Auteur Sujet: [Mental-Ink] Le garçon  (Lu 15446 fois)

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[Mental-Ink] Petit texte d'écriture automatique
« Réponse #210 le: mardi 06 septembre 2011, 13:53:51 »
Ah, merci beaucoup !  :niais:

Pour l'écriture automatique et bien... ça me vient naturellement en général genre : une forte croisade d'air sépara ses tranches pour les apporter à l'humain qui l'avait fredonné lorsque le temps s'oubliait.
Voilà, là je viens de l'écrire sans penser à ce que j'écrivais. Mais on note juste que... bah c'est pas spécialement beau...

Si je veux que ça soit beau, pour ma part, j'attend déjà, bah un moment d'inspiration, où je ressens de fortes émotions, et je met la musique qui va aller avec le texte, qui va l'accompagner, dans le rythme et dans les sentiments qui s'en dégagent.  ^,^
Après ça, ça me prend un peu de temps à écrire (pour ces quelques lignes là, j'ai du mettre... 50 minutes). Il faut que les mots viennent seuls, mais pas qu'ils soient irréfléchis. Il faut que très, très, rapidement, on s'adapte directement à l'ambiance de notre texte, au lexique, et que chaque phrase, chaque mot soit en harmonie avec un autre. Bon, évidemment il y a des ratés, même dans mon texte je pense qu'on peut faire mieux... Mais le but c'est pas de le retoucher spécialement, c'est de le laisser comme il est, dans sa force brute. Parce que ces mots qui sortent "sans réfléchir", viennent de l'inconscient, il n'y aurait donc pas de véritable intérêt à les retoucher, pour les rendre "superficiels". Après c'est mon avis, certains préféreront revoir leur mots, etc, moi pas. Je modifie juste les virgules, parce que le truc de l'écriture automatique c'est que (c'est pas logique mais...) ça demande beaucoup de concentration, donc la ponctuation est (je trouve, c'est peut-être juste moi), difficile à faire.

Donc en clair, les conditions favorables pour moi :
- Inspiration.
- Émotions fortes (et il faut pas être dérangé si possible...).
- Musique qui ira avec le texte (avec casque c'est encore mieux !)
- Avoir du temps devant soi.
- Analyser les mots qui viennent et écrire en conséquence.
- De la concentration.

Voilà.  ^,^


EDIT : Et je ne me drogue pas :hap:
« Modifié: mardi 06 septembre 2011, 13:55:24 par Mentalink »


Merci à Yorick pour la sign : )

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Les Sceptres Oubliés - Chapitres 1, 2 et 3
« Réponse #211 le: vendredi 30 décembre 2011, 02:08:07 »
Bon, je sais que j'en ai fait pas mal, des versions de ce troisième tome, et que j'ai pas mal ramé, mais cette fois-ci me voilà sûr de moi. Je vais écrire celui-ci jusqu'au bout.  :<3:
Je tiens à préciser, que comme toujours, le texte en italique = pensées du Démon.

Donc, voilà.

____________





Les Sceptres Oubliés
*















Prologue


Une Ombre surgit des entrailles de la terre.
Elle se faufila parmi les vivants, discrète, invisible à leurs yeux, se promena doucement.
La vie battait son plein dans ce village entouré par les forêts, et nul ne se doutait de ce qui allait arriver, tous souriait aux reflets dorés du soleil qui venaient caresser leur visage.
Une cloche annonça midi. Et c’est à cet instant précis que…

Massacre. Il était déjà trop tard pour tous. Bien trop tard. Les guerriers reculaient face à l’Horreur qui se tenait devant eux. Certains fuyaient même, d’autres s’étaient figé. L’Horreur les terrassait tous. Tous. Les maisons brûlaient, des fondations s’écroulaient. L’Enfer semblait s’être superposé sur le village. Les femmes, les enfants aussi mouraient. Rien ne Lui échappait. L’espoir n’existait plus. Ne restait plus que les corps mutilés d’une centaine de personnes, et les carcasses des habitations qui rayonnaient jadis.
En quelques secondes, l’Ombre avait fait du présent un passé.   








Après-Prologue


Elle a essayé. La Nature. Elle a vraiment fait tout ce qui était en son pouvoir pour m’avoir. Elle a donné toute son âme pour mettre fin à mes jours. Et j’espérais presque qu’elle y arriverait. Je pensais que tout cela serait enfin terminé. Tout était parfait. J’étais mort sans avoir échoué. Mais de toute évidence il me reste quelque chose à faire ici, sur ces terres.
Moi, celui qu’on appelle le Démon, n’a pas fini de se venger. Et la Nature, encore une fois, pourra m’envoyer ses cinq Soldats Cardinaux. Sud, Nord, Ouest, Est, Lune… Quelle bêtise. Des adolescents pour me vaincre ? Qu’espérait-elle ainsi ? Me… Me tuer, à l’aide de gosses ! Il m’en faut bien plus pour mourir, oh oui bien plus. Alors elle s’est mise à m’attaquer directement. Un déluge, hein ? J’ai bien failli y passer. Mais ce n’était pas suffisant. Peut-être aurait-ce pu fonctionner si elle n’avait pas été rongée par sa rage destructrice… Je me demande pourquoi la Créatrice de la Vie ressent un tel sentiment. C’est étrange, mais fascinant. Et si… ? Hm, peu importe. Le temps presse, désormais. Ce n’est plus qu’une question d’heures avant que les Soldats Cardinaux ne se rencontrent. Plus qu’une question d’heures avant que mon ultime vengeance soit enfin accomplie.
Le monde a bien changé depuis le grand déluge… Hyrule s’est refondé, Termina a été oublié et est devenu une île où la végétation règne, et enfin, bien plus loin de ces deux terres… se trouve la mienne. Il n’y a que roches et sable, mais cet endroit est justement parfaitement désertique… Ici, je ne suis plus qu’une Ombre aux yeux du monde. Intouchable. Ici, je vais pouvoir accomplir… mon Ultime Vengeance !
















