Auteur Sujet: [Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2  (Lu 6236 fois)

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[Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2
« Réponse #75 le: lundi 12 août 2019, 17:56:08 »
Cheiralba
Vétéran
Jour 7 avant la fin
Anciens réseaux d’égouts
Alaïa et Cheiralba

≪ C'est par ici.
— Ici ? Et il venait de quelle direction ?
— De par là. ≫

L'elfe pointait du doigt l'un des trois conduits qui se croisaient à cette intersection si on ne comptait celui par lequel elles étaient arrivées. Le trajet jusque là n'avait pas été très long, mais assez laborieux pour Cheiralba. Elle n'avait pas pu se déplacer en longeant les murs comme elle l'avait fait avant de rencontrer cette étrange Alaïa. Maintenant elle devait patauger dans l'eau sale des égouts. Autrefois ces vêtements blancs n'auraient pas supporté un tel supplice. Aujourd'hui elle était résignée à son sort, ainsi qu'à celui de la cité. Ainsi, ce n'était que pour éviter que l'eau imbibe le tissu et alourdisse la robe que Cheiralba tenta tant bien que mal de relever cette dernière.

L'elfe, quant à elle, se déplaçait avec beaucoup plus d'aisance, mais présentait un pas lent. Tant pour éviter de vexer ce qu'elle considérait comme une vieille femme que pour ne pas à avoir à attendre régulièrement que sa suiveuse la rejoigne. Malgré cette attention, elle menait la marche et gardait une certaine distance avec son accompagnatrice ce qui n'invitait pas à engager la conversation. Cheiralba ne faisait pas mine de vouloir parler non plus. Au contraire, elle restait attentive à tous les détails qui lui permettraient de retrouver son chemin. Elle ne pouvait pas se permettre de tisser un fil devant elle. Bien que l'elfe ait vu une partie de son ouvrage dans les égoûts de Miderlyr, elle n'avait peut-être pas compris quelle était son exacte nature.

Cheiralba ne souhaitait pas se l'avouer, mais elle était mal à l'aise dans ces égouts. L'obscurité ne la gênait pas d'autant que l'elfe s'était munie d'une lampe recouverte offrant une lumière tamisée suffisante pour distinguer le chemin à suivre et assez faible pour ne pas éblouir les yeux sensibles de la femme araignée. C'est l'humidité. Il était bien connu que les arachnides préféraient les endroits secs et peu ventilés. Cette angoisse l'empêchait de se concentrer convenablement. Par où était-elle passée ? Fallait-il d'abord tourner à droite, puis deux fois à gauche et continuer tout droit pendant trois intersections avant de reprendre sur la droite ou était-ce complètement autre chose ? Au fur et à mesure qu'elle progressait dans les égouts, elle avait perdu le chemin.

 ≪ Je crains de devoir vous demander de rester avec moi plus longtemps que prévu. Une fois arrivé à destination, je comptais vous libérer, mais je dois vous demander un service. Je suis complètement perdue. Pourrais-je vous demander de m'attendre pour m'indiquer le chemin du retour ?
— Non.
— Je vois. Tant pis.
— Je ne vais quand même pas vous attendre une éternité pendant que vous faites je ne sais quoi et pendant je ne sais combien de temps.
— Je comprends. Il n'est pas dans mon caractère à vous inviter à me suivre plus loin. Cela pourrait être dangereux. Quand on voit ce qu'on a fait à ce pauvre jeune homme, je ne voudrais pas vous imposer de vous mettre en danger pour moi.
— Ce n'est pas le danger qui me fait peur. Le danger est partout à Miderlyr. Le fait que je sois encore vivante devant vous est une preuve que je sais me débrouiller. Ce que je ne souhaite pas, c'est me mêler des histoires qui ne me regardent pas. C'est comme ça qu'on survit en ce bas-monde, si je puis dire.
— Vous n'accomplirez rien toute seule.
— Je suis toute seule et je vous aide. Cela me semble déjà pas si mal comme contribution.
— Et vous ? Qui vous aidera en cas de problème ?
— Personne. C'est le jeu.
— J'espère que vous n'aurez jamais besoin de mes services, mais si un jour cela devait être le cas, sachez que ce serait avec grand plaisir. En guise de remerciements. ≫

