Auteur Sujet: Je bouquine !  (Lu 137199 fois)

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Je bouquine !
« Réponse #870 le: jeudi 09 avril 2015, 20:27:10 »
Salut on déterre (même si j'ai l'impression d'être tout seul sur ce topic avec l'occasionnel Rictus, c'est la dèche).

Voici mes dernières lectures depuis le post précédent, mes recommandations, mes avis, mes cris. En vrac :

  • L'Éloge de la Folie (Érasme) : En fait, mon avis n'a pas changé depuis mon dernier post jusqu'à la fin de ma lecture. Faut rester chaud pour suivre toutes les références (j'avoue que je suis pas resté chaud). C'est amusant mais voilà, on se fait un peu chier en fait.

  • Le Chef-d'œuvre inconnu, courte nouvelle de Balzac. Personnages surdramatisés (surtout le maître peintre, oh mon dieu on dirait un film hollywoodien), normal pour du Balzac, avec une chute qui m'a laissé perplexe. Enfin bon, ça fait genre 50 pages, donc j'ai pas eu l'impression de perdre mon temps.

  • La Leçon de violon d'E.T.A. Hoffman, qui succédait l'œuvre précédente dans l'édition que j'en ai. Très très court (15 pages de mémoire) avec une chute marrante.

  • L'Attrape-cœur, le fameux de J.D. Salinger (lu en VO comme à mon habitude pour la littérature anglophone). Beaucoup de choses à dire, pour le coup.
    À l'image de Holden Caulfield, ce héros dans la peau duquel le lecteur s’immisce le temps de quelques pages, c'est un livre très difficile à saisir réellement. Et c'est justement là sa plus grande qualité et son plus grand défaut. Il est difficile d'appréhender un ouvrage que l'on ne peut qu'estimer dénué d'intérêt en lisant ses mots tels qu'ils s'enchaînent, ou d'apprécier un personnage comme Holden, qui paraît aussi peu profond et faux qu'il reproche aux autres de l'être. Et pourtant, si on creuse bien la surface, on a réellement là une œuvre très subtile, dans laquelle le lecteur peut à la fois observer et se retrouver dans le héros. Le parallèle est fascinant, et rien que pour ça, je recommande de donner sa chance à l'Attrape-Cœurs.

    Tout le long de ma lecture, j'étais atrocement sceptique. Le style, extrêmement oral, est très peu agréable à lire. L'ouvrage se lit comme on entendrait Holden parler. Mais ici, contrairement à d'autres œuvres ayant une narration orale, comme Huckleberry Finn de Mark Twain, il n'y a pas de réel attrait à cette oralité. Au contraire, il est assez inintéressant de l'écouter divaguer sur sa vie, et de tiquer à chaque fois que reviennent les expressions qui lui sont propres (plus personne ne compte combien de fois reviennent le mot "phony" ou la phrase "that killed me"), les tournures de phrase qui le caractérisent, ou même plus simplement, les répétitions qu'il fait en parlant. Qui plus est, le personnage ne donne pas envie de s'attacher à lui. Il juge tout ce qui l'entoure de façon extrêmement superficielle et hâtive, avec un côté Monsieur-je-sais-tout qui donnerait presque envie de lui coller une claque. Et les péripéties qu'il narre n'ont rien de très palpitant, au contraire. On éprouve très difficilement de l'empathie pour ce que Holden vit. Tout du long, on s'en fout, même.

    Et pourtant, là est l'erreur du lecteur : en se laissant bercer sur la surface du livre, c'est à dire son style et son histoire, il ne regarde pas du tout ce qu'il y a à voir. Holden est quelqu'un de brisé, qui fuit désespérément son passage à l'âge adulte alors qu'il est impossible de l'éviter, et qui est tourmenté entre son désir d'exil d'une société qu'il juge invivable et son besoin maladif de contact humain et d'amour. On méprise Holden parce qu'il juge les autres sur des perceptions superficielles, sans jamais chercher à les comprendre, et en les cataloguant hâtivement comme des faux-culs. Et justement, la force du récit, c'est qu'en se sentant si détaché de Holden, on arrive par là à faire exactement la même chose que lui : on ne cherche plus à le comprendre, et on a vite fait de le trouver con et de n'en avoir cure de ses problèmes. En observant Holden en tant que simple spectateur, on s'est finalement retrouvé dans ses souliers. Et la révélation vient au lecteur aussi désespérément que Holden se contemple lui-même sans jamais se remettre en question, en avançant dans sa vie sans se raisonner ou se comprendre. On se retrouve vite pris en position de faiblesse, et une fois le livre clos, on ne peut plus détester ce héros sans se trouver profondément hypocrite.