Partie I - L’Ultime Vengeance



Chapitre 1 : Tissu


Des mèches blondes se ballotaient au rythme d’une course effrénée. Fuir. Ses pupilles bleues dilatées venaient régulièrement se poser sur les gerbes de flammes qui s’échappaient de son ancien village. Cela avait été un matin normal, incroyablement emprunt d’une routine qui semblait à jamais ancrée dans sa vie. Et pourtant, deux minutes plus tôt, tout avait basculé. Tout s’était effondré devant lui, du village à sa vie.
Leyn ne savait pas s’il y avait d’autres survivants que lui et Aline, qui courait à ses côtés, mais l’espérait fortement. Si seulement il avait pu dire au revoir à ses parents… Mais il venait de les voir disparaître dans les flammes qui emportaient leur maison… Il savait qu’il n’y avait plus d’espoir de les embrasser et les enlacer à nouveau. Au moins, Aline était toujours à ses côtés. Elle était une jeune femme, sensiblement du même âge que lui, soit dix-neuf ans, qui était vêtue d’une longue robe blanche, sur laquelle tombait des cheveux bruns, sauvages. Ses prunelles vertes, souvent mélancoliques, contrastait avec ses lèvres rouges, le tout incrusté délicatement sur un visage d’ange.
Ensemble ils couraient dans une forêt dense qui les menait vers l’inconnu total. Bien sûr ils savaient qu’ils se trouvaient sur le Royaume d’Hyrule, mais où… ? Telle était la question qu’ils se posaient tout en fuyant, loin, loin du cauchemar qui avait réduit leur village à néant. Que s’était-il passé ? Eux-mêmes n’en savaient rien… D’un seul coup, d’une seule seconde, tout était devenu flammes et sang. Jamais, dans leur pacifique vie, ils n’avaient connu telle violence. Désormais ils se sentaient souillés et avaient besoin de renouveau, vite. Ils devaient trouver un endroit où, ensemble, ils pourraient recommencer une vie et oublier le passé…
Soudain, alors qu’ils commençaient à ralentir, épuisés, de légères secousses vinrent attirer leur attention vers leurs arrières. Les arbres tombaient derrière eux. Un par un, il chutaient dans un énorme fracas, et de plus en plus vite. Bientôt, ils les rattrapèrent, et Leyn eut le réflexe de sauter sur Aline pour les éloigner tout deux de l’ombre de l’énorme sapin qui s’abattait sur eux. Il se relevèrent et constatèrent que les chutes avaient cessé. Ils entreprirent de continuer leur chemin, bien que choqués par tous ces évènements, mais c’est alors qu’un arbre déjà au sol se souleva brusquement et retomba de l’autre côté. Leyn et Aline en virent distinctement la cause : un homme, se tenait là, au milieu des décombres, et semblait avoir soulevé le sapin d’une seule main. Il ne semblait être qu’une ombre, mais de sa simple présence, les deux jeunes adultes frémirent. Quelque chose n’allait pas. De cet être émanait bien trop de sentiments. Des pulsions meurtrières leur parvinrent et les tétanisèrent. Aussitôt que l’Ombre eut fait un pas, elle révéla ce qu’elle était réellement : un homme aux cheveux bruns, aux yeux d’or et qui tenait sur son dos de longues ailes. Il commença à avancer vers eux, lentement, et n’eut même pas à contourner les arbres, qui se pliaient, se cassaient sous ses pas. Plus proche d’eux il était, moins Leyn et Aline n’osaient bouger. Que leur voulait-il, eux, deux pauvres jeunes adultes qui n’avaient jamais rien demandé ? Qu’avaient-ils fait pour qu’on leur veuille du mal ? L’être qui s’avançait vers eux, c’était un vrai… Démon ! Comment auraient-ils pu l’appeler autrement ? Dans son corps d’adolescent plutôt charmant, même beau, se tenait l’Horreur même… Dans son enveloppe trompeur vivait les Enfers. Lorsque le Démon ne fut plus qu’à quelques mètres d’eux, Leyn eut une poussée d’adrénaline qui lui fit se placer devant Aline, pour la protéger. L’Horreur se figea alors à moins d’un mètre du visage du jeune homme et le contempla sans expression. Jamais les deux jeunes adultes n’avaient ressenti telle peur dans leur vie. Ils ne pouvaient même plus se mouvoir, tant l’effroi les prenait. Aline se pinçait, espérant se réveiller d’un cauchemar, mais de toute évidence, le cauchemar en question était bien réel. Paniquée, elle sortit de sa paralysie et courut dans la direction opposée au Démon. Mais celui-ci attrapa Leyn par les cheveux, et le fit voltiger sur un arbre plus loin. Alors, il s’envola, et, bien vite, rattrapa la jeune femme. Il se posa devant elle, et, toujours dans ce regard vide d’expression, empoigna sa robe et la poussa sur un arbre. Leyn qui s’était relevé, bien amoché, arriva et tenta de s’interposer, mais le Démon lui mit un violent coup de poing dans le ventre, ce qui eut pour effet de le tenir au sol, tranquille. Alors, l’être démoniaque s’approcha d’Aline, et sous le regard ébahi, révolté, du jeune homme, embrassa son cou, longuement. La femme, trop épeurée, n’osait bouger, mais un dégoût immense la prenait. Leyn tenta désespérément de se relever, mais la puissance du coup l’avait totalement sonné, et il finit par s’évanouir, la douleur étant bien trop forte.