La jeune elfe s'était arrêtée, la tête baissée. Son regard était fixe et elle ne disait plus rien. Cheiralba s'attendait à une réponse de sa part. Elle semblait vouer une haine à quiconque s'approchait d'elle. Une carapace ? Cheiralba n'était pas psychologique pour deux sous, mais elle croyait comprendre ce que ressentait la jeune femme. Elle aussi s'était interdit de se lier avec d'autres personnes que sa famille. Pour éviter qu'ils connaissent la vérité sur sa nature. Et maintenant, pour éviter de souffrir à nouveau. Peut-être était-ce la même chose pour elle. Ou bien autre chose, mais il y avait quelque chose. Alaïa voulait que cela reste enfoui en elle, ce n'est pas Cheiralba qui irait contre sa volonté.

 ≪ On est arrivé ? C'est là que vous l'avez retrouvé ? dit la vieille femme une fois qu'elle fut arrivée à sa hauteur.
— Non. C'était un peu plus loin.
— Très bien. Alors pourquoi s'arrêter ? Allons-y !
— Non plus. Vous n'irez pas plus loin. C'est trop dangereux.
— Je vous demande pardon ?
— Regardez. ≫

Alaïa se baissa et trempa ses doigts dans l'eau croupie. Trois séries d'ondes concentriques se succédèrent à la surface, mais quelques centimètres plus loin les vibrations se répercutèrent sur un mur invisible. Au-delà, la surface du liquide restait aussi lisse qu'elle pouvait l'être.

 ≪ Vous allez avoir besoin d'une magicienne. Qui qu'il soit, il a placé un mur invisible. Peut-être empêche-t-il d'entrer et pas de sortir. Peut-être qu'il a placé après que votre patient se soit échappé. En tout cas, vous avez besoin de moi. Car je ne peux pas prédire ce qu'il adviendra de vous si vous faites deux pas de plus.
— Je vous remercie. Ma dette envers vous ne fait que s'allonger semblerait-il.
— Je tâcherai de trouver une compensation. Cependant, si je veux que vous me la remboursiez un jour, il faut que vous sortiez vivante de cette histoire. Je vais devoir m'assurer de votre sécurité un peu plus longtemps que prévu. Peut-être même que je vous ramènerai jusqu'à chez vous ensuite.
— Merci. Encore. Je crois comprendre que ça vous coûte.
— Ce n'est pas grave. Même si je vous ai dit que je ne me mêlais pas des histoires d'autrui, j'ai quelques menus projets où vos talents pourraient être utiles… Voilà ce que je vous propose. Une collaboration temporaire. Je vous rends service, vous me rendrez service et nous retournerons à nos activités respectives. Marché conclu ?
— Marché conclu. ≫
« Modifié: lundi 12 août 2019, 18:33:51 par Yorick26 »

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[Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2
« Réponse #76 le: jeudi 29 août 2019, 23:16:11 »
Alaïa
Vétéran
Jour 7 avant la fin
Anciens réseaux d'égouts
Alaïa et Cheiralba



