Auteur Sujet: Errements Poétiques - [ Poème : Je connais une fille qui n'aime pas la poésie ]  (Lu 43619 fois)

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Errements Poétiques - [ Poèmes Dyptique : Fleuve de feu & Cesser d'être poète.]
« Réponse #225 le: mercredi 07 février 2018, 23:45:43 »
@Chompir : Merci pour tes compliments, c'est toujours un plaisir de sa savoir lu ! Pour les thèmes qui unissent les deux poèmes, c'est une même vision philosophique de la vie disons ! Qui réfute l'idéal pour le ramener dans le monde de maintenant, qui passe de la femme en papier à la femme du réel, qui passe de la croyance au moi éternel toujours identique qu'il faudrait découvrir à la capacité de " Sortir de ce soi " et d' " Inonder le monde ", de penser que tout passe, que tout est un fleuve de feu, que rien ne subsiste, rien n'est au-delà, il n'y a pas de transcendance. Je te joins un petit texte pas très travaillé mais qui résume un peu cette idée ! Hésite pas à lire un peu les poèmes avec cette perspective en tête justement.

" Arrêter de rêver, arrêter de penser la vie, arrêter d'écrire la vie en figures et en situations d'un monde idéal qui n'existe pas. C'est cette vie qu'il faut aimer, c'est cette femme là qu'on embrasse, qu'on goûte, qu'on mord qu'il faut aimer au moment où on le fait, et c'est son corps et le feu qui l'anime qu'on aime. Se répandre dans le monde, parce que rien n'est stable, tout n'est qu'illusion mais les illusions ne sont pas négatives, parce qu'il n'y a que ça. Il n'y a pas de moi qui reste derrière tout ça, pas de vrai moi caché derrière les apparences, qu'il faudrait comprendre pour enfin être heureux. La vie est instabilité, inondation, flux, effort, difficultés, rêves qui réussissent et qui se brisent, amour et douleur, gestes sublimes, art qui résiste, dureté des choses, il n'y a pas de demain plus heureux, il n'y a pas de temps à attendre, de monde meilleur à faire advenir, ni paradis ni révolution universelle. C'est cette vie qu'il faut aimer. Cette journée grise ou ensoleillée, cette difficulté, cette épreuve, cette réussite, cette chute, ce moment, cette danse, il faut danser avec le tourbillon au bord de l'abîme et aimer danser avec beauté en se vidant de ce soi-même qui n'est jamais déjà là mais qui ne fait que devenir comme un mouvement continu mais pas droit, altéré, bizarre, protéiforme, bigarré, multiple, pluriel."
" No... don't pity me. I'm not worth it... Or maybe... you think you can save me. Will you love me...? Take care of me...? Heal all my pain...? ...That's what I thought. "



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Errements Poétiques - [ Poèmes Dyptique : Fleuve de feu & Cesser d'être poète.]
« Réponse #226 le: dimanche 11 février 2018, 21:02:19 »
Merci beaucoup pour ces explications, ton texte m'a bien aidé d'ailleurs (et merci d'avoir pris le temps d'en faire un) en relisant plusieurs fois les poèmes avec cette perspective en tête m'a bien aidé. En parlant de ton petit texte, c'est d'ailleurs une belle leçon de vie. (et par la même occasion les poèmes croisés)

Enfin en tout cas ça fait réfléchir et permet vraiment de refléter ses sentiments, sa vie mais aussi des conseils, des leçons ; on peut vraiment tout faire avec la poésie (et la littérature en général) et c'est vraiment un art magnifique même si je ne prends jamais le temps de lire beaucoup.
Merci à Haine et Jielash pour le kit. <3

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Errements Poétiques - [ Poèmes Dyptique : Fleuve de feu & Cesser d'être poète.]
« Réponse #227 le: vendredi 23 février 2018, 20:40:19 »
Il a bien fallu venir

Il a bien fallu venir
Un matin
Lointain

Ces souvenirs
Trop cœur-plein
Coupent mes mains

Apprendre à bouger
Un par un
Tous mes doigts
Qui sont mille

Hier m'a enfanté
Je crois bien
J'ai brûlé ma foi
Me voilà roi
De la vide-ville

Pourtant il a bien fallu venir
Dans des bras fins
En essaim ?

Mille désirs
Et refrains
Qui étaient à point

Tous évadés
Cités en vain
A chaque heure du mois
On croit qu'on les voit
Tristesses mobiles

Parti les condamnés
Dans la cellule rien
Pas un rêve de toi
Juste moi qui aboie
Gardien imbécile

Il a bien fallu venir
Comment repartir ?
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Errements Poétiques - [ Poème : Il a bien fallu venir]
« Réponse #228 le: dimanche 25 février 2018, 19:09:28 »
Salut Synopz !

Bien que cela fasse longtemps que je n'ai commenté ta rubrique, je profite de cette occasion pour te dire que je prends toujours autant de plaisir à lire tes poèmes. Je trouve vraiment ton écriture apaisant, quelque soit le thème abordé.

Aussi, j'ai bien apprécié "Il a bien fallu venir". Même si je n'arrive pas à comprendre entièrement ton texte, je le trouve particulièrement beau et émouvant. Il prend comme la majorité de tes textes, et par ailleurs ta fic, au cœur et je ressens une réelle émotion que je ne saurai vraiment pas décrire. Même si parfois je n'y comprends pas grand chose, tes textes me transportent plus, beaucoup plus,  que ceux que j'étudie en classe (poèmes  que pour le coup, je comprends parfaitement)  et pour ça je te remercie.

Sur ce, je te souhaite bon courage pour la suite  ;D

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Errements Poétiques - [ Poème : Il a bien fallu venir]
« Réponse #229 le: vendredi 02 mars 2018, 22:25:42 »
J'avoue ne pas trop comprendre non plus. (J'aimerais bien demander quelques explications si possible, mais ça pourrait peut-être casser l'ambiance mystérieuse... :oups:)
Je commente rarement mais je lis quasiment toujours tes poèmes, c'est cool que tu continues de les poster ici après tout ce temps !
En plus la première page est tellement bien organisée. O_O
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Errements Poétiques - [ Poème : Il a bien fallu venir]
« Réponse #230 le: dimanche 04 mars 2018, 18:48:09 »
Merci à tous les deux pour vos commentaires !

Pour ce qui est de la "compréhension" des poèmes, je vous renverrais à ce que j'ai pu dire dans les pages précédentes sur mes influences poétiques. Les poèmes ne sont pas vraiment à comprendre, à expliquer, ils ne décrivent pas quelque chose, ils sont en tant que poèmes. Évidemment, j'y mets moi quelque chose, mais, ils existent sans "dire" quelque chose, et ils ne peuvent pas être autrement qu'ils sont, donc ils ne sont pas explicables. Mes phrases sont très abstraites donc je vais essayer de faire plus clair : les poèmes sont un peu à lire comme une peinture, ils sont peints avec des mots, en utilisant à la fois leur matérialité, leur sonorité et leur sens. Le poème est là pour produire une impression par ce tout, l'expliquer serait donc le trahir, vu qu'il n'y a rien à expliquer en dehors de comment il est.

