Auteur Sujet: [DH] Résultats Hyrulovision  (Lu 8414 fois)

0 Membres et 4 Invités sur ce sujet

Hors ligne Nehëmah

  • Roi d'Hyrule
  • ****
  • Messages: 6097
  • Bourse : 203
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #30 le: lundi 09 novembre 2009, 09:07:29 »
J'ai fait des fautes horribles, si après cela John Craft ne m'incendie pas :niak: ... Je pensais qu'il y avait une correction, j'ai failli le demander en plus :niak:

Sinon, pour critiquer un peu, car il est évident que la qualité est hautement élevée grâce à cet interview de cette personne énigmatique et mystérieuse, je dirais que c'est vraiment dommage, par ailleurs, que le choix du journal ne soit pas en relation avec le portrait de l'interview. Car bon, des livres à lire, j'en ai déjà une ribambelle donc je sais pas si je lirai un jour Stupeur et tremblements par ailleurs (le protocole pour les titres lorsque c'est dyctalographié, par ailleurs, c'est italique et non souligné).

Et puis la Bibliothèque a encore un peu de chemin à faire :niak: En même temps vous n'êtes que deux, c'est ptêtre déjà pas mal le boulot qu'on vous demande pour un rendu hebdomadaire.

Bref, continuez !

Signé : Monsieur Parasite.

Hors ligne Murihoro

  • Hylien
  • **
  • Messages: 1308
  • Bourse : 53
  • Expert en vieille musique
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #31 le: lundi 09 novembre 2009, 19:08:16 »
Non, il n'y pas de correction, car comme je suis toujours extrêmement organisé, eh bien, j'ai pas le temps, ne serais-ce que de relire le tout. D'ailleurs, je répond à John Craft, qui demandais l'ajout d'un correcteur, A part si ce correcteur peut travailler de nuit, je vois mal comment ça pourra se faire (en fait si, je le vois très bien, mais pas envie...).

Ensuite, je n'ai pas trop compris l'histoire du choix du journal. Tu proposes que l'auteur interviewé choisisse un livre pour "le choix du journal" ? Ca peut être intéressant, surtout au niveau de la diversité (vous avez sans doute remarqué que Raph' et moi lisons surtout des policiers ^^), mais ce serait alors le "choix de l'invité". Enfin merci pour ta suggestion.

En ce qui concerne la Bibli, plains-toi simplement à Raph' ! :P

EDIT : Ah et oui d'ailleurs, tu as raison pour la typographie. Ce sera noté pour les prochains numéros. Merci.

Hors ligne Nehëmah

  • Roi d'Hyrule
  • ****
  • Messages: 6097
  • Bourse : 203
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #32 le: lundi 09 novembre 2009, 21:49:00 »
Pour le choix du journal, je pensais plutôt à parler d'un des textes de l'interviewé. Mais ton idée est pas mal non plus, car le policier, personnellement, c'est pas vraiment ma tasse de thé for example :niak: .

Signé : Monsieur Parasite.

Hors ligne Murihoro

  • Hylien
  • **
  • Messages: 1308
  • Bourse : 53
  • Expert en vieille musique
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #33 le: lundi 09 novembre 2009, 22:09:57 »
Alors, non. Depuis le début de la saison, nous ne parlons uniquement de la littérature terrestre, car le choix sur le forum est trop restreint. Tous les auteurs n'ont pas la chance d'avoir plusieurs fics à leur actif. Si par exemple, nous aurions utilisé ce système pour Peuh, on aurait obligatoirement choisi l'unique fiction qu'il a postée : par définition, ce ne serait plus un "choix".

Hors ligne John Craft

  • Roi des Ombres
  • *
  • Messages: 5723
  • Bourse : 155
  • Bras.
    • Voir le profil
    • L'Archer Poëte
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #34 le: lundi 09 novembre 2009, 22:12:47 »
Youpi !
Nehëm, je te pardonne, dans ma grande mansuétude.
Et Raph, Nothomb c'est juste le bien yargla y a rien de mieux. :3

Et prenez garde, ce 1111, un truc se passe...  :coquette:
"You don't use science to show you're right, you use science to become right" Randall Munroe
"A writer is a person for whom writing is more difficult than it is for other people" Thomas Mann
Citation de: Tate
John Craft est admirable et parfait et le plus beau et musclé et qu'il a pas une petite bite du tout!

Hors ligne Elenwë

  • Zora
  • *
  • Messages: 2281
  • Bourse : 1
  • Truc mignon qui est anglo-normand
    • Voir le profil
    • Le Mistral
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #35 le: lundi 09 novembre 2009, 22:41:52 »
Je suis d'accord avec Nëhem pour le livre de l'interviewé^^, en gros celui qu'il veut vraiment présenté^^.
En tout cas pour l'Amélie Nothomb, je suis allée voir le film, et je ne trouve pas que se soit policier, c'est plus une histoire vraie (enfin... C'est ce que j'ai cru comprendre en le voyant^^").
En tout cas, le Journal est toujours aussi bien et j'ai vraiment hâte de voir la suite^^.

Elenwë

Merci Yorick26^^
Votre vie manque de mordant? Venez me rejoindre en cliquant sur ma bannière :niais:
Ma chtite histoire: http://www.puissance-zelda.com/forums/viewtopic.php?t=3937&postdays=0&postorder=asc&start=0

Hors ligne Ganon d'Orphée

  • Hylien
  • **
  • Messages: 1379
  • Bourse : 12
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #36 le: mardi 10 novembre 2009, 13:28:57 »
Nehëmah ton idée est intéressante mais il faut la prendre dans les deux compréhensions donc :
- Parler d'un des textes de l'interviewé dans le "Choix" se serait illogique, il vaut mieux en parlant de l'Interview, ainsi tout reste à sa place et les ornithorynques sont bien gardés ;
- Par contre demander à l'interviewé de choisir un livre pour un "Choix de l'Interviewé" (ce qui n'était pas ton idée à la base) serait un excellent projet auquel nous réfléchirons. Au pire nous intégrerons ce choix dans l'interview !

Voilà. Dieu a parlé.

Hors ligne John Craft

  • Roi des Ombres
  • *
  • Messages: 5723
  • Bourse : 155
  • Bras.
    • Voir le profil
    • L'Archer Poëte
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #37 le: mercredi 11 novembre 2009, 23:38:36 »
[align=center][/align]

Bonsoir, mes très chers amis.
Ce soir, nulle plaisanterie douteuse de ma part, nul sarcasme ou image déplaisante; non. La soirée nous offre un hymne à l’ode et aux joliesses, et que les goûts se rassurent, la beauté sera multiple, et qu’elle leur plaise ou non, elle restera belle. Et mes choix sont souverains; je sais que j’ai bon goût quand on parle d’écrits.
… pardonnez-moi, l’ambiance royaliste et impérialiste de Direct Hyrule a dû ressurgir sur moi. Je me reprends.

Avec cette nuit des poètes, que j’ai l’honneur de présenter grâce à M. d’Orphée, que je remercie -je vous avouerai que j’ai hésité à revenir travailler sous son égide effr… impressionnante…-,  j’espère offrir à tous une cure de jouvence avec des kyrielles de rimes et des farandoles de couleurs. Les choix d’auteurs et de textes, largement personnels, hélas, demeureront, je le souhaite car le pense, toujours chantants à vos oreilles.
La nuit sera longue, mes amis, alors je vous en prie, prenez le temps de la déguster, voire même d’en laisser pour plus tard, nous vous attendrons.
Bien entendu, vu les mille talents que la planète offre, nous vous présentons une partie seulement ce soir de tout ce que nous vous ferons joyeusement lire; vous aurez la chance, ce vendredi, de recevoir d'autres festins d'âmes et d'yeux.