Après avoir un conclu notre marché, un silence pesant s’était abattu, tandis que nous nous avancions toujours plus dans les égouts. Craignant la présence d’autres pièges, je précédais Cheiralba de plusieurs pas, toujours alerte. Pour l’instant, aucun obstacle sérieux ne s’était dressé. Néanmoins, je restais sur mes gardes : pour continuer, nous allions devoir traverser une énorme salle, où autrefois arrivaient toutes les eaux de la ville. Cette salle était très proche de l’endroit où la Faille était apparue, et de fait, les monstres y apparaissaient plus souvent. Une protection supplémentaire très efficace pour qui aurait intérêt à se cacher, en somme. Sur notre chemin, nous avons croisé d’autres cadavres atrocement modifiés, mais je préférais ne pas y porter attention. Cheiralba, en revanche, semblait très intriguée par ces corps, et je me retournais parfois uniquement pour la voir penchée sur l’un d’eux. Alors, je la rappelais à l’ordre, et l’incitais à avancer. Je ne me retournais que rarement, simplement pour voir si elle suivait toujours…. ou si quelque chose ne l’avait pas emportée. Je préférais conclure cette collaboration au plus vite, tout en évitant de perdre Cheiralba : elle semblait avoir des compétences qui pouvaient m’être utiles dans ma résistance solitaire, et de plus elle reste nécessaire aux personnes qui la sollicitent, ai-je pensé, avant de me ressaisir : c’était ce genre de considérations qui m’avaient conduites là où j’étais…
Plus nous nous approchions de l’endroit où j’avais trouvé le corps, plus je ressentais un malaise grandissant, semblable à celui que j’avais ressenti quand j’avais commencé à errer dans les souterrains de la ville.
Finalement, nous avons atteints cette salle.... Plusieurs arrivées d’eaux, depuis longtemps inactives, ne faisaient que plus de tunnels, plus d’entrées…
La salle était ronde, immense, mais avait été grandement endommagé par l’apparition de la Faille, laissant un trou béant s’ouvrant sur les ténèbres, d’où pouvaient surgir d’horrible créatures, et ce à tout moment. Une étrange brume, que je n’avais jamais vu avant remplissait l’endroit. Mieux valait ne pas trop s’y attarder...
Je me suis accroupie près de l’endroit où j’avais retrouvé le jeune homme.
“Alors nous y sommes, dit alors Cheiralba.
-Oui, c’est bien ici, ai je répondu. Au moins, nous savons d’où il vient…”

En effet, plusieurs autres…. choses jonchaient le sol, et une longue traînée de sang s’enfonçaient dans un tunnel proche.

Nous allions nous y engouffrer, quand, au loin, je l’ai apperçu. Alors, je me suis redressée, et je l’ai regardé, figée. Il était là, sa forme mince se promenant innocemment au milieu des ruines. Son torse blanc le rendait flagrant ici bas, et ses yeux verts se baladaient, se posant sur moi par instants. Il finit par disparaître derrière une pierre. Mon premier réflexe fût de m’avancer de quelques pas, avant de m'arrêter : j’étais en train de foncer droit dans un piège. Une larme avait commencé à couler le long de ma joue, avant que je la balaye du dos de la main. Cheiralba, ayant remarqué mon désarroi, s’approcha de moi, et posa une main sur mon épaule
“Alaïa, dit elle… que se passe-t-il ?
-Nous devons partir, ai je rétorqué d’un ton sec. Maintenant.”

A peine avais je fais un pas que quelque chose me fit chuter. Je sentais une espèce de bras s’enrouler autour de ma jambe. J'eus à peine le temps d’hurler à Cheiralba de fuir, avant que cette chose ne commence à me traîner vers les ténèbres.
J’avais rapidement dégainé un couteau, mais j’avais beau le planter dans cette espèce de tentacule, celui-ci ne lâchait pas sa prise. Soudainement, avec une rapidité que jamais je ne lui aurais soupçonné, Cheiralba s’est jeté sur ce bras. De sa longue robe blanche, elle a fait dépassé une sorte d’appendice. On aurait dit une espèce de dar, long et noir. Celui-ci se planta dans le bras qui me retenait, qui aussitôt, me lâcha. Une sorte de plainte, lugubre, se fit entendre dans le noir. Je me relevais avec difficulté, aidée par Cheiralba. Sitôt qu’elle m’eût relevée, je dégageais sa main, avant de faire un pas en arrière, et de la scruter de haut en bas.
“Mais…. qu’est-ce que vous êtes, lui ai je demandé ?”

Mais elle n’eût pas le temps de répondre. La créature qui avait tenté de m’entraîner venait d’apparaître. Gargantuesque, celle-ci ne semblait être qu’un abominable tas de chair, sur lequel avait poussé des excroissances s’apparentant à des yeux, ou à des langues. De longs tentacules parsemaient ce corps infâme, prêts à traîner une éventuelle victime vers l’une des innombrables bouches de la chose. Tandis qu’elle lui faisait face, il émanait de Cheiralba cet air de dignité, cette aura si particulière qui l’accompagnait toujours. Moi-même, je fis avec difficulté un pas un avant. Tous les sorts que je pouvais lancer ne pourraient, et avec de la chance seulement, que blesser cette chose. Mais qui sait ce que Cheiralba cachait encore sous sa longue robe…

