.
Tes mots, tes yeux.
Ta poitrine, ton corps.
Tout est si réel...
Laisse-moi être,
Plus fort ?
Que d'hasardeuses questions.
Si réel...
Le monde est si réel.
Trop réel.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : So Real ]
Posté par: Mentalink le dimanche 17 juin 2012, 19:17:52
En voilà un qui a du goût en matière de musique.  v.v

En tout cas c'est un joli texte je trouve, certes inspiré, mais on sent bien que ce n'est pas "pompé", que c'est bien toi qui a écrit ce texte, donc j'aime bien.  :^^:
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : So Real ]
Posté par: John Craft le dimanche 17 juin 2012, 20:39:10
Je trouve le "je t'aime" à la fin un peu "violon" (en gros un peu niais, trop "attendu"), mais autrement, y a du "clic-clac" dans ce poème, ça s'imbrique bien, les rimes s'entrechoquent gentiment, c'est cool.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : So Real ]
Posté par: Synopz le lundi 18 juin 2012, 00:18:11
Je trouve le "je t'aime" à la fin un peu "violon" (en gros un peu niais, trop "attendu"), mais autrement, y a du "clic-clac" dans ce poème, ça s'imbrique bien, les rimes s'entrechoquent gentiment, c'est cool.

Je t'avoue que dans la version originale sur papier, il n'y était pas ce " je t'aime ? " final  v.v

Mais, je trouvais que le fait de mettre un point d'interrogation retirait un peu de ce coté "niais"
Titre: Errements Poétiques - [ Prose : Spes ]
Posté par: Synopz le mercredi 20 juin 2012, 23:20:32
Spes

Je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur. Parce que la peur est le poison pervers et insidieux qui vit en chacun de nous. Je n'ai plus peur parce que je n'ai aucune raison d'avoir peur. Nos existences ne sont qu'un infime trait sur la toile de l'univers et si j'ai eu peur avant, c'est parce que j'ai cru ma propre personne et le monde plus grands, plus forts et plus fiers qu'ils ne sont réellement. Je ne suis qu'un homme, je viens du néant, j'y retournerai et cela ne changera rien au cours des choses, et cela ne changera rien à ce monde. Tout continuera d'avancer, avec ou sans moi, je suis le fétu de paille balayé par le vent ravageur de la vérité. J'ai troqué la crainte et le déni pour l'acceptation et la sérénité. Jamais je ne goûterai à l'éternité, jamais je ne goûterai à la toute-puissance. Et tout ceci m'est égal, je suis une vie parmi des milliards, et rien d'autre ne m'intéresse plus que découvrir ce que pensent ces milliards de vie, ce qu'elles font de leur existence et où elles tiennent à mener leur vie. De ce monde fait d’éphémère et de brièveté je veux tout savoir, tout voir et tout comprendre. Et l'impossibilité de cette tâche la rend d'autant plus attirante à mes yeux. Je cherche l'utopie, elle est mon moteur et mon soutien. Comprendre et accepter ma condition humaine me donne encore plus envie de la vivre jusqu'au bout. Je renais, je revis, je souhaite connaître ce qui me ressemble et ce qui m'est étranger, je souhaite avancer, visiter chaque lieu, voir chaque personne. Je souhaite quitter ce système qui m'enferme, m'emprisonne... Je souhaite toutes ces choses, ardemment. Pourtant je crains de ne pas les réaliser, je crains qu'elles m'échappent, je crains de rester ou prisonnier ou fugitif. Mais je lutte à l'intérieur, à l'extérieur, je lutte en permanence contre les ténèbres de la haine, de l'avidité, de l'exclusivité. Je lutte et garde courage pour finalement ne garder au fond de moi qu'une certitude : j'y crois. J'y crois terriblement, l'on me taxe de naïf, d'utopiste, mais j'y crois de toutes mes forces. Voilà pourquoi j'écris, pour transmettre ma foi, ma foi en l'utopie et pas en des religions qui demandent aux hommes de s'entretuer, de se haïr. Je viens ici vous offrir un mot, peut-être niais et imbécile, mais un mot auquel j'ai envie de croire : espoir.
Titre: Errements Poétiques - [ Prose : Spes ]
Posté par: Synopz le mercredi 27 juin 2012, 01:34:20
Amo Ergo Sum ?

" J'aime. J'aime.

J'aime.
Serait-ce un but ?
J'aime.
C'est une obsession.

J'aime. J'aime.

J'aime.
Sans conditions.
J'aime.
A tort, à travers.

J'aime. J'aime.

J'aime.
Ton corps.
J'aime.
Te désirer.

J'aime. J'aime.

J'aime.
Écrire.
J'aime.
Penser.

J'aime. J'aime.

J'aime.
Ton esprit.
J'aime.
Tes rêves.

J'aime. J'aime ?

J'aime.
Et pourtant,
Je n'aime pas.
Tes pleurs.

J'aime ? J'aime ?

J'aime.
Malheureusement,
Je n'aime pas.
L'ignorance.

J'aime ? J'aime ?

J'aime.
Mais seulement,
Je n'aime pas.
La haine.

J'aime. J'aime ?

J'aime.
Malgré tout,
Je n'aime pas.
Ceux qui n'aiment pas.

J'aime. J'aime ?

J'aime.
Mais finalement,
J'aime.
Aimer. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Amo Ergo Sum ? ]
Posté par: Suijirest le mercredi 27 juin 2012, 10:50:27
Tu devrais te mettre à Durarara !! si tu aimes tellement voir l'amour au centre de tout, tu seras servi. ;D [/publicitaire]

Plus sérieusement, ton texte est "classique" dans ses propos, à mes yeux, mais ça se laisse lire jusqu'au bout, contrairement à Spes où j'avoue n'avoir rien compris ( :^^': ).
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Amo Ergo Sum ? ]
Posté par: Synopz le mercredi 27 juin 2012, 13:28:29
Tu devrais te mettre à Durarara !! si tu aimes tellement voir l'amour au centre de tout, tu seras servi. ;D [/publicitaire]

Plus sérieusement, ton texte est "classique" dans ses propos, à mes yeux, mais ça se laisse lire jusqu'au bout, contrairement à Spes où j'avoue n'avoir rien compris ( :^^': ).

Je trouve Spes bien plus clair personnellement  :-*

Sinon, il est plutôt classique dans le propos, mais je pense qu'il faut retenir la forme du poème, surtout. J'ai essayé d'intégrer une sorte de symétrie et une sorte de rengaine.
Titre: Errements Poétiques - [ L'Ange des Ombres : Chapitre 13 ! ]
Posté par: Synopz le dimanche 15 juillet 2012, 01:26:50
Après un an et demi de non-inspiration voici enfin mon chapitre 13 ! Un chapitre riche en infos !

Chapitre 13 : Douceur

Je n'ai jamais existé. Cette constatation simple m'est apparue il y a quelques temps. Évidente. Je n'ai jamais existé, tout simplement parce que je n'ai jamais maîtrisé mon existence. Peut-on dire que l'on a accompli quelque chose si cette action n'a pas été maîtrisée  ? Peut-on prétendre avoir existé quand jamais notre propre destin n'a été contrôlé ? Non. On ne peut pas. Vivre c'est prouver à chaque seconde que l'on vit, et soumise à des puissances voulant ma mort, moi, Luna, du peuple des ombres, je n'ai jamais existé, et là est l'échec, non seulement de mes actes, mais aussi de la volonté des déesses. Car, ces infâmes et cruelles divinités ont voulu me détruire... Mais, détruit-on ce qui n'a jamais vécu ?

- Trois jours... Et nous savons toi comme moi ce que les Sheikahs vont nous demander, Synopz.
La jeune fille rejeta la tête en arrière en soupirant avant de se tourner vers le jeune homme. Synopz sentit son cœur se serrer quand il croisa le regard de la ténébreuse Sheikah. Elle était belle, terriblement belle. De longs cheveux de neige ondoyant sous la douce brise nocturne, de profonds et brûlants yeux vermeils brillant sous les reflets de Lune et toujours cette pâleur, pure et profonde. Une princesse, une Sheikah, une tueuse. Elle était une déesse sauvage mariant ces trois aspects à la perfection, jonglant entre trois masques impénétrables. Le jeune garçon détourna les yeux, elle était inaccessible, quoiqu'elle en dise, à quoi bon y penser ?
- Oui, nous savons ce qu'ils vont exiger, car demander est un peu trop clément comme terme... Mais, nous sommes bien obligés d'accepter.
Il y avait près de trois heures qu'Impa les avait abandonnés, depuis son départ, les deux Sheikahs n'avaient pas échangé une parole. Les derniers mots d'Impa résonnaient comme une inexorable malédiction, distillant en eux une peur sourde et profonde. Ils allaient mourir, eux et tout le peuple des ombres. Pourtant, malgré la crainte qui serrait leurs cœurs, ils n'étaient pas étonnés outre mesure : ils étaient les erreurs des déesses et les divinités n'ont pas pour habitude de négliger leurs erreurs. Disparaître avait toujours été le destin du peuple des ombres.
- Et qu'est-ce qui nous y oblige, Synopz ? Qu'est-ce qui pourrait bien nous forcer à marcher vers notre propre perte ?
Le jeune Sheikah lui lança un regard dur, il ne voulait plus entendre ces questions, car elles l'avaient trop hanté, détruit, elles avaient asséché son âme, brisé ses rêves. Il ne voulait plus les entendre car il n'en connaissait que trop bien la réponse. Il répondit lentement, articulant distinctement chacune des syllabes.
- Pour l'honneur serait la réponse de bien des gens, mais pas celle d'un Sheikah. Je vais te dire la réponse d'un Sheikah, la seule qu'il jugerait vraie : pour l'insolence, pour la vertu, pour l’orgueil. Nous allons mourir, c'est une certitude inébranlable, alors mourrons avec un semblant de panache, mourrons en les défiant une ultime fois, mourrons en leur montrant que notre mort est leur plus grande erreur.
Le silence se fit durant quelques instants, le sourire de Luna s'esquissant peu à peu. Elle observa quelques instants les premières promesses de l'aube à l'Ouest avant qu'une larme solitaire glisse sur son visage toujours souriant.
- Tu es le plus grand prétentieux que je connaisse, homme des ombres, mais cela te va bien alors lève encore plus le regard, acère encore plus tes paroles, sois digne du peuple qui t'a vu naître, t'a élevé, t'a rejeté et t'a de nouveau accueilli en son sein, sois toi-même : sois un Sheikah et sois celui qui semble toucher mon cœur...
La jeune fille fit accélérer sa monture et partit quelques centaines de mètre devant, elle avait besoin de réfléchir, de faire la paix en elle-même, car l'inévitable ne lui échappait plus : il lui restait désormais trois jours et pas une minute de plus. Elle ferma les yeux plusieurs minutes s'imprégnant du monde alentour, elle le laissa l'habiter et elle l'habita elle-même. L'aurore s'étendait désormais dans le ciel et les premiers contreforts verdoyants d'Hyrule apparaissaient dans le lointain, le désert s'étendait derrière eux, tel un gardien silencieux et millénaire. Ils atteindraient le lieu de la bataille dans quelques heures. Luna n'avait pas réellement peur de la mort en elle-même, elle craignait juste l'oubli total qui en découlait. Elle craignait d'être oubliée, de disparaître des mémoires, des cœurs et même si elle savait cet oubli inévitable, elle ne pouvait s'empêcher de le craindre. Elle fut durant quelques secondes tétanisée par l'idée de sa disparition prochaine puis reprit finalement le contrôle d'elle-même à l'aide d'une profonde expiration. Mourir était la seule certitude de l'existence, alors à quoi bon se tourmenter ? Elle se retourna pour voir Synopz quelques mètres derrière elle. Une étrange sensation la toucha au moment où elle le regarda, une sensation mêlée de bonheur et de tristesse, de chaleur et froid. La question silencieuse et douloureuse qui régnait entre eux depuis le retour de Synopz en Hyrule franchit la barrière de ses lèvres avant même qu'elle puisse s'en rendre compte :
- M'aimes-tu, Synopz ?
Le jeune homme se figea quelques secondes sur sa monture, quelques larmes semblèrent un instant briller dans ses yeux vermeils mais elles disparurent si vite que Luna se demanda si elle ne les avait pas seulement rêvées. Il fit légèrement accélérer sa monture pour se mettre au niveau de la jeune fille. Luna sentit son cœur se serrer quand elle plongea son regard dans le sien. Il émanait de ce regard un surprenant mélange de bonheur intense et de détresse infinie. Un torrent d'émotions semblait jaillir des yeux rouges et pénétrants du jeune élu, un tourbillon si puissant qu'il menaçait de submerger Luna, de l'emporter, de faire céder cette froide distance qu'ils s'employaient tous les deux à maintenir depuis leurs retrouvailles. Elle réussit de justesse à se retenir, à contenir tout ce que son cœur voulait crier. Son visage demeura impassible. Les Sheikahs ne s’émouvaient pas, ne montraient rien, ils restaient toujours de marbre, tel était le caractère de leur peuple. Il s'agissait de la première chose que l'on apprenait aux jeunes enfants du peuple de l'ombre : surtout, ne rien montrer, en aucune occasion. Elle se contint encore tandis que le temps passait, interminable et pesant. Synopz observa avec douceur le vol d'un rapace dans le soleil levant puis répondit.
- Est-ce que je t'aime ? Je suppose que oui. Oui mais... Il y a toutes ces questions qui résonnent en moi, tous ces doutes. Nous avons grandi ensemble Luna, avons été élevés, nourris, éduqués ensemble. Tu es tout pour moi : à la fois l'amante, la mère et la sœur. Nous jouons au chat et à la souris depuis mon retour, sans savoir qui est le chat et qui est la souris. Je pense t'aimer, comme toi tu penses peut-être m'aimer mais je vais te confier une chose toute bête qui hante mes nuits depuis que nous nous sommes retrouvés : j'ai peur de t'aimer. J'ai terriblement peur... Peur de me tromper ? Peur de ne pas être à la hauteur pour te servir d'amant ? Peur de mal faire ? Peur de s'unir pour aller à la mort ? Je ne sais pas vraiment pourquoi mais j'ai peur.
Le Sheikah fit une pause. Le masque d'impassibilité et d'assurance que Luna s'était construit depuis l'enfance volait peu à peu en éclats. Elle pleurait à chaudes larmes, incapable de se retenir ou de formuler la moindre pensée cohérente. Elle tenta néanmoins de répondre.
- Mais... Tu...
Synopz la coupa.
- Non, laisse-moi finir, Luna. Nous filons à la mort, presque consentants, alors aujourd'hui, je suis heureux que tu m'aies posé ces questions, heureux car maintenant, je suis sûr d'une chose : ces questions n'ont plus lieu d'être, il ne nous reste que trois jours et je n'aurais pas souhaité les partager avec quelqu'un d'autre que toi. Alors, oui, Luna, oui, je t'aime.
Le silence. Encore une fois c'était le silence qui s'imposait dans une de leurs conversations. Sauf que cette fois il ne s'agissait plus d'un silence lourd de sous-entendus, mais d'un silence libérateur. Un simple silence de bonheur. Un bonheur triste, obscurci par un avenir dramatique, mais qui n'appartenait qu'à eux, à eux seuls. Luna sourit, le visage baigné de larmes.
- Je t'aime aussi Synopz, et il y a déjà longtemps que j'aurais dû te le dire, sans manières, sans faux-semblants.
Il n'y avait rien d'autre à ajouter, le silence par lequel ils communiquaient revint. Ils poursuivirent leur route, dans la lumière matinale, le désert n'était plus qu'un souvenir derrière eux. Leurs mains étaient liées.

                                                                             
***

Le seigneur des Gerudos avançait à pas rapides dans un des couloirs tortueux de la forteresse des voleurs. Sa tentative de coup d'état pour s'emparer du trône d'Hyrule semblait plutôt en bonne voie jusqu'à présent mais de récentes nouvelles apportées par les quelques Sheikahs renégats qui l'avaient rejoint le mettait en mauvaise posture, en très mauvaise posture. En effet, il avait appris de ceux-ci que le peuple des ombres avait été créé par les déesses afin d'empêcher la prise du royaume d'Hyrule avant l'arrivée du héros du temps. Même s'il n'avait jamais sous-estimés les Sheikahs, connus pour être des guerriers redoutables et surentrainés, il ne pensait pas qu'ils représentaient une telle menace. De plus, une partie de cette légende stipulait que naîtraient deux enfants des ombres, un garçon et une fille, destinés à repousser le dernier ennemi tentant d'assaillir Hyrule avant la naissance du Héros du temps. Ganondorf n'avait qu'une vague idée du rôle du Héros du temps, mais il savait cependant qu'il avait à voir avec la légende de la " Triforce", cette légende qu'il avait découverte enfant et qu'il n'avait eu de cesse d'interpréter et d'étudier depuis lors. Malgré toutes les complications qu'engendraient ces révélations, elles lui apportaient également un élément essentiel : il avait à voir avec la Triforce car ce dernier ennemi tentant d'assaillir Hyrule était mentionné dans la légende des ombres comme Celui qui portera la force des Dieux. Il arriva finalement au bout de l'interminable couloir qui menait à la salle des tortures de la forteresse. Il pénétra dans la pièce et se tourna vers l'une des deux bourreaux qui s'inclina.
- Mon seigneur.
- Elle a parlé ?
La Gerudo répondit avec révérence.
- Non, elle est toutefois sur le point de craquer, seigneur. Elle parlera bientôt.
Il eût un sourire dur.
- Parfait ! Je vais m'en charger personnellement.
Il s'approcha d'une jeune fille aux longs cheveux roux et à la peau matte. Elle était retenue au mur par de lourdes chaînes qui entravaient pieds et mains. Son visage fin est délicat était parsemé d'hématomes violacés et tout son corps empestait la pourriture. Chaque plaie débordait de pus et semblait profondément infectée. Elle pendait mollement dans ses fers paraissant presque morte. Elle leva néanmoins un regard vide vers le seigneur du désert quand il se plaça en face d'elle. Elle articula péniblement quelques mots à l'aide de ses lèvres craquelées.
- Que... Qu... Que voulez-vous ?
Ganondorf éclata de rire, un rire terrifiant tant il semblait sincère et tant il était incongru en cet endroit.
- Mais tu sais très bien ce que je veux, ma jolie ! Les noms des deux élus Sheikahs, je n'ai pas très envie de les laisser gâcher la fête que j'ai prévu de donner à la citadelle d'Hyrule !
- Je... Je ne vous les donnerai pas.
Il sourit, un sourire compréhensif, presque compassionnel.
- Nabooru, ma très chère Nabooru ! Tu es de mon sang, de mon peuple, et  tu es de plus celle qui doit me servir de femme à ta majorité, alors tu ne mourras pas.
Il se dirigea vers le poêle dans le fond de la pièce et en sortit une des trois barres de métal qui chauffait dedans.
- Mais je n'ai pas vraiment le temps d'employer la méthode psychologique, vois-tu ! Sache que j'en suis le premier désolé !
Il s'approcha doucement, regarda pendant une poignée de secondes la jeune Gerudo et appliqua le métal chauffé à blanc sur la longue plaie purulente qui courrait de l'épaule au coude droit de la jeune fille. Nabooru cria. Un cri qui monta de tout son être, du fond de ses entrailles. Un cri inouï, d'une violence inhumaine. Un cri qui dura de longues secondes avant de cesser si brusquement qu'on aurait pu douter de sa réalité. Nabooru pleura, haleta, gémit, puis finalement jeta quelques mots.
- Synopz... Élu des ombres... Et Luna, princesse... Des ombres.
- Tu t'es montrée coopérative, je t'en félicite.
Il se retourna, ne lui prêtant plus la moindre attention. D'un hochement de tête il désigna la prisonnière aux bourreaux qui s'empressèrent de s'occuper d'une Nabooru évanouie. Il s'engagea à nouveau dans le couloir. Synopz et Luna... Voilà qui promettait d'être extrêmement intéressant, et surtout utile, très utile.

***

Synopz offrit son visage à l'immensité du vide et au jour naissant. Ils étaient au terme de ces trois jours, Luna et lui. Trois jours d'éternité, il n'aurait pas souhaité d'avantage. Ils avaient gagné un des refuges Sheikahs situés dans les montagnes verdoyantes qui s'étendaient entre les volcans du Péril et la forêt millénaire des Kokiris. Une petite cabane en bois, nichée sur un promontoire vertigineux, qui permettait aux Sheikahs de surveiller à la fois le territoire des Kokiris et des Gorons. Là, ils s'étaient employés à exprimer ce qu'ils ressentaient l'un et l'autre depuis trop longtemps. Trois jours, c'était bien peu, mais ils avaient savouré chaque seconde, s'interdisant de songer au destin funeste qui les attendait. Luna sortit doucement du refuge et vint se lover contre lui, posant sa tête sur les genoux du jeune homme. Il caressa doucement ses longs cheveux soyeux blancs comme neige avant de parler.
- Es-tu heureuse ?
Luna sourit. Synopz était parfois déconcertant avec ses questions sibyllines.
- Je suis plus heureuse que je ne l'ai jamais été et même l'idée que je ne verrai pas le soleil se coucher ce soir ne parvient pas à briser la sérénité qui règne en moi. Cette réponse te convient-elle, élu ?
Il s'autorisa lui-aussi un sourire.
- Elle me convient pleinement, chère princesse.
Il pensa à la mort qui l'attendait et réalisa qu'il n'était pas plus effrayé que Luna alors que l'idée de connaitre à l'avance le jour de sa mort l'avait rongé durant des années. Il était profondément apaisé et serein. Les troupes de Ganondorf serait en vue de la citadelle peu avant midi, les deux Sheikahs avaient toutefois à leur disposition à proximité du refuge l'un des tunnels des fées qui permettaient de relier en quelques minutes des endroits très éloignés. Il leur restait une heure ou deux avant de rejoindre la citadelle où ils planifieraient la défense de la ville. Luna soupira avant de parler.
- Pourquoi avons-nous attendu si longtemps ?
- Parce que nous avions besoin d'attendre tant de temps, tout simplement.
Luna fit la moue.
- Tu as certainement raison...
Elle se dégagea de son étreinte et se mît debout, un sourire narquois peint sur le visage.
- En tout, grand élu et bel amant, il nous faut nous préparer à aller affronter notre destin !
Synopz sourit et lui fit signe d'approcher. Il se leva et posa un baiser furtif et léger sur ses lèvres avant de lui désigner le sol où il avait tracé quelques mots. La jeune fille se pencha pour lire.

"Deux corps et deux âmes
Liés par amour et destin

Amour fort et éternel
Destin dur et cruel

Deux ombres amantes
Bientôt disparues et oubliées

Amour et devoir."

Luna hocha la tête, les yeux brillants.
- Je t'aime déjà, dit-elle ironiquement pas la peine d'essayer de me séduire, abruti d'élu !
Ils rentrèrent tous deux dans le refuge.
Titre: Errements Poétiques - [ L'Ange des Ombres : Chapitre 13 - Douceur ! ]
Posté par: Synopz le dimanche 19 août 2012, 18:46:02

Song Of Storms (Concours écriture)

Quelques notes gémissaient dans le lointain, plaintives. Mon nom était Vaati et je voulais m’approcher. Alors que j’avançais, le ciel semblait se couvrir à vue d’œil. La mélodie continuait, triste et résignée. Comme un appel lancinant, d’une détresse infinie.


Fragile enfant,
Petit Hylien
Qui a parcouru,
Monts et déserts,
Tombeaux et châteaux.
Puis qui a vu
Sept années,
S’envoler,
Disparaitre ?

Devenu Héros,
Sauveur du peuple.

Poids immense,
Pour une tâche trop rude.
Esprit immature,
Dans un corps trop étranger,
Égaré dans un monde
Trop dur ?
Acceptant le sacrifice
Pour les yeux,
D’une tendre altesse...


La musicale litanie continuait, toujours plus désespérée, plus grise. Vacillant parfois mais se reprenant toujours, telle une froide bougie soumise à un vent impétueux. J’avançais, oubliant un à un tous les fondements de mon être. Une fine pluie se mit à tomber, mais je me montrais incapable de la sentir.

Adulte nouveau-né,
Maladroit et chancelant
Que déjà parti,
Vers de nouvelles contrées.
Quelques sages à délivrer
Sans réfléchir et penser.
Poussé par une
Tonitruante et cruelle
Destinée.

Arrivé au bout
De l’éreintante quête.

Toujours pas le temps,
De la joie ou de l’allégresse.
Non, juste avancer.
Délivrer l’aimée
Des griffes du malin
Et espérer.
Puis finalement...
Amour impossible,
Devoir trop obstiné

La fine pluie se transformait peu à peu en une monstrueuse tempête, ralentissant encore ma progression. Pourtant, je réussis enfin à atteindre la source de la mélodie. Une clairière touffue. Et c’est là que je le vis. Un jeune garçon, à peine plus âgé que moi, tout de vert vêtu, soufflant doucement dans un ocarina aussi bleu que ses yeux. Il semblait désespérément triste, vidé, détruit.

La décision
De la princesse,
Pertinente et nécessaire.
Fut rapidement
Plussoyée
Par le bon sens.
Cœur meurtri
Le héros
Se résigna.

Pas de toit, pas d’amour
Destin rieur et cynique.

Alors les amants
D’un jour
Se quittèrent
Chacun vers
Un coin
Du temps.
Ni cérémonie,
Ni gratitude.
Juste la solitude.

Héros toujours, toujours solitaire...

C’est lui qui faisait tomber cette pluie drue, lui qui illuminait le ciel d’éclairs. Cette tempête irradiait sa tristesse et son malheur. Et mon regard tomba sur ses mains. Ses veine étaient entaillées, la musique ralentit doucement, puis s’évanouit. Le jeune garçon tomba à terre, l’orage cessa. Une larme roula sur ma joue. Le besoin d’exterminer les hommes qui avaient conduit ce jeune garçon à la mort me submergea. Il n’aurait pas du finir seul, peiné. Les hommes ne méritaient pas de vivre. Voilà ce que je pensais alors que je m’éloignais de cette clairière, larmes aux yeux. Je n'imaginais pas que ce souvenir me suivrait durant toute mon immortalité...
Titre: Errements Poétiques - [ Extras : Song Of Storms (Concours écriture) ]
Posté par: Synopz le mardi 04 septembre 2012, 21:39:45
Photographie

"Un bout
De souvenir
De réalité
L'image
Cent fois
Regardée
D'un présent
Déjà oublié.
Perdu, disparu.
De l'instant
Ne restent que
Quelques traits,
Quelques rêves
Que le temps
Aura bientôt
Enfoui, égaré... "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Photographie ]
Posté par: Synopz le dimanche 23 septembre 2012, 16:10:53
Révolutionnaire Anonyme

Je combats. Il n’y a pas d’autres mots pour décrire cet état de fait. Mon action est tout simplement réduite à la concision, à la pureté la plus extrême. Je suis là, une âme parmi des milliers d’autres… Je frémis à la simple idée de ce que nous sommes en train de réaliser, tous ensemble. Je pare un coup mortel, inspire profondément. Je ne suis pas seul, je ne combats pas seul. Nous vibrons tous au même rythme, tous unis sous la même bannière, tous assoiffés de justice. Le peuple du petit royaume d’Ysalf s’est enfin soulevé  après tant d’années de disette, de brimades, d’oppression et de mépris des dirigeants. Je pense et vis au rythme du combat, de mon combat, et de celui de tous les autres. Un autre membre de la garde royale tombe sous mes coups : je n’ai aucune expérience mais, contrairement à lui, je me bats avec ardeur, envie, rage et passion. Je saute encore, esquive, occis une nouvelle fois… Rien, rien n’a plus d’importance que cette lutte interminable ainsi que la cause pour laquelle je me bats. Sans aucune concertation, sans aucun conciliabule, le peuple s’est rebellé, bien décidé à faire tomber le souverain qui l’a tant opprimé. Finis tous ces jours sans repas, ces impôts incessants, cette tension permanent qu’on lisait sur les visages. Je repense à ces seigneuries arrogantes qui se permettaient d’exiger des populations des sommes exorbitantes et des sacrifices injustes. Ces seigneurs bourgeois ne vivront plus aux dépens du peuple, plus jamais. Mon bouclier se relève juste à temps pour bloquer une lame au niveau de mon cou, je riposte et achève mon assaillant d’une botte aussi flamboyante que le permet mon manque d’entrainement. J’ai cessé de compter les coups fatals dont je n’ai réchappé que de justesse tant ils ont été nombreux depuis le début de la bataille. Je ne pense à rien d’autre qu’à ce monde que nous allons changer, rebâtir. Je sens l’énergie sauvage qui émane de tous ces gens qui luttent, qui y croient, cette énergie m’anime, me soutient sans relâche. Elle me fait tenir debout, attaquer encore et encore… Je ne me suis jamais senti aussi fort, aussi vif, aussi intensément en vie. Quelle ironie du sort que frôler la mort soit le meilleur moyen de sentir vivant. Et tout à coup, là, je la vois, cette fente, fulgurante. Je la vois filer droit vers mon cœur. Mortelle. Je relève mon bouclier, prêt à me défendre, effectuant une énième fois un geste inlassablement répété depuis des heures pour protéger ma vie. Je me rends compte de mon erreur. Une seconde trop tard. Le coup est trop évident, il sonne faux. Il vise directement le bouclier, comme si celui-ci n’existait pas. L’épée découpe mon bouclier en deux morceaux. Littéralement. Et dans le même élan, me transperce le cœur. Je sens la lame perverse et insidieuse tourner et se retirer doucement. Une lame des anges, une lame des terres du Nord… Une lame enchantée qui peut tout trancher selon la volonté de son porteur. Je n’arrive même pas à avoir mal. Je m’écroule au sol, ma chute me semble durer des siècles. Je n’ai pas peur, c’est presque ça qui est terrifiant. Je suis juste apaisé, heureux, paisible. Car je sais que je tombe mais que d’autres sont encore là, debout. Je sais qu’ils lutteront tous jusqu’à la mort si c’est nécessaire. Mais je sais qu’ils y arriveront, je le sens, je le sens au fond de moi. Le magnifique élan qui m’a permis de relever la tête et de lutter vibre encore. Je ne suis qu’un parmi tant d’autres de ces hommes qui se battent. Un inconnu, un anonyme, tout aussi acteur de la révolte que les autres. Je pars donc le sourire aux lèvres, le fracas de la bataille s’éloigne autour de moi. J’ai le temps de voir le visage de mon agresseur et j’ai mal de voir qu’il a agi à contrecœur. Mais il est trop tard maintenant. Un goût métallique emplit ma bouche, ma vue s’assombrit lentement. Je lève le regard avec difficulté toussant et crachant un sang noirâtre. J’entrevois une grande femme à la peau blanche et pâle, altière, vêtue d’une ample robe noire d’où dépassent deux longues ailes sombres. Ilya, déesse des morts bienheureux, celle qui prend et ramène à l’éternelle demeure. Je souris et elle répond en faisant de même. Elle se penche vers moi et me murmure à l’oreille :

- Tu t’es vaillamment battu. Comme tous ceux des tiens qui sont tombés aujourd’hui. Ferme donc les yeux, abandonne-toi au repos. Je t’emmène avec moi, l’éternelle citée t’attend, toi et tes frères…

Je l’écoute. Mes yeux se ferment doucement, je repense à cette fille… Et puis, c’est fini. Plus rien n’a d’importance. Je souris. Je meurs. J’avais dix-sept ans.     
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : La Porte du Paradis ]
Posté par: Synopz le mardi 25 septembre 2012, 19:26:26
http://www.youtube.com/watch?v=2tmc8rJgxUI

La Porte du Paradis

"Je frappe, je frappe à la porte du paradis
Et c'est toi, c'est toi qui apparaît au seuil.
Je frappe, je frappe à la porte du paradis
C'est toi qui es là, c'est toi qui m'accueilles.

Plus d'horreurs, tu sais, j'en ai trop vu
Plus de peurs, tu sais, j'en ai trop eu.

Me laisseras-tu entrer dans ta vie,
Me laisseras-tu passer la porte du paradis ?

Je m'abîme dans l'océan de tes formes
Je brûle de froidure, et je vois mes sens
Qui, à peine éveillés, se rendorment
Consumés par ta simple présence...

Je frappe, je frappe à la porte du paradis
Je t'entrevois, belle, fugitive et éthérée.
Je frappe, je frappe à la porte du paradis
Et tombe de te voir si libre, si espérée.

Ni départs, ni pleurs, mon âme sœur
Ni mort, ni malheurs, j'en ai trop peur.

Me laisseras-tu m'asseoir ici,
Me laisseras-tu passer la porte du paradis ?

Oh, je meurs, je meurs de toutes façons déjà
A sentir que tu es trop loin, trop loin de moi,
Que la vie paraissait plus belle quand tu étais là
Je n'ai jamais attendu personne d'autre que toi...

Je frappe, je frappe à la porte du paradis
Je me demande si tu n'es pas juste un rêve.
Je frappe, je frappe à la porte du paradis
Et tu t'envoles, et tu me prends, m'enlèves.

Tu sais je ne peux plus ressentir la haine
Mais j'ai tellement, tellement de peine.

Me laisseras-tu voir ce que tu as choisi,
Me laisseras-tu passer la porte du paradis ?

Je suis là et te regarde, te dévore, t'admire
Toi qui es si attendue, si désirée, si forte
Et je me demande ce que sera l'avenir :
M'ouvriras-tu ton cœur, m'ouvriras-tu la porte ? "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : La Porte du Paradis ]
Posté par: Synopz le jeudi 15 novembre 2012, 21:46:59
Frémir.

Partir.
Au point du jour ?
Pour toujours ?
Oh, doux désir.

Plus de caprices immatures.
Rien que la route qui murmure...

Que la nuit est belle et froide
Que ta peau est pâle.

Sentir.
Que le jour vibre ?
Que le chemin est libre ?
Oh, brillant avenir.

Plus de haine et de mépris.
Juste mon cœur qui frémit...

Si fracturée est mon âme,
Elle est si frêle, si loin.

Découvrir.
Le vrai départ ?
Le poids du hasard ?
Oh, ce que je pourrais dire.

Voir ce monde dont on m'a parlé,
Laisser mes sens y goûter...

Que pourrais-je alors dire,
Une fois vieux et usé ?

Mourir.
Voir ce que l'on a à souffrir,
Si s'en aller, c'est périr.
Oh, je peux déjà le lire.

Sentir une dernière fois,
La chaleur de la vie en moi.

Me dire que je suis parti,
Et que j'ai compris ?

Partir...
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Frémir ]
Posté par: Synopz le dimanche 25 novembre 2012, 20:34:52
Sourire   

Je voulais, ici, essayer de t'écrire,
Juste quelques phrases, quelques mots
Pour juste m'imaginer ton sourire
A la lecture de ces vers de sot !

Mais rien, rien ne m'est venu :
Aucune flamboyante comparaison
Ni aucune polissonne insinuation,
Rien qu'à cet instant déjà tu ne sus.

Car oui, ma princesse, il est bien dur
De trouver encore de nouvelles louanges
Tant ta beauté, ton charme et ton allure
Ont été vantés ; beauté folle et étrange !

Voilà donc pourquoi je t'ai écrit cela :
Plutôt que d'encore chanter ton sourire
Je l'ai fait, sur tes lèvres, s'accomplir.
Et mon cœur soupire : il te tend les bras !
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Bombe ]
Posté par: Synopz le samedi 02 mars 2013, 00:42:20
Bombe

" Et que le monde tombe,
Oh triste monde si gris.
Je m'accroche à tes yeux,
Verts, durs comme la vie.

Et sombre la bohème,
Qui n'a plus de saveur
Car plus un seul éclat
Ne chante le bonheur.

Et là, dehors, le monde
Toujours si gris, si sombre
Malgré tes cheveux longs
Et tes lèvres au goût d'ombre.

Alors que faire ou dire ?
T'aimer et t'écouter
Ou bien te faire taire
Et ne plus rien penser ?

J'aimerais le savoir
Car bien trop de grisaille
Ici me ferait craindre
Qu'un beau jour tu t'en ailles.

Et je n'écrirais plus,
Je ne pourrais que voir
Qu'en ce monde bien las
Tombent de mornes soirs

Une fois toi au loin,
Je cesserais les vers.
Je ressasserais juste
Des souvenirs amers.

Et là sur l'horizon,
Voilà, le monde tombe :
Sur mon cœur solitaire
C'est une froide bombe. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Bombe ]
Posté par: Synopz le lundi 27 mai 2013, 22:21:12
Manque

Taille sensuelle, cheveux de paille, cheveux de miel,
Un éclat, une esquisse, le tout parfumé saveur ciel !
Mouvement ombré, alliage de grâce et de légèreté,
Et je vois tes formes se laisser deviner, frémir et briller !
Mais, tu continues de dérouler sur moi tous tes charmes
Ah ! A la sueur de nos corps se mélangent mes larmes...
Non, tu n'es ni tout à fait innocente, ni tout à fait coupable :
Quelques baisers et quelques caresses, rien d'incroyable !
Un peu de tout ça, et voilà que je me prends à penser à toi
En continuant à taire, toutefois, ce que tu fais si bien sur moi !
Souvenirs chauds et agréables qui me prennent quand tu t'en vas !




Maxime : Amour


" Chaque pomme est une fleur qui a trouvé l'amour "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Manque + Maxime : Amour ]
Posté par: Synopz le vendredi 14 juin 2013, 02:02:48
Parfum

" La nuit a ton visage,
  Les étoiles attendent, là, solitaires.
  Le calme se tait et hume avec rage
  Un parfum dans l'air.

  Ce parfum est doux :
  Il est à la fois brûlant d'exotisme,
  Mais aussi rassurant de classicisme.
  Le sentir rend fou.

  Ce parfum est tien,
  Il est pour moi : passé, présent, futur
  Ce qui fut radieux et ce qui fut dur,
  Il est notre lien.

  Ce parfum est fort.
  Tu n'es pas ce que j'aurais pu vouloir
  Mais tu es finalement mon histoire.
  Il me donne tort.