Cette conception de la poésie un peu hermétique est très fin XIXème, on peut penser à la phrase de Rimbaud justement "ça veut dire ce que ça veut dire, littéralement et dans tous les sens". Le poème n'est pas un message crypté, il est le message, il ne cherche pas à communiquer, il est là pour être lui, et c'est lui comme il est qui produit un effet.
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Errements Poétiques - [ Poème : Il a bien fallu venir]
« Réponse #231 le: dimanche 04 mars 2018, 20:28:50 »
Clémence

Tu sors d'un miroir
Rêve d'amour noir
Où sont tes boucles

Hé bouclée
Ta couronne
Est souillée

Forêt de tes courbes
Délétère
J'ai pris ton air

De chaque coté
Du monde lent
Tout est absent

Cils yeux paille
Les failles
Sont partout

Me liras-tu ?
Il te fallait avant
Il le fallait maintenant

Fleurir mourir
Fille viens voir
Le bleu du soir

Tu t'en es parée mais
Il faut soigner
Tes yeux délavés

Haché le rythme
Brûlé le mythe
Nous avons volé

Faiseur de vers
Je suis dans la pomme
Pâles formes

Désormais
Volcan calciné
Tu dois pousser

Je dois voler
Tu dois croître
Ils doivent passer

Succession estropiée
Raisons oubliées
Va !

Le rêve est gâté
Le futur à conjuguer
L'amour à remplacer

Sur les rives
D'une terre lascive
De mes yeux

Nous nous trouverons
Peut-être visant
Ce même horizon

Où craque
Le ressac
Du temps si long.

« Modifié: dimanche 04 mars 2018, 20:32:01 par Synopz »
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Errements Poétiques - [ Poème : Clémence ]
« Réponse #232 le: vendredi 16 mars 2018, 02:02:52 »
Au fil des mois

Cent fois les mêmes mots
La foi dans la poix
Des mots avec lesquels on fait
Ce soi

Quoi ?
Je le redis chaque fois !
La bouche en émoi
Comme d'antiques lois
Dont je serais Roi

Avant ce petit " moi "
Plein avec plus de poids
Jouant la cadence de formules si rances
Mais qui prennent nos sens
Fi ! De façon intense

Maintenant un jeu cruel
Que l'on nettoie
Qui n'est jamais froid !
Pourquoi ?
Je veux te tuer toi
Tu me pèses de tout ton poids

Et dans ma voix
Toujours je dis que j'y crois
Je joue le jeu de ce je
Je voudrais cracher !
Guérison de bon aloi
Impossible
Alors je fais à chaque mois
Des mots

Pour le tuer
Vivre enfin en Roi
Roi de nature et sans lois
Je ne peux rien soigner
Si ce n'est saouler mon foie.
« Modifié: vendredi 16 mars 2018, 12:43:44 par Synopz »
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Errements Poétiques - [ Poème : Au Fil des mois ]
« Réponse #233 le: vendredi 16 mars 2018, 12:59:19 »
C'est toujours aussi prenant tes textes, surtout ce dernier qui me fait penser à la situation d'un ami. Il y a toujours ce quelque chose qui se dégage de chaque poème et qui prend au coeur, qui fait réfléchir/penser/rêver qui met parfois mal à l'aise. Je reviens aussi sur la description que tu fais de ta poésie, je trouve que c'est la façon la plus pur de l'appréhender et de la vivre.
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Errements Poétiques - [ Poème : Au Fil des mois ]
« Réponse #234 le: jeudi 22 mars 2018, 15:39:14 »
Tu serais blonde

Manger ta vie
Tu serais blonde !
Tu porterais le monde

Blonde de blé
Enfin fraîche
Sous ma peau sèche

Tu es mon rêve
Ils t'ont donnée à moi
Hé lyriques
Vous êtes bien sadiques
De me la fantasmer
Sauvage et pythique
Pleine de peau
Peau et si blonde

Et je poserai
Le désir
Chaque fois éprouvé
De tes courbes
Bassin adoré

Déesse évidée
Plus de chair
Seulement blonde
Mouvement érotique
Sans corps
Ridicule lyrique

Déesse blonde !
Qu'on en finisse
J'étouffe !
Qu'on te tonde.
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Errements Poétiques - [ Poème : Tu serais blonde ]
« Réponse #235 le: mardi 27 mars 2018, 00:49:07 »
Ma modeste contribution au concours d'écriture que je remets ici, relue et purgée de ses (petites) fautes (  :oups: ) !

NdA : l'histoire racontée ici est librement inspirée de la période précédant Ocarina of Time. Elle reprend donc les éléments de l'univers liés à cette période évoqués dans le jeu, néanmoins, pour des raisons de crédibilité et d'ampleur, l'univers y est dépeint avec des modifications géographiques, un ton plus lourd et une complexité capables de rendre une situation géopolitique, culturelle et militaire crédible. Une possible référence à Breath of the Wild s'y cache aussi, qui pourrait se révéler importante !


Deserti Lex
(La loi du Désert)

   
Un peu plus d'une décennie avant le Héros du Temps.

   Fÿnwe inclina la tête, s'agenouilla en retirant ses gants, et laissa ses doigts s'enfoncer dans la neige fraîche. Chaque petit flocon brûlait avidement sa peau, comme pour en extraire la moindre parcelle de chaleur. Ses longs cheveux roux s'échappaient en mèches folles hors des nippes de fourrures disparates qui recouvraient tout son corps. Son visage, sûrement fin autrefois, mangé par deux prunelles grises, témoignait de la dureté de l'hiver. Fÿnwe aurait certainement pu être qualifiée de « belle », mais sa peau craquelée, brunie par les rayons traversant l'air raréfié des sommets dissuadait de la qualifier de façon aussi triviale. Elle n'était pas belle, pas élégante, délicieuse ou délicate mais sauvage. Immensément sauvage.
   Son corps, courbe d'ombre découpée sur le fin liseré rosé de l'aube, demeurait à demi accroupi. Elle humait l'air gelé, les oreilles battues par la bise qui léchait les crêtes, débordantes de neige après une nuit de chutes abondantes. Sa respiration, progressivement ralentie, laissait échapper de larges et réguliers panaches de vapeur. Elle s'était légèrement éloignée du sentier, là où les grandes flaques blanches restaient immaculées, étendues à perte de vue. Le vaste désert des Gerudos s'étendait plusieurs milliers de mètres en contrebas, la large chaîne montagneuse le séparant du royaume d'Hyrule ombrageait les dunes dans la lumière de l'aube, sur une bande de plusieurs kilomètres. La forteresse et la cité des amazones du désert demeuraient invisibles malgré la transparence cristalline de l'air, près d'une centaine de kilomètres plus avant dans le désert. Fÿnwe pouvait néanmoins les imaginer, comme évanescentes à cette heure, leurs lignes floues et tremblotantes, juste avant qu'un soleil de plomb, à peine moins fort qu'en Été, vienne leur rendre toute leur consistance et leur dureté. Elle était affectée à cet avant-poste des rocheuses Gerudos depuis près de sept mois, elle n'avait depuis eu droit à aucune permission pour revoir la cité.

