Auteur Sujet: Domaine de Duplucky  (Lu 2355 fois)

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Domaine de Duplucky
« le: mardi 31 juillet 2012, 18:52:36 »
Bonjour à tous! :^^: Après une retraite qui a duré six années déjà, je pense qu'il est grand temps que je me remette à l'écriture. Cette motivation m'est revenue en partie grâce aux différents concours d'écriture auxquels j'ai participé ou participe actuellement. Merci donc à John Craft et à Krystal pour m'avoir redonné gout à l'écriture. :^^:

Toutefois, j'ai un objectif secondaire que je vais tenter de réaliser: inciter les gens à aller sur la partie fan du site, qui est un outil vraiment bien foutu mis en place par Bakura il y a quelques années et je trouve ça vraiment dommage qu'il soit si peu mis en avant. De ce fait, mes fictions Zeldaesques se retrouveront là-bas et vous ne trouverez ici qu'un lien indiquant que le nouveau chapitre est sorti. Ce topic servira essentiellement aux commentaires des lecteurs.

Enfin, personnellement, je suis une personne qui écrit mes textes avant tout pour les autres, pour leur donner du rêve, des frissons et des émotions, écrire pour moi-même ne m'intéresse absolument pas. J'espère donc recevoir beaucoup de retours pour mes chapitres, des critiques constructives, des discussions, des théories sur la suite des évènements, ce genre de truc, le tout dans la joie et la bonne humeur en évitant toutefois de spoiler les retardataires. Merci de votre compréhension et, je l'espère, de votre participation. :^^:

Fictions Zelda

La guerre des sceaux

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Les grandes épopées d'Hyrule

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Concours

Concours croisés

Premier Tour
Rattrapage

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Concours d'écriture

Premier tour

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Divers

La Chasse

Les cendres d'Iriel

Prologue
« Modifié: vendredi 05 août 2016, 01:14:56 par Duplucky »

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Domaine de Duplucky
« Réponse #1 le: mardi 31 juillet 2012, 18:57:32 »
Ah Duplucky. Tu ne peux pas me faire plus plaisir. Alors que je me suis pendant un temps occupé du coin fan, je ne pouvais que m'attrister de l'absence de participation dans le coin fan du site. J'ai donc hâte au nom de toute l'équipe et de tes futurs lecteurs de recevoir tes participations. ^^
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Domaine de Duplucky
« Réponse #2 le: mercredi 01 août 2012, 14:56:12 »
Merci pour ton message Yorick.  :^^: J'espère juste que mon concept va fonctionner. :)

Sinon dans un tout autre registre, ma nouvelle fanfic,
Les grandes épopées d'Hyrule, vient d'être mise en ligne avec son prologue:

Prologue

Bonne lecture et n'hésitez pas à commenter, même si je peux concevoir qu'ici, il n'y a pas grand chose à dire. :^^':

Chapitre 1

Et voilà le premier chapitre qui est enfin apparut. Ouah, j'ai commencé ce chapitre vers 17h et je viens seulement de le finir. Ca fait vachement peur. En espérant qu'il vous plaira même si pour le moment, il ne s'y passe pas grand chose d'intéressant. :^^:
« Modifié: mercredi 01 août 2012, 23:02:45 par Duplucky »

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Domaine de Duplucky
« Réponse #3 le: dimanche 05 août 2012, 13:02:36 »
Bon Dup, ton enthousiasme et ton manque de commentaire me font pitié et j'ai décidé de t'accorder ma grâce. v.v
Il ne se passe effectivement pas grand chose pour l'instant mais je te promets de suivre un peu ta fic et de commenter à l'occasion. Pour l'instant j'attends de voir celle-ci avancer.

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Domaine de Duplucky
« Réponse #4 le: mercredi 15 août 2012, 01:38:48 »
Concours d'écriture

Et voilà donc la fameuse fic du concours d'écriture. J'en profite pour annoncer que mon autre fiction sera momentanément en pause, la canicule n'étant de toute façon pas propice à l'inspiration et aussi parce qu'il me faut du temps pour digérer cette déculottée, merci de votre compréhension.




Talon regarda la pluie tomber, abrité dans sa petite ferme éloignée de toute  civilisation.  Il écouta le bruit apaisant de l’eau qui martelait le sol et sentit sans réel déplaisir l’odeur de la pierre mouillée tout en se remémorant les évènements de ces dernières semaines. Il y avait eu ce jeune garçon, tout de vert vêtu qui était venu triomphant, clamant haut et fort avoir vaincu le roi des démons, Ganon. Il avait brandit une magnifique épée à l’éclat argenté au-dessus de sa tête. Souriant, il était venu réclamer la main de sa fille qu’il avait rencontrée quelques années plus tôt lorsqu’ils étaient encore de jeunes enfants. Un mouvement d’ombre et de lumière captiva l’attention du fermier. Il se retourna lentement pour voir sa fille dresser la table pour le diner. Un mouvement de son bras avait ébranlé la petite flamme de la bougie qui éclairait le meuble. Malon avait bien grandit et était devenue une belle jeune femme. L’imposant propriétaire de la ferme était fier du travail qu’il avait réalisé avec sa défunte femme. Mais il était aussi triste de voir que sa fille n’avait plus esquissé le moindre sourire depuis le jour où son prétendant avait disparu du jour au lendemain, appelé par l’armée royale pour une autre mission d’importance capitale. Quand Ingo lui avait apprit qu’un puissant mage avait décidé de mettre Hyrule à feu et à sang pour à nouveau tenter de s’accaparer la puissance des Déesses, il n’avait pu que plussoyer la décision de Link de partir en hâte. Malheureusement, ils apprirent bien plus tard que le terrible Vaati avait vaincu le héros du temps et que ce dernier n’avait pas survécu.
Talon s’installa sur la chaise située en bout de table et attendit patiemment l’arrivée de sa nourriture. Ingo ne tarda pas à le rejoindre et à s’asseoir silencieusement à sa gauche. Cet homme était une personne égoïste qui faisait passer ses intérêts avant celui des autres. Il avait un jour prêté allégeance au seigneur des démons pour devenir le propriétaire de cette ferme. Mais il avait reconnu ses erreurs suite aux supplices qu’il avait du subir. Il avait été aussi touché par le pardon de son ancien propriétaire et surtout, par sa reconnaissance d’avoir bien amélioré le rendement de la ferme. Le père de Malon s’était effectivement rendu compte que son oisiveté avait mis en péril le ranch et que c’était uniquement grâce au travail de l’usurpateur s’il n’avait pas mis la clé sous la porte. La jeune femme aux cheveux marron apporta un pichet de vin, un bol emplit de pommes de terre et la cocotte cuite qui servira de plat de résistance, les déposa sur la table et s’installa sur la dernière chaise libre.  Les trois fermiers joignirent les mains, fermèrent les yeux et psalmodièrent une prière aux trois divinités qui créèrent ce monde, demandant leur miséricorde. Puis les deux hommes se jetèrent sur leurs assiettes et se lancèrent dans des débats concernant les fluctuations du marché de leurs produits et leurs prochains investissements. Malon mangea calmement tout en les observant d’un air pensif. Elle se remémora sa première rencontre avec ce drôle de garçon complètement perdu qu’elle avait appelé « Sauterelle ». Il était resté toute la journée à la ferme, notamment pour soigner ses blessures et récupérer ses forces. Elle se souvint de cette soirée magnifique où elle chantait sous un ciel orangé la chanson de sa défunte mère. L’enfant avec ce drôle de bonnet vert l’avait rejoint et avait sorti son ocarina pour l’accompagner dans un duo mémorable, malheureusement interrompu par Epona, l’espiègle jument qui avait percuté Link, le jetant à terre pour lui donner des coups de museau affectueux au visage. Où était-elle, maintenant ? Elle était partie avec celui qui était devenu son amant affronter ce terrible sorcier. Avait-elle périt avec lui ou bien était-elle maintenant libre de parcourir le monde à sa guise ?