Nous commencerons avec une égérie de la poésie française, connue avec une telle célébrité par nous tous qu’on enseigne dès l’enfance ses textes : Jean de la Fontaine.
Cet homme, né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry, et décédé à Paris le 13 avril 1695, a écrit mille ouvrage, mais s’est bien sûr fait connaître pour son recueil de fables, douze livres en tout, mettant en avant les atours ou défauts des humains à travers des animaux, des végétaux, des divinités, ou tout simplement des Hommes… Grand penseur, il est rentré dans nos mémoires par des proverbes ("un tien vaut mieux que deux tu l’auras",  "Tel est pris qui croyait prendre"…), et nous connaissons tous au moins un de ses textes ("Le Corbeau et le Renard", "La cigale et la Fourmi"…).
Nous n’avons pu joindre ce grand homme… C’est pourquoi nous nous contenterons de vous offrir une splendide fable, simplement. Nous vous prévenons quant à sa longueur… mais croyez bien que nous reconnaissons avant tout sa splendeur.
Que le silence soit fait…

[align=center]Les lumières s’éteignent complètement, et John se lève pour réciter, comme un enfant sa leçon, la poésie.[/align]

Un Animal dans la Lune

Pendant qu’un Philosophe assure
Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés,
Un autre Philosophe jure
Qu’ils ne nous ont jamais trompés.
Tous les deux ont raison; et la Philosophie
Dit vrai, quand elle dit que les sens tromperont
Tant que sur leur rapport les hommes jugeront;
Mais aussi si l’on rectifie
L’image de l’objet sur son éloignement,
Sur le milieu qui l’environne,
Les sens ne tromperont personne.
La nature ordonna ces choses sagement :
J’en dirai quelque jour les raisons amplement.
J’aperçois le Soleil; quelle en est la figure ?
Ici-bas ce grand corps n’a que trois pieds de tour :
Mais si je le voyais là-haut dans son séjour,
Que serait-ce à mes yeux que l’œil de la nature ?
Sa distance me fait juger de sa grandeur;
Sur l’angle et les côtés ma main la détermine;
L’ignorant le croit plat, j’épaissis sa rondeur;
Je le rends immobile, et la terre chemine.
Bref je démens mes yeux en toute sa machine.
Ce sens ne me nuit point par son illusion.
Mon âme en toute occasion
Développe le vrai caché sous l’apparence.
Je ne suis point d’intelligence
Avecque mes regards peut-être un peu trop prompts,
Ni mon oreille lente à m’apporter les sons.
Quand l’eau courbe un bâton, ma raison le redresse,
La raison décide en maîtresse.
Mes yeux, moyennant ce secours,
Ne me trompent jamais, en me mentant toujours,
Si je crois leur rapport, erreur assez commune,
Une tête de femme est au corps de la Lune.
Y peut-elle être ? Non. D’où vient donc cet objet ?
Quelques lieux inégaux font de loin cet effet.
La Lune nulle part n’a sa surface unie :
Montueuse en des lieux, en d’autres aplanie,
L’ombre avec la lumière y peut tracer souvent
Un Homme, un Bœuf, un Eléphant.
Naguère l’Angleterre y vit chose pareille,
La lunette placée, un animal nouveau
Parut dans cet astre si beau;
Et chacun de crier merveille.
Il était arrivé là-haut un changement
Qui présageait sans doute un grand évènement.
Savait-on si la guerre entre tant de puissances
N’en était point l’effet ? Le Monarque accourut :
Il favorise en Roi ces hautes connaissances.
Le Monstre dans la Lune à son tour lui parut.
C’était une Souris cachée entre les verres :
Dans la lunette était la source de ces guerres.
On en rit. Peuple heureux, quand pourront les François
Se donner comme vous entiers à ces emplois ?
Mars nous fait recueillir d’amples moissons de gloire :
C’est à nos ennemis de craindre les combats,
A nous de les chercher, certains que la victoire
Amante de Louis suivra partout ses pas.
Ses lauriers nous rendront célèbres dans l’histoire.
Même les filles de Mémoire
Ne nous ont point quittés : nous goûtons des plaisirs :
La paix fait nos souhaits, et non point nos soupirs.
Charles en sait jouir. Il saurait dans la guerre
Signaler la valeur, et mener l’Angleterre
A ces yeux qu’en repos elle voit aujourd’hui.
Cependant, s’il pouvait apaiser la querelle,
Que d’encens ! Est-il rien de plus digne de lui ?
La carrière d’Auguste a-t-elle été moins belle
Que les fameux exploits du premier des Césars ?
Ô peuple trop heureux, quand la paix viendra-t-elle
Nous rendre comme vous tout entiers aux beaux-arts ?


Jean de la Fontaine

[align=center]Dans un rugissement d'applaudissements, John se rassoit sur son fauteuil, content, et se tait jusqu'au terme des trombes d'acclamations.[/align]


Après cela, passons, si vous le voulez bien, à quelqu’un qui a eu un impact plus que littéraire, puisque son passé politique, également, lui a offert une large renommée, bien que ses seuls ouvrages eussent mille fois suffi à conquérir tous les lecteurs -si bien qu’André Gide dit que le plus grand poète français était "Victor Hugo, hélas".
Je n'ignore pas que certains m'en voudront de citer ce grand poète; mais sa marque demeure trop massive pour être ignorée. Et j'ai quand même risqué ma vie pour le faire passer sur cette émission...

[align=center]John ravale sa salive, appuyant sur une petite blessure de poignard sur son cou.[/align]

Nous vous offrons un texte de lui, écrit après la mort de sa fille Léopoldine d’un accident…
Que le silence soit fait…

[align=center]Des lumières se tamisent, quand, derrière un violon jouant froidement et bas, une voix forte récite les vers.[/align]

Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


Victor Hugo

[align=center]Les lumières se rallument, et, sur le devant de la scène, au son des applaudissements du public, Victor Hugo, vieux homme barbu et amical, s’asseoit sur le fauteuil faisant face à John.[/align]

- Monsieur Hugo, vous n’imaginez pas comme vous rencontrer ce soir m’est agréable… J’ai une admiration folle pour vous.
- Il y a dans l'admiration on ne sait quoi de fortifiant qui dignifie et grandit l'intelligence. Je vous remercie donc.
- tremblant Je… dites-moi… pourriez-vous nous dire comment votre talent est né ?
- Les plus grands poètes du monde sont venus après de grandes calamités publiques.
- Oh, je vois… Il faudrait ainsi de la souffrance pour parvenir au talent ?… Je comprends… Mais dites-moi, qu’est-ce qui fait que vous êtes parvenu à un niveau de renommée si intense ?
- Les grands hommes font leur propre piédestal; l’avenir se charge de la statue. J’ajouterai qu’en littérature, le plus sûr moyen d’avoir raison, c’est d’être mort.
- Ahaha, je vois. Dites-moi… comment décririez-vous vos œuvres ? Je veux dire… comment écrivez-vous, votre manière d’écrire, votre style, comment se crée-t-il ?
- Les mots manquent aux émotions. C’est pourquoi le poète ne doit avoir qu’un seul modèle, la nature, qu’un guide, la vérité.
- C’est… c’est splendide… Je voulais savoir, votre œuvre magistrale, Les Misérables… pourquoi écrire un tel chef-d’œuvre, quelle motivation vous a incité à engendrer une descendance si merveilleuse ?
- Si vous voulez la misère secourue, moi, je la veux supprimée.
- Bien sûr… Autre thème très récurrent, chez vous, l’amour…
- le coupant Aimer, c’est la moitié de croire. D’ailleurs, sachez que le premier symptôme de l’amour vrai chez un jeune homme, c’est la timidité, chez une jeune fille, c’est la hardiesse.
- C‘est… c‘est si parfaitement dit… Mais donc, n‘en voulez-vous pas à ceux qui vous contredisent ? A ceux qui sont en désaccord avec vos idées, pourtant si belles et bénéfiques ?
- Vous savez, être contesté, c’est être constaté. Il suffit de croire pour être fort. Aimez pour être heureux.
- Je comprends… Monsieur Hugo, je me rends compte que j’avais raison de vous vouer une telle adoration… Auriez-vous un dernier mot ?
- L'homme fort dit : je suis. Et il a raison. Il est. L'homme médiocre dit également : je suis. Et lui aussi a raison. Il suit.
- rit Je vois, alors dans ce cas, je vous remercie mille fois d’avoir existé, grand homme…

[align=center]Digne et grand, mais souriant, Victor Hugo se lève et se dirige vers la sortie; dans un grand drapé noir, la Mort, froide et inéluctable, l’enveloppe pour le ramener dans le monde d’où elle l’a laissé s’échapper le temps de l’émission…[/align]


Vous tous, comme vous allez le voir, la poésie s'orne de bien des façons; mais ainsi, d’autres formes témoignent parfaitement de la joliesse, comme, par exemple, la chanson… C’est pourquoi je vous invite à écouter ces trois magnifiques créations…
 
[align=center]La salle tombe alors dans un noir extrêmement profond. Un projecteur éclaire un coin de la scène, et un homme, à peine visible et nullement reconnaissable, apparaît alors, puis commence à chanter.[/align]

