Super Mario Bros. le Film est un film d'animation de 2023, co-réalisé par Aaron Horvath, Michael Jelenic, Pierre Leduc et Fabien Polack. Bien qu'assez fan de Super Mario Bros. je n'ai jamais vu le film Super Mario Bros. de 1993, ni fini le jeu original Super Mario Bros. J'ai par contre joué à plusieurs de ses suites (Super Mario 64, Super Mario Sunshine, New Super Mario Bros, Super Mario Galaxy, New Super Mario Bros. Wii, Super Mario Galaxy 2, Super Mario 3D World, Super Mario Odyssey et Super Mario Bros. Wonder, en plus de plusieurs jeux annexes. Donc je connais pas mal toutes les références. Tous ça pour dire que j'ai été réceptif à l'avalanche de référence qu'est ce film, même s'il on voit bien que derrière celles-ci, c'est un film très simple que l'on a.
Déjà, il faut le dire, le film est beau. Les couleurs, les textures, le mouvement, tout est sans faille. On visite plusieurs lieux durant l’aventure et ils sont tous très bien détaillés. Des poils de la moustache de Mario aux paysages époustouflants du Royaume Champignon, c'est un véritable régal pour les yeux.
Quand au scénario, comme dit il est très simple. On a moins à une histoire qui se déroule qu'une série de séquences d'action dignes d'un jeu vidéo, calculées pour offrir aux cinéastes un maximum d'occasions de nous montrer des références. Et la façon dont le film enchaîne les séquences est presque comiquement mécanique, résultat évident de son obligation de nous montrer toujours plus d'éléments des jeux plutôt que de les voir émerger naturellement de l'histoire. Exemple flagrant : La princesse Peach réussit à obtenir une alliance avec les Kong, donc...s'ensuit de manière pas très naturel une séquence qui n'est qu'une succession de clins d'œil visuels à Mario Kart 8.
Il y a ainsi peu de développement de personnage, un peu pour Mario qui devient un héros au fil du film, mais pour tous les autres personnages, ce sont des archétype monodimensionnel.
On pouvait s'attendre à davantage à davantage de blagues ou de répliques destinées subtilement aux adultes, comme le font si bien les studios d’animation Pixar ou DreamWorks. Et à un véritable propos en sous-texte, comme Nintendo sait le faire pour certains jeux. Vite comme ça il y a Paper Mario et la Porte Millénaire ou Super Mario. Mais non, on est vraiment dans une écriture très plate.
Après je dois quand même avouer avoir apprécier la première partie, avant que Mario et Luigi rentre dans le royaume Champignon. C'est là qu'on a un set up pour un développement de personnage pour Mario avec un arc zéro à héro, et un mélange d'action, de comédie et un peu d'écriture. Mais par la suite le film rentre dans une frénésie qui ne lui permet pas de développer ses personnages. Certes à la fin du film Mario est effectivement un héro reconnu, et il humilie son ancien patron, mais bah il n'y a pas vraiment d'entre-eux où le personnage se développe. Il passe juste d'un plombier à un héros. De même il n'y pas grand chose qui est fait du lien entre Mario et Luigi, celui-ci se contentant de devenir la demoiselle en détresse à la place de Peach. Dommage, mais on peut espérer que les prochains films vont faire mieux, avec un arc à Luigi allant de d'admiration pouvant aller à la jalousie du statut de Mario à acceptation de son propre statut, comme on a dans les Mario RPG (spoiler de Super Mario Galaxy le film : non).
Il faut aussi parler de Brooklyn, la ville était en crise quand Mario et Luigi sont arrivé dans le royaume Champignon, puis quand ils y reviennent pour le combat final, bah en fait tout va bien. De manière général il n'y a pas de mélange des deux mondes, ce qui nous fait demander comment ils vont inclure Pauline dans un prochain film.
Une autre idée introduit mais pas développé est la rivalité entre Mario et Donkey Kong qui semble vouloir aller à un arc où ils deviennent des amis-rivaux. Mais bah pas vraiment, ce qui y ressemble le plus est une phrase de Donkey Kong...donc très peu.
Quand aux références, j'ai évidement apprécié. Je suis même surpris par le fait qu'ils références aussi de vieux jeux Nintendo. Une scène du début, par exemple, se déroule à la Punch-Out Pizzeria, un restaurant de Brooklyn décoré avec l'équipement de boxe de Little Mac, le protagoniste de Punch-Out!!, ainsi que des photos d'autres boxeurs de la franchise Nintendo. À un moment donné, le film était si riche en ces petits détails que je me suis demandé comment on était censé le regarder : en se concentrant sur l'action ou en scrutant constamment le décor à la recherche de clins d'œil ? Au final, j'ai pris le second choix au vu de la qualité narrative du titre et j'y est pris beaucoup de plaisir. Mais c'est quand même un sacré échec quand le film peux uniquement se basé sur ses références pour combler le vide narratif.
Un mot sur la musique : Bryan Tyler reprend à merveille les compositions originales de Koji Kondo. Je n'ai rien d'autre dire à sur le sujet, elles s'imbriquaient très bien dans le film.
En bref, Super Mario Bros. le Film est un bon film divertissant et plaisant à regarder pour un fan de la licence comme moi, mais qui est très léger sur son écriture sinon, voire même vide.