 Car le vent murmure
 A mes oreilles que tu es faite ainsi,
 Que je te veux telle quelle dans ma vie :
 Sans une imposture !

 Ce parfum est toi :
 Il est aussi attirant qu'imparfait,
 Me laisse comblé et insatisfait !
 Il dicte sa loi.
 
 Ce parfum est libre :
 Il pourrait vouloir changer ou partir,
 Sans que je ne puisse rien y redire.
 Lui, mon équilibre.

 Ce parfum m'est cher,
 Voilà ce dont je peux être certain,
 Sa fragrance m'a, à jamais, atteint.
 Il est mon éther.

 Sois donc convaincue
 Que je te désire comme tu es,
 Même si, parfois, nous sommes éloignés,
 En moi, tu as lu !

Et prends donc ces vers,
C'est une amoureuse déclaration,
A ta beauté et tes imperfections !
Mon cœur s'y est ouvert ! "
 
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Parfum ]
Posté par: Synopz le jeudi 29 août 2013, 01:34:58
Absurdité

Absurde.
Comme tes yeux,
Comme l'amour,
Comme l'honneur,
La réussite,
Comme l'argent,
Comme la vie.

Idiot.
Comme le monde
Et tous ces gens,
Qui croient penser,
Et qui flattent
Leurs doux égos,
Si pathétiques.

Ils sont là, sont persuadés que leurs vies
Ont une quelconque petite valeur
L'argent, la gloire, le sexe et l'image
A quoi bon nous intéresser à eux ?

Humains.
Sales et bestiaux,
Tout en pulsions
Et réflexions.
Vous, vos idées
Si prétentieuses
Et fallacieuses.

Mes frères.
Laissez-moi donc
Je ne veux pas !
Ah ! Être vous
Tomber, pleurer
Et là, pourtant
Oh, je le suis...

Tout ça est trop
Dur, douloureux
Et si absurde.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Absurdité ]
Posté par: Synopz le dimanche 08 septembre 2013, 22:21:58
Après trois ans et demi de doute, voilà enfin la fin de L'Anges Des Ombres ! Une fin qui comblera les rares qui la liront, je l'espère ! Et j'annonce dès maintenant le projet un peu fou de réécrire cette fiction depuis le début devant l'horreur intégral que sont les premiers chapitres écrits dans ma folle jeunesse ! En attendant, je vous laisse sur cette conclusion de l'histoire de Luna et Synopz, en espérant avoir quelques commentaires ! Un grand merci à tous ceux qui ont lu, commenté et aidé à la réalisation de cette fic d'une quelconque façon ! Merci à mes deux dessinatrices pour leurs superbes illustrations de Luna !

Chapitre 14 : Fatalité

« Mourir est un instant, vivre est un long supplice. »
- B.J.S.

Tout oublier. Cesser d'être. Partir, cœur au vent, sans rien. Ne plus rien dire, ne plus rien penser, ne plus douter, ne plus pleurer, ne plus échouer, ne plus décider, ne plus agir, ne plus aimer, ne plus haïr. Suivre juste une route sans fin, juste ressentir et être mu par quelque chose de plus fort que la mort, de plus éternel que le monde, de plus vrai que la vérité. Voyager et apprendre, découvrir avec passion, sans devoirs, sans obligations, sans contraintes. Quitter le monde humain factice pour redevenir soi-même, pour se découvrir, pour commencer à exister plutôt que se laisser porter par les mensonges et les écueils de l'existence. Luna, princesse des ombres... A quoi bon mes titres ? A quoi bon mes devoirs ? Ici, je ne décide rien, je subis, comme tous ceux qui m'entourent. Je subis et reste incapable de penser par moi-même, de m'affirmer, de rêver, de croire. Incapable d'agir et de reprendre en main mon destin. Incapable de devenir moi-même, incapable d'exister. J'aurais tant aimé partir avec toi. Seuls, à ne rien dire pendant des jours, à poser nos regards là où personne n'a jamais mis les pieds. A aimer sans souffrances, à prendre le temps. A ne parler que le langage de la vérité et du cœur. Mais tout ceci ne sera jamais, jamais. Car, incapables de nous extraire à nos devoirs, nous sommes finalement ici, prêts à mourir, tête droite aux noms de ceux que nous avons toujours haïs. Quelle ironie du destin, quelle vanité de l'existence, quelle farce ! Je meurs de cynisme et de dégoût, incapable de savoir si j'aurais préféré ne pas exister. Nous sommes finalement là, prêts à mourir par devoir. Quelle folie, quelle absurdité... Je n'aurais jamais existé. Triste à dire mais malheureusement bien vrai. Rien ne m'aura souri, rien ne m'aura aidé. Voilà la pitoyable et risible conclusion de ma misérable et pathétique existence : n'avoir jamais existé.


La terre tremblait. Elle battait au rythme lourd et régulier du mouvement des deux armées. Face au bourg, l'armée du noir seigneur du désert, composée en majorité des fières amazones Gerudo mais aussi accompagnée des traitres Sheikahs, d'humains de contrées éloignées et d'Hyliens corrompus. De l'autre coté, le bourg dans le dos, l'armée d'Hyrule, constituée, elle, de soldats et de nobles Hyliens, de Sheikahs et de tous les alliés de la famille royale. Et ces deux armées avançaient l'une vers l'autre, suivant la cadence des tambours de guerre. Elles s'arrêtèrent à quelques centaines de mètres l'une de l'autre et, quand les tambours se turent, un silence malsain, sale et pesant s'installa sur le champ de bataille. Le soleil de cette fin de matinée écrasait la plaine dans une torpeur guerrière suffocante, accentuant d'autant plus la tension bestiale qui agitait les rangs des deux armées. La princesse des ombres et son élu se trouvait au devant des forces royales, montés sur leurs destriers d'ébène, prêts à mener les troupes sheikahs comme il leur avait été demandé. Synopz exposa une dernière fois la stratégie d'attaque aux combattants des ombres.
- Pendant que le gros de l'armée royale chargera de face nos ennemis, un premier groupe que je mènerai personnellement tentera de prendre les Gerudo à revers en suivant le cours de l'Hylia. Un autre groupe, mené par la princesse des ombres, il désigna Luna d'un mouvement de tête, filera, lui, plein Est pour tenter d'infiltrer les quartiers du seigneur Gerudo. Les autres assisteront du mieux possible l'armée royale, en tentant de faire tomber les principales têtes dirigeantes.
Il attendit quelques secondes puis reprit.
- Je ne vous demande pas si vous avez des questions : il n'est même pas concevable que vous en ayez !
Le jeune homme fit pivoter sa monture et s'approcha de Luna qu'il fixa longuement dans les yeux.
- Que les ténèbres vous accompagnent et vous gardent, guerriers des ombres.
Les Sheikahs reprirent tous en chœur la phrase rituelle et rentrèrent dans leurs rangs. Luna se pencha vers le jeune Sheikah.
- Nous nous reverrons après la bataille, élu.
- Peut-être bien, princesse.
Un sourire illumina ses lèvres si brièvement que Luna fut la seule à l'apercevoir.
- Ne fais pas trop l'enfant Luna !
Il s'en alla au milieu de ses hommes avant qu'elle ait eu le temps de répondre. Elle regagna donc sa place, et se tut, rejoignant l'attitude générale d'expectative. Enfin, après de longues minutes d'une attente interminable à cuire sous le soleil, un cor sonna, tranchant l'épais voile de silence et d'immobilité qui s'étendait sur les rangs de l'armée royale. Une clameur sanguinaire monta, dévastatrice, comme en réponse au cor et les deux armées chargèrent.

***

Nabooru sentit le goût du sable et du sang lui emplir la bouche. Elle avait perdu et le savait pertinemment, elle était tombée aux mains de Ganondorf, lui avait révélé tout ce qu'elle savait de Luna et Synopz et se retrouvait maintenant enfermée dans la forteresse Gerudo, condamnée à devenir la femme du seigneur du désert. Elle soupira et ferma les yeux. Tout était perdu, définitivement perdu... Sa jeunesse ? Perdue. Son honneur ? Perdu. Son avenir ? Perdu, perdu, perdu... Elle se laissa lentement glisser au sol et fixa d'un regard vide le plafond. Tout était fini. Complètement fini.

***

La lame froide d'un poignard mordit la chair de Synopz en pénétrant le défaut de ses mailles d'acier Sheikah. Elle rebondit contre une de ses côtes. Il se retourna, chancelant de douleur, et, sans même lui accorder un regard, trancha la tête de son assaillant d'un flamboyant revers. Les forces qu'il menait progressaient rapidement et sans trop de difficultés vers le flanc Ouest de l'armée Gerudo. Il releva la tête, la zone où il se trouvait était désormais vide tout ennemi. Il s'approcha d'un de ses seconds, une main pressée sur sa plaie.
- Des pertes ?
- six des nôtres ne se relèveront jamais. Contre une cinquantaine de guerrières du désert décimées auxquelles on peut ajouter quelques humains.
- C'est déjà six de trop... Marmonna Synopz. Enfin, remettez-vous en selle nous devons continuer.
Il y avait maintenant plus de deux heures que la bataille avait commencé, et le gros des combats avait dévié vers l'Est, isolant le groupe mené par le jeune élu en le condamnant à affronter les quelques survivants qui trainaient encore dans la zone. Les hommes de Synopz reprenaient donc la route, tentant désespérément de regagner le cœur de la bataille en errant parmi des monceaux de cadavres, entassés pêle-mêle, figés pour l'éternité dans des positions de souffrance, de douleur et de mort. Le jeune guerrier Sheikah ferma les yeux, s'autorisant, pour quelques secondes seulement, de songer au passé.

Il avait treize ans. Qu'était-il alors ? Un gamin, rien de plus, quoique que pouvaient en dire les Sheikahs du conseil ou les guides spirituels du peuple de l'ombre. On lui avait présenté toutes ces épreuves plus idiotes et ritualisées les unes que les autres. " Élu des Ombres ", que ce titre, qui lui avait paru si honorifique, sonnait creux aujourd'hui. Un titre vide de sens, vide de gloire, juste un moyen de satisfaire les déesses et de détruire le peuple de l'Ombre. Il avait réussi toutes les épreuves, avec une facilité déconcertante. L'épée des Ombres lui avait été confiée et c'est là que la machine s'était enrayée. Ainsi, bien qu'il ne faisait aucun doute qu'il soit l’Élu des déesses, l'épée lui avait fait perdre la tête. Totalement. Son talent inné mêlé à la puissance folle de l'arme l'avait totalement envahi et consumé. Il avait tué la moitié des membres du conseil avant d'être mis hors d'état de nuire. On l'avait alors isolé dans une cellule de la forteresse Sheikah d'où il s'était enfui le soir même, s'éloignant du déshonneur et de la haine de ses pairs. Il avait saisi quelques affaires, et avant de s'en aller par-delà les montagnes qui délimitaient les limites d'Hyrule, il était passé voir Luna. Elle avait pleuré, beaucoup. Puis elle lui avait dit de partir, de ne jamais, jamais revenir. Il lui avait alors lancé une de ses légendaires phrases sibyllines avant de disparaître dans la nuit et de commencer sa longue errance en terre libre. Il avait vécu de bien des manières et vu bien des choses au-delà des frontières d'Hyrule. Puis, il était finalement revenu, appelé par son destin, appelé par son amour pour cette fille aux longs cheveux blancs... Il avait, au fond de lui, toujours sur ce qui l'attendait. Mourir. Par la faute de celles qui avaient détruit sa vie : les divinités à qui le monde devait son existence. Et voilà qu'il était là, enfin prêt à quitter ce monde, à accomplir ce qu'il ne souhaitait surtout pas faire.

Synopz reprit lentement ses esprits. Pourquoi pensait-il à cela maintenant ? Tout ça n'avait plus aucun sens... Il allait mourir. C'était une simple question d'heures, il se demandait juste quand est-ce que cela allait arriver exactement. Son contingent de soldats se rapprochait doucement du cœur de l'affrontement. L'armée d'Hyrule était aux portes du vaste campement Gerudo. La victoire était presque assurée et ceci en grande partie grâce à l'intervention des troupes d'élites Sheikahs placées en première ligne. Toutefois, les pertes Sheikahs semblaient monstrueuses, les déesses allaient certainement enfin voir leur dessein s'accomplir : le peuple de l'Ombre ne survivrait sûrement pas à cette bataille. Enfin, après encore de longues minutes à chevaucher, Synopz et ses hommes atteignirent l'arrière-garde de l'armée d'Hyrule où quelques tentes de commandement venait d'être dressées. Synopz descendit de selle et marcha rapidement vers la plus grande de ces tentes. Impa s'y trouvait, seule. Et, en pénétrant dans la tente obscure, Synopz sentit sa réalité basculer. Quelque chose n'allait pas et il le sentit, son destin s'emballait, ce qui avait toujours été prévu pour lui s'animait enfin. Impa avait les yeux rougis de larmes et mit quelques secondes à remarquer sa présence.
- Sy... Synopz ? L'athlétique femme Sheikah se leva brusquement en essuyant ses yeux. Nos troupes ont commencé à entrer en masse dans le camp Gerudo.
Le jeune homme observa celle qui avait été sa nourrice. Elle avait toujours été l'impassibilité même et la voir ainsi secouée ne présageait rien de bon.
- Impa, que s'est-il passé ?
Elle ne prêta pas attention à sa remarque et continua à parler.
- La victoire devrait nous être facilement acquise et tout cela...
Synopz la coupa net, d'une voix froide.
- Je ne suis plus un enfant à qui on cache la vérité. Qu'est-il arrivé ?
Impa cilla. Une fois.
- Les forces Sheikah ont été envoyées en première ligne et décimées. Notre peuple comptait environ trois cents âmes, il n'en reste maintenant qu'une vingtaine tout au plus. Toi, moi, quelques rescapés et tes hommes. Personne d'autre. Le peuple des ombres ne sera bientôt plus qu'un souvenir.
Le jeune homme serra le poing, contint sa rage et répondit.
- Voilà ce qui a toujours été écrit, cette bataille devait signer notre fin... La destinée est inévitable, vous vous plaisiez à nous le répéter.
Synopz tourna les talons pour quitter la tente.
- Synopz, attends.
- Qu'y a-t-il ?
Impa soupira et le fixa droit dans les yeux, d'un regard à transpercer l'âme.
- Luna.
Alors le jeune Sheikah sut que son monde commençait à s'écrouler. Une peur panique, froide et sourde s'empara instantanément de lui.
- Que lui est-il arrivé ?
- Elle a été capturée. Nous ne savons pas ce qui lui est arrivée, l'homme du désert la retient dans ses quartiers.
Synopz ne réfléchit pas. Un désir profond de mort l'habita. Et il sut également que si la moindre chose était arrivée à Luna, il allait cesser d'être, tout simplement.
- Je vais le tuer, maintenant.
Impa soupira.
- Tu ne peux pas, élu des ombres.
- Et pourquoi ne le pourrais-je pas ?
Impa hésita un moment, puis finit par se décider à parler.
- Nous ne vous avons jamais révélé l'entièreté de la légende, Synopz. Quelqu'un qui n'est pas encore de ce monde est destiné à tuer le seigneur Gerudo maudit...
Synopz crut un court instant qu'Impa mentait. Quelqu'un destiné à tuer Ganondorf, qu'est-ce que ça voulait dire ?
- Vous délirez !
- Non, Synopz, malheureusement non. La légende stipule que les deux élus des ombres devront éclabousser de leur sang l'autel ouvrant l'accès au Saint-Royaume avant qu'on puisse pénétrer dans celui-ci. Je ne sais pas comment tout cela se produira mais dans la lutte entre le futur élu des déesses et le seigneur du Malin, le Saint-Royaume sera amené à être ouvert et pour que cela puisse être accompli et qu'Hyrule soit sauvé... Vous devez mourir, toi et Luna. Les déesses préfèrent prendre le risque de voir leur monde détruit plutôt que de voir les Sheikahs survivre.
Le jeune homme n'eut strictement aucune réaction.
- On m'a toujours expliqué que mon devoir serait de mourir aujourd'hui, le but de cette mort m'intéresse peu. Si mon devoir est de trainer mon corps ensanglanté aux portes du Saint-Royaume dans le temple du temps alors je le ferais. Maintenant, laissez-moi, je dois retrouver Luna. Tâchez de survivre, Impa.
- Tu...
Le jeune homme était sorti. Impa s'effondra sur sa chaise. Le destin était en marche, elle n'y pouvait plus rien.

***

Luna avait mal. Elle n'était que douleur, mais ce qui l'affectait n'était pas tant le mal physique mais bien le poids moral des événements qui venaient d'avoir lieu. Elle n'avait rien vu venir, elle avait jetée ses troupes dans ce qui semblait être une ouverture et qui s'était en fait révélé être un guet-apens. Elle avait été capturée et avait vu ses combattants mourir les uns après les autres. Luna n'en pouvait plus, l'envie de vivre la quittait doucement. La princesse des Ombres fixait le plafond de la tente où elle était enchaînée sans ciller. Ses yeux vermeils semblait creux et vides, plus rien n'y brillait. Elle était enfermée, recluse dans son esprit et les multiples plaies qui lézardaient sur sa peau pâle semblaient ne lui causer aucun tort. On l'avait attachée à une table et était alors arrivé le seigneur du désert. Il lui avait paru monstrueusement grand. Ganondorf Dragmire s'était approché d'elle, avait doucement posé ses mains sur ses hanches, abaissé ses collants et relevé sa tunique. Et ce qui était arrivé ensuite, elle ne tentait même pas de s'en rappeler. Elle s'était enfermée dans son esprit, avait décidé de ne plus jamais retourner à la réalité. Elle avait ensuite été torturée pendant de longues minutes et chaque supplice avait été plus inventif que le précédent. Ce pauvre idiot de roi des Gerudos pensait qu'il défiait les déesses en la torturant ! Si cet imbécile avait seulement compris que sa mort était peut-être la chose la plus importante pour les divinités de ce monde... Il aurait peut-être agi autrement. En tout cas, elle était là, maintenant. Et elle était vide, absolument, complètement et irrémédiablement vide. Presque déjà morte. Elle réalisa alors qu'elle pouvait porter à hauteur de son cou ses deux mains encordées. Elle pressa alors ce bout de corde usé contre sa glotte. Elle ne sentit rien, tomba. Tout ça n'avait jamais eu lieu. Luna, Princesse du peuple des ombres mourut, simplement. Souillée et déshonorée.

***

Synopz sortit et s'adressa en quelques mots d'une sobriété presque incongrue à ses hommes :
- Votre princesse est retenue quelque part dans ce campement. Vous avez juré de donner votre vie pour elle et il est temps de mettre ce serment à l'épreuve. Retrouvez-là ou mourrez, aucune autre solution n'est envisageable.
Les hommes de l'ombre hochèrent imperceptiblement la tête et se dispersèrent. Synopz resta seul un instant. La douleur continuait à croître dans ses entrailles, il sentait le fil pernicieux du malheur se tailler à grands coups un chemin à travers la réalité. Il monta en selle et se mit au galop. Il traversa le champ de bataille, piétinant les cadavres aussi bien alliés qu'ennemis, les tentes et, tout simplement, tout ce qui trouvait sur son chemin. Au fond, il savait déjà où il allait car deviner les intentions d'un homme aussi imbu de lui-même que le seigneur des gerudos était simple : il ne pouvait garder Luna qu'à ses cotés, dans sa tente personnelle. Synopz s'abandonna à sa fureur, à sa folie et se mit en marche vers le centre du camp.

***

Je meurs. En fait, je suis même déjà morte et je suis également hilare. Hilare de voir quelle ironie les déesses ont : le viol et le suicide. Quelles belles dernières images et pensées pour moi ! Ah ! J'espère que vous vous étouffez de rire et de joie, là-haut, en votre royaume, déesses ! Sachez que je partage votre allégresse avec grand, grand plaisir ! J'ai fini. Enfin. De vous obéir, de vous voir, de vous croire, de vous écouter, j'ai fini ! Je n'ai plus qu'une seule chose qui au fond me fait mal : toi aussi tu vas mourir, toi aussi, tu vas souffrir, mon compagnon de route, amant infortuné avec qui j'ai partagé mon destin... Pardonne-moi d'avoir abandonné avant toi. Pardonne-moi de ne pas avoir eu ta force...

***

Synopz avait abandonné sa monture et progressait doucement vers la tente centrale, donnant la mort sans vraiment y prêter attention. Il combattait avec froideur et ne semblait manifester aucune émotion. Il avançait juste, implacablement. Il ne pensait plus rien, aucune pensée logique ne se frayait un passage dans son esprit, il était vide. Il tranchait des membres, prenait des vies, avec une froideur presque terrifiante. Une seule chose tournait inlassablement en boucle dans son esprit : il devait sauver Luna. C'est ce moment que choisit le seigneur du désert pour émerger de sa tente de commandement, située sur une bute en hauteur, portant dans ses bras la frêle silhouette inanimée d'une jeune fille aux longs cheveux de neige.

Le monde de Synopz explosa alors.

Définitivement.


Je cours. Un désir de mort, de destruction plus fort que tout ce que le monde et les choses ne pourront jamais produire m'habite. Je hais cet homme, je me hais, je hais mon peuple et je hais même tout ce qui est ! Sauf elle... Et elle n'est plus. Pourquoi suis-je encore ici ? Le monde n'a plus de réalité, plus de consistance pour moi, je suis déjà mort. L'enfant que j'ai toujours été vient de périr sous l'ultime attaque de la maligne réalité. Je ne veux plus être, je ne veux plus penser.

Je cours.

Dans un mouvement brouillon, indéfini et puissant, je m'attaque à cet homme. Je tape, il tape, nous saignons. Il me regarde, sourit et parle : " Elu des Ombres, ta mort me permettra de retourner le cours de cette bataille que je suis en train de perdre !". Ce qu'il dit ne m'intéresse pas. Et, tout à coup, je me rends compte que même le tuer n'a aucun intérêt à mes yeux. Je me détourne, prends dans mes bras le corps de celle qui fut mon aimée et commence à m'enfuir. Il tente de m'arrêter, je sens quelque chose de dur, froid et douloureux trancher la chair de mon dos mais je continue à courir.

Je cours.

Je ne me souviens même pas de ce qui arrive, je traverse le champ de bataille, je cours au milieu de tous ces gens en train de s'entretuer et je pénétre enfin dans la ville. Je dois accomplir ceci, pour sa mémoire, pour la mienne. Une mémoire que personne ne transmettra, une mémoire dont personne ne voudra se souvenir... La mémoire du Peuple des Ombres.


Le jeune Sheikah, se traina, dégoulinant de sang et chancelant sous le poids du cadavre de Luna. Il franchit la porte du Temple du temps et s'effondra à terre devant le grand autel de marbre du Saint-Royaume. Il fit glisser sa main pleine de son sang et de celui de Luna, laissant une longue et morbide trace sur la pierre dure et froide de l'imposant autel. Il s'allongea au sol, le visage face à celui de la princesse des Ombres. Il admira une dernière fois sa douce peau pâle et ses traits fins et effleura ses lèvres d'une main tremblante.
- Nous sommes enfin libres, princesse, enfin...

Il mourut, là, seul et oublié des légendes.





Épilogue

La jeune femme avait couru longtemps. Une important escouade de soldates Gerudo avait réussi à s'infiltrer dans le château d'Hyrule et avait commencé à massacrer des familles nobles et à tenter de capturer la famille royale. On entendait de terribles rumeurs : le peuple Sheikah tout entier avait été décimé, notamment leur élu et leur princesse. Elle s'était enfuie à cheval par une porte dérobée, serrant contre elle son nouveau-né. Un carreau Gerudo l'avait atteinte juste en-dessous de l'aisselle. Elle avait perdu beaucoup de sang. Après avoir réussi à s'extirper du champ de bataille, elle n'avait pas trouvé où aller et elle avait erré une bonne partie de la nuit sur la partie Sud de la grande plaine d'Hyrule. Enfin, elle s'était souvenue des légendes qu'on lui racontait, enfant, sur la forêt des Kokiris, ces enfants qui ne grandissaient jamais, gardés par un arbre bienveillant et protecteur. Elle se mit donc en route et, au petit jour, elle pénétra dans la forêt millénaire. Sa vue se troublait et ses forces la désertaient peu à peu. Elle trouva enfin la vaste clairière qui abritait le protecteur de la forêt, le gardien des kokiris : l'arbe Mojo. Elle tomba à terre de la hauteur de sa selle et parla d'une voix faible et tremblotante.
- Gardez cet enfant, s'il vous plaît... Rien... Rien ne devra jamais lui arriver.
L'arbre parla d'une voix grave et profonde, dans laquelle résonnait le bruit des cours d'eaux et le bruissement des feuilles.
- Un grand destin attend ton enfant... Pars en paix.
- Son nom est... Link.
Elle ferma les yeux sur cette phrase et partit, heureuse.

Dans le ciel, deux étoiles regardent la scène et murmurent :
- Va, Link. Elu des déesses, va accomplir ton destin, qu'il soit plus heureux que le notre...
Titre: Errements Poétiques - [ L'Ange Des Ombres : Chapitre Final et Epilogue ]
Posté par: Synopz le vendredi 15 novembre 2013, 22:42:59
Miroir

J'attends là, chose flasque et inanimée
Je ne sais même plus si j'ai vraiment envie

Toi, miroir

Aimons-nous, s'il te plaît, oublions tout cela
Tes lèvres, comme au premier jour, palpitantes.

Perversion

Les temps à venir me terrifient tellement,
Alors illumine pour moi tes doux yeux verts !

Et que faire ?

Tomber, crier, souffrir...

Espérer ?

Je suis fou mon aimée, je vois bouger les ombres
Noires, tranchantes et sanglantes : viens m'en sauver !

Décider

Je ne pourrai pas tenir beaucoup plus longtemps
Viens, viens, oublions tout de notre longue histoire...

De choisir

Tenons-nous debout, à l'aube d'un nouveau jour
Sentons la brise d'une innocence retrouvée.

Elle, l'être

Aimer, crier, pleurer.

Cheveux paille

Avec toi.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Tu Avais un Visage ]
Posté par: Synopz le lundi 16 décembre 2013, 01:10:01
Tu Avais un Visage

J'ai perdu ton visage,
Il y a bien longtemps.
L'absence a pris tes traits
Lentement, lentement.

J'ai changé, tu sais, et j'ai grandi

Suis-je devenu sage ?
Non. Certainement pas
Mais, sûrement moins niais.
J'ai appris, en tout cas.

J'ai vu un peu plus ce qu'est la vie

J'ai découvert les corps
Et j'ai construit des choses.
Rencontré des personnes
Et enrichi ma prose.

J'ai pu quelquefois penser à toi

Avec quelques remords,
Aussi soulagement.
Mais c'est la paix qui tonne
Maintenant, il est temps !

Je suis prêt et j'ai peur à la fois

L'oubli doit se finir,
J'ai eu pour toi tendresse,
Aussi bien que désir.
Toi qui fus ma maîtresse.

Je viens là, désormais convaincu

Nous pouvions nous aimer
Nous ne l'avons pas fait
Je t'ai heurtée, blessée
Et tout ça tu le sais.

J'espère voir ta rancune tue.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Tous les Matins sont Douleur ]
Posté par: Synopz le mardi 25 février 2014, 00:10:28
Tous les Matins sont Douleur

Dans des rêves de velours
Meurent tes yeux, point du jour,
Tous les matins sont douleur

Sous la glace bat le cœur
Que l'on ne sauvera pas
Qui, sans un bruit, pleurera.

Les jours de la honte crient :
Ta lumière, je l'envie
Mais elle s'envole trop loin !

Nous nous aimions dans le foin
Te souviens-tu ? Si longtemps
Le temps a tout pris, plus rien.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Dans Mes Rêves Agités ]
Posté par: Synopz le lundi 14 avril 2014, 22:57:38
http://www.youtube.com/watch?v=kMFCWJ3R68U

Dans Mes Rêves Agités

Dans mes rêves agités, je vois cette ville...

Je ne trouverai jamais la paix,
Juste un semblant de douceur

Le monde et les choses sont morts
Définitivement.

Folie, tendresse, sang et boue
L'appel de la chair me rend fou

Tant de noirceur, tant de noirceur
Réfugiée au fond de mon cœur.

Et c'est comme un mouvement,
Qui s'esquisse, se délite.

Je revois ton nom, tes cheveux.
Es-tu l'Aimée ou son contraire ?

Du vide, du vol et je finis par m'enfuir
Plus de monde, de croyances
Plus d'Univers.

Rien que la solitude,
Désespérante,
Réconfortante.

Je disparais.

Éthéré.

Que raconterai-je
Quand on me retrouvera ?

Rien.
Mes lèvres ne remueront pas.

Noirceur.
Ténèbres.
Abîme.

Définitivement.
Noirceur et sourire
De l'éternité.

Souffrir.
Oublier.
Cesser.

Noir.
Noir.
Blanc.

Juste un peu de grisaille dans mon cœur.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Dans Mes Rêves Agités ]
Posté par: Synopz le dimanche 18 mai 2014, 23:08:55
Absence

Ceux qu'on croit immortels
S'en vont sans prévenir

Un jour comme un autre
Un jour de soleil

Compagnons de route
Jamais plus fidèle amie

Partage, écoute, présence
Je sais que tu savais.

Silencieuse et joyeuse.



Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Absence ]
Posté par: Krystal le dimanche 18 mai 2014, 23:20:02
TROP TARD MEC, LA GAZETTE EST POSTÉE, MAIS BIEN TENTÉ !

A part ça, ai-je déjà mentionné que j'aimais quand tu réapparaissais avec tes jolis poèmes tout mignons ?  :-*
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Absence ]
Posté par: Cap le dimanche 18 mai 2014, 23:21:27
PAS LE PZN OMG *rage*

Sinon, je plussoye Krys, ton poème est sympa. J'aime :-*
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Absence ]
Posté par: Synopz le lundi 19 mai 2014, 12:39:00
Deux commentaires d'un coup, je ne sais pas si mon topic va s'en remettre  :-*

Il se trouve que je poste toujours dans les trous de la gazette et du PZN : Dimanche soir, Lundi matin ! En tout cas merci à vous deux, ça commençait à vraiment sentir la poussière ici !

Et Krystal, je ne disparais jamais, je me contente d'observer et d'intervenir avec parcimonie quand la justice, l'ordre et le bon goût sont menacés ! :niak:
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Dans la Brume ]
Posté par: Synopz le lundi 16 juin 2014, 22:02:31
Dans la Brume

Encore écrire
Et lire et mourir.

Dans la brume

La mer lèche
Les pierres du passé

Du fond des Âges
Grondent des murmures

Je sens se débattre
Le sens et la raison

Dans la brume

Quand brûlent les choses
Que virevolte ma prose

Je sens ces voix
Qui me portent, m'oublient

Voix qui crient du papier
Que ma plume déchire.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Errer ]
Posté par: Synopz le dimanche 13 juillet 2014, 15:42:37
http://www.youtube.com/watch?v=aalI-pmhgb4

Errer

" Sauras-tu, sauras-tu pardonner mes errances ?
Ma tête devient folle et
Tout s'y bouscule

Toujours la grisaille
Ces pensées qui s'égarent
Tourbillonnent, perdent tout sens !

Qui aimer, qui devenir, que penser ?
J'aimerais tant, tant trouver
La tranquillité.

Avancer tête droite,
Savoir, être décidé
Serein.

Et ne plus douter,
Et deviner ton visage
Parmi les brumes de l'existence.

Trop à aimer, trop à voir
Je ne peux plus savoir...
Je ne peux plus savoir où aller. "


Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Errer ]
Posté par: Synopz le dimanche 03 août 2014, 14:41:57
Brouillard

La nuit brise des rêves parfois.
Que dire ? Que pourrais-je dire ?
Le vice m'a pris, l'ivresse aussi
Pourrais-je en être excusé ?

Inconsciente jeunesse,
Trop occupée
A divaguer.

Comment décrire
Une telle proximité
Entre erreur et extase ?

Et la fatigue, si forte...
Quelques restes d'utopie
Foulés aux pieds.

Se haïr de ne pas avoir haï
D'avoir été si humain,
Si faible.

Toucher un corps,
Et fondre et périr
Même éclater !

Tout en moi
N'est que brouillard
Et égarement.

Avoir voulu,
En sachant le remord
Mais aussi le frisson...

Disparaître,
Ne plus croire,
Ne plus sortir.

Je dois encore le dire
Tout dans mon cœur
Dans mes tripes et mon âme
N'est que brouillard.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Brouillard ]
Posté par: Synopz le lundi 04 août 2014, 00:12:04
Que fera-t-on ?

Alors que fera-t-on ?
Je te le demande.

Envolée délirante
Espoir brisé

Tout ça prendra-t-il du sens ?

Courir, s'éloigner, ne plus penser
Solitude apaisante,
Indécision maladive.

Toujours l'or, le sang, la sueur
Que se demande-t-on
Avant de plonger au bord
De l'abysse ?

Les larmes s'effondrent
Et le temps ne semble pas
S'arrêter.

Peur, honte, détermination
Tout, tout, tout à la fois

Et tremblent mon cœur
Mon corps, mon esprit

Au fond, au fond
J'ai si peur.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Que fera-t-on ? ]
Posté par: Synopz le mercredi 13 août 2014, 01:54:40
Indicible

Douleur insoutenable
Indicible chose
Et seulement des mots...

Si tu savais
La brûlure du temps et de l'erreur
Obscure souffrance
Qui danse et se réjouit au fond
De mes entrailles

Ne l'entends-tu pas rire ?
Me manger amoureusement ?
Je partage tes peines
Fille du doute

Quand sur l'aube sonne l'amer
Meurent nos rêves
Et se broie le velours

Crois-moi, peau douce
Sur rêche paille.
Crois-moi, car moi
Je te crois
Je t'entends, même.

Et la myriade des larmes du ciel
Moi aussi me fait chavirer
A chaque sanglante minute
Et grisonnante seconde,
Je m'enfonce,
Je meurs,
Tombe.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Indicible ]
Posté par: Synopz le jeudi 09 octobre 2014, 00:46:31
Tout Finira

" Penche-toi sur moi, là
Douce amante du soir

J'aimais avec espoir
Il y a longtemps de ça

Mais toujours le temps file,
Vieille rengaine acide,
Qui rend nos yeux humides
Devant nos rêves qui s'effilent.

Tout finira, tu sais
Vices et doux rêves iront

Ce jour, nous pleurerons
Cette douceur de Mai

Tu vois, ce temps d'avant :
Quand nous allions partir,
Heureux, pleins de désirs,
Comme nous étions innocents !

Et nous nous souviendrons
De toute cette paix.

Que, autrefois, j'avais
Quand tout semblait si long

Et nos genoux tordus,
Nos frêles crânes nus,
Frémiront au suave souvenir du frisson..."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Tout Finira ]
Posté par: Synopz le lundi 13 octobre 2014, 01:23:52
Rumeur

Le grondement monte.
Secoue nos cœurs,
Perce nos vies.

Sentez, sentez
Et fermez,
Vos yeux.

Vous ne pourrez
Vivre cette vie
Éternellement.

Bientôt viendront
Mort, violence
Désespoir.

Le monde
Ne vous résistera pas,
Vous.

Mes frères humains,
Vivez, vivez
Car la rumeur enfle.

Toujours grossir,
Toujours croître,
Sans arrêt.

Il est trop tard,
Pour espérer
Se retourner.

Le monde
Ne se remettra pas,
Ne changera plus.

Courons gaiement
A notre perte,
A notre fin.

Rions car demain
Ne sera que fureur,
Sang et horreur.

J'ai si peur,
Si peur pour nous,
Pauvres fous...

La terre nous a parlé
Nous aurions pu...
Changer ?

Nous n'avons rien fait,
Rien dit,
Ainsi va la vie.

Maintenant nous courons,
Vers le gouffre, hilares,
Regard bandé

La chute, la chute
A déjà commencé.
Il ne faut plus espérer.

Vivez, vivez,
Car demain
Ne sera plus que vies dévastées.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Rumeur ]
Posté par: Synopz le samedi 18 octobre 2014, 16:07:50
Le Rêve de la Douceur

" Et le rêve de la douceur
Sous les lascives heures
Secoue mon âme, mon corps las
Tremblent nos voix, nos pas

Dans les méandres de mon cœur
Ici, tout est torpeur
Tu sais tout, tout disparaitra
Et ma peur n'est plus là

Nous mourrons sans bruit, comme ça
Avec, entre nos bras,
Un frêle soupçon de bonheur,
Juste un peu de chaleur

Il ne nous restera que ça
Quand, hélas, il faudra
Plonger et s'en aller, sans peur,
Joindre tout ce qui meurt. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Le Rêve de la Douceur ]
Posté par: Synopz le jeudi 06 novembre 2014, 15:03:58
Ininterrompu

Et si je plongeais ?
Froide abysse où
J'aimerais tant, tant
Tomber.

Le froid dans ma chair,
Et je serais là
T'implorant doucement
De me dire :

Où aller ? Où aller ?
Qui devenir ?
Cela en vaut-il
La peine ?

Je rôde,
Dans un théâtre
D'ombres et de mystères.
Ah ! Mon aimée, toi,
Mon guide.

Prends mes doigts
Froids, si froids
Réchauffe-les
A la lumière
De ta vérité.

Je suis dans l'ombre.
Que ferai-je si...
Si rien ne change ?
Si je m'égare,
Ne trouve plus
Comment m'enfuir.

Si rien ne change,
Je disparaîtrai.
Tends-ta main, là
J'aimerais tant
Me relever.

Car ma chute
Dans l'Abîme
A été si brusque,
Laisse-moi,
Laisse-moi sortir.

Pitié... ! Pitié... !
Le chaud, le paradis
L'enfer, le dehors
Le ciel, la pluie,
Tous, tous
Me sont témoins :
J'ai juré de me relever.

Pourtant, mon cri
Mon cri du fond
Des entrailles
Semble ne pas vouloir
Sortir ?