   La guerre faisait rage depuis près de neuf ans, et connaissait une brutale accélération ces derniers mois. Les Hyliens, ayant finalement réussi à retourner à leur avantage la situation catastrophique des débuts du conflit, la nommaient désormais pompeusement la « Guerre d'Unification d'Hyrule ». Ils feignaient ainsi de croire qu'ils avaient toujours été à l'initiative des événements et légitimaient leurs prétentions sur les peuples avoisinants. La réalité de ce qui s'était produit était toute autre : les Zoras et les Gorons, aux marges du Royaume d'Hyrule, demeuraient sous la domination informelle de celui-ci, placés dans des liens de dépendance commerciaux et, bientôt, politiques. La proximité de leurs territoires, les rapports plus amicaux des Gorons avec les Hyliens, leur procurèrent en effet des avantages commerciaux et l'ouverture complète des frontières avec le Royaume, les vassalisant donc de fait. Les Zoras, peuple plus orgueilleux et plus structuré, s'en émurent, coupant contact avec les Hyliens. Les tensions montèrent en flèche, les accrochages aux frontières se multiplièrent, les liens diplomatiques furent rompus. les Hyliens, cherchant à garder la main sur les ressources minérales précieuses des terres Zoras, continuèrent à faire pression pour briser l'embargo commercial et l’autarcie de ces derniers. La situation s'enlisa pendant plusieurs années. Dans le même temps, une fraction des Sheikahs, maître des anciennes arcanes et gardien des légendes d'Hyrule, protecteurs et conseillers de la lignée royale, se rassembla sous la bannière du frère du Roi qui s'opposait à l'extension par l'intimidation du Royaume d'Hyrule. La vassalisation effective des Gorons fut officialisée au terme de longues années de crispation, et ils devinrent une partie officielle du Royaume des Hyliens, tandis que les friches du Sud, en bordure de la Grande Forêt d'Hyrule,  étaient également annexées. Apprenant la nouvelle, furieux et effrayés, les Zoras établirent des barrages sur l'Hylia, coupant les voies commerciales hyliennes et massacrant les équipages qui s'y risquaient. Le parti de la guerre prit le dessus à la cour d'Hyrule, et sous prétexte de défendre les intérêts Gorons menacés et de rétablir la stabilité des échanges commerciaux, le Roi entra formellement en guerre avec les Zoras. La supériorité des Hyliens ne souffrait alors aucune discussion, la marche du destin semblait leur promettre une victoire rapide et la constitution d'un empire à la puissance exceptionnelle.

   Fÿnwe se souvenait de ces premiers échos du conflit, de ces conversations étouffées qui s'interrogeaient sur la position à adopter dans les rues de la cité. Cette impression, que, malgré les violences et les difficultés, quelque chose se passait ! Ses yeux suivirent la ligne de crête qui se perdait à l'horizon, le vent du désert s'intensifiait, de larges panaches virevoltants de neige fraîche tourbillonnaient au loin, les rayons s'intensifiaient progressivement. Un faucon du désert laissa échapper un cri perçant qui trancha l'air du matin, plusieurs centaines de mètres au-dessus d'elle. Elle sourit durement. Oui, quelque chose se passait alors… Si elle avait seulement eu conscience de ce qui se passait, véritablement à cette époque, la tête trop bourrée d'idéals glorieux et guerriers, elle qui était alors bien loin des vicissitudes politiques et stratégiques qui opposaient Hyrule et les pillards du désert depuis des siècles, quand le Royaume n'était qu'un agrégat de colons dispersés racontant à qui voulait l'entendre qu'ils étaient de la lignée d'une déesse et qu'ils arrivaient des cieux.

   Au moment même où Hyrule tentait de bâtir son hégémonie sur le front de l'Est, les Gerudos, sous l'impulsion de leur jeune roi, virent dans l'enchaînement des événements la possibilité d'étendre leur influence et de repousser les prétentions des Hyliens. Les raids sur les frontières Ouest du Royaume et leurs établissements de colons étaient déjà monnaie courante mais ne suffisaient pas à réaliser une implantation durable des Gerudos sur place. Ganondorf, leur nouveau roi, seul mâle parmi toutes ces femmes dures et implacables, déploya une stratégie ambitieuse : fragilisant Hyrule sur ses marches de l'Ouest, il comptait faire entrer dans sa dépendance par des raids et des pillages violents les petits comptoirs et établissements disséminés le long du front pionnier Hylien sur les piémonts fertiles des rocheuses Gerudos. Les Hyliens, occupés à l'Est, auraient alors été mis devant le fait accompli et les Gerudos auraient fait coup double, s'octroyant de nouvelles dépendances capables de leur fournir des ressources inaccessibles sans commerce avec les Hyliens, tout en renforçant la marche qui les séparait d'Hyrule, en prévision du conflit de grande ampleur qui ne manquerait pas d'éclater à moyen terme face à ce pays menaçant et en pleine expansion.
   Cette stratégie fut dans un premier temps couronnée de succès. Les Hyliens ne pouvaient mobiliser assez de troupes pour défendre les confins Ouest du Royaume, et l'offensive à l'Est contre les Zoras qui paraissait leur être totalement acquise se heurtait à deux problèmes majeurs : une claire sous-estimation des capacités défensives des Zoras qui conduisait à des sièges interminables de chaque place forte tout au long de la remontée du cours de l'Hylia et, surtout, l'explosion de conflits internes au bout de la première année de guerre, due à une expansion trop rapide et contestée. Une part importante des Sheikahs, réunis autour du jeune frère du Roi Dartas Rhém Hyrule, s'appuyant sur la frange de la population la plus touchée et excédée par les hausses fiscales, les pénuries et l'enrôlement militaire, décida de passer à l'action pour renverser le Roi Rhoam III Hyrule. La guerre d'expansion d'Hyrule prit bientôt le nom de « Guerre Civile Hyrulienne », et durant quatre longues années, la querelle des deux partis mit le pays à feu et à sang, favorisant ses ennemis et enlisant Hyrule sur les deux fronts. C'est tout juste si le roi parvenait à empêcher les Zoras de reprendre l'initiative à l'Est, les forces en présence se contentant de tenir leurs positions, les longs mois d'attente émaillés seulement par de rares et insignifiantes escarmouches. A l'Ouest les bandes Gerudos se baladaient librement, l'expansion pionnière avait connu un net coup d'arrêt et de nombreux villages préféraient payer tribut aux guerrières du désert, placés ainsi sous leur protection, que s'essayer à combattre sans aucun appui du pouvoir central.

