*Roulement de tambour*
Me revoici, après presque un an d'absence ! J'ai eu un petit moment pour ma fiction, alors ben je poste ^^
J'espère que ça vous plaira, et je suis désolée de ce si long moment sans écrire quoi que ce soit pour vous, sans donner signe de vie.
Chapitre 24 : Altercation crépusculaire
« Cet endroit est toujours le même. Depuis autant de temps, tout est resté pareil, de la moindre pierre à l'entité crépusculaire. Je pensais qu'elle aurait fait des efforts au cours de ces vingt dernières années. »
Hröoyug reste un instant immobile à observer ces êtres psalmodiant dans la pénombre inquiétante du Crépuscule. Ils ne semblent même pas sentir sa présence.
Il serre les poings, puis, après les avoir clos un moment, il ouvre de nouveau ses yeux de reptile pour juger de la réalité de ce monde, voisin du sien, et ce depuis des millénaires.
« Tous des incapables. »
Il sait que le Crépuscule a sans cesse été le plus faible des Trois Mondes. Renié par Hyrule, considéré comme une prison infernale, ce royaume plongé dans une éternelle lumière morte a tenté de nombreuses et vaines fois de s'allier à l'Aube, à cette époque beaucoup plus puissante qu'actuellement. Les rois ont toujours repoussé cette princesse déchue, qui perdait peu à peu le pouvoir sacré de son peuple en même temps que sa place dans le Crépuscule. Elle a fini par devoir s'appuyer sur un être du monde de la lumière pour recouvrer sa position. Quelle bassesse !
« Dois-je quitter l'Alliance ? Cela fait longtemps que j'y réfléchis. Non ! Elle seule peut se débarrasser de ce parasite. Elle le connaît mieux que n'importe quelle autre créature de la lumière. Quand agira-t-elle enfin ? Quand aurai-je la voie libre ? »
Hröoyug avance vers la place des Astres. Ses pas sur le sol dallé de pierre noire n'émettent aucun son. Il glisse sur la surface de jais, silencieux comme un démon faufilé derrière un innocent. Après tout, c'est ce qu'il est.
Il passe devant les êtres du Crépuscule sans s'accorder un arrêt. Des monstres, auparavant des créatures pleines de ressources et de pouvoir avant la chute de leur reine, déambulent en se lamentant. Ils l'observent sans le voir, car leurs yeux sont vides et le regard qu'ils lancent vitreux, semblable à celui d'un mort éveillé par les tumultes des vivants.
Hröoyug arrive devant le portail du palais du Crépuscule. Devant lui, une porte en pierre gravée de caractères mystiques lui barre la route. Il n'en a cure. D'un geste rapide de la main, il réalise devant lui un Signe qui ordonne à la dalle de se soulever. Les runes s'illuminent d'un bleu saphir, et l’œil taillé au milieu du portail se met à briller intensément avant de s'éteindre comme la flamme d'une lanterne après une longue nuit passée à éloigner les ténèbres.
La porte se soulève lentement, du gravas s’égrène des jointures et parsème le sol aux pieds du roi d'Hyrule. Il les anime d'un geste de la main. La poussière s'élève à sa hauteur, il s'en approche, et les disperse à des kilomètres à la ronde d'un souffle rapide. Il sourit.
Il pénètre à l'intérieur du palais. Là, des êtres du Crépuscule, tapis dans l'ombre, le saisissent par les bras et l'immobilisent.
« Traité comme un intrus. »
Ils le tirent de force, lui font monter les escaliers de marbre noir menant à la salle du trône. De nombreuses fois, Hröoyug trébuche, incapable de suivre la marche des gardiens. Ceux-ci ne ressemblent en rien aux créatures de l'extérieur, perdues au milieu de lamentations, égarées comme une seconde au cœur de l'univers du temps. Non. Ces soldats sont l'opposée des monstres du Crépuscule. Toniques, résistants à sa magie, ils sont les protecteurs parfaits d'un palais où se terre une reine déchue, abandonnée par ses pouvoirs et se reposant sur les vertus de ses meilleurs guerriers. Pitoyable.