Ton style

Tous ces cris de la rue, ces mecs, ces magasins
Où on te voit dans les rayons comme une offense;
Aux bijoux de trois sous, aux lingeries de rien,
Ces ombres dans les yeux des femmes quand tu passes,
Tous ces bruits, tous ces chants et ces parfums passants;
Quand tu t'y mets dedans ou quand je t'y exile
Pour t'aimer de plus loin comme ça en passant,
Tous ces trucs un peu dingues tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ma loi quand tu t'y plies salope !
C'est mon sang à ta plaie, c'est ton feu à mes clopes
C'est l'amour à genoux et qui n'en finit plus
Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul

Tous ces ports de la nuit, ce môme qu'on voudrait bien
Et puis qu'on ne veut plus dès que tu me fais signe,
Au coin d'une réplique enfoncée dans ton bien,
Par le sang de ma grappe et le vin de ta vigne,
Tout cela se mêlant en mémoire de nous
Dans ces mondes perdus de l'an quatre-vingt mille;
Quand nous n'y serons plus et quand nous renaîtrons,
Tous ces trucs un peu fous, tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ton droit quand j'ai droit à ton style
C'est ce jeu de l'enfer, de face et puis de pile,
C'est l'amour qui se tait quand tu ne chantes plus
Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul

A tant vouloir connaître on ne connaît plus rien,
Ce qui me plaît chez toi c'est ce que j'imagine,
A la pointe d'un geste, au secours de ma main,
A ta bouche inventée au-delà de l'indigne
Dans ces rues de la nuit avec mes yeux masqués,
Quand tu ne reconnais de moi qu'un certain style,
Quand je fais de moi-même un autre imaginé,
Tous ces trucs imprudents tout cela c'est ton style

Ton style c'est ton cul c'est ton cul c'est ton cul
Ton style c'est ta loi quand je m'y plie salope !
C'est ta plaie, c'est mon sang, c'est ma cendre à tes clopes
Quand la nuit a jeté ses feux et qu'elle meurt
Ton style c'est ton cœur c'est ton cœur c'est ton cœur


Léo Ferré

[align=center]Les lumières, au lieu de se rallumer, demeurent noires; dans une ombre, une seconde silhouette s’approche du micro sur la scène…[/align]

Nantes

Il pleut sur Nantes
Donne-moi la main
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin

Un matin comme celui-là
Il y a juste un an déjà
La ville avait ce teint blafard
Lorsque je sortis de la gare
Nantes m'était encore inconnue
Je n'y étais jamais venue
Il avait fallu ce message
Pour que je fasse le voyage:

"Madame soyez au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Faites vite, il y a peu d'espoir
Il a demandé à vous voir."

A l'heure de sa dernière heure
Après bien des années d'errance
Il me revenait en plein cœur
Son cri déchirait le silence
Depuis qu'il s'en était allé
Longtemps je l'avais espéré
Ce vagabond, ce disparu
Voilà qu'il m'était revenu

Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Je m'en souviens du rendez-vous
Et j'ai gravé dans ma mémoire
Cette chambre au fond d'un couloir

Assis près d'une cheminée
J'ai vu quatre hommes se lever
La lumière était froide et blanche
Ils portaient l'habit du dimanche
Je n'ai pas posé de questions
A ces étranges compagnons
J'ai rien dit, mais à leurs regards
J'ai compris qu'il était trop tard

Pourtant j'étais au rendez-vous
Vingt-cinq rue de la Grange-au-Loup
Mais il ne m'a jamais revue
Il avait déjà disparu

Voilà, tu la connais l'histoire
Il était revenu un soir
Et ce fut son dernier voyage
Et ce fut son dernier rivage
Il voulait avant de mourir
Se réchauffer à mon sourire
Mais il mourut à la nuit même
Sans un adieu, sans un "je t'aime"

Au chemin qui longe la mer
Couché dans le jardin des pierres
Je veux que tranquille il repose
Je l'ai couché dessous les roses
Mon père, mon père

Il pleut sur Nantes
Et je me souviens
Le ciel de Nantes
Rend mon cœur chagrin


Barbara

[align=center]Enfin, une dernière fois, une troisième ombre, portant une belle guitare acoustique, s’asseoit sur une chaise et commence à chanter d’une belle voix sage.[/align]

Chanson pour l'Auvergnat

Elle est à toi cette chanson
Toi l'Auvergnat qui sans façon
M'as donné quatre bouts de bois
Quand dans ma vie il faisait froid
Toi qui m'as donné du feu quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
M'avaient fermé la porte au nez
Ce n'était rien qu'un feu de bois
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un feu de joie

Toi l'Auvergnat quand tu mourras
Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l'hôtesse qui sans façon
M'as donné quatre bouts de pain
Quand dans ma vie il faisait faim
Toi qui m'ouvris ta huche quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
S'amusaient à me voir jeûner
Ce n'était rien qu'un peu de pain
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un grand festin

Toi l'hôtesse quand tu mourras
Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel

Elle est à toi cette chanson
Toi l'étranger qui sans façon
D'un air malheureux m'as souri
Lorsque les gendarmes m'ont pris
Toi qui n'as pas applaudi quand
Les croquantes et les croquants
Tous les gens bien intentionnés
Riaient de me voir emmener
Ce n'était rien qu'un peu de miel
Mais il m'avait chauffé le corps
Et dans mon âme il brûle encore
A la manièr' d'un grand soleil

Toi l'étranger quand tu mourras
Quand le croqu'mort t'emportera
Qu'il te conduise à travers ciel
Au père éternel


George Brassens


[align=center]Les trois chanteurs, alors que les projecteurs les refait apparaître magnifiques, approchent de John et, aimablement, lui serrent la main.[/align]

- Madame, messieurs, je vous signifie d’abord tout l’honneur qui naît de cette rencontre… Vous étiez-vous déjà rencontrés, d’ailleurs ?
F- Je ne crois pas. J’espère bien que non. Je n’aime pas les femmes, et pas plus les vieux.
Br- Ne l’écoutez pas, il radote.
- Hum, je… bien, dites-moi… de multiples façons, vos chansons demeurent profondes et envahissantes… Que pouvez-vous en dire ?
F- Mais en dire, en dire, ça se chante, une chanson, ça se dit pas ! Vous comprenez ?
Br- Il n’a pas entièrement tort, là…
- Je… oui, excusez-moi, alors, euh… alors… l’écriture de vos chansons…
F- On écrit nos chansons quand ça nous chante, vous comprenez ? On décide quand on est dans l’humeur, dans l’envie, tout simplement !
Br- Personnellement, je suis de bonne humeur quand j’en écris une.
F- Mais de bonne humeur, ça existe pas d’être de bonne humeur ! BONNE humeur, qu’est-ce que ça voudrait dire ? On est d’humeur joyeuse, fâchée, étourdie, je sais pas, mais on est d’une humeur quelque chose ! Vous comprenez ?
Br- Je suis d’humeur folâtre, alors, dirai-je. C’est plaisant de créer, de faire naître quelque chose de soi-même. De s’exprimer avec sa propre voix.
- Bien sûr… Mais alors, que signifient-elles, vos chansons ?
F- C’est pas vrai, ils nous ont passé un autiste ou quoi ?
Br- Calme-toi, Léo. Il s’est mal exprimé, mais je pense simplement qu’il demandait quel sens on voulait y donner.
F- Soyez clairs quand vous parlez, enfin ! Bon… Moi, tout ce que j’exprime, c’est mon envie de chanter, vous comprenez ? C’est un choix que j’assume. Ca ne me choque pas, personnellement. Vous comprenez ?
- O… oui… Pardon…
Br- Ne vous inquiétez pas. Personnellement… personnellement, je leur donne toujours un sens qui me semble assez clair… Je dis les choses directement, dans mes chansons, je n’aime pas trop les sous-entendus. Je me contente de chanter et de prendre du plaisir.
- B… Bien… Mais… excusez-moi, madame, mais… je ne vous ai pas encore entendue vous exprimer…
Ba- Oh, je suis désolée. Je me repose, simplement. J’écoute. C’est agréable de se taire et de laisser les gens parler, pour dire des choses insensées ou non. Alors j’écoute. Simplement…
- Oh, bien entendu… Dans ce cas, euh… quelqu’un voudrait-il terminer l’entretien ?
F- Oui, moi. Le monde est dans une merde totalement instable, vous comprenez ? Je vous conseille de vous débrouiller pour vous en sortir. Et rapidement.

[align=center]Alors, acide, suivi des deux autres qui le saluent poliment, Ferré se lève et rejoint la Mort.[/align]


Mes très chers spectateurs, c'est avec une légère amertume mais une joie pour notre future et si proche soirée, que je vous souhaite d'avoir été enchantés par la splendeur des mots que nous vous avons offerts... C'est avec une impatience toute particulière et une amitié sincère que je vous convie à nous quitter, en espérant que nous vous retrouverons, encore plus nombreux, ce vendredi, pour profiter...