   Les amazones crurent alors enfin tenir leur victoire, Fÿnwe avait fêté ses dix-sept ans et sa majorité en se saoulant dans les rues de la cité et en trinquant à la victoire sur les pitoyables Hyliens et leurs femmes soumises. La chaleur naissante du petit matin se réverbérant sur les murs de la cité avait mis fin à ses rêves de gloire et de débauche et elle était rentrée s'étendre chancelante sur sa couche, en sueur, un sourire de carnassière fendant la beauté de son visage brun où s'effaçaient les dernières traces de l'adolescence. Les frontières d'Hyrule ravagées par la fureur du désert ! Les villages terrifiés, la gloire à portée de mains pour toutes les jeunes filles de son âge bientôt prêtes à entrer dans la danse sauvage de la guerre. Les femmes chantaient chaque soir au Colosse, et le rythme mystique et brûlant de leur chant semblait recouper la cadence sans fin de leurs hauts-faits ! C'est dans cette ivresse de jeunesse et de sang qu'elle avait aimé sa première vaï, une jeune fille au teint presque trop clair pour une Gerudo, contrastant avec les larges boucles rubis et étincelantes qui composaient sa crinière. Elle l'avait aimée trop rapidement dans le feu de ces dix-sept ans fêtés et passés en un instant : seulement quelques semaines intenses à brûler plus fort encore que le sable des dunes en plein midi, à découvrir que peaux et courbes étaient aussi d'insondables paysages, à sentir toute la gamme débordante et contradictoire des passions, remplie d'une furieuse envie de vivre.

   Néanmoins, l'insurrection pour la paix finit par se fracasser dans une tentative finale de coup d’État au bourg d'Hyrule : Dartas Rhém Hyrule fut pendu en place publique, la gronde populaire fut achetée par la diminution temporaire de l'impôt et la majeure partie des Sheikahs en fuite se retrouva condamnée à mort par contumace pour félonie et conspiration contre le trône, désormais indésirables dans tout le Royaume. Au terme des ces cinq premières années de batailles et de trahisons, la main revenait à nouveau aux Hyliens. Les opérations militaires visant à soumettre les Zoras reprirent avec plus d'intensité encore, et le Roi, ne ménageant pas les souffrances de son peuple, refusa de céder aux demandes insistantes de paix du Roi Gerudo qui voulait conserver ses nouveaux acquis en l'état. Le Domaine des Zoras tomba finalement au cours de la septième année. Les Hyliens imposèrent leurs conditions sans oppositions, mettant la main sur les ressources du peuple aquatique et soumettant leur souverain. Ils rétablirent le trafic commercial à travers la large vallée de l'Hylia et s'enivrèrent de leur nouvelle puissance. Les armées d'Hyrule firent leur jonction vers l'Ouest et les complications commencèrent pour les femmes du désert.

   Fÿnwe songeait souvent à toutes ces successions d'événements hasardeux qui avaient placé son peuple du mauvais coté de l'Histoire. Presque neuf ans auparavant, lorsque Ganondorf, après un discours fiévreux du balcon de la Forteresse, avait enjoint à ses guerrières de se rendre au Colosse du Désert pour y effectuer le Chant marquant le début d'un conflit, elle n'avait que quinze ans. Son dix-septième anniversaire, après l'ardeur des débuts à la Cité, s'était accompagné de sa première affectation et elle avait eu ce qu'elle souhaitait : un poste d'éclaireuse. Elle avait abandonné son amour, accepté la solitude et juré de renoncer à la chasse aux voïs à travers le monde comme l'obligeait sa fonction. Une éclaireuse, voilà, une de ces fières femmes rousses au teint buriné qui arpentaient en solitaire les cols, les défilés et les arêtes venteuses des Hauteurs Gerudos, volant d'avant-postes en avant-postes, enfermées dans de grandes bandes de fourrures ne laissant entrapercevoir qu'un regard fier et lointain. Voilà ce qu'elle avait rêvé d'être, et elle avait sans doute en partie réussi, mais quelle amertume pourtant… Rhoam III Hyrule était mort l'année passée, loin d'affaiblir les Hyliens, cet événement poussait son fils Nohan II Hyrule à accélérer les opérations contre les Gerudos pour conforter son pouvoir et auréoler son début de règne de gloire. Les Hyliens avaient repris les piémonts et finissaient leur hivernage sur les contreforts des Rocheuses Gerudos : la guerre était déjà perdue, ce neuvième printemps de la prétendue Guerre d'Unification serait le dernier, à n'en pas douter. Malgré les quantités de neige qui s'abattaient sur les sommets, Fÿnwe savait que le redoux avait commencé dans le fond des vallées. La gorge Gerudo était désormais praticable, toutes les garnisons des Hauteurs s'attendaient à ce que les troupes d'Hyrule entrent en mouvement d'un jour à l'autre. Il ne restait qu'une ultime bataille à livrer avant que la cité soit prise : tenter coûte que coûte de tenir bon dans le défilé, aux ordres du roi, pour la fierté déjà perdue et risible des Gerudos.
   La gloire et la ruine des empires était bien vaine. Le peuple du désert avait voulu aller trop haut pour lui, l'ambition de Ganondorf et des ses prédécesseurs les avaient poussées à se sédentariser, à bâtir une orgueilleuse cité au fin fond du désert, elles, le plus grand peuple nomade de ce monde. Fÿnwe retira sa main de la neige presque violacée, heureuse de sentir la violence du froid engourdir sa peau, heureuse de pouvoir humer l'air glacé jusqu'à sentir ses poumons au bord de l'implosion, meurtris par l'air sec. Cette vie intense et solitaire allait prochainement finir, elle le savait sans trop s'en alarmer, elle ne pouvait le changer. C'était l'amertume qui ressortait de cette constatation qui la rongeait : elle s'était retrouvée ici rouage de l'Histoire, balayée par des logiques sur lesquelles l'âge adulte lui avait douloureusement ouvert les yeux. Sa mère était morte presque deux années avant ce matin froid, seule, vieille, malade, sans possibilité de voir sa fille qui ne s'était vue accorder aucune permission. Le domaine Zora venait alors de tomber, les troupes d'Hyrule se réunissaient pour commencer leur longue marche vers l'Ouest. Les villages les plus avancés conquis par les Gerudos étaient désertés pour se regrouper sur des places fortes plus sûres. La lente défaite s'était enclenchée et Fÿnwe avait abandonné sa seule et unique famille pour des combats déjà perdus, futiles, finalement dérisoires à ses yeux.