    C'est justement ça que j'ai trouvé comme étant un coup de génie dans ce roman : tout au fil du récit, Holden passe du rôle de juge à celui de victime, et le lecteur se retrouve dans la même position. On sombre avec lui d'une façon à la fois terrifiante et paisible. Aux premières pages, on méprisait ce gamin en l'observant se détruire ; aux dernières, on comprend que la chute qui lui est prédite, « plus terrible que toute autre parce qu'il est damné à ne pouvoir ni se sentir ni s'entendre s'éclater au sol, mais seulement à tomber et tomber »... c'est quelque chose que l'on ne peut que trop bien connaître, que l'on n'a déjà que trop bien ressenti. Au fond, on est bien plus proche de Holden que ce qu'on n'aimerait croire.

    Enfin, pour la petite conclusion, c'est une lecture extrêmement facile en anglais. Si vous cherchez à améliorer votre niveau en vous forçant à lire en anglais, je vous le recommande fortement. Aucune idée de ce que ça pourrait donner en français sans l'oralité du style, d'ailleurs.

  • La Métamorphose de Franz Kafka, que j'avais déjà commencé il y a très longtemps sans jamais le finir (sans raison). Je n'ai pas su quoi penser de la chute. En tout cas, c'était cool et sympa à lire, avec une absurdité risible.

  • Crime et châtiment de l'ami Dostoievski. Bizarrement, je n'ai pas grand chose à dire pour un pavé de cette taille, si ce n'est que ça m'a beaucoup plu. Raskolnikov est un personnage fascinant, mais il n'est pas le seul. C'était un peu lourd sur certains passages, et il faut plutôt bien connaître certaines mœurs russes pour profiter de l'immersion. En tout cas, je le recommande vivement. Très bon morceau de la littérature russe.
    Pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire, elle tient sur un post-it. Raskolnikov, étudiant fauché et quelque peu imbu de lui-même, est persuadé d'avoir un grand destin devant lui, et convaincu qu'il y a moyen de justifier un crime. Il va donc passer à l'acte sur une vieille usurière qui ne manquerait certainement pas à la société.
    Les réflexions faites sur le meurtre sont abordées avec beaucoup de cynisme et de méthode, et tout le style se concentre avant tout sur les dialogues. Il y en a certains qui prennent vraiment au tripes, d'autres qui sont très naturels dans leur caractère de tranche de vie. Belle plume.

  • La Perle, la pire merde de John Steinbeck que j'espère lire, parce que j'estimais beaucoup cet auteur après avoir lu de lui le très bon des Souris et des Hommes, plus jeune. Là aussi, lu en anglais. C'est d'ordinaire un livre qui s'étudie assez typiquement en cours d'anglais avancé de 4ème aux États-Unis, et qu'à l'époque beaucoup d'amis m'avaient signalé comme merdique.
    Triste à dire, mais je suis entièrement d'accord avec les collégiens en question.

    On a de belles descriptions de nature, du Steinbeck quoi, mais c'est peut-être le seul truc à sauver du livre. L'histoire part dans tous les sens et n'a aucun intérêt... Le bébé de Kino et sa femme se fait mordre par un scorpion, un médecin avare et riche refuse de le soigner, mais un jour Kino obtient une perle grosse comme une boule de billard. Sa valeur est estimée comme nulle d'après les méchants blancs qui veulent arnaquer Kino. Mais elle pourrait quand même permettre non seulement au médecin de potentiellement l'arnaquer en prétendant soigner son enfant (la description étant floue, on ne sait pas trop s'il l'a soigné ou pas, et faut dire que c'est grave chelou ce qu'il se passe), mais aussi de rendre Kino la cible privilégiée d'attaques d'hommes inconnus et d'ombres mystiques (???). Kino et sa famille vont donc fuir le village après s'être fait attaquer et avoir permis à l'histoire de placer quelques incohérences que je ne prendrai pas le temps de lister (et qui sont inadmissibles pour un récit aussi court). Ils se retrouveront face à face avec des blancs qui les traquent pour obtenir la perle (sans déconner ? je veux bien qu'une perle soit précieuse mais pas au point d'envoyer une brigade traquer un péquenot dans la jungle), et après avoir tenté de les confronter, Kino va en mettre deux hors d'état de nuire, et le troisième va tirer avec son fusil (i.e. un sniper avec une précision tellement hors du commun qu'il est sorti d'un livre de SF) pour buter son gosse qui se cachait dans une grotte au loin avec sa femme... Finalement, Kino et sa compagne rentrent au village en deuil et balancent la perle à la mer. Tout ça pour ça.

    Alors okay, le symbolisme de tout ce bazar est bien sympathique deux secondes, mais pas au point d'en faire une histoire aussi capillotractée. Et je n'ai fait qu'effleurer la surface, parce que les détails horripilants du genre sont légion. Le livre fait à peine 100 pages et pourtant je n'avais aucune envie de le finir. Qui plus est, un tas d'imageries toutes plus débiles que les autres n'apportant rien au récit se succèdent sans raison : comme par exemple le fait que Kino entende une musique pour tout et n'importe quoi. On a la musique de la famille quand il regarde sa femme et son fils, la musique de l'ennemi quand le scorpion attaque, la musique de la mer quand il plonge, et tout un tas de descriptions foireuses qui entremêlent ces mélodies qui ne représentent rien et qui n'apportent rien de valeur à la narration. Sans parler des personnages qui parlent comme des robots sans le moindre naturel (c'était peut-être voulu mais c'est sacrément laid et ça brise le récit déjà lourdingue pour rien).