Lorsqu’il se réveilla, il se trouvait seul, terriblement seul, au milieu des arbres. Il faisait nuit. Son premier réflexe fut de crier le nom de son amie, avec pour espoir de la retrouver, mais évidemment il n’eut pas de réponse. Il courut un peu partout, désespéré, mais ne retrouva rien, si ce n’est un petit bout de tissu blanc, qu’il reconnut comme appartenant à la robe d’Aline. Il le serra dans sa main, et contemplant les ténèbres de la forêt, se promit de la retrouver, quitte à y laisser sa vie.




Chapitre 2 : Feu follet


Leyn, venant de perdre son amie la plus chère, errait dans les bois sombres, à la recherche de la plaine d’Hyrule. Désespéré, il tenta vainement de se faire un feu à l’aide de bâtons et de cailloux, mais lorsqu’une flamme jaillit enfin, la pluie se mit à tomber, l’éteignant aussitôt. Alors il voulut s’abriter sous un arbre, mais les branches de celui-ci, qui faisaient office de protection, tombèrent aussitôt. C’était comme si la nature ne voulait pas qu’il reste planté à un seul endroit. Comme si la forêt l’invitait à s’en aller. Alors il continua à marcher à l’aveuglette, trempé et torturé. L’image du Démon qui embrassait le cou d’Aline lui revenait en tête. Et lui n’avait rien pu faire… Il s’en voulait tellement d’être si faible. Et comme un écho à ses pensées, son ventre le fit se plier de douleur. Il souleva son haut, et contempla l’énorme hématome laissé par le Démon. Il se promit de le lui rendre également, et plus les minutes l’éloignait de cet incident, plus son sentiment de vengeance se faisait fort. Plus le temps passait, plus ses poings se serraient au souvenir du visage de l’horreur. Mais très vite, il s’adoucissait lorsqu’il repensait à Aline.
Aline… Aline et son visage d’ange, Aline et ses yeux d’émeraude, Aline et sa chevelure soyeuse, Aline et ses lèvres roses, Aline et ses courbes gracieuses, Aline et son souffle sensuel… Leyn tomba sur les genoux, épuisé moralement, et renonçant à l’idée de retrouver la plaine. Que pourrait-il faire contre un tel monstre, de toute façon ? Même armé jusqu’aux dents, il ne l’atteindrait pas. Même avec la meilleure armure du pays, ses os se briseraient au moindre contact avec le Démon. Un sentiment d’impuissance énorme le gagna, décuplé par le voile de feuilles qui recouvrait le ciel, l’écrasant et l’étouffant. Il s’allongea au milieu des herbes humides, et laissa la pluie ruisseler sur son visage tiraillé. Leyn commençait à trembler de froid, mais n’y prêtait aucune attention, trop absorbé par les évènements qui se partageaient son esprit en le tirant de toute part. Et c’est alors que, dans un demi-sommeil, une voix l‘en tira… Une voix qui semblait n’avoir aucune source.

«  Ô Héros de la Lune et des temps,
Écoute donc la voix des vents :
Là où la lumière des cieux s’endort,
Sommeille l’espoir, d’un jour tromper la mort.
Là où végétal et eau ne font qu’un,
Repose l’espoir, d’accomplir ton destin.
Et au bout tu trouveras
À nouveau, ma divine voix.
 Laisse-moi te guider désormais,
Hors de cette sombre forêt ».


Là, devant lui, se tenait une flamme en suspension, nullement gênée par la pluie qui tombait de plus belle sur la terre devenue boue. Elle s’approcha de son visage et il ne sentit aucune chaleur. Puis, elle s’en éloigna brusquement et fit quelques fois le tour d’un arbre, l’invitant à le suivre. Leyn s’exécuta et le feu follet redoubla de vitesse, l’obligeant à courir pour ne pas le perdre de vue. La vision de cette flamme qui passait régulièrement de l’orangé, au vert et au bleu, avait quelque chose de magique au sein de ces ténèbres nocturnes. Elle était une lueur d’espoir, certes mince, pour Leyn qui continuait à esquiver racines et buissons pour la suivre. Il s’arrêta subitement, étant presque tombé dans une énorme crevasse par-dessus laquelle le feu follet était passé sans se demander si lui le pouvait. Il y jeta un caillou pour y déterminer au son la profondeur du trou, et en conclut qu’il ne valait mieux pas tenter de sauter. Plus loin, la flamme semblait l’attendre avec impatience, s’agitant partout.

Alors Elle s’y met déjà. Peu importe, je les laisserais aller jusqu’au bout, puisqu’ils ne sont que moucherons de toute façon. Quel mal pourraient-ils me faire ? Ils n’oseraient même pas me faire front, à l’heure actuelle. Quoiqu’il en soit, je sens que je vais encore bien m’amuser… J’adore ces idiots, ils sont très utiles à m’occuper.