A vouloir trop vivre,
On s'engouffre
De là où l'on ne ressort
Pas.

La vérité, le mensonge,
L'Amour, la tromperie
Douces effluves dont
Nous aimons nous enivrer
Je leur ai fermé la porte,
Il ne reste que toi,
Toi, et les nuages.

Sous mes doigts,
Je veux croire,
Que l'acier et ton corps
Vibreront encore,
M'emmèneront.

Le temps et l'erreur prennent sens.
J'ai dit que je sortirai,
Encore je jure, je pleure.
Laisse-moi me débattre,
Car tout, tout a perdu son nom.

Reste toi
Et l'espoir,
Que tout ira mieux,
Que je verrai tes yeux.

L'espoir que tout,
Tout ira mieux.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Ininterrompu ]
Posté par: Synopz le dimanche 16 novembre 2014, 19:26:47
Poussière

" Aux rêves amants
Toujours cède la poussière.
Éparpillée aux confins du souvenir,
Encore, saisie par la beauté,
Elle s'est envolée.

Rien ne reviendra,
Surtout pas elle.
Et désormais elle habite
Dans les nuages,
Dans le murmure,
Dans la caresse,
Dans le frisson.

Après tout, après tout,
Nos paupières fatiguées
Ont croulé sous le poids des âges
Et pourquoi donc serait-elle restée ?
N'oublie simplement pas
Que l'or et le mensonge
Souvent barrent l'horizon.

Et les autres rêves s'éteignent,
A leur tour sont poussières,
Prennent la couleur des étoiles.
Ils s'effondrent et s'égarent,
Font couler les larmes.

Parfois, avec temps et patience
La poussière à nouveau
Devient engrais.

Parfois, avec temps et patience
La poussière se disperse
Ne revient jamais. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Poussière ]
Posté par: Synopz le samedi 22 novembre 2014, 01:06:00
Un, deux, trois.

"Seul.
Obscur. Un, deux, trois :
Je compte.

Quoi donc ?
Rien, juste les secondes.
Tourne, tourne avec moi.
Ne me lâche pas.

Je veux sentir ta peau,
Ton corps remuer sous moi.
Gémissement, plaisir, sueur...

Tout n'est plus que songe.

Autrefois tu m'aimais
Et maintenant non.
Je m'en fiche.

Seul.
Je reprends :
Un, deux, trois...

Quoi donc ?
Rien, juste nos rêves.
Pleure, pleure avec moi.
Ne me lâche pas.

Je veux me rappeler l'envie,
Le frisson et l'attente.
Impatience, exaltation, certitude...

Tout n'est plus que songe.

Autrefois j’espérais
Et maintenant non.
Je m'en fiche.

Seul.
Je continue :
Un, deux, trois...

Quoi donc ?
Rien, juste nos joies.
Meurs, meurs avec moi.
Ne me lâche pas.

Je veux me souvenir le bonheur,
Ton sourire et la joie.
Euphorie, extase et tremblement...

Tout n'est plus que songe.

Autrefois j'étais heureux
Et maintenant non.
Je m'en fiche.

Seul. Toujours.
Je compte encore :
Un, deux, trois...

Et ça ne cesse plus."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Tenir Debout ]
Posté par: Synopz le mardi 25 novembre 2014, 15:07:52
Tenir Debout

"Je regarde le ciel
Et les pages.
Ratures, frustration, douceur du miel.
Sous les rimes, tant de rage.

Ah ! Cri de la chair,
Envie de vice et d'ivresse,
Et la peur qui m'enserre :
Craintes qui jamais ne cessent.

J'aimerais, oh, seulement
Et vivre et écrire.
Retrouver le goût du moment,
Savoir à nouveau le désir.

Toi, oui, toi, ou bien toi aussi
Viens, viens secouer ma vie.
Donne-moi tes lèvres
Et ton corps, tes courbes.
Je suis si mièvre :
Sors-moi de la tourbe.

Reconnaître la folie,
Esquisse de la passion...
Tous, je vous envie,
Car j'atteins maintenant le fond.

Et pourtant il faudra
Se relever, trouver des yeux, une peau
A effleurer, aimer. Je me tiendrai, là.
Debout, je jure, je briserai mon étau."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Toi. ]
Posté par: Synopz le lundi 01 décembre 2014, 01:09:31
Toi.

"Penche-toi sur moi
Et dis-moi que tu seras là, dis-moi
Que nous vivrons à nouveau l'insouciance
Dis-moi, dis moi

Que ni les années, ni la distance
Ne finiront par t'éloigner de moi.
S'il te plait, dis-moi !

Que cela a aussi pour toi
La couleur de l'évidence.
Dis-moi que tu as encore foi
Et que tu crains mon absence.

Là, penche-toi sur moi
Et, par pitié, murmure-moi
Que tu crains le vide, la douleur et le froid,
Sans moi, sans moi...

Et le monde fond en ta présence
Consumant tendrement mes sens.
T'oublier serait la pire des offenses
Et je ne m'abandonnerai pas à ce choix.

Souviens-toi, souviens-toi
Que la passion a une seconde chance
Que, dans cette vie, au moindre mot de toi
Je deviendrai assassin, mendiant ou roi.

Il faudra, sûrement, quelques temps ou mois,
Mêmes années, avant la délivrance.
Mais quelles que soient les peines ou les lois,
Je suis convaincu, crois-moi,
Que j'irai vers toi et toi vers moi.

Grandissons, apprenons l'émoi,
Que l'attente, courte ou longue, soit intense.
Tant que nous savons, toi et moi,
A quoi doivent mener nos errances."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Toi. ]
Posté par: Leena le lundi 01 décembre 2014, 09:50:36
Je ne commente pas souvent dans cette section mais je tiens à te dire Synopz que je prends beaucoup de plaisir à découvrir tes poèmes ! Ils sont touchants et agréables à lire, continue comme ça ! :)
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Toi. ]
Posté par: Synopz le lundi 01 décembre 2014, 13:18:44
Merci à toi ! Je ne reçois pas souvent de commentaires et c'est toujours agréable de savoir qu'on est lu et apprécié !
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Amour Nocturne ]
Posté par: Synopz le vendredi 05 décembre 2014, 05:16:32
Amour Nocturne

"Il y a parfois de la solitude,
Au cœur du silence.
Quand même la jeunesse insolente
Dort avec une douceur entêtante.
Quand les étoiles s'éteignent
Et, qu'en songe, tes bras m'étreignent.

Là, il n'y a personne,
Mon cœur est aphone.
Le monde s'est tu
Et un instant s'offre à ma vue
Une Terre, droite et vierge,
Où mes peines m'assiègent
Sans me toucher, sans m'égarer.
Là, le rêve semble être vérité.

Noir est mon cœur, pourtant,
Je sens la douceur, la paix et le vent.
De noir, tu sais, peu à peu, il devient gris
Quand il rencontre la blancheur de cette nuit."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Amour Nocturne ]
Posté par: Synopz le dimanche 07 décembre 2014, 02:03:43
Un Mois Sans Toi

"Un mois sans toi
Est comme l'éternité.

Doucement, imaginer, toi sans moi,
Ou bien même, horriblement, moi sans toi...
Oh, j'en perdrais là finalement presque foi
Te rêvant loin, toi, durant de trop durs mois.

Plus souvent, viens vers moi, viens vers moi
Car c'est bien trop long qu'un mois sans toi :
Ma solitude alourdit chaque jour son poids
A force d'insidieusement savoir toi sans moi.

Reviens ! A nouveau nous serions Reine et Roi
De nos désirs, de nos rêves, de nos émois.
Nous pourrions rire à nouveau, cette fois :
Quand toi tu seras avec moi durant des mois
Avec, au-dessus de nos têtes, un toit.

Un mois sans toi, vraiment, on en reste coi
On se demande quelle drôle de petite loi
Ferait que je doive rester là, moi sans toi.

Je te jure, essaie en souriant et bois
Un peu de cet alcool qui donne la joie
Et effleure tendrement de tes fins doigts
Ma joue, mon corps, mon cœur qui se noie.
Sens, sens comme au fond il fait si froid,
Sens, comme au fond, j'ai besoin de toi.

Un bien trop long mois sans toi,
Trop de temps sans entendre ta voix.
Et nos promesses : je suis toi, tu es moi
Jamais, jamais on ne se quitte soi...

Un mois sans toi et toi sans moi
Pèse si lourd au fin fond de moi,
Un mois sans toi me fait perdre foi
En ce monde, ses formes et ses lois.

Un mois sans toi
Est ma réalité."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Un Mois Sans Toi ]
Posté par: xanto01 le dimanche 07 décembre 2014, 11:49:43
C'est un très beau poème franchement j'ai adoré ! J'ai hâte de lire le prochain Synopz !  :^^:
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Un Mois Sans Toi ]
Posté par: Leena le dimanche 07 décembre 2014, 17:44:33
J'ai un coup de cœur pour Amour Nocturne que je trouve très beau. Bravo :^^:
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Espoir Cendré ]
Posté par: Synopz le jeudi 25 décembre 2014, 18:53:46
Espoir Cendré

"Sens le flot des secondes.
Immondes.

Elles passent, me mordent,
Se tordent.

Brûlent mes entrailles,
Mes rêves me tiraillent
Et nos amours oubliés
De douleur et réalité.
Et je voudrais mourir
D'oubli ou bien de désir
Juste pour toi, pour toi
Aller au fond de moi.

La rivière des mornes jours.
Lourds.

Qui tristement s'enfuient
Sans bruit.

Voir couler une larme
Rendre les armes ?
Tes fines caresses
Sur ma détresse.
Viens-là, viens-là...
Demain où sera :
L'Amour, la haine,
Ma rage et ma peine ?

S'accroche encore un espoir.
Noir.

Fait de paroles si ténues,
Émues.

Tu sais, oui, je pleure
Pourtant j'effleure :
Il me faut espérer
Ou bien m'effondrer.
Encore voir tes yeux,
Se contenter de peu.
Se dire que demain
Sera d'Or et d'Airain."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Cigarette Adultère ]
Posté par: Synopz le dimanche 04 janvier 2015, 00:25:50
Cigarette Adultère

La fumée
Et ma vie qui s'échappe
Dans les grises volutes.

Je t'aimais
Et arrive même à t'aimer encore.
Princesse, Reine, Liée...
Pourquoi tant de souffrances ?

Vide,
Plus rien que le vide.
Dites à l'aube de s'arrêter,
Aux secondes de se taire.
Je veux juste attendre
L’Éternité.

Le cendrier déborde,
Ma vie avec.
Partie, envolée, disparue.
Consumée.

Je te hais, mon Amour
Avec toute ma tendresse.
Ne dis rien, tais-toi.
Dites à la pluie de s'arrêter :
Tout a cessé.

Tant croire, tant croire
Puis mourir d'effroi.
Silence.

Disparais, étouffe-toi, meurs !
Reviens-moi, pleure !
Oh, supplie-moi...

Tout est fini, tout est pris
Juste une promesse
Et devant moi le vide.
Silence, silence.

Infinie ronde.
Je te hais cruelle putain !
Et pourtant, te révère.

Par pitié...
Dites au cendrier de se taire.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Cigarette Adultère ]
Posté par: Synopz le mardi 06 janvier 2015, 03:49:30
Plus Jamais

"Dans la nuit, plus que le silence
Et la mort.

Fini, fini, fini.
Oui, plus rien.

Je ne suis plus que douceur
Tristesse terrifiante, infinie douleur.

Je ne pourrai plus jamais crier,
Plus jamais pleurer, plus jamais aimer.

Plus jamais sourire, plus jamais rire,
Plus jamais espérer.
Fini.
Fini.

Maintenant, j'attends,
Ombre parmi les ombres,
Amas informe de tremblements.

Je ne veux plus parler,
Je veux que cessent mes pleurs,
Je veux juste cesser.

D'exister, de penser, de délirer.
Corps recroquevillé et abandonné,
Oui, après tout elle l'a dit : "fini".

Plus d'aube demain dans mon cœur,
Plus de bonheur au fil des heures,
Plus de frissons et de tendres humeurs.
Le vide, le désert, le monde asséché.

Plus rien.
M'entends-tu ? " Plus rien " elle a dit.
PLUS RIEN !

Et vous dieux, déesses, démons, divinités malignes
Que faites-vous, pourquoi me laisser ainsi ?
Et toi que j'aimais, en qui je croyais :
Que fais-tu encore ici à me regarder ?
Va-t-en ! Va-t-en ! Ne reviens jamais.
D'autres bras que les miens t'attendent
Cours t'y réjouir, toi qui m'as abandonné.

Au fond de moi il y avait une plaie
Que je t'avais offerte et montrée
Et je voulais avec toi la soigner,
Tu devais t'en occuper.
Et je t'ai cru.

Dans ma bouche, seulement le goût du métal,
Et mon cœur est devenu, oh, si pâle...

Je frissonne avec une ferveur psychotique,
Mes molaires rongées font un bruit cynique.
Tremblements idiots, mes nerfs lâchent... !
FINI ! PLUS RIEN !
SILENCE !
SILENCE !
JE NE VEUX PLUS ENTENDRE !
Plus rien, pitié, plus rien...

TAISEZ-VOUS, AH !
Immondes voix.
SILENCE !
Silence.
Ne vous emmêlez plus
Sous mon pauvre crâne.

Silence, taisez-vous, croyez-moi...
Cela vaudra mieux.
Je veux écrire encore
Sans aucun sens, aucun mouvement.
Marcher sans m'arrêter, voir la nuit,
Ne plus jamais croiser Âme qui vive.

Le silence, toujours.
Puis la route qui défile et
Avec elle, le papier.
Marcher à l'éternel,
Ne plus rêver d'elle.

Je t'exècre, oh, mais pas autant que moi,
Infortunée amante, trahis-moi une nouvelle fois
Que je te haïsse un peu plus encore, toi.
Va, va, cours te réfugier dans ses bras
Car après tout je sais, qu'ils ne t'amèneront
Que malheur, sarcasmes et déraison.
Et tu le mériteras.

Peut-être, un jour, à nouveau t'aimer
Mais surtout, ne jamais y penser.
Pour le moment, je veux te mépriser,
T'oublier, te nier, t'enterrer.
Disparais, disparais
De mon cœur, de ma tête, de mes pensées.
Je veux aimer, je veux aimer, ah !
Mais pas toi, surtout plus toi.

Je veux laisser la sauvage musique
Au destin, perversement, faire la nique.
J'oublierai tout ce que je suis,
Je brûlerai tout petit à petit.
Papiers, paroles, caresses...
Jusqu'à la saveur de ta peau
Incrustée au fond de mon lit.

Un beau matin d'hiver
J'oublierai la saveur des jours amers.
Je te jure, infidèle compagne, je partirai
Et j'oublierai tout, jusqu'à ton visage et ton nom.

J'irai par de froides contrées,
Et je laisserai le silence m'apaiser,
Le blanc, la pureté me raconteront
Que la paix peut exister.

Quand j'aurai tout déchiré, je reviendrai
Mon cœur lacéré aura tant pleuré
Que plus une larme n'en pourra jamais sortir.
Et à ce moment-là, je te dis, je ne serai plus moi.
Le temps m'aura lavé, le silence m'aura grandi,
Les pleurs m'auront acéré, le destin m'aura pris.

Je jure, je jure, je partirai demain.
Demain, demain, le départ...
Mais pour l'instant, encore la nuit,
La peur et les pleurs.
Plus jamais tes lèvres,
Plus jamais ton corps,
Plus jamais tes promesses,
Plus jamais tes yeux
Qui étaient verts et qui étaient deux,
Que j'aimais et voulais
Voir tous les jours briller.

Pour l'instant, encore des mégots
Plein le cendrier.
Pour l'instant, encore ma vie
Qui dans la ville s'enfuit.
L'horizon s'est effondrée,
Je ne peux plus la rattraper.
Plus jamais ton Amour,
Plus jamais tes courbes.
Mais en revanche toujours,
Furieusement, si sombre,
Avec une rage toujours renouvelée...
Oui, toujours, toujours
Ton Absence.

Plus jamais, plus jamais.
J'ai pour toi trop pleuré."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Plus Jamais ]
Posté par: xanto01 le mardi 06 janvier 2015, 19:01:29
C'est encore un magnifique poème ! Il m'a vraiment éue tant il est si bien écrit. Bravo Synopz !  :^^:
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Plus Jamais ]
Posté par: Synopz le mardi 06 janvier 2015, 20:27:00
Merci à toi, Xanto01, ça me fait plaisir de voir que ma galerie est à nouveau un peu visitée ces derniers temps !  :^^:

J'aurais préféré ne pas avoir à écrire ce poème mais, hé ! On ne peut pas toujours avoir ce que l'on veut, je suppose ! Pouvoir écrire est déjà un soulagement, alors autant en profiter.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Plus Jamais ]
Posté par: xanto01 le mardi 06 janvier 2015, 21:28:43
Mais c'est normal que je passe pour laisser un petit commentaire, tu es un très bon écrivain ! :^^: Si cela te permet de decompresser tant mieux. Comme tu le dis vaut mieux en profiter. Je te dis encore bravo si seulement je pouvais écrire aussi bien que toi.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Plus Jamais ]
Posté par: Yorick26 le mardi 06 janvier 2015, 21:52:41
Tout d'abord quelques fautes que j'ai lu au cours de ma traversée de ton dernier poème : "recroqueville" auquel il manque un accent et "à ce moment là" auquel il manque un tiret.

Après avoir lu vaguement les commentaires, j'ai jeté un coup d'oeil au texte et la longueur a attisé ma curiosité, alors même si j'ai un milliard de choses à faire, j'ai pris le temps de lire le poème. J'aime beaucoup la manière dont sont écrites les choses. Les figures de style dont principalement celles qui usent de répétitions sont bien utilisées.

Quelques points m'interrogent à la lecture de ce poème. Il y a tout d'abord une première partie qui se lance dans les "Plus jamais" qui semble donner une idée de mort sans que l'on en sache un peu plus. J'ai d'abord cru que tu allais parler d'un décès au sens propre du terme, et il s'avère que ce n'est pas si littéral. Mais après tu sembles reprendre bie, alors que tu pouvais plus jamais pleurer, te voilà en train d'espérer, de souhaiter de ne plus pouvoir pleurer comme si les larmes ne pouvaient être retenues. Du coup je me demandais si c'était juste que la douleur et la colère était tellement intense que tu ne pensais pas être capable de pleurer, sans vraiment te rendre compte que tu es surtout incapable de t'arrêter ou c'est que tu as souhaité détacher deux temps, deux états d'esprits différents comme si la conclusion avait été mise au début ou qu'au contraire tu souhaitais montrer une évolution de l'homme incapable à celui qui espère puis à celui qui renait.

Voilà. Je ne suis pas doué pour trouver des choses à dire sur les poèmes. J'admire ceux qui pratiquent l'art de la poésie. Mais il y avait ce point qui m'intéressait et qui m'a fait relire les premières lignes.



Je rajoute la musique que j'ai écouté pour lire ton poème :
http://youtu.be/Qxt1xv6FKpw
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Plus Jamais ]
Posté par: Synopz le mardi 06 janvier 2015, 22:27:02
Déjà, merci pour ce commentaire Yorick, parce qu'il est cool et développé v.v (Je cours corriger les deux petites fautes !)

Ce poème parle de rupture amoureuse tout simplement et il cherche comme tu le dis à la fin, l'évolution de l'homme incapable à celui qui va renaître. Et - bien que ça semble sûrement évident - vu qu'il décrit une situation personnelle, je peux te dire clairement l'état d'esprit que je veux montrer. Il y a d'abord l'abattement, l'impression que tout est tellement vide, que, après le départ de la personne aimée, on ne pourra plus rien faire, que le monde est trop dur, la vie trop rude pour y trouver un chemin seul, qu'il n'y a plus d'avenir, d'où l'idée du " Je ne pourrai plus jamais aimer, rire, pleurer". Puis la colère, l'envie d'en vouloir, le déni, l'envie de tout brûler de déchirer, de nier ce qu'il s'est passé. C'est à ce moment-là que les larmes ressurgissent, quand on pensait ne jamais plus les avoir, pris sous le choc de l’événement. Et enfin, la promesse d'une renaissance prochaine, d'un nouveau départ, de la découverte d'un nouveau soi qui va émerger des cendres de cette relation. Finir une relation à long terme, c'est comme abandonner un ancien soi, être obligé de se réinventer, de se redécouvrir, devoir oublier tout ce qui s'est passé pour savoir renaître.

Toutefois, les dernières strophes montrent que dans le cas présent, le processus n'est pas encore achevé, que la renaissance, la reconstruction n'est encore qu'un espoir prochain parce que la douleur est encore trop présente (Demain, demain, le départ... / Mais pour l'instant encore la nuit).

@Xanto01 : Même si je ne suis pas convaincu d'avoir un niveau exceptionnel, je te dirais que... Ca se travaille ! De ce que tu m'as dit, tu es encore assez jeune, alors n'hésite pas à écrire, encore, toujours tout le temps, si tu veux progresser !
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Plus Jamais ]
Posté par: Synopz le samedi 17 janvier 2015, 02:51:21
Je Vis Seul

"Je vis seul.
Nuit, fumée, attente.
Où es-tu cachée ?

Ne reviendras-tu jamais ?
J'ignore tout, tu sais.
Je n'ai jamais été prêt.

Et je vis seul, désormais.
Tu n'es plus dans mes pensées.
Quand je suis au creux de l'ennui
Les lancinantes questions
"Où es tu ? Que fais-tu ?"
Ne viennent plus m'habiter.

Les matins sont vides,
Je ne peux plus penser à toi.
Car, c'est interdit.
On ne pense pas à qui vous a laissé.

Toi qui vivais cachée,
Dans l'ombre de mes journées,
Tu as disparu,
Tu t'es même égarée.
Oui, je vis seul désormais.

Caché, reclus, oublié des Hommes.
Je comptes les heures assassines
Et puis, parfois, un temps, j'oublie.
Je voudrais aimer, aussi
Mais seule la vivace Solitude
Se présente à mon lit.

Oui, je te jure, je vis seul
Seule me susurre encore l'attente
De fantasmatiques lendemains
Qui peinent à arriver.

J'espère que tu t'amuses.
Sans moi.
J'espère que tu m'as oublié.
Je ne souhaite rien d'autre.
Tu étais comme une agréable pensée,
Toile de fond de mes errances,
Bouée à laquelle s'amarrer,
Bras toujours accueillants.

Et que reste-t-il de ça ?
Sinon la souffrance.
Ton image parfois me revient
Comme si tu allais survenir
Et tout effacer.

Songe emplis d'idiotie.
Tu es partie.
Et je ne te connais plus,
J'ai gommé ton visage
De ma vérité.

Mon corps est enfermé
Et mon cœur pleure.
Mais mon esprit lui, vole haut,
Il a déjà renoncé.
Aux poids des mésaventures
Qu'elles soient terrestres ou romantiques.
Il s'en est allé.

Je vis seul, désormais.
Perdu, bloqué, égaré, terrassé.
Triste, rongé, désœuvré, délaissé.
Mais le fond de mon esprit, lui,
S'est libéré.

Et il vole, je te jure
Au-dessus d'un mur.
Mur des Hommes,
Mur de souffrances.

Je vis seul."

Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Je Vis Seul ]
Posté par: xanto01 le samedi 17 janvier 2015, 10:11:23
C'est  encore un très beau poème, tu as  une manière d'écriture que j'affectionne beaucoup. Ce n'est pas la première fois que je te le dit mais encore bravo Synopz ! :^^:
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Je Vis Seul ]
Posté par: Synopz le jeudi 29 janvier 2015, 01:53:00
Comment ?

"Il y a du gris dehors.
Trop. Trop de gris.
Et dans mon cœur, tu n'imagines pas.

Dis, comment as-tu pu faire ça ?
Piétiner nos rêves et nos promesses
Qu'on se murmurait sous les draps.
Tu ne sens pas ma détresse ?
J'ai si mal à cause de tout ça.

Je crois parfois un peu t'oublier
Et puis non, en réalité, tu es là,
Comment peux-tu faire ça ?

Chaque fois que tu vas dans ses bras,
Que tu l'embrasses, te donnes à lui,
Je l'imagine et le revis cent fois
Et mon coeur et mon corps brûlent de tout ça.

Où s'en sont allés regards pénétrants,
Lascives caresses, enfiévrées déclarations ?
Comment as-tu pu dire ces mots :
"Oui, je ne t'aime plus."
Trop de gris en ce monde.

Nos joies, nos querelles, nos espoirs,
Dispersés, consumés, éparpillés.
Nos doutes, nos rêves, nos émois,
Déchirés, niés et souillés.
Comment as-tu pu faire ça ?

Et, dis, est-ce que tu penses à moi :
Le matin au réveil, le soir au coucher,
A chaque heure de la journée.
Est-ce que tu penses à moi
Quand tu es là dans ses bras ?

Comment fais-tu pour ne pas pleurer ?
Comment fais-tu pour dormir ?
Comment fais-tu pour avancer ?

Dis-moi, car je ne le sais pas.
Le sourire a déserté mon chemin.
Comment habiter un monde où tu n'es pas ?
A qui raconter mes peines d'un jour,
Mes insignifiantes actions quotidiennes,
A qui tout dire, tout confier, même le banal ?
Tout ça ne semble servir à rien.

Je te hais d'une hargne insidieuse :
Amante honnie, et pourtant si désirée.
Comment vivre, me relever, respirer ?

Comment fais-tu pour espérer,
Sachant que, peut-être, l'on ne s'aimera plus jamais ?
Comment peux-tu le couvrir d'honneur
Alors que je crève de solitude et de peur ?

Pour toi, j'aurais mis le Nord au Sud,
J'aurais retourné la Terre, couru sans m'arrêter.
Aujourd'hui encore, j'enfermerais la réalité
Dans le creux de tes mains.

Mais tu n'en veux pas. Tu n'en as pas voulu.

Alors, je vis au coeur de la nuit.
J'ai abandonné le désir et l'envie.
Seules me visitent les secondes
Qui rebondissent sur le ciel gris.

Dis-moi, dis-moi...
Comment as-tu pu faire ça ?"
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Comment ? ]
Posté par: xanto01 le vendredi 06 février 2015, 23:06:12
Je passe pour dire que j'ai particulièrement aimé ton dernier poème intitulé : " Comment ?" Je trouve le texte très bien écrit et pertinent. Encore je remarque ton expérience et je te dis une nouvelle fous bravo. J'ai hâte de lire le prochain poème.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Rome ]
Posté par: Synopz le vendredi 20 février 2015, 00:09:59
Rentrant d'un petit séjour dans la capitale italienne, j'ai écrit ce bref poème pour retranscrire l'étrange ressenti que j'ai eu quand je me suis baladé dans les ruines de l'antique centre d'un des plus grands Empires de l'Histoire. Il y avait un aspect un peu irréel à voir dans ces lieux autrefois si puissants défiler maintenant des hordes de touristes armés d'appareils photos...  v.v

Rome

"Rome n'est que ruines
Sur le Capitole ou le Palatin
Ne brille plus de lueur divine
Juste des souvenirs : plus rien.

La folie de quelques Hommes
Épris et d'ambition et de tragique
N'a pu survivre aux siècles qui assomment
Et parent nos vies d'un voile cynique.

Oui, Rome n'est que ruines
Brisée par des mœurs assassines
Tant de grandeur devenue poussière,
Tout ceci a aujourd'hui un goût d'amer.

Car, tant de pleurs et de sang versés
Et tout ceci, fous, tout ceci pourquoi ?
Auguste, Néron, César et Pompée...
Tout cela pour quelques bronzes vides d'émoi

Les années ont effacé l’orgueil
Oh ! Rien ne résonnera plus ici,
Rien de glorieux n'attirera plus l’œil :
Ne reste que de pauvres lambeaux de vie

Rome n'est plus que ruines
Détruite par une couronne d'épines :
Pleurez ! L'éternelle cité est morte,
Vestales, couvrez le feu, fermez les portes !

Toi dont, jadis, on chanta les louanges,
Toi qui, brillante, gouvernas au Monde,
Tu te complais désormais dans la fange
Devenue simplement catin immonde.

Seuls tes chimères et tes vieux rêves
Sont encore offerts en pâture aux ignorants.
Rome, " Caput Mundi ", que l'on t'achève
Sur cette misérable Terre, tu as fait ton temps.

Rome n'est aujourd'hui que ruines
Son idéal égaré ! Bien pauvre héroïne
Je t'aime, Rome, mais, oui, tu as chu :
Pauvre relique, ta flamme s'est tue !"
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Rome ]
Posté par: Gaellink le vendredi 20 février 2015, 13:06:55
J'aime beaucoup ce poème  :^^:  Je suis déjà allée à Rome moi aussi et j'ai eu un peu le même ressenti en visitant les ruines, mais c'est surtout à Pompéi que ça m'a fait cet effet. Une ville où la vie a été prise au piège dans les cendres et qui est maintenant envahi de touriste  :mouais:...
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Rome ]
Posté par: Synopz le samedi 07 mars 2015, 01:10:30
Il est des Jours

"Il est parfois des jours creux, sans vie
Mornes, lourds, froids et remplis de gris,
Où plus rien ne nous assaille.

D'étranges jours sans larmes
Où notre cœur dépose les armes
Las de chuter dans de trop profondes failles.

Des moments où l'on se sent mourir
Absent aux vices et relents du désir
Où tout ce qui faisait sens glisse et déraille.

Des jours où, mollement, les heures défilent
Sans peines brûlantes ni joies malhabiles,
Où tout semble si inconsistant et futile.

Il est parfois des jours où l'on ne veut pas vivre,
Où tout ce qui nous grise, tout ce qui nous enivre
A déserté la Terre, s'est perdu à notre vue.

Et, dans un monde, qui ne les mènera pas à terme.
Il est parfois des jours où nos rêves se referment :
Absorbés par le vide d'une existence trop distendue.

Dures journées que celles teintées par l'ennui
Ces quelques tranches de vie choisies par l'oubli
Pour prendre avec sauvagerie ce qui lui est dû.

Il est des jours comme ceci, qu'il faut bien surmonter
Malgré le souffle, l'absence, le vide et la réalité.
Il est des jours où l'on voudrait s'oublier."


Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Il est des Jours ]
Posté par: Synopz le mercredi 11 mars 2015, 01:15:34
Je Suis Fort

"Je suis fort.
Je suis fort.
Je suis l'Aube qui caresse l'ombre.
Je suis les gouttes qui s'effondrent.
Je suis les malades qu'on ne guérit pas.
Je suis les étoiles qui regardent le monde.

Je suis fort.
Je suis fort.

Je suis les nuages gris du matin.
Je suis le soleil d'Août sur les épis.
Je suis les tempêtes sur l'océan.
Je suis les planètes et les comètes.

Je suis fort.
Je suis fort.

Tu n'entends pas comme je suis fort ?
Je n'ai jamais autant aimé que maintenant.
Je suis debout.
Je suis debout.

Je suis la jeunesse qui déraille.
Je suis les mains qui se perdent.
Je suis les gémissements dans l'aube.
Je suis le soupir qui s'envole venue l'extase.

Je suis la beauté et le temps.
Je suis le sable et le vent.
Je suis la drogue et l'ivresse.
Je suis la peur et l'égarement.

Verras-tu qui je suis ?
Verras-tu comme je suis ?

Je suis les gens qui meurent seul.
Je suis la dernière larme du condamné.
Je suis le pleur du nouveau-né.
Je suis les souvenirs du passé.

Je suis le poète et la muse :
La feuille blanche et l'inspiration
Qui capte un instant ce qui avive l'air
Dans la geôle de quelques lettres.

Je suis fort.
Je suis fort.

Je suis tout ce qui commence
Tout comme tout ce qui finit.
Je suis l'eau, je suis le feu.
Je suis le néant et la présence.

Je suis le vice dans nos gestes.
Je suis l'abandon, la débauche.
Je suis les bouches qui se goûtent
Et les corps qui se touchent.

Je suis les fantasmes inavouables.
Je suis ce qui au fond ronge les Hommes.
Je suis l'ambition, la cruauté, la colère.
Je suis le pouvoir, la défonce et le crime.

Je suis ceux qui s'endorment sur le trottoir.
Je suis les ivrognes et les violents.
Je suis les soldats et les assassins.
Je suis les prisonniers et les tortionnaires.

Devrais-je te le dire encore ?
Je suis tout, la fin, le commencement
Je suis tes mèches embrassées par la brise.
Je suis tes yeux illuminés par le rêve.

Je suis fort, te dis-je !
Je suis fort.

Le sol sous moi pourra s'ouvrir, désormais
Car je n'ai plus ni craintes, ni désespoir,
Tes mots ne pourront rien y faire.

Tu pourras me cracher dessus, me renier
Même laisser ta bouche mentir sur moi,
A ça ne répondra que ma folle envie d'aimer.

Je suis fort.
Je suis fort.

Je suis devenu tout ce qui peut être
Et j'aime et je suis fort, si fort !
Tout méritera de m'arriver, tout méritera d'être vu.
Je te jure que j'aurai la vie comme compagne.

Et je suis tout ce que je veux vivre.
Je suis les surprises et malheurs qui font l'existence.
Je suis celui qui veut tout voir.
Je suis celui qui veut tout comprendre.
Je suis celui qui veut tout savoir.

Je veux connaître les doutes et l'abattement,
Pour aller encore vers de nouvelles joies.
M'entends-tu ? Je ne t'en veux pas.
Car je suis fort.

J'irai, je partirai et j'apprendrai, je te jure.
Je pleurerai, je connaîtrai le sang, la mort.
Mais j'aimerai : le frisson, l'instant, la passion, la grâce...
L'apesanteur du mouvement toujours répété
De ces pauvres âmes humaines condamnées
A subir encore le tragique de leur rôle.

Et je ne haïrai plus, car j'aime tout.
Mon amante, éternelle liée.
Je t'attendrai en écrivant cette vie,
Le sexe, le vin, le mensonge, l'Amour, le joint...
Entends-tu comme je suis fort ?
Je veux croire que tu viendras, je sais que tu viendras.

Je suis fort.
Je suis fort.

Je suis fort alors ne me perds plus,
Pense à moi, souviens-toi de moi.
Je suis là, j'attendrai, je sourirai.
Je vis, je vis et j'aime.

Tu entends comme je suis devenu fort ?
Je suis fort.
Je suis fort.

Laisse le voile de ton Âme effleurer les étoiles
Et je te dis que nous nous rattraperons l'un et l'autre.
Pense à moi, pense à moi...
Je ne peux t'en vouloir : je suis fort désormais.
Je suis le pardon, je suis l'oubli.
Je suis la rédemption.

Ma liée, ma liée, lis encore en moi.
Il ne reste plus que ça, gravé profondément :
Je suis fort.
Je suis fort.
Et je serai fort."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Je Suis Fort ]
Posté par: Synopz le mercredi 25 mars 2015, 19:29:39
Feu de Paille

" Feu de paille
Et la pluie rentre par
La fenêtre.

Un, deux, je compte
Plus de pluie.
Mais le ciel est gris,
Comme le fond de mes yeux :
Ça brûle !
D'un gris maladif."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Feu de Paille ]
Posté par: Synopz le jeudi 26 mars 2015, 22:57:13
La Rage de Vivre

" Quelques bouffées de vent
Qui font tourner la tête :
Gris, couleurs, fureur de l'esthète.

Tout est flou !
Tout se cogne partout :
Les sens, le sens et l'essence
De ma pauvre vie.

Close,
Comme toutes les portes,
Alors il faudra la défoncer.

Pied de biche en main,
J'attaque à la faire s'envoler."

Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Mourir et Renaître ]
Posté par: Synopz le lundi 06 avril 2015, 20:18:37
Mourir et Renaître

" Ne faut-il pas mourir pour savoir
La saveur du retour ?
Brûler pour faire la cendre et le noir,
Ramper dans les détours,
Apprendre la violence de l'espoir
Et tous les vices et heurts de l'amour.

Puis après avoir pleuré l'amante,
Et sombré dans le doute,
Aimer et assaillir la tourmente,
Tailler une autre route.
Goûter les sens, les bouches brûlantes,
Vouloir l'abandon et la déroute.

Sentir avec passion peines et joies,
Vibrer de déraison.
Braver cadres, règles, normes et lois,
Hurler couleurs et sons.
Faire tout ça follement avec toi,
Ma belle, dont j'ignore encore le nom.

Comme un baiser encore inavoué
D'une muse vivace.
Il en faut parfois peu pour espérer :
Du rêve et de la grâce,
Une envie de courir et crier,
Comme une nuée d'extases fugaces ! "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Mourir et Renaître ]
Posté par: Synopz le samedi 02 mai 2015, 02:58:42
Elle n'a Rien Dit

"Elle a parlé.
Elle n'a rien dit.
Elle est nouvelle.
Elle, ce n'est plus " Elle ".
Voilà, c'est une autre.
Et elle a parlé.
Pour ne rien dire.
Mais elle a parlé
Pour dire quelque chose
Qu'elle a déjà oublié.
Quelque chose
Qu'au moment de s'en aller,
De fermer ses yeux
Dans le linceul,
Elle ne se souviendra pas.

Oui, mais elle,
Elle a parlé.
Un mot, rien, un murmure...
Et je rêve,
Des idioties,
Plein la nuit.
Allez, allez
Aime-moi,
Aime-moi.
Sois à moi,
Allez !
Ton corps,
Tout,
Offre tout.
Que je te vole,
Te pille,
Que nous vivions
Mille joies,
Et qu'ensuite
Nous haïssions,
Pleurions.
Je suis insatiable :
Donne-moi tes vices,
Que je les mange
Et t'humilie.
Pleure,
Sois malheureuse
Si c'est pour moi.
Je te ferai plonger
Avec moi.
Détruis-toi,
Alors aime-moi.
Folle, fais fi
De tes forces
Et touche-moi.