Ils parviennent au sommet des marches. Les gardiens le poussent en avant de deux foufounes dans le dos ; le roi d'Hyrule s'avance de quelques pas en ne quittant pas des yeux la magnifique créature qui se tient devant lui, assise gracieusement dans son trône de pierre noire. Son visage rappelle celui d'un être du monde de la lumière, son corps svelte celui des habitants du Crépuscule. Vêtue d'un justaucorps saphir et d'une jupe fendue jusqu'à la moitié de sa cuisse gauche, il émane d'elle une aura indéfinissable, tant elle est constituée de toutes les qualités existantes. La reine du Crépuscule sourit en apercevant Hröoyug au pied de son trône.
– J'oubliais que tu possédais le corps d'un humain indigne de paraître sous forme humaine dans mon monde. Seule mes gardiens et moi pouvons te voir sous ta véritable forme, Elphes.
En effet, son esprit enfoui dans l'enveloppe charnelle de Ragis, un être du monde de la lumière, il s'était désincarné dans ce monde. Toutefois, son pouvoir lui permettait de prendre sa vraie apparence devant les êtres du Crépuscule plus puissants, et de devenir cette petite flamme bleue, symbolisant l'âme en peine, face aux faibles, incapables de dégager assez de force pour lui rendre sa forme originelle. C'est pour cela que les créatures de l'extérieur du palais ne lui avaient pas prêté la moindre attention. Elles n'ont simplement pas pu le voir !
– Je suis ravi de te revoir, déclara Hröoyug. (Un sourire cruel étire ses lèvres) Midona.
La reine du Crépuscule fronce les sourcils.
– Tu sais ce que je pense de ce nom, Elphes, crache-t-elle, les poings serrés.
– Il te rappelle le passé ? L'époque où Xanto était roi ? (Il éclate de rire) Pourquoi accorder tant d'importance aux sentiments ? Tu as toujours été trop faible. C'est à cause de ta ridicule affection pour un être du monde de la lumière que tu n'as jamais pu recouvrer l'ensemble de tes pouvoirs.
« Midona » ne perçoit pas ces paroles comme insultantes. Hröoyug lui a tant de fois rappelé la bassesse de son peuple que réagir de façon vindicative à ses propos est devenu depuis longtemps complètement inutile.
– Venons-en aux faits, Hröoyug. Quelle requête t'amène en mon royaume ?
– Je viens réclamer l'Alliance, répond-t-il.
La reine garde un instant le silence.
– Après vingt ans ? Tu me supplies de t'aider ? Je pensais que mon peuple était trop faible pour participer à l'élaboration de ton projet monstrueux. Jamais je n'aurais cru que tu te serais abaissé à notre niveau pour parfaire ton sombre dessein.
Un sourire sans joie étire les lèvres de Hröoyug.
– C'est vrai, et cela me désole de faire appel à toi en pareille situation, dit-il.
– Tu as besoin de soldats ? le coupe-t-elle d'un ton sec.
– Je me fiche de tes hommes, Midona, c'est de toi dont j'ai besoin. J'ai le Peuple des Ombres à mes côtés. Je possède assez de soldats pour faire tomber les rebelles de Togi au moins deux fois.
La reine du Crépuscule part d'un grand rire, et ses gardiens l'imitent, plus par principe que par compréhension du moindre fait ironique.
– Toi ? Tu as besoin de moi ? Laisse-moi rire !
Hröoyug se renfrogne, une ombre passe devant ses yeux.
– Tu te souviens de la relique de mon peuple que je t'ai confiée, en gage d'Alliance ? déclare-t-il, ce qui fait arrêter l'hilarité de Midona et celle de ses sous-fifres.
– Oui, je m'en souviens, répond-t-elle en passant une main sous son menton, mélancolique. Le Bassin des Destinées. Une arme à double tranchant.
– Il y a dix-huit ans, as-tu regardé le destin de l'élu des Déesses, l'être du monde de la lumière que tu chérissais tant ?
Il sait qu'il vient de toucher un point sensible de la reine du Crépuscule, mais celle-ci ne laisse rien paraître.
– Oui, je l'ai vu, mais je me suis arrêtée à l'image de cette paysanne engrossée, grince-t-elle.
Hröoyug sourit de nouveau.
– Tu aimais cet être de la lumière, n'est-ce pas, Midona ? D'un amour fou ? Ne le cache pas, je peux regarder en toi comme dans un livre. Tes yeux brillent telles les étoiles.
La reine fesse violemment du poing sur le bras de son trône, son regard jette des éclairs.
– Tais-toi, Elphes ! Tais-toi ! Oui je l'aimais, mais à présent que je le vois repu de plaisir dans les bras d'une vulgaire bergère un seul sentiment m'envahit : la haine !