Avec une extrême rapidité, la créature m’envoya un énorme coup de tentacule, me projetant contre un des murs, avant que je ne tombe lourdement sur le sol. Ne restait plus que Cheiralba, seule, fière face à ce monstre que je ne saurais nommer. Le combat semblait impossible. Mais tout d’un coup, une forte lumière jaillit de derrière l’abomination. Un sort, d’une redoutable efficacité, toucha le monstre, et le projeta un peu en arrière. D’autres cris, semblables à celui qu’il avait poussé auparavant, sortirent de ces ignobles bouches. Une ombre, si rapide que mes yeux peinaient à la suivre, se faufila derrière son dos, et lança encore une fois ce sort, qui terrassa la créature. Puis, cette ombre s’avança vers nous, se révélant sous la faible lumière qui provenait de la surface. C’était une jeune femme, qui avait des yeux verts splendides, et une longue chevelure noire. Elle me tendit une main, que j’acceptais, et m’aida à me relever. Je sentais une douleur, se diffuser dans tout mon corps.
“Vous venez de faire face à un Azleye, nous dit elle tandis que Cheiralba s’approchait. Bien que ces créatures aient l’air redoutables, leur coeur est faiblement exposé à l’arrière de leur corps.
- Je crois bien que nous vous devons la vie, mademoiselle, dit alors respectueusement Cheiralba. Comment vous nommez vous
-Vous pouvez m’appeler Syl. Maintenant, j’aimerais comprendre ce que vous faîtes toutes les deux ici, visiblement sans défenses, et dans un lieu aussi dangereux ?”
Merci à @Aleit pour mon avatar!

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[Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2
« Réponse #77 le: lundi 09 septembre 2019, 23:03:12 »
Ce serait bête de laisser sombrer cette deuxième saison, nan ? :niak:




Syl
7 jours avant la fin
Anciens réseaux d'égouts
Une bien étrange compagnie

    Le plan, ou du moins l'esquisse de plan qu'avait présenté Alkebath me laissait songeuse. Un rituel sans précédent... Qu'avait-il derrière la tête ? Avec l'influence d'Imielda, et la situation actuelle, je redoutais qu'il ne pensât qu'à déverser les Enfers sur Miderlyr. Au sens propre comme au sens figuré. Mais une assemblée de mages tous plus puissants les uns que les autres le laisseraient-ils faire n'importe quoi ? Malgré le fait qu'ils soient désespérés, et qu'ils n'ont plus rien à perdre ? À moins que...
    Tu as trouvé quelque chose sur la bague ?
    La réponse fusa. Rapide, directe et visiblement contrariée.
    Non fillette, je n'ai pas percé son sort...
    Quelque chose lui résistait, et il n'aimait pas ça. D'autant que c'était une création d'une créature inférieure terrestre. Je réprimai un petit rire nerveux. Soit le sortilège était diablement puissant et subtil, soit il n'y avait rien à craindre, et Thargraktrug s'était trompé. Cette dernière option me paraissait nettement moins plausible, laissant juste planer un voile d'inquiétude. Mais qu'avait planifié Alkebath ?

    Perdue dans mes pensées, mes pas me guidaient à travers le réseau d'égouts. Vers la Faille. Il nous fallait profiter de son aura pour déployer un peu de puissance, et examiner plus en détails cette bague. Pour avoir fait ce chemin entre le monde de la surface, et la profondeur de la fissure de nombreuses fois, je le connaissais comme ma poche. Ce n'était certes pas le plus agréable à cause de l'odeur parfois forte des égouts, mais c'était un des itinéraire les moins dangereux, et surtout, l'un des moins surveillé.

    Alors que j'étais presque arrivée à la grande salle concentrant de nombreux tunnels, un écho se fit entendre. Un cri. Une voix de femme. Toute proche. Et visiblement dans une bien mauvaise posture. Je grognai en accélérant. Au vu des atrocités qui pouvaient émerger de la Faille, il y avait peu de chance qu'elle soit encore en vie lorsque j'arriverai. Mais avec un peu de chance...