    Enfin voilà, je ne sais pas, mais je n'ai rien trouvé à garder là-dedans, à part 2-3 descriptions mignonnes de la nature et le concept de fond de la perle qui est wah trop belle mais qu'en fait grr elle ronge l'âme de l'homme. On repassera quoi.

  • Fondements de la métaphysique des mœurs de Kant. Alors il faut savoir qu'on m'a vendu Kant comme un auteur hyper chiant et complètement débile. Pourtant, mon prof de philo de cette année (qui est génial, vraiment, 10/10, j'aurais jamais pu souhaiter avoir un meilleur prof) nous enseigne ce philosophe comme plutôt cool. Du coup, j'ai décidé que le meilleur moyen de m'en faire une idée était tout connement de le lire par moi-même.
    Et finalement, c'est peut-être le premier philosophe des Lumières que je trouve intéressant parmi ceux que j'ai lus. Enfin un qui ne nous gueule pas le nom de Dieu à chaque page quoi, c'est déjà ça. Ensuite, contrairement à ce que tous les gens m'en ayant parlé ont pu me dire, Kant est loin d'avoir un sens moral idiot ou impossible à appliquer... Tout d'abord, toute l'intro du livre explique clairement qu'il vise à faire de la philosophie sur un aspect théorique, et c'est vraiment très méthodique. Rien à redire sur le plan de la rigueur. De plus, j'estime qu'il est assez évident que la bonne volonté et l'impératif catégorique sont des valeurs à appliquer en soi et non pas à chercher à travers autrui. En gros, c'est un peu une leçon de morale à titre personnel, de Kant à nous. Et je trouve ça bien chouette, d'autant plus que c'est très clair. Évidemment, 2-3 lacunes pour ce que ça vaut de nos jours (je n'estime pas que l'euthanasie puisse être catégorisée bonne ou mauvaise sans parler de cas par cas, et c'est un exemple parmi tant d'autres), mais rien que le fait de chercher des éléments de réponse là-dessus à l'époque devait être très intéressant. Bref, pas grand chose à redire, lecture sympathique. Je recommande de passer par là si vous aimez la philo.

  • Bel-Ami de Guy de Maupassant, et sa mère la pute, c'est le livre le mieux écrit que j'ai lu depuis des lustres ! Maupassant a une pure plume, avec de très belles images et des détails remarquables. C'est une excellente lecture pour en apprendre un peu plus sur la France de cette époque, présentée avec beaucoup de talent. J'ai vraiment aimé. Les personnages sont bien construits et attachants, et leur développement est complètement grisant (surtout le plus évident, celui du héros). Une bonne conclusion en plus, enfin voilà, un régal.

  • Lettres (à Hérodote, Pythoclès et Ménécée), Maximes capitales et Sentences vaticanes du fascinant Épicure. Beaucoup de réflexion, surtout par rapport à son époque. Des concepts très intéressants abordés, et un détachement de la religion incroyablement appréciable. Histoire de répéter la même chose que tous les niais qui l'ont lue, je trouve que la Lettre à Ménécée offre une perspective très apaisante de la vie et sa finalité. Je pense pouvoir dire que c'était une lecture extrêmement importante pour moi.

  • Des poésies de Verlaine :
    Les Amies, petit recueil à tendance érotique. Rien de particulièrement impressionnant à parti pour Le Printemps qui m'a laissé sur le cul. Voyez plutôt :
    (Cliquez pour afficher/cacher)

    Fêtes galantes, que j'ai franchement assez peu apprécié. C'est même très très nul quand on compare avec le reste du travail de Verlaine, je trouve. Il y a quelques exceptions sur la fin, mais elles ne sauvent pas le reste.

    La Bonne Chanson, le meilleur des trois recueils. Vraiment très très très très bon. Verlaine a tout donné là (normal, c'était pour charmer sa future épouse). Mention au dernier, mon préféré :
    (Cliquez pour afficher/cacher)

Voilà.

En ce moment, je suis en train de lire les Pensées de ce bon vieux Blaise Pascal, dont j'attendais énormément pour en avoir lu quelques Fragments particulièrement époustouflants. Et autant au début j'étais à fond, à me dire que c'était trop cool, que je voulais faire des bisous à Pascal, etc... Autant là je suis en plein dans les sections théologiques et c'est chiant comme la pluie. Au secours. En plus c'est merdique, ça se résume à du « l'Islam c'est nul, le Judaïsme c'est nul, heureusement que nous on a Jésus, vive Jésus ! »

Franchement, ça fait mal de passer à des trucs comme ça :
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à de la merde de ce genre-là :
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Sérieux, il s'est passé quoi ?
« Et ça Blaise Pascal c'est pour ton petit cul »
Enfin bon, je garde espoir, je n'en suis même pas encore à la moitié. Peut-être que le niveau se redresse par la suite. C'est ce que j'espère en tout cas, parce qu'en-dehors de son christianisme exacerbé, Pascal dit souvent des trucs qui me parlent beaucoup.