Sentant les larmes venir à ces pensées, la jeune fermière se dépêcha de vider son assiette et interrompit la discussion de plus en plus bruyante des deux hommes, un peu éméchés par le vin.
-Je vais me reposer dans ma chambre, papa. Cette journée était éreintante ! Bonne nuit et à toi aussi Ingo !
Elle esquissa un sourire avant de se lever, tandis que Talon balbutia sa réponse, l’esprit altéré par la boisson et par la surprise de revoir enfin ce joli visage souriant qui lui manquait tant, même si cet instant n’avait duré que quelques secondes. Sa fille monta lentement les marches qui grincèrent légèrement, tout en écoutant la pluie tomber et l’orage qui tonnait au loin, indiquant son arrivée imminente. Elle entendit un bruit sourd venant de sa chambre et se redressa, toute son attention était maintenant fixée sur la porte en bois fermée. Elle s’en approcha lentement et posa son oreille contre le panneau. Elle n’entendait plus rien. C’était probablement encore le vent qui avait forcé les volets. Elle pénétra dans la pièce et vit ses suppositions se confirmer. Les volets étaient malmenés par le vent et se cognèrent une nouvelle fois l’un contre l’autre, provoquant à nouveau ce même bruit.  Malon s’approcha des battants et les fixa à nouveau avec une corde. Décidément, ni Ingo, ni Talon n’étaient capable de régler ce problème très gênant. Il ne restait plus qu’à espérer qu’ils tiendraient le coup pendant l’orage. La dresseuse d’Epona se retourna vers son lit et soupira en voyant que la flamme de la bougie avait été soufflée. Tant pis, ce n’était pas la peine de la rallumer, même s’il était déraisonnable de se coucher juste après avoir mangé, elle voulait vite quitter ce monde où plus rien ne l’intéressait pour rejoindre le pays des songes pour y retrouver son amant et sa fidèle jument. Elle se glissa donc sous les couvertures de son lit et ferma les yeux. Le bercement de la pluie ne tarda pas à la faire plonger dans le domaine du poisson-rêve.
Un coup de tonnerre tonitruant accompagné d’une vive lumière la réveilla en sursaut. Elle posa sa main sur son cœur agité et regarda le plafond caché dans les ténèbres. Elle entendait encore son père se chamailler avec son employé. Malon se tourna lentement sur le dos, ses cheveux s’étalant tout autour de son visage et elle fixa de ses deux yeux bleus les planches du plafond. Quelque chose n’allait pas. Une goutte d’eau lui était tombée sur le front alors qu’il y avait encore un étage entre sa chambre et le toit : celui du grenier. Un nouvel éclair illumina la pièce et elle découvrit avec effrois un monstre deux fois plus grand qu’elle, accroché au plafond avec ses huit longues pattes poilues, la tête en bas. Une tâche blanche ressemblant vaguement à un crâne était dessinée sur le gros sac boursoufflé qui servait d’abdomen à la créature. La jeune femme hurla lorsqu’au coup de tonnerre suivant, le monstre se laissa tomber sur elle, effectuant un demi-tour en plein vol pour se retrouver dans la bonne position. En une fraction de seconde, elle écrasa la fermière de tout son poids et planta ses mandibules dans sa gorge, injectant son mortel venin, avant de se précipiter vers la fenêtre, d’en défoncer les volets d’une charge bien placée et de monter sur le battant supérieur pour disparaitre sur le toit de la maison, laissant sa victime agoniser derrière elle.
Talon et Ingo, interrompus dans leurs discussions par le cri, escaladèrent les escaliers à toute vitesse, manquant de se tordre la cheville dans leur précipitation. Ils se jetèrent sur la porte de la chambre de la fille du fermier qui s’ouvrit à la volée et découvrirent, dans une nouvelle illumination macabre, la propriétaire de la chambre en train d’agoniser, ses deux mains serrées autour de son cou. Son père se précipita à son chevet en marmonnant des « Oh ma pauvre chérie, non pas ma pauvre chérie » paniqués, tandis qu’Ingo se jeta à la fenêtre, espérant découvrir le coupable de ce crime.
-La lucarne du grenier a été enfoncée ! déclara-t-il en se retournant vers son patron.
-Va me chercher de quoi la soigner au lieu de rester planter là, bougre d’idiot ! explosa ce dernier, les yeux embués de larmes.
Ingo s’exécuta tandis que Talon tenait l’une des mains de son trésor entre ses deux grosses paumes poilues en lui marmonnant des paroles réconfortantes. Mais rien à faire, Malon suffoquait, n’arrivait plus à reprendre sa respiration tandis que le venin faisait son œuvre. Du sang suintait des deux trous dans sa gorge à chaque râle. Des larmes coulèrent de ses yeux. De sa main libre, elle attrapa celles de son père en essayant de marmonner « Pa… pa » mais sans grand succès. Elle eut une féroce quinte de toux qui la faisait se redresser sur son lit, avant de retomber en arrière. Sa poitrine s’abaissa dans une dernière expiration et la fille unique du gros fermier, déjà meurtrit par la perte de sa femme, s’éteignit.

Lorsqu’il pénétra à nouveau dans la chambre du drame, Ingo découvrit un homme ravagé par la tristesse et la colère. Il lui hurla dessus lorsqu’il l’entendit entrer.
-Pourquoi as-tu été si long ?!? Pourquoi n’es-tu pas arrivé plus vite ?!? On aurait pu la sauver !!! Elle ne serait pas morte si tu n’étais pas aussi stupide !!!
Le fermier maigre le laissa continuer à vociférer pendant plusieurs minutes et attendit patiemment que la tempête intérieure se calme avant de prendre la parole.
-Monsieur, quelque soit le monstre qui a fait ça, il est toujours là, dans le grenier ! Nous devrions le tuer pour la venger.
-Oui… En voilà une excellente idée… commença Talon, sur un ton des plus étranges, Tu as tout à fait raison Ingo. On va le retrouver et on va le transpercer encore et encore jusqu’à ce qu’il meurt…
Son acolyte se raidit en découvrant la lueur meurtrière qui animait les yeux de son supérieur. Il n’aimait vraiment pas ça. C’était vraiment très inquiétant. L’homme semblait être au bord de la folie. Talon se releva et quitta la chambre en discutant en bousculant son homme de main, tout en gardant le silence lorsque celui-ci lui demanda sa nouvelle destination. Il se contenta de le suivre, le vit quitter la maison et lui emboita le pas. Evidemment, le gros moustachu allait à la grange pour s’armer. Le valet le suivit et s’empara de la fourche que lui tendit l’homme brisé. Ce dernier en prit une deuxième ainsi qu’une lanterne et brava à nouveau la tempête pour rejoindre le lieu du crime. Il prit la chandelle sur la table et la plaça précautionneusement dans la lampe avant de grimper lentement les escaliers. Il faisait maintenant bien sombre dans le couloir. Il avança lentement, la lueur de la petite flamme n’éclairant qu’à peine à deux pas devant lui. Ingo le suivait de près, en silence, l’estomac noué. Décidément, il n’aimait pas du tout ce qui se tramait ici. Un nouvel éclair illumina brièvement la chambre de la morte lorsqu’ils  passèrent. L’ancien serviteur du démon jeta un œil au corps couché sur le dos, les mains jointes sur la poitrine et sentit son cœur se serré. Il n’avait jamais osé avouer que s’il avait gardé Malon lorsqu’il avait été le propriétaire du ranch, c’était parce qu’il était attiré par elle. Un désir malsain qu’il a apprit à cacher au plus profond de lui-même mais le fait de la voir là, le visage déformé par la douleur, l’anéantissait aussi, bien qu’il n’en laissa rien paraitre.
Le seul bruit qu’ils entendaient en passant devant la chambre du père était celui de la pluie qui ne cessait de marteler les volets, accompagnée par le claquement du tonnerre. Puis enfin, ils arrivèrent devant la trappe qui menait au grenier. Talon tira sur la corde qui fit descendre l’échelle et il entreprit de monter une ou deux marches avant de poser la lanterne sur le bord de l’ouverture. Il agrippa ensuite sa fourche et continua sa sombre ascension. Une fois arrivé en haut des marches, il ramassa à nouveau sa lanterne et regarda autour de lui. Il y avait de grosses caisses un peu partout, plusieurs planches étaient posées contre le mur sur la droite tandis qu’un tas de paille prenait la pluie devant la lucarne enfoncée. Il s’approcha lentement de cette dernière, restant néanmoins à une distance raisonnable pour éviter de perdre la lumière octroyée par la chandelle. Il ne sera déjà pas évident de trouver le monstre dans tout ce capharnaüm avec cette source flamboyante alors sans.  L’ancien usurpateur s’extirpa enfin dans la trappe et commença à fouiller méticuleusement entre les caisses, sa fourche prête à frapper. Le propriétaire de la ferme fit de même de l’autre côté de la salle. Ingo s’éloigna de plus en plus de la trappe, naviguant lentement entre les lourds conteneurs en bois. Pour le moment, il ne voyait rien de suspect. La pluie continua de tomber, l’orage envoya encore et toujours des manifestations spectrales de sa présence, suivies de leurs cris de colère. Là-bas ! Entre deux caisses. Il avait vu quelque chose y remuer à la lueur d’un nouvel éclair. Il en était certain ! Le valet de ferme s’approcha lentement de l’endroit, pointa sa fourche et… Soudain, une créature noire se jeta sur lui en piaillant et en lui griffant le visage avec ses ailes griffues avant de s’envoler à l’autre bout du grenier. Ingo jura et se retourna dans la direction dans laquelle avait disparue la chauve-souris. Son cœur manqua un battement. Juste devant lui était suspendue une énorme araignée avec un crâne dessiné sur son abdomen. Le monstre siffla avant de se jeter sur sa nouvelle proie qui se débattit en hurlant, en frappant partout où il pouvait atteindre le monstre, dans une tempête infernale de pattes poilues qui s’agitaient de tout côté. Finalement, il parvint à repousser l’araignée et à la faire tomber sur le dos. Malheureusement, il avait aussi fait tomber sa fourche et ne la trouvait pas dans la pénombre. Il entendit le monstre se débattre  pour se remettre sur le ventre et décida de s’en aller avant qu’elle ne puisse se remettre sur ses pattes. Il se mit à courir vers la lucarne, espérant y retrouver son propriétaire mais la skulltulla fût plus rapide que lui. Elle bondit à nouveau et le plaqua sur le ventre dans le foin. Ingo se débattit en criant de plus belle tandis que l’araignée usa de ses pattes pour le faire se retourner sur le dos, avant de lui planter ses mandibules dans la gorge. Entretemps, avec un cri de rage, Talon chargea le monstre et tenta de planter sa fourche dans son dos, mais l’effroyable créature esquiva sans problème et c’est dans la poitrine de son compagnon de ferme que s’enfoncèrent les terribles pointes d’acier. La créature se jeta sur son nouvel agresseur mais ce dernier la repoussa. Elle parvint toutefois à balancer la lanterne par la lucarne d’un coup de patte désordonné. Cette dernière rebondit sur les tuiles du toit, la chandelle s’éteignant et se brisant sous le choc et termina sa course dans la gouttière.