– Mais contrairement à toi, Midona, il l'aime, elle !
Elle serre les mâchoires et les poings, à tel point qu'elle ignore la douleur lorsque ses ongles s'enfoncent dans sa peau.
– Qu'a-t-elle de plus que moi, Elphes ? se rengorge-t-elle. Dis-moi ! Qu'a-t-elle de plus ?
– L'amour a ses raisons que la raison ignore, et Link a perdu la sienne depuis qu'il est tombé sous le charme de cette fille. Le destin est incontrôlable, contrairement au futur. C'est pour cela que le Bassin des Destinées est si dangereux. Tu as pris le risque de regarder celle de Link, et depuis lors, tu es rongée par la jalousie, et sache, Midona (il fait une courte pause puis se met à murmurer) que la jalousie a déjà fait tomber les plus grands royaumes.
Midona reste impassible aux paroles de Hröoyug, mais n'en comprend pas moins le sens.
– Je suis venu pour ton salut, continue-t-il en accomplissant quelques pas de plus vers elle, je vais te donner une chance de te venger.
La reine du Crépuscule se lève lentement et gracieusement de son trône, toujours sans laisser paraître la moindre émotion sur son visage délicat. Les gardiens derrière Hröoyug se reculent et s'éclipsent sous le regard inquisiteur de leur souveraine. Ils dévalent les marches du grand escalier et disparaissent de la vue des deux monarques comme de la fumée se dissipant au cours d'une nuit sans lune.
– Je veux que tu te débarrasses de Link, déclare Hröoyug d'un ton déterminé en serrant les poings, élimine-le, et tu vivras dans une richesse éternelle ! Tue Iria si tu le désires, et leur fils, Urak, si tel est ton souhait ! Je te fais le serment, par l'Alliance de l'Aube et du Crépuscule, que tu finiras ton immortalité comme une reine digne de ta beauté !
Midona fronce les sourcils.
– Pourquoi ne le fais-tu pas toi-même, Hröoyug ? dit-elle en descendant les marches menant à son trône. Tu es mieux placé que moi pour assassiner une seule personne.
Le roi d'Hyrule brandit le revers de sa main droite devant lui. Un triangle doré y brille.
– Les Déesses m'ont octroyé la Triforce, Midona, je possède les pouvoirs des élus, mais il m'est impossible d'attenter à la vie d'un autre de ces puissants, et ce pour maintenir l'équilibre des Forces. Donc, je ne peux toucher à un seul des cheveux de Link. Toi seule peut le rayer de la carte, car ce parasite devient de plus en plus gênant. Et tsé ce que je peux t'offrir. Cela m'étonne que tu ne lui aies toujours pas réglé son compte, depuis presque vingt ans. Pourquoi avoir attendu que je t'en donne l'autorisation ?
Un court moment se passe sans que la reine du Crépuscule ne brise le silence.
– Tu jases trop, Elphes, et tu n'agis pas.
– Je jase beaucoup pour préparer un agissement conséquent, Midona. Et tu fais partie de cette stratégie. Comment crois-tu que je sois devenu roi ?
– Tu fais des promesses que tu es incapable de tenir, gronde-t-elle, c'est là la conséquence de la perte de ta souveraineté sur l'Aube. Imbu de ta personne, tu as été chassé pour ton incapacité. Jamais tu n'as pu rendre à ton peuple la gloire passée de ton monde ! Et je doute que tu sois capable de régner sur Hyrule !
Hröoyug dodeline de la tête en soupirant, exaspéré.
– Midona... Midona, murmure-t-il, tu penses donner des leçons de politique à tes pairs en oubliant que le Crépuscule a toujours été le monde prodigue des Déesses, le brouillon avant la perfection. Ce que tu diriges n'est qu'un grain de poussière, et restera toujours une prison pour les êtres de la lumière. Quand prendras-tu enfin conscience que tu es la plus abandonnée des reines ? (Il marque une pause, guettant une réaction de Midona, qui ne vient pas) Tu as été touchée par la bonté du monde de la lumière, et c'est ce qui t'a rendue plus « humaine » que les mollusques que tu gouvernes. Ai-je raison ?
La reine du Crépuscule ne frémit ni ne cille. Puis, lentement, elle lève ses mains à hauteur de ses yeux, le visage songeur, et les observe un long moment sans mot dire.