Après Pascal, je prévois de lire du George Sand puis les très connues Liaisons Dangereuses de Laclos. En fait, j'ai toute une pile de livres qui m'attend, que j'ai d'ailleurs pris le soin d'expliciter sur SensCritique. Et ça, c'est juste les machins entassés chez moi. Parce que j'ai beaucoup d'autres choses à acheter (j'ai envie de lire du Akutagawa, d'enfin tester du Zweig après tout ce qu'on a pu m'en raconter, du Hesse aussi, etc.).

Bref, lire c'est bien. Lisez les enfants, histoire que je sois un peu moins seul ici.
(PS : Je m'attendais pas à pondre un pavé pareil mais zut, pour une fois. Comme ça c'est encore plus sûr que personne lira. Le plus impressionnant, en vrai, c'est que l'intégralité de ces lectures ont été réalisées dans les transports en commun. Comme quoi, ça en fait, du temps de bouffé par jour...)

Ah the ticking of the clock
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« Réponse #871 le: lundi 04 mai 2015, 01:18:03 »
J'ai pas lu grand chose de cette liste (presque rien en fait) si ce n'est Bel Ami, pour lequel je partage globalement ton avis. Bizarrement je ne m'en souviens pas beaucoup si ce n'est que le héros est pas mal connard sur les bords. Mais j'appréciais l'atmosphère degagée par le livre, à travers les yeux d'un type passant de la misère à la celebrité grâce à son ambition demesurée.
Rien à voir avec la plupart des livres français de cette époque que je n'aime pas beaucoup (de ceux que j'ai lus du moins). Comme en ce moment ce Madame Bovary qui est le bouquin le plus chiant que j'ai pu lire depuis un bail... Tellement que j'hésite à le finir, car j'ai peur de perdre mon temps et que ma lecture soit aussi "utile" que si je ne l'avais jamais commencée.
C'est assez étrange parce que j'ai beaucoup moins d'interêt envers les auteurs français que beaucoup d'écrivains étrangers. Des hommes comme Flaubert, Zola ou Balzac sont largement considérés comme des piliers solides de la litterature de notre pays alors qu'ils ne m'évoquent qu'ennui. Par contraste j'ai récemment été tellement fasciné par Shakespeare que j'ai lu Hamlet d'une seule traite (recommencé dans la foulée en anglais mais bon, trop hardcore pour moi). Pas le même registre certes mais je pourrais dire la même chose de Dickens ou de Wilde qui sont de vrais génies.
Mais au fond je pense que c'est surtout que Flaubert ou Balzac, c'est beaucoup trop terre-à-terre, pas assez évasif. Parce que la petite vie d'Emma Bovary dans son petit village de cambrousse, je m'en fiche complètement, bien qu'elle soit racontée au milieu de moultes descriptions sur des paysages et la nature (en outre pas très intéressantes non plus, et dont le niveau d'écriture est tellement poussif qu'il gêne la compréhension...).
C'est cette évasion qui manque quelque fois mais qui est le coeur d'un bon récit. J'ai devoré nombre de mes dernières découvertes qui, elles, en étaient pleines : l'Eneide, Perceval ou le Conte du Graal, Les Milles et Une Nuits, Beowulf, Les Fables de la Fontaine, Le Songe d'Une Nuit d'Ete, etc.
Et en écrivant ça je me dis que je n'ai peut être pas dépassé le stade du collégien/lycéen qui ne lisait pas ses livres à cause de l'ennui qu'il en éprouvait. Avec du recul il me semblait clair que les programmes scolaires proposaient de bons récits mais pas à la meilleure tranche d'âge, et que l'intérêt à lire les "classiques" ne se faisaient qu'avec l'âge et par la curiosité personnelle. Et ceci avec la conviction que les écoles proposent forcément des livres de qualité. Aujourd'hui je trouve toujours que les cours dégoûtent plus qu'ils ne poussent à découvrir, mais je suis déjâ beaucoup moins sûr de la qualité objective de certains programmes littéraire.

(bref tout ça pour ne pas dire grand chose au final mais j'étais lancé)

A part ça l'Attrape Coeur me fait de l'oeil depuis que j'ai vu Ghost in the Shell : Stand Alone Complex. Je prends ton avis en compte, même si je me ferai ma propre idée, y compris sur le niveau de l'anglais utilisé. A une époque j'avais lu Gatsby en VO et j'avais pas tout compris, et j'ai pas retenté depuis (excepté Tolkien dont je connaissais déjà les traductions et Harry Potter et son niveau enfantin) de peur de perdre plein d'élements en cour de lecture, ce qui n'est pas trés agréable.