Leyn contourna la crevasse et rejoignit le feu follet qui s’éloigna aussitôt. Tandis qu’ils poursuivaient leur course, Leyn repensa aux mots de la voix : « Là où la lumière des cieux s’endort »… Sans doute était-ce le soleil dont elle parlait, et donc… L’est, puisqu‘il s‘y couche. Mais que pouvait bien être l’endroit où « végétal et eau ne font qu’un » ? Mais surtout, elle l’avait appelé « Héros de la Lune et des temps ». Qu’est-ce que cela signifiait ? Il n’en savait rien mais, au-delà de son envie de retrouver Aline, sa curiosité le poussait à avancer. Enfin, la flamme s’arrêta, et l’invita à continuer tout droit sans elle. Sans même attendre un remerciement, et sans dire au revoir, elle disparut. Leyn continua donc son chemin et fut frappé de stupeur lorsqu’il quitta enfin les bois. Il imaginait bien sûr le monde grand, mais pas gigantesque. Son imagination n’avait pas su retracer la réalité. La plaine s’étendait à perte de vue, et lui semblait magnifique, à lui qui n’avait jamais rien vu d’autre de sa vie que son village et sa forêt. La lune se couchait droit devant lui, lui indiquant donc la position de l’Est. Le matin se leva doucement, et Leyn commença à se sentir un peu seul, sans guide. Mais aussitôt, la voix se fit entendre :

« Ô Héros de la Lune et des temps,
Voici à nouveau la voix des vents :
J’entends là ta concevable détresse,
Et te guiderai comme les trois déesses.
Ton corps n’est que fatigue et douleur,
Et explique ta peur…
Tu es loin du repos cependant,
Qui pourtant, grandement s’étend,
En une merveilleuse citadelle,
Loin de toutes les querelles…
Héros si tel est ton souhait,
Ce lieu je t‘indiquerais ».


Leyn pensa « je veux bien », et aussitôt la flamme se matérialisa devant lui. Elle lui indiqua une direction sous forme de flèche qu’elle réalisa en s’agitant rapidement, et disparut aussi subitement. De toute évidence il n’était pas seul dans cette histoire. Il était curieux quant au pourquoi de cette aide, et à qui appartenait réellement cette voix, mais n’hésita pas à suivre le chemin qu’elle lui avait conseillé.

C’est une honte qu’elle fasse ça… Une honte pour elle. Elle se souille toute seule, fait comme si elle leur attachait une quelconque importance, tout ça pour espérer avoir sa vengeance sur moi. Mais elle ne m’aura jamais, parce que je l’ai déjà vaincu. Elle n’est plus rien à mes yeux qu’une insecte… Et je vais le lui prouver !

Alors que Leyn marchait toujours, un soudain tremblement de terre le fit chanceler, puis tomber. Du sol s’échappa une main aux ongles pointus qu’il reconnut aussitôt. Et puis suivi de la main, un bras. Puis un visage… celui du Démon. Il sortit totalement, et contempla Leyn avec un grand sourire. Ce dernier tremblait d’effroi, mais tenait fortement à sa vengeance. Alors, il se mit à courir vers lui, et lui asséna un coup dans le ventre, de toutes ses forces. Mais le Démon ne cilla même pas. Il ramena son bras derrière lui, et avec violence, l’abattit en direction du visage de Leyn. Instant de flottement. Quelque chose s’était dressé entre eux… Le feu follet ! Il avait encaissé le coup du Démon, mais celui-ci, ne se laissa pas surprendre, et appuya plus fort. La flamme commençait à vaciller.

« Héros, je ne résisterais pas longtemps,
Fuyez, vite, allez-vous en,
Avant qu’il ne vous tue ».


Mais Leyn refusa de laisser son compagnon dépérir ainsi. Il attrapa une pierre pointue, et l’enfonça dans le bras du Démon qui forçait toujours pour faire céder le feu follet. Surpris, l’Horreur s’arrêta net, et considéra un instant Leyn, puis la blessure qu’il lui avait fait. Alors, il éclata de rire, et lança :
- Toi, faire couler mon sang !?
Sa voix surprit Leyn : elle n’avait rien de monstrueuse, mais n’était qu’humaine, presque enfantine. Il ne répondit pas cependant, et recula de quelques pas, tout de même intimidé par l’effroi que le Démon inspirait. Ce dernier prit une profonde inspiration, et répéta :
- TOI, faire couler MON SANG !?
Sa colère se sentait tant à travers l’air ambiant que Leyn ne put s’empêcher de reculer encore.
- As-tu seulement une idée de qui je suis, stupide humain … ?
Cette fois-ci, il répondit :
- Le salaud qui détient mon amie.
Le Démon baissa la tête et émit un rire plus bas, avant de dire :
- Bien sûr… Aline… Une superbe jeune femme.
Leyn sursauta vivement à cette phrase, et très vite la rage grimpa en lui. Il était fiévreux désormais, et n’avait plus qu’une envie : le tuer. Cependant il tenta de se contenir et lâcha :
- Dis-moi où elle est.
- Qui sait… ?
Cette-fois ci il ne put plus se contrôler. Leyn leva le poing à nouveau, que le feu follet entoura, puis l’enfonça dans le crâne du Démon, dont la mâchoire craqua. Ce dernier releva la tête, et lui aussi ressentait de la rage désormais. Comment ces deux êtres pouvaient lui faire face ainsi ? Lui, le Démon qui avait jadis réduit le Royaume d’Hyrule à néant… Comment était-ce possible qu’on lui fasse front ? Il hurla alors :
- Voyons ce que tu sais faire contre ça !
Il enfonça alors son bras dans le ventre de Leyn, qui se déchira. Sa main ressortait de l’autre côté. Il ramena son bras, et le Héros tomba sur le sol, inconscient. Du sang coulait à flot, se mêlant à la rosée du matin. Le Démon s’approcha de son oreille et y glissa :
- Tu vas rejoindre tes deux ancêtres maintenant, stupide humain.
Alors, dans un geste théâtral, il déplia ses ailes, et s’en alla loin dans le ciel.





Chapitre 3 : Ténèbres


- Apporte-lui de l’eau, s’il-te-plaît, demanda une voix de femme.
- Pas de soucis, répondit une autre voix, celle d’un homme.
- Merci.
Leyn ouvra doucement les yeux, et sa vision floutée lui permit de distinguer une femme penchée sur lui, brune à la peau pâle. Dans un semi-coma, il lâcha :
- Aline… ?
Il se rendormit aussitôt.