Elle a parlé,
Elle ne saura pas,
Que n'avoir rien dit
A suffit à enfanter
Mille drames, passions
Et engeances.
Elle a parlé,
Elle n'a rien dit,
Rien d'important,
Mais je n'oublierai pas.
Nouvelle elle
Qui n'est plus " Elle ",
Non, vraiment...
Tu n'imagines pas."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Elle n'a Rien Dit ]
Posté par: Synopz le mercredi 06 mai 2015, 19:27:55
Eurydice

"Toi, ma fatale Eurydice :
Ton visage m'a brûlé,
Voilà nos vies séparées,
Et nous condamnés au vice.

Oh pourtant, oui, il faudra

Marier le soleil aux heures,
Toucher la courbe du doigt
Qui nous reliait toi et moi,
La laisser s'enfuir sans peur.

Faire résonner l'onyx
Sur le vermeil de la bouche,
Joindre le cri au farouche
Pendant que l'amer se fixe.

Nymphe, ne t'inquiètes pas.

Soupire donc, gracieuse amante,
Car j'ai découvert les gouttes
Du nectar de la déroute,
Là, sur la mer écumante.

Toi, enfermée aux enfers,
Ou enfuie dans les bras noués
Du bien cynique Aristée
Tandis que j'erre sur la Terre

Ma dryade, je suis las

De pleurer la froide absence
De ta figure d'albâtre
Que j'aurais pu combattre
Plutôt que de rester rance.

Je nie maintenant tes yeux
Parés du vert et de l'or
Qu'arborent les fiers sycomores
Au chant grave et mélodieux.

Et l'Amour triomphera

Oui, ma cruelle Eurydice,
Toi qui m'as tant supplié
De te voir, te regarder,
Je dois sortir de l'abysse.

Peut-être qu'Hadès, un beau jour,
Ouvrira pour nous le sol,
Te coiffera de corolles
Et réveillera l'Amour.

Le frisson nous touchera.

Malgré toi, malgré la peine,
Eurydice, je n'oublie rien :
Mon visage sur le tien,
Nos baisers brûlants, nos haines...

Je vivrai là-bas au loin,
Devant rêves et aléas,
Te guettant ici et là,
Me souvenant avec soin.

Non, ne désespère pas.

Je reverrai ton visage,
Avec cri et volupté,
Dans quelques mois ou années
Quand nous serons enfin sages.

Désormais tu es perdue,
Insaisissable, insondable.
Mon Amour inoubliable,
Pour l'instant, ne parlons plus.

La vérité est donc là

Eurydice, je supplierai
Chaque nymphe de la mer
De m'enseigner les chimères
Qui me feront t'oublier.

Plus une larme sur mes joues,
Seules douceur et nostalgie,
Filles de la mélancolie,
Et espoirs d'un pauvre fou.

J'y vais, muse, de ce pas

Goûter la vie loin de toi,
Le tournis, l'aube et l'ivresse,
Le sexe, le corps, la tendresse...
A bientôt, toi qui es moi."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Eurydice ]
Posté par: Synopz le vendredi 22 mai 2015, 22:56:39
Malgré soi

"Seul.
Et coupable
De ne pas savoir
Que faire.
Devenir autre ?
Ah ! La fable !
Non,
Juste seul.
Permanent,
Irrévocable,
Intenable.
Alors je l'aimerai,
Puisqu'il ne reste
Que le silence.
Solitude,
Et quiétude.
Non, ne plus rien dire.
Je n'ai rien à dire.
Rien de plus.
Pas de soleil demain,
Ni même après.
Juste le rire
De l'infâme vice
Du fantasme.
Seul et silencieux :
Après tout
S'il ne sait pas vivre,
Qu'il n'essaie pas.
Pourquoi naître
Si l'on ne sait
Ni partager ni comprendre ?
Rien ne sert
D'encore essayer.
Ne parlez plus,
Ne dites rien,
Je suis las,
Bien trop las.
Demain, je partirai,
Sans compagnie.
Je n'en veux pas,
Je ne sais en avoir.
Je m'assourdirai
De bruissements,
Je regarderai
Avec douceur.
Je ne jugerai plus,
J'en suis bien incapable.
Je demeurerai ainsi
Homme entravé
Par le poids
De son être.
Résigné,
Plus rien ne bouge
Dans mon cœur,
Plus rien,
Résigné."
"
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Malgré Soi ]
Posté par: Synopz le jeudi 11 juin 2015, 20:11:27
T'oublier

T'oublier !
Quelle audace, quelle fraîcheur :
Ne plus me souvenir ton nom,
Confondre ton visage, ta silhouette !
Effacer le souvenir, revivre, enfin,
Loin de toi, loin de tes yeux.
Dans ma tête, il n'y a plus que le chemin,
Et pas celui fait avec toi,
Pas celui que le vent a emporté.
La route encore à parcourir,
Les joies et les doutes,
Ah, t'oublier !
Je ne veux plus tes bras,
Plus ta peau, plus rien,
Princesse dont le nom
N'est plus que celui de l'oubli.
Adieu, à jamais,
Et c'est sans doute mieux ainsi.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : T'oublier ]
Posté par: Synopz le jeudi 09 juillet 2015, 22:53:32
Tourner à Vide

"Mon coeur court !
Fais un effort, approche-toi :
Tu l'entends courir ?
Il exulte, il est à vif !
Un jour, je serai amoureux
Et le lendemain, plus du tout.
Le soleil, les gouttes, la chaleur,
Tout brûle en moi :
Mon cœur court et je veux le suivre,
Aller partout avec lui,
Voir son malheur, en rire doucement.
Plus d'amoureuses depuis longtemps,
Tant pis, tant pis, car
Moi, je cours.
Le son dans mes tympans,
La chair qui racle,
La drogue qui enivre,
La frustration qui ronge.
Plus un corps touché,
Une poitrine, des courbes, rien que ça,
Tu sais, tu vois, juste le frisson
Dont l'absence d'écho m'abîme
A chaque fois un peu plus.
J'imagine comme toi, tu pourrais m'aimer
Ou bien toi, toi ou encore toi,
T'inquiéter pour moi, juste t'intéresser :
Où est-il, que fait-il, m'aime-t-il ?
Mais je reste à penser dans le vide,
A faire crânement s'ébranler la machine
Pour rien, pour rien, pour rien.
Tout tourne dans l'air sans but,
Viens mettre un doigt dans l'engrenage
Et fais tout s'arrêter, s'il te plait,
Fais tout s'arrêter."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Tourner à Vide ]
Posté par: Synopz le lundi 24 août 2015, 02:04:19
L'Oiseau

"J'ai les yeux bandés et je marche,
Dans le fond de l'éternité.

Y'aura-t-il jamais un signe
Ou un rêve ou un espoir ?

L'aigreur, la douceur et l'odeur,
Saurai-je m'en rappeler ?

Un jour, oui, je me souviens,
Je rêvais.

Quand tu courrais vers moi,
Piquante sous mes doigts.

Et depuis, oui, tout a fui :
Ton corps est une ombre.

Je ne t'en veux plus mais
Tiens-toi loin.

Car, simplement, de mon coté,
Tout a brûlé.

Les étoiles et la Voie Lactée
Tournent dans mes yeux.

S'effondrer d'avoir trop voulu vivre
Et devenir oiseau fuselé.

Maintenant donc, je déploie
Mes ailes éthérées.

Loin des infinis espaces,
De la mort et des absurdités,

Loin des vaniteuses contingences;
Révérées filles délurées !

Il est temps pour moi
D'abandonner les gouffres.

Mes yeux sont ouverts, là !
Tu ne vois donc pas ?

Passé de la froide abysse,
Au sommet de l'Univers.

Regarde bien ma course :
Je me suis envolé."

Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : L'Oiseau ]
Posté par: Synopz le mercredi 07 octobre 2015, 22:38:48
Le Prince des Vapeurs

"Je caresse la couleur du désir
Quand flotte l'éclair.
Rire dément,
Et je vole à travers l'orage...
Folie !

Hilare prince des vapeurs,
Tombant à chaque seconde
Battu par les éléments.
Je danse avec l'esquisse
Qui me le rend bien.

Ah ! Qui d'autre aurais-je pu être ?
Fou, mendiant ou héros,
Poète, amant ou bourreau.
Un masque ou un mensonge,
Tout et rien à la fois.

Qui saura me dire,
Si mes pas me porteront :
Au sommet de la tempête,
Ou au creux de l'abysse ?
Sans toi, je demeure inconnu.

J'attends qu'au moins une
Essaie de m'y répondre :
Qu'elle me dise nuage envolé
Ou rêve absorbé.
Juste un regard et une réponse.

Toi, inconnue,
Je serai ce que tu verras,
Au moins pour une fois... "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Le Prince des Vapeurs ]
Posté par: Synopz le lundi 12 octobre 2015, 23:55:34
Fuite n°27

"Comme tu étais belle
Et comme j'étais fou

Enfuie plus rien
Tout a disparu

Je ne me souviens plus
Si tu me touchas

Aujourd'hui hier est mort
Devenu d'un froid
A se ronger les ongles

Dis-moi ce que tu vois
Tremble avec moi
Le prix est là

Ta peau tes pas
Ne brillent plus d'ici
Stupeur

Reviendras-tu
Ou bien jamais
L'étendard

Comme le poète
Et sa lyre
Brisée à trop chanter

Je suis comme lui
Isolé et brisé
A pleurer

Étrange comme le calme
Du matin gris
Est sans âme

Toujours vibrera
La tristesse
Dans nos jours heureux"
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Fuite n°27 ]
Posté par: Synopz le mercredi 11 novembre 2015, 01:27:35
Exhorter

"Et nous sommes supposés être passionnés,
Nous lever le matin,
Trouver quelque chose à aimer,
Quelque chose à dire !

Un truc, quelque chose d'idiot, ce qui passe dans la tête,
Quelque chose pour éloigner un instant
Les ténèbres et la terreur.

Et on nous dit des choses,
On nous donne de ces valeurs
Qu'on brade à la première occasion.
" Ceci est bien, ceci est mal "
Et personne n'a le moindre début d'accord,
Tout ça s'entremêle et n'a jamais eu aucun sens.

On se retrouve jetés là-dedans,
A devoir se persuader
D'avoir aperçu une lueur,
Que quelque chose est sur le chemin,
Alors qu'il n'y a rien.

On ne nous laisse pas choisir :
Viens ici, goûte un peu et apprends à mourir.
Quoi ? Tu n'as pas eu le temps d'apprendre ?
Et bien tant pis. Tout le monde ne peut pas réussir.

On se ronge les ongles à en pisser le sang,
Et on nous fait croire qu'il y a des réponses :
Dieu, l'Amour, le marxisme ou bien les maths...
Mais moi je crève, tu entends ?
IL FAUT ME DIRE, ICI, MAINTENANT.

Je sais qu'il n'y a rien mais allez, prends mes doigts
Tu les presseras cent fois,
Tu me feras croire
Que l'on s'aimera, que ça donne du sens
Et on fera bien semblant
D'être heureux ou d'avoir mal.

Tu danseras pour moi, tu damneras ton cul,
On se gavera jusqu'à la lie.
Puis finalement ça ne voudra rien dire de plus :
Peut-être que tu partiras,
Ou que tu resteras te dessécher avec moi. 
On jettera nos vieux os rances au feu ou dans un trou
Et il ne restera plus rien.
Une photo écornée retombera à la poussière
Avec quelques feuillets de papier,
Tout sera froid, il paraît.

J'écris la nuit, j'écris, et demain
Ou dans mille ans je meurs.
Ca ne mène nulle part, et j'ai peur,
Alors imaginons à notre manière
Que ça ne veut rien dire,
On fera comme si, mais tu n'es pas dupe,
Je sais car moi non plus, vois-tu.
Mais essaie avec moi, prends le masque là
Et serre mes doigts,
Et rapproche tes lèvres,
Et joue avec moi pour voir,
Fais-moi vibrer un instant,
Je veux que ce soit fauve,
Avant la pourriture. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Exhorter ]
Posté par: Leena le mercredi 11 novembre 2015, 13:40:54
Un poème très fort et vraiment beau. En tout cas il m'a réellement touchée. Je sais pas, j'ai l'impression que c'est un ressenti qu'on a tous eu à un moment de notre vie (ou c'est juste moi ^^'). Il y a beaucoup de choses qui me viennent à l'esprit en le lisant mais c'est assez brouillon dans ma tête v.v
Tout ça pour te dire bravo Synopz, et merci :^^:
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Exhorter ]
Posté par: Synopz le mercredi 11 novembre 2015, 14:30:16
Merci à toi Leena, c'est toujours aussi agréable de savoir qu'on n'écrit pas dans le vide et que ça peut toucher les quelques personnes qui lisent ! Oui, je comprends ce que tu veux dire, c'est un poème qui a été un peu " jeté " comme ça, pour exprimer quelque chose qui bouillonne un peu l'intérieur de nous.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Exhorter ]
Posté par: Leena le mercredi 11 novembre 2015, 19:37:05
Je pense que le verbe "jeter" est bien employé et ça se ressent clairement dans la lecture. Pas dans le sens où c'est mal structuré ou mal écrit, mais dans le sens où on sent les sentiments forts qui ont besoin d'être exprimés et de sortir.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Exhorter ]
Posté par: Synopz le samedi 28 novembre 2015, 00:42:29
La Tangente

"J'ai envie de disparaître.
On vient là, on essaie des trucs, puis ça foire,
Ça foire tout le temps, pourquoi on s'emmerde ?
Pourquoi on ne partirait pas demain ?
Pourquoi on s'enfuirait pas ?
Pourquoi on prendrait pas la tangente vers nulle part ?
J'en ai vraiment marre de tout ça,
Marre que tout se brise, marre que le temps file.
Oui, moi je t'aimais, moi je trouvais que c'était bien,
Pourquoi ça ne pourrait plus l'être ?
Les choses ont changé, d'accord, et alors ?
On les emmerde les choses.
J'ai envie de la prendre cette putain de tangente
Et de défoncer les vitrines avec.
Ensuite, je l'enfourcherai, et on volera.

C'est pas facile la vie, c'est sale, ça grouille,
On y parle que de cul, de macabre et de regrets.
Mais moi je me souviens avoir juré des trucs,
Tu te souviens pas ? T'es sûre ?
Sous les draps là, tu m'avais promis l'éternité,
Des paroles en l'air du genre :
" Tu seras toujours à moi et je serai toujours à toi ".
Putain, c'est passé où ça ? On en a fait quoi ?
Qu'on parte s'amuser un peu par-delà les limites
D'accord, ça, ça ne me gêne pas.
Mais pourquoi on pourrait plus y croire ?
Pourquoi tu veux pas y croire ?
Je trouve ça nul, moi, un peu d'idéal que diable !
Il est où le romantisme ? Ils sont où les sentiments ?
J'ai envie de disparaître.

Monde de merde qu'on nous dit finalement,
Peut-être qu'on a raison en fait.
Je ne sais même pas si je te hais en vrai,
Est-ce que je pourrais te traiter de tous les noms ?
Chiennasse, salope, des trucs comme ça...
Non, franchement, c'est vachement vulgaire.
Puis finalement, dans le fond, j'en ai rien à foutre,
Je me casse, je prends la tangente.
J'ai envie de disparaître.

On essaie des trucs puis toujours ça foire,
Mais quand même, je t'aimais bien.
Tu étais belle, le matin, et aussi le reste du temps,
Des grands yeux verts, un corps un peu délié.
Mais apparemment je suis le seul qui se soucie des règles,
Tout le monde en a rien à foutre des serments,
Les trucs sous la Lune, les corps sous les étoiles,
Tout le monde s'en branle, vraiment.
On se balade dans l'existence, tranquillement,
Et paf on nous donne des grandes idées,
Et puis des grands espoirs, ah ça oui !
Et finalement, on se les carre profondément,
On arrête tout, on ne croit plus en rien.
Mais moi je croyais en toi, je croyais en nous même,
Ca t'emmerde j'espère ? J'ai rien lâché.

J'ai envie de disparaître.
De me casser, de prendre la tangente.
Et puis t'as qu'à pas venir si tu veux pas,
Après tout, c'est pas mon problème
Si tu préfères être une trainée ici
Plutôt qu'une reine avec moi.
Je me barre, j'te dis, je prends la tangente,
Je t'aimais, j'y croyais moi, toi non, on dirait.
Tant pis. Je me taille.
On essaie des trucs et puis ça foire,
Alors moi je m'enfuis, je rejoins l'horizon,
Ça ne me soucie pas beaucoup de toute façon,
J'ai envie de disparaître.
Je me casse, je prends la tangente
Vers nulle part."

Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : La Tangente ]
Posté par: Brume-Ondeblois le samedi 28 novembre 2015, 13:59:46
Prend pas la tangente du concours mon ami, on a besoin de ton texte pour que ça soit intéressant.  :R

Non, mais sinon il est cool ton texte hein, c'est juste que voir un titre comme ça alors que t'as 3 jours de retard tu vois, héhéhé.
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : La Tangente ]
Posté par: Synopz le vendredi 01 janvier 2016, 20:51:08
Lendemain

"On écrira un peu de futur, tu verras...
Et ça fera mal. Juste ça.
Au gouffre du vin,
Il y a le désert.
Toujours des espoirs,
Seulement des remous.
Cœur brisé, rêve latent,
Mon âme est étale.
Le plaisir est un pieu,
L'Amour de l'acide.
Et on creuse,
Pas près d'oublier.
Et tout ça brûle
Tellement, tellement,
On ne pleure plus,
On ne dit rien.
Je les regarde,
Là, de loin, ici,
Plein de vices et d'envies.
Je ne veux plus parler,
Plus pleurer,
Plus écrire,
Plus rire,
Plus lire,
Plus dire.

Le silence attaque
Les comètes de
Mon esprit malade.
Et le lendemain,
La lande est morne,
Grise, déjà prostituée
Aux plus offrants.
Ne tends pas ta bouche
Je pourrais la manger
Et ne plus te la rendre.
Est-ce que ça te fait peur ?
Tu trembles ? Terrifiée ?
Ou bien tu joues ?
Tu danses, tu tiens.
En fait, je n'en sais rien.

Ce cœur est fou,
Bourré de toxiques.
Fais le taire et il recommencera,
Pauvre idiot malhabile.
L'arsenic j'adore ça,
De toute façon.
Ça tient chaud
Comme de la rancœur.
S'en foutre plein les veines
Et attendre.
Et attendre.
Et attendre.

Il n'a jamais été bon qu'à ça,
Ce grand vide que j'ai là.
1h04 mon pouls s'emballe,
C'est ce que je devais cracher."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Lendemain ]
Posté par: Synopz le lundi 11 janvier 2016, 00:20:54
Masques et Théâtre

" Je voudrais parler doucement
Tu vois ? Je serais l'arche de l'univers
Le commencement, le principe même
Je traquerais chaque lambeau
Et l'ombre serait mienne

Tu sais j'aimerais bien espérer
Mais on a constellé mon cœur
De choses étranges et piquantes
On a volé ce qu'il contenait

Alors j'ai peur
Je nage dans les nuages
Rempli de honte
Rendu à ce que j'étais
Esprit déchu et fermé

J'aimais autrefois tu sais
Et là alors je brillais
Absent aux contingences
Libéré et délié comme le vent du monde
Enfin capable d'ouvrir
Le fond de mes yeux

Mais le noir toujours revient secouer
La racine de nos rêves éplorés
On sombre on se noie on crie
A en faire vaciller le silence

J'ai peur de toi j'ai peur d'eux
J'ai peur d'elle j'ai peur de vous
Que serais-je seul ? Abandonné et brûlé
Une brindille livrée aux affres du réel
Et j'ai peur peur comme étrangement tremblant

Il a trop souffert ou bien pas assez
Ce cœur si tortueux et indécis
Il s'abrite derrière trop d'artifices
Paroles toujours répétées
Postures masques et miroirs
Toujours à l'aube les mêmes subterfuges
Pour ne pas dire pour ne pas avouer
Que le murmure le fait chavirer
Que les jours qui défilent
Broient chaque fois un peu plus
Ses pupilles ses espoirs ses illusions

Et toi tu arrives sur cette scène
Sur ce théâtre aux règles si normées
Le jeu s'emballe alors étrangement
Plus que de coutume plus que de raison
Emporté par un flots d'incongrues raisons
Tu m'as offert un peu de toi dans l'ivresse
Petite chose événement opportun quelques jours
Ont défilé et le moment est resté moment
Ce faisant je me défie de toi subitement
Car je crains qu'ayant déçu mes attentes
Tu sois sévère à mon endroit

Comme de la même façon
Confidente amie de celle qui fut ma vie
Je sais que tu me connais et je crains
De ne pas être à la hauteur de subir
Le feu des critiques et de l'étrangeté de tous cotés
Je deviens dès lors piètre acteur piètre interprète
D'une vision d'une réalité que je suis seul
A avoir fantasmée imaginée retournée
Déjà vidée de son sens et de son possible

Je m'égare alors en circonvolutions maladives
Arraché à la tranquillité convaincu qu'il faut devenir
Le roi d'un horizon et d'une frontière vaporeux
Creuse un peu vois si le cœur t'en dit
Enfuis-toi cours devant ce fou
Tout est ouvert mais désormais tu sais
Les voies étroites débordées baroques
De ce coeur cet esprit cette âme
Emplis de frissons d'idéal et leur cortège. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Masques et Théâtre ]
Posté par: Synopz le jeudi 28 janvier 2016, 01:24:51
Des Papillons

"Des papillons des illusions
Tous remplis de solitude
Qui rampent dans la boue
Sur le coin des tes yeux

Des chimères formidables
Qui fondent sous la langue
Dansent dans vos courbes
Meurent au petit matin

Des accroches
Des débuts
Des mégots

Des réveils embrumés
Des nuits qui débordent
De murmures

Des bouts de papiers
Jusqu'à tard le soir
Des bouts de moi
Que tes doigts étalent
Sur le fond du ciel

Et ils ne savent plus
A quelle brise se vouer
Ils ne savent plus
Quel souffle suivre

Des yeux qui se posent
Sur le macadam
Des iris plein les avenues
Des empires à bâtir
Aussitôt effondrés

Des sons plein de tâches
Pour donner des couleurs
A ce cœur gonflé
De voiles et de départs

Des chevelures
Voulues parfois pensées
Des seins aussi
Qui redessinent la terre
Avec des courbes des sommets
Une passion chaude

Des lettres des mots
Des signes des strophes
Qui cassent les vitrines
Font mentir les journaux
Caressent un peu l'âme

Et puis plein de pas
A en rythmer les moteurs
A en museler la ville
A en penser trop fort

Et avec tout ça là
Avec les pas les sons
Les seins les départs
Les papiers les réveils
Les chimères les clopes
Les papillons les rêves

Juste moi."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Des Papillons ]
Posté par: Synopz le lundi 01 février 2016, 19:59:31
Voir la Mer

"J'ai envie d'aller voir la mer.

Marcher, jeter des souvenirs
A la dérive.

Faire venir les alizées,
Sentir encore.
Comme la caresse
Et la puissance.
Des gouttes infinies
Toujours rejetées
Et puis du silence.

J'ai envie d'aller voir la mer.
L'océan !
L'horizon sans cesse
Repoussée et malmenée.

Être seul, être aveugle,
Courir le fond des flots.
Sentir le froid et l'écume.
Loin de toi, loin de là,
Devenir l'oiseau
Ou le naufragé.

J'ai envie d'aller voir la mer.
De susurrer aux embruns,
De leur raconter qui je fus,
Qu'ils emportent ça au loin,
Que je ne le revoie plus.

De regarder l'hiver,
Les plages nues,
Beaucoup de vent.
J'ai envie d'aller voir la mer.

De ne plus rien dire,
D'écrire dans le sable
Des zébrures azurées
Pour les voir emportées.

J'ai envie d'aller voir la mer.
Femme, onde, mère,
Étreinte toujours brisée,
Lambeaux chaque fois jetés. 

J'ai envie d'aller voir la mer.
Qu'il ne reste rien,
Que les étoiles trempées
Et mon cœur dévoyé.

Du sommet de tes courbes,
Au fond de mes larmes :
Passion, larmes, amants,
Poésie, muses, tourments...
Rien ne restera.

Et j'ai envie d'aller voir la mer.
Parce qu'elle me survivra. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Voir la Mer ]
Posté par: Synopz le vendredi 18 mars 2016, 23:20:16
Incognitis Ab Astris Amaberis

"On pourra tout recommencer
On racontera des histoires
Pleines de stupre d'au revoir et de ravages

On y mettra des tourbillons
Des refuges du sauvage
De la tempête même et des sons

Puis de l'amour des bouches touchées
Des pupilles embuées des aubes embrumées
Des corps des danses rêches et déshabillées

On oubliera tout ce qui a été
Dansant volant jouissant
Il n'y aura plus que rondes et embardées

Viens viens tu peux promettre
J'ai cessé de te chercher
Dans les bois sous les grands hêtres
Où gisait mon âme estropiée
Je suis sorti de qui j'étais

Ma conscience embrasera l'univers
Après une cigarette et deux verres
Brûlante tu te tiendras nue dans l'hiver
Perverse farouche remplie de destins
De desseins tournant sur tes seins

Tu me vendras des contes de voyantes
J'y croirai à m'en damner
Las de ces rêves ces peines errantes
Trop lourdes et trainantes pour l'été
Où nous nous rendrons
Heureux prisonniers
Ivres à en aimer

Tes secrets tes mots tes vices
Ta poitrine tes iris et tes cuisses
Entrouverts sur les jours à venir
Sensualité maladive à reconquérir
Que tu voudras m'offrir que je prendrai

Je ne te cherche plus peut-être
Tu sais je t'ai déjà trouvée
Cachée loin du paraître
Conjuguée au futur quand
Je ne suis qu'imparfait amant
Tu vis loin d'ici pleine de vie
Tu ne me sauveras pas
Alors je ne t'attends plus
Toi que je veux
Inconnue."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Incognitis Ab Astris Amaberis ]
Posté par: Synopz le jeudi 21 avril 2016, 01:12:10
Oubli Mécanique

" Quand l'aube tombera
Pleine et mûre
Tu prendras tout
Tu t'avanceras

Un deux reine abeille
Catin
Mais bouts de roses aussi
Fleurs fânées
Tripes vidées

Rembobinage avance
Arrêt Marche STOP
Elles sont comme ça
Mécaniques brutales

Dans ma bouche il y aura toujours ta bouche
Mais plus la tienne
Tes seins tes corps tes corps nus tes cris
Broyés puis retenus là
Au fond mornes et irisés

On remonte le plateau
Nouveau projo nouvelle aube
Rose comme le bout de ta poitrine

Rembobinage un deux Marche Arrêt
Reprise. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Oubli Mécanique ]
Posté par: Synopz le mercredi 27 avril 2016, 23:08:23
Un coup

" Tous les soleils sont plein d'épines
Épines ratures sanglantes
Comme cette garce figure pressante
Bouffée délirante

Tu ne prendras pas le bout de mes lèvres
Loin entre tes doigts
Tant que ton corps ne sera pas lacéré là
Il volera de plein d'histoires
Sexes éméchés forces brûlantes
Ombres délayées

Les dieux sont plein de vices
Et d'humour aussi parait-il
Alors ris de moi rivale déesse
Avant que dévalent sur tes seins et tes fesses
Mes yeux hagards de caresse

Tous les bouts du monde tous les retours
Toutes les reprises toutes les rondes
Finissent sur tes hanches
Elles qui crépitent et qui penchent
Le feu est dans ton sein au bout de tes manches

Les rythmes retombent
Comme ton corps dans la tombe
Linceul esprit orgasme passé
Tu as le trait de ces divinités sombres
Qui sentaient l'encens et le thé

Souvenir brûlant bien bazardé
Par l'horloge pleine d'horreurs et de peur
Remuant dans ses anneaux les contours
Du détour de l'amour de l'oubli
De toutes ces courbes et ces secrets murmurés
Emplissant la nuit jusqu'à la faire régurgiter

Viens là déesse je te ferai descendre
Monde trop bas bâtard et sale
Sans détours tu goûteras la cendre
Que je sortirai avec mes dents
De tes jambes putrides désirées jouissives

Tu feras mentir l'horloge dis-moi dis-moi
Toutes ces princesses noiraudes tu les tueras
Bois bois bois viens remue chute pour moi
Encore un tour tragique plein de trames
Ce soir je suis roi : déesse dans mon lit
Fantasme éthylique plein d'azalées

Fuite déjà d'un drame entrevu vidé
Les statues d'ébène me regardent à nouveau
Par le trou de l'horloge et le monde gronde
Déesses évanescentes pas assez présentes
Pour tuer l'aiguille pour te tuer mais bientôt
Une déesse deviendra trotteuse. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Un Coup ]
Posté par: Synopz le dimanche 12 juin 2016, 21:50:50
A Silentibus Locis

" Tous ces lieux sont aphones
Plainte folle respirée
Chaque fois

Jamais convoquée

Sur le fil des pupilles
Le bord de tes yeux
Et crevasses
Qui babillent

Ils savent

Tes façons de gémir
Dont les courbes sauvages
Traçaient l'herbe tiédie

Tous mes pas mais aussi
La nuit mâchée à l'infini
Tant de fois à vomir
Chaque méandre replis
Du vert désir

De tes seins

Ils riment là débordant
Tous pris dans mes phares
Sur le départ tremblant
Des jours évadés

Sauras-tu jamais exquise
Ce qu'au ciel dégrisé
Ils voulaient clamer

Annonce toujours promise
Jamais livrée

Autour flottant à vue
Ah s'ils pouvaient brûler
Feu de bois vert moussu

Je leur en saurais gré "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : A Silentibus Locis ]
Posté par: Synopz le mercredi 17 août 2016, 04:22:35
Août

" Ils ont dit
Compte, hé, compte !
Une de perdue,
Dix souillures éthyliques
Advenues.

Jusqu'à trois,
Tentatrices.
Les filles sortent
De toutes les failles :

Fêlures de mon âme
Qui sont purulentes,
Poisseuses, pleine de piques.

Vouloir les nymphes,
Pour oublier sa crasse.
Saleté maladive et salée
Elle colle mes ailes.

Et leur vendre des déceptions
A la pelle ! Hé, promotion, dit-on !
Obsédé par cette extase
Qu'on a jamais touchée
Que dans une idylle fanée.

Dis-moi, dis-moi que je peux vivre,
Tout, encore une fois, tout, un moment.
Fantôme de femme,
Rassure-moi.

Car on m'a aimé une fois,
Et depuis je hante l'effroi,
Les vestibules déserts
De l'univers,
Pleins de lèvres collées
Par l'alcool enfumé.

Je te briserai,
Vénus d'un soir embrumé,
Une fois livrée ta face au jour.
Incapable d'assouvir satanés
Désirs et soupirs...

Je meurs déjà des caresses
Chaque fois recommencées,
Irritantes et harassées,
Je ne sais plus l'amour :
On me l'a dérobé,
Je rampe pour le déterrer.

Mon désir est plein de honte,
Hystérique et souillé.
Je le promène, damné,
Implorant ces Aphrodites
De lui donner pardon.

Il faudra qu'il se taise,
Fonde et tremble et s'apaise.
Les reines descendent du soleil,
Pas de l'ivresse et des lunes. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Août ]
Posté par: Synopz le jeudi 08 septembre 2016, 23:07:07
Mot

" Tout dire en un mot.

Piquant traversé là pétillant
Et qui emporterait tout !

Les revers du monde tous perforés
Par des noms chuchotés
Mais revers de la médaille
Connaître l'indicible ?

Te dire tout ce qui triture en moi
Fait fondre et dissoudre
Trois signes sur le papier
Où mettre ma peine encrée.

Un mot
Plein de langueur et à peine !
Quelques ombres.

Je cherche par tous les vers
Sans arrêt jusqu'à ce qu'ils
Me grignotent.

Un mot.
Te dire une fois
Comme le monde sonne faux. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Ab Universo Sensi ]
Posté par: Synopz le mardi 27 septembre 2016, 00:07:06
Ab Universo Sensi

"Ils feront tomber
Chaque bout d'histoire

Hommes toujours échoués
Sur ces lits nus
Traçant chaque soir
Jours effacés

Hé ! et la question
Qui traine 
Là rampante

Toi qui vins avant
Que savais-tu
Que j'ignore ?

Il a du en mourir
Et des bons et des mauvais
Et des qui ont aimé
Et des qui ont péché
Sur tous les coins vastes
De cet astre

Des qui criaient
Des qui tonnaient
Amant voleur héros
Menteur mendiant masque

Qui surent plus
Sûrement
Tremblèrent aisément
De tout sens

Combien de baisers retournés
De verves brisées de cœurs grisés

Et des empereurs et des pauvres
Et des filles de joie et combien de lois
Enfouies oubliées abaissées

Dis-moi
Combien de révoltes et d'envies
Combien d'ivresses évanouies
A pu garder la nuit

Et sûrement des comme toi
Nymphes
Au fond des bois
Qui sait

Même à vrai dire
Des que j'aurais aimées
Avec vices et désir
Sangloté

Tant de figures
Tant d'univers
Tous agglomérés empilés
Embrasant la voûte
D'un vert emporté

Des que j'aurais pu connaître
Des milliards de peut-être
Frères alliés amis fous !

Tournant avec vous
Au faîte du monde
Tous à la ronde
Du monde
Qui tombe

Humains esquifs passés
Creux des os
Sillons farouches

Après tout après tout
Humains et semblables
A nouveau aimables

Où avons-nous marché ?
Où sommes-nous allés ?
Car devant l'univers brisé


Je crains
De m'oublier."





Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Ab Universo Sensi ]
Posté par: Synopz le jeudi 27 octobre 2016, 00:13:21
Crispa Maria

"Manger tes boucles
Souples

Cheveux cheveux
Au coeur de l'orage
Brun et suave
J'oublie mon âme

On a tout caché
Derrière le sombre éclat
De tes cheveux
De tes noirs yeux

Secs comme les bourrasques
Brûlant comme la pluie
Secrets comme les batailles
Inattendus
Du fond de cette grisaille

Je surnage dans leur océan
Combien de temps
Combien de temps
Mèches

Amenez-moi par le fond
Le gris du ciel est
Trop profond
Tous les rêves vieillis des marins
Rebondissent sur les embruns

Je veux l'abysse
Tes lèvres frémissent
Par le fond
Par le fond

Cils bouche pommettes
Venez vous aussi
Par le fond
Par le fond

Sous les flots
Orage
Fais tout chavirer
La barque est usée

Trop de chansons
Dans les ports de mon corps
Trainé dans chaque crevure
Par le fond

Trop de filles de joie
Sur la route
Trop de romances
Que la mer porte
Trop de complots
Allez vent emporte
Par le fond

Tout un univers
Que j'aperçois
Entre les éclairs
Par le fond

Il faut couler désormais
Boucles faites sentir
Le sel le désir
Couler couler couler
Par le fond

Corps et biens
Qu'il ne reste rien
Dans tes cheveux
Sombrer tout ton long
Allez dis-je

Par le fond."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Crispa Maria ]
Posté par: Synopz le mercredi 04 janvier 2017, 21:21:13
Sic Transit Amantum Gloria

" J'ai tant parlé de toi
Que mes lèvres
Sont sèches

Qui a volé
Le cours des choses
Je chavire

Je n'ai pas tout dit
Craquelures
Qui durent
J'ai froid

Alors hé
Pourquoi
A-t-on tout pris
Sommets des mers
Vallée des vers
On a rapproché
Le ciel on l'a fermé

Rend-moi
Mes lèvres
Rongées va-t-en
Demain je pars

Qu'ai-je oublié
Dans hier
Le vin le monde
Et le reste

Sic transit
Amantum gloria
Et ainsi de suite.


Ces années ont fui
Par toutes mes plaies."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Sic Transit Amantum Gloria ]
Posté par: Synopz le jeudi 20 avril 2017, 23:08:36
Rêver à Vide

" J'ai déposé les lèvres l'ardeur
Nos voix nos voix
Éventrées vidées évadées
Divines fêlures
Désoxydées à la vinasse
J'en crache

Alors
Je t'écris pour que tu ne lises pas
Pour que tu ne pleures pas
Que tu ne me ries pas au nez
Jadis et moi et reine et toi
J'ai d'autres boucles
Tissées maintenant tu sais
Et encore une fois
Le sort d'oublier
Écrire les errances

Elle est la nuit et
Je veux tant encore
Sur tous les creux
Mettre mes doigts le désir
Il y a tous les sentiers
Qui me font pleurer

J'ai tout désappris
Tout oublié
Mais rien
On en meurt on dit
Pas guéri le mien

A trop dire on verra
On sème on voit
Il fallait prendre la main
Mais hé demain je te dis
J'ai attendu j'ai vu
A l'aube je viendrai

Ils ont brûlé le monde
Encore un tour une ronde
Triste on y vivait bien
L'année prochaine les cerises
Ou après si fatigués
Ou jamais ma belle
Ça dépend de la mise

Alors je brûle aussi
Comète brisée
Je rebondirai cruel
Dans chaque coin
Cœurs routes déesses
Que rien ne cesse
Allez
Une pièce. "

Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Rêver à Vide ]
Posté par: Synopz le mardi 19 septembre 2017, 01:29:35
Heure d'échecs

"Infinie tristesse
Dans la moelle des horloges
Constitutive

Pouah
Je voulais cracher
Toujours frôlé
Par le ballet
Cœur au bord des lèvres

Nul lieu à dire
Que dira-t-on Alors
Seulement
On te l'avait dit

L'échec de dire
Cavalier Reine
Stratégie
Échec

Fou envolées Tours
Tiraillements surpris
Echec

Pièces renversées
Au bord de gagner
Voix coupée

Le cœur des heures toujours
Damier noir puis blanc puis noir
Toujours le gris
A vomir

Qui pourrit déjà les heures
Échec et mat
De dire."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Heure d'Echecs ]
Posté par: Aleit le mardi 19 septembre 2017, 12:56:44
Il y a peu de commentaires pour ce sujet, ce qui est dommage.