(je savais pas que Kant était si mal perçu. Amha c'est le plus intéressant avec Platon et Descartes)
« Modifié: lundi 04 mai 2015, 01:35:10 par D_Y »
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« Réponse #872 le: samedi 09 mai 2015, 15:35:35 »
Richard Wright est un auteur américain à succès, dont l'oeuvre a marqué l'histoire littéraire et a su s'imposer parmi les grands classiques. En dehors de son indéniable talent, cet écrivain a une particularité qui n'est pas des moindres : il est noir. Premier écrivain à succès de couleur, il a su, malgré son identité ethnique, s'imposer dans le milieu particulièrement fermé et élitiste de la littérature, à une époque où vivre était déjà une épreuve pour les afro-américains.

En 1940, il a écrit Native Son, premier roman à traiter des conditions des noirs aux Etats-Unis ; c'est un succès monstre, qui l'amène à la postérité, et va démarrer la longue lutte de la littérature contre le racisme. Pour donner plus d'impact à son combat et l'ancrer dans la réalité, Wright écrit son autobiographie et la fait publier en 1945. Il y raconte comment il a vécu une jeunesse difficile, et parfois périlleuse dans le sud américain, la faim qui lui a tordu les entrailles, l'âpreté de sa personnalité qu'il a forgé sous les feux de la haine, les conflits qui déchiraient sa famille, la soumission face à l'homme blanc, le désir de lire et d'écrire que personne ne comprend venant d'un homme noir. Il y raconte comment il a grandi dans l'insécurité la plus totale, avec la peur et la rage pour compagne. Il y raconte Black Boy, un témoignage poignant, sorti des tripes d'un génie de la plume qui a énormément à dire et qui a osé le faire alors que le monde entier le lui interdisait.
C'est beau, c'est sensible, c'est viscéral ; de l'innocence de l'enfant qui grandit à la hargne de l'adulte en devenir, qui voit les choses et les condamne, on assiste à l'évolution d'un personnage confronté à la question des races, les interrogations qu'elle amène chez lui ; on est confronté à l'esprit communautaire noir, à cette haine qui gronde en silence et qui s'agenouille au nom de la survie. On assiste à la croissance sourde d'un protagoniste qui s'est fait auteur pour retranscrire toute l'horreur de la misère et de la discrimination qui ont martelé son existence.
L'oeuvre de Wright est percutante, parce qu'elle est dure ; et elle l'est encore plus parce qu'elle est vraie. Parce que, que vous sachiez ou non que c'est une autobiographie n'a pas d'importance : les faits relatés sentent le vrai, ils ont l'odeur âcre d'un passé qui pue la colère et le mépris, et qui n'est pas si révolu que ça. Ce livre est une merveille, non seulement parce qu'il est merveilleusement bien écrit et bien traduit, mais aussi parce qu'il a des choses à dire dont tout le monde devrait prendre connaissance. Alors, oui, je vous encourage vivement à vous le procurer, à le lire et à en parler autour de vous.

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« Réponse #873 le: dimanche 24 mai 2015, 02:38:23 »
Je viens de terminer mon premier roman de Terry Pratchett: La Huitième Couleur. Un auteur que je ne connaissais que de réputation pour son apport à la fantasy et dont j'avais toujours entendu le plus grand bien.

La lancement d'une nouvelle édition du disque monde aux Atalente me faisait déjà de l'oeil, mais c'est finalement sa mort qui aura été une occasion pas plus bête qu'une autre pour m'y mettre.

J'ai adoré le livre, malgré un pause d'environ un mois à environ un quart de la fin du livre. Si le premier tiers est parfait, la suite à quelques problèmes de rythme, mais c'est vraiment mineur car la souplesse de la plume, les idées de autour de son monde et la qualité de la traduction m'on vraiment portés. Bref, dès demain j'attaque un second roman dans cet univers qui me plait beaucoup. J'ai souvent entendu que la huitième couleur était loin d'être le meilleur volet des anales du disques monde, j'ai donc hâte de venir à bout de la bonne quarantaine de volets qui m'attendent :)
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« Réponse #874 le: dimanche 24 mai 2015, 12:03:18 »
J'ai commencé à lire les Annales il y a un peu plus d'un an, ptet deux, je sais plus, un peu par intermittence. J'aime beaucoup et Pratchett est très plaisant à lire, même si je suis pas non plus une fanatique. Il est clair qu'il s'est affiné avec le temps, et que les premiers tomes sont loin d'être les meilleurs. Après, perso, de ce que j'ai lu (je crois que j'en suis vers le tome 15 ou 17), je trouve que c'est assez inégal. Y a des tomes que j'ai lu d'une traite, d'autre où j'ai vraiment piétiné.

Du même auteur, enfin, en collaboration avec Neil Gaiman, c'est De Bons Présages, Good Omens en V.O., une version assez sympa de l'arrivée de l'Apocalypse !