Deux roses noires, doucement se balancent au gré de la brise. Elle se percutent souvent, comme si elles se combattaient, ou s’embrassaient. La terre sur laquelle elles semblent être plantées ressemble à du sable, où à une énorme masse de poussière. La vision de ces deux végétaux inattendus est apaisante, réconfortante. Mais soudain, l’une des deux devient blanche, et de ses pétales s’échappe d’énormes flopées de sang.

Leyn s’éveilla à nouveau, secoué par ce rêve dérangeant. Il respira longuement, et cette bouffée d’air lui permit de prendre conscience de l’énorme douleur qui le tiraillait au ventre. Celui-ci était totalement transpercé. Comment avait-il pu survivre… ? Allongé sur un lit, il observa un instant la pièce dans laquelle il se trouvait. Au centre se tenait une petite table ronde, sur laquelle était déposé un papier. Leyn se leva tant bien que mal, surpris par lui-même de sa vivacité anormale. Il s’approcha de la table et découvrit que le papier n’était autre qu’une carte, qu’il n’arrivait cependant pas à identifier. Elle représentait une sorte d’immense île, mais sans plus de précision. On y voyait ni constructions, ni paysages naturels. Leyn reposa la carte, soupira, et s’accouda au rebord d’une fenêtre, à travers laquelle il contempla le soleil couchant. Depuis combien de temps dormait-il ? Il laissa tomber sa tête dans ses mains, et des flashs lui revinrent… Ses parents criant au secours, brûlés par les flammes… L’horrible démon embrassant le cou de la fille qu’il aimait… La main du même monstre qui le transperçait littéralement… Quelque chose n’allait pas. Il devrait être mort, mais au lieu de ça, il se retrouvait ici à se morfondre. Il inspecta encore sa blessure, et y découvrit avec surprise le feu follet, logé là. Était-ce… cette chose qui lui permettait de ne pas mourir ?

Je me demande ce qu’elle aurait fait s’il était mort. Mais elle le maintient en vie désormais… amusant ! Je ne pensais pas qu’elle se rabaisserait à ce point. Elle qui était si vaillante avant. Qui n’avait même pas hésité à les détruire, pour me faire face… C’est pitoyable. Serait-ce une… gentille ? Le genre de personne qui pense que les bons sentiments sont plus forts… ? Je ne veux pas y croire, ça serait vraiment dommage. Elle doit cacher quelque chose. Ce n’est pas possible autrement. Dire qu’elle ne les considérait que comme des jouets, et maintenant… Elle les protège…
Certes, elle change de corps tous les cent ans, mais… C’est en finalité la même personne chaque fois. La même conscience. Que se passe-t-il ? Et pourquoi ne s’avoue-t-elle pas vaincue ? Je me doutais qu’elle essaierait de me rendre la tâche plus compliquée… Mais sincèrement, à ce train là… Le temps qu’ils arrivent jusqu’à moi mon Ultime Vengeance sera accomplie depuis longtemps, bien longtemps.
Nature, l’étau se resserre ! Fais de tes jouets des démons de puissance, ou achève-les avant que je ne m’en charge !


Alors que Leyn commençait à se perdre dans de sombres pensées, quelqu’un pénétra dans la pièce. C’était une femme assez grande, qui semblait approcher de la cinquantaine, en témoignait son visage fatigué. Elle le regarda un instant avec une évidente surprise inscrite dans son regard aux pupilles noires. Elle tenait dans ses mains un plateau de bois sur lequel étaient disposés nourriture et boisson. Elle s’exclama :
- Tu es debout !?
Leyn n’osa pas répondre tout de suite, et posa ses yeux sur la flamme qui le tenait en vie. Ne la voyait-elle pas ? Il s’exprima enfin :
- Je vais bien, madame.
Comme elle restait coi, ébahie, Leyn enchaîna :
- Où sommes-nous ?
Elle s’empressa de lui répondre :
- À deux kilomètres de la Citadelle d’Hyrule… Je pense que vous devriez vous allonger un petit peu…
- Je vais bien, répéta-t-il.
- Je ne suis pas médecin, mais, il me semble que vous devriez… vous êtes surhumain ! lâcha-t-elle.
- Madame je vous remercie infiniment pour votre aide. Mais il me faut rejoindre la Citadelle. Pouvez-vous m’indiquer la direction à prendre ?
- Bien sûr… Je vais vous montrer.
Elle l’invita à sortir de la petite maison et lui indiqua la route à emprunter. Leyn la remercia encore et se mit en chemin.

Je dois bien admettre une chose… Je l’ai attaqué deux fois, et deux fois j’ai été proche de la mort. Je me suis même cru définitivement mort la seconde fois. Si… Si elle n’avait pas perdu toute raison, elle aurait pu mettre fin à mes jours, vraiment. Mais le corps n’était pas prêt, était trop faible. Ça lui est monté à la tête, et elle a fait n’importe quoi. Elle a déclaré avoir détruit mon âme, mais elle s’est trompée, éprise de folie. Ma chère âme m’a retrouvé, et nous voilà à nouveau, prêts à l’affronter une bonne et dernière fois. La Nature… Quelle idiote.

