Auteur Sujet: Tel Père, Tel Fils.  (Lu 428 fois)

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Tel Père, Tel Fils.
« le: samedi 23 décembre 2017, 15:37:02 »
Bonjour à tous,

Jeudi dernier on a regardé un film en SES, puisque nous "étudions" actuellement la socialisation. Malgré le fait que je trouve ce chapitre chiant à mourir, j'ai trouvé le film plutôt bien.



Le film Tel Père, Tel Fils de Hirokazu Koreeda, est sorti en 2013. Il raconte donc la vie de deux familles issues de milieux sociaux très différents aux mœurs très différents. L'hôpital dans lequel leurs enfants à chacune sont nés les appelle et leur apprend que les bébés, maintenant âgés de 6 ans environ, ont été échangés à la naissance.
On leur propose donc de choisir entre faire un échange des enfants, ou bien continuer de les élever bien qu'ils n'aient pas le même sang.

Bien sûr, vous l'aurez pigé, l'intrigue réside sur cette question : "Faut-il échanger un enfant parce qu'il n'a pas notre sang, ou bien privilégier les six années passées avec lui ?"

Avant de lancer un débat, je vais parler un peu du film en lui-même. Même si pour moi, il n'y a pas de question à se poser, je l'ai vachement apprécié. La bande-son était calme, adaptée. Un léger son de piano en général qui accompagnait bien l'ambiance globale du film.
Les acteurs étaient plutôt cools, surtout pour les enfants, de mon point de vue. Il y a de jolies images. Le film est japonais mais on l'a regardé en français cependant, grosse déception pour moi. J'aime pas du tout regarder les films en français quand une version originale est disponible. Même si les voix n'étaient pas insupportables, ça aurait été bien mieux de le voir en VO, c'est dur de s'intégrer dans l'ambiance du japon si tout le monde parle français.

  Personnellement, je trouve qu'il n'y a même pas de débat à avoir, il ne devrait pas y avoir l'échange. L'enfant a passé 6 ans avec une famille et son éducation est déjà bien commencée. De plus, je ne comprends pas pourquoi les liens du sang sont si importants. Rien ne dit que le petit garçon ne deviendra pas comme son père parce qu'il n'a pas son sang, et inversement... Je crois que c'est l'éducation qui décidera de ça, et en rien son ADN ou que sais-je, qu'il partage avec son père.
Après nous sommes ici au Japon et les mœurs sont différentes.

Quel est votre avis ? :^^:
« Modifié: jeudi 28 décembre 2017, 23:41:20 par Haine »
Non je ne suis pas haineuse, juste Haine, merci.

Hors ligne D_Y

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Tel Père, Tel Fils.
« Réponse #1 le: samedi 23 décembre 2017, 21:31:18 »
J'ai vu ce film

Je m'en souviens très bien parce que je l'ai trouvé très touchant, et c'est en grande partie grâce aux gamins qui sont excellents, ainsi que l'intégralité du casting des parents. Une telle direction d'acteurs, c'est remarquable.
J'ai beaucoup aimé la mise scène qui est vraiment puissante. Notamment ce jeu de perspective dans les milieux urbains par exemple. De même que les mouvements de caméras qui sont tous travaillés.

Si ton souvenir du film est assez frais, je me souviens par exemple de ce plan : lors d'une réunion entre les deux familles et le staff de l'hôpital, il y a une symétrie entre les deux familles, qui sont coupées en deux par un énorme pilier en premier plan. Ce qui est intéressant c'est que la caméra bouge et qu'au fur et à mesure, une des famille (la pauvre) se retrouve cachée par le pilier, excepté le père qui redevient visible à un moment donné. La femme reste cachée, et c'est le père qui jusque là était présenté comme absent qui prend la parole.
C'est tout bête, c'est tout simple, mais j'apprécie ces détails de mise en scène. Pareil lors du premier échange lorsqu'on voit la voiture aller chercher le petit à la campagne, on la voit rouler de gauche à droite dans un paysage mi-urbain mi-rural, puis à son retour rouler de droite à gauche dans le même paysage.
Ou lorsque la mère riche et son fils sont en train et que tout devient sombre lorsqu'elle parle de partir.
Ou lorsque l'infirmière en premier plan dit qu'elle est contente de ne pas être la seule à avoir des problèmes et qu'en arrière plan on voit la famille pauvre.

Bref, techniquement c'est de la bombe.