[align=center]Alors, dans une lumière blanche tamisée, John recula lentement, jusqu'à disparaître dans l'ombre la plus totale...[/align]

(les bannières seront rééditées très bientôt)
"You don't use science to show you're right, you use science to become right" Randall Munroe
"A writer is a person for whom writing is more difficult than it is for other people" Thomas Mann
Citation de: Tate
John Craft est admirable et parfait et le plus beau et musclé et qu'il a pas une petite bite du tout!

Hors ligne Mytho Man

  • Dodongo
  • *
  • Messages: 303
  • Bourse : 0
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #38 le: jeudi 12 novembre 2009, 16:57:37 »
"C'est un scandale !" m'écrierais-je si je n'avais pas un peu de respect pour la somme de travail que tu as produite.

"La Nuit de la Poésie", nom de Zeus, doit être faite par des "poètes" (dirons-nous des créateurs, ou des auteurs, peu importe) ; que ce soit un événement actuel ! J'aurais plus apprécié la parole de contemporains. Je travaille justement sur "La Nuit de la Poésie" québécoise de 1970, et dedans, chaque auteur lit un texte contemporain. Plutôt que de ressasser des vieilleries, quoique charmantes, du placard.

Le poème de La Fontaine est très long et très ennuyeux.
"Demain, dès l'aube..." est, évidemment, toujours aussi beau. (c'était un choix trop facile)
L'interview de V. HUgo est ignoble xD Je suis convaincu (non pas persuadé) qu'il ne parlait pas ainsi. Et VH n'a pas toujours été cette image du vieux barbu que tu as en tête (même si, j'avoue, j'aime aussi cette image d'une sorte de "vieux sage").
La chanson de Ferré n'est peut-être pas le meilleur choix pour lui rendre hommage ; "L'Age d'or", "Avec le temps", ou une autre aurait peut-être mieux fait l'affaire. Mais lui, c'est un poète.
Ce qui n'est pas le cas de Barbara, qui n'osait même pas se définir comme chanteuse, mais comme "une femme qui chante" (ce qui est encore plus beau). Et "Nantes" n'est pas, non plus, sa meilleure chanson ! (à mon sens, toujours)
Enfin, la chanson de Brassens, je ne la connaissais pas. A écouter, donc.
Bon, et l'interview finale... On aurait voulu écouter Barbara un peu plus. Mais je crois que l'imitation de Ferré est bonne xD

Bref, je suis déçu !

Hors ligne John Craft

  • Roi des Ombres
  • *
  • Messages: 5723
  • Bourse : 155
  • Bras.
    • Voir le profil
    • L'Archer Poëte
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #39 le: jeudi 12 novembre 2009, 23:44:42 »
Muh, je suis d'accord au niveau des "vieilleries"; je trouvais aussi que ça manquait trop de contemporains. Mais le principal problème... c'est qu'au niveau contemporain, je n'y connais rien du tout.
Pour Barbara, je me suis informé beaucoup sur tous les auteurs que j'ai choisis, et oui, en effet, je sais bien qu'elle ne se considérait pas comme une poéteuse, d'où son silence. Et Léo Ferré, j'ai examiné ses manies de langage, justement pour tenter de rendre son interview plus... "réaliste". Ses "vous comprenez"... il les sortait vraiment sans arrêt.
Pour Victor Hugo, je sais bien qu'il n'était pas forcément comme ça, mais j'ai justement voulu jouer sur les images des auteurs plus qu'autre chose; et comme je n'ai pas réussi à trouver de vraies... "manières de parler", je me suis dit : "allez hop, faisons-le parler comme il écrivait ! :3"
Moi il m'avait plu, ce poème de la Fontaine...
Et les choix que j'ai faits... hélas, je les ai faits parce que c'étaient mes choix, et donc mon goût... Et "Ton style", je le trouve tellement magnifique et merveilleux... Nantes demeure la chanson la plus belle de Barbara, je trouve, aussi...
Tu pourras te plaindre encore plus demain soir !

EDIT : pour la fable... je trouve vraiment que la Fontaine a fait fort en mettant éloignant une rime de pas mal de vers... la rime "en" se retrouve carrément à l'autre bout de la fable ! Et ça c'est pas mal...
EDIT : j'avais compris, Mytho, je t'en veux pas ! :p
Et je viens de voir ma faute d'orthographe; mea culpa, j'avais mis un "s" à "plu"...
"You don't use science to show you're right, you use science to become right" Randall Munroe
"A writer is a person for whom writing is more difficult than it is for other people" Thomas Mann
Citation de: Tate
John Craft est admirable et parfait et le plus beau et musclé et qu'il a pas une petite bite du tout!

Hors ligne Ganon d'Orphée

  • Hylien
  • **
  • Messages: 1379
  • Bourse : 12
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #40 le: vendredi 13 novembre 2009, 08:35:24 »
Mytho Man, je crois que c'est un scandale (Monsieur Elkabbach !) de comparer "La nuit de la Poésie" de 1970 au Québec et une modeste émission de Direct Hyrule sur un forum zeldaesque. Il y a ici deux choses totalement incomparables, nous n'avons malheureusement pas les moyens d'une province semi-indépendante du Royaume du Canada (et Dieu sait que nous aimerions les avoir !).

Pour les auteurs contemporains, je ne partage pas ton point de vue car à nouveau tu compares des choses incomparables. Je pense premièrement qu'il serait strictement impossible de faire une émission consacrée à la Poésie où des poètes eux-mêmes (même amateurs) viendraient réciter leurs poèmes : nous n'en avons pas les moyens, malheureusement, car l'idée serait immense ! Et deuxièmement nous sommes une chaîne généraliste. Déjà que la poésie "classique", dirons-nous, n'intéresse guère les foules, que dire de la poésie contemporaine, ce truc inconnu de bien de nos concitoyens et qui n'est que l'apanage d'une certaine catégorie de "littéraires", oserai-je même dire d'une certaine "élite littéraire", qui se complaît dans les choses compliquées ? Et puis Ferré et Brassens (deux écrivains pour le coup contemporains) ne te suffisent-ils pas ?
Personnellement je trouverais cela nettement plus scandaleux de ne consacrer une émission qu'aux artistes contemporains, tous inconnus du grand public. John a su marier plusieurs types de poètes, un fabuliste du XVIIe, le grand poète national (malgré toutes les inepties qu'il a pu dire ...), des chanteurs contemporains, etc (la suite ce soir). Et ceux-ci sont déjà assez méconnus à mon sens pour qu'on se penche d'abord sur les grandes œuvres éternelles ! Quand le grand public connaîtra bien La Fontaine, Hugo, Rimbaud, Baudelaire, Brassens, Ferré, etc. je voudrais bien consacrer une émission uniquement à des artistes que la postérité ne retiendra sans doute pas.

Et après le titre n'est qu'un titre, il n'est pas comparable à "La Nuit de la Poésie" d'une province semi-indépendante du Royaume de Canada (je crois que je me répète).

Hors ligne Mytho Man

  • Dodongo
  • *
  • Messages: 303
  • Bourse : 0
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #41 le: vendredi 13 novembre 2009, 15:44:04 »
"Comment ! comment !" s'écria-t-il en fendant la foule en deux. Non, je blague.

Mes propos, quoique malintentionnés, ont été un peu mal interprétés ^^" (j'ai tout de même repéré une faute d'orth chez John ^^ tant je suis fourbe). Je pense juste qu'il aurait été plus sympa de demander aux PZiens de composer des poèmes ; mais bon, faire le choix de n'invoquer que des "antiquités" est un choix. Mon idée, loin de faire des pages politiques, était plusse bon-enfant. Mais, je me répète, un choix est un choix (magnifique tournure).

"T'es rock, coco, t'es rock !" me servira de conclusion à mon propos ^^

Hors ligne Ganon d'Orphée

  • Hylien
  • **
  • Messages: 1379
  • Bourse : 12
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #42 le: vendredi 13 novembre 2009, 17:00:40 »
En effet, le propos fut mal compris. Je n'avais pas vu ton idée sous cet angle. Elle est intéressante, je note. Nous ferrons une "Nuit de la Poésie PZienne" un autre jour ! ^^

Hors ligne John Craft

  • Roi des Ombres
  • *
  • Messages: 5723
  • Bourse : 155
  • Bras.
    • Voir le profil
    • L'Archer Poëte
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #43 le: vendredi 13 novembre 2009, 20:46:07 »
[align=center][/align]

Bonsoir de nouveau, mes très chers spectateurs.
[align=center]
Calmement, les nombreux amateurs de littérature lyrique se levèrent et applaudirent pour accueillir la seconde édition de l'émission.[/align]
Je suis très heureux de vous retrouver ce soir. Nous avions rencontré, la dernière fois, des esprits magnifiques, symbolisant des époques, des images, des êtres connus de tous et admirés de beaucoup.
Ce soir, nous continuerons, bien entendu, à vous faire découvrir des auteurs de mes goûts... et, je le souhaite mais le pense, bientôt des vôtres également...