   La jeune femme recula de son îlot de neige, revint sur le chemin pierreux et remonta en silence sur le promontoire le plus élevé de la crête, où se dressait un complexe agencement de toiles et de charpentes à plusieurs étages, qui constituait l'avant-poste de Vur'Oten, le dernier avant le sentier de la gorge Gerudo. Les huit éclaireuses des Hauteurs – une pour chaque poste – s'étaient vue réunies ici récemment, quand il était devenu clair que les Hyliens, assurés de leur supériorité, tenteraient un passage en force à travers la trouée principale menant à au désert. Dans un effort désespéré, le commandement, tout juste récupéré par la jeune et arrogante Nabooru, et bien sûr chapeauté par Ganondorf lui-même, voulait s'appuyer sur leur connaissance exceptionnelle du terrain montagneux pour organiser de multiples embuscades susceptibles de ralentir et démoraliser les forces de l'Est et de préparer au mieux la Cité à son inévitable siège. Fÿnwe parcourut rapidement les quelques dizaines de mètres qui la séparaient de l'édifice, sentant ses muscles ciselés et endurcis par la montagne déborder d'une énergie indomptée. La fumée du brasier que l'on faisait repartir au petit matin, très blanche sur le ciel d'un bleu intense, était semblable à un indicible appel à l'aide, une plainte murmurée par toutes les femmes rassemblées ici, face à l'humiliation, au fer et au sang qui se profilaient.
   La dernière veilleuse de nuit, encore à demi-accroupi sur les braises frémissantes qu'elle s'affairait à ranimer, se tourna vers elle lentement, prenant son temps pour parler :

    « Sav'otta, ma sœur, dit-elle sèchement.
- Sav'otta Lokea. Je t'ai vue assoupie dans l'ombre de l'aube en passant, je n'ai pas voulu déranger ton sommeil.
- Tu aurais du, pourtant, répondit, en se relevant brusquement, la grande femme d'un âge indistinct, aux longues boucles rousses si sombres qu'elles tiraient sur le brun. Le code des Gerudos, si ces mots pouvaient encore avoir le moindre sens aujourd'hui, m'infligerait déjà une lourde sanction pour ce manquement à mon poste. »

   Fÿnwe sourit doucement : une tendresse de louve, imprévisible, insondable et quelque peu inquiétante, barrait son visage. Elle avait à peine dormi, et les quelques minutes passées immergée dans la rencontre de la neige et de l'aube, loin de la promiscuité des autres éclaireuses – dont les conditions matérielles se détérioraient de jour en jour – , avaient raffermi son courage et ses forces. Elle releva le regard vers l'horizon, s'imprégna de l'immensité majestueuse du désert, qui dépliait paresseusement ses plis dorés quelques milliers de mètres en contrebas, là où la chaleur devait s'accumuler un peu plus à chaque instant, et ramena ses deux yeux translucides sur cette femme bien plus mûre qu'elle.

   « A quoi bon le code des Gerudos, Lokea ? Nous ne passerons pas la nuit prochaine si l'on vient nous chercher. Et si ce n'est pas aujourd'hui, alors, ce sera demain. J'ai aimé ce code, je l'aime toujours dois-je dire. Mais que veux-tu ? Que l'on te fouette en place publique, ici, dans ce poste perdu quelques milliers de mètres trop haut pour que nous ayons quelque chose à faire ou à dire dans la marche du monde ? Allons, allons… Te sentiras-tu plus rassurée si l'Antique Loi des femmes du désert blesse ta chair ? Pourras-tu rêver tout ton soûl de leur gloire perdue envers laquelle nous allons faillir ? L'autorité déçue et trahie que tu avais placée dans ton roi s'en trouvera-t-elle consolée ? Toi et moi connaissons la réponse. Je ne t'ai donc pas réveillée, je ne signalerai pas ton manquement, et aucune de celles qui dorment dans cet amas informe de toiles alors que nos cils gèlent ne s'en préoccupe. »

   L'âge revêtait une certaine valeur chez les Gerudos, une valeur que l'on ne pouvait transgresser sans risquer la punition et même sa vie, selon la préséance de son interlocuteur. Lokea ne dit rien. Elle pivota lentement, revint près de son feu, se saisit d'un bâton asséché par la bise et remua les larges bûches qui se consumaient à la base du brasier. Ses épaules s'étaient affaissées, sa colère s'était envolée, ses yeux fixaient le sol. Seule persistait encore dans ses gestes la rumeur d'une amertume au moins égale à celle de la jeune impudente qui venait de cracher la simple vérité, l'écho d'une vie prête à se fracasser sur le mur implacable de l'Histoire, de la mort des peuples et des Royaumes, d'un monde où ni le dévouement ni la dureté ne pouvaient rien compenser. Fÿnwe vint s'asseoir à ses cotés, délicatement, la neige fraîche craquant avec apaisement sous ses bottes.

   « Je ne souhaitais pas te blesser, sœur. Mais nous ne sommes plus ici que pour attendre, désormais. Le redoux a commencé, tu as vu les oiseaux comme je les ai vus. Le vent du Printemps est ici, le vent d'Hyrule, et avec lui viennent aussi nos malheurs. Le plan du Haut-Commandement ne pourra jamais s'accomplir, nous venons à peine d'arriver toutes ici, la neige fond à chaque seconde, les torrents gonflent, les Vook'na percent déjà la couche de neige. Ceux de l'Est – elle cracha – arriveront aujourd'hui ou demain, dans trois jours tout ou au plus.
- Je le sais, jeune folle… Je le sais. Nous avons rêvé trop grand et joué trop gros. Les chiens putrides d'Hyrule et leurs femmes serviles et lâches arrivent. Nous devrons ployer, nous humilier, oublier l'Antique Loi du Désert, ouvrir nos routes, donner nos filles… Nous ne serons pas là, je l'espère, pour voir cela de nos propres yeux, la Loi nous le permet encore, tu me l'accorderas. »

   Des gémissements et des craquements commençaient à se faire entendre dans les couches, de l'autre coté de la paroi de toile. La garnison s'agitait, le réveil était proche. Une courte rafale vint faire danser un instant les boucles cuivrées de Fÿnwe sur ses pommettes rougies, son regard s'abîmait au loin, ses prunelles grises ruisselant d'une mélancolie infinie. Était-elle sûre d'être encore de ce monde, ici, sur cette montagne gelée, près d'une mère loin de sa progéniture, décidée à rencontrer et accepter sa mort ?