Le fermier hurla de rage lorsqu’il constata que la créature avait à nouveau disparut dans l’ombre. Il entendit ce traitre de larbin pleurer de douleur et le vit tendre désespérément son gros bras poilu dans sa direction d’un air suppliant. Alors l’imposant propriétaire explosa de rage et replanta encore et encore sa fourche dans le corps de celui qui l’avait jadis trahit, lui transperçant le ventre, les flancs, le torse, faisant jaillir le sang, tout en hurlant des « Tais-toi ! Tais-toi ! Tais-toi ! » au rythme de ses coups. Et Ingo finit par obéir, ce qu’il restait de son être noyé dans un océan de paille rougeoyante. Alors son meurtrier leva les bras en signe de victoire et poussa un cri d’allégresse. Il s’était enfin venger de ce traitre qui l’avait tant fait souffrir, de cet homme qui n’avait pas hésité à le trahir pour son confort personnel tout en le privant de ce qu’il avait de plus cher à ses yeux : sa fille. Mais se venger ? De lui avoir ouvert les yeux d’avoir été un gros fainéant inutile ? D’avoir sauver la ferme familiale que sa flemmardise mettait à mal ? Talon se laissa tomber à genou, se rendant compte de l’horreur qu’il avait commise. Sa rage l’avait aveuglé et il avait confondu ses cibles. Comment pouvait-il jamais vivre avec cela ? Autant en finir tout de suite ! Il entendit soudain un bruit qui mit fin à ses sombres pensées. Il leva le regard et vit quelque chose glisser lentement dans la pénombre avant de finalement tomber par terre dans un fracas étonnamment assourdissant. Un nouvel éclair lui révéla que c’était une des planches posées contre le mur qui avait glissé. Mais quelque chose a du la toucher… Le fermier ne pourrait assurément jamais vivre avec ce qu’il venait de commettre mais il était absolument hors de question de laisser le monstre responsable de la mort de sa fille en liberté. Après tout, c’était cette horreur qui avait provoqué toutes ces horreurs. Ils vivaient tranquillement au jour le jour, vendant le lait de leurs vaches aux marchés des villes du coin. Ils ne faisaient rien de mal. Pourquoi donc les Déesses avaient-elles envoyé cette malédiction sur eux ? Pourquoi tout cela s’était-il produit ? Il agita la tête pour dissiper toutes ces pensées et se consacrer à son objectif prioritaire : la mise à mort de cette effroyable skulltulla. Il se releva lentement et, se répugnant à enlever son arme du corps refroidi de son ancien camarade, il s’avança prudemment vers l’endroit d’où Ingo avait surgit. La pluie continuait son martellement incessant alors que l’orage semblait plus lointain.  Le gros moustachu continua de marcher lentement, retint son souffle lorsqu’il sentit une planche craquer sous son poids, ferma les yeux et attendit.
Il n’y avait aucun bruit particulier. Il se risqua donc à ouvrir à nouveau les yeux et poussa un soupir de soulagement lorsque soudain, un gros coup de tonnerre le fit hurler de surprise, le faisant se retourner au quart de tour. Il posa une main sur son cœur et poussa un nouveau soupir, maudissant son imbécilité. Le fermier se retourna lentement et continua son avancée dans les ténèbres oppressantes. Sans lanterne, il se sentait vraiment vulnérable. Il repensa à retourner auprès du corps d’Ingo pour y arracher la fourche mais juste le fait de penser à cette idée le révoltait. Il continua donc à poser un pied devant l’autre à une vitesse incroyablement lente et ne perçut pas le léger mouvement sur sa droite. Il arriva au coin de la rangée des conteneurs et pivota sur la droite. Il sentit quelque chose d’étroit et d’arrondit sous son pied. Il s’abaissa pour tâter l’objet. C’était un manche. Oui ! Le manche de la fourche d’Ingo ! Il entreprit de la ramasser mais senti une certaine résistance du côté des dents meurtrières. Elle s’était peut-être plantée dans le bois ? Quelle poisse, une chance sur cinq cents que cela survienne et il fallait que ça arrive à un tel moment ! L’homme se mit à genou et entreprit de tirer de toutes ses forces lorsqu’un nouvel éclair survint, lui révélant ce qui maintenait la fourche au sol.  Il se retrouva nez à nez avec huit yeux noirs illuminés par l’éphémère lueur blanche. Les redoutables mandibules de la créature cliquetèrent en-dessous. La skulltulla avait posé l’une de ses pattes sur l’arme du valet et la maintenait au sol avec une force étonnante. Sa haine s’étant estompée, Talon n’avait plus rien pour affronter cette horreur. Il hurla de terreur, pivota et se mit à fuir en direction de la trappe. Mais il devait contourner toutes les caisses là ou l’araignée se contenta de sauter dessus et de courir par-dessus pour lui couper la route. Talon arriva néanmoins jusqu’à l’échelle et commença à la descendre quatre à quatre quand le monstre lui bondit sur le dos, le faisant dévaler les marches dans un craquement sinistre. Une douleur effroyable à la cheville gauche lui indiqua qu’elle était foulée. Il poussa un grognement de douleur tandis qu’il se trainait lentement vers la chambre de sa fille, l’araignée descendant calmement les échelons déformés avec un plaisir sadique à voir ainsi sa proie tenter de fuir. Talon savait qu’il avait perdu, il n’avait plus aucune arme, il ne pouvait même plus se relever, que pouvait-il faire face à ça ? Tout ce qu’il voulait maintenant, c’était mourir aux côtés de sa fille bien-aimée. Les larmes aux yeux, il continua de ramper vers la chambre de sa fille. Au bruit de la pluie qui continuait de tomber se mêlaient les petits craquements rapides du bois qui souffrait sous la pression des pattes de la créature qui suivait son futur repas.
Un ultime éclair révéla son ultime cauchemar à Talon : deux araignées plus petites que la tueuse du ranch, étaient installées sur le ventre de la jeune femme. Les deux créatures avaient, au contraire de leur grande sœur, le corps pâle avec des tâches noires qui évoquaient les yeux et les narines d’un crâne et elles étaient aussi grosses qu’une tête hylienne. L’une des skullwatullas fit surgir un aiguillon de son abdomen et le planta dans le ventre de Malon. Talon hurla de douleur, de rage et de chagrin et entreprit de se relever pour se jeter tant bien que mal vers les profanatrices. Mais deux autres araignées surgirent l’une après l’autre de la fenêtre défoncée et se dirigèrent vers lui. Elles commencèrent à lui escalader les jambes, le déséquilibrant  et le faisant ainsi lourdement tomber sur le dos. Le malheureux fermier se retrouva la tête sous les canines empoisonnées de la skulltulla géante qui les enfonça dans sa chair. L’homme sentit l’air lui manquer, porta ses grosses mains velues à sa gorge et tenta désespérément de respirer. Mais rien à faire, d’autant plus qu’il sentit son œsophage se compresser de plus en plus tandis que sa gorge semblait gonfler. Puis soudain, il sentit une autre douleur dans le ventre. Une skullwatulla venait de lui planter son aiguillon dans l’estomac. Il sentit plusieurs choses rondes s’entasser dans ses boyaux mais cela n’avait plus d’importance maintenant. Il ferma les yeux et attendit que l’une des trois Déesses vienne le chercher pour l’emmener dans le Saint Royaume.