Leyn, après quelques minutes de marche, atteignit enfin la Citadelle, dont l’immensité et la beauté le frappèrent. Il y entra, s’attarda quelques instants sur les étalages diverses, avant de se rendre compte que chacun le dévisageait. En effet, il n’était pas courant de croiser quelqu’un dont le ventre était transpercé. Leyn songea à s’acheter de nouveaux vêtements pour cacher la blessure, mais se rendit vite compte qu’il n’avait pas d’argent. Il flâna donc quelques temps dans les rues, contemplant avec émerveillements les bâtiments qui lui semblait complexes, jusqu’à ce qu’un homme l’interpelle. La trentaine, il était squelettique, très grand, et arborait un long chapeau noir.
- Monsieur, monsieur… Vous me semblez… intéressant, déclara-t-il, en regardant sa blessure. Je pensais que nous pourrions… faire affaire !
- Comment cela ?
- Que diriez-vous de jouer les bêtes de foire ? Je demande aux gens de payer pour voir « l’homme invincible », et vous, vous montrez votre ventre… Croyez-moi, nous pouvons faire beaucoup d’argent, ensemble…
- Je veux la moitié des gains, répondit Leyn immédiatement.
- Oh, bien sûr, bien évidemment ! dit l’homme.
Soudain, la voix de la flamme se fit entendre :

« Ô Héros de la Lune et des temps,
Il te faut faire attention.
Ici l’Homme n’est pas innocent,
Et le profit seul est son ambition.
Continue donc ton chemin,
Vers ta grande destinée,
Ignore cet homme malsain,
Et cours vers ton épopée ».


Leyn, regarda alors le squelette vivant droit dans les yeux, puis le contourna. Mais l’homme l’interpella à nouveau, étonné par son comportement. Tout deux étaient dans une petite ruelle sombre, où personne ne semblait passer. Leyn se retourna, lui lança un regard noir, et détourna la tête. Mais l’homme s’avança alors vers lui, et posa une main sur son épaule pour l’arrêter. Leyn abattit alors son poing sur son maigre visage, et il tomba à terre aussitôt, inconscient. Le Héros de la Lune considéra avec attention sa propre main… depuis quand était-il aussi fort ? Il se baissa et fouilla l’homme. De ses poches il retira beaucoup d’argent. Il s’enfuit rapidement, avant que quelqu’un ne les remarque, et fila chez le premier couturier pour s’acheter une simple tunique, agréable pour se déplacer. Enfin, il s’acheta une lame, puis se rendit dans une auberge. Il paya pour rester une nuit, grimpa jusqu’à sa chambre et s’endormit peu de temps après.

Une vague gigantesque se dirige vers un navire. Deux personnes le dirige, mais l’un se met à courir à l’avant du bateau, et s’entaille soudainement la poitrine. La vague disparaît alors. Le navire s’échoue sur le sable. Devant une immense forêt, une forme non-distincte tient dans ses bras celle de celui qui s’est donné la mort. Longtemps ils restent ainsi, et puis le mort est finalement laissé là, sur l’herbe. L’autre s’enfonce dans les bois. Le mort ouvre les yeux.

Leyn se réveilla, en sueur. Encore un étrange cauchemar… Il se frotta les yeux, s’étira, et se demanda où se rendre ensuite. La flamme lui répondit aussitôt :

« Ô Héros de la Lune et des temps,
Écoutez pour la seconde fois,
La voix des vents :
Là où la lumière des cieux s’endort,
Sommeille l’espoir, d’un jour tromper la mort.
Là où végétal et eau ne font qu’un,
Repose l’espoir, d’accomplir ton destin.
Et au bout tu trouveras
À nouveau, ma divine voix. »


Leyn se mit alors en quête d’une carte du Royaume, pour être sûr de savoir où se rendre, bien qu’il sache déjà dans quelle direction aller : l’ouest. Il en trouva une dans un magasin, qu’il acheta et examina. Bien comme il le pensait, la description du lieu faite par le feu follet correspondait à un marais. « Là où végétal et eau ne font qu’un ». Il prit l’initiative de rester une journée de plus dans la ville, pour la visiter de fond en comble : il passa dans chaque ruelles, entra dans chaque magasin, prit même un verre dans une étable, et s’approcha du Château. Lorsque le soleil commença à se coucher, il alla sur le chemin du retour pour se rendre à l’auberge. Mais alors qu’il était en route, il entendit un soudain « C’est lui ! » et se retourna. L’homme qu’il avait frappé hier se tenait derrière deux gardes de la ville, armés de lances. Ceux-ci se dirigèrent vers Leyn rapidement, pour l’arrêter. Il tenta de s’enfuir, mais deux autres se trouvaient derrière lui. N’ayant plus le choix, il dégaina la lame qu’il avait récemment acheté. Mais il était entouré de quatre lances pointées sur lui, ce qui le mettait en mauvaise posture. Il baissa donc son arme, résigné. Déjà, les soldats s’avançaient vers lui, prêts à l’arrêter. Alors, il allait finir en prison, pour avoir agressé et volé un homme, et avoir levé sa lame contre des gardes ? C’était là sa quête ? Alors jamais il ne retrouverait Aline ? Aline… Il y avait elle, perdue quelque part, captive de cet horrible démon, et il y avait ses parents, injustement décédés dans le massacre de la même créature. Sous les flammes s’étaient évanouis toute son enfance, tous ses espoirs, sa joie de vivre, sa naïveté. Sous les flammes avaient péri ses amis, ses parents, son village… Tout ce qu’il avait toujours connu avait disparu en l’espace de quelques heures, le laissant à l’inconnu total. Et ces idiots qui n’avaient jamais connu l’horreur comme lui l’avait vécu, essayaient maintenant de l’arrêter… ? Il n’en était pas question. Leyn cria de rage, et abattit son épée directement dans l’estomac du soldat le plus proche de lui. Les autres, tétanisés, ne réagirent pas immédiatement. Le sang se répandait sur le dallage de la Citadelle. Leyn profita de la stupeur des gardes pour s’enfuir. Il couru à toute vitesse et rejoignit vite la sortie de la ville.