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« Réponse #875 le: lundi 25 mai 2015, 00:32:28 »
J'en avais déjà entendu le plus grand bien et ton commentaire le fait un peu remonter dans ma pile à lire ;)
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« Réponse #876 le: lundi 08 juin 2015, 13:27:52 »
J'ai terminé ce week-end le deuxième tome des Annales du Disque Monde, le Huitième Sortilège. Globalement un bouquin qui se laisse lire, j'ai passé un bon moment à suivre les aventures de Rincevent et de Deuxfleurs... mais j'ai quand même un peu moins accroché que le premier (la huitième couleur). Si l'univers est toujours aussi barré, j'ai trouvé que la folie était un cran en dessous du précédent volet.

En fait, en terme de rythme et de narration on reste dans la droite lignée de la seconde moitié du premier livre, qui était un petit cran en dessous que la première moitié. Les deux histoires se suivant vraiment, peut-être qu'il manquait juste à ce deuxième livre une phase d'exposition aussi folle.

Mais bon, comme je l'ai dit, ça reste un excellent moment de lecture que je ne peux que recommander. D'ailleurs, j'ai attaqué hier le troisième livre : La Huitième Fille... les 50 premières pages ont été lue avec plaisir et j'ai hâte de profiter de la suite !
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« Réponse #877 le: mardi 28 juillet 2015, 22:18:09 »
L'un des sujets les plus utile du forum relegué en deuxième page ?



Je passais en coup de vent pour demander si certains étaient familiers avec les auteurs fantastiques français, comme Villiers de l'Isle Adam (auteur du premier roman de science fiction du monde, rien que ça), ou encore Théophile Gautier ?
Il y a quelque temps déjà je parlais de la nullité des auteurs français du XIXe siècle, et vu que je suis (un peu) persévérant, je me suis penché sur le fantastique gaulois de cette époque. Car si les américains ont Poe l'alcoolique, nous on a pas grand monde de connu. Encore aujourd'hui d'ailleurs, ou n'importe quel auteur/créateur un peu irréaliste est traîné dans la boue comme s'il n'avait pas grandi et/ou était psychopathe. Ça ferait un débat plutôt intéressant, il me semble, mais bref.

Un certain roman, L'Eve Future (une référence se trouvant dans Ghost in the Shell 2), est un livre de Villiers de l'Isle, dans lequel un Thomas Edison fictif imagine et fabrique ce qui sera la première androïde (bien avant le Metropolis de Fritz Lang). On dit quelque fois à propos de cette oeuvre qu'elle est misogyne (ce qui est un peu vrai mais pas totalement), mais même en supposant que cela est vrai, c'est sous estimer un talent d'écriture suffisamment rare pour ne pas l'ignorer. Après tout, Céline était raciste et collabo, en plus d'être l'un des meilleurs écrivain de son temps.
Le livre est assez passionnant et appuie son propos (le désormais classique sujet du choc entre l'animé et l'inanimé, le pensant et le non pensant, le vivant et le non vivant, qui marque la différence entre les hommes et les robots) sur des mythologies, un héritage littéraire connu de l'auteur, qui s'en sert pour fournir une certaine vision philosophique sur le monde et la vie. Et puis c'est aussi hyper bien écrit, le style fascine et donne au bouquin une atmosphère unique.

Bref, de la belle came, que je conseille à tout le monde ayant à cœur ce genre de sujet (qui rappelons le, est toujours d'actualité).

Mes prochains livres seront sans doute de Gautier (cité plus haut) comme le Roman de la Momie, qui traite de l'amour d'un gars avec une égyptienne de l'Antiquité (!) et qui parait il est assez envoûtant de par son approche de l'ancienne Egypte. J'ai aussi dégoté deux beaux livres sur les Merveilles et Légendes de Bretagne, et le même sur Brocéliande. Ça a coûté cher mais j'adore la culture celtique et il ne fait aucun doute que je vais avoir un certain plaisir à plonger dans les forêts au milieu des nains et des magiciens. Wait & see, donc.
« Modifié: mardi 28 juillet 2015, 22:26:14 par D_Y »
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« Réponse #878 le: mercredi 29 juillet 2015, 23:12:30 »
Juste pour réagir à ceci (même si ton message date d'il y a plusieurs mois) :

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Pensées de ce bon vieux Blaise Pascal, dont j'attendais énormément pour en avoir lu quelques Fragments particulièrement époustouflants. Et autant au début j'étais à fond, à me dire que c'était trop cool, que je voulais faire des bisous à Pascal, etc... Autant là je suis en plein dans les sections théologiques et c'est chiant comme la pluie. Au secours. En plus c'est merdique, ça se résume à du « l'Islam c'est nul, le Judaïsme c'est nul, heureusement que nous on a Jésus, vive Jésus ! »

Je comprends tout à fait ta position vu que j'ai lu le bouquin il y a déjà pas mal d'années. En fait le titre "Pensées" a été attribué de façon posthume aux fragments d'un livre sur lequel il travaillait qui devait s'intituler Apologie de la religion chrétienne. On comprend tout de suite mieux pourquoi il parle énormément de religion, et de Jésus. ;)

Pour ma part, je lis lentement mais sûrement deux bouquins en ce moment :
Risibles amours de Milan Kundera et La Diagonale du Vide de Pierre Péju. Je n'ai pas assez avancé pour en faire une critique mais je ne les trouve pas trop mal pour le moment. J'en attends pas mal de celui de Kundera qui est l'un des auteurs que j'aime le plus.