   « Veux-tu que je la chante, Lokea ? Murmura-t-elle simplement.
- Chante, ma sœur, toi qui es ce que ma fille, un jour, aurait pu être. Que le Colosse du Désert t'entende, à cent lieues d'ici... »

   Fÿnwe se releva légèrement, se penchant un peu en arrière. Elle les laissa venir, les inflexions chaudes et chaloupées des chants Gerudos. L'Antique Loi se donnait ainsi, voilà ce que des guerrières qui dédiaient leur vie à cette prière allaient chanter, à chaque crépuscule, en temps de guerre. Les femmes des dunes croyaient à son pouvoir, non comme au pouvoir d'une magie salvatrice et surnaturelle, mais comme à celui d'un rythme qui colore la vie, souligne sa sauvagerie, la lie et l'achève dans les hauts-faits, les légendes et le sang. Le chant martial des vieilles nomades indomptables de ce monde, dont les derniers vers, réservés aux époques troubles et sombres, évoquaient le destin de celles qui luttent encore lorsque tout espoir de victoire les a quittées. Fÿnwe ouvrit la barrière de ses lèvres et le désert en sortit :

« Quand elles viennent sur l'aube enflammée
- Rousses Folles de la Terre Brûlée -
Dans un monde qui ne peut s'embraser
Les Filles du Feu vont vers l'infortune
Par la gloire des armes opportunes

Hé, là, femme, chante et vois donc selon  !

Car lances et rêves sont dans la poussière :
Reines vous mourrez là où le sable est mer,
Las ! Glorieuses et amères ! Mais, éphémères,
Prenant la Loi avec plus de fortune,
Allez aux cieux sans qu'on vous importune »

   Après de trop courtes secondes, la jeune Gerudo acheva son chant. Le désert venait de croître un instant en ces lieux et de se rétracter. Plusieurs femmes étaient sorties du dortoir de l'avant-poste, le visage grave, prêtes à tomber là, maintenant, tout de suite, après ces vers, toujours. Lokea ne laissa rien échapper, ni un mot, ni une larme, ni même un soupir.

   « Merci, jeune vaï. Merci. »

   Le campement sortait de l'hébétude, le soleil indiquait presque huit heures, les femmes retournaient à leurs occupations et leurs préparations après avoir entendu le chant, saisies pour une énième fois la gravité de ce qui allait se jouer…

   Un bruit d'éboulements jaillit. Un cheval écumant de sueur déboula sur le chemin de galets polis permettant l'accès à l'avant-poste de Vur'Oten, manquant de s'écrouler à chaque instant sur ce sentier montagneux normalement impraticable à la monte. Une jeune fille que Fÿnwe identifia comme la novice Kolù, les cheveux collés au visage par la sueur, les yeux écarquillés d'épouvante, était juchée dessus. Alors elle sut, avant même que l'adolescente descende cheval. Elle avait chanté, et voilà. Voilà ce que faisait la magie chantée des Gerudo : elle faisait éclater les coïncidences qui accélèrent et démultiplient la vie.
   Ils avaient sûrement pris de l'avance, avaient peut-être neutralisé sans donner l'alerte les points de contrôle le long de la gorge, et maintenant ils étaient là. Ce n'était pas une surprise pour elles. Elles connaissaient les montagnes, elles savaient qu'il était trop tard pour les retenir mais isolées, marginales, ignorées, elles n'avaient rien pu faire, et l'armée des Gerudos était surprise, elle. Surprise par la vanité de son chef qui avait refusé de voir l'inévitable se produire, nommant une fille sans expérience à la tête de ses armées. Surprise, comme le racontait maintenant la novice Kolù, dans son sommeil, prise de panique, massacrée. Il n'y avait plus, disait-elle, qu'une grosse poche de résistance, luttant depuis l'aube, encerclée dans une des nombreuses crevasses perpendiculaires à la vaste trouée. Ganondorf et sa Nabooru étaient partis à travers le désert, sauver leurs vies et « préparer » un siège vain, terrible, insupportable. Fÿnwe ne doutait pas qu'il saurait ployer le genou et se soumettre au souverain d'Hyrule une fois toutes les autres options salutaires gaspillées futilement.


   Les montures furent attelées, aucun mot échangé. Le chant agissait, le chant avait agi même. Lokea jeta un long regard à la fois inquiet et déterminé à Fÿnwe. Moins d'une heure après l'irruption de la jeune fille sur son cheval, les huit éclaireuses des Rocheuses partaient dans un matin d'hiver ensoleillé, qui portait en lui, là-bas, sur les Piémonts de l'Est, la promesse d'un Printemps chaud et fertile, qui portait en lui le Vent d'Hyrule, celui qui jamais n'apaisait le désert, qui jamais ne passait les Rocheuses pour apporter la vie à ceux qui se trouvaient au-delà. Les heures se collèrent les unes aux autres pour former une de ces mélasses terribles où la vie s'englue, se dilate, devient irrespirable et poisseuse. Fÿnwe ne se souvenait plus de rien, plus de son nom, de ce qu'elle faisait ici, de ce vers quoi elle se dirigeait. Les heures de descente à calmer les montures, les guider par la bride, à choisir le chemin le plus rapide et le moins risqué, lui parurent tout à la fois un instant et une éternité, plus longue que chaque jour de sa vie jusqu'ici.
   Enfin, après plusieurs heures de cheminement et de descente, elles arrivèrent. Elles avaient atteint le plateau qui surplombait le défilé où les forces Gerudos restantes étaient prises au piège, condamnées et comme asphyxiées. Lokea, rattachée à l'avant-poste des lieux connaissait une voie d'accès au défilé, descendant du plateau. Il fallait abandonner les montures et descendre en s'agrippant à la paroi, presque en rappel, solidement encordées. Descendre car on leur en avait donné l'ordre, le dernier message de la chaîne de commandement, reçu par faucon, était clair : « Retenez-les ». Sakna, doyenne des éclaireuses, prit les devants :

   « Nous ne savons pas encore ce qu'il est advenu de celles qui ont hérité du commandement en bas. Nous avons ordre de le récupérer, nous demeurons au-dessus d'elles hiérarchiquement malgré notre isolement. Ne vous laissez pas intimider par leur détresse ou leur volonté de se rendre. Une fois pris le contrôle de l'armée, nous tenterons un passage en force pour les ramener dans la gorge et tenter de les isoler de leur ravitaillement qu'ils ont amené dans le défilé. Soyez prêtes. »

   Un silence morbide et atrocement lourd tomba. « Passer en force » c'était mourir. Tout le monde en était conscient. Fÿnwe en avait la nausée, l'Antique Loi le demandait bien pourtant… Il fallait descendre, rassurer ces femmes, les convaincre d'avancer, incarner l'autorité qui les avait trahies et les emmener à l'abattoir, froidement, sans se poser de questions, « pour le Chant » comme on le disait.

   Elles descendirent.