Parfait. Mes amis, pour rester dans la poésie pure et parfaite, je vous demanderai de prendre votre respiration pour recevoir une gifle magistrale qu’est un poème long et dense, si long que je me permets de n'en citer qu'une partie, malgré tout gigantesque, grandiose et inimitable.
Que le silence soit fait…

Soleil et chair

Le Soleil, le foyer de tendresse et de vie,
Verse l’amour brûlant sur la terre ravie,
Et, quand on est couché sur la vallée, on sent
Que la terre est nubile et déborde de sang;
Que son immense sein, soulevé par une âme,
Est d’amour comme dieu, de chair comme la femme,
Et qu’il renferme, gros de sève et de rayons,
Le grand fourmillement de tous les embryons !

Et tout croît, et tout monte !

[idt]Ô Vénus, ô Déesse ![/idt]Je regrette les temps de l’antique jeunesse,
Des satyres lascifs, des fauves animaux,
Dieux qui mordaient d’amour l’écorce des rameaux
Et dans les nénuphars baisaient la nymphe blonde !
Je regrette les temps où la sève du monde,
L’eau du fleuve, le sang rose des arbres verts
Dans les veines de Pan mettaient un univers !
Où le sol palpitait, vert, sous ses pieds de chèvre;
Où, baisant mollement le clair syrinx, sa lèvre
Modulait sous le ciel le grand hymne d’amour;
Où, debout sur la plaine, il entendait autour
Répondre à son appel la Nature vivante;
Où les arbres muets, berçant l’oiseau qui chante,
La terre berçant l’homme, et tout l’Océan bleu,
Et tous les animaux aimaient, aimaient en Dieu !

Je regrette les temps de la grande Cybèle
Qu’on disait parcourir, gigantesquement belle,
Sur un grand char d’airain, les splendides cités,
Son double sein versait dans les immensités
Le pur ruissellement de la vie infinie.
L’Homme suçait, heureux, sa mamelle bénie,
Comme un petit enfant, jouant sur ses genoux.
-Parce qu’il était fort, l’Homme était chaste et doux.


Arthur Rimbaud

Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, voici Arthur Rimbaud !

[align=center]L‘adolescent, à 17 ans, beau et sombre, une ombre ailée dans son dos, s’approche, sans sourire mais sage et apaisant, vers le fauteuil, et s’y pose.[/align]

- Messire Rimbaud…
- Messire ?
- … pardonnez-moi, j’ai également pour vous beaucoup d’admiration, donc…
- C’est inutile, voyons. Allons, reprenez, mais sérieusement, cette fois.
- Euh… euh, oui, je… pardon, je…
- Bon, faut-il que je fasse cet entretien moi-même ? Bien, je me présente : Arthur Rimbaud. Je suis un homme ayant vécu une vie peu commune, puisque, dès l’enfance, ma précocité et mes facilités incomparables à écrire étaient remarquées par tous; je récupérais quelques prix pour des compositions en latin de mon cru. J’ai toutefois eu une enfance peu heureuse : ma mère, rigide au possible, nous enferma dans une lecture biblique de la vie dès le départ de mon père. Je m’enfuis fréquemment, à partir de mes 15 ans, échouant hélas souvent mes fugues. Un an plus tard, après avoir écrit à Verlaine, celui-ci décide de m’héberger, et je ne vous cacherai pas que les fureurs de sa femme ne concernaient pas que ma présence dans sa maison… Mais alors que celle-ci semble l’abandonner, de désespoir, s’apprêtant à se donner la mort, à mon arrivée, il me tire dessus à deux reprises. Je m’éloigne alors de lui, évidemment. Dès mes 21 ans, je voyage dans le monde entier. En 1891, après mes voyages en Afrique, je me retrouve amputé d’une jambe, maladie s’étendant et devenant un cancer. J’en meurs atrocement, et suis enterré, contre mes souhaits, à la ville que j’ai toujours haïe, Charleville. Mes écrits, pouvant être à la fois poétiques, politiques, ludiques, ou mille autres adjectifs, je ne les écris que quand je le souhaite, et je ne m’étouffe pas de règles assommantes; pis, je les crée, je crée des règles et des méthodes, au point de prouver que la poésie ne s’ennuie d’aucune véritable inclinaison. Je suis mort jeune, parce que, dans ce monde, on n’est jamais célèbre si l’on finit vieux; le talent n’y a rien à voir. Et la vie est la chose la plus ennuyeuse qui pût arriver à quiconque. Je ne m’en plains pas.

[align=center]Un long silence enveloppe le studio, où John, estomaqué et admiratif à la fois, regarde alors l’adolescent se lever, puis, sortant, s’avance vers la mort en criant allons-y, sœur de charité !… puis sa voix s’éteint.[/align]

Après une orée si merveilleuse de la soirée, passons désormais à un autre domaine du lyrisme; après le vers, nous trouvons bien sûr la prose. La poésie n’est pas toujours régulée par les rimes et les pieds; et beaucoup ont su la manier à la perfection. Laissez-moi vous réciter un texte superbe…
Que le silence soit fait…

J’ai rencontré la mort.
Si je vous dis où, vous n’allez pas me croire. J’ai rencontré la mort à l’angle du boulevard Sébastopol et de la rue Blondel.
- Tu viens, chéri ?
C’était une voix presque inhumaine à force de beauté, une voix aspirante, la même sans doute qui faillit perdre Ulysse. Je freinai pile des deux pieds et me tournai vers elle. Ah là là. Ah là là là là. Je me doutais bien que la mort était femelle, mais pas à ce point. Elle avait mis ses cuissardes noires d’égoutier de l’enfer et son corset des sombres dimanches d’où jaillissaient ses seins livides et ronds comme l’Eternité. Son visage d’albâtre maquillé d’écarlate irradiait de cet ultime état de grâce enfantine nourri d’obscénité tranquille et d’impudeur insolente qui vient aux adolescentes à l’heure des premiers frissons du ventre.
- Tu viens, chéri ?
Je m’attendais à ce qu’elle ajoutât les vers qu’elle chanta naguère pour attirer le poète dans le guêpier de sa guêpière.

Si tu te couches dans mes bras
alors la vie te semblera
plus facile.
Tu y seras hors de portée
des chiens des loups des hommes et des imbéciles.