J'aime bien ce poème, le thème de l'échec est vaste et peut donner lieu à des trucs sympas. ^^
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Heure d'Echecs ]
Posté par: Chompir le mardi 19 septembre 2017, 17:23:16
En effet, il y a pas eu beaucoup de commentaire. Pourtant la dernière fois, je m'étais dit que j'en ferai un. :oups: (faut croire que j'avais oublié.)
En tout cas j'aime beaucoup le style que tu as. Ecrire un poème n'est pas une chose simple et tu te débrouilles vraiment bien.
Un grand bravo à toi. :miou:
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Heure d'Echecs ]
Posté par: Synopz le mardi 19 septembre 2017, 20:47:06
Wow, deux commentaires à la suite, le compteur s'emballe comme jamais ! Ca fait très plaisir, tout de même de temps en temps !

En vérité, y a une époque où j'avais un peu plus de commentaires, quand j'ai commencé ce sujet, j'étais plus jeune et la section littéraire de PZ était bien plus active, puis il y avait ma fic aussi (Ne retournez pas la lire, je crois que je ne cautionne plus du tout)  v.v

Haine, pour le thème de l'échec, je voulais créer une sensation de chassés-croisés, le passage des heures, le rythme des pièces de nos vies qui avancent, on tente des approches raisonnables avec la reine, et irrationnelles avec le fou, mais le damier est comme les heures monotones, noir, blanc et plein de gris là où se meuvent les pièces. Et le tout se rejoint à travers le jeu de l'éche d'une vie, de l'échec de dire ce gris qui habite les heures et qu'on n'exprime pas...

En tout cas, c'est très agréable d'avoir des réponses, car ça fait effectivement un bon bout de temps que j'en avais pas eues alors que, malgré mes modestes contributions ici et ailleurs, je commence à trainer par ici depuis un bon moment  v.v
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Heure d'Echecs ]
Posté par: Aleit le mardi 19 septembre 2017, 21:52:20
Aha, je vois. Même en parlant normalement tu es poète. :(8:

Le manque de ressentis, retours ou commentaires peut rapidement décourager, un artiste, personnellement je ne peux qu'applaudir ta persévérance. ^^

Bonne continuation. :-*
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Heure d'Echecs ]
Posté par: Synopz le mardi 03 octobre 2017, 01:11:14
Ressac

"Ressac
Dis-je
Les femmes
Comme le chagrin

Ressac
Casse !
La force
Des choses
Comme on dit

La force
De devenir
Tout me tombe
Des mains

Jeunes années
Arrêtez de parler
Je suis sourd
Ça bourdonne
Et ça tonne
Admire

Ceux qui passent
Ressac
Chaque marée
Chavire
Larguez
Les amarres
Ha !
Bien bonne !

Mer pleine de
Roulis
Pis même !
Ressac dans ce
Bric-à-brac
De mes yeux
Verts
Comme la mer

Souquez sec
Alors !
Tangue tournoie
Puisqu'il faut
Ressac
Claque
Tout en vrac !
Encore."
Titre: Errements Poétiques - [ Poésie : Ressac ]
Posté par: Chompir le mardi 03 octobre 2017, 16:53:04
J'aimes beaucoup ta petite dernière. Il y a pas mal de musicalité avec des césure non ? (j'essaie de sortir les thermes pour le bac français et j'en suis pas sur. :hihi:)
Le thème est très sympa en tout cas. Bravo.  :^^:

Titre: Errements Poétiques - [ Nouvelle : Aelis ]
Posté par: Synopz le jeudi 05 octobre 2017, 23:41:07
   
Aelis


   Chaque jour a toujours ressemblé à celui-ci. En tout cas, au fond de moi, c'était toujours comme ça. Je ne comprends pas vraiment, pour tout dire. Mais pour moi, chaque jour a toujours été pluvieux, même en plein soleil, le jour était plein d'ombres, avec le ciel faisant comme un couvercle sur nos vaines agitations. Je ne revois que la pluie battant le béton, aussi gris que le ciel qui s'y déversait. Mais une fois, ce fut différent. On m'avait laissé sortir, par pitié ou dédain, je ne sais pas trop. Je revois cette fille sur le bord du trottoir qui bougeait, tremblante, d'un pied sur l'autre. Elle paraissait comme absente au monde, déjà évanouie, presque diaphane, prête à rejoindre des abysses incertaines au moindre coup de vent. Je ne me souviens pas de ses vêtements, pas même de ses yeux en réalité. Elle était une idée abandonnée sur le fond de mes errances. Une promesse en devenir que tout amenait à s'éteindre comme les précédentes. Une beauté de roman, irréelle, avec son visage voilé par la pluie, comme livré à tous les fantasmes. Livrée au mien, en tout cas, elle l'était. Une voiture s'arrêta à sa hauteur, d'un jaune pimpant, qui ne faisait que rehausser la grisaille maladive de ce bout de jour imprécis.

« Aelis, rentre ! »

Le nom avait fusé, solitaire, presque écrasé et insignifiant à coté de la dureté sèche de l'ordre. Je n'avais pas de nom, mais elle, elle en avait un.

« Aelis »

Je me souviens bien de l'effet que ça me faisait. Oui, ce A tranchant, tout de suite apaisé par ce L coulant, cette rasade d'eau fraîche au sommet d'une aride arrête d’Été. Enfin, ce S final, comme une vie enfin achevée, tranquille, calme, glissant vers son terme. J'ai longtemps chéri son nom, avant de savoir qui j'étais. Si tant est que je le sache aujourd'hui. Mais je ne l'ai pas oubliée, elle était la première que je croisais à avoir un nom. Un nom. Quatre ou cinq lettres pour se sentir exister, trois traces de noir sur la page blanche de nos existences évidées et c'est bon : « on est quelqu'un ». J'ai beaucoup ri, quand j'ai appris que les hommes se partageaient leur prénoms. Alors vous les échangez ? Et la force de votre être se dilue doucement dans l'arrogance de tous ceux qui s'arrogeront ces trois formes sur du papier, qui vous les raviront, se les approprieront, penseront qu'elles ont été tracées pour eux… Fous. Fous. Fous, dis-je… Mais vous l'avez toujours étés. Aelis… Joli nom, peu courant. Tu étais belle, mon rêve aux cheveux bruns indistincts.
   Je n'étais pas là depuis très longtemps quand j'ai croisé la fille-avec-un-prénom. Je ne saisissais pas tout ce que cela voulait dire. Mais son nom m'appartenait, le murmure des gouttes me l'avait offert, à moi, voleuse de parole, tapie au fond de moi. Le jaune de la voiture emportant cet éclat inconnu loin de moi m'obsédait. Il était trop jaune, trop incongru, trop brillant pour le monde de contrastes que j'habitais ; rien ne m'a jamais plus tourmenté que l'idée qu'une couleur si vive puisse imprégner et même transpercer la trame du monde. Tout n'a toujours été qu'ombres. Ces couleurs trop intenses étaient comme des mirages, des possibilités d'une alternative toujours reconduite, toujours source de déceptions futures et inépuisables. Je te préférais toi-qui-as-un-prénom, avec tes traits flous, les nuances marrons et miel de tes mèches, la promesse que formaient élégamment la courbe de tes hanches et le creux de tes seins… Je n'ai par contre aucun souvenir de tes yeux. Sans doute parce que ton prénom suffisait à les remplacer. Il brillait du même éclat poli et sombre.

   Je me suis beaucoup moqué de cette histoire de noms. J'ai pourtant moi aussi pâli devant la logique d'affirmer son ineffable originalité par le biais de lettres mille fois partagées au cours de l'histoire. Le problème était que le tien était le seul que j'avais jamais entendu.

« Aelis »

J'ai fait ce que n'importe quelle personne comme moi – qui hante des couloirs blancs et dénués de toute nouveauté, de toute imagination, de tout mouvement et de tout accomplissement – aurait fait. J'ai fait usage de ton nom, beauté future, déjà fleurie à mes yeux, mais aussi déjà fanée. Néanmoins, je ne pouvais te le retirer, je ne pouvais demander à la plus singulière des choses qui ait frappé le théâtre de fumée de mon existence de s'effacer devant moi. Les hommes en blouse disaient toujours : « Vous n'êtes rien, vous mettez le début à la fin, on ne pourra rien pour vous, vous ne comprenez rien ». Ils se trompaient, je comprenais, je ne voulais simplement pas leur répondre. Ils ne m'ont donc jamais entendu dire mon nom. Ils ont passé des années à me le demander, mais, je n'avais rien à leur répondre. Je n'avais pas de nom, je suis venu dans ce monde comme on en repart : anonyme. Mais puisqu'ils me voyaient tout faire à l'envers, j'ai fait pareil avec ton nom, froide amante. J'ai mis la fin au début et le début à la fin.

« Selia »

J'ai pris pour construire mon amer et futile reflet la seule chose qu'on m'avait jamais donnée, ce prénom fugitif que tu as laissé dans un coin d'après-midi trop gris. Et tu sais, brillante Aelis, étoile déjà morcelée, c'est drôle car ce nom c'est un peu ce que j'ai fait avec toi : « Et elle Se Lia à elle... ». Je t'ignorerai toujours mais je te suis attachée, voilà la seule identité qu'ils m'ont laissée avoir, que ces heures creuses et fissurées m'ont accordée. Selia. Celle qui se lia. Se lia à quoi ? A rien, à une promesse de rien, à mille vies possibles déjà perdues, parce que je ne sentais pas comme vous, ne comprenais rien à rien, m'arrachait les cheveux, plongeait dans la folie, ne mangeait pas, pleurait et riait des heures durant… Je suis comme vous, je suis cette vie dont vous ne voulez pas, je suis l'amer au creux des secondes, l'éternelle détresse qui vous brûle. Je suis tous ces chemins détournés, ces travers jamais empruntées, ces coins possibles que vous avez eu peur de voir.

« Selia »

J'ai chéri ton nom jusqu'au dernier instant, lui qui m'a donné vie, corps, âme, pensée, chair. Aujourd'hui, c'était le le deux mille quatre-cent quarante-huitième jour depuis que je me suis réveillé ici, sans nom, sans devenir, sans paroles, sans famille, sans âme. « Folle », c'est tout ce que leurs gestes ont réussi à crier à travers la brume qui enferme mon âme et la fait s'engouffrer dans des trous de ténèbres dont je ne ressors qu'à grand peine. Je ne sais même pas ce que ce mot est censé vouloir dire, je n'ai rien dans cette vie. Étais-je quelqu'un d'autre avant ces alternances de néons, de murs blancs et de délires indicibles ? Ça n'a aucune importance. Ça ne veut rien dire pour moi.
   Ce son fruité et aqueux est la seule chose qui a brillé dans ma vie. Ce prénom doux que tu ne voulais pas m'offrir, je l'ai pris, et tu n'en sais rien. Je le crierai au monde comme un défi, après l'avoir fait devenir moi, je me diluerai avec lui, ultime trace d'un passage déjà archivé, rangé au cas « Incurable » de l'hôpital. Incurable de la vie. Définitivement.
   Aujourd'hui il fait gris, comme tous les jours. Mais il fait rouge aussi. Une couleur vive, irréelle, irrattrapable. J'ai ouvert mes veines. Et sur ce grand mur face à moi, je leur ai dit, en lettres vermeilles et brillantes : « Selia ». Ils ne comprendront pas. Je leur aurai dit pourtant, ils voulaient tout me prendre, il aura fallu que je devienne quelque chose pour qu'ils finissent de me vider. Tu m'as offert de pouvoir cesser d'être en étant, fille abandonnée, mangée par une de ces couleurs trop vives qui font rêver. Rouge brûlant, je me vide. Les gouttes perlent sur le clic-clac de l'horloge. Celle qui se lia se délie maintenant, au firmament d'une vie brisée. Le gris des jours et le blanc des couloirs, une touche de jaune aveuglante, et du rouge. Je souris. Je pleure.

J'ai chéri ton nom.
Titre: Errements Poétiques - [ Nouvelle : Aelis ]
Posté par: Synopz le lundi 23 octobre 2017, 23:40:20
Le Monde est un lieu brisé

"Le monde est un lieu brisé
Où je danse
Ravagé

Ma belle !
Monte à moi
Ma belle !
Pleure avec foi
Ma belle ! Ah !
Oublie-moi

Trépané le monde
Je suis là
Mais coincé dans ses tréfonds

J'irai partout
Météore brûlé
Et tu ne seras pas mon voile

Évaporée
Poussière d'étoile
Tu ne me suivras pas."
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Monde est un lieu brisé ]
Posté par: Chompir le mardi 24 octobre 2017, 14:08:55
J'ai vraiment bien aimé ton dernier poème, la nouvelle aussi était très belle et vraiment très intéressante. J'ai vraiment aimé cette histoire qu'elle racontai, qui est un peu dur au final mais qui est vraiment magnifique. Tu as vraiment un style très particulier et envoûtant je trouves. 
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Monde est un lieu brisé ]
Posté par: Synopz le mardi 24 octobre 2017, 17:57:36
Merci beaucoup, Chompir !

Pour le style, je ne sais pas si c'est très particulier, ça se veut contemporain, quand j'étais au lycée et même après, vu que j'ai fait des études principalement littéraires (classe prépa et compagnie), j'ai été fortement influencé par le Surréalisme, Rimbaud, une écriture à la fois très exaltée et très déconstruite, avec une grosse présence de l'image. Je m'attache beaucoup à l'oralité aussi, à rendre un poésie qui se lit avant tout, qui a du rythme, de la cassure, du mouvement sous la langue.

En tout cas, c'est plaisant de se savoir lu, pendant longtemps c'était assez calme par ici, et sur le forum littéraire en général, et j'ai l'impression que les choses repartent un peu plus !
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Monde est un lieu brisé ]
Posté par: Chompir le mardi 24 octobre 2017, 18:22:27
(Je me rends compte que quand j'exprimes quelques chose que j'aimes je finis par utiliser un mot un "vraiment" un peu trop souvent. :^^':)

En effet j'avais pas trop fais attention mais on retrouve belle et bien cet côté qu'avait Rimbaud avec son écriture. Après comme tu le dis, tes poésies se lisent vraiment bien, elles ont du rythme et c'est assez agréable.

Et enfin, de rien, j'aimes beaucoup lire ce qu'il se fait dans la section littéraire comme aller voir ce qu'il se fait dans la section artistique. J'espères vraiment que les choses repartiront en tout cas, surtout qu'on perd l'envie d'écrire si on est pas lu donc ça devait pas toujours être agréable pendant cette longue période.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Monde est un lieu brisé ]
Posté par: Synopz le dimanche 05 novembre 2017, 13:13:51
Le Poids du Monde

" Voilà posé un jour de plus. J'écris à défaut de pouvoir être. La ronde des temps se profile. Et tout m'échappe. Tout me tombe des mains.

Encore une journée à redire. Ne bouge plus. Pourquoi suis-je encore hanté ? Moi qui n'ai jamais connu la véritable adversité, qui n'ai pour meilleur ennemi que moi-même, qui erre parmi les géants des pages, trop seul, indécis, insignifiant.

Que suis-je en train d'être ?

Là, sous mes iris hagards, quel moi est en train d'advenir ? Tout part de plus loin. Toujours.

D'où croît cette langueur ?

Tout vient d'un monde brûlant et indifférent. Ainsi soit-il car j'y dérive, moi.

Ça advient.
Je est en train d'advenir
Et j'ai mal, irrémédiable.

Qui que tu sois, tu ne reviendras pas.
Femme oubliée au fond des âges. Motif apprécié, douleur stylisée, contraction spontanée du cœur. Indue.

On lit, on aime, on oublie.

Et ce je terrassé pleure. Drôle de jeu.
Ha. Ha. Humour maladif.

HUMAINS ! J'ai perdu quelque chose.

Vous aussi.

Le poids du monde."
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Poids du Monde ]
Posté par: Chompir le dimanche 05 novembre 2017, 13:47:24
Ton dernier poème est vraiment très intéressant et profond, en particularité sur la fin que je trouves vraiment très belle.
C'est toujours un plaisir de lire tes poèmes, bravo. ^^
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Poids du Monde ]
Posté par: D_Y le dimanche 05 novembre 2017, 14:47:30
@Synopz J'aime bien tes poèmes, ils évoquent vraiment quelque chose, de profond je sais pas, mais de poétique indéniablement, et c'est déjà pas une mince affaire.
Ce que tu disais sur Rimbaud est très intéressant mais pourrais-tu en dire plus sur la composition ? Je n'arrive pas à voir de structure dans tes poèmes (du moins excepté la mise en page, centrée et tout).

Par exemple pour "Le Poids du Monde", il n'y a pas l'air d'avoir de métrique particulière, et il n'y a pas de rime, du coup comment et pourquoi tu as écrit ton poème de cette manière ? As-tu une idée derrière la tête ? Je suis loin d'être expert en cet art très délicat, donc j'ai peut être loupé une structure, en tout cas ça m'intéresse, n'ayant pas fait d'étude là-dessus, et étant pas mal porté sur la poésie moi-même.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Poids du Monde ]
Posté par: Synopz le dimanche 05 novembre 2017, 15:41:21
@D_Y En fait, c'est une façon de composer assez typique de la poésie moderne qui apparait vers le XIXème, notamment avec Rimbaud (Je te conseille le très long mais très bon Alchimie du Verbe qui explique ça très bien et doit facilement faire partie du top 5 des meilleurs poèmes jamais écrits en français, très facile à trouver sur le net).

On a donc pas mal de vers libre, et un jeu sur l'oralité qui est de plus en plus présente, avec la fin de cette idée d'une liaison forcément évidente entre métrique stricte et poésie. Le Poids du Monde est pas un très bon exemple puisque c'est un poème un peu brut, que je n'ai pas spécialement retravaillé, il a en plus des parties un peu en prose et, surtout, j'ai utilisé de la ponctuation alors que je n'en utilise généralement pas. En France, Apollinaire est le premier poète à ma connaissance qui retire la ponctuation dans Alcools parce qu'elle est vue comme un carcan qui enserre encore le vers, ne le laisse pas jouer librement, être lu et créé par le lecteur, et cette absence de ponctuation sera beaucoup reprise par la tradition surréaliste et aujourd'hui encore, la poésie très contemporaine (hors formes alternatives types textes de chansons et tout), un peu " savante ", disons, n'a souvent pas de ponctuation.

Du coup, dans la perspective du vers libre, c'est la mise en forme même du poème, sa disposition visuelle, les interactions entre les différentes pauses induites par la cassure des vers et ce genre de choses qui vont faire sa " métrique ".

Il y a un peu de jeu là-dessus dans mon dernier poème mais il reste assez simple sur ce plan. Dans ma poésie j'essaie de faire une grande place à l'oralité en général, je n'écris pas un poème sans le lire à autre voix. Tout se veut concentré dans le choc, le clic-clac des mots, la pause induite par le "blanc", l'espace du poème. Avec un fort jeu de rappel d'un vers à l'autre, pas mal d'images un peu fortuites (grosse influence du Surréalisme bien sûr). Bien sûr, la métrique " classique " (vers comptés, rimes) peut parfois rentrer en jeu, mais ça va être ponctuel, ça va justement servir un effet de décalage, ou à appuyer à un moment précis quelque chose, il n'y a plus de cadres rigides. Ceci dit il y a encore des rimes, mais elles vont être dans les vers, ou bien sans structure particulière, juste comme une sorte de tonalité répétée au fil du poème, ça dépend. Je te renvoie encore une fois par exemple au poème de Rimbaud ou bien à des poèmes de Eluard (Ma Morte Vivante ou bien L'Aventure <3 ), Aragon (Poème à Cracher dans les Ruines).

Je vais revenir à mon dernier poème avec un vrai travail sur la structure, qui date du début du mois, Ressac



" [...] Ressac
Casse !
La force
Des choses
Comme on dit

La force
De devenir
Tout me tombe
Des mains [...]"


Là par exemple, tu as beaucoup de vers très courts avec de cassures sèches et des renvois de sonorités : Ressac / Casse, la répétition en -t et -d avec " Des choses", " dit", "devenir", "Tout me tombe des mains ". Ajoutés à ces cassures visuelles nettes, ça renforce le coté un peu saccadé, presque déclamé, psalmodié du poème, avec une tension qui se retrouve dans le sujet, et lui donne du poids. Le rythme haché c'est la mer qui tangue et qui tape, c'est les mains qui tremblent, c'est la saccade intérieur que le poème veut exprimer.



" [...]Mer pleine de
Roulis
Pis même !
Ressac dans ce
Bric-à-brac
De mes yeux
Verts
Comme la mer

Souquez sec
Alors !
Tangue tournoie
Puisqu'il faut
Ressac
Claque
Tout en vrac !
Encore."


Là, de même, l'image de la mer qui est convoquée à deux niveaux avec la répétition de la sonorité du -M qui est plutôt lisse mais qui est contrebalancé par le coté aussi râpeux de l'allitération en -r, avec la reprise du mot ressac qui traduit lui-même cette image : la douceur du son en -s et la dureté un peu brutale de la fin du mot. Le poème exprime la vie et la relation amoureuse comme un soubresaut permanent, une douceur contrebalancée, rendue par l'image de la mer, sa dangerosité, une certaine forme de douceur et de mouvement permanent aussi qui se traduisent par cet emploi de sonorités. Mais ces sonorités elles-mêmes contribuent à construire l'image, la nourrissent et le poème joue toujours en permanence dans un rapport entre son plan formel et le fond de son propos. En résumé, on ne peut pas vraiment écrire un poème autrement que de la manière dont il est écrit, parce que même sans alexandrins et sans rimes riches, cette expression formelle particulière se veut l'expression directe d'une façon de voir, dire, sentir le monde.

Bon, désolé pour ce pavé un peu trop sérieux, je m'emballe quand on parle de ça  v.v A préciser que mon dernier poème est justement moins représentatif de cet aspect formel, et "parle" un peu plus facilement. J'ai aussi pu écrire dans des poèmes un peu plus vieux des choses plus classiques avec vers comptés et tout ça ! En espérant que c'était pas trop long ! Pour finir vite fait, d'ailleurs, j'ai eu une grosse période l'année dernière avec des poèmes très centrés sur cet aspect sonore, ils sont dans la galerie, il y a par exemple Un Coup, A Silentibus Locis, Des Papillons, Crispa Maria...
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Poids du Monde ]
Posté par: D_Y le dimanche 05 novembre 2017, 18:47:30
Quand je parlais métrique je parlais pas seulement métrique classique (ABAB, ABBA, &c). Mon livre préféré est Paradise Lost de Milton, qui est en prose et qui n'a pas beaucoup de vraies rimes. Il y a néanmoins une structure certaine, et en tant que poème démonte une grosse majorités des textes en rimes.

Pour reprendre les exemples de tes citations, la première compte 5 et 4 vers. La deuxième est plus symétrique, avec 8 et 8. Je comprends le but de faire passer des idées avec la sonorité des mots, mais en vérité c'est exactement comme ça que je vois la littérature en général, pas seulement la poésie (en tout cas c'est la littérature que j'aime, celle qui sonne le mieux à l'oreille, et la langue anglaise est top à ce niveau, elle est naturellement plus musicale que le français). Dans mes textes en prose c'est la musicalité que je veux faire passer (avec plus ou moins de succès, je suis pas un génie non plus :8):) avant tout le reste.

Bref, dans le Poids du Monde, il n'y a aucune logique de vers (apparente), du coup même si on prend en compte la sonorité du mots, qu'est ce qui motive une telle mise en page ? Pourquoi tu as regroupé un ensemble de vers, et laissé d'autres isolés ? Pourquoi ta citation du ressac fait 5 et 4 ? (si c'est pour évoquer la vague ou la marée qui monte et descend, quelle est l'explication dans le Poids du Monde ?) :niak:
Je suis pas très familier d'Eluard mais je connais un peu Rimbaud et je trouve que tes poèmes n'y ressemblent pas du tout (du moins de ceux que j'ai lu). De mémoire c'était bien carré avec utilisation massive de quatrains avec beaucoup de rimes. C'est bête mais ton approche me fait beaucoup penser aux chants de Tolkien :

Citer
Clap! Snap! the black crack!
Grib, grab! Pinch, nab!
And down, down to Goblin town
[...]

Cela ne fait aucun doute que le mordant, le craquant, ou le cassant veulent être évoqués. A ce titre, je trouve tes deux poèmes sur la mer réussis, du moins en partant de l'idée que t'aies voulu te baser sur le même principe.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Poids du Monde ]
Posté par: Synopz le dimanche 05 novembre 2017, 22:31:59
Pour Rimbaud, j'parle plutôt Rimbaud de la fin, genre alchimie du verbe avec le mélange Vers/Prose, et plus globalement, Les Illuminations :

Citer
Les chars d'argent et de cuivre -
Les proues d'acier et d'argent -
Battent l'écume, -
Soulèvent les souches des ronces.
Les courants de la lande,
Et les ornières immenses du reflux,
Filent circulairement vers l'est,
Vers les piliers de la forêt, -
Vers les fûts de la jetée,
Dont l'angle est heurté par des tourbillons de lumière.

Le vers libre affleure bien quand même ! Mais effectivement, en termes de métrique, Rimbaud est assez régulier, on reste sur du quatrain et des vers rimés la plupart du temps, vu que mea culpa, même si Rimbaud en est à l'origine, le vers libre en tant que tel, ça vient un peu après vers les années 1880.

Ceci dit, oui, j'avais pas compris ta question comme se rapportant spécifiquement à la structure, je vois plus ce que tu veux dire maintenant. Alors y a pas forcément de logique générale qui préside au regroupement des différents vers en strophes, en ce sens que chaque strophe correspond à une unité sonore et/ou thématique qui lui donne un peu de liant. Après, y a aussi l'usage que je fais du blanc comme symbole de pause, et dans la perspective d'oralité que je vise, en fait j'utilise la strophe presque comme le retour à la ligne d'un vers mais en plus marqué ou plus brutal. Ces raisons jouent à chaque fois plus ou moins ou pas du tout, ensemble ou pas, c'est vraiment du cas par cas, quoi. En ce sens, ça se rapproche effectivement plus du surréalisme et des trucs plus contemporains genre Bonnefoy ou autre. Par exemple, Solitaire de Eluard, ça donne ça :
 
Citer

J’aurais pu vivre sans toi
Vivre seul

Qui parle
Qui peut vivre seul
Sans toi
Qui

Être en dépit de tout
Être en dépit de soi

La nuit est avancée

Comme un bloc de cristal
Je me mêle à la nuit.

Du coup, dans Le Poids du Monde, je dirais que ça correspond un peu à des sortes d'unité de pensée, ponctuées aussi par les questions. Vu que c'est un poème que j'ai un peu jeté sur papier comme ça justement, sans trop le reprendre, y a ce coté fil de pensée/question. Fil de pensée/question. Avec des sortes d'avis lapidaires qui jaillissent un peu sur ces pensées. Après, c'est un peu la façon naturelle dont ça s'est donné dans l'écriture même, mais y a vraiment ce coté succession brute de pensées, d'où l'usage de la prose d'ailleurs. C'est un peu comme plusieurs voix permanentes et distinctes en échange dans une tête, qui regarde celui qu'on est (ce fameux je) devenir tout seul, sans que Je choisisse justement.

Enfin pour finir, on est bien d'accord sur la musicalité, même en prose, c'est un truc majeur de la littérature et c'est ça qui est cool, et c'est dur à faire passer. Je me prétendrai pas grand poète non plus, j'écris aussi avec ce qui me vient, tous les poèmes ne sont pas aussi travaillés les uns que les autres  :hap: . Les poèmes sur la mer cherchent à rendre ça oui, en tout cas l'aspect physique de la sonorité, le dur du mot, est un truc qui m'intéresse beaucoup ! Et pour la musicalité de l'anglais par rapport au français, je ne suis pas nécessairement d'accord ! Je suis pas un expert de poésie en anglais même si je connais quelque poèmes, mais pour moi ce n'est juste pas du tout la même musicalité entre les deux, et j'apprécie beaucoup les deux. Le français courant est sûrement moins musical, oui, mais une fois travaillé, c'est une langue qui peut aussi être très musicale, très rythmée.
 
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Poids du Monde ]
Posté par: D_Y le lundi 06 novembre 2017, 13:58:31
Citer
Les poèmes sur la mer cherchent à rendre ça oui, en tout cas l'aspect physique de la sonorité, le dur du mot, est un truc qui m'intéresse beaucoup !

Pourquoi le "dur" du mot uniquement ? v.v
La mer c'est autant une extrême violence qu'un calme divin, c'est ça aussi qui est génial dans l'océan.

Citer
Et pour la musicalité de l'anglais par rapport au français, je ne suis pas nécessairement d'accord ! Je suis pas un expert de poésie en anglais même si je connais quelque poèmes, mais pour moi ce n'est juste pas du tout la même musicalité entre les deux, et j'apprécie beaucoup les deux. Le français courant est sûrement moins musical, oui, mais une fois travaillé, c'est une langue qui peut aussi être très musicale, très rythmée.


Oui bien sûr, j'adore Hugo, Baudelaire, ou Lamartine, en tant que poètes. Mais j'ai jamais rien lu de plus beau que Tennyson, Byron, Wordsworth, &c.
C'est peut être un bien cognitif, je dis pas, mais j'ai aussi l'impression que même dans un roman classique, les vrais auteurs ont voulu jouer sur la musicalité et la profonde beauté de leur langue, choses qui ne se retrouvent pour ainsi dire jamais dans les traductions. Bien sûr dans les romans d'auteurs qui s'en foutent, il n'y a pas tellement de raison de préférer lire en anglais qu'en français, mais bon faut rester dans du classique.

Après il n'y a pas vraiment de hiérarchie entre les langues, mais les langues germaniques ont vraiment quelque chose à part, que je n'ai jamais réussi à retrouver en français (même dans les traductions). Je n'ai lu que Goethe en français et je n'ai fais qu'entrevoir la beauté de ses œuvres, le lire en allemand, ça doit vraiment être quelque chose ! (il faut bien être Schubert pour réussir à retranscrire Goethe).

Bref heureusement le français a aussi quelque chose à apporter dans la littérature, mais ma nature me fait d'avantage apprécier les lettres germaniques.

Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Poids du Monde ]
Posté par: Synopz le dimanche 10 décembre 2017, 01:14:09
Amie

"Au milieu de la nuit sombre
Amie je te dis
Laisse fleurir
Tes iris le désir

La moelle du monde
Coule nous avec
Magma agité brillant
Viens voiles y danser

Il y aura des tombants
Secrets éclats murmurés
Face à l'aube effrénée
Du monde qui nait

Des abysses pénétrantes
Des soleils incandescents
Qu'on embrasse en brûlant
Dans les matins de Juillet

Je te dirai qui tu n'es plus
Figures changeantes
Saisies au vol épars
D'un soi-même qui va nu

Voyage toujours reconduit
Dans ces lointaines moiteurs
De la vie en sueur pleine
D'un jus vert à goûter

Amie très chère amie
Tes cils dansants
Sont le battement du vrai
Qui frémit par ici

Je te ferai voir
Hauts sommets froides vallées
Où coulent torrents oubliés
D'un monde débordé

Et nous danserons
Dans la brume envolée
Lèvres sur lèvres à chanter
Ce qui combat tombe meurt renait

Fais fleurir tes regards
Amie crinière d'ébène
Sur l'univers chaud cruel rieur mouvant
Où nous coulerons souriants. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Amie ]
Posté par: Chompir le dimanche 10 décembre 2017, 01:43:21
Je la trouves très jolie cette dernière. Elle est vraiment très agréable à lire et je trouves qu'elle change des dernières que tu as faites.
Du coup encore bravo pour ce que tu écris. ;D
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Amie ]
Posté par: Synopz le samedi 23 décembre 2017, 18:56:09
Destination

"Brûler tous les coins
Correspondances ratées
En rond en rond en rond
Hurler rage au corps
La voix éraillée
Trop de trains manqués

Ne plus tourner
Ritournelle ritournelle
Elle elle elles
Tristesses rotatives
Enfin vous laisser
Sur le quai

Voir ton mouchoir
Flotter s'éloigner
Emporté par la cadence
Loin des jours rances
Pourris à tourner
Suffoquant

Toujours retardé
Scie circulaire
Circularité apeurée
Couper le rond
Jaillissement sans courbe
Rails allant
Nulle part
Mais tracés
Jusqu'au bout

Il faut tomber
Tout droit
Il est possible
Que tu ne puisses pas
Mouchoir. "
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Nous avons vécu un siècle ]
Posté par: Synopz le samedi 13 janvier 2018, 00:18:07
Nous avons vécu un siècle

" Nous avons vécu un siècle
Nous avons tout oublié

Toi tendue tout loin de moi
Le monde est aphone
Cri jamais porté

Ah ! POURQUOI NE PAS PARLER
Un siècle
Tout entier dévasté

Nous faisions jouer
Sur nos doigts
Tout ce siècle où
Moururent nos voix
Effacées."
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Nous avons vécu un siècle ]
Posté par: Synopz le mercredi 07 février 2018, 16:28:14
Une fois n'est pas coutume, on part sur un genre de petit diptyque aujourd'hui ! Les deux poèmes ne sont pas expressément la suite l'un de l'autre mais les thèmes se répondent, deux moments de réflexion dans un même fil de pensée !

Fleuve de feu

" Au fond de mes yeux
Le monde s'est mis en feu
Te rattraperai-je ?

Terre je pers pied
Flot du monde à suivre
N'avoir nul sol n'être que fleuve
Fleuve de feu
Qui coule

Ne jamais hanter cette vie
Comme un songe
Cascades sans pesanteur
Caresses sans poids
Sortir de ce soi

Inonder le monde
Dans chaque replis
Rire avec hargne
Femmes en vin et en vie
Envie qui brûle
Et ravage

A bas rêves éthérés
Le fil des choses
Tranche mon corps
Et aussi le tien
Que tu offriras

Femme de cette vie
Tes courbes acérées
Qui délient
Je les ai assez rêvées
Il faut les toucher maintenant
Pour brûler. "

Cesser d'être poète. Vivre en poème.

"De qui prendrons-nous le nom ?
Toi qui viens toujours
De si loin

Je n'ai pas attendu le jour
Pour te connaître
J'ai chéri cent fois ton nom
Langoureux sous ma fenêtre

Viens ce sera un joli nom
Dont on fera le tour
Avec soin

Il percera l'azur
La trame de l'être
Où toutes les femmes
Se drapent peut-être

Assemblage de jolis sons
Ronds sous la lèvre velours
Roulants sur tous les coins

Notre nom avec beaucoup du tien
Plein de courbes et de mètres
Fantasme poisseux de poète
Qui confond la femme et le prêtre

Nul au-delà nulle Raison
Toi qui viens toujours
De TROP loin

Je te nommerai bouche contre oreille
Peaux qui s'enchevêtrent
Ton vrai nom est sur tes lèvres
A goûter sans hexamètres."

Titre: Errements Poétiques - [ Poèmes Dyptique : Fleuve de feu & Cesser d'être poète.]
Posté par: Chompir le mercredi 07 février 2018, 16:38:56
J'attendais quelques poèmes en plus pour réagir mais j'ai toujours lu chaque poème le jour même.
J'avais énormément apprécié Nous avons vécu un siècle que j'avais trouvé très beau et pourtant qu'il soit court, il était vraiment magnifique et très intéressant de par ce que tu y racontes.

Tes deux derniers sont très intéressant eux aussi, même si j'ai pas vraiment trouvé que les thèmes se répondaient (mais j'ai pas beaucoup cherché :/) mais si jamais tu veux bien expliquer un peu je serai intéressé, si ça ne te dérange pas. ;)
Titre: Errements Poétiques - [ Poèmes Dyptique : Fleuve de feu & Cesser d'être poète.]
Posté par: Synopz le mercredi 07 février 2018, 23:45:43
@Chompir : Merci pour tes compliments, c'est toujours un plaisir de sa savoir lu ! Pour les thèmes qui unissent les deux poèmes, c'est une même vision philosophique de la vie disons ! Qui réfute l'idéal pour le ramener dans le monde de maintenant, qui passe de la femme en papier à la femme du réel, qui passe de la croyance au moi éternel toujours identique qu'il faudrait découvrir à la capacité de " Sortir de ce soi " et d' " Inonder le monde ", de penser que tout passe, que tout est un fleuve de feu, que rien ne subsiste, rien n'est au-delà, il n'y a pas de transcendance. Je te joins un petit texte pas très travaillé mais qui résume un peu cette idée ! Hésite pas à lire un peu les poèmes avec cette perspective en tête justement.

" Arrêter de rêver, arrêter de penser la vie, arrêter d'écrire la vie en figures et en situations d'un monde idéal qui n'existe pas. C'est cette vie qu'il faut aimer, c'est cette femme là qu'on embrasse, qu'on goûte, qu'on mord qu'il faut aimer au moment où on le fait, et c'est son corps et le feu qui l'anime qu'on aime. Se répandre dans le monde, parce que rien n'est stable, tout n'est qu'illusion mais les illusions ne sont pas négatives, parce qu'il n'y a que ça. Il n'y a pas de moi qui reste derrière tout ça, pas de vrai moi caché derrière les apparences, qu'il faudrait comprendre pour enfin être heureux. La vie est instabilité, inondation, flux, effort, difficultés, rêves qui réussissent et qui se brisent, amour et douleur, gestes sublimes, art qui résiste, dureté des choses, il n'y a pas de demain plus heureux, il n'y a pas de temps à attendre, de monde meilleur à faire advenir, ni paradis ni révolution universelle. C'est cette vie qu'il faut aimer. Cette journée grise ou ensoleillée, cette difficulté, cette épreuve, cette réussite, cette chute, ce moment, cette danse, il faut danser avec le tourbillon au bord de l'abîme et aimer danser avec beauté en se vidant de ce soi-même qui n'est jamais déjà là mais qui ne fait que devenir comme un mouvement continu mais pas droit, altéré, bizarre, protéiforme, bigarré, multiple, pluriel."
Titre: Errements Poétiques - [ Poèmes Dyptique : Fleuve de feu & Cesser d'être poète.]
Posté par: Chompir le dimanche 11 février 2018, 21:02:19
Merci beaucoup pour ces explications, ton texte m'a bien aidé d'ailleurs (et merci d'avoir pris le temps d'en faire un) en relisant plusieurs fois les poèmes avec cette perspective en tête m'a bien aidé. En parlant de ton petit texte, c'est d'ailleurs une belle leçon de vie. (et par la même occasion les poèmes croisés)

Enfin en tout cas ça fait réfléchir et permet vraiment de refléter ses sentiments, sa vie mais aussi des conseils, des leçons ; on peut vraiment tout faire avec la poésie (et la littérature en général) et c'est vraiment un art magnifique même si je ne prends jamais le temps de lire beaucoup.
Titre: Errements Poétiques - [ Poèmes Dyptique : Fleuve de feu & Cesser d'être poète.]
Posté par: Synopz le vendredi 23 février 2018, 20:40:19
Il a bien fallu venir

Il a bien fallu venir
Un matin
Lointain

Ces souvenirs
Trop cœur-plein
Coupent mes mains

Apprendre à bouger
Un par un
Tous mes doigts
Qui sont mille

Hier m'a enfanté
Je crois bien
J'ai brûlé ma foi
Me voilà roi
De la vide-ville

Pourtant il a bien fallu venir
Dans des bras fins
En essaim ?