   Leur accueil fut mitigé, entre soulagement et prise de conscience de ce que pouvait signifier de la part du commandement l'envoi d'éclaireuses respectées mais marginales, et connues avant tout par le ouï-dire et par leurs traditions mystérieuses et mystiques. Les soldates communes élevées dans la hâte au commandement étaient mortes, stupidement, parce qu'on avait présumé de leurs forces, qu'on les avait laissées à une tâche trop grande pour elle, et qu'elle n'aurait jamais du avoir à assumer. On lança des menaces, des imprécations, la tension monta puis décrut. Les éclaireuses prirent le contrôle, progressivement. La nuit se rapprochait, les barricades dressées en bas du défilé flanchaient, et dans l'obscurité crépusculaire des jets de pierres et de projectiles annonçaient l'imminence d'une confrontation entre les troupes d'Hyrule et les quelques centaines de femmes encore présentes, encastrées dans une crevasse trop étroite pour pouvoir être atteintes.
   Fÿnwe ne parlait plus. Elle n'avait jamais été connue pour son talent oratoire ou ses effets de manche et de séduction. Elle promenait son regard plein d'une mélancolie creuse et absente sur ces femmes dépenaillées et salies dont elle prédisait la situation le matin même sans la connaître encore. Assise près du minuscule torrent qui lézardait au fond de la crevasse, elle enfilait ses plates de cuir, encore un peu atteinte et touchée par le babillage sans fin de l'eau ruisselant sur la terre avec un mépris aveugle et éthéré pour les vies annihilées de ces femmes.

   Un premier coup de trompette résonna. C'était l'heure.

   Fÿnwe se plaça sur le flanc gauche qu'on lui avait attribué. Chacune des éclaireuses, guerrière accomplie mais peu formée aux batailles rangées, encadrait les troupes restantes, sans qu'aucune d'entre elles ne soit réellement certaine d'en savoir plus que n'importe quelle soldate sur la façon de mener les opérations. La trompette sonna encore, le froid retombait sur la vallée alors que la nuit arrivait, et les corps agités par le mouvement frissonnaient, mouillés de sueur. Le chant revint aux lèvres de Fÿnwe, ces derniers mots s'entrelaçaient dans sa bouche…


« Mais, éphémères,
Prenant la Loi avec plus de fortune,
Allez aux cieux sans qu'on vous importune »

   Elle se sentait fiévreuse, la bouche pâteuse. Elle pensa à cette fille, cette jeune vaï parfumée qu'elle avait aimée si fort dans ces matins d’Été à demi-ombreux que l'on avait, là-bas, à la Cité… Une dernière trompette sonna. La monture de prêt qu'on lui avait confiée s'ébroua sous elle, mal à l'aise, mais partit au galop, le flot des femmes aux cheveux rouges se déversa sur les Hyliens, et, un instant seulement, les Dieux eux-mêmes crurent qu'elles allaient l'emporter, toutes de feu et de cheveux dans le crépuscule orangé qui transformait le monde en or.

   Puis le monde explosa.

   Fÿnwe sent le cheval qui l'emporte. Vite, réflexe simple. Toute petite adolescente Gerudo de douze ans l'apprend : serrer les jambes, se rabattre sur le cheval et encaisser le choc de la première charge. Elle est propulsée à terre. Toujours, ces réflexes, ces années de rude entraînement à la forteresse : replier les jambes, amortir les chutes, rouler, dégainer. Pourquoi était-elle sur ce cheval, déjà ? Pas le temps, ne réfléchissons pas, courrons. Le cimeterre est dans la main droite, une lance jaillit, un Hylien. Un pas sur le coté, un pas à droite, il enfonce sa lance mais, trop tard, elle n'est déjà plus là, la voilà qui ramène son bras dans une fantastique demi-lune et tout à coup la carotide de cette homme inconnu et abhorré s'ouvre pour verser une fontaine de rubis sur la terre dévastée par les sabots. Ah ! Elle adore cette couleur, la couleur des femmes du désert ! Et tous les hommes lourdauds du Bourg d'Hyrule racontent, quand ils sont trop ivres, que c'est à force de les voir ouvrir des gorges que les dieux donnèrent aux Gerudos leurs cheveux de sang. Mais elle n'a pas le temps, elle, de se préoccuper de tout ça. Elle continue, elle court, elle tranche, une main par-ci, par-là… Le temps s'est arrêté de passer, il n'y a plus qu'un Chant qui tambourine sauvagement dans son crâne pendant qu'elle danse, car, oui, elle danse. Elle danse la danse aérienne et cruelle du Chant, on combat comme on danse, au rythme de ces vies qu'on fauche avec une délectation un peu coupable. Ah oui ! C'était ça ! Il fallait avancer, passer en force, les ordres, les autres éclaireuses, c'est vrai ! Et puis tout à coup, courant, tempêtant, tuant joyeusement, le monde vire au noir, un coup venu d'on ne sait où qui lui emplit la bouche d'un goût plein de cuivre et elle tombe, elle oublie. Il n'y a, alors qu'elle roule par terre, piétinée par la tempête qui broie la vallée, que des tambours qu'elle entend encore et toujours, toujours, tous ces mots, si clairs au fond :


« Mais, éphémères,
Prenant la Loi avec plus de fortune,
Allez aux cieux sans qu'on vous importune »


* * *

   Quand Fÿnwe ouvrit les yeux, l'aube approchait. Son cuir chevelu dégorgeait d'un sang poisseux et nauséabond qui inondait tout son corps. Quelques gémissements étouffés se perdaient encore autour d'elle, mais le silence était presque total. La voûte étoilée rosissait doucement sous son regard, tranquillement. Les montagnes… Voilà ce qu'il lui fallait. Elle les avait vues sur les bords du désert, elle les avait imaginées, fantasmées, rêvées. Et finalement elles les avaient eues, elle était devenue une éclaireuse. Rejetée mais admirée, solitaire et indomptable, toujours. Elle était encore en vie. On l'avait laissée en vie, c'était une faveur. Les mots lui revinrent : « Mais, éphémères,/Prenant la loi avec plus de fortune,/Allez aux cieux sans qu'on vous importune ». Elle était de ces éphémères croyait-elle finalement, elle n'était pas de ces reines mourant dans les mers de sable.    Tout le monde avait ce qu'il voulait en définitive : la guerre était finie. Les fières Gerudos avaient prouvé leur honneur et leur attachement à l'Antique Loi jusqu'au bout. La fantastique et triomphante « Guerre d'Unification d'Hyrule » prenait fin, et avant qu'une nouvelle aube se lève après celle-ci, Ganondorf Dragmire jurerait allégeance à Nohan II Hyrule. Gloire au Royaume… ! Et elle avait toujours ses montagnes, « ses cieux » à elle, loin des unifications et des conflits qui lui avaient volé sa solitude. Elle se releva couverte de sang, au milieu des cadavres, chancela et se mit à marcher. Un paquetage, elle avait laissé un paquetage dans un terrier au fond du défilé… Et après tout, de quoi d'autre avait-elle besoin ? Toutes ces rébellions et ces jeux d'Empire ne l'intéressaient plus. Le Chant des nomades parlait à son cœur, le Chant cachait bien des secrets. Fÿnwe la Gerudo partit en direction du défilé, et on ne la revit plus.