"Depuis ma défaite lors d'une bataille pour mon royaume...
Je me suis enfoui dans un songe d'oubli, attendant celui qui viendrait réveiller mon âme."

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« Réponse #879 le: vendredi 14 août 2015, 17:52:10 »
Après plusieurs années dégoûtée par la lecture à cause de la fac qui me prend le chou avec des manuels, je reprends tout doucement avec The Earthsea Quartet d'Ursula Le Guin. Le bouquin contient A Wizard of Earthsea, The Tombs of Atuan, The Farthest Shore et Tehanu. Vous le devinez, je lis ça en anglais, principalement parce que les éditions françaises ont des couvertures immondes et qu'un livre pour moi c'est aussi un bel objet (et en plus les compilations françaises ne contiennent que 3 livres d'après ce que j'ai compris).

J'ai donc pour le moment lu les 2 premières histoires. De la fantasy plutôt tranquille dans un monde loin des clichés "Europe du Moyen-Age" qui ont fini par me saouler à la longue.  On y suit surtout Ged, un mage voyageant d'île en île. Pas de très gros enjeux du genre "il faut sauver le monde" pour le moment. Dans la première histoire c'est par exemple Ged qui doit venir à bout d'une ombre qui le poursuit (certes les conséquences seraient catastrophiques s'il venait à être possédé mais dans l'immédiat il doit surtout sauver ses fesses). Peut-être que ça changera, je ne sais pas. Le déroulement est à chaque fois assez prévisible mais je n'ai pas trouvé ça désagréable. Comme je l'ait dit, c'est de la fantasy tranquille.  Bref c'est agréable à lire, même en VO et ça m'a donné envie de tenter les romans SF du même auteur.
« Modifié: vendredi 14 août 2015, 17:59:53 par Bilberry »

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« Réponse #880 le: vendredi 14 août 2015, 19:38:51 »
En ce moment je lis Sur le Rêve de Sigmund Freud. Je viens de commencer l'ouvrage (pas très gros pourtant) et j'en suis au chapitre un. Je vais donc donner ma première impression et j'éditerai le post lorsque j'aurais continué la lecture.
Ma première impression c'est un sentiment d'impuissance quand j'ai tenu le livre entre mes mains. Parce que dès son introduction, je me perd, des termes exessivement compliqués sont employés. J'aurais dû savoir, c'est Sigmund Freud, et pas n'importe qui. Dès le premier chapitre il nous offre 3 directions, trois grandes interprétations différentes générales.
 Le premier que je n'ai pas saisit, je vais devoir me renseigner...ça va prendre un petit bout de temps.
Citer
Le rêve libérerait l'esprit de la nature extérieure, il détacherait l'âme des entraves du sensoriel. [...] Un grand nombres d'observateurs accordent à la vie onirique la facutlé de produire des opérations hors du commun.
J'y joindrerais bien le "rêve Astral" (ou Voyage astral) une sorte de rêve très réaliste au niveau des sensations qui se produit dans entre le rêve et l'éveillement.
 Le deuxième : le rêve est une potion concoctée par les différents ingrédients qui sont des évènements stockés dans le cerveau et n'est pas en proi à une réelle interprétation.
Citer
Ce qui est rêvé ne peut pas plus prétendre à un sens et une signification que, par exemple, la suite de sons que produiraient les dix doigts d'un individu totalement ignorant de la musique lorsqu'ils se promènent sur les touches d'un instrument. Le rêve doit être décrit comme rien d'autre qu' "un processus corporel dans tous les cas inutiles, dans bien des cas morbides" .
La troisième : le rêve doit toujours être interprété, avoir un sens, une signification.
Citer
[...] l'opinion publique semble tenir à la croyance qui veut que le rêve ait tout de même un sens, que celui-ci se rapporte à l'annonce de l'avenir, et qu'un quelconque procédé d'interprétation peut permettre de connaître son contenu, souvent confus et énigmatique.
Donc, les rêves prémonitoires et ce genre de bêtises surprenantes. (Surprenantes de leur énormité, et surprenants -les rêves prémonitoires- qu'ils puissent être similaires à quelque chose de futur, Si, si, parfois ça arrive.)
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« Réponse #881 le: samedi 22 août 2015, 02:11:45 »
C'est bien que tu t'intéresse aux rêves, mais je crois que tu devrais plutôt lire des études scientifiques de neuropsychologie. Parce qu'il est admis depuis longtemps que les écrits de Freud ne sont pas très rigoureux. :^^:
Si c'est Nostradamus qui le dit, c'est que c'est vrai! Gloire à Supersigo  :^^:
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« Réponse #882 le: mercredi 11 novembre 2015, 23:44:20 »
Je sais plus qui avait conseillé ici le Maître du Haut Château de Philip K. Dick, et je tiens à dire que... je ne l'ai pas bouquiné v.v
En revanche, j'en ai fais l'acquisition en même temps que son autre roman culte, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, que par contre j'ai torché bien dans les règles puisque je l'ai acheté hier et que je l'ai fini ce soir, ce qui en fait officiellement le livre que j'ai lu le plus rapidement de ma vie.