- Alors, tu viens ?
- Je ne peux pas, madame. Pas aujourd’hui. Aujourd’hui ça ne m’arrange pas de mourir. C’est bientôt Noël, n’est-ce pas, comprenez-moi.
Il faut vous dire que je revenais des grands bazars voisins, les bras chargés de paquets pour les enfants. Toute la ville frémissait et trépidait de cette espèce d’exaltation électrique et colorée qui agite les familles autant qu’elle racornit les solitaires, à l’approche de Noël.
- Non vraiment, je ne veux pas mourir aujourd’hui, madame. J’ai le sapin à finir…
- Ne sois pas idiot. Viens, chéri. Si c’est le sapin qui te manque, je t’en donnerai, moi.
- Mais puisque je vous dis que je ne veux pas mourir.
- Pourquoi ?
- Pardon ?
- Sais-tu seulement pourquoi tu ne veux pas mourir ? dit encore la mort.
- Euh… je ne sais, moi. J’ai encore envie de rire avec ma femme et mes enfants. J’aime bien mon travail. Je n’ai pas fini de mettre mon bordeaux en bouteilles et j’attends un coup de fil de Maman. Et puis d’abord il faut que j’aille chercher mes chaussures chez le cordonnier de la rue des Pyrénées. Voilà.
- Mon pauvre garçon. Tu es lamentable. Pour la première fois de ta vie, tu as la chance de voir la mort en face, et au lieu de coucher avec moi, tu t’accroches à ton histoires de pompes même pas funèbres. Enfin, mon chéri, sois raisonnable. Regarde autour de toi. Es-tu vraiment sûr de n’en pas avoir assez de cette vie de con ?
Evidemment. Je jetai un regard circulaire sur le boulevard où la pluie glacée détrempait le trottoir gris, sale, jonché des mille merdes molles des chiens d’esclaves. Mes frères humains trépignaient connement entre les bagnoles puantes d’où s’exhalaient çà et là les voix faubouriennes et cassées des chauffards éthyliques englués à vie dans l’incurable sottise des revanchards automobiles glapissant de haine et suintant d’inintelligence morbide.
La vulgarité tragique de la vitrine du Conforama voisin me donna soudain la nausée. Trois grands nègres souillés de misère et transis de froid s’y appuyaient en grelottant dans la dignité autour des balais de caniveaux pour lesquels ils avaient quitté la tiédeur enivrante de leur Afrique natale.
A la devanture du kiosque du Sébasto, la guerre menaçait partout, la princesse de Moncul épousait le roi des Cons, le franc était en baisse et la violence en hausse, les journalistes hébétés crétinisaient au ras des perce-neige, un chanteur gluant gominé affichait aux anges un sourire aussi élégant qu’une cicatrice de césarienne ratée, le ministre des machins triomphait d’incompétence, le roi du football tout nu sous la douche crânait comme un paon mouillé ravi de montrer sa queue à tous les passants, les cervelles éclatées collées aux carrosseries racontaient en multicolore le grand carambolage meurtrier de l’autoroute : le poids des morts, le choc des autos, et la traditionnelle grognasse du mois racolait l’obsédé moyen avec ses oreilles en prothèse de lapin et ses nichons remontés, luisant de glycérine.
- Alors, tu viens, chéri ? dit encore la mort, dans un souffle infernal et brûlant qui m’envahit le cou jusqu’à la moelle. Allez, viens. Je te promets que la nuit sera longue. Je te ferai tout oublier. Tu oublieras la pluie, ta vieillesse qui pointe, les passages cloutés, les bombes atomiques, le tiers provisionnel et l’angoisse quotidienne d’avoir à se lever le matin pour être sûr d’avoir envie de se coucher le soir.
- Excusez-moi, madame, mais j’hésite. D’un côté, il est vrai que ce monde est oppressant. Mais d’un autre côté, depuis que j’ai connu ces étés lointains dans le foin, avec une mirabelle dans une main et la fille du fermier dans l’autre, j’ai pris l’habitude de vivre. Et l’habitude, au bout d’un temps, ça devient toujours une manie, vous savez ce que c’est. Alors bon, mourir comme ça, là, maintenant, tout de suite, sans cancer ni infarctus, à la veille de Noël, ça la fout mal. Avec la panoplie de Zorro et la poupée qui fait pipi toute seule dans les bras, j’aurais peur de rater ma sortie. Et puis j’imagine ma femme, en haut de son escabeau, accrochant ses guirlandes, quand on lui apprendra la nouvelle : « Madame. Soyez courageuse. Votre mari… c’est affreux. » Et elle : « Oui, c’est toujours pareil, il n’est jamais là quand on a besoin de lui, c’est toujours les mêmes qui accrochent les guirlandes. »
Alors la mort haussa les épaules et se rabattit sur un petit vieux propret qui rentrait réveillonner tout seul dans sa chambre de bonne. A minuit, il aurait rempli son verre de mousseux pour trinquer avec sa télé noir et blanc.
Elle l’a baisé à mort, à même le trottoir.

Pierre Desproges

Mes chers amis, le plus grand humoriste français nous rejoint !

[align=center]Un homme timide, peu attirant mais souriant et amusé, apparaît et s’asseoit calmement après avoir serré la main de John.[/align]

- Monsieur, vous êtes pour moi le symbole même de l’humour.
- On voit bien que vous dites ça pour me faire plaisir.
- N… non, non, pas du tout ! Ce texte, que je viens de réciter, je l’ai véritablement appris par cœur !
- Je vois que vous avez du temps à perdre. Mes textes n’ont rien de génial. Ils font rire ma femme et mes gosses, et quelques copains. C’est tout. Mais j’en suis content quand même, justement parce qu’ils font rire ma femme et mes gosses. Si ma fille n’avait pas ri de mes textes, je les aurais sûrement jamais montrés.
- Je.. je vois…
- Vous savez, je me moque du cancer, dans certains passages… Le plus amusant, c’est que j’en suis mort !
Il rit; John, lui, sourit en hésitant entre le suivre en ignorant le macabre de la situation ou à rester indifférent.
- Ce qui devait être le plus drôle, c’étaient ces bonnes âmes qui hurlaient : "haha, ça lui apprendra à se moquer des cancéreux ! Ils en riait, maintenant il en est mort, c’est l’ironie !" Eh bien, mesdames, soyez-en sûres : si je le pouvais, j’en rirais encore !
- Euh, b… bien, bien… Dites-moi, que pensez-vous de l’humour d’aujourd’hui ?
- Ce que j’en pense ? Ca ne changera pas grand-chose d’en parler, mais bon… Je pense que les gens sont des larves. Aujourd’hui, tout le monde suit tout le monde, personne ne cherche à innover. On fait des amalgames, on imite, on se vautre dans l’admiration béate sans réfléchir au sens et aux conséquences que ça aura. On préfèrerait manger de la merde si tout le monde le faisait. Attention, je dis pas que c’était mieux avant : en tous temps, l’Homme était assez con pour moutonner plutôt que pour se mettre en avant et utiliser sa cervelle.
-… c’est… c’est un discours plutôt pessimiste…
- Mais bon Dieu, quand on voit les guerres, les morts, les famines, les extrémistes, toutes ces conneries causées juste parce qu’un type a pas pu tirer sa femme un soir, et que, par dépit, il a inventé la bombe atomique… je suis un misanthrope complet, mais ce n’est pas ma faute, monsieur. Les humains me facilitent pas la tâche.
-… vous… est-ce que vous auriez un message d’espoir pour nos lecteurs ?
- Un message d’espoir ? Oh oui, bien sûr. Mes chers amis, aujourd’hui, dites-vous que les produits mortels et indolores s’achètent dans les supermarchés les plus proches pour presque rien ! Alors vous pouvez vous débarrasser de tous vos soucis en un instant ! se retourne vers John J’imagine que ce n’est pas ce que vous espériez…
- Je… j’espérais avant tout un message de votre part; j’ai une attention trop subjective en buvant vos paroles pour les critiquer…
- Ce n’est pas méchant, mais ce n’est pas futé…
- Je le sais bien, mais que voulez-vous. Quand on a de la passion pour quelqu’un, comment se permettre de la remettre en question ?
- Vous n’avez pas tort. Allez, écoutez, j’aimerais beaucoup discuter, mais, vous savez ce que c’est, les factures à payer, le gaz pour mes voisins Juifs, les farines animales pour les p’tits Saoudiens…
- Oui, bien sûr, eh bien… eh bien dans ce cas, je vous en prie, j’espère vous revoir bientôt…
- le regardant un instant, puis partant d’un rire franc Je vous le souhaite pas, je vous le souhaite pas !

[align=center]Alors, s’éloignant, il rejoint les autres dans la cape de la Mort, et s’y évanouit silencieusement…[/align]


Hum, bien… Nous allons ainsi terminer avec, à mes yeux, un extrait d’un des textes les plus magnifiques, parfaits, géniaux qui aient jamais été engendrés par l’être humain…
Que le silence soit fait...


LE BRET stupéfait
  Hein ? Comment ? Serait-il possible ?…

CYRANO avec un rire amer
  Que j'aimasse ?…
  changeant de ton et gravement
  J'aime.

LE BRET
  Et peut-on savoir ? tu ne m'as jamais dit ?…

CYRANO
  Qui j'aime ?… Réfléchis, voyons. Il m'interdit
  Le rêve d'être aimé même par une laide,
  Ce nez qui d'un quart d'heure en tous lieux me précède;
  Alors, moi, j'aime qui ?… Mais cela va de soi !
  J'aime -mais c'est forcé !- la plus belle qui soit !

LE BRET
  La plus belle ?…

CYRANO
  Tout simplement, qui soit au monde !
  La plus brillante, la plus fine,
  avec accablement  la plus blonde !

LE BRET
  Eh ! mon Dieu, quelle est donc cette femme ?

CYRANO
  Un danger
  Mortel sans le vouloir, exquis sans y songer,
  Un piège de nature, une rose muscade
  Dans laquelle l'amour se tient en embuscade !
  Qui connaît son sourire a connu le parfait.
  Elle fait de la grâce avec rien, elle fait
  Tenir tout le divin dans un geste quelconque,
  Et tu ne saurais pas, Vénus, monter en conque,
  Ni toi, Diane, marcher dans les grands bois fleuris,
  Comme elle monte en chaise et marche dans Paris !