   
* * *



   Par la présente, Ganondorf Dragmire, premier de son nom, suzerain des amazones Gerudos, représentant de l'autorité du Roi d'Hyrule, descendant de la déesse, dans les Terres Désertiques de l'Ouest, déclare, au nom de la gloire du peuple du désert :

   Que soient élevées et consacrées pendant sept jours et sept nuits, sept statues monumentales à la gloire des Héroïnes qui sauvèrent le peuple Gerudo d'une humiliante défaite en accomplissant jusqu'à leur dernier souffle les prescriptions du chant !

   Que toutes les tenantes de la « Huitième Héroïne » qui, selon leurs déclarations fallacieuses et séditieuses, aurait dégagé une autre interprétation du Chant la poussant à une fuite indigne et honteuse, soient pourchassées. Et que jamais culte ne lui soit rendu sur aucun territoire des Gerudos, ni maintenant, ni jamais.

   La Troisième année de l’Ère d'Hyrule Unifiée. Vive la Cité. Vive le Roi Ganondorf. Vive le Royaume d'Hyrule.
« Modifié: mercredi 16 mai 2018, 16:14:42 par Synopz »
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Errements Poétiques - [ Nouvelle (Concours d'écriture) : Deserti Lex ]
« Réponse #236 le: samedi 07 avril 2018, 04:58:36 »
Nos yeux ont fané

Hé Ébène
M'a-t-on jamais
Écrit plus beaux mots ?

Ivresse corrosive
A la dérive
Du faux

Mais peste !
Que j'aimerais
Dire que je suis parti trop sot
Et trop tôt

Ouvrir ma porte
Toujours
A tes mots
Envolées
De tes boucles

Tant de lumières
Éphémères
Prises dans tes sphères
Sur la ville
A l'envers

Avoir tes lèvres
Quelle verve !
Mutilé
Le monde écarté

Tous les plus beaux rêves
Passent
Que ne donnerais-je
Pour y aller
Tout désiré

Mille vies à vivre
Revivifiées
Départs déchirés

Tes boucles
Ah ! Les avoir
Pour éclairer
Ces chemins ombragés !

Demain jamais
Tu le sais ?
Tout jeter
Dans le feu du monde
Déjà brûlé

Ta peau ma peau
Évidées
A chaque rêve recommencé
Un jour sur la fin du monde
Gris
Ou jamais

Quand les rêves auront passé
Ah tu le sais peste !
Toi mon aimée
Désertée.
« Modifié: dimanche 08 avril 2018, 01:40:22 par Synopz »
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Errements Poétiques - [ Poème : Nos Yeux ont fané]
« Réponse #237 le: dimanche 15 avril 2018, 18:24:03 »
Femme(s) fuite(s) et fin(s)

La face au vin
Il vient bien des raisons
De se croire poète
Au fond
Trop rond trop vain
Emballement physique

On se croit Verlaine
Capable de coucher ses peines
En neuf syllabes bien plus solubles
Que le vin acre qu'on rend déjà !

Parodie lyrique
Qui ne doute pas
De son acuité cynique
Prise au jeu faux pas
Des femmes mythiques
Elles sont bien bonnes tiens !

A chercher dans chaque recoin
Jetée désargentée
D'où succéderont ailées
Fuites enfin et la vue d'après

Alors on écrit bien
Ces peines stylisées
Que de grands mots !
Fétide lyrique nous jouons
Toi et moi
Trop de ronds
Je joue ton je
Enchaîné au feu
De la femme et de la fin
Mais je multiplie les fins !

Bien des femmes uniques
J'espère
Sarcastique moiteur
De vos corps chantés-goûtés
Et du pourrissement des heures

Si on ne vit il faut
Bien plutôt chanter
Des mots acérés mais creux
Ne paniquez guère !
Une fois mes mains sur vos yeux
Je me tais
Croyant savourer un peu

Toi qui viens là sais-tu
Désormais
Quelle mimique
Cet onanisme orphique
Pour ces femmes
Aux courbes stylistiques
Fuites et fins d'elles
Dans ces lignes asymétriques.
« Modifié: dimanche 15 avril 2018, 18:26:32 par Synopz »
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Errements Poétiques - [ Poème : Femme(s) fuite(s) et fin(s) ]
« Réponse #238 le: dimanche 15 avril 2018, 18:34:36 »
J'ai beaucoup aimé tes trois derniers poèmes notamment Tu seras blonde dont j'ai beaucoup aimé le style.
Mais cette fois je vais surtout m'attarder sur ta fiction pour la première manche du concours littéraire.

J'ai tout d'abord adoré le thème choisi, parler des Gérudo et de la guerre d'unification d'Hyrule, se placer dans le monde de BotW, raconter cette guerre du point de vue Gérudo et la défense du Canyon était vraiment une idée excellente. J'ai d'ailleurs aimé cette vision pour donner une histoire sur les Huit Héroïnes Gérudo. J'ai énormément aimé et c'était vraiment original.

Texte très bien écrit, dur par moment et nous transportant du début à la fin. Tu as largement mérité la première place de la poule. Sur les textes que j'ai lu, c'est celui qui j'ai préféré (mais je les ais pas encore tous lu :hap:) et j'attendrai de lire le prochain texte du concours avec impatience.
Merci à Haine et Jielash pour le kit. <3

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Errements Poétiques - [ Poème : Femme(s) fuite(s) et fin(s) ]
« Réponse #239 le: lundi 16 avril 2018, 21:33:18 »
Merci Chompir ! Pour la fiction, je suis moyennement satisfait tout de même, parce que tout va beaucoup trop vite dans cette histoire, j'aurais aimé pouvoir développer plus d'éléments, m'attarder sur la vie de Fÿnwe, faire vraiment monter la tension au fur et à mesure que la bataille se rapprochait et je n'ai pas réussi à le rendre aussi bien que je le voulais ! Mais merci pour ton avis, une fois de plus, être lu et commenté est toujours agréable, et mes triples posts de poèmes ne sont pas dans le vide au moins  :-*

Pour ma participation à la prochaine manche, je suis un peu en retard mais j'y travaille  :oups:

" No... don't pity me. I'm not worth it... Or maybe... you think you can save me. Will you love me...? Take care of me...? Heal all my pain...? ...That's what I thought. "



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