– Hröoyug, tu as oublié une chose, et la plus importante, dit-elle en détachant chaque syllabe de chaque mot, contrairement à toi, j'aime mon peuple, ces « mollusques » comme tu les nommes. Depuis la nuit des temps je veille sur eux et les protège. Pour moi, ils sont tous mes floss, et je suis une mère digne. (Elle baisse ses mains pour jeter un regard impassible au roi d'Hyrule) J'ai eu la chance d'entretenir une relation unique avec une personne unique, la mère du tyran que tu possèdes, la défunte Zelda. Elle m'a donné toute sa force lorsque Xanto m'a transformé en créature de la lumière, et ainsi condamnée. J'ai pu puiser dans son esprit, dans son âme, et comprendre ce qui l'attachait au monde d'Hyrule, que tu méprises tant. J'ai compris une chose, ce jour-là : lorsque tu agis avec ton coeur, et avec tes sentiments, tes présomptions ou tes craintes, tu deviens quelqu'un capable de diriger un royaume. Je n'ai jamais rencontré être plus sage que cette femme, et cette relation m'a appris à ne plus agir par vengeance, mais par amour pour mon peuple. Combattre Xanto était une chose ; mais combattre dans l'intérêt d'êtres qui attendaient le meilleur de moi n'était pas aisé, même si cela rejoignait ma première idée. Sache, Hröoyug, qu'un souverain qui ne comprend pas son peuple est un souverain qui programme sa propre chute !
Le roi d'Hyrule garde le silence durant un long moment. Les traits de son visage sont détendus, il semble apaisé, paradoxalement à la réplique cinglante de son interlocutrice. Tout à coup, ses lèvres s'étirent en un large sourire.
–Ta verve m'épate. Et je vais être franc avec toi : je ne saurais rien rétorquer. Surtout parce que je n'en ai pas envie. Notre discussion s'éloigne du sujet de ma venue, tu ne crois pas ?
–Tu as raison. Je me suis emportée.
–Alors, quelle est ta réponse ? Vas-tu te venger, laissant ainsi tes sentiments régir ta décision comme une bonne souveraine, ou te résigner et continuer ta vie de paix et d'amour dans un monde où tu te sens plus seule que le flocon de neige au milieu du désert ?
Midona fronce les sourcils, ses yeux s'assombrissent.
–Tu es un fourbe, Hröoyug. Tu penses pouvoir m'acheter, et tu crois qu'assassiner Link serait pour moi une forme de délivrance. Et bien, au risque de te décevoir, non. Je le sais heureux avec Iria, et épanoui avec Urak. Savoir qu'une personne que j'aime est heureuse me comble de joie. Être heureux pour quelqu'un dépasse le sentiment de jalousie qui corrompt tout sens de réalité. Je me suis emportée tout à l'heure, car tu m'as poussée à montrer des sentiments que j'ai refoulé au fond de moi et que je sais inutiles à mon existence, et despagosseteurs de mes valeurs.
– Midona, si tu les refoules, c'est que tes vœux de bonheur ne sont pas sincères. Zelda n'est pas parvenue à faire disparaître ces accoutumances inextinguibles acquises par ton séjour aux côtés d'un être du monde de la lumière. Tu envies Iria, tu aimerais que dans les veines d'Urak coule le sang de ta famille. Encore une fois, il s'agit d'un sentiment typique des créatures de la lumière ! L'impuissance, la faiblesse d'un peuple resté dans l'ombre, TON peuple ! (Hröoyug hurle comme un damné emprisonné dans une cloche infernale dont le bruit lui est insupportable, il la supplie) Midona ! Réalise ce que je te demande, et le Crépuscule vivra dans une grandeur éternelle ! Tu seras vengée d'un être que tu pensais indigne d'un telle bassesse ! Tu ne peux qu'y gagner !
– Hröoyug ! s'écrie-t-elle. Refouler des sentiments typiques des créatures de la lumière n'est pas chose aisée, et ne pas laisser libre court à cette jalousie infecte est une façon de clôturer un long entraînement ! Oui, je l'avoue, après avoir vu dans le Bassin des Destinées celui que j'aime dans les bras d'une autre, je suis entrée dans une rage folle. Mais sache qu'au fil des années j'ai réfléchi de nouveau à la leçon de Zelda, et suis arrivée à la conclusion que tout être possède des défauts. Si Link est heureux, soit ! L'empêcher de vivre sa vie serait un acte d'égoïsme indigne d'une souveraine, alors que j'ai toujours prôné la liberté au cours de mon règne ! Si j'agis comme tu me le demandes, certes, ma vengeance sera assouvie, mais j'aurai un autre parasite sur le dos : celui de l'incapacité à tenir mes propres promesses !