Le facteur pesta sur ces foutus fermiers qui habitaient loin des villes. Il était crevé. Mais bon, il savait qu’une bonne tasse de lait et une jolie fille l’attendaient au ranch Lonlon. Lorsqu’il arriva à l’entrée de la ferme entourée par un gros mur d’enceinte de pierre, il fût étonnamment surpris de voir la grille enfoncée.
-Oulala, y a eu pas mal de dégât ici ! déclara-t-il à haute voix.
Il se dirigea lentement vers la maison et ne vit pas la petite araignée se cacher sous la toiture de la grange. Il frappa à la porte et attendit. Rien, pas un bruit, ni aucun mouvement. Il refrappa en demandant s’il y avait quelqu’un. Toujours aucun réponse. Ah non, il n’avait pas fait tout ce chemin pour rien ! Il décida donc d’entrer de lui-même. Ce n’était pas trop poli mais cela fait depuis potron-minet qu’il voyage dans la boue, il mérite quand même un minimum de réconfort ! La vue à l’intérieur de la maison était stupéfiante : tout était sans dessus-dessous et recouvert d’un vaste réseau d’énormes toiles d’araignées blanches. Il s’avança d’un pas dans l’embrasure de la porte et regarda autour de lui en sifflant.
-Oulala, ça fait un bail qu’il y a plus personne qui a fait le ménage ici ! Vous vous êtes brouillés avec votre fille ou quoi ?
Il ne distingua pas l’araignée de la taille d’une main qui descendit de son fil pour aller se placer dans son dos et continua de regarder autour de lui.
-Si vous voulez, je peux aller la chercher à votre place, hein vous savez ! Haha ! Elle est bonne, hein ?
Puis il sentit une pointe se planter dans sa colonne vertébrale, ses jambes se dérober et il tomba lourdement sur le ventre avec un cri douleur. Il se retourna pour se masser le dos mais ressenti quelque chose de froid à la place.
-Qu…Qu’est-ce que c’est que ça ?!? hurla-t-il en voyant l’araignée bondir de son dos pour aller se cacher sous la commode.
Il se retourna pour tenter de se redresser et se retrouva nez à nez avec les huit yeux d’un monstre deux fois plus gros que lui et ne pût s’empêcher de pousser un ultime cri de terreur…


« Modifié: jeudi 18 juillet 2013, 23:10:31 par Duplucky »

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« Réponse #5 le: mercredi 17 juillet 2013, 01:54:24 »
La Chasse est la fiction que j'ai du rédiger pour le Secret Santas de Fenomal. Je pense que j'ai suffisamment laissé passer de temps pour pouvoir maintenant la rendre publique et permettre à tout le monde de pouvoir en profiter :^^:




La Chasse


-Allez Wolfgang, il est temps d’aller chasser ! déclara Fenrir à son enfant, un jeune louveteau qui venait d’atteindre sa première année d’existence.

-Chouette, qu’est-ce qu’on va attraper aujourd’hui ? demanda le petit, agitant sa queue de plaisir.

-Comme d’habitude, ce qu’on trouvera en chemin. Tout est une question de chance… et un peu de talent ! Allez, viens, c’est l’heure.

Fenrir frotta sa joue contre celle de Raïssa, sa louve qui lui demanda d’être prudent et il quitta sa tanière pour s’enfoncer dans la nuit, son fils bondissant derrière lui.  La forêt  était une vaste étendue regroupant de nombreux types d’arbres, allant du bouleau au pin, en passant par les châtaigniers, les saules et les hêtres. Le sol était recouvert de nombreuses branches de ces monuments naturels ainsi que de leurs feuilles. De nombreux buissons prospéraient entre leurs racines  de telle sorte que les endroits dépourvus de végétations étaient  rares. Les deux loups traversèrent les épineux et bondissaient dans les flaques de boue puis, sans prévenir, Fenrir se plaqua au sol. Il jeta un œil à son fils qui l’imita dans la seconde et lui sourit. Le petit retenait manifestement ses leçons sans aucun problème. Il rampa jusqu’à son père et lui demanda en murmurant ce qu’il avait trouvé.

-Regarde derrière ce buisson, lui répondit à voix basse son père, c’est le fils  Cerfblanc.

Un peu plus loin, un jeune faon gambadait dans les buissons, insouciant de la menace qui pesait sur lui. Il fit fuir un groupe de musaraignes qui filèrent sur les feuilles mortes à une vitesse impressionnante.

-Ses parents ne doivent pas être très loin, commenta le grand loup argenté, il va falloir frapper vite et avec précision. On n’aura qu’une seule chance, petit.

Wolfgang ne quitta pas la proie des yeux une seule seconde. Ses oreilles dressées indiquèrent à son père qu’il écoutait ce qu’il lui disait. Il s’approcha de l’une d’elle et lui souffla dedans un « Regarde et apprends. » Puis, il bondit hors du buisson, d’un bond majestueux, son pelage reflétant les lueurs argentées de la lune et atterrit sur le jeune cervidé, le jeta au sol et lui brisa la nuque d’un puissant coup de mâchoire. Il se mit à courir vers son fils en trainant la carcasse derrière lui, le dépassa et  continua sa course sans s’arrêter. Son enfant comprit qu’il devait le suivre et lui emboita le pas à toute vitesse, naviguant entre les arbres à un rythme effréné. Ils coururent ainsi pendant quelques minutes avant que le chasseur ne commence à ralentir le rythme et à trottiner.

-Ouah, papa, tu as été génial ! déclara son fils, impressionné. Tu l’as eu d’un seul coup !

Son père dressa la queue, fier comme un coq et bomba le torse. Un Clang métallique se fit entendre, suivit par le hurlement de douleur de son rejeton : un piège à loup s’était refermé sur sa patte avant, les dents d’acier pénétrant dans sa peau. Fenrir laissa tomber le corps du jeune faon au sol et vola au secours de son fils, il tenta de mordre l’engin diabolique, d’écarter ses crocs avec son museau ou en grattant inutilement entre les deux morceaux. Sans succès. Il frotta sa joue contre celle de son enfant en lui disant rapidement  « Ne t’inquiète pas, mon fils ! Je vais chercher Brunhault, il saura te libérer ! Je reviens tout de suite ! » Et il partit. Il n’avait pas d’autre choix que de laisser le petit Wolfgang seul et il le savait. Il ne voulait pas perdre son dernier enfant, ça non, il ne laissera jamais une telle chose arriver ! Trois enfants morts, dont deux emportés par une étrange maladie, c’était  déjà une épreuve terrible. Ce qui lui avait permis d’aller de l’avant, c’était le bien-être de son dernier descendant et il n’allait certainement pas le laisser mourir, piégé dans cette horreur venue d’un autre monde. Il passa tout le trajet à ruminer le passé et ses inquiétudes et fut surpris d’être déjà devant la grotte de Brunhault. Il entra et l’appela plusieurs fois par son nom. L’écho résonna quelques secondes, puis un grognement lourd lui  répondit. Le loup gris vit une énorme masse sombre s’agiter dans l’ombre puis sortir lentement de sa tanière. L’ours brun s’étira et bailla.

-Et moi qui dormais si bien. Pourquoi me réveilles-tu, Fenrir ? demanda-t-il d’une voix encore endormie.