Mille désirs
Et refrains
Qui étaient à point

Tous évadés
Cités en vain
A chaque heure du mois
On croit qu'on les voit
Tristesses mobiles

Parti les condamnés
Dans la cellule rien
Pas un rêve de toi
Juste moi qui aboie
Gardien imbécile

Il a bien fallu venir
Comment repartir ?
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Il a bien fallu venir]
Posté par: xanto01 le dimanche 25 février 2018, 19:09:28
Salut Synopz !

Bien que cela fasse longtemps que je n'ai commenté ta rubrique, je profite de cette occasion pour te dire que je prends toujours autant de plaisir à lire tes poèmes. Je trouve vraiment ton écriture apaisant, quelque soit le thème abordé.

Aussi, j'ai bien apprécié "Il a bien fallu venir". Même si je n'arrive pas à comprendre entièrement ton texte, je le trouve particulièrement beau et émouvant. Il prend comme la majorité de tes textes, et par ailleurs ta fic, au cœur et je ressens une réelle émotion que je ne saurai vraiment pas décrire. Même si parfois je n'y comprends pas grand chose, tes textes me transportent plus, beaucoup plus,  que ceux que j'étudie en classe (poèmes  que pour le coup, je comprends parfaitement)  et pour ça je te remercie.

Sur ce, je te souhaite bon courage pour la suite  ;D
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Il a bien fallu venir]
Posté par: Aleit le vendredi 02 mars 2018, 22:25:42
J'avoue ne pas trop comprendre non plus. (J'aimerais bien demander quelques explications si possible, mais ça pourrait peut-être casser l'ambiance mystérieuse... :oups:)
Je commente rarement mais je lis quasiment toujours tes poèmes, c'est cool que tu continues de les poster ici après tout ce temps !
En plus la première page est tellement bien organisée. O_O
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Il a bien fallu venir]
Posté par: Synopz le dimanche 04 mars 2018, 18:48:09
Merci à tous les deux pour vos commentaires !

Pour ce qui est de la "compréhension" des poèmes, je vous renverrais à ce que j'ai pu dire dans les pages précédentes sur mes influences poétiques. Les poèmes ne sont pas vraiment à comprendre, à expliquer, ils ne décrivent pas quelque chose, ils sont en tant que poèmes. Évidemment, j'y mets moi quelque chose, mais, ils existent sans "dire" quelque chose, et ils ne peuvent pas être autrement qu'ils sont, donc ils ne sont pas explicables. Mes phrases sont très abstraites donc je vais essayer de faire plus clair : les poèmes sont un peu à lire comme une peinture, ils sont peints avec des mots, en utilisant à la fois leur matérialité, leur sonorité et leur sens. Le poème est là pour produire une impression par ce tout, l'expliquer serait donc le trahir, vu qu'il n'y a rien à expliquer en dehors de comment il est.

Cette conception de la poésie un peu hermétique est très fin XIXème, on peut penser à la phrase de Rimbaud justement "ça veut dire ce que ça veut dire, littéralement et dans tous les sens". Le poème n'est pas un message crypté, il est le message, il ne cherche pas à communiquer, il est là pour être lui, et c'est lui comme il est qui produit un effet.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Il a bien fallu venir]
Posté par: Synopz le dimanche 04 mars 2018, 20:28:50
Clémence

Tu sors d'un miroir
Rêve d'amour noir
Où sont tes boucles

Hé bouclée
Ta couronne
Est souillée

Forêt de tes courbes
Délétère
J'ai pris ton air

De chaque coté
Du monde lent
Tout est absent

Cils yeux paille
Les failles
Sont partout

Me liras-tu ?
Il te fallait avant
Il le fallait maintenant

Fleurir mourir
Fille viens voir
Le bleu du soir

Tu t'en es parée mais
Il faut soigner
Tes yeux délavés

Haché le rythme
Brûlé le mythe
Nous avons volé

Faiseur de vers
Je suis dans la pomme
Pâles formes

Désormais
Volcan calciné
Tu dois pousser

Je dois voler
Tu dois croître
Ils doivent passer

Succession estropiée
Raisons oubliées
Va !

Le rêve est gâté
Le futur à conjuguer
L'amour à remplacer

Sur les rives
D'une terre lascive
De mes yeux

Nous nous trouverons
Peut-être visant
Ce même horizon

Où craque
Le ressac
Du temps si long.

Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Clémence ]
Posté par: Synopz le vendredi 16 mars 2018, 02:02:52
Au fil des mois

Cent fois les mêmes mots
La foi dans la poix
Des mots avec lesquels on fait
Ce soi

Quoi ?
Je le redis chaque fois !
La bouche en émoi
Comme d'antiques lois
Dont je serais Roi

Avant ce petit " moi "
Plein avec plus de poids
Jouant la cadence de formules si rances
Mais qui prennent nos sens
Fi ! De façon intense

Maintenant un jeu cruel
Que l'on nettoie
Qui n'est jamais froid !
Pourquoi ?
Je veux te tuer toi
Tu me pèses de tout ton poids

Et dans ma voix
Toujours je dis que j'y crois
Je joue le jeu de ce je
Je voudrais cracher !
Guérison de bon aloi
Impossible
Alors je fais à chaque mois
Des mots

Pour le tuer
Vivre enfin en Roi
Roi de nature et sans lois
Je ne peux rien soigner
Si ce n'est saouler mon foie.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Au Fil des mois ]
Posté par: Chompir le vendredi 16 mars 2018, 12:59:19
C'est toujours aussi prenant tes textes, surtout ce dernier qui me fait penser à la situation d'un ami. Il y a toujours ce quelque chose qui se dégage de chaque poème et qui prend au coeur, qui fait réfléchir/penser/rêver qui met parfois mal à l'aise. Je reviens aussi sur la description que tu fais de ta poésie, je trouve que c'est la façon la plus pur de l'appréhender et de la vivre.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Au Fil des mois ]
Posté par: Synopz le jeudi 22 mars 2018, 15:39:14
Tu serais blonde

Manger ta vie
Tu serais blonde !
Tu porterais le monde

Blonde de blé
Enfin fraîche
Sous ma peau sèche

Tu es mon rêve
Ils t'ont donnée à moi
Hé lyriques
Vous êtes bien sadiques
De me la fantasmer
Sauvage et pythique
Pleine de peau
Peau et si blonde

Et je poserai
Le désir
Chaque fois éprouvé
De tes courbes
Bassin adoré

Déesse évidée
Plus de chair
Seulement blonde
Mouvement érotique
Sans corps
Ridicule lyrique

Déesse blonde !
Qu'on en finisse
J'étouffe !
Qu'on te tonde.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Tu serais blonde ]
Posté par: Synopz le mardi 27 mars 2018, 00:49:07
Ma modeste contribution au concours d'écriture que je remets ici, relue et purgée de ses (petites) fautes (  :oups: ) !

NdA : l'histoire racontée ici est librement inspirée de la période précédant Ocarina of Time. Elle reprend donc les éléments de l'univers liés à cette période évoqués dans le jeu, néanmoins, pour des raisons de crédibilité et d'ampleur, l'univers y est dépeint avec des modifications géographiques, un ton plus lourd et une complexité capables de rendre une situation géopolitique, culturelle et militaire crédible. Une possible référence à Breath of the Wild s'y cache aussi, qui pourrait se révéler importante !


Deserti Lex
(La loi du Désert)

   
Un peu plus d'une décennie avant le Héros du Temps.

   Fÿnwe inclina la tête, s'agenouilla en retirant ses gants, et laissa ses doigts s'enfoncer dans la neige fraîche. Chaque petit flocon brûlait avidement sa peau, comme pour en extraire la moindre parcelle de chaleur. Ses longs cheveux roux s'échappaient en mèches folles hors des nippes de fourrures disparates qui recouvraient tout son corps. Son visage, sûrement fin autrefois, mangé par deux prunelles grises, témoignait de la dureté de l'hiver. Fÿnwe aurait certainement pu être qualifiée de « belle », mais sa peau craquelée, brunie par les rayons traversant l'air raréfié des sommets dissuadait de la qualifier de façon aussi triviale. Elle n'était pas belle, pas élégante, délicieuse ou délicate mais sauvage. Immensément sauvage.
   Son corps, courbe d'ombre découpée sur le fin liseré rosé de l'aube, demeurait à demi accroupi. Elle humait l'air gelé, les oreilles battues par la bise qui léchait les crêtes, débordantes de neige après une nuit de chutes abondantes. Sa respiration, progressivement ralentie, laissait échapper de larges et réguliers panaches de vapeur. Elle s'était légèrement éloignée du sentier, là où les grandes flaques blanches restaient immaculées, étendues à perte de vue. Le vaste désert des Gerudos s'étendait plusieurs milliers de mètres en contrebas, la large chaîne montagneuse le séparant du royaume d'Hyrule ombrageait les dunes dans la lumière de l'aube, sur une bande de plusieurs kilomètres. La forteresse et la cité des amazones du désert demeuraient invisibles malgré la transparence cristalline de l'air, près d'une centaine de kilomètres plus avant dans le désert. Fÿnwe pouvait néanmoins les imaginer, comme évanescentes à cette heure, leurs lignes floues et tremblotantes, juste avant qu'un soleil de plomb, à peine moins fort qu'en Été, vienne leur rendre toute leur consistance et leur dureté. Elle était affectée à cet avant-poste des rocheuses Gerudos depuis près de sept mois, elle n'avait depuis eu droit à aucune permission pour revoir la cité.

   La guerre faisait rage depuis près de neuf ans, et connaissait une brutale accélération ces derniers mois. Les Hyliens, ayant finalement réussi à retourner à leur avantage la situation catastrophique des débuts du conflit, la nommaient désormais pompeusement la « Guerre d'Unification d'Hyrule ». Ils feignaient ainsi de croire qu'ils avaient toujours été à l'initiative des événements et légitimaient leurs prétentions sur les peuples avoisinants. La réalité de ce qui s'était produit était toute autre : les Zoras et les Gorons, aux marges du Royaume d'Hyrule, demeuraient sous la domination informelle de celui-ci, placés dans des liens de dépendance commerciaux et, bientôt, politiques. La proximité de leurs territoires, les rapports plus amicaux des Gorons avec les Hyliens, leur procurèrent en effet des avantages commerciaux et l'ouverture complète des frontières avec le Royaume, les vassalisant donc de fait. Les Zoras, peuple plus orgueilleux et plus structuré, s'en émurent, coupant contact avec les Hyliens. Les tensions montèrent en flèche, les accrochages aux frontières se multiplièrent, les liens diplomatiques furent rompus. les Hyliens, cherchant à garder la main sur les ressources minérales précieuses des terres Zoras, continuèrent à faire pression pour briser l'embargo commercial et l’autarcie de ces derniers. La situation s'enlisa pendant plusieurs années. Dans le même temps, une fraction des Sheikahs, maître des anciennes arcanes et gardien des légendes d'Hyrule, protecteurs et conseillers de la lignée royale, se rassembla sous la bannière du frère du Roi qui s'opposait à l'extension par l'intimidation du Royaume d'Hyrule. La vassalisation effective des Gorons fut officialisée au terme de longues années de crispation, et ils devinrent une partie officielle du Royaume des Hyliens, tandis que les friches du Sud, en bordure de la Grande Forêt d'Hyrule,  étaient également annexées. Apprenant la nouvelle, furieux et effrayés, les Zoras établirent des barrages sur l'Hylia, coupant les voies commerciales hyliennes et massacrant les équipages qui s'y risquaient. Le parti de la guerre prit le dessus à la cour d'Hyrule, et sous prétexte de défendre les intérêts Gorons menacés et de rétablir la stabilité des échanges commerciaux, le Roi entra formellement en guerre avec les Zoras. La supériorité des Hyliens ne souffrait alors aucune discussion, la marche du destin semblait leur promettre une victoire rapide et la constitution d'un empire à la puissance exceptionnelle.

   Fÿnwe se souvenait de ces premiers échos du conflit, de ces conversations étouffées qui s'interrogeaient sur la position à adopter dans les rues de la cité. Cette impression, que, malgré les violences et les difficultés, quelque chose se passait ! Ses yeux suivirent la ligne de crête qui se perdait à l'horizon, le vent du désert s'intensifiait, de larges panaches virevoltants de neige fraîche tourbillonnaient au loin, les rayons s'intensifiaient progressivement. Un faucon du désert laissa échapper un cri perçant qui trancha l'air du matin, plusieurs centaines de mètres au-dessus d'elle. Elle sourit durement. Oui, quelque chose se passait alors… Si elle avait seulement eu conscience de ce qui se passait, véritablement à cette époque, la tête trop bourrée d'idéals glorieux et guerriers, elle qui était alors bien loin des vicissitudes politiques et stratégiques qui opposaient Hyrule et les pillards du désert depuis des siècles, quand le Royaume n'était qu'un agrégat de colons dispersés racontant à qui voulait l'entendre qu'ils étaient de la lignée d'une déesse et qu'ils arrivaient des cieux.

   Au moment même où Hyrule tentait de bâtir son hégémonie sur le front de l'Est, les Gerudos, sous l'impulsion de leur jeune roi, virent dans l'enchaînement des événements la possibilité d'étendre leur influence et de repousser les prétentions des Hyliens. Les raids sur les frontières Ouest du Royaume et leurs établissements de colons étaient déjà monnaie courante mais ne suffisaient pas à réaliser une implantation durable des Gerudos sur place. Ganondorf, leur nouveau roi, seul mâle parmi toutes ces femmes dures et implacables, déploya une stratégie ambitieuse : fragilisant Hyrule sur ses marches de l'Ouest, il comptait faire entrer dans sa dépendance par des raids et des pillages violents les petits comptoirs et établissements disséminés le long du front pionnier Hylien sur les piémonts fertiles des rocheuses Gerudos. Les Hyliens, occupés à l'Est, auraient alors été mis devant le fait accompli et les Gerudos auraient fait coup double, s'octroyant de nouvelles dépendances capables de leur fournir des ressources inaccessibles sans commerce avec les Hyliens, tout en renforçant la marche qui les séparait d'Hyrule, en prévision du conflit de grande ampleur qui ne manquerait pas d'éclater à moyen terme face à ce pays menaçant et en pleine expansion.
   Cette stratégie fut dans un premier temps couronnée de succès. Les Hyliens ne pouvaient mobiliser assez de troupes pour défendre les confins Ouest du Royaume, et l'offensive à l'Est contre les Zoras qui paraissait leur être totalement acquise se heurtait à deux problèmes majeurs : une claire sous-estimation des capacités défensives des Zoras qui conduisait à des sièges interminables de chaque place forte tout au long de la remontée du cours de l'Hylia et, surtout, l'explosion de conflits internes au bout de la première année de guerre, due à une expansion trop rapide et contestée. Une part importante des Sheikahs, réunis autour du jeune frère du Roi Dartas Rhém Hyrule, s'appuyant sur la frange de la population la plus touchée et excédée par les hausses fiscales, les pénuries et l'enrôlement militaire, décida de passer à l'action pour renverser le Roi Rhoam III Hyrule. La guerre d'expansion d'Hyrule prit bientôt le nom de « Guerre Civile Hyrulienne », et durant quatre longues années, la querelle des deux partis mit le pays à feu et à sang, favorisant ses ennemis et enlisant Hyrule sur les deux fronts. C'est tout juste si le roi parvenait à empêcher les Zoras de reprendre l'initiative à l'Est, les forces en présence se contentant de tenir leurs positions, les longs mois d'attente émaillés seulement par de rares et insignifiantes escarmouches. A l'Ouest les bandes Gerudos se baladaient librement, l'expansion pionnière avait connu un net coup d'arrêt et de nombreux villages préféraient payer tribut aux guerrières du désert, placés ainsi sous leur protection, que s'essayer à combattre sans aucun appui du pouvoir central.

   Les amazones crurent alors enfin tenir leur victoire, Fÿnwe avait fêté ses dix-sept ans et sa majorité en se saoulant dans les rues de la cité et en trinquant à la victoire sur les pitoyables Hyliens et leurs femmes soumises. La chaleur naissante du petit matin se réverbérant sur les murs de la cité avait mis fin à ses rêves de gloire et de débauche et elle était rentrée s'étendre chancelante sur sa couche, en sueur, un sourire de carnassière fendant la beauté de son visage brun où s'effaçaient les dernières traces de l'adolescence. Les frontières d'Hyrule ravagées par la fureur du désert ! Les villages terrifiés, la gloire à portée de mains pour toutes les jeunes filles de son âge bientôt prêtes à entrer dans la danse sauvage de la guerre. Les femmes chantaient chaque soir au Colosse, et le rythme mystique et brûlant de leur chant semblait recouper la cadence sans fin de leurs hauts-faits ! C'est dans cette ivresse de jeunesse et de sang qu'elle avait aimé sa première vaï, une jeune fille au teint presque trop clair pour une Gerudo, contrastant avec les larges boucles rubis et étincelantes qui composaient sa crinière. Elle l'avait aimée trop rapidement dans le feu de ces dix-sept ans fêtés et passés en un instant : seulement quelques semaines intenses à brûler plus fort encore que le sable des dunes en plein midi, à découvrir que peaux et courbes étaient aussi d'insondables paysages, à sentir toute la gamme débordante et contradictoire des passions, remplie d'une furieuse envie de vivre.

   Néanmoins, l'insurrection pour la paix finit par se fracasser dans une tentative finale de coup d’État au bourg d'Hyrule : Dartas Rhém Hyrule fut pendu en place publique, la gronde populaire fut achetée par la diminution temporaire de l'impôt et la majeure partie des Sheikahs en fuite se retrouva condamnée à mort par contumace pour félonie et conspiration contre le trône, désormais indésirables dans tout le Royaume. Au terme des ces cinq premières années de batailles et de trahisons, la main revenait à nouveau aux Hyliens. Les opérations militaires visant à soumettre les Zoras reprirent avec plus d'intensité encore, et le Roi, ne ménageant pas les souffrances de son peuple, refusa de céder aux demandes insistantes de paix du Roi Gerudo qui voulait conserver ses nouveaux acquis en l'état. Le Domaine des Zoras tomba finalement au cours de la septième année. Les Hyliens imposèrent leurs conditions sans oppositions, mettant la main sur les ressources du peuple aquatique et soumettant leur souverain. Ils rétablirent le trafic commercial à travers la large vallée de l'Hylia et s'enivrèrent de leur nouvelle puissance. Les armées d'Hyrule firent leur jonction vers l'Ouest et les complications commencèrent pour les femmes du désert.

   Fÿnwe songeait souvent à toutes ces successions d'événements hasardeux qui avaient placé son peuple du mauvais coté de l'Histoire. Presque neuf ans auparavant, lorsque Ganondorf, après un discours fiévreux du balcon de la Forteresse, avait enjoint à ses guerrières de se rendre au Colosse du Désert pour y effectuer le Chant marquant le début d'un conflit, elle n'avait que quinze ans. Son dix-septième anniversaire, après l'ardeur des débuts à la Cité, s'était accompagné de sa première affectation et elle avait eu ce qu'elle souhaitait : un poste d'éclaireuse. Elle avait abandonné son amour, accepté la solitude et juré de renoncer à la chasse aux voïs à travers le monde comme l'obligeait sa fonction. Une éclaireuse, voilà, une de ces fières femmes rousses au teint buriné qui arpentaient en solitaire les cols, les défilés et les arêtes venteuses des Hauteurs Gerudos, volant d'avant-postes en avant-postes, enfermées dans de grandes bandes de fourrures ne laissant entrapercevoir qu'un regard fier et lointain. Voilà ce qu'elle avait rêvé d'être, et elle avait sans doute en partie réussi, mais quelle amertume pourtant… Rhoam III Hyrule était mort l'année passée, loin d'affaiblir les Hyliens, cet événement poussait son fils Nohan II Hyrule à accélérer les opérations contre les Gerudos pour conforter son pouvoir et auréoler son début de règne de gloire. Les Hyliens avaient repris les piémonts et finissaient leur hivernage sur les contreforts des Rocheuses Gerudos : la guerre était déjà perdue, ce neuvième printemps de la prétendue Guerre d'Unification serait le dernier, à n'en pas douter. Malgré les quantités de neige qui s'abattaient sur les sommets, Fÿnwe savait que le redoux avait commencé dans le fond des vallées. La gorge Gerudo était désormais praticable, toutes les garnisons des Hauteurs s'attendaient à ce que les troupes d'Hyrule entrent en mouvement d'un jour à l'autre. Il ne restait qu'une ultime bataille à livrer avant que la cité soit prise : tenter coûte que coûte de tenir bon dans le défilé, aux ordres du roi, pour la fierté déjà perdue et risible des Gerudos.
   La gloire et la ruine des empires était bien vaine. Le peuple du désert avait voulu aller trop haut pour lui, l'ambition de Ganondorf et des ses prédécesseurs les avaient poussées à se sédentariser, à bâtir une orgueilleuse cité au fin fond du désert, elles, le plus grand peuple nomade de ce monde. Fÿnwe retira sa main de la neige presque violacée, heureuse de sentir la violence du froid engourdir sa peau, heureuse de pouvoir humer l'air glacé jusqu'à sentir ses poumons au bord de l'implosion, meurtris par l'air sec. Cette vie intense et solitaire allait prochainement finir, elle le savait sans trop s'en alarmer, elle ne pouvait le changer. C'était l'amertume qui ressortait de cette constatation qui la rongeait : elle s'était retrouvée ici rouage de l'Histoire, balayée par des logiques sur lesquelles l'âge adulte lui avait douloureusement ouvert les yeux. Sa mère était morte presque deux années avant ce matin froid, seule, vieille, malade, sans possibilité de voir sa fille qui ne s'était vue accorder aucune permission. Le domaine Zora venait alors de tomber, les troupes d'Hyrule se réunissaient pour commencer leur longue marche vers l'Ouest. Les villages les plus avancés conquis par les Gerudos étaient désertés pour se regrouper sur des places fortes plus sûres. La lente défaite s'était enclenchée et Fÿnwe avait abandonné sa seule et unique famille pour des combats déjà perdus, futiles, finalement dérisoires à ses yeux.

   La jeune femme recula de son îlot de neige, revint sur le chemin pierreux et remonta en silence sur le promontoire le plus élevé de la crête, où se dressait un complexe agencement de toiles et de charpentes à plusieurs étages, qui constituait l'avant-poste de Vur'Oten, le dernier avant le sentier de la gorge Gerudo. Les huit éclaireuses des Hauteurs – une pour chaque poste – s'étaient vue réunies ici récemment, quand il était devenu clair que les Hyliens, assurés de leur supériorité, tenteraient un passage en force à travers la trouée principale menant à au désert. Dans un effort désespéré, le commandement, tout juste récupéré par la jeune et arrogante Nabooru, et bien sûr chapeauté par Ganondorf lui-même, voulait s'appuyer sur leur connaissance exceptionnelle du terrain montagneux pour organiser de multiples embuscades susceptibles de ralentir et démoraliser les forces de l'Est et de préparer au mieux la Cité à son inévitable siège. Fÿnwe parcourut rapidement les quelques dizaines de mètres qui la séparaient de l'édifice, sentant ses muscles ciselés et endurcis par la montagne déborder d'une énergie indomptée. La fumée du brasier que l'on faisait repartir au petit matin, très blanche sur le ciel d'un bleu intense, était semblable à un indicible appel à l'aide, une plainte murmurée par toutes les femmes rassemblées ici, face à l'humiliation, au fer et au sang qui se profilaient.
   La dernière veilleuse de nuit, encore à demi-accroupi sur les braises frémissantes qu'elle s'affairait à ranimer, se tourna vers elle lentement, prenant son temps pour parler :

    « Sav'otta, ma sœur, dit-elle sèchement.
- Sav'otta Lokea. Je t'ai vue assoupie dans l'ombre de l'aube en passant, je n'ai pas voulu déranger ton sommeil.
- Tu aurais du, pourtant, répondit, en se relevant brusquement, la grande femme d'un âge indistinct, aux longues boucles rousses si sombres qu'elles tiraient sur le brun. Le code des Gerudos, si ces mots pouvaient encore avoir le moindre sens aujourd'hui, m'infligerait déjà une lourde sanction pour ce manquement à mon poste. »

   Fÿnwe sourit doucement : une tendresse de louve, imprévisible, insondable et quelque peu inquiétante, barrait son visage. Elle avait à peine dormi, et les quelques minutes passées immergée dans la rencontre de la neige et de l'aube, loin de la promiscuité des autres éclaireuses – dont les conditions matérielles se détérioraient de jour en jour – , avaient raffermi son courage et ses forces. Elle releva le regard vers l'horizon, s'imprégna de l'immensité majestueuse du désert, qui dépliait paresseusement ses plis dorés quelques milliers de mètres en contrebas, là où la chaleur devait s'accumuler un peu plus à chaque instant, et ramena ses deux yeux translucides sur cette femme bien plus mûre qu'elle.

   « A quoi bon le code des Gerudos, Lokea ? Nous ne passerons pas la nuit prochaine si l'on vient nous chercher. Et si ce n'est pas aujourd'hui, alors, ce sera demain. J'ai aimé ce code, je l'aime toujours dois-je dire. Mais que veux-tu ? Que l'on te fouette en place publique, ici, dans ce poste perdu quelques milliers de mètres trop haut pour que nous ayons quelque chose à faire ou à dire dans la marche du monde ? Allons, allons… Te sentiras-tu plus rassurée si l'Antique Loi des femmes du désert blesse ta chair ? Pourras-tu rêver tout ton soûl de leur gloire perdue envers laquelle nous allons faillir ? L'autorité déçue et trahie que tu avais placée dans ton roi s'en trouvera-t-elle consolée ? Toi et moi connaissons la réponse. Je ne t'ai donc pas réveillée, je ne signalerai pas ton manquement, et aucune de celles qui dorment dans cet amas informe de toiles alors que nos cils gèlent ne s'en préoccupe. »

   L'âge revêtait une certaine valeur chez les Gerudos, une valeur que l'on ne pouvait transgresser sans risquer la punition et même sa vie, selon la préséance de son interlocuteur. Lokea ne dit rien. Elle pivota lentement, revint près de son feu, se saisit d'un bâton asséché par la bise et remua les larges bûches qui se consumaient à la base du brasier. Ses épaules s'étaient affaissées, sa colère s'était envolée, ses yeux fixaient le sol. Seule persistait encore dans ses gestes la rumeur d'une amertume au moins égale à celle de la jeune impudente qui venait de cracher la simple vérité, l'écho d'une vie prête à se fracasser sur le mur implacable de l'Histoire, de la mort des peuples et des Royaumes, d'un monde où ni le dévouement ni la dureté ne pouvaient rien compenser. Fÿnwe vint s'asseoir à ses cotés, délicatement, la neige fraîche craquant avec apaisement sous ses bottes.

   « Je ne souhaitais pas te blesser, sœur. Mais nous ne sommes plus ici que pour attendre, désormais. Le redoux a commencé, tu as vu les oiseaux comme je les ai vus. Le vent du Printemps est ici, le vent d'Hyrule, et avec lui viennent aussi nos malheurs. Le plan du Haut-Commandement ne pourra jamais s'accomplir, nous venons à peine d'arriver toutes ici, la neige fond à chaque seconde, les torrents gonflent, les Vook'na percent déjà la couche de neige. Ceux de l'Est – elle cracha – arriveront aujourd'hui ou demain, dans trois jours tout ou au plus.
- Je le sais, jeune folle… Je le sais. Nous avons rêvé trop grand et joué trop gros. Les chiens putrides d'Hyrule et leurs femmes serviles et lâches arrivent. Nous devrons ployer, nous humilier, oublier l'Antique Loi du Désert, ouvrir nos routes, donner nos filles… Nous ne serons pas là, je l'espère, pour voir cela de nos propres yeux, la Loi nous le permet encore, tu me l'accorderas. »

   Des gémissements et des craquements commençaient à se faire entendre dans les couches, de l'autre coté de la paroi de toile. La garnison s'agitait, le réveil était proche. Une courte rafale vint faire danser un instant les boucles cuivrées de Fÿnwe sur ses pommettes rougies, son regard s'abîmait au loin, ses prunelles grises ruisselant d'une mélancolie infinie. Était-elle sûre d'être encore de ce monde, ici, sur cette montagne gelée, près d'une mère loin de sa progéniture, décidée à rencontrer et accepter sa mort ?

   « Veux-tu que je la chante, Lokea ? Murmura-t-elle simplement.
- Chante, ma sœur, toi qui es ce que ma fille, un jour, aurait pu être. Que le Colosse du Désert t'entende, à cent lieues d'ici... »

   Fÿnwe se releva légèrement, se penchant un peu en arrière. Elle les laissa venir, les inflexions chaudes et chaloupées des chants Gerudos. L'Antique Loi se donnait ainsi, voilà ce que des guerrières qui dédiaient leur vie à cette prière allaient chanter, à chaque crépuscule, en temps de guerre. Les femmes des dunes croyaient à son pouvoir, non comme au pouvoir d'une magie salvatrice et surnaturelle, mais comme à celui d'un rythme qui colore la vie, souligne sa sauvagerie, la lie et l'achève dans les hauts-faits, les légendes et le sang. Le chant martial des vieilles nomades indomptables de ce monde, dont les derniers vers, réservés aux époques troubles et sombres, évoquaient le destin de celles qui luttent encore lorsque tout espoir de victoire les a quittées. Fÿnwe ouvrit la barrière de ses lèvres et le désert en sortit :

« Quand elles viennent sur l'aube enflammée
- Rousses Folles de la Terre Brûlée -
Dans un monde qui ne peut s'embraser
Les Filles du Feu vont vers l'infortune
Par la gloire des armes opportunes

Hé, là, femme, chante et vois donc selon  !

Car lances et rêves sont dans la poussière :
Reines vous mourrez là où le sable est mer,
Las ! Glorieuses et amères ! Mais, éphémères,
Prenant la Loi avec plus de fortune,
Allez aux cieux sans qu'on vous importune »

   Après de trop courtes secondes, la jeune Gerudo acheva son chant. Le désert venait de croître un instant en ces lieux et de se rétracter. Plusieurs femmes étaient sorties du dortoir de l'avant-poste, le visage grave, prêtes à tomber là, maintenant, tout de suite, après ces vers, toujours. Lokea ne laissa rien échapper, ni un mot, ni une larme, ni même un soupir.

   « Merci, jeune vaï. Merci. »

   Le campement sortait de l'hébétude, le soleil indiquait presque huit heures, les femmes retournaient à leurs occupations et leurs préparations après avoir entendu le chant, saisies pour une énième fois la gravité de ce qui allait se jouer…

   Un bruit d'éboulements jaillit. Un cheval écumant de sueur déboula sur le chemin de galets polis permettant l'accès à l'avant-poste de Vur'Oten, manquant de s'écrouler à chaque instant sur ce sentier montagneux normalement impraticable à la monte. Une jeune fille que Fÿnwe identifia comme la novice Kolù, les cheveux collés au visage par la sueur, les yeux écarquillés d'épouvante, était juchée dessus. Alors elle sut, avant même que l'adolescente descende cheval. Elle avait chanté, et voilà. Voilà ce que faisait la magie chantée des Gerudo : elle faisait éclater les coïncidences qui accélèrent et démultiplient la vie.
   Ils avaient sûrement pris de l'avance, avaient peut-être neutralisé sans donner l'alerte les points de contrôle le long de la gorge, et maintenant ils étaient là. Ce n'était pas une surprise pour elles. Elles connaissaient les montagnes, elles savaient qu'il était trop tard pour les retenir mais isolées, marginales, ignorées, elles n'avaient rien pu faire, et l'armée des Gerudos était surprise, elle. Surprise par la vanité de son chef qui avait refusé de voir l'inévitable se produire, nommant une fille sans expérience à la tête de ses armées. Surprise, comme le racontait maintenant la novice Kolù, dans son sommeil, prise de panique, massacrée. Il n'y avait plus, disait-elle, qu'une grosse poche de résistance, luttant depuis l'aube, encerclée dans une des nombreuses crevasses perpendiculaires à la vaste trouée. Ganondorf et sa Nabooru étaient partis à travers le désert, sauver leurs vies et « préparer » un siège vain, terrible, insupportable. Fÿnwe ne doutait pas qu'il saurait ployer le genou et se soumettre au souverain d'Hyrule une fois toutes les autres options salutaires gaspillées futilement.


   Les montures furent attelées, aucun mot échangé. Le chant agissait, le chant avait agi même. Lokea jeta un long regard à la fois inquiet et déterminé à Fÿnwe. Moins d'une heure après l'irruption de la jeune fille sur son cheval, les huit éclaireuses des Rocheuses partaient dans un matin d'hiver ensoleillé, qui portait en lui, là-bas, sur les Piémonts de l'Est, la promesse d'un Printemps chaud et fertile, qui portait en lui le Vent d'Hyrule, celui qui jamais n'apaisait le désert, qui jamais ne passait les Rocheuses pour apporter la vie à ceux qui se trouvaient au-delà. Les heures se collèrent les unes aux autres pour former une de ces mélasses terribles où la vie s'englue, se dilate, devient irrespirable et poisseuse. Fÿnwe ne se souvenait plus de rien, plus de son nom, de ce qu'elle faisait ici, de ce vers quoi elle se dirigeait. Les heures de descente à calmer les montures, les guider par la bride, à choisir le chemin le plus rapide et le moins risqué, lui parurent tout à la fois un instant et une éternité, plus longue que chaque jour de sa vie jusqu'ici.
   Enfin, après plusieurs heures de cheminement et de descente, elles arrivèrent. Elles avaient atteint le plateau qui surplombait le défilé où les forces Gerudos restantes étaient prises au piège, condamnées et comme asphyxiées. Lokea, rattachée à l'avant-poste des lieux connaissait une voie d'accès au défilé, descendant du plateau. Il fallait abandonner les montures et descendre en s'agrippant à la paroi, presque en rappel, solidement encordées. Descendre car on leur en avait donné l'ordre, le dernier message de la chaîne de commandement, reçu par faucon, était clair : « Retenez-les ». Sakna, doyenne des éclaireuses, prit les devants :

   « Nous ne savons pas encore ce qu'il est advenu de celles qui ont hérité du commandement en bas. Nous avons ordre de le récupérer, nous demeurons au-dessus d'elles hiérarchiquement malgré notre isolement. Ne vous laissez pas intimider par leur détresse ou leur volonté de se rendre. Une fois pris le contrôle de l'armée, nous tenterons un passage en force pour les ramener dans la gorge et tenter de les isoler de leur ravitaillement qu'ils ont amené dans le défilé. Soyez prêtes. »

   Un silence morbide et atrocement lourd tomba. « Passer en force » c'était mourir. Tout le monde en était conscient. Fÿnwe en avait la nausée, l'Antique Loi le demandait bien pourtant… Il fallait descendre, rassurer ces femmes, les convaincre d'avancer, incarner l'autorité qui les avait trahies et les emmener à l'abattoir, froidement, sans se poser de questions, « pour le Chant » comme on le disait.

   Elles descendirent.

   Leur accueil fut mitigé, entre soulagement et prise de conscience de ce que pouvait signifier de la part du commandement l'envoi d'éclaireuses respectées mais marginales, et connues avant tout par le ouï-dire et par leurs traditions mystérieuses et mystiques. Les soldates communes élevées dans la hâte au commandement étaient mortes, stupidement, parce qu'on avait présumé de leurs forces, qu'on les avait laissées à une tâche trop grande pour elle, et qu'elle n'aurait jamais du avoir à assumer. On lança des menaces, des imprécations, la tension monta puis décrut. Les éclaireuses prirent le contrôle, progressivement. La nuit se rapprochait, les barricades dressées en bas du défilé flanchaient, et dans l'obscurité crépusculaire des jets de pierres et de projectiles annonçaient l'imminence d'une confrontation entre les troupes d'Hyrule et les quelques centaines de femmes encore présentes, encastrées dans une crevasse trop étroite pour pouvoir être atteintes.
   Fÿnwe ne parlait plus. Elle n'avait jamais été connue pour son talent oratoire ou ses effets de manche et de séduction. Elle promenait son regard plein d'une mélancolie creuse et absente sur ces femmes dépenaillées et salies dont elle prédisait la situation le matin même sans la connaître encore. Assise près du minuscule torrent qui lézardait au fond de la crevasse, elle enfilait ses plates de cuir, encore un peu atteinte et touchée par le babillage sans fin de l'eau ruisselant sur la terre avec un mépris aveugle et éthéré pour les vies annihilées de ces femmes.

   Un premier coup de trompette résonna. C'était l'heure.