Et pour cause, il m'a chamboulé en profondeur, encore plus et je pouvais déposer plainte pour viol v.v Alors autant j'ai toujours adoré le film, autant le roman l'explose dans tous les sens autant "visuellement" que dans le fond. Visuellement, parce que même si c'est magnifique dans Blade Runner, l'univers dépeint dans le livre est l'un des plus poisseux que j'ai jamais vu. Au point de ressentir "physiquement" cette saleté ambiante, ce pessimisme et cette solitude qui emplit chaque recoin de cette terre recouverte de poussière radioactive. Un monde tellement pourrave que des gens sont prés à s'endetter avec un crédit sur 4 ans avec taux d'intérêt de 7% pour acheter un chat, car la plupart des espèces, même les plus communes, sont, au mieux rares, au pire disparues. Ce qui fait que même une simple araignée vaut de l'or en barre.
Et même sur les colonies martiennes, on est loin du paradis attendu, au point que les androïdes "réfugiés" sur Terre décrivent la misère dépeinte dans le livre comme quelque chose d'encore mieux.

Mais même l'histoire explose celle du film de Scott (qui était déjà bien, cela dit), car déjà il y a plus de péripéties (notamment dans ce commissariat parallèle tenu par des androïdes, je n'en dit pas plus), mais surtout que c'est largement plus profond, et pousse d'autant plus à la réflexion. Déjà d'un point de vue théologique avec ce culte de l'empathie gravitant autour d'une métaphore de l'humanité gravissant une colline aride, condamné à chuter dans un gouffre, mais à se relever et recommencer à gravir la pente. Celle ci pourchassée par la Souffrance, des démons invisibles qui font connaître l'empathie à une humanité entière littéralement connectée à ce culte mystérieux.
Je reviendrais pas trop sur le côté enquête de Deckard pourchassant les androïdes fuyards, parce que c'est globalement assez similaire au film. Il y a la même perte de repère concernant ce qui définit l'humain. Pour le héros, une femme artificielle chantant Mozart est plus (enfin paraît plus) humaine qu'un connard inhumain et sans pitié.
Je passe également sur le changement de comportement de certains personnages (la Rachel de K. Dick est radicalement différente de celle jouée par Sean Young) et carrément de ceux qui disparaissent dans l'adaptation.

Pour le reste, ça vaut largement le coup, je pense que je le relirai, déjà parce que j'ai pas spécialement tout capté, mais aussi parce que c'est vraiment un sacré bouquin qui prend aux tripes, comme jamais je n'ai ressenti ça.

Bref, mes prochains sur la liste sont le Livre de la Jungle (mon premier livre de Rudyard Kipling) et le très connu L'Attrape-Coeur de Salinger.
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« Réponse #883 le: jeudi 12 novembre 2015, 00:12:12 »
Vu que tu as bien aimé, et que tu as déjà le Maître du Haut Château, je te conseille de te procurer aussi Ubik , Le Dieu venu du Centaure et Substance Mort (dont le film sorti en 2006 avec Keanu Reeves est vraiment pas mal), encore de Dick, qui sont excellents. J'ai lu plusieurs autres de ses romans aussi, et je n'ai jamais été déçu. Excellent auteur dont je dois me procurer les bouquins qui me manquent, parce qu'il a été pas mal prolifique.

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« Réponse #884 le: dimanche 10 janvier 2016, 10:51:07 »
Bonjour, chers amis.

Depuis l'enfance, la mythologie nordique, la mythologie celtique, ainsi que la mythologie japonaise m'attirent. Au fil du temps, et particulièrement depuis quelques années, cet intérêt a pris un peu plus d'ampleur. Cependant, comme pour une infinité de choses, je ne me suis jamais réellement lancé. Je décide (enfin) (de tenter) de changer la donne. Mais trouver de bonnes et fiables références n'est pas nécessairement évident, et surtout, vos recommandations m'intéressent grandement. Ainsi, si jamais vous avez des ouvrages à conseiller (essentiellement des ouvrages pour bien débuter, des bonnes bases, quoi), j'apprécierais votre précieuse aide. Je recherche avant tout des recueils de contes, légendes et poèmes.
Je me rends compte que mes recherches s'avèrent encore plus compliquées que prévu. Alors peut-être devrais-je les étendre à des ouvrages d'Histoire. D'autant plus que le genre de récits que je recherche s'échangeait majoritairement à l'oral...
(C'est quand même dingue de voir à quel point le christianisme a éradiqué puis déformé maintes cultures magnifiques et passionnantes. Enfin bref.)

Merci.