-Brunhault, il faut que tu m’aides ! Mon fils est tombé dans un piège d’homme ! Aide-moi par pitié !

-Ola, ça sent les embêtements, ça ! Mais bon, on peut pas laisser ce petit bout aux griffes de ces abominations. Montre-moi où c’est !

Et l’imposant animal emboita le pas au canidé. Il brisa les branches d’arbre les plus basses sur son passage et écrasa quelques buissons avant d’arriver à destination et pour constater la disparition de Wolfgang

-Non ! On arrive trop tard ! s’exclama son père, horrifié, l’homme l’a emporté ! Brunhault, il faut aller le chercher !

-Heu… C’est triste, ce qui t’arrive, mon gars. Mais, attaquer un homme. Il risque de me tuer sans me toucher. J’ai trop peur pour l’affronter.

-Tu oserais abandonner mon fils à ce monstre ? Riposta le tueur de faon en grognant. Tu n’es qu’un lâche !

Et il bondit sur l’ours, voulant le mordre à la gorge. Mais ce dernier le frappa avec l’une de ses puissantes pattes et le jeta contre un arbre. Le loup resta couché, sonné, brisé.

-Je suis désolé, Fenrir. Il faut te faire une raison. Wolfgang est déjà mort.

Et Brunhault s’en alla tristement, les oreilles basses et avec lui, tout espoir pour Fenrir de revoir  son dernier descendant. Le chasseur nocturne resta allongé un long moment, gémissant de chagrin, son museau enfoui entre ses pattes. Au beau d’une durée qui lui sembla infinie, comme figée dans le temps, l’animal entendit un craquement près de lui. La pensée insensée que Brunhault soit revenu sur sa décision lui fit redresser la tête pour se retrouver nez à nez avec un magnifique cerf à la robe foncée,  la gorge recouverte d’un pelage épais de couleur blanche et ses branches se divisant en ramification qui pointaient vers le ciel. Cerfblanc, droit et fier, regarda le misérable carnassier allongé par terre et un peu plus loin, le corps sans vie de son fils.

-Voilà donc le responsable de la mort de mon enfant, commença-t-il d’une voix froide, dénuée d’émotion.

-Cerfblanc, il faut m’aider ! L’homme a attrapé mon fils et…

-Silence ! Voilà donc le comportement d’un des derniers chasseurs de la forêt ? Oser tuer mon fils et me demander de l’aide ? Puisses-tu souffrir autant que je souffre en ce moment-même !

Il baissa la tête, pointant ses cornes vers le loup, qui sentant le danger, bondit sur ses pattes, mais l’herbivore fût plus rapide et le frappa de plein fouet, le faisant valdinguer dans les buissons. Puis il se releva, jeta un regard de dédain à l’endroit ou disparut le meurtrier de sa progéniture et s’en alla, fier comme le seigneur de la forêt qu’il était.  Le canidé se releva péniblement, tout le corps le faisant souffrir et retourna péniblement chez lui pour annoncer la terrible nouvelle à sa conjointe, la queue et les oreilles baissées. Rejoindre sa tanière lui paru durer une éternité.  Il réfléchit à la façon d’annoncer l’horreur à Raïssa mais aucune ne lui vint et lorsqu’il surgit des fourrés, il se contenta de fixer une louve inquiète de son état qui se leva et alla à sa rencontre.

-Que s’est-il passé, mon amour ? Où est Wolfgang ? demanda-t-elle.

Et il lui expliqua comment le jeune louveteau avait été pris dans le piège, comment il avait été cherché Brunhault pour découvrir sa disparition et la réaction de l’ours et de Cerfblanc. Une fois son récit terminé, il se laissa tomber sur le sol, les oreilles basses et ne bougea plus. Sa conjointe, ravagée par le chagrin, hurla à la mort. Un long cri qui fit fuir les oiseaux endormis dans les arbres. Aucun des deux animaux ne fit attention à ce qui les observa un moment, caché dans l’ombre des arbres, avant de faire demi-tour.

-Je vais le chercher, déclara Raïssa après un moment de silence.

Fenrir paru surpris par cette déclaration soudaine. Il tenta de l’en dissuader un moment mais la détermination de sa compagne était telle que tous ses efforts se révélèrent vains. Il décida alors de l’accompagner mais elle refusa  en lui disant « Tu es blessé, tu as besoin de te reposer. J’irai seule. Je ne veux pas prendre le risque de te perdre toi aussi. » Puis elle lui donna un petit coup de truffe dans le cou avant de se diriger vers la sombre forêt. Elle galopa, sautant par-dessus les fourrés, zigzaguant entre les arbres avec une grâce inégalée mêlée à une rapidité furtive. Elle passa un dernier groupe d’arbrisseaux et se retrouva à la lisière de la forêt, quelques minutes à peine après son départ. Là se trouvait une petite maison d’homme, aux murs de pierre grossiers et au toit recouvert de tuiles sombres. Il y avait deux fenêtres sur la façade arrière qui étaient illuminées par la lumière tremblotante d’un feu de cheminée. La maisonnette était entourée par une clôture qui englobait aussi un autre bâtiment, plus grand mais construit uniquement en bois : c’était une grange.  Elle était située en face de la maison, à l’opposé de la forêt. Et entre les deux, se trouvait une niche dans laquelle dormaient Brutus et  Barok, les deux chiens de gardes de l’humain : deux labradors retrievers dressés à défendre le domaine de toute intrusion sauvage et à traquer leurs proies. Lorsqu’elle les vit, Raïssa se coucha et se concentra. L’infiltration allait se jouer avec eux. Elle devait faire attention au sens du vent pour éviter qu’il ne leur apporte son odeur naturelle qui trahirait sa présence. De plus, leur ouïe était très développée, elle devait donc aussi veiller à avancer le plus silencieusement possible. Enfin, un dernier problème ce posait : où était Wolfgang ?

-Pas dans la tanière de l’homme, pensa-t-elle, il ne la partagerait même pas avec ses esclaves. Peut-être l’autre tanière ?

Et elle attendit que le vent souffle dans sa direction pour commencer à s’approcher silencieusement de la construction en bois. Elle resta à l’extérieur des barrières et passa derrière la niche des deux animaux domestiques.  Son cœur battait la chamade. Elle se rapprochait lentement mais sûrement de son objectif. Puis, elle entendit un chien grogner et se plaqua au sol.  Barok regardait dans sa direction. Elle n’osa plus bouger jusqu’à ce qu’il détourne à nouveau son regard. Mais cela prit plusieurs longues minutes avant qu’il ne daigne enfin retourner à sa conversation avec son compère. De ce que la louve put entendre, les deux compagnons de l’homme s’impatientaient de participer à leur prochaine chasse au lapin mais elle se s’attarda pas pour en savoir plus et, après avoir vérifié qu’aucun des deux ne regardent dans sa direction, elle se glissa jusqu’à la porte du bâtiment et se retrouva devant un sérieux problème : le panneau était lourdement fermé. Raïssa n’avait pas le temps de chercher un moyen de l’ouvrir. Les deux gardiens pouvaient la voir à tout moment. Elle se contenta de glisser son nez entre les battants, à ras du sol et de sentir les odeurs qui s’y trouvaient. Parmi les odeurs d’ustensiles rouillés et de paille, elle reconnut celle de son fils. Il était bel et bien là. Il lui fallait trouver un moyen d’entrer maintenant. Elle reprit sa route et entreprit silencieusement de faire le tour de la grange. Les chiens ne l’avaient pas encore détectée. Elle longea le mur  puis découvrit plusieurs caisses et tonnelles entreposées sous un évent. Elle commença à grimper cet escalier de fortune et arriva devant l’aération et tenta tant bien que mal de s’y engouffrer. C’était très étroit et elle du se faire violence pour parvenir à entrer à l’intérieur de la tanière secondaire de l’homme pour tomber dans le tas de paille. Elle entendit son fils pousser un cri de surprise et se dépêcha d’émerger de l’herbe sèche pour le rassurer.

-Maman ! fit Wolfgang en agitant la queue de joie.