   Fÿnwe se plaça sur le flanc gauche qu'on lui avait attribué. Chacune des éclaireuses, guerrière accomplie mais peu formée aux batailles rangées, encadrait les troupes restantes, sans qu'aucune d'entre elles ne soit réellement certaine d'en savoir plus que n'importe quelle soldate sur la façon de mener les opérations. La trompette sonna encore, le froid retombait sur la vallée alors que la nuit arrivait, et les corps agités par le mouvement frissonnaient, mouillés de sueur. Le chant revint aux lèvres de Fÿnwe, ces derniers mots s'entrelaçaient dans sa bouche…


« Mais, éphémères,
Prenant la Loi avec plus de fortune,
Allez aux cieux sans qu'on vous importune »

   Elle se sentait fiévreuse, la bouche pâteuse. Elle pensa à cette fille, cette jeune vaï parfumée qu'elle avait aimée si fort dans ces matins d’Été à demi-ombreux que l'on avait, là-bas, à la Cité… Une dernière trompette sonna. La monture de prêt qu'on lui avait confiée s'ébroua sous elle, mal à l'aise, mais partit au galop, le flot des femmes aux cheveux rouges se déversa sur les Hyliens, et, un instant seulement, les Dieux eux-mêmes crurent qu'elles allaient l'emporter, toutes de feu et de cheveux dans le crépuscule orangé qui transformait le monde en or.

   Puis le monde explosa.

   Fÿnwe sent le cheval qui l'emporte. Vite, réflexe simple. Toute petite adolescente Gerudo de douze ans l'apprend : serrer les jambes, se rabattre sur le cheval et encaisser le choc de la première charge. Elle est propulsée à terre. Toujours, ces réflexes, ces années de rude entraînement à la forteresse : replier les jambes, amortir les chutes, rouler, dégainer. Pourquoi était-elle sur ce cheval, déjà ? Pas le temps, ne réfléchissons pas, courrons. Le cimeterre est dans la main droite, une lance jaillit, un Hylien. Un pas sur le coté, un pas à droite, il enfonce sa lance mais, trop tard, elle n'est déjà plus là, la voilà qui ramène son bras dans une fantastique demi-lune et tout à coup la carotide de cette homme inconnu et abhorré s'ouvre pour verser une fontaine de rubis sur la terre dévastée par les sabots. Ah ! Elle adore cette couleur, la couleur des femmes du désert ! Et tous les hommes lourdauds du Bourg d'Hyrule racontent, quand ils sont trop ivres, que c'est à force de les voir ouvrir des gorges que les dieux donnèrent aux Gerudos leurs cheveux de sang. Mais elle n'a pas le temps, elle, de se préoccuper de tout ça. Elle continue, elle court, elle tranche, une main par-ci, par-là… Le temps s'est arrêté de passer, il n'y a plus qu'un Chant qui tambourine sauvagement dans son crâne pendant qu'elle danse, car, oui, elle danse. Elle danse la danse aérienne et cruelle du Chant, on combat comme on danse, au rythme de ces vies qu'on fauche avec une délectation un peu coupable. Ah oui ! C'était ça ! Il fallait avancer, passer en force, les ordres, les autres éclaireuses, c'est vrai ! Et puis tout à coup, courant, tempêtant, tuant joyeusement, le monde vire au noir, un coup venu d'on ne sait où qui lui emplit la bouche d'un goût plein de cuivre et elle tombe, elle oublie. Il n'y a, alors qu'elle roule par terre, piétinée par la tempête qui broie la vallée, que des tambours qu'elle entend encore et toujours, toujours, tous ces mots, si clairs au fond :


« Mais, éphémères,
Prenant la Loi avec plus de fortune,
Allez aux cieux sans qu'on vous importune »


* * *

   Quand Fÿnwe ouvrit les yeux, l'aube approchait. Son cuir chevelu dégorgeait d'un sang poisseux et nauséabond qui inondait tout son corps. Quelques gémissements étouffés se perdaient encore autour d'elle, mais le silence était presque total. La voûte étoilée rosissait doucement sous son regard, tranquillement. Les montagnes… Voilà ce qu'il lui fallait. Elle les avait vues sur les bords du désert, elle les avait imaginées, fantasmées, rêvées. Et finalement elles les avaient eues, elle était devenue une éclaireuse. Rejetée mais admirée, solitaire et indomptable, toujours. Elle était encore en vie. On l'avait laissée en vie, c'était une faveur. Les mots lui revinrent : « Mais, éphémères,/Prenant la loi avec plus de fortune,/Allez aux cieux sans qu'on vous importune ». Elle était de ces éphémères croyait-elle finalement, elle n'était pas de ces reines mourant dans les mers de sable.    Tout le monde avait ce qu'il voulait en définitive : la guerre était finie. Les fières Gerudos avaient prouvé leur honneur et leur attachement à l'Antique Loi jusqu'au bout. La fantastique et triomphante « Guerre d'Unification d'Hyrule » prenait fin, et avant qu'une nouvelle aube se lève après celle-ci, Ganondorf Dragmire jurerait allégeance à Nohan II Hyrule. Gloire au Royaume… ! Et elle avait toujours ses montagnes, « ses cieux » à elle, loin des unifications et des conflits qui lui avaient volé sa solitude. Elle se releva couverte de sang, au milieu des cadavres, chancela et se mit à marcher. Un paquetage, elle avait laissé un paquetage dans un terrier au fond du défilé… Et après tout, de quoi d'autre avait-elle besoin ? Toutes ces rébellions et ces jeux d'Empire ne l'intéressaient plus. Le Chant des nomades parlait à son cœur, le Chant cachait bien des secrets. Fÿnwe la Gerudo partit en direction du défilé, et on ne la revit plus.



   
* * *



   Par la présente, Ganondorf Dragmire, premier de son nom, suzerain des amazones Gerudos, représentant de l'autorité du Roi d'Hyrule, descendant de la déesse, dans les Terres Désertiques de l'Ouest, déclare, au nom de la gloire du peuple du désert :

   Que soient élevées et consacrées pendant sept jours et sept nuits, sept statues monumentales à la gloire des Héroïnes qui sauvèrent le peuple Gerudo d'une humiliante défaite en accomplissant jusqu'à leur dernier souffle les prescriptions du chant !

   Que toutes les tenantes de la « Huitième Héroïne » qui, selon leurs déclarations fallacieuses et séditieuses, aurait dégagé une autre interprétation du Chant la poussant à une fuite indigne et honteuse, soient pourchassées. Et que jamais culte ne lui soit rendu sur aucun territoire des Gerudos, ni maintenant, ni jamais.

   La Troisième année de l’Ère d'Hyrule Unifiée. Vive la Cité. Vive le Roi Ganondorf. Vive le Royaume d'Hyrule.
Titre: Errements Poétiques - [ Nouvelle (Concours d'écriture) : Deserti Lex ]
Posté par: Synopz le samedi 07 avril 2018, 04:58:36
Nos yeux ont fané

Hé Ébène
M'a-t-on jamais
Écrit plus beaux mots ?

Ivresse corrosive
A la dérive
Du faux

Mais peste !
Que j'aimerais
Dire que je suis parti trop sot
Et trop tôt

Ouvrir ma porte
Toujours
A tes mots
Envolées
De tes boucles

Tant de lumières
Éphémères
Prises dans tes sphères
Sur la ville
A l'envers

Avoir tes lèvres
Quelle verve !
Mutilé
Le monde écarté

Tous les plus beaux rêves
Passent
Que ne donnerais-je
Pour y aller
Tout désiré

Mille vies à vivre
Revivifiées
Départs déchirés

Tes boucles
Ah ! Les avoir
Pour éclairer
Ces chemins ombragés !

Demain jamais
Tu le sais ?
Tout jeter
Dans le feu du monde
Déjà brûlé

Ta peau ma peau
Évidées
A chaque rêve recommencé
Un jour sur la fin du monde
Gris
Ou jamais

Quand les rêves auront passé
Ah tu le sais peste !
Toi mon aimée
Désertée.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Nos Yeux ont fané]
Posté par: Synopz le dimanche 15 avril 2018, 18:24:03
Femme(s) fuite(s) et fin(s)

La face au vin
Il vient bien des raisons
De se croire poète
Au fond
Trop rond trop vain
Emballement physique

On se croit Verlaine
Capable de coucher ses peines
En neuf syllabes bien plus solubles
Que le vin acre qu'on rend déjà !

Parodie lyrique
Qui ne doute pas
De son acuité cynique
Prise au jeu faux pas
Des femmes mythiques
Elles sont bien bonnes tiens !

A chercher dans chaque recoin
Jetée désargentée
D'où succéderont ailées
Fuites enfin et la vue d'après

Alors on écrit bien
Ces peines stylisées
Que de grands mots !
Fétide lyrique nous jouons
Toi et moi
Trop de ronds
Je joue ton je
Enchaîné au feu
De la femme et de la fin
Mais je multiplie les fins !

Bien des femmes uniques
J'espère
Sarcastique moiteur
De vos corps chantés-goûtés
Et du pourrissement des heures

Si on ne vit il faut
Bien plutôt chanter
Des mots acérés mais creux
Ne paniquez guère !
Une fois mes mains sur vos yeux
Je me tais
Croyant savourer un peu

Toi qui viens là sais-tu
Désormais
Quelle mimique
Cet onanisme orphique
Pour ces femmes
Aux courbes stylistiques
Fuites et fins d'elles
Dans ces lignes asymétriques.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Femme(s) fuite(s) et fin(s) ]
Posté par: Chompir le dimanche 15 avril 2018, 18:34:36
J'ai beaucoup aimé tes trois derniers poèmes notamment Tu seras blonde dont j'ai beaucoup aimé le style.
Mais cette fois je vais surtout m'attarder sur ta fiction pour la première manche du concours littéraire.

J'ai tout d'abord adoré le thème choisi, parler des Gérudo et de la guerre d'unification d'Hyrule, se placer dans le monde de BotW, raconter cette guerre du point de vue Gérudo et la défense du Canyon était vraiment une idée excellente. J'ai d'ailleurs aimé cette vision pour donner une histoire sur les Huit Héroïnes Gérudo. J'ai énormément aimé et c'était vraiment original.

Texte très bien écrit, dur par moment et nous transportant du début à la fin. Tu as largement mérité la première place de la poule. Sur les textes que j'ai lu, c'est celui qui j'ai préféré (mais je les ais pas encore tous lu :hap:) et j'attendrai de lire le prochain texte du concours avec impatience.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Femme(s) fuite(s) et fin(s) ]
Posté par: Synopz le lundi 16 avril 2018, 21:33:18
Merci Chompir ! Pour la fiction, je suis moyennement satisfait tout de même, parce que tout va beaucoup trop vite dans cette histoire, j'aurais aimé pouvoir développer plus d'éléments, m'attarder sur la vie de Fÿnwe, faire vraiment monter la tension au fur et à mesure que la bataille se rapprochait et je n'ai pas réussi à le rendre aussi bien que je le voulais ! Mais merci pour ton avis, une fois de plus, être lu et commenté est toujours agréable, et mes triples posts de poèmes ne sont pas dans le vide au moins  :-*

Pour ma participation à la prochaine manche, je suis un peu en retard mais j'y travaille  :oups:

Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Femme(s) fuite(s) et fin(s) ]
Posté par: Synopz le vendredi 20 avril 2018, 21:39:36
Ne pas se fixer

Tu parles d'elles
Tu parles d'ombres
Qui es-tu

A manier ce j'aime
Impérieux
Je suis toi je me moque
Je suis toi une de ces voix
Tu ne vois pas ?

Et les femmes toi
Qu'en sais-tu ?
Elles vraies
Qui peuvent être courbes
OU POINTES
Qui comme tout
Sont mouvements-signes

Et toi ! RIMAILLEUR (l'es-tu même ?)
Tu penses les enfermer ?
Sors dans le plis
De la vie tu es vieilli

Créatures papiers
Érotisées ah
A ta mesure
Enfermées  dans tes rêves
Trop faux

Faut-il coucher cela ?
Dehors la vie couche-la
Trouve une vraie
Qu'on aime tant sans besoin
De piailler

Fallait-il seulement parler ?
A la prochaine rencontrée
Tais-toi lyrique qui ampute

Laisse-la donc parler.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Ne pas se fixer ]
Posté par: Synopz le dimanche 06 mai 2018, 02:26:52
J'écrirai autrement

J'ai tout jeté
Toi là
Tu entends ?

Jetés vos yeux
Hantés !

Nos mondes sont dévastés
D'autres à lever !

Dur mon langage ?
Tant de rage
Pas de message

Un nouveau monde !
A nommer dis-je
Et que vivent
Ceux qui sauront s'y couler
Il débordera d'été

J'y écrirai autrement
Ce sera sec et méchant
Plein de cassures et de vent

D'autres vous crèveront
Elles naîtront
De l'ivresse du son
Elles suivront tout du long

Je les imagine
Elles réapparaitront ?

Je vous jette vous
Femmes hommes du trou
Comme moi saouls !
L'alcool avec un autre goût
Demain
Avec tes reins
Qui nous rendra fous !
Et ce sera bien

Sans vous
Il faut que je dise
Être fou
Mais toujours saoul

Qu'on m'excuse
D'être si mou
Demain si dur !

Je serai mouvement
Le pouls du monde !
J'essaierai
Et qu'importe ?
Si j'échoue

J'aurais voulu écrire
Et dire
Le redoux ce monde
Si fou
Si saoul.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : J'écrirai autrement ]
Posté par: Aleit le dimanche 06 mai 2018, 10:11:06
C'est toujours agréable de venir se plonger quelques minutes dans tes poèmes, tu nous en proposes régulièrement et c'est vraiment sympa. :oui: Continue comme ça !
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : J'écrirai autrement ]
Posté par: Chompir le dimanche 06 mai 2018, 11:40:54
Je trouve vraiment que cette dernière est vraiment forte et dégage quelque chose. C'est peut-être l'un des poèmes que tu as écrit qui m'aura fait le plus ressentir ce genre de chose. En tout cas comme d'habitude elles sont toujours aussi exceptionnelles et agréable à lire.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : J'écrirai autrement ]
Posté par: Synopz le mercredi 09 mai 2018, 18:37:15
Merci à vous deux pour vos commentaire de temps à autre ! En voilà une nouvelle.

Femmes théâtre et humains

N'ayez pas peur mais c'est ce moi
Qui vous dépeint ici
Amies amantes pas de répit !

Pauvre demi-rimeur qu'on voit là
Hanté de ces mythes plats
Ah comme si vous
N'aviez qu'à vous donner
Seulement amantes allez
Je ris de ma laideur

On a fait savez-vous
Un théâtre pour la poésie
Masques femmes
Précieuse synesthésie (bien fictive !)
Je me crée donc quand j'écris
Rêves de cruelles lascives
Amoureuses transies ou enfuies

Et celles humaines
Pleines de chair vraie dans la vie
Comme je l'ai déjà dit
Brisent cent fois les frontières impies
De ces mythes sales de poésie

Vous donc véritables
Que l'on décrit et flétrit
Humaines regrettables
Ne craignez rien

Je vous sais toujours le droit
De forger vos yeux-lois
De nommer encore les choses
D'une nouvelle prose
La vôtre

Chaque jour je vous laisse
Tous les choix
Humaines beautés
Loin des rêves de pierre
Capables d'exister
Loin des mythes surannés
De la poésie dépassée.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Femmes théâtre et humains ]
Posté par: Synopz le vendredi 11 mai 2018, 04:32:17
Jamais tu ne sauras combien je t'ai attendue

Comment te dire
Comment enfermer
Le son du passé
Intolérable

Tout est mort
Il n'y a plus que moi
Mortifié
Qui dit des fables

Comment es-tu allée
J'ai perdu ma face
Tu n'existes plus aimée
L'amour s'efface

Si fatigué de pleurer
Tout est si loin-flou
J'ai tant gratté ce passé
Il a rongé mes ongles

Jamais tu ne sauras combien je t'ai attendue.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Jamais tu ne sauras combien je t'ai attendue ]
Posté par: Synopz le lundi 14 mai 2018, 19:34:33
Voilà ma petite tragédie relue, corrigée et aérée, réalisée pour la deuxième manche du concours Breath of the Style  :oups:

La Nostalgie d'Hyrule

Tragédie en trois actes

Personnages

Mipha Esprit de la défunte Princesse et Prodige des Zoras, amoureuse de Link
Link Prodige des Hyliens, fraîchement réveillé d'un sommeil d'un siècle et amnésique
Din, Nayru et Farore Déesses créatrices du monde
Hylia Leur fille et leur exécutrice en Hyrule
Le Chœur des morts Victimes de la défaite du Héros



[Link, désigné Prodige par la race des Hyliens, a été laissé pour mort un siècle auparavant, échouant dans sa tentative de repousser un mal millénaire nommé le Fléau. Ses compagnons d'alors, prodiges désignés par chaque race d'Hyrule, ont péri, leurs esprits piégés dans des machines de guerres mythiques aux formes animales qu'ils dirigeaient. Seule la Princesse des Hyliens, Zelda, a survécu et contient le mal depuis un siècle, dans un monde ravagé. C'est à elle que Link doit son sommeil de cent ans et sa survie. L'action prend place dans une de ces créatures mécaniques, en forme de gigantesque éléphant, nommée Vah'Ruta, corrompue par le Fléau. Link s'y rend pour la libérer de cette influence, encore incertain, traversé par des souvenirs qu'il ne comprend pas réellement, et servant une cause qui lui semble trop grande pour lui. Mipha, Prodige et Princesse des Zoras y a trouvé la mort : elle se manifeste sous forme d'esprit interpellant Link. Le Chœur, les déesses et Hylia commentent l'action et réfléchissent à la trajectoire des êtres d'Hyrule : leurs devoirs, leurs errances, leurs échecs, la fatalité de leurs destins, toujours condamnés à rejouer la même légende et le même combat.]


   Note de l'auteur : Il est évident que, pour des besoins dramatiques, les caractères de Link et Mipha connaissent des modifications par rapport au scénario du jeu. Néanmoins, il faut replacer cette modification dans le cadre d'une tragédie : Mipha est une princesse et il y a une volonté d'insister sur son « haut rang » en tant que personnage, ce qui peut expliquer sa relative hargne par rapport à la timidité du personnage décrit dans le jeu. L'amertume générale se veut aussi une interprétation de ce que peuvent bien ressentir des gens enfermés avec eux-mêmes pendant cent ans. Enfin le registre relativement soutenu de langage, peut-être surprenant pour Link, est aussi à considérer du point de vue du genre tragique.


Acte I
Scène 1
Le Chœur, Link, Mipha


Le Chœur : Tout va encore se jouer, voilà. Ah ! Pauvre Hyrule fatiguée… Sous le coup de ton implacable destin, nous sommes bien évidemment tombés. Que pouvions-nous faire d'autre ? Rien. Encore ce que vous appelez « légende » sur cette terre. Nous sommes mille âmes, trop tôt fauchées, toutes suspendues à la réussite de quelques jeunes gens trop verts. Ils ont échoué alors. Et une fois de plus le même pantomime de destinée : ne dites rien Héros, Prodiges, vies trop courtes, détruites dans leur début pour des causes trop grandes. Maintenant revenez des morts ! Animez vos petits membres, pleurez, automates de la gloire et de l'histoire, recommencez les mêmes gestes, espérez cette fois que vous le terrasserez, Élus. Hé, déesses, qu'avez-vous fait ? Ce Fléau n'en peut plus de mourir, et pourtant, en vie, vous le laissez. Tous dans l'ombre encore, nous ne pouvons que regarder… Voilà, il entre, la ronde est relancée. Tourne encore Hyrule, tes enfants n'ont pas fini de chanter.

La lumière tombe sur le Chœur. Des bruits de pas étouffés se font de plus en plus entendre. La lumière croît progressivement.

Link pénètre dans la créature. Les murs suintent la corruption et l'humidité. Les voix résonnent.

Link : Je crois connaître cet endroit, mais je ne sais plus. J'ai des éclairs… Des odeurs, des murmures me reviennent. Mais il n'y a plus qu'une odeur de mort ici. Pourtant, pourtant… Il me semble qu'il y avait autre chose, de la chaleur, je crois. Oui ! C'est ça, de la chaleur qui montait au fond de mes entrailles.

Il balaie la scène du regard autour de lui.

Elle est partie cette chaleur. Je crois.

Mipha entre en scène et se glisse en silence dans le dos du Héros.

Mipha : Non. Elle n'est pas partie. J'aurais aimé qu'elle soit plus distincte dans ton esprit. Je suis heureuse de te revoir, Link.

Link : Ah ! Tu dois être… Mipha. C'est bien ça ?

Il semble mal à l'aise.

Je… Te voir me fait quelque chose. Nous nous sommes connus, je sais. Te voir là, pâle, translucide me blesse. Impa m'avait dit pourtant mais… Quelque chose me fait mal.

Mipha : Comme tu dis : « nous nous sommes connus ». Bien connus même. Je ne pensais pas que la mémoire te ferait défaut, Link. Mais ça ne change plus rien, je suppose. Je suis heureuse de te voir, oui, j'en suis sûre désormais.

Link : Et bien… Moi aussi. Je suis venu te libérer, Mipha ! Je vais terrasser la bête. Tu pourras enfin te reposer, enfin te laisser aller !

Elle se tait longtemps.

Mipha : Me libérer ? … Pour aller où ? Je suis une morte. Cette attente ou ce néant « libérateur »… Link, Link… Quelle différence ?

Il la regarde. La lumière décroît.


Scène 2
Les déesses, Hylia


Le fond de la scène est légèrement surélevé. La lumière diminue au premier plan où sont Link et Mipha et s'allume progressivement au fond. Sur une large balustrade, les Déesses discutent.

Din : Ton fils est perdu, sœur. Cette Zora pourrait briser sa détermination.

Hylia : Ne comprenez-vous jamais rien, Mères ? Quel amour pour ces êtres sortis de vos ventres !

Farore : Hylia, Hylia… Ce n'est pas ce qu'elle souhaitait dire. Ils n'ont pas le choix. Le Héros a échoué une première fois. Cette terre ne survivra pas à une deuxième erreur. Ses souvenirs sont encore confus, il ne sait pas qui il est, il ne sait pas que la femme-poisson l'aimait. Il serait mieux qu'il ne le sache pas.

Nayru : Mon élue attend depuis trop longtemps. Je crains que la détermination du Héros faiblisse si trop de cette vie brisée lui revient.

Hylia : Je ne vous comprends pas, Mères. Je ne vous ai jamais comprises. Pourquoi cette terre ? Pourquoi ce cycle toujours et indéfiniment recommencé ? La terre des légendes est fatiguée. Son sol est usé, imbibé du sang que verse le Fléau depuis tous ces millénaires, rendu acide par l'amertume de cette pièce jouée trop de fois. Mettez-y un terme.

Din : Ton incarnation parmi les Hyliens amollira toujours ton cœur, ma fille. Nous n'avons pas à intervenir. Nous n'interviendrons pas. Tu le peux, toi. Mais tu connais aussi les limites de tes actions. Nous avons lancé les rouages de ce monde, les légendes y ont germé, son cycle ne connaîtra pas de fin, son devenir ne nous appartient plus même. Nous sommes spectatrices, tu es notre bras, tu réajustes la composition, tu ne peux en changer les grandes lignes.

Hylia :  Vous ne comprenez pas. Il se souviendra, évidemment. Et vous ne voyez pas… Toi, Farore ! Tu n'entends pas la détresse qui point dans le cœur de ton champion ? Plus rien n'est entre ses mains, il est là dans un monde déserté après un siècle écoulé. Je sens son cœur, je sens tout et je pleure avec lui… Il n'a que des fragments. Elle va lui dire, beaucoup déjà va lui revenir, et ce sera beaucoup de souffrance. Encore. Il est dépossédé de lui. Et nous sommes là le regarder. Honte à nous !

Nayru : Silence maintenant, fille ! Laisse-nous voir. Nous te manderons pour agir, peut-être, si ce que tu dis se produit. Ou bien nous ne le ferons pas. Les Dieux ne s'abaissent pas pour rien, Fille.

La lumière décroît.



Scène 3
Link, Mipha


Link : On m'a dit de venir. Voilà, je suis entré, non sans difficulté, dans ta créature. Mais j'ai besoin d'aide, je sais que je suis venu ici pour combattre. La vieille femme – Impa – me l'a dit : quelques mécanismes, et surtout une lutte contre un puissant ennemi pour récupérer l'usage de la machine…

Mipha : C'est donc tout ce qu'elle a bien voulu t'offrir, n'est-ce pas ? Pas de place pour autre chose, voyons, quelle sotte je fais après un siècle d'errance !

Link : Je ne comprends pas ta colère, même si je sens que je le devrais, Mipha. Tout est confus pour moi. M'accompagneras-tu dans ce cheminement ? Je reprendrai ta créature, pièce par pièce, et tu me rendras mes souvenirs morceau par morceau.

Mipha : Nous pouvons faire comme cela, Link. Mais je ne peux garantir que tes souvenirs soient plaisants. Ta quête n'en sera peut-être pas simplifiée. Celui qui avance sans savoir se rend esclave du destin, mais il n'a pas conscience des fils qui l'agitent et des chaînes qui le retiennent…

Il respire profondément et prend son temps pour répondre.

Link : Je dois le savoir. Je dois le savoir, Mipha. Sinon, que suis-je ? Voilà quelques semaines que je me suis réveillé et je ne suis personne. On m'a parlé de grands destins, de légendes, d'une princesse qui m'attend depuis un siècle, et je suis assailli de partout. Tout m'échappe, tout me tombe des mains… Les souvenirs, les couleurs, les goûts, le vent et le fond de l'air : ce monde était le mien, cette vérité grouille en moi, mais ce n'est plus ma place. Ce n'est plus mon temps, je cours partout, je m'agite vainement sur cette terre et je sens sa lassitude, ma lassitude, comme si des millénaires et des millénaires de soit-disant « Héros » courant et labourant ce sol pour une lutte jamais achevée me revenaient. Je n'ai plus qu'un nom, je n'ai plus ni fa   mille, ni amis, ni cadres, ni repères : le destin a choisi pour moi et j'avance, alors, un peu plus ou un peu moins… Redonne-moi de l'épaisseur, Mipha. Redis-moi qui j'étais avant de devenir un exilé, un fantôme du passé dans mon propre royaume dévasté.

Elle a un long regard triste.

Mipha : Je te redirai qui tu es. Malgré moi, sans doute. Il faut nous presser, Link. Le temps est compté pour te rappeler ta figure, pour terrasser le Fléau qui corrompt ces murs, pour hâter la délivrance de cette Hyrule harassée. Va au loin, prends le temps de rassembler les bouts de ton être, donne-toi dans l'action, déjoue quelques uns des pièges et mécanismes secrets qui parsèment cet éléphant de fer et de fureur, placés par le malin et reviens. Rien ne sert de hanter ton cœur si tu ne sais triompher de ces épreuves.

Link : Mais… Ne peux-tu me le dire…

Mipha, vivement : Non, Link ! J'ai attendu ici pendant cent longues années. Laisse-moi le temps. Va, maintenant. Ne sois pas si avide de savoir, nos vies brisées n'ont pas d'autre spectacle à offrir que celui du pathétique, je crois.

Link : Je… Très bien. Je vais revenir sous peu, Mipha. Nous parlerons.

Scène 4
Link, Le Chœur

Link parcoure la scène plusieurs fois touchant et examinant le décor, actionnant quelques mécanismes étranges qui y sont dissimulés.
 
Link, pour lui-même : Je ne suis pas sûr de la comprendre. Elle semble m'en vouloir et en même temps être profondément désolée pour moi. Que va-t-elle me dire ? Une peur sourde croît en moi. Qu'y avait-il entre elle et moi ? Quelle est cette vie qu'on m'a volée ? Tout tourne ! Ce vieil homme, à mon réveil, ce roi d'Hyrule, le père de la princesse, s'il avait eu pitié de moi, il m'aurait renvoyé à mon long sommeil. Allez, va, maintenant, Link, ils t'appellent « Héros », et tu cours, et tu souffres. De jour, de nuit, par monts et collines, tu déjoues les pièges, tu défais les adversaires, ta gloire sera au firmament, dans cette terre qui t'a oublié, qui te méprise même pour un échec dont tu ne te souviens qu'à peine, tu ne peux qu'avancer, encore. Voilà, les secrets de la bête ont été éventrés. Le fantôme de la princesse des Zoras m'attend. Si nous pouvions lire le destin et les signes de ce monde comme j'ai lu carte et boussole pour avancer ici, quelle joie ! … Mais non. Nous sommes dans la brume. Nous sommes perdus, à l'aveuglette, toujours sommés d'avancer, sans savoir si un gouffre n'est pas à nos pieds. Je continue…

Il quitte la scène, une carte et une boussole à la main. L'air perdu.

Le Chœur : Elle va lui dire qu'elle l'aimait. Fatalité, fatalité ! Elle va lui parler de cette vie fauchée. Il va se souvenir de la princesse. Vraiment commencer à se souvenir d'elle. Pas l'apparence de princesse translucide d'une race étrangère qui hante ces lieux. L'autre, bien sûr, la princesse dorée qui retient le mal au cœur du monde. Il souffrira. Mais la légende va se dérouler, implacable. Il courra vers elle, l'autre restera, et ainsi de suite. Il sera manipulé par les Parques inflexibles d'Hyrule, comme chaque fois, par un amour incertain.


***


Acte II
Scène 1
Link, Mipha, Le Chœur

Mipha attend déjà au milieu de la scène. Link entre par un coté.

Mipha : Te voilà donc, Link. Tu as facilement déjoué les trappes de Vah'Ruta. Bien. Nous allons parler alors. Je suis prête. J'ai ravalé mon amertume, pesé mes mots, je vais te raconter une histoire.

Elle ferme les yeux, se concentre un moment. Elle sourit tristement à Link.

Il y avait chez les Hyliens un grand prodige et ce grand prodige, c'était toi. Mais tu le sais déjà. Mais t'a-t-on dit tous ces entraînements, ces exercices physiques éprouvants ? Cet isolement, ce dévouement de chaque instant à ta mission qui était demandé ? T'a-t-on dit ?

Link : Je… Je l'imaginais plus ou moins.

Mipha : Non. Tu ne peux pas l'imaginer. On a pris nos vies, on a chanté à nos peuples et à nos familles que c'était un grand honneur de défendre Hyrule, et sans doute avait-on raison. Mais quel prix, quel prix… Nous sommes rentrés dans le grand manège des légendes de cette terre, dans le grand manège qui a pris nos vies. Nous avons été choisis, toi et moi, j'ai abandonné mon frère, mon père, mon peuple. Nous avons travaillé d'arrache-pied, sans relâche, je revois encore les courtes nuits d'entraînement, la peur et l'angoisse de ce retour imprévisible du Fléau. Nous n'étions pas prêts, nous avons été trop arrogants, on nous a fait croire que tout se passerait bien, mais après tant de millénaires, nous ne savions plus. Les Dieux se sont joués de nous, Link…

Link : Je n'ai pas tout oublié, Mipha. Les choses remontent, reviennent petit à petit. Je sais que nous étions proches, nous nous sommes connus enfants. L'écho de ton rire d'alors sonne à mes oreilles depuis que j'ai pénétré ici et que je t'ai revue… Que nous est-il arrivé, hors de cette défaite, pour que tu sois si amère ? Bien sûr, je sais que nous avons donné nos vies, je ne me souviens plus, mais je garde une connaissance secrète, un pressentiment, une impression de ce que j'étais, de ce que nous étions… Et par bribes, à chaque heure, des scènes et des images se font une place dans mon esprit. Dis-moi.

Elle a le même sourire triste. Elle reste immobile. Long silence.

Mipha : Je t'aimais. Et tu as grandi, et nous nous sommes détachés, moi qui avais cru que devenir Prodige achèverait de me lier à toi, je ne pouvais savoir que la Princesse d'Hyrule allait ravir ton cœur.

Quelque chose semble se réveiller en lui.

Link : Que.. Quoi ? Zelda ! La Princesse ! Je… Nous nous aimions elle et et moi ? Je… Et tu m'aimais ? Mipha, je...

Elle a un geste sec du bras.

Mipha : Ne t'épuise pas, Link. Regarde-toi. Même à travers les affres du temps, même amnésique, c'est elle que tes mots ont appelé en premier. Je ne viens qu'après… Ce n'est pas grave. Je t'aime toujours, je ne souhaite que ta réussite. Pardonne mes attaques et mon dédain. Tu parleras à ma famille, tu leur diras combien je regrette, mais tu leur diras aussi que j'ai tenu, que cent années durant, je n'ai pas cessé de vouloir accomplir ma mission… Ils seront fiers, et moi, une fois le Fléau gisant à terre, je disparaîtrai sans bruit, sans une seule parole.

Link : Je ne souhaitais pas… Je ne voulais pas… Je ne voulais pas blesser ton cœur, Mipha.

Mipha : Ni toi, ni moi n'avons eu le droit de vouloir quoi que ce soit, Link. Je ne sais pas ce qui aurait pu arriver. Mais j'aurais aimé avoir le droit… Oui, juste le droit de retourner au Domaine Zora, le droit de voir encore les cascades s'embraser dans les fins de journée bleues de l'été… Le droit d'essayer de te reconquérir, le droit de voir si j'allais y parvenir ou échouer. Le droit de voir si la timide et discrète Mipha pouvait prendre le pas sur l'héritière d'Hyrule. Mais tout cela fait partie du plan, je suppose, les grandes Déesses d'Hyrule n'ont que mépris pour ces Prodiges, ils ne sont que les rouages. C'est après tout la légende du Héros, de la Princesse et du Malin, pas l'amourette du Héros et de la Zora…


Scène 2
Les déesses, Hylia


Farore : Elle l'aime, la sotte. Qu'elle n'aille pas tout gâcher ! Comment va-t-il réagir ?

Hylia : Elle n'est pas sotte, vous ne réalisez pas, vous les Déesses immortelles et toutes-puissantes d'Hyrule. Toute sa tristesse, tout son amour, tous ses regrets, ressassés et digérés pendant un siècle dans les murs corrompus de la créature où elle est morte, où le peu qui lui restait lui a été définitivement confisqué. Sa mort ne lui a même pas été donnée, nous les avons maintenus en vie ces prodiges, nous les avons laissés pourrir dans l'ombre en attendant le retour du Héros. Jamais la légende d'Hyrule n'a autant montré toute sa cruauté à ses protagonistes… Ils savent maintenant, l'insidieuse idée a fait son chemin dans leur esprit, a rongé leur vertu et leurs certitudes : ils sont les victimes pathétiques de causes trop vastes, de divertissements de Dieux qui regardent s'agiter sans fin ce cycle de combats et de retours : le Héros, la Princesse et le Malin, comme elle dit, il n'y a de place pour rien d'autre.

Din : Tu lui parleras ma fille. Tu lui diras que ce cycle est le dernier ou que sais-je… Que tout cela a du sens, enfin ! Nous ne pouvons nous permettre de dévaluer la légende d'Hyrule, il faut que les Hyliens continuent à croire en leurs Dieux et dans le sens que ce monde abrite. La trahison de Demise, il y a si longtemps, n'était qu'une méprise, mais la création doit aller, c'est ainsi, nous avons rééquilibré les choses en te mettant au monde, en forgeant ce cycle de légendes et ce monde doit voguer jusqu'à son terme désormais.

Hylia : Je ne sais moi-même quoi lui dire, mais j'obéirai bien sûr, Mères… Mais pourquoi… ? Pourquoi ne pas intervenir, pourquoi ne pas mettre un terme à cette folie, pourquoi laisser ces êtres façonnés de vos mains répéter la même histoire, aller de gloires en défaites sans interruption. Le monde est fatigué, Hyrule est une vieille femme, qui a trop enfanté, et enfanté trop de tout : sauveurs et démons. Libérez-la, laissez-la aller.

Nayru : Les Dieux ne touchent pas aux mondes qui sont les leurs, ma fille. Tu le sais. Nous équilibrons quand il faut équilibrer et nous regardons. Les créations sont là pour être déployées jusqu'au bout. Ils continueront, se sauveront, finiront par définitivement échouer, nous ne pouvons nous-mêmes le savoir. Tu es la seule à pouvoir influer sur ce cours, dans les limites que nous avons prescrites. Nous ne mettrons pas fin aux légendes. Nous attendons, nous ne nous abaissons pas, et la machine tourne encore. Nous verrons pour combien de temps.


Scène 3
Link, Mipha


Mipha : Te souviens-tu, Link ? Nous avons passé tant de temps ensemble. Nous avons découvert, joué, ri au domaine… Des heures et des heures tous les deux, l'amitié et la complicité incongrue de l'Hylien et de la Zora. Je te revois la première fois que ton père t'a conduit dans le royaume des hommes-poissons, tu te cachais derrière lui, tu n'étais qu'un enfant. Tu as si vite grandi, et je sortais moi aussi à peine de l'enfance. Il y a si longtemps que je n'avais pas songé à tout cela.

Son regard s'abîme au loin.

Link : Je crois m'en souvenir. Des chimères dansent au fond de mes yeux, mais ce ne sont que des ombres. Je revois tes paumes chaudes qui soulageaient mes blessures, mais cette lueur est indistincte. Et quant à notre amour… Oui, je le sens, je le sais, il me semble. Une torpeur douce, un sourire, le bruit des cours d'eau. Un amour frais d'enfants, une joie simple.

Mipha : Bien sûr, rien qu'un amour d'enfants… Ton amnésie te fait dire plus que tu n'aurais voulu, c'est sans doute mieux ainsi. A la Zora, l'amour d'enfants, à la belle et glorieuse Zelda l'amour du Héros. Ces années recluse ici m'ont rendue exécrable, Link. Peut-être est-il temps de mettre fin à cet échange qui ne mène plus nulle part. J'ai fait ce qu'on attendait de moi, j'achèverai ce travail. Nos amours n'ont plus de raison d'être discutées ici. Elles ne sont plus chéries que par moi. Je suis las, j'ai hâte de me reposer enfin.

Link : Mipha, je… Je ne sais tout à fait ce que je dis, j'ignore encore tout à fait qui je suis, je ne voulais pas te manquer de respect et…

Il bafouille et se tait. Elle reprend brusquement.