    Je déboulai dans une grande salle circulaire de laquelle partaient de nombreux boyaux dans les ténèbres. Un rapide coup d'oeil me suffit à comprendre la situation. Une jeune femme était étendue sur le sol, tandis qu'une vieille femme, tout de blanc vêtue faisait face avec beaucoup de dignité à une créature infâme. Immense, ce n'était qu'un tas de chair sombre parsemé de tentacules, toute son attention focalisée sur ses victimes. Un Azleye. Son coeur, faiblement exposé dans son dos, me faisait face. Je n'hésitais pas plus. J'inspirai un grand coup avant de puiser dans la magie de Thargraktrug. Un frisson me parcourut l'échine 一 comme à chaque fois 一 tandis que mes mains se chargeaient de pouvoir.
    Le sort fusa. Rapide, précis, dévastateur. L'abomination poussa un cri affreux avant de se tourner pour m'attaquer. Mais je fus plus rapide. Anticipant son mouvement, j'avais bougé telle une ombre pour de nouveau être dans son dos. À nouveau, mon sortilège le frappa, en plein dans son point faible. Cette fois, ce fût suffisant. La créature s'effondra en un dernier râle affreux.
    Je m'avançai alors vers les deux femmes. Celle en blanc me fixait de ses yeux gris, inquisiteurs. D'un pas calme, je m'approchai de celle au sol. Arrivée à sa hauteur, je pu deviner des oreilles pointues dépassant de ses courts cheveux clairs. C'était donc une elfe. Je lui tendis une main pour l'aider à se relever, qu'elle attrapa immédiatement. Tandis qu'elle se redressait douloureusement, je pris la parole :
    - Vous venez de faire face à un Azleye. Bien que ces créatures aient l'air redoutables, leur coeur est faiblement exposé à l'arrière de leur corps.
    La vieille femme s'était approchée, et me répondit d'une voix douce teintée de respect :
    - Je crois bien que nous vous devons la vie mademoiselle. Comment vous nommez-vous ?
    - Vous pouvez m'appeler Syl. Maintenant, j'aimerais comprendre ce que vous faîtes toutes les deux ici, visiblement sans défense, et dans un lieu aussi dangereux ?
    La jeune elfe secoua légèrement la tête, avant de lever les yeux au ciel. Sa comparse prit la parole :
    - Je me prénomme Cheiralba, je suis... à la recherche de réponses et cette jeune elfe, Alaïa, a accepté de me guider dans ce dédale.
    Alors qu'elle parlait de sa voix douce et posée, je remarquai un léger pas de côté de la jeune elfe, ainsi qu'un regard en coin, vers le volant de la robe de la vieille dame. De la... Méfiance ? Néanmoins, elle ne dit pas un mot. Thargraktrug ne fit aucun commentaire : soit il n'y avait pas de menace, soit il jugeait que je n'avais pas besoin d'être informée.
    - Sans votre intervention fortuite, je pense que nous ne serions plus de ce monde, continua la vieille femme. Nous vous sommes reconnaissantes et...
    - Et je vous conseille de remonter vers la surface, la coupai-je d'un ton plus sec qu'escompté. Les lieux sont dangereux, et vous n'êtes clairement pas assez préparées.
    Cheiralba ne s'en formalisa pas. Elle continua, égale à elle même :
    - Je crains de ne pas avoir le choix, malheureusement...
    Elle se tourna alors vers la jeune elfe :
    - Si tu désires te retirer, je comprendrai. Je t'en ai déjà demandé beaucoup.
    Alaïa haussa les épaules.
    - J'ai pour habitude de tenir mes engagements.
    Je repris la parole :
    - Comme vous voudrez, je ne vous retiendrai pas. Sachez néanmoins que l'Azleye n'était qu'un avant-goût de ce que vous pourrez trouver plus bas...
   Un silence pesant fit suite à ma déclaration. Cheiralba et Alaïa se jetèrent un regard chargé de questions et d'appréhensions. J'en profitai pour les détailler du regard. L'elfe était frêle, sale, négligée. Une dague pendait à sa ceinture, et elle se tenait toujours l'épaule gauche. Sa chute avait dû être plus violente que ce qu'elle voulait admettre. La vieille femme était certes vive, mais son âge avancé n'apportait que faiblesse. D'autant que sa tenue, une longue robe à crinoline, blanche avant sa visite des égouts, n'était absolument pas faite pour ce genre d'aventure. Elle ne semblait pas armée, et aucune magie n'émanait d'elle.
    Je soupirai. Elles n'avaient aucune chance de survie.
    - Pour vous engager comme ça dans les profondeurs de la Faille, vous devez avoir une sacrée bonne raison. Une raison suffisamment bonne pour vous pousser à continuer, malgré le fait d'avoir frôlé la mort.
    Cheiralba hocha la tête. Je continuai mon discours avant qu'elle ne me coupât la parole.
    - Écoutez. Je m'engage aussi vers les profondeurs. Si vous le souhaitez, on peut faire un bout de chemin ensemble.
    - Mademoiselle, votre proposition nous honore, mais nous ne voudrions pas abuser de votre gentillesse.
    - Si on veut survivre ici, il faut se serrer les coudes. Tous les Traques-Faille et Chasses-Fortune vous le diront. Peut être que demain, c'est moi qui aurait besoin de vous.
    Cheiralba approuva mes mots d'un signe de tête. Alaïa, quant à elle, baissa légèrement les yeux. Je repris la parole d'un ton plus léger :
    - Et plus de mademoiselle. Je suis Syl. En route !
Toujours un grand merci à Alice Lee pour l'avatar !