Sa mère l’imita et vint lui lécher la figure avec toute l’affection maternelle qu’elle pouvait lui donner. Puis elle l’examina : il semblait aller bien, si ce n’était sa patte avant ensanglantée et cette chaîne qu’il avait autour du cou et dont l’autre extrémité était plantée dans la terre, l’empêchant de s’enfuir. Elle marmonna des paroles de réconfort à son rejeton puis attrapa le piton entre ses mâchoires et entreprit de tirer dessus. C’était dur mais elle n’abandonna pas. Elle sentit le pieu d’acier glisser petit à petit puis, sans crier gare, il céda. La louve fût emportée par sa propre force et retomba en arrière tandis que l’entrave retomba dans un seau de fer, provoquant un tintamarre de tous les diables. La réaction des chiens de garde ne se fit pas attendre : ils se mirent à hurler à l’intrus et tentèrent de se diriger vers l’origine du bruit. Mais leurs chaînes les empêchaient de trop s’éloigner de leur niche. Raïssa regarda autour d’elle à la recherche d’une autre sortie : l’évent par lequel elle était passée était beaucoup trop haut pour qu’ils puissent ressortir par là. A part quelques bidons et une étagère contenant des outils, il n’y avait rien d’autre dans la grange. Ils étaient pris au piège !

-Qui est là ? fit une voix inconnue, une voix forte, celle de l’homme. Je vous préviens, je suis armé !

Un plan germa dans la tête de la mère du captif. Elle se plaqua au sol et murmura à son fils « Dés que la porte s’ouvre, cours vers la forêt aussi vite que tu le peux ! » La double-porte s’ouvrit lentement en grinçant légèrement. Puis le visage de l’homme, recouvert de poils au menton et aux joues, apparut pour la première fois aux yeux de Raïssa qui ne se laissa pas abattre et bondit directement sur lui, le jetant à terre, l’étrange bâton qu’il tenait lui échappant des mains. Elle le mordit au visage, il hurla de douleur, puis lorsqu’elle vit Wolfgang passer à côté d’elle en galopant, elle le suivit. Les deux animaux prirent soin de garder leurs distances avec les chiens de gardes avant de disparaitre dans la forêt. Mais l’humain se releva et jurant, se dirigea vers ses chiens qu’il libéra de leurs chaînes.

-Trouvez-les et tuez-les ! leur hurla-t-il avant qu’ils ne partent à leur trousse.

Brutus et Barok étaient deux excellents chasseurs de gibier, aucune proie ne leur échappait. Leur pelage noir les rendait de plus pratiquement invisible dans l’obscurité. Ils savaient sentir leurs proies tout en courant, leur permettant de gagner facilement du terrain.  Les deux loups s’approchèrent de leurs tanières mais Raïssa n’était pas stupide, elle savait que mener les deux labradors à sa tanière signifierait un massacre sans nom.

-Wolfgang, continue jusqu’à la tanière ! Je vais les mener sur une fausse piste ! ordonna-t-elle.

-Mais maman ?

-Fait ce que je te dis !

Et elle obliqua sur la gauche tandis que son fils continua à se frayer un chemin dans les fourrés, galopant sur ses trois pattes valides, la chaîne trainant derrière lui. Sa mère ralenti le rythme et s’arrêta de manière à être vue par les deux acolytes de l’humain. Ces derniers dressèrent la tête en la voyant et se mirent à grogner avant de lui bondir dessus. Elle repartit donc de plus belle dans une toute autre direction, les deux molosses à ses trousses. La poursuite continua de longues minutes avant que Raïssa n’arrive devant un groupe de rocher qui lui bloqua la route.  Elle commença à les escalader avec difficulté : elle était épuisée par cette course effrénée. Brutus arriva sur elle, l’attrapa par la queue et la fit tomber en bas des rochers. Avant qu’elle ne puisse se relever, Barok lui sauta dessus et referma ses crocs sur sa gorge. La louve se débattit comme elle le pouvait mais elle était maitrisée et ne semblait plus rien faire d’autre qu’attendre la mort. Soudain, ce fût au tour de Fenrir d’entrer en action en bondissant depuis un fourré  pour refermé ses crocs dans la nuque de Barok, le forçant à lâcher prise. Mais il était trop faible pour rivaliser avec l’animal en pleine forme, lui qui était si blessé. Le molosse le repoussa sans peine et lui fit face. La chasseresse forestière se releva elle aussi et fit face à Brutus.

-Laissez-vous faire et je vous promets une mort rapide, commença Barok en retroussant ses babines.

-Ça c’est ce qu’on va voir… répondit calmement Fenrir, concentré, prêt à frapper au moment critique.

Les animaux restèrent quelques secondes immobiles à se jauger. Soudain, Fenrir et Brutus sautèrent sur leurs adversaires respectifs.  Barok repoussa Fenrir d’un coup de patte dans le museau tandis que les crocs de son compère se plantèrent dans la nuque de la compagne du loup blessé. Mais cette dernière parvint à se redresser suffisamment pour lui faire lâcher prise. Elle contre-attaqua peu après en plantant ses crocs à la naissance du cou. Les deux adversaires se redressèrent et se retrouvèrent en équilibre, chacun sur deux pattes avant de tomber sur le côté.  Raïssa roula sur elle-même puis rebondit à nouveau sur le retriever et planta une nouvelle fois ses crocs dans sa gorge. Pendant qu’elle le maintenait en son pouvoir, son frère parvient à prendre le dessus sur le compagnon de la louve, le mettant sur le dos et le maintenant au sol avec ses mâchoires. Aucun des deux ne bougeait. Ils savaient tous les deux que le premier qui lâcherait signerait l’arrêt de mort de son compagnon. Ce qu’ils ignoraient, c’était qu’un troisième élément allait faire balancer le cours de la bataille.

-Parfait, surtout ne bouge plus… murmura l’humain, son fusil pointé sur Raïssa.

Il s’était caché derrière des buissons, faisant glisser le canon de son arme entre les branchages. Il visait soigneusement la louve qui, absorbée par son combat, ne devina pas sa présence comme elle le ferait d’habitude.  Son visage dégoulinait du sang consécutif aux morsures de la bête sauvage mais il ne sembla pas gêner outre-mesure. Bientôt, une nouvelle peau de loup viendra compléter sa collection. Ou peut-être qu’il la vendra au marché du village du coin. Après tout, cela se vend à bon prix en ce moment. Il sourit à cette perspective de richesse et arma son fusil. Puis il appuya sur la détente. La balle fendit les cieux pour aller se figer dans une branche d’hêtre qui surplombait la scène. Le chasseur avait été tiré en arrière par une force monstrueuse et se retrouva nez à nez avec Brunhault, l’ours qui rugit avant de lui décocher un redoutable coup de patte dans le visage, le jetant à terre. Puis il se redressa de toute sa hauteur en rugissant avant de se laisser tomber  en plantant les griffes de ses pattes avant dans la poitrine de l’homme et de refermer ses puissantes mâchoires sur sa gorge. Dans un même temps, Cerfblanc surgit de la forêt et frappa Barok avec ses bois, le faisant valdinguer à l’autre bout de la forêt.  Fenrir se redressa et se tint à ses côtés, cernant le chien de chasse. Brutus avait profité du sursaut de Raïssa pour aussi se libérer de son emprise mais au lieu de contre-attaquer, il recula  pour rejoindre son frère.  Puis l’imposant camarade du loup surgit derrière eux, la gueule dégoulinante de sang et se mit à rugir. Ils étaient pris au piège. Le seigneur de la forêt s’avança vers les deux animaux et leur parla d’un ton calme et glacial.

-Partez… Quittez cette forêt et ne revenez jamais…

Les deux chiens réfléchirent un moment. Leur maitre venait probablement de se faire tuer par l’ours. Ils étaient deux contre quatre. Le rapport de force n’était clairement pas de leur côté. Ils n’eurent donc pas d’autre choix que d’obéir et de partir la queue entre les jambes. Le cervidé se retourna vers Fenrir et le transperça de son regard empli de rancoeur. Il se contenta de le regarder longuement, le carnassier n’osant pas bouger d’un iota.  Puis Cerfblanc disparut sous les arbres, sans dire un mot, fier comme le seigneur qu’il était. Brunhault s’avança lentement vers les deux loups.

-Désolé d’avoir fui tout à l’heure, commença-il doucement. J’avais trop peur. Mais j’étais pas bien de savoir que ton fils était dans les griffes de ce monstre. Je vous ai vu pleurer chez vous. J’étais vraiment pas bien du tout.

-Brunhault… fit Fenrir, ne sachant quoi ajouter.

-Alors j’ai été demandé à Cerfblanc de venir t’aider. Il a refusé parce que t’as tué son fils. Puis il a fini par accepter même s’il a pas dit pourquoi.

-Je n’aurai jamais cru qu’il viendrait nous aider non plus, avoua le loup.