… C’est… Intéressant. Jamais ils… Oh, je crois que je vais m’amuser avec ceux-là ! Mais, depuis quand ont-ils cette profondeur ? Ils ne sont pourtant que des objets ! Je me sentirais presque coupable d’avoir réduit son ancienne vie en cendres ! Bien sûr, non, mais je ne le pensais pas capable de tels sentiments. Eux qui d’habitude ne font qu’agir pour le bien, rien que pour le bien. Et là… Il vient de tuer par colère et souffrance. Mais que fait la Nature ? Essaye-t-elle de faire d’eux des humains pour mieux me vaincre ? Dans ce cas, c’est une erreur de sa part ! Parce que, cette horreur en eux… Je vais m’en servir.

Leyn s’éloigna le plus possible de la Citadelle et trouva finalement une grotte à la base de la chaîne de montagnes d’Hyrule. Il s’y recroquevilla et jeta son épée tâchée de sang sur le sol rocailleux. Que venait-il de faire… ? Tout son corps tremblait. Il avait froid, et chaud. Des nausées le prenait. Il venait de tuer un homme, qui ne faisait que son travail. Depuis quand était-il capable de choses pareilles ? La mort de son enfance l’avait vraiment changé, l’avait rendu plus violent. Ce sentiment de vengeance qui grandissait en lui depuis ce jour était effrayant, horrible. Mais il en ressortait quelque chose… d’exaltant. Cette attirance pour les ténèbres qui grandissaient en lui lui faisait peur. Un « Héros », lui… ? De tous les Héros dont il avait entendu parler, en vrai où dans les légendes, tous étaient des êtres formidables, sublimes. Mais lui n’avait rien de formidable. Lui était un meurtrier, épris de vengeance. Lui avaient les mains souillées du sang de quelqu’un d’autre. Il s’allongea en position fœtale, et ses pupilles se posèrent sur l’obscurité de la grotte. Le regard vide, il resta ainsi des heures durant, ignorant la nuit, son froid et ses bruits inquiétants. Lorsque le soleil se leva, éclairant la totalité de la caverne, Leyn se remit sur ses deux pieds. Il frotta ses yeux fatigués, et réalisa qu’il ne pourrait jamais retourner dans la Citadelle. Epuisé, il se rendit à la petite maison de bois où il avait été accueilli deux jours plus tôt. En ouvrant la porte, la femme aux cheveux noirs le découvrit, pâle et éreinté. Elle l’invita à entrer et le conduit jusqu’au même lit où il avait dormi. Leyn ferma les yeux, et très vite, trouva le sommeil.

Un homme… un enfant… quelqu’un tout du moins, marche dans une forêt. Il semble sur ses gardes. Dans sa main droite, une épée, déjà salie. Une jeune femme aux cheveux d’émeraude et aux yeux de même couleur, vient à sa rencontre. Elle échange quelques mots avec lui, et soudainement, se fait transpercer de son épée. L’homme-enfant s’enfuit, mais est alors attaqué par tous les animaux de la forêt. Il chute, et se retrouve encerclé. Mais il ne compte pas se laisser faire. Il avance malgré les morsures et les piqûres des bêtes, et la femme aux cheveux verts réapparaît alors, intacte. Elle lui dit quelque chose, et les animaux cessent de l’attaquer et retournent à leurs activités.

Leyn se réveilla une nouvelle fois en sursaut. Il ne se posa pas de question sur son étrange rêve et se leva. Il prit alors dans ses mains la carte du territoire inconnu qui se trouvait toujours sur la table ronde. Il la compara avec celle d’Hyrule, qu’il avait acheté, et constata qu’elles n’avaient rien à voir… Se pourrait-il que, derrière l’océan, se cache un autre royaume ? L’idée lui plut. Mais ce n’était pas là sa quête. Il lui fallait retrouver Aline, et se venger une bonne fois pour toute du Démon. Peu importe combien les ténèbres devaient lui prendre, il était prêt à tout donner. Du moment qu’il était vengé.   


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[Mental-Ink] Le temps s'active.
« Réponse #212 le: jeudi 26 janvier 2012, 20:12:22 »
Un texte d'abord écrit en écriture automatique puis légèrement ré-arrangé dans une sauce Mentalinkienne.  ^,^

_______________________


Le temps s'active


De ma leste plume s’échappe les milles étoiles de rêves, se trace en songe dans le vent la grâce des ans. Des poussières d’étoile par millions qui accompagnent mon geste, font l’encre au bout de ma plume, et dansant, chantant, s’inscrivent les mots dans l’infinie ligne du temps. Je mêle, comme on fait des breuvages de boue et de sang, style et essence. Je démêle les étoiles et elles me soufflent à l’esprit les plus belles galaxies.
Ma plume s’active.
Mais le temps s’active.
Et je laisse les ténèbres s’écouler le long de mes pensées. Les étoiles s’embrasent et déchirent le papier. Tu me regardes alors de tes yeux livides et je sais que tu as peur.
Moi je m’écœure. Je me prive de cœur pour mieux te haïr, toi, l’être de chair et de sang. Les étoiles deviennent des supernovas qui ne font du papier plus que des cendres. Si je pouvais t’égorger…
C’est là le fruit de ton existence sur mon être. Tu luttes contre la mort au bout de ma plume, mais tu sais, que le destin a fait son choix : c’est trop tard pour toi.
Je ferais de mon futur des cendres aussi, s’il le faut, pour te rattraper. Mais tu es si loin déjà. Car le temps s’en va…
Le passé où je m’enferme.
Parfois du bout de mes doigts s’échappe le temps, encore il s’en va…
C’est doux, c’est fou tu me manques, mais c’est trop tard.
Le temps s’active. Oui il s’en va…

Les étoiles sont le seul moyen de retrouver place à tes côtés, et si c’est illusoire, je m’étonne tout de même de te voir. Je ferais de toi le fantôme d’ivoire qui hantera mes rêves… Mais tu demandes tant au démon qui ne veut de toi que ton corps frémissant… Oh regarde-le plus souvent… car le vent ne me sourie pas.
Je m’endors des nuits entières et déplore le jour de ne pas être la nuit…
Et le crépuscule, du matin à midi, il y a tes lèvres, qui dans leurs gracieux mouvements forment des mots, tes mots qui sentent le printemps… Les enfants que je lâche, jamais je ne les lâche…
Je perd les notions, mais le temps, le vent, les ans et le sang, guident ma plume d’or,
Ma plume d’or.
Elle s’entrelace en une courbe de grâce et les nuages dans leur étoffe divine brillent. Et je danse, car les larmes sont au bord du gouffre.