Hröoyug ne répond rien, mais son regard est éloquent. Au cœur de ses yeux brille une lueur cruelle, résignée, et vindicative. Midona sait qu'elle vient de signer son arrêt de mort. Même s'il ne l'a pas menacée, elle est persuadée qu'il ne restera pas passif à son refus et viendra, tôt ou tard, lui rendre la monnaie de sa pièce.
Les gardiens, précipités dans la salle du trône suite à l'altercation entre les deux souverains, surgissent et grondent sur l'ennemi de leur reine, tous crocs dehors, prêts à attaquer. Celle-ci fait un geste de la main dans leur direction, et les créatures s'apaisent, sans pour autant rendormir leur vigilance.
– Bien. Ta décision est prise, s'argue Hröoyug, ainsi se décide le destin de milliers de gens. Simplement parce que tu n'as pas la force de tuer un seul de ces parasites pour permettre à Hyrule de régler ce conflit. Tu as toujours été trop faible, Midona. Trop égoïste, contrairement aux valeurs que tu prônes. Un bon roi se doit de choisir la solution la moins conséquente pour son peuple, et choisir, c'est renoncer. Si par un concours incroyable de circonstances, les êtres de la lumière m'éradiquent et prennent le pouvoir, crois-tu qu'ils vont avoir une quelconque considération pour le Crépuscule ? Non, comme ils n'en ont jamais eue. Si j'obtiens la consécration suprême, l'Alliance de l'Aube, du Crépuscule et d'Hyrule créera une seule et même entité, un monde Unique ! Tu seras élevée à ta juste valeur, ainsi que ton peuple, que tu chéris tant.
– Je ne plierai pas devant tes arguments, Hröoyug. Il reste encore en moi un peu de dignité. Nous vivions tellement mieux avant ta venue ! Et je ne vois pas ce que t'aider nous apporterait, à part du malheur. Je conserve ma neutralité.
– Midona, je te rappelle que tu as signé l'Alliance. Là, tu ne respectes pas les conditions que j'avais imposées. Tu te rends bien compte que tu t'exposes à de terribles représailles ? Et une nouvelle fois, c'est toi qui m'a supplié à genoux de t'aider à sortir de la vase dans laquelle le Crépuscule s'était enfoncé, après la mort de Xanto. Je t'ai aidé !
– Tu ne m'as pas aidé par bonne conscience ! rétorque Midona, à bout. J'ai accepté parce que je n'avais pas le choix. Si je repoussais ton secours, le Crépuscule allait définitivement tomber, c'était un monde trop instable après mon retour sur le trône. Xanto avait trop profondément lacéré mon peuple. Tu as posé des conditions, comme un suzerain à son vassal : je devais mettre à ta disposition mes troupes, toute mon énergie, et te donner la taille. Eh bien, je me révolte : c'est une injustice ! Je dois accomplir plus de choses pour toi que tu n'en as fait pour moi ! Si tu veux lancer les foudres de ton pouvoir sur mon peuple : soit. Au moins, nous disparaîtrons dans cette dignité dont tu ignores la définition et le fonctionnement. Nous mourons en tant qu'hommes, pas en tant que monstres, ceux que tu corromps !
Hröoyug acquiesce pour lui-même, songeur. Sa réflexion dure un moment. Il sait pertinemment que son interlocutrice est une reine empreinte de valeurs inébranlables que ses menaces ne parviendront jamais à faire trembler. Il n'est même pas certain qu'une attaque ait quelconque effet sur sa témérité. Il peut décimer son royaume, massacrer son peuple jusqu'au dernier, elle se tiendrait toujours entre lui et la victoire.
Il serre les poings.
– Très bien, Midona. Parfait. Reste donc ici, dans ce monde peut-être digne mais surtout faible et incapable d'affirmer son autorité ! (il pointe un index accusateur sur la reine du Crépuscule) Mais sache que ma vengeance sera salée, tu ne t'en relèveras pas !
Sur ces menaces, il tourne les talons dans un crissement de fureur et s'éloigne de la salle du trône.
« Hröoyug, la guerre est déclarée. Et j'ai choisi mon camp. »