-En tout cas, merci d’être venu à notre secours et ce malgré ce qu’a fait mon compagnon, fit Raïssa. Pense à dire à Cerfblanc qu’il aura toute notre gratitude éternelle. Et jamais plus, nous ne nous attaquerons à l’un des siens !

Elle regarda son époux avec insistance, ne lui laissant pas d’autre choix que d’accepter. L’ours promit de lui passer le message quand il le reverra et prit congé des deux loups.  Ces deux derniers retournèrent à leur tanière et retrouvèrent le petit Wolfgang inquiet qui bondit de joie en les voyants. Les loups étaient enfin réunis après cette nuit de chasse particulièrement agitée.  Ils étaient tellement fourbus qu’ils se forcèrent à passer le restant de la nuit à dormir. Cerfblanc continua de marcher à travers les arbres. Il rumina les raisons qui le poussèrent à agir. C’était assurément  une bonne occasion de se débarrasser de cet humain qui tuait les habitants de son domaine mais peut-être que ce qui l’a poussé à agir, c’était le souhait de ne plus jamais voir personne subir à nouveau la douleur de perdre un enfant …
« Modifié: samedi 20 juillet 2013, 14:22:34 par Duplucky »

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« Réponse #6 le: jeudi 18 juillet 2013, 14:25:32 »
Je m'avance certainement plus que de raison.

Mais mettre ton pavé en citation diminue la police et bouffe de la marge, rendant le texte moins aéré et donc plus rebutant de prime abord, en plus d'être particulièrement inutile à la base.

Je te recommanderais donc volontiers de mettre ton texte au format normal, pour débuter. Si tu le fais, je m'engage sur ce que j'ai de plus sacré à lire et commenter sérieusement ton Secret Santas. 8)

Mille mercis à Alice Lee pour la signature !
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« Réponse #7 le: jeudi 18 juillet 2013, 23:04:42 »
Si ce n'est que ça, aucun problème. v.v

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« Réponse #8 le: lundi 29 juillet 2013, 00:03:04 »
Compromis, chose due... J'ai lu ton Secret Santa.

Alors concrètement, j'ai dû me faire un peu violence de temps à autre mais j'ai quand même tout lu d'un coup (alors qu'avec d'autres fictions c'est "un peu aujourd'hui, non je peux pas tout lire, je reprendrai demain" et finalement à Dieu Berthe).

Certaines formules sont un peu lourdes ("le sol était recouvert de nombreuses branches de ces monuments naturels ainsi que de leurs feuilles" pfouaah j'ai pas aimé cette phrase) et tu as parfois tendance à écrire en raisonnement humain (quand Raïssa pense à l'ouïe des chiens elle ne la qualifierait pas de "développée" puisqu'elle l'a aussi ; elle comparerait plutôt que ce n'est pas un humain avec son ouïe déficiente).

Ce qui n'ôte rien au fait que c'est globalement bien écrit et intéressant. Note finale : 16/20. ;)

Mille mercis à Alice Lee pour la signature !
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« Réponse #9 le: lundi 29 juillet 2013, 00:14:45 »
Le manque de temps et l'échéance arrivant à grand pas, je n'avais pas énormément de temps pour réfléchir à tous les détails de mon histoire, notamment vis à vis du raisonnement humain des animaux. :^^':

C'est une fiction que j'ai écrit d'une traite, sans vraiment de relecture (surtout que là, j'ai pu récupéré que la version non-corrigée justement. :^^': ) Enfin, le bistouri est passé par là et quand j'aurai du temps, je la corrigerai et on verra ce que ca donne. :^^:

En tout cas, merci pour ce 16/20: ça fait longtemps que j'avais plus eu une aussi bonne note. :^^:

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« Réponse #10 le: jeudi 04 août 2016, 23:26:05 »
Bon allez, ce soir, j'ai envie de me lancer, d'enfin coucher sur papier une histoire que j'ai dans la tête depuis des mois, que j'hésite à balancer, car c'est une aventure qui s'annonce très très longue. Beaucoup de modifications de scénarios et j'hésite encore à incorporer certains éléments car j'avoue ne pas encore savoir comment les exploiter correctement dans mon histoire. Mais bon, là, j'ai vraiment envie d'écrire donc je m'y mets. J'éditerai pour mettre mon chapitre, une fois rédigé.

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Les cendres d'Iriel


Prologue

Pondormant était un petit village tranquille, sans histoire où chacun de ses habitants vieillissants vaquaient à leurs occupations. Brom pétrissait son pain tôt le matin pour le revendre plus tard dans la journée, comme d'habitude, Fleur balayait devant sa porte, discutant des derniers ragots avec Charlène, qui transportait, comme à son habitude, le seau remplit d'eau du puit du village, Ernest réparait les outils des bûcherons dans sa routine habituelle et Martin partait chaque jour dans le bois environnant pour chasser du gibier. Il n'y avait rien d'intéressant dans ce petit village, pas de valeureux héros qui naquirent ici et partirent vaincre un puissant ennemi, ni de tyran qui furent vaincus en ces lieux : c'était juste un rassemblement d'une petite dizaine de huttes en bois autour d'un puits, non loin d'un grand pont qui enjambait l'Asère, cet immense fleuve qui descendit des montagnes plus à l'ouest, s'engouffrait dans une vallée lui faisant faire une grande boucle dans les terres avant de rejoindre l'embouchure de la mer du Nord.

Après cette journée banale où rien d'anodin ne s'était déroulé, comme chaque autre jour, Martin rentrait tranquillement dans sa masure, rejoindre Fleur, cette femme qu'il aimait plus que tout au monde, avec laquelle il s'était unit jusqu'à ce que la mort les sépare et avec qui il avait voulut élever des enfants. Seulement voilà, le mauvais augure frappait Fleur, elle ne pouvait procréer, la tristesse étreignait le coeur des deux tourtereaux qui prirent sur eux et décidèrent de prendre sur eux et de vivre aussi heureux qu'ils le pouvaient, en attendant que la mort ne vienne les prendre. Le couple s'installa autour de la table en bois pour manger leur assiette garnie de pommes de terres et de salade.  Cela faisait plusieurs jours que Martin rentrait bredouille, incapable de trouver la moindre trace de gibier.
- A croire qu'on leur fout tellement la pétoche que ces foutus bestiaux ont tous foutu le camp, maugréa-t-il en enfournant une demi-patate dans sa bouche.
- Il y a des jours comme ça, que veux-tu, répondit son épouse, je sûr que demain, ça ira mieux.
Et ils continuèrent à manger en discutant des choses banales de la vie, Martin demandant à Fleur de lui raconter les derniers ragôts.

L'orage éclata après le crépuscule, la pluie martela violemment le toit de la masure tandis que le tonnerre brisait régulièrement la monotonie du bruit de l'eau qui tombe du ciel. Martin pesta, comme à son habitude du mauvais temps car cela signifiait pour lui une journée à gambader et ramper dans la boue, chose dont il avait horreur. Mais bientôt, un autre bruit attira son attention, un bruit régulier, comme une voile qui battait au vent. Puis il entendit des grognements et rugissements venant du ciel, des coups qu'on donnait, de amples mouvements qui déchiraient l'air.
- Foutredieu, c'est pas l'orage, ça, commenta-t-il en se dirigeant vers la porte entrée.
Lorsqu'il mit le nez dehors, le bruit s'intensifia. Il regarda d'abord autour de lui, mais ne vit pas grand chose à part les ténèbres. Il leva alors les yeux vers le ciel et vit, au détour d'un éclair, deux grandes ombres qui combattirent dans les cieux. Parfois, un torrent de flammes s'échappa de la gueule d'un des deux monstres, l'autre riposta en donnant des coups de griffes ou d'amples coups de queues. Ils tentèrent parfois de se mordre leurs longs cous. Martin resta pantois devant un tel spectacle.
- Sainte mère de foutredieu, dame Iriel, priez pour nous.
- Martin, rentre, mets-toi à l'abri, ordonna son épouse, s'ils nous voient, ils voudront peut-être nous dévorer. Rentre et prions qu'ils s'éloignent.
- Ouais, je crois bien qu'on peut rien faire d'autre, mais sainte merde, quelle histoire.
Ils rentrèrent tous les deux et s'assirent autour de la table, joignirent les mains, fermèrent les yeux et commencèrent à psalmodier.
- Sainte Iriel, enfant de la terre, offre nous ta clémence. Que la Reine louve nous élève vers ta grâce, comme elle t'élèva, que la sagesse d'Erethion qui t'habite nous offre un âge de paix...
Un énorme bruit fit trembler toute la maison, interrompant leur méditation. Un dernier rugissement retentit au loin puis le calme revint, interromput par les éclairs. Le couple échangea un regard qui voulait tout dire : ils ne dormiraient clairement pas cette nuit.