J’ai trouvé en vous la mort des personnages.
Mais qui sont mes personnages ?
Suis-je eux, ou sont-ils moi ?
Et si l’un,
Et si l’autre,
Que se passe-t-il dans les pages ?
Ils disparaissent et les étoiles,
Les étoiles…

Ma voix s’évanouit dans ce souffle.
Ma plume enivrée se tait.
Je m’active.


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[Mental-Ink] Le temps s'active.
« Réponse #213 le: dimanche 26 février 2012, 18:30:10 »
Je continue sur ma lancée, soyons fou. :niak:

Comme tu le sais, j'ai beaucoup apprécié ton dernier texte en écriture automatique, et j'étais donc curieux de voir ce que ça pouvait donner avec un écrit plus long. Eh bien je dois dire que je n'ai pas été déçu. Les images que tu emploies sont fortes et très évocatrices, comme par exemple dans les phrases "les étoiles s'embrasent et déchirent le papier" ou "tu luttes contre la mort au bout de ma plume, mais tu sais que le destin a fait son choix : c'est trop tard pour toi".
C'est sans concession, c'est même brutal comme écriture je trouve, mais c'est ce qui fait son charme. Ton texte est le fruit de l'inspiration brute (même si tu l'as légèrement modifié par la suite), et ça me fait un bien fou de lire quelque chose de cette trempe. ça me parle énormément. Je pense d'ailleurs essayer de m'y mettre prochainement, histoire de me décrisper quand une phrase (ça marche aussi avec un paragraphe ou un chapitre) me frustre dans son écriture. ça doit être assez libérateur comme exercice, je me trompe ? ^,^

En tout cas tu donnes une impression de liberté immense dans tes lignes. On sent l'esprit qui divague, qui saisit un fil sans vraiment s'y tenir, qui tricote des idées entre elles sans chercher la construction forcée de la logique. Moi ça m'épate.

Après, si j'avais un reproche à faire, je dirais que certaines phrases/images sont un peu trop élégiaques ou emphatiques pour couler d'elles-mêmes, mais en fait ça me gêne pas vraiment, alors je laisse tomber (ouais, je suis comme ça :roll:).
Par contre attention aux fautes, il y en a quelques-unes ("je perd", "le vent ne me sourie pas" et une ou deux autres), et c'est franchement dommage, car le reste est impeccable. Mais à part ça, rien à signaler.

Au niveau du fond, j'ai pas grand-chose à dire, car j'ai pas l'impression qu'il faille comprendre quelque chose au sens cognitif du terme. Mais sur le plan émotionnel, les impressions tout ça, ton texte a trouvé un écho en moi. Et c'est le principal, je pense.
Concernant la forme, je la trouve très réussie : ça respire, c'est agréable, ça se rapproche du poème sans s'y conformer vraiment... Bref, on sent tout à fait le cheminement de la plume sur le papier et des images qui en découlent.

En conclusion, j'ai quand même une petite question : est-ce que tu pourrais partager la musique à l'aide de laquelle tu as réussi à écrire tout ça ? Je pense que ça pourrait être intéressant de voir si on peut établir quelques correspondances (même très indirectes) entre ton texte et la musique en question, et de voir, à un niveau plus personnel, ce que ça pourrait m'évoquer.

Voilà, merci d'avance et bonne continuation. Je te souhaite toute l'inspiration du monde. ^,^
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« Réponse #214 le: dimanche 26 février 2012, 23:28:42 »
Tout d'abord merci.  ^,^

En effet l'écriture automatique est assez libératrice. Peu importe le sentiment, quand il commence à se faire étouffant, c'est le bon moment pour en faire.  v.v

Pour les fautes, c'est vrai. Je me suis pas mal relâché niveau grammaire, déjà que j'ai jamais été très bon.  :niak:
C'est mon gros point faible, faudrait vraiment que je m'y mette un jour. xD

Pour la musique écoutée durant l'écriture de ce texte, j'avoue que ça fait "longtemps" (pas vraiment mais voilà), donc je ne suis pas certain mais il me semble que c'était celle-ci (attention, son assez pourri en approche) :


Après je sais que ce n'était pas la seule, parce que, ça prend, mine de rien, du temps à écrire (surtout le texte original qui était 2 fois plus long), donc bon, mais ça devait être la musique la plus influente. Faut savoir que les paroles de cette chanson peuvent s'apparenter à de l'écriture auto. également.  :niak:

En tout cas merci beaucoup pour le commentaire, et je prend, du mieux que je peux, toute critique en compte.  ^,^

 


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« Réponse #215 le: lundi 27 février 2012, 17:56:23 »
Ouais, c'est un peu dommage de trouver des fautes quand même. Mais bon, tout le monde ne s'appelle pas maître Capello. :niak:

Pour la musique, je la trouve plutôt cool, mais je pense que j'aurais pas du tout écrit la même chose dessus. A vrai