 
Citation de: Achi
Moi je dis Cap admin.
Cap sensei a toujours raison.

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[Fiction Collective] Miderlyr - Saison 2
« Réponse #78 le: vendredi 13 septembre 2019, 12:52:11 »
Cheiralba
7 jours avant la fin
[Fin du premier jour]
Anciens réseaux d'égouts
Avoir confiance
Alba et Syl


Cheiralba peinait à comprendre ce qu'il se passait. Elle s'était lancée seule dans une quête qu'elle ne pensait pas vraiment pouvoir venir à bout, mais des coups du destin avaient rassemblé leur trois présences en ce même lieu. Il ne pouvait pas s'agir que d'un hasard. Les profondeurs de cet ancien réseau d'égouts étaient inexplorés depuis des années et voilà qu'un mage semblait y faire des expériences et que trois femmes s'y croisaient et allaient à s'entraider.
Et si c'était une ruse. Si le magicien qu'elle cherchait n'était pas celui qu'elle espérait. Cette jeune femme était de toute évidence une magicienne. Entre le fait qu'elle ait réussi à vaincre l'immondice qui les avait attaquées toute à l'heure et qu'elle ait pu pénétrer jusqu'ici en passant les barrières magiques, il n'y avait plus aucun doute. Elle pouvait être la raison de sa venue jusqu'ici. Et si tel était le cas, le savait-elle ? Savait-elle que Cheiralba était à sa poursuite ? Alors pourquoi elle avait sauvé leur vie ?

La vieille femme se sentit pris au piège dans une toile d'araignée qui n'était pas la sienne. Il allait falloir être malin pour ne pas mourir bêtement des mains de son adversaire. Jouer les innocentes et taire le plus de détails possibles tout en révélant assez pour inspirer confiance.

 ≪ Puisque vous insistez, Syl, je me dois de vous exposer un minimum la situation afin que vous sachiez quelles sont nos raisons de notre venue ici bas. Il serait injuste de vous garder dans l'ignorance. Vous nous avez sauvé la vie et vous risquez encore un peu plus la votre. ≫

Cheiralba laissa l'opportunité à Syl de répondre, mais elle semblait préférer garder le silence par prudence.