Le lendemain, Martin parti à la chasse comme d'habitude, mais contrairement à d'habitude, les gens ne discutaient pas des ragots habituels. Tous parlaient de ces deux ombres qui s'étaient affrontés cette nuit. Charlène, n'ayant pas eu le courage de sortir cette nuit,demanda à Fleur de lui raconter tout ce qu'elle avait vu. Ernest et Brom théorisaient sur ce qu'étaient ces créatures au lieu de travailler, le premier pensant à un duel de vouivres, le deuxième évoquant plutôt des gargouilles, admettant tout de même que ça semblait trop gros pour être ces créatures.
- Hey, Martin, fit Brom, en voyant le chasseur arriver, tu les as vu, les bestioles qui se sont bagarrés au-dessus de nos têtes ? A ton avis, c'était quoi ?
- Bah je sais pas trop, répondit l'intéressé, il faisait bien trop noir pour que je puisse voir. Mais à mon avis, c'était clairement pas des vouivres.
- Ah bon ? Faut dire que j'étais assez mal placé, répondit Ernest, j'avais les arbres qui bouchaient la vue.
- Ouais, ils semblaient se donner des baffes et les vouivres ont pas de bras.
- Qu'est-ce que je te disais, vieux schnocks, répliqua le boulanger en donnant une tape dans le dos du forgeron, file la monnaie !
L'intéressé versa deux pièces dans la main du gagnant en gromellant puis se tourna vers Martin.
- Fait gaffe quand t'iras dans le bois, y a un gros truc qui s'est écrasé là-bas, c'est peut-être la gargouille ?
- Ouais mais t'inquiètes pas, elle doit être dans un sale état. Dans le pire des cas, je l'achèverai de loin avec une flèche bien placée avant qu'elle me voit.
Et il prit congé d'eux avant de reprendre sa route vers le bois, laissant derrière lui le petit village qui, pour une fois en plusieurs décennies, avait vécu un évènement inédit.

Comme prévu, Martin râla. Ses belles bottes en cuir s'enfoncèrent dans la boue, il dérapa aussi sur les feuilles d'arbres et l'herbe mouillée tandis qu'il zigzaguait en position accroupie entre les bouleaux, les châtaigniers et les sapins. Exception faite des gouttes d'eau qui glissaient des feuilles pour s'écraser en contrebas, la forêt était une fois de plus silencieuse. Le chasseur s'enfonça de plus en plus profondément dans le bois. C'est alors qu'il commença à entendre un son régulier, une profonde respiration, rapide, comme si l'animal était essoufflé. Il se guida au son pour avancer à travers les fourrés, le plus silencieusement possible, encocha une flèche à son arc, le tendit à moitié et continua son avancée. Il constata bientôt des bouleaux arrachés qui s'étaient effondrés de tous leurs long sur le sol, ou s'étaient coincés contre d'autres arbres. Il avança plus lontement, le souffle coupé, escalada une petite colline, s'agrippant aux hautes herbes quand ils se sentit glisser sur la pente. Puis arrivé au sommet, il découvrit ce qui avait été la cause de ce désastre forestier. Ce n'était effectivement pas une vouivre qui s'était battue dans le ciel, ni une gargouille, mais un être rarissime, maitrisant une puissante magie et dont on dit qu'il était plus intelligent que toute créature existante. Martin s'était retrouvé nez-à-nez avec un dragon rouge.

La créature mesurait bien quinze mètres de longueurs de son museau jusqu'au bout de sa longue queue. Ses ailes déchirées gisaient misérablement autour de son corps couvert de plaies. La bête semblait incapable de se relever et se vidait de tout son sang. Martin se releva et se mit à jurer à haute voix, attirant l'attention de la créature mystique qui se mit à parler d'une voix rauque, brisée par la douleur.
- Qui es-tu ? Es-tu venu pour me délivrer le coup de grâce ?
- Par Iriel, foutredieu non ! C'est sacré, un dragon, qu'est-ce qui vous es arrivé ? Non, attendez, bougez pas, je vais aller chercher de l'aide, on va vous retaper en moins de deux !
- Ne me crains-tu donc pas ?
- Vous craindre ? Foutredieu, pourquoi donc ? Vous êtes blessés et avez besoin d'aide, j'ai surtout peur de pas revenir à temps pour vous sauver la mise, ça ouais !
- Alors reste. Ce n'est pas la peine d'essayer de me sauver. Je n'en ai plus pour longtemps. J'ai besoin de me confier, peux-tu prêter une oreille attentive à mes dernières paroles ?
- Heu bah, écoutez, si ça peut vous soulager un peu, je vous écoute.
Martin s'assit en tailleur près de la gueule du dragon et vit que ce dernier le fixait de son oeil jaune, humide.
- Une amie était sous l'emprise d'une malédiction. Elle ne pouvait mourir et en avait assez de voir ses enfants partir avant elle. Elle m'a un jour demandé de l'incinérer et de bénir ses cendres. J'ai accédé à sa requête et ait donc mis fin à son existence.
- Si c'est elle qui vous l'a demandé, je vois pas le problème.
- Le problème est qu'elle était aimée de tous, répondit le dragon avec agacement, elle a apporter la paix en ce monde et sa disparition a mit fin à quelque chose, je le sens au plus profond de moi, comme une malédiction qui me ronge de l'intérieur.
Martin garda le silence un instant et vit ce qui semblait être des larmes couler de l'oeil de l'animal mystique.
- C'est ce qu'on appelle la culpabilité, expliqua-t-il ensuite, on regrette nos actes mais je vais vous dire une chose. Je pense que vous avez bien agit.
- Le crois-tu vraiment ?
- Ouais, je sais pas qui était votre amie, mais vous l'avez libérée de beaucoup de souffrance sans tenir compte des conséquences. Moi, je pense que vous avez agit comme un ami devrait le faire : aider une personne que vous aimez avant tout autre chose.
- Tes paroles me mettent du baume au coeur, petit homme, répondit l'animal fabuleux, tout en fermant ses yeux ruisselants de larmes. J'aimerais récompenser ta gentillesse pour quitter ce monde sur une bonne action... Penses à ce que tu veux vraiment et je réaliserai ton voeu.
- Vraiment, c'est que je sais déjà c'est quoi mon voeu le plus cher. Moi et mon épouse, on aimerait beaucoup avoir une pitiote, mais Fleur a chopé un mauvais sort.
- Je vois....
Le dragon garda le silence quelques instants, ses mâchoires semblaient remuer silencieusement, puis il rouvrit son oeil.
- Ton voeu a été exaucé. Retiens bien ce que je vais te dire, petit homme. Le jour où la mort viendra prendre ta fille adorée, elle révèlera sa véritable nature aux yeux de tous.  Et aussi... une dernière chose...
La créature avait de plus en plus de mal à aligner les mots, Martin compris que le moment serait bientôt venu. Il attendit patiemment la suite.
- Mets-la en garde contre le dragon noir... C'est lui qui m'a tué. Il est mon ennemi mortel et deviendra le sien. Qu'elle ne s'en approche jamais...
- Le dragon noir ? C'est qui celui-là ?
- Je n'en peux plus... Il est temps pour moi de partir...
- Attends, je connais même pas ton nom !
- Erethion...
Et il s'éteignit en prononçant son nom. Le chasseur caressa machinalement sa joue avant de se mettre à genou et de prier.
- Repose en paix, Erethion, noble dragon au destin tragique. On t'oubliera jamais.
Il se releva et retourna au village raconter ce qu'il avait vu aux autres.

Rapidement, les villageois aidèrent Martin à offrir une sépulture à la dépouille de la créature, le bruit du combat entre les deux dragons se répandit comme une trainée de poudre à travers le pays, puis Pondormant fût renommé Pondragon. Le petit village monotone accueillait dorénavant les voyageurs et plus rien ne serait pareil dans ce petit coin perdu. Neuf mois plus tard, Martin et Fleur eurent la joie d'assister à la naissance de leur petite fille...
« Modifié: vendredi 05 août 2016, 01:17:05 par Duplucky »