Mipha : Le sombre gardien de ces lieux t'attend désormais, Link. Un des visages du Fléau. Celui qui m'a ôté la vie, celui qui me vaut de te regarder aujourd'hui, morte, sauver une terre où je ne vivrai plus. Loin de ma famille, loin des miens dont j'ai déçu la confiance. Loin de toi que j'aimais, alors que tu t'en vas sauver une autre qui est encore de ce monde et qui a eu ta préférence.

Link : Mipha… Que dire ? Je…

Mipha : Rien. Il n'y a vraiment rien de plus à dire. Va, Link. Va. Libère-nous.

Il la scrute longuement. Il veut parler puis se retient au dernier moment. Il quitte tout à coup la scène en courant. Elle reste seule au milieu, tombe lentement à genoux, prostrée. La lumière décroît.


***


Acte III
Scène 1
Les déesses, Hylia

Nayru : C'est fait. La bête est morte.

Hylia : Il n'y a pas que la bête qui est morte. Il y a quelque chose qui vient de mourir aussi dans le cœur de vos élus. Link aime la princesse, il n'abandonnera pas sa mission. Mais quelle amertume pour lui quand il va retourner dans les plaines meurtries de ce monde évidé par le mal et par la folie d'une histoire sans fin, qu'il verra comme tout est si absurde…

Farore : Qu'importe, qu'importe ! Tu te tortures trop, ma Fille ! Tu es assise parmi les divinités, nous ne pouvons épargner aux peuples de ce monde tous les tourments.

Hylia : Sans doute.

Din : Les autres prodiges nous poseront moins de difficultés. Le plus dur est passé désormais, mes sœurs. Hylia, tu feras comme nous l'avons demandé. Tu parleras au Héros, tu le rassureras.

Hylia, de façon volontairement exagérée : A vos ordres, Mères.

Les trois déesses quittent la scène.


Scène 2
Mipha


Mipha : Vous êtes satisfaits, Dieux et Déesses ? Il est parti. Il va occire le mal qui règne ici, je redeviendrai le pion utile à la défaite du Fléau que je devais être et je m'évanouirai. Je ne lui en veux pas, vous le savez. Au contraire, oh… Il est perdu. Il est perdu et ne sait même pas à quel point justement il est perdu. Qu'il retourne à la princesse, qu'ils nous survivent… Adieu à vous que je n'aurais jamais revus : Père, mon frère, Sidon. Comme tu dois être grand, désormais. Si j'avais su, ah. Je n'ai jamais pu vous dire au revoir. J'aurais tant voulu. Je ne suis plus qu'un amas de tremblements et de regrets. Il faut en finir, il faut en finir. J'ai été trop vieillie, je ne suis plus de ce monde, on m'en a jeté en dehors depuis trop longtemps.

Scène 3
Link, Mipha

Link revient sur scène. Il semble éprouvé, ses vêtements sont déchirés à de nombreux endroits, il est couvert de blessures superficielles.

Link : Il est temps de nous quitter, Mipha. Ma compagne, mon amie, ma Prodige… J'aurais aimé te donner plus, être à la hauteur de tes souvenirs et pouvoir partager les miens.

Elle sourit, infiniment triste.

Mipha : Tu ne m'as pas déçu, Link. Jamais. Ce monde m'a déçu. Ne pleure plus pour moi, va-t-en sans te retourner. Un jour lointain, nous nous retrouverons peut-être, loin de ce monde, de cette terre, ailleurs. Tu auras recouvré toute la mémoire, tu sauras ce que nous avons eu ensemble. Un jour, dans cet ailleurs, tout sera différent, si le destin le veut bien. Salue les miens et dis leur que je suis allée chez les Déesses en paix. Va retrouver Zelda, elle est forte depuis si longtemps, elle mérite ton aide.

Link : A bientôt, alors, Mipha… Je suis désolé.

Mipha : Oh, crois-moi. Je suis la plus désolée de nous . Puisse la vie qui t'a été à nouveau offerte en ce monde être belle. Au revoir.

Il veut la toucher. Il ne peut s'approcher d'elle.

Link : Alors… Au revoir.

Il quitte lentement la scène, en continuant de la regarder. Elle reste là longtemps. Seule.


Scène 4
Link, Hylia, Le Chœur


Link est devant l'entrée de la créature. Le clapotis du lac se fait entendre dans le lointain. Il lève les yeux au ciel.

Link : Mère, Hylia… Pourquoi tant de douleur ? Pourquoi nous avoir tous abandonnés ? Les prodiges ont atrocement péri. Ma vie est un champ de ruines. Suis-je condamné à errer pour satisfaire aux envies du destin ? Pourquoi ce mal revient-il toujours ? Aurai-je la force d'encore arpenter ce royaume sordide de chaque coté pour le vaincre… ?

Hylia, dont on n'entend que la voix : Tu as l'amour d'une mère, Link. Ne demande pas aux Dieux ce à quoi eux-mêmes ne peuvent répondre : les Déesses d'Hyrule seules savent de quoi il en retourne. Le cycle est là pour être parfait, ne perds pas foi, un jour, un jour, ta lignée en viendra à bout. Tant de souffrances ne sont pas vaines. Le mal est là pour être un jour terrassé et tout s'éclairera. Garde le regard haut, ne perds pas de vue tes objectifs. Je veille toujours sur toi, Héros, la mère des Hyliens ne te quitte pas. Et la Princesse d'Hyrule te garde aussi dans son coeur depuis toutes ces années, c'est pour toi qu'elle continue de tenir, elle a invoqué ton nom de si nombreuses fois...

Un grand espoir semble l'animer.

Link : Vous l'avez entendue ? Vous en êtes sûre ? Elle a toujours foi en moi ?

Hylia : Elle t'attend. Elle est ce qui te reste. La terre d'Hyrule porte encore des rumeurs de vos rêves et de vos déclarations. Va, Link. Comme je dis, c'est ce qu'il te reste, tout ce qu'il te reste. N'écoute pas trop la rumeur du vent qui balaie Hyrule, et qui est trop vieux, trop fatigué, trop chargé. Ne te retourne pas, mon enfant. Mets-toi en route.

Link quitte la scène.

La lumière décroît. Le chœur résonne dans l'obscurité.

Le Chœur : Hyrule, Hyrule… Tout recommence. Il est parti. Entre dans notre ronde, Princesse des Zoras. Nous sommes le Chœur de ceux qui sont tombés sous les assauts du destin. Broyés, broyés dans l'Histoire, nos vies égarées aux quatre vents viciés qui parsèment ce vieux royaume. Qui se souviendra de nous ? La légende n'a qu'un nom : le Héros, la Princesse et le Malin.


Fin
Titre: Errements Poétiques - [ Théâtre : La Nostalgie d'Hyrule (Concours d'écriture) ]
Posté par: Synopz le vendredi 18 mai 2018, 02:02:16
Comment puis-je encore me rappeler de toi ?

Tu me laissas
Il y a un millénaire de cela

J'ai vu passer tout ce millénaire !
Amer pour mes mille nerfs
Plus là n'est-ce pas

Les aubes m'ont volé ton visage
Errant dans ces parages
Noyés floutés sans âge

Un millénaire de pas
Patiemment paralysants
J'avais tes yeux ton cœur tes dents

On ne m'a laissé que ton nom
Où je tourne en rond

Tu as pris le présent en partant.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Comment puis-je encore me rappeler de toi ? ]
Posté par: Synopz le lundi 04 juin 2018, 19:02:42
Peur(s) de fou(s)

T'ont-ils jeté partout ?
Parbleu fou
Jeté au trou
Sans lumière

Alors où aller dans l'univers ?
Cœur vis et écrous
Toute moralité
Il faut la crever

Toujours noyé
Dans le tout
Fou peur de l'être ?
Plein de trous

Dans lesquels tomber
Mots raison vacillent
Vie du flou de la vie
Peur de tout !

Séjour aux abysses
La peur ploie ton cou
Sais-tu chaque fou
N'est pas toi viens

Respire avec nous.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Peur(s) de fou(s) ]
Posté par: Chompir le lundi 04 juin 2018, 19:21:47
Tes poèmes sont toujours aussi agréable à lire et toujours aussi beau. J'ai aussi pris le temps de lire ta participation pour la deuxième manche du concours et je trouve ça audacieux d'avoir choisis de partir sur une tragédie. Ce qui est sur par contre c'est que l'histoire de Mipha est celle qui colle le mieux au genre et c'était vraiment très réussi. Une très belle participation, je te souhaite bonne chance pour la troisième manche.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Peur(s) de fou(s) ]
Posté par: Synopz le samedi 09 juin 2018, 03:25:37
Mourir est un accouchement toujours dérangeant

Mourir
Est un accouchement
Toujours dérangeant

Et l'éclat ! Ah !
Tout ce qui se donne là
Dans le moment

Tes yeux se vident
Flot déversant
D'autres s'emplissent
Laissez mes vices

Pourtant j'aime
Cette vie ici !
Justement

Vivre
Est un accouchement
Ratant réussissant
Dans tes cils mille

Tout s'invente toujours
Cette vie est mot
Épelée
JAMAIS DITE AU BOUT
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Mourir est un accouchement toujours dérangeant ]
Posté par: Synopz le mercredi 27 juin 2018, 18:51:50
Ce post ne préjuge rien de mon retard au concours d'écriture et n'est pas lié à lui :niak:

Vivre face au soleil

Comment vivre face au soleil
Seulement
Surchargés par l'humaine veille
De nos abysses pénétrantes

Crois-tu dis
Qu'il faudra changer la vie
Seulement lentement
Dis oui !

Vivre face au soleil alors
S'écouler dans chaque rayon
Loin du fond ?
Il n'y a rien de mort
Seulement
Pas de révélation

Il n'est que nous certes
Nouvellement nés
Tant mieux !
Avec tous les degrés du soleil
A goûter

Exquise nuance
Des plis de la vie tous brûlants
Seulement
Nous ne savons pas vivre
Nous ne voulons pas craindre

Lentement forcément
Face au soleil
Nous serons des créatures belles
Seulement humaines
"La moralité est la faiblesse de la cervelle"
Disais-tu

Seulement
Nous serons éternels
Toujours mortels gavés de plis
Nous saurons vivre avec fracas
Mort et envie toujours déjà debout
Face au soleil.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Vivre face au soleil ]
Posté par: Synopz le dimanche 05 août 2018, 23:55:58
Le plomb

Je me souviens de tout
Sous le ciel plombant
D'Août

Août plombant
Un mois trop mûr
Pris en pleine poire

On récolte les filles
Et les solitudes
Cap plein sud
Rayons de plomb

Avons-nous jamais
Aimé ces terres ?
Dans un lointain passé

Écrasé je me souviens
Terrifié d'oublier la Terre
Déjà plombée

Août, l'été est mauvais conseiller
Je finis broyé, soleil,
De ne pas oublier.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Plomb ]
Posté par: Chompir le lundi 06 août 2018, 17:34:18
J'ai pas grand chose de différent à dire que d'habitude mais c'est toujours un réel plaisir de voir un nouveau poème par ici et de le lire, les mots sont toujours aussi beaux et enivrants tout comme les titres qui annoncent toute la couleur du poème (d'ailleurs j'aime essayer de deviner de quoi va parler le poème en voyant le titre). Sinon j'ai beaucoup aimé le dernier qui colle bien à la période.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Le Plomb ]
Posté par: Synopz le jeudi 23 août 2018, 20:53:54
Voici mon petit texte pour la manche finale du concours, normalement relu, corrigé et mis en page ! J'avais un peu de retard cette fois-ci, mais, l'été aidant, je n'ai pas trouvé le temps plus tôt !  :8):

Le Septième roi

« Mon pays se trouvait au milieu du désert.
Le jour, un vent incandescent l'embrasait.
Et quand la Lune se levait, le vent devenait glacial…
Le vent apportait avec lui la mort…
Jamais un vent aussi malfaisant n'a soufflé sur la terre d'Hyrule.
Étais-je jaloux du vent d'Hyrule ? Ou le destin en avait-il décidé ainsi ? ... »


- Ganondorf, The wind waker


***

Quelque part, bien longtemps après le Héros du Temps.


   « Princesse ! Il est nécessaire que vous m'accordiez toute votre concentration désormais ! »
   
   Le précepteur semblait excédé. L'inattention de la jeune fille croissait de jour en jour. Rien ne semblait capable d'intéresser la fille du Roi à l'épais volume orné de complexes dorures représentant les armes de la famille royale. Cette somme accumulée par les Hyliens depuis des siècles et des siècles s'intitulait Histoire et Traditions des Dépendances de la Couronne d'Hyrule. Il s'agissait d'un incontournable de l'éducation de tout jeune noble, et plus encore de celle de la princesse d'Hyrule en personne.

   « Je ne m'intéresse pas à toutes ces vieilleries poussiéreuses, maître ! La légende des déesses est simple : je sentirai leur appel et j'agirai au mieux à ce moment-là. Vos circonvolutions politiques et historiques n'ont pas d'intérêt pour moi, je suis élue par le destin !

Le vieil enseignant soupira longuement, réajustant ses petites lunettes sans branche au sommet de son long nez fin. La jeune fille se rapprochait doucement des limites du raisonnable.

- Vous semblez très sûre de vous, jeune fille. J'ai hâte de voir votre pouvoir divin à l’œuvre, mais peut-être devriez-vous considérer que je ne suis pas ici simplement pour vous plaire, mais également pour vous apporter des choses dont vous ne mesurez pas encore le poids ? »

   Il était précepteur de la famille royale depuis des décennies, entré au service du père de Daphnès Nohansen Hyrule, qui régnait aujourd'hui. Le sang des Sheikahs, affaibli et mêlé par des années de métissage, coulait dans ses veines, il pouvait, par l'entremise des générations, rattacher sa lignée à la légendaire Sage de l'Ombre, Impa. Il se demandait souvent si l'antique nourrice de la princesse qui allait s'éveiller en tant que Septième Sage avait elle-aussi connu son lot de désillusions et d'exaspérations en élevant la plus grande souveraine d'Hyrule. Cette pensée le rassurait : tous ces personnages mythiques et légendaires, tous ces élus des Déesses n'étaient au fond que des humains, hantés par le doute moral, la peur de l'échec, terrifiés par leurs propres errances et leurs propres abysses.

   « Vous avez la fougue des gens de vôtre âge, bien sûr. Mais je suis sûr que vous serez heureuse de savoir que vous êtes sans doute mon élève la plus… Déterminée, dirons-nous ! Soupira-t-il en se tournant vers la grande baie vitrée qui donnait sur les vastes jardins royaux.

La jeune fille sourit effrontément, plus ravie de cet état de fait qu'elle n'aurait voulu le montrer.

- Peut-être que ces listes barbantes de dynasties ne sont pas pour moi, reprit-elle, testant chaque fois un peu plus les limites du précepteur. Je sais où est le juste, ma famille le défend depuis l'aube de ce monde, comment pourrais-je avoir cure de ces incessantes querelles politiques ? Choisissez autre chose, maître : la littérature, les arts, même les interminables discours philosophiques de vos lointains ancêtres Sheikahs me passionneraient plus… »

   Sa tâche n'était pas insurmontable, mais les grands accomplissements demandaient du temps et des efforts, et non une quelconque inspiration surhumaine. Il en allait de même de l'ordre de ce monde : les déesses n'étaient pas concernées par ces affaires de bien et de mal, l'émergence du malin ne relevait pas d'une quelconque erreur – comment des Dieux auraient-ils pu se tromper ou se révéler incapable de corriger leur création ? Bien au contraire, c'était l'équilibre des forces qui maintenait ce monde vivant. Quelle grandeur dans un monde toujours bienheureux ? Quels récits, quelles croyances, quels dépassements des êtres sans épreuves, chutes et alternances des forces sur la terre d'Hyrule ? Cette conviction ne pouvait s'afficher en public, bien sûr, la famille royale d'Hyrule avait bâti sa légitimité politique sur cette croyance eschatologique d'un bien unique et final que les Dieux réservaient au monde d'Hyrule une fois le malin exterminé.
   Mais, lui, Sevnès, lointain descendant du peuple des Ombres, dispersé et chassé, accomplissait une mission bien particulière, que lui avait confiée Daphnès Hyrule, la mission immémoriale que remplissaient les Sheikahs auprès de la lignée de la Déesse Hylia depuis l'aube du monde : transmettre le savoir plus ancien et plus fin d'un monde radicalement absent aux notions de bien et de mal. Loin de la croyance en un monde organisé avec ordre et bonté par les déesses, il devait, grâce aux arcanes, aux légendes, aux grimoires et aux épaisses considérations ésotériques de ses ancêtres, former patiemment l'esprit de la progéniture royale à percevoir au-delà des apparences.

   Il se retourna posément vers la jeune altesse qui attendait patiemment et poliment qu'il reprenne la parole, tout en parvenant pourtant à exprimer sur son visage une insolence qui relevait du tour de force. Il fallait qu'il change de méthode. Elle était désormais trop grande et trop intelligente pour obéir à ses instructions sans se poser de questions.

   « Le fait que les chroniques que nous abordons soient celles du peuple du Désert a-t-il à voir dans votre réticence ? Pensez-vous qu'il n'y ait pas d'intérêt à comprendre comment ces femmes – votre peuple aujourd'hui – ont pu laisser croître le mal en leur sein ? Comment cet homme, fait, au fond, comme vous et moi, de chair et de sang, a pu accueillir en lui la malédiction du Démon qui agite cette terre depuis son origine ?

La jeune fille semblait surprise de ce retournement de situation mais ne voulait pas perdre la face.

- Bien sûr, maître que tout cela a à voir avec mon désintérêt ! Je ne comprends guère pourquoi il faudrait me pencher sur les écrits du Désert qui datent d'avant leur entrée dans notre royaume. Ces femmes vivaient recluses et farouches, le mal a saisi leur animalité et leur sauvagerie, et il n'y a aucune compréhension séditieuse à donner au Roi du désert. Il n'a apporté que le mal, la désolation et l'ambition qui rongeaient son cœur sur cette terre.

Elle était déstabilisée, et tentait tant bien que mal de cacher cette surprise par son agressivité. Sevnès décida à cet instant précis qu'elle était finalement réellement prête.

- Que pensez-vous qu'il s'est produit quand les armées d'Hyrule ont franchi les rocheuses Gerudo, ma jeune élève ? Qu'ont vu ces fières femmes quand le Roi d'Hyrule et sa garde ont pénétré leur cité interdite aux hommes, triomphants sur leurs montures ?

La jeune fille n'en croyait pas ses oreilles. Son maître d'habitude si placide et impassible se mettait subitement à interroger ses croyances les plus profondes, des croyances largement partagées par l'opinion commune sans discuter.

- Je… Je ne sais que dire. Les nécessités du combat et l'horreur de leurs actes…

- Nous viendrons un jour, qui n'est pas si lointain, aux propres exactions d'Hyrule envers les peuples qu'elle a soumis à ses lois. Et vous verrez que l'horreur est un bien que les races de ce monde se partagent en abondance, quoiqu'elles aient aussi bien des choses intéressantes à faire valoir.

La princesse semblait outrée et effrayée en même temps.

- Je ne comprends pas comment de tels propos peuvent franchir la barrière de vos lèvres, maître ! Que dirait-on si l'on vous entendait discourir de cette manière ? Souffla-t-elle.

Il inspira profondément, tout à fait calme, et, en vérité, même amusé de voir l'adolescente entêtée revenir à ses postures enfantines une fois mise en face de la complexité du monde.

- Votre père, le Roi, m'a donné toute latitude pour vous faire comprendre un certain nombre de réalités. Votre quinzième anniversaire est désormais passé, il est bien temps de quitter les habits de l'enfance, et vous commencerez bientôt à tenir des rôles officiels au nom de votre famille et de votre lignée. Il est donc temps que vous preniez conscience que votre sang divin n'est pas nécessairement un blanc-seing moral absolu. Votre précocité et votre intelligence me poussent donc à vous former progressivement. »

   Le précepteur Sheikah se retourna habilement vers la grande bibliothèque qui recouvrait de haut en bas un des murs de sa sobre salle de travail. Il saisit une clé qui ne le quittait jamais et fit coulisser un large panneau de bois sombre,  derrière lequel étaient abrités des livres plus anciens encore que ceux déjà exposés dans son antique collection. Il saisit alors un livre à la couverture cuivrée et couvert d'arabesques étranges et le déposa devant la jeune fille, de grandes lettres traçaient un titre en ancien Hylien : L'Epopée du Désert – Troisième Volume : Le Septième Roi. La princesse laissa échapper un sifflement à mi-chemin entre l'inquiétude et l'excitation.

   « Maître. Je ne comprends pas. Voilà près de quatre siècles que la détention ou la lecture de ces ouvrages sont passibles d'exécution publique. Leur simple évocation n'est réservée qu'aux cercles d'érudits de la citadelle. Mon père me laisserait donc lire ce que la couronne d'Hyrule qualifie d'immonde propagande fallacieuse depuis des générations ?

Sevnès prit le temps de sourire doucement, sans rien trahir de ses intentions.

- Mon élève, ma dame, Zelda, trente-quatrième porteuse de ce nom si glorieux, si les chroniques des Sheikahs sont justes, ne vous faites pas plus bête que vous ne l'êtes. Vous allez me faire confiance, et vous allez lire cet ouvrage, sans que nous ayons par ailleurs besoin de l'évoquer davantage. Vous comprendrez alors que le bien et le mal sur la terre d'Hyrule sont des notions souvent étranges, c'est le destin de ce monde dans sa globalité qui prévaut, les équilibres vont et viennent, et les créatures qui peuplent ces lieux sont obligées de s'élever pour les construire. Je vais maintenant vous laisser seule et sans instructions, vous allez lire cet ouvrage, je suis sûr que vos capacités en ancien Hylien sont bien suffisantes pour déchiffrer cette traduction directe de la langue du Désert, établie environ quarante ans après que le malin eut été scellé. »

   Le précepteur s'arrêta là et ne rajouta rien. Il se permit – geste rare et très éloigné de ses habitudes – un clin d’œil discret à la jeune fille. Il sortit sans un bruit de son bureau, abandonnant l'adolescente face au volume. La jeune fille demeurait abasourdie : que se passait-il ? Qu'était-elle supposée comprendre ? Son père était-il véritablement d'accord avec cette démarche ? La suite des événements la laissait désemparée et brûlante de questions, mais son insatiable curiosité reprit vite le dessus. Elle prit le livre tabou et secret dans ses deux mains, appréciant la texture granuleuse et chaude de sa couverture de cuir. Elle n'en croyait pas ses yeux, une dizaines de décrets royaux devaient réguler la circulation des anciennes œuvres Gerudo, plus encore concernant un récit de la vie du Seigneur du Mal. Fallait-il donc entrer dans la peau de ses ennemis pour les comprendre ? Elle tourna les premières pages sèches et jaunies et s'absorba dans la lecture de cette épopée qui lui laissait enfin voir un point de vue autre sur l'histoire du Royaume.

***

L’Épopée du Désert

Le Septième Roi

Chant I
Le chant qui voit le plus grand des Rois venir sur cette Terre et les Hyliens l'agresser
 
Le soleil très haut étreignait le sable,
Le jour où il vint, Roi inestimable.
Né d'une amazone, fils de la déesse,
Il porta, loin, du désert la caresse.
Fière Gerudo qui lis ces lignes :
Incline-toi donc, montre-toi digne !
Ici repose le chant très sacré
Du Roi qui laissa Hyrule brûlée.
Ganondorf Dragmire, c'était son nom,
Donna aux Nomades tout leur renom.

Les chiens d'Hyrule et leurs femmes soumises
Aujourd'hui règnent grâce à la traîtrise :
Loin de tous leurs mensonges arrogants,
N'oublie rien jeune fille, laisse le vent
Sur les dunes te dire comment ces lâches
Nous attaquèrent fort et sans relâche.
Nous dirons toujours l'Histoire perdue
De notre gloire illustre mais vaincue
Que ce puissant Roi, jadis, nous confia
Bien avant que toi, fille, tu soies là.

Ô déesse du désert je t'invoque :
Puisse mon chant traverser les époques !
Il naquit dans la cité des aïeux
Six Rois avant lui, le dernier d'entre eux.
Fort, pieux et attendu, il fut loué,
Partout célébré, prêt à triompher !
Deux sœurs magiciennes furent choisies,
Occultes et puissantes, guidant sa vie.
C'est donc qu'à peine sorti de l'enfance
Il avait déjà d'un Dieu la prestance.

Encore jeune, fier, tout indompté,
Dans la pyramide des voleurs-nés :
Il se saisit, brûlant, du noir trident,
Et sut les secrets d'un pouvoir brillant !
A l'Est, l'orgueilleuse Hyrule se levait,
Sûre de de son pouvoir, elle se dressait.
Le Roi du désert prit donc compagne,
Une fière rousse remplie de hargne :
Sa mère l'avait nommée Vateah,
Et c'est pour elle qu'il se consuma !


Chant II
Le chant qui voit le Roi assailli et humilié par les cruels Hyliens dans l'attente de sa vengeance

Pourras-tu jamais entendre ceci ?
Puissant, respecté et rempli de vie,
Il gardait et ses femmes et son amante,
Loin des rêves d'Hyrule, menaçante.
Mais par un funeste jour de malheur,
Vateah, beauté rouge de chaleur,
Fut, dans un défilé étroit, saisie,
Ils prirent son honneur, son corps, sa vie :
Guerrière farouche, humiliée et tuée,
C'est tout ce qu'Hyrule sut nous donner.

Tu écouteras, fille, ces perfides,
Te dire qu'il se dressa contre eux, avide.
Mais le sable, lui, conte une autre chose
Que tu ne pourras jamais lire en prose.
Ce Roi ombrageux, touché en lui-même,
Jura d'atteindre le pouvoir suprême,
Pour abattre le vent mauvais d'Hyrule
Qui laissa tout le désert incrédule.
Il défia donc ce peuple orgueilleux,
Harcela leurs villages sous leurs yeux.

Les fils de la Déesse, venus du ciel,
Jugèrent son arrogance très mortelle.
Dix longues années de guerre vinrent alors,
Défait malgré lui, dans le désert d'or,
De ces gens honnis, il fut le féal,
Guettant, dans l'ombre, un moment idéal.
Il lut beaucoup, solitaire et très froid,
Découvrit des textes et de vieilles lois,
Qui parlait d'un pouvoir d'or, d'un démon,
Qui soumit le monde par son action.

Alors, cerné par tous ces noirs desseins,
Il accueillit ce pouvoir en son sein
Pour la gloire et la survie du désert,
Pour son aimée, il prit une vie amère.
N'oublie jamais, jeune fille à peine née,
Le sacrifice du Roi vénéré.
Il récita donc des formules antiques
Face aux dunes, de nombreux mots mystiques,
Prêt à tout contre les Hyliens cruels
Dont le vent souffle, toujours perpétuel.


Chant III
Le chant qui voit le Roi se venger, commander la Terre et devenir égal aux Dieux

Des années, il mûrit son prompt retour,
Instruit par ce Dieu, Demise, qu'un jour,
Le pouvoir luisant des Déesses acquis,
Il régnerait sur tous ses ennemis.
Il sut, dans la grise maison du temps,
Qu'il y avait derrière la lame d'argent,
Ce pouvoir doré qui exécutait
Les vœux fous de celui qui le touchait.
Allié à un Dieu noir, plein de vengeance,
Il forgeait, patient, sa dure sentence.

Il terrifia donc la princesse élue
De sombres visions offertes à sa vue.
Celle-ci trouva un très jeune garçon,
Qui partit, sûr, avec abnégation :
Ouvrir le long chemin vers le pouvoir,
Dont elle s'imaginait vraiment savoir
Qu'elle pouvait l'utiliser à ses fins
Pour repousser notre Roi tout d'airain.
Finalement, ils ouvrirent la porte,
Et le seigneur humilia ces cloportes.

Ganondorf devint un Dieu très puissant,
Béni par le pouvoir d'or séduisant,
Sur lequel il avait mis ses espoirs.
Et ce Roi d'Hyrule, imbu de sa gloire !
Lui qui se croyait le héraut du bien,
Fut, bien vite, traîné avec les siens,
Sur un échafaud battu par la pluie,
Où il perdit sa prétentieuse vie,
Comme jadis avait été souillée
Vateah, rouge, jamais oubliée.

Sept années, lui, le septième, fit craindre
Les Gerudo à ce peuple malingre.
Eux qui se croyaient justes, forts et bons,
Avaient vu leur empire moribond
Dévasté, mis au pas dans un linceul,
Vaincu, mort de n'avoir pas laissé seules
Et fières et tranquilles les femmes nomades.
Ses vastes palais à colonnades,
Ne privèrent pas Hyrule de sa chute,
Fort punie de sa belliqueuse lutte !


Chant IV
Le chant qui voit le Roi subir le plus injuste des châtiments par les traîtres Hyliens avant son retour prochain

Mais les Dieux ne soutiennent pas toujours,
Ceux qui défendent la gloire et l'amour.
Face aux piques aiguës d'Hyrule affamée
Notre chance finit bien par tourner.
C'est donc, hélas, aidés par leur Déesse
Que le jeune garçon et la princesse,
Revinrent, menacèrent notre Roi
Qui restait, ici, dans le désarroi.
Car, vengé, ayant asservi le monde
Son âme restait coite et vagabonde.

Mais, malgré tout, laissé par le destin,
Puissant, terrible, ce Roi tout d'airain,
Par ce jeune homme trop vert fut occis,
Enfermé dans un froid monde sans vie.
Châtiment miséreux, honteux, terrible
Infligé par la morale inflexible,
Des ces sages, princesse et grand héros
Qui croient, chaque fois, voir le vrai du faux,
Eux qui donnent tant de vastes souffrances
Au nom de leur « bien » et de son engeance !

Alors bien sûr, on le couvrit de honte :
On raconta que, comme dans un conte,
Il n'était là que le mal incarné,
Mais le Malin peut-il vraiment aimer ?
Jamais donc, tu sais, on ne chantera
« Il protégea les siens, celle qu'il aima ».
Non, porteur de la volonté des Dieux,
Appelé là pour faire tanguer le jeu,
Il reviendra le faire basculer,
Dans ce monde toujours si alterné.

Toi, fille du désert devant ces vers,
Tu sais que les peuples dans l'univers
Vont, viennent et gouvernent les cœurs, les âmes.
Le juste, l'amour, le laid et l'infâme,
Toujours discutés, ils tournent et varient
Selon qui domine dans cette vie.
Quand Hyrule triomphante dira :
« Choisie des Dieux, éternellement là »,
Tu sauras que les Dieux donnent, rieurs,
Au hasard du bien, du mal, le bonheur.


***

Seule compte, fière Gerudo, grande rousse,
La force de vivre dans un monde où tout pousse !
Coule dans un flux farouche, brûlant, guerrier,
Loin de ces valeurs mouvantes, dites toujours fixées.
Notre gloire reviendra, prouvée à nouveau,
Sanglantes, vivantes et prêtes à vivre le flot.


***

Bien des années plus tard.

   Je me souviens de ce vieux maître. Bien sûr que je m'en souviens, j'y repense souvent aujourd'hui. Mon maître Sheikah, ou du moins, apparenté à eux, Sevnès. Qu'aurait-il fait lui, maintenant ? Alors, qui a raison quand le monde s'effondre ? Où est le juste et où va la gloire de cette famille régnante qu'on dit « choisie par les Déesses » ? De leur point de vue, de son point de vue, à ce Roi-démon du passé, nous sommes les méchants, nous sommes le mal. Comme nous, il est choisi par ces Dieux pour faire advenir quelque chose sur ce monde, nous ne savons pas quoi, un mouvement, un dépassement, une création et une destruction sans fin.

   Comment en vient-on à pactiser avec un démon ? Voilà une question que je ne me serais jamais posée toute seule si ces vieux écrits Gerudo n'étaient pas tombés sous ma main. Il était le mal, et cela me suffisait bien. Mais j'ai lu, j'ai su, j'ai du admettre qui j'étais, d'où je parlais, sans plus jamais pouvoir me draper dans la joie assoupie d'une justesse morale qu'on croit toujours défendre. Il revient désormais, et nous n'avons pas les armes pour lutter. Hyrule balance d'un coté et de l'autre, toujours menacée par le déséquilibre, alors je ne peux qu'être moi, me battre pour les miens, pour ce que je crois, rien ne viendra jamais définitivement couronner et absoudre mes décisions morales.

   Voilà, je suis face aux portes de ce temple où j'ai autrefois vu mon père faire tant d'invocations aux Dieux. Mais, pour une fois, je sais que les miennes seront entendues. Non qu'elles soient plus justes, ou plus en faveur du bien, mais les déesses d'Hyrule ont trop joué avec l'homme du désert, le mal immémorial sur lequel nous avons bâti notre légitimité. Il est revenu, et nous avons attendu le garçon tout de vert vêtu. Il n'est jamais venu. Cette légende aussi n'était-elle qu'un tissu de mensonges ? Maintenant, ce sont aux Dieux de redonner de l'équilibre à ce qu'ils ont façonné. Je sais, sans doute, que nous n'y survivrons pas. Mais, je ne sais plus rien, j'ai changé de vue sur ces choses, depuis mon adolescence obstinée et bienheureuse. Où est le juste ici ?

   « Déesses d'Hyrule ! Nous n'avons plus d'armes, nous n'avons plus rien à sauver, nous nous offrons à vous ! Déchaînez la tempête sur ce monde, scellez Hyrule, nous ne pouvons repousser le Malin, entendez-nous ! Faites tonner l'éclair, déchirez le ciel, versez vos larmes sur cette terre bientôt brûlée, si Hyrule ne peut être sauvée, ne la laissez pas entre ses mains. Le mal seul ne peut régner. Entendez-nous, par pitié, grandes Déesses dorées... »

   Je me tais. Ma suite n'ose pas faire un bruit. Savent-ils que nous avons fini ? Les Dieux sont responsables, mais je ne peux leur dire. Dehors, un vent mauvais souffle, des trombes d'eaux comme les nuages d'Hyrule n'en ont jamais données frappent les carreaux du temple du temps. Ma fille est sur une de ces hauteurs, une de celles que préserveront les Dieux, je l'espère. Si cela leur plaît, si cela agite le monde, je ne sais pas. Moi, Zelda, princesse d'Hyrule, je ne sais pas ce que veulent les Dieux, je ne sais pas où ils ont mis le mal, car j'ai vu par ses yeux, je ne le pardonne pas, je crois toujours que nous avions raison. Mais, puis-je le prouver ? Je ne crois pas.

La pluie tombe. Hyrule continue de balancer.
Titre: Errements Poétiques - [ Nouvelle : Le Septième roi (Concours d'écriture) ]
Posté par: Synopz le mardi 11 septembre 2018, 18:48:48
L'amour finit de mûrir en Septembre

Engloutie par la ville
Au soleil de Septembre
Elle n'a pas reparu

La fin de l'été mord
Rideau-ballet des voitures
Elle n'a pas reparu

Le désir tiédi mais pointu
À abandonner-dompter
Elle n'a pas reparu

Les rayons éclataient
Constellaires déversés sur la voie
Elle s'est faite soleil

Fille noire de lune fondue
Torpeur de Septembre
Elle s'est faite soleil

Inaccessible désormais
Elle est devenue astre
Elle s'est faite soleil

Amante de moire
Effacée disloquée
De ce jour plus rien

Tombée à maturité
Dans Septembre brûlé
De ce jour plus rien

Pas un reste depuis
De ta solaire envolée
De ce jour plus rien.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : L'amour finit de mûrir en Septembre ]
Posté par: Synopz le jeudi 20 septembre 2018, 00:43:27
Je connais une fille qui n'aime pas la poésie

Fi je connais une fille 
Qui n'aime pas la poésie !

Elles sont toutes foudres
Ces fines filles qui essaiment
Loin des poèmes

Celle-ci est ardente
Granitique mais
En fusion sous la coquille
Sacrée fille
Un peu cynique

Son tour rocailleux
Crisserait
De me voir faire des vers
Avec son feu
Moi trop mielleux calciné
Pour son goût cristallisé !

Drôle d'idée cette fille
Qui n'aime pas la poésie
Trop débile

Je ne la connais guère
Sous ses atours de pierre
Fille-foudre-feu
Je te parcoure
Tant que tu veux

Éphémère
Piégé au feu
De ton corps de roche
Où irons-nous
De proche en proche ?

Peut-être de ci de là
Sur les pentes de toi
Si je veux bien
Si tu es là

Tu n'aimes pas les poèmes
Fi des galets ciselés !
Les pavés de ton corps
Nous appellent à cheminer

Pleins de rire-foudre
Partons donc !

Moi sais-tu
Je n'aime pas que les sonnets
J'aime aussi marcher
Même sans feu à la fin et
Sans poésie ni refrain

Même juste pour le chemin.



Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Je connais une fille qui n'aime pas la poésie ]
Posté par: Chompir le jeudi 20 septembre 2018, 11:30:37
Deux très beaux poèmes, surtout le dernier que j'aime tout particulièrement, il est vraiment très beau. Comme d'habitude c'est un réel plaisir de les lire, tu as vraiment un énorme talent.
Sinon je n'ai pas encore pris le temps de lire ta participation au concours littéraire mais je promets de la lire et de la commenter Synopz.
Titre: Errements Poétiques - [ Poème : Je connais une fille qui n'aime pas la poésie ]
Posté par: Yorick26 le mardi 25 septembre 2018, 18:12:58
Parmi les deux dernières je préfère amplement le second qui me semble beaucoup plus accessible et simple. Du coup j'en profite que mieux et je l'apprécie encore plus. La fille qui n'aime pas la poésie tu en fais une description d'une fille un peu superficielle dont les premières strates visibles sont belles à voir avec un caractère bouillant dessous, mais qui ne s'intéresse pas à l'âme et le cœur et à ces choses là dont fait partie la poésie.

Ce poème est très intéressant à lire et à comprendre.