LE BRET
  Sapristi ! je comprends. C'est clair !

CYRANO
  C'est diaphane.

LE BRET
  Magdeleine Robin, ta cousine ?

CYRANO
  Oui, -Roxane.

LE BRET
  Eh bien, mais c'est au mieux ! Tu l'aimes ? Dis-le-lui !
  Tu t'es couvert de gloire à ses yeux aujourd'hui !

CYRANO
  Regarde-moi, mon cher, et dis quelle espérance
  Pourrait bien me laisser cette protubérance !
  Oh ! je ne me fais pas d'illusion ! -Parbleu,
  Oui, quelquefois, je m'attendris, dans le soir bleu;
  J'entre en quelque jardin où l'heure se parfume;
  Avec mon pauvre grand diable de nez, je hume
  L'avril, -je suis des yeux, sous un rayon d'argent,
  Au bras d'un cavalier, quelque femme, en songeant
  Que pour marcher, à petits pas, dans de la lune,
  Moi aussi j'aimerais au bras en avoir une,
  Je m'exalte, j'oublie… et j'aperçois soudain
  L'ombre de mon profil sur le mur du jardin !

LE BRET ému
  Mon ami !…

CYRANO
  Mon ami, j'ai de mauvaises heures !
  De me sentir si laid, parfois, tout seul…

LE BRET vivement, lui prenant la main
  Tu pleures ?

CYRANO
  Ah ! non, cela, jamais ! Non, ce serait trop laid,
  Si le long de ce nez une larme coulait !
  Je ne laisserai pas, tant que j'en serai maître,
  La divine beauté des larmes se commettre
  Avec tant de laideur grossière !… Vois-tu bien,
  Les larmes, il n'est rien de plus sublime, rien,
  Et je ne voudrais pas qu'excitant la risée,
  Une seule, par moi, fût ridiculisée !

Edmond Rostand

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, M. Rostand !

[align=center]Un homme s'avance alors sur la scène, et dans un élan, repousse les photographes et les caméras; inquiet, il regarde de tous côtés, puis, apercevant la Mort, accourt vers elle et l'enlace.[/align]
... Mes amis, il semble qu'entre notre époque et ses heurts, et le retour aux bras froids de l'Eternité, ce grand homme a préféré s'évanouir dans l'oubli... Alors que nous ne l'oublierons jamais.


Mes très chers spectateurs... Il est temps pour moi de vous laisser.
Cette longue émission s'achève, pour la joie de certains, le repos d'autres et la déception de quelques uns... hum, pas de moi, je suis payé ni plus, ni moins, donc...

[align=center]Une voix chuchota, derrière : "Attendez, il est payé ? Ce serait bien le premier par ici..."; un bruit de poignard suivit cette remarque désobligeante.[/align]
Hum... Eh bien, malgré tout, mon vœu est que ce soir, de nouvelles âmes lyriques soient nées, que la beauté des vers soient parvenues à vous émouvoir, et qu'en tout temps, le chant qui résonne à la lecture de ces splendeurs résonnera toujours à vos oreilles, comme une douce litanie sifflée comme une berceuse...

[align=center]Dans une lenteur dramatique et apaisante, les lumières et le rideau s'abaissèrent, sur un John fringant et souriant, éreinté mais joyeux...[/align]
"You don't use science to show you're right, you use science to become right" Randall Munroe
"A writer is a person for whom writing is more difficult than it is for other people" Thomas Mann
Citation de: Tate
John Craft est admirable et parfait et le plus beau et musclé et qu'il a pas une petite bite du tout!

Hors ligne Murihoro

  • Hylien
  • **
  • Messages: 1308
  • Bourse : 53
  • Expert en vieille musique
    • Voir le profil
[DH] Résultats Hyrulovision
« Réponse #44 le: dimanche 15 novembre 2009, 21:51:55 »
[align=center][/align]

Après l'écran titre, une explosion se fait entendre et un nuage de fumée apparaît sur le plateau :

Terrifiante comme entrée, non ? Je vous entends déjà dire "pourquoi ne pas l'avoir fait deux semaine plutôt, un jour après Halloween ?" ! Eh bien, tout simplement car ça vous a beaucoup plus surpris aujourd'hui ! C'est logique : vous vous attendez sûrement plus à ce genre d'entrée un 1er Linkinaire qu'un 15 Linkinaire. Je vous ai donc statistiquement fait plus peur ! Je vous avais bien dit que c'était terrifiant !
Sinon, nous somme, comme je l'ai déjà dit, le 15 Linkinaire de l'an 409 [15 Novembre 2009] et bienvenue dans notre nouvelle édition du Journal de la Fiction. Rapidement, je parlerai du "11 Novembre" et de la commémoration. Car après un court "débat" avec ma mère, j'en suis venu à me poser cette question : la commémoration est-elle utile ? On nous rabâche sans arrêt "c'est pour éviter de faire les mêmes bêtises que nos ancêtres" mais j'ai envie de dire qu'il semble que la leçon n'est pas apprise, et pour beaucoup de monde ! Enfin, je ne vais pas m'éterniser sur ça : je voulais juste parlait de quelque chose qui m'avait étonné...

Allez, pressons-nous, nous avons pris du retard avec mes histoires : tout de suite l'actu :

[align=center][/align]



ø... l'ensemble vide... de mieux en mieux



Le Sceptre du Démon par Nail : Voici notre petite dose hebdomadaire de fiction fournie fidèlement par Nail.

Le Roi des Ombres par raphael14 :
huitième chapitre de la troisième partie enfin disponible.

Fiction collective :

The legend of Zelda : Versus par Les compagnons de la lumière :
Un sacré bazar à Hyrule : le Temple du Temps et le château ont été attaqué, Link et la princesse Zelda sont passés à deux doigts de la mort et Hyrule est soupçonné d'avoir attaqué des Gerudos. Ça va mal, très mal, très, très mal, même. La mission des Compagnons de la Lumières ? Démêler cette sombre affaire, tâche qui ne s'annonce pas des plus aisée.

The bloody light par Nastu
Voilà une fiction qui résiste à la crise et pourtant dans la conjecture actuelle c'est pas facile. Ah là, là, tout fout le camp, sauf Nastu et ses fidèle camarade. Espérons que ça dure.

Concours :

Concours d'écriture par raphael14
Les résultats sont en cours de publication. Vite vite vite !



Voilà une affaire rondement menée, hein Raphael ? On se dit donc à la semaine prochaine ?
- Non. La semaine prochaine, je prendrai ta place en tant que coordinateur, car on t'aura mystérieusement retrouvé dans le coma derrière le Direct Building, des traces de peaux de banane sous les chaussures.
- Pardon ?
-... Oui oui à la semaine prochaine !

Ah, sacré Raph' ! que ferais-je sans lui ? Pas grand chose, je sais. Tout de suite, le choix du journal et le portrait de la semaine :

[align=center][/align]

Pour le choix du journal de cette semaine, j'ai décidé de vous faire partager une livre qui m'a réservé une assez bonne surprise : Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes. Une surprise ? Eh bien, en fait, je l'ai lu avant de connaître sa "notoriété". En effet, ce livre de science-fiction est considéré comme un des classiques du genre ! Tadam, surprise ! D'un autre côté, je dois avouer que ça ne m'étonne guère !
L'histoire racontée est celle de Charlie Gordon, un attardé mental d'une vingtaine d'année. Souhaitant réellement être intelligent, lorsqu'on lui propose une opération expérimentale pour augmenter son QI, il accepte de suite. Les premiers résultats semblent satisfaisants, et vont même au-delà des espérances des médecins : Charlie Gordon commence à devenir très intelligent...
Je ne rentre pas trop dans le détail car ce livre est tellement intéressant que je m'en voudrais de vous spoiler. Présenté sous la forme d'un journal intime, ce livre nous plonge dans la peau de ce jeune homme et nous permet de ressentir l'évolution de son intelligence, mais surtout de ses sentiments. Je ne peux que vous conseiller de vous ruer dessus (en plus, il a une quarantaine d'années, donc vous pouvez trouver des éditions pas chères).