Sinon la question soulevée par le film ne me semble pas du tout obvious, loin de là. Je trouve que c'est un dilemme moral plus pour les parents que pour les enfants. Évidemment l'éducation compte plus que la génétique mais savoir que notre enfant n'est pas réellement notre enfant, je comprends parfaitement que ça puisse déranger. Un enfant n'est pas un mouchoir interchangeable et savoir que celui ci a été conçu par nous et pas par quelqu'un d'autre, c'est pas anodin dans nos rapports à l'enfant (dans des rapports "normaux" j'entends, dans le cas des adoptions d'autres facteurs rentrent en compte). Je serais curieux de savoir comment la question a été traitée dans tes cours de socio ?
« Modifié: samedi 23 décembre 2017, 22:00:59 par D_Y »
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Tel Père, Tel Fils.
« Réponse #2 le: jeudi 28 décembre 2017, 23:01:27 »
Hey, j'ai totalement oublié de répondre, j'suis désolée. :oups:

Si ton souvenir du film est assez frais, je me souviens par exemple de ce plan : lors d'une réunion entre les deux familles et le staff de l'hôpital, il y a une symétrie entre les deux familles, qui sont coupées en deux par un énorme pilier en premier plan.

Je me souviens parfaitement de ce plan. J'avais pas poussé la réflexion à ce point mais oui y a plusieurs plans du genre qui forment une sorte de clivage entre les deux familles il me semble.

Bon j'ai pris un peu d'recul. Ce que j'aime bien dans ce film, c'est qu'il reste discret, il dit des choses sans pour autant nous assommer avec. L'ambiance générale est vraiment sympa, y a un certain contraste entre la poésie qui règne sur le film et la force de certains scènes qui font quelque chose quoi !

Je reste sur ma position, j'ai demandé à mes parents et eux aussi sont de ton avis. Mais ce n'est que mon point de vue très personnel bien sûr. Je peux comprendre que l'on préfère avoir un enfant qui a notre sang, nos gènes. Mais faire l'échange me paraît toujours beaucoup trop cruel pour l'enfant. :oui:

Je te tiendrai au courant pour mes cours de SES, vu qu'on a juste fini le film on devrait traiter le truc après la rentrée normalement. Mais j'ai pas encore de quoi te répondre, désolée !
Cela dit, je doute qu'on dise des choses vraiment pertinentes dessus, en général mes cours sont chiants à mourir, inintéressants, on écrit que des choses évidentes et sans les traiter à 100%.
Ou pire, on nous dit même des fois des choses qui sont pas du tout des vérités générales, qu'on justifie avec un truc qui a rien à voir et qui veut rien dire... Enfin bref c'est pas super intéressant globalement, à mon avis du moins, mais j'te dirai. ^^
Non je ne suis pas haineuse, juste Haine, merci.

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« Réponse #3 le: vendredi 29 décembre 2017, 07:28:02 »
Je crois pas avoir vu le film (mais il me semble en avoir vu plusieurs sur la même thématique style "La vie est un long fleuve tranquille" même si dedans, évidemment, c'est plus dérisoire et il me semble en avoir vu aussi d'autres (j'en suis même sûr), preuve que cette question est loin d'être évidente) mais effectivement la réponse est loin d'être évidente et je souhaite à personne d'y être confronté.

Je penserais à priori personnellement qu'il ne faudrait pas choisir, c'est à dire essayer de rapprocher les familles pour sortir de cette tragédie au moins pire.
Une période de transition dans laquelle chacun apprend à se connaitre et proposer bien plus tard des sorte de gardes alternés ou chaque famille aurait le droit de partager du temps avec leurs enfants (naturels et d'adoption).
Tout ne serait pas parfait et il faudrait une parfaite entente entre les parents mais il serait à mon sens impossible d'avoir une seule "bonne" solution, je me vois pas m'arracher de mon gamin que j'ai elevé pendant des années et considéré comme mon fils mais je peux pas méconnaitre qu'un autre qui ai mon sang puisse vivre loin de moi et qui pourrait potentiellement être malheureux (surtout quand on sait souvent la détresse que peuvent vivre les enfants adoptés à la recherche de leur identité).

Hors ligne D_Y

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« Réponse #4 le: vendredi 29 décembre 2017, 15:08:10 »
Après quand tu dis "ce sont les moeurs du Japon" je vois pas où tu veux en venir, il me semble que le film va plutôt dans ton sens, notamment via la très belle scène du camping sur le balcon.

Le film distille bien les deux points de vue, le père riche a un regard différent sur l'enfant après avoir su qu'il n'était pas de lui, il se rappelle de tous les petits détails et il les transforme en doutes. C'est autant psychologue que "dans le sang".
Au contraire vers la fin il se rend compte que l'éducation a un rôle non négligeable et qu'il s'est créé un lien fort entre lui et son fils "biologique".

Le real ne fait pas de différence "ça c'est bien et ça c'est pas bien", il expose bien le dilemme jusqu'au bout et ne donne pas de réponse précise, les deux solutions sont complexes.
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