 ≪ Nous cherchons à débusquer, ou tout du moins en apprendre plus sur une activité qui pourrait porter préjudice à toute la population de Miderlyr. Nous ne savons que peu de chose malheureusement. C'est un témoin qui nous a mis sur la voie. Il nous a apporté la preuve que quelque chose se tramait par ici. Quelque chose de magique probablement. Nous ne saurions en dire plus, mais nous avons été confronté à une barrière magique que vous avons peiné à contourner.
— De la magie, dites-vous ?
— Exactement. C'est pourquoi votre présence parmi nous ne peut que me rassurer. Je crains que nous nous soyons aventurées dans une quête trop dangereuse pour toutes deux. Une magicienne à nos côtés semble être notre seule chance de salut.
— Savez-vous de quel type de magie il s'agit ? Combien sont-ils ?
— Je ne peux pas répondre à vos questions car j'en ignore tout simplement la réponse. Comme vous l'avez deviné, nous ne sommes pas des expertes en la matière. Nous ne savons même pas par où continuer. Les indices que nous avions à notre disposition nous ont menées jusqu'ici, mais, comme vous pouvez le constater, plusieurs chemins s'offrent à nous.
— Deux chemins peuvent être déjà éliminés. Ceux par lesquels nous sommes venues.
— C'est certain. Cela en laisse quelques uns. La salle est grande et les raccordements au réseau des égouts sont nombreux. Suffisamment pour qu'on se perde.
— Pourtant, il y a un moyen simple de trouver votre chemin.
— Ah oui ? Quel est-il ?
— Suivre la magie... ≫

La magicienne se retourna pour inspecter du regard les différentes possibilités qui s'offraient au groupe. Aucune lumière, aucun sort ne fut lancé. Elle restait simplement le regard plongé dans chacun des trous noirs qui perçaient la salle. Cheiralba ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'elles fonçaient toutes deux vers un piège. Quel autre choix avaient-elles ? Choisir un autre passage au risque de se perdre ? Deux chose l'une. Soit elle les menait en bateau et elle les amènerait sûrement dans sa tanière, ce qui était leur but originel ; soit elle était innocente et suivre la magie paraissait la meilleure option qui se présentait à elles. Et même si c'était un piège, la magicienne ne connaissait pas la véritable nature de Cheiralba, tout comme elle ne connaissait pas Alaïa. La vieille femme comptait sur son apparence pour garder un effet de surprise si jamais elle devait la combattre. Néanmoins, elle préférait croire qu'elles étaient tombées sur une bonne âme prête à l'aider. Si Syl était l'origine de toutes ces expériences, cela voulait dire que Sébastide Hordefeu n'existait probablement plus et sa vengeance perdrait alors en saveur. Elle en serait forcément déçue.

Rassurée par ses raisonnements, la vieille femme se détacha de la magicienne, qui inspectait un à un les orifices de sortie, pour s'intéresser plus attentivement à Alaïa. La jeune femme semblait amochée et se tenait l'épaule avec douleur. Alors que Cheiralba tendit une main pour l'examiner, la jeune elfe eut un mouvement de recul qui lui fit interrompre son geste.

 ≪ Il serait plus sage d'examiner cette épaule.
— Je ne préfère pas... ≫

La réticence dans sa voix était palpable. L'intonation se voulait menaçante, mais c'était de la crainte qui la modulait.

 ≪ Le danger ne va faire que se renforcer. Si je peux vous aider de quelques manières que ce soit, je me sentirai plus rassurée d'avoir au moins pu essayer. Pour la sécurité de nous toutes. Nous avons besoin également de vous. ≫

Alaïa semblait bien recevoir les messages réconfortants, mais elle ne lâcha pas son épaule pour autant. Elle était méfiante. Beaucoup plus méfiante qu'avant le combat contre la créature. La vieille femme la regarda dans les yeux avec intensité afin que l'elfe l'observe en retour. Afin qu'elle l'observe vraiment, qu'elle sonde son âme à travers un contact visuel forcé. Sans forcer le trait, sans faire semblant, Cheiralba essayait d'exprimer sa bienveillance et sa conviction d'être juste. Un moment passa. Assez longtemps pour que Syl revienne vers elle en annonçant toute fière :

 ≪ J'ai trouvé la sortie. Il y aura plusieurs embranchements, mais il y a des sorts de protections qui ont été placés dans certains conduits. Je ne peux pas les évaluer avec précision à distance, mais certains m'ont l'air d'être assez costauds. Il vaudrait mieux se dépêcher. 
— Nous vous suivons. Nous vous faisons confiance... ≫

Sur ces quatre derniers mots, Cheiralba posa sa main sur l'épaule intacte d'Alaïa et l'invita à avancer. Elle sentit un léger frémissement, mais devant la magicienne, il n'y eut pas de mouvement de recul.

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