[align=center][/align]

[idt]On pouvait voir que le couple automne/hiver commençait lentement sa basse besogne quand j’arrivai sur les rives du Lac Hylia. Près de la maison du chercheur, quelqu’un m’attendait. Avec des intention pacifique : ou tout du moins, c’est ce que j’espérais. Après environ 3 mois pris à réfléchir –enfin, je crois que cela dura trois mois… quoique…-, je décidai d’aller à sa rencontre : [/idt]
- Monsieur Yorick, je présume ?
-Monsieur Yorick26, s’il te plaît, répondit-il, grave.
- Mille excuses. Nous commençons ?
- Avec plaisir.
- Donc… D'où vient ton pseudo ?
- Mon pseudo est très original puisqu'il vient de mon prénom auquel j'ai accolé mon numéro de département. Ainsi je montre mon originalité car personne n'aurait eu l'idée de le faire avant moi, ni personne n'aura cette idée à l'avenir. Et ainsi je pourrai voir Dieu et dire que je suis le plus original et personne alors ne pourra dire "je suis plus original que cet homme là".
- Je crois qu'une certaine personne s'est appelée "kevin1994", le 1994 étant selon toute vraisemblance sa date de naissance. De la concurrence ?
- Non c'est beaucoup moins original, puisque techniquement il y a moins de Drômois que de personnes qui sont nés en 1990.
- Nous le lui dirons ! Sinon, que fais-tu comme études en ce moment ?
- Je suis en deuxième année d'école préparatoire BCPST (Biologie, chimie, physique et science de la Terre). Je souhaite intégrer une école vétérinaire à la fin de cette année. En gros j'ai pas fini mes études avant un long moment.
- Bien. Quelles oeuvres as-tu postées sur le sous-forum ?
- J'ai posté quelques ouevres personnelles comme la fiction Les Flammes bleues, j'ai tenté d'autres choses mais qui ont très vite pas abouti. Il y a quelques textes écrits pour des concours et sinon mon activité réside principalement dans les fictions collectives avec ma grande et adorable coéquipière Nastu. (Dédicace) Plus précisément, j'ai participé à The Final Quest et à The Bloody Light. J'ai aussi participé à PZ les disparus et à la Prophétie de Faielen. Peu d'entres elles ont été menées à termes, mais cela reste pour moi une bonne dose de bons souvenirs.
- Je suppose que c'est très difficile de trouver le temps d'écrire, en parallèle de tes études, non ?
- Oui. Comme beaucoup d'autres choses. Cependant, je n'oublie pas d'écrire et de lire de temps en temps, même si c'est parfois dur de trouver le temps.
- Comme par exemple le graphisme ?
- Aussi. Surtout lorsque l'on n’a pas d'ordinateur pendant la semaine permettant d'en faire.
-Tu es en internat ?
- Oui.
- Ok. Où trouves-tu principalement ton inspiration ?
- L'inspiration ? Quelle chose étrange que l'inspiration. Je ne sais pas trop où je trouve l'inspiration. C'est comme demander à un écrivain à quoi il pense pendant qu'il écrit. Il pense à ce qu'il écrit tout simplement. Alors où je trouve mes idées ... j'écris tout simplement ce que j'aimerai lire. Je découvre en avant première la suite de l'histoire. Après il est vrai que l'on peut retrouver l'univers fantasy des romans, des jeux vidéos ou des films que j'aime tant dans ce que j'écris et il est vrai que j'aime écouter de la musique d'ambiance pendant que j'écris, mais je pense qu'on ne peut pas déterminer précisément quelle est ma source d'inspiration. C'est un mélange d'un peu de tout, de mon vécu, de mes envies et de mon humeur. En somme je trouve mon inspiration dans la vie, et je dis merci à la vie et je chante la vie. Et évidemment je ne pense pas qu'il y ait de bonnes ou mauvaises situations. Un scribe est toujours ce qu'il doit être.
- Cela se rapproche de la réponse de Nehëmah… C'est très intéressant…
- Ce rapprochement est la preuve que la source d'inspiration ne fait pas l'écrivain puisque je pense que nous écrivons de deux manières, de deux styles différents. J'ai lu quelques textes qu'il a écrits. J'aime beaucoup même si je les trouve assez déroutant.
- Comment définis-tu le genre d'oeuvre que tu écris ?
- Pour moi c'est clairement du fantasy. Un soupçon de magie, de la naïveté à gogo, un peu d'idéalisme, des questions un peu partout. Voilà ce qui définit ce que j'écris. Après le mot fantasy est assez vague. Encore une fois, je trouve qu'il est très difficile de définir les choses, de leur imposer une limite.
- Bien. Pour terminer ce portrait, je vais poser mes habituelles "petites questions". Es-tu prêt ?
- Bien sûr, aussi prêt que l'est une Team Rocket.
- Parfait. Alors : chien ou chat ?
- Incontestablement chien.
- Western ou Science-fiction ?
- Science-fiction. Chez moi les spaghettis, ça reste un plat qu'on met dans une assiette et rien d'autre.
- Couteau ou fourchette ?
- Les doigts sont tellement mieux.
- Mozart ou Salieri ?   
- Mozart.
- Et maintenant, la dernière question, la plus importante, celle qui révèlera ta vraie personnalité aux yeux du monde ! Attention… Nombres pairs ou impairs ?
- Pairs. Car deux c'est mieux... Demande à Afflelou.
- Je le savais ! Te voilà mis à nu, mon ami !
- J'ai toujours un caleçon de rechange sur moi.
- Fichtredieu ! J'te retiens,toi… Bon, eh bien, ce portrait est presque fini.
Un dernier mot ?
- Ne serait-ce pas un watarara (NDLA : oiseau anthropomorphe présent dans le manga OoT) qui vole là-bas au loin, au dessus de l'eau du Lac Hylia ridant de ses serres le reflet du soleil couchant ?
- En effet. C'est bien étonnant qu'il passe par ici en cette période de l'année.
- Nous sommes bien loin de la période migratoire. Il faut vite que j'aille l'étudier. IIIIIIIIGGGGOOOORRRRR !!! On a des expériences à faire !!
[idt]Yorick se précipita, suivi par son fidèle acolyte bossu armé d’un tromblon (NDLA : Yorick comprendra), à la poursuite du watarara, me laissant coi et plein d’interrogations quant à la morale –sans doute douteuse- de leurs expériences. Après un « M’enfin » paraphrasant le grand Gaston Lagaffe, je décidai de m’éloigner : je n’étais après tout qu’un pauvre journaliste faisant un pauvre portrait d’un auteur bien sous toutes ses coutures…[/idt]


Sans grande transition, la bibliothèque  : *vroum*

[align=center][/align]

Continuer à admirer les trésors que recèle le sous-forum. Allez-y, ça y en a bon !

L'Apogée d'une légende par Nehëmah
Résumé :
Il ne s'agit pas d'une histoire heureuse où Link s'en va joyeusement ou péniblement en guerre, non, il s'agit du repentir du héros au travers d'un cauchemar où absurdité et mémoire dansent afin de livrer une œuvre tout simplement noire, où règne la mélancolie.

Les Sceptres Cardinaux par Nail
Résumé :
Nail nous présente un texte qui semble fort intéressant !
Link –visiblement enfant dans l'histoire- suit son père lorsque la plupart des lieux, en Hyrule semblent avoir été dévastés. On comprend rapidement que quelqu'un est responsable de tout ça; et même pire : plusieurs personnes…
 
Guerre d'Hyrule par St-Renan
Résumé :
Ganon est vaincu. La paix et l'abondance sont de retour sur le monde d'Hyrule. Le pays est en fête, les artisans de la victoire sont récompensés dignement. Malgré tout, les forces maléfiques ne sont pas pour autant anéanties. Le combat ancestral reprend donnant lieu à de sanglants affrontements. La légende est éternelle...

Le grand cataclysme par Siqual
Résumé :
Comme le dit si bien son auteur, cette fiction est tout bêtement ce qu'il se passe avant The Wind Waker.

La guerre des sceaux par Duplucky :
Résumé :
En des temps anciens, Hyrule fut ravagé par de nombreuses guerres, provoquées par un puissant sorcier, Aganhim qui voulait détourner l'attention des différents peuples pour voler la relique des dieux: la sainte Triforce. Mais un jour, un grand roi apparut, accompagné par son conseiller, Ganondorf...
 
Le plus grand des mensonges par sétandarkorelle
Résumé :
Dans des tumultes émotifs, vous verrez des personnages connus, ainsi que des nouveaux compagnons, évoluer au cours de ce récit. Dans des combats ensanglantés, des passés ténébreux et des épreuves demandant, serez-vous prêts à faire face au plus grand des mensonges?


Eh voilà ! Je vous remercie beaucoup de votre attention tout au long de cette émission (Raph' aussi, mais moins, évidemment) et je vous donne rendez vous la semaine prochaine, le 22 Linkinaire [22/11], pour un nouveau Journal de la Fiction. Paix à vos ancêtres !

Générique
Actualité et Archives : raphael14, Portrait de la semaine, Choix du journal et coordination : Murihoro © Direct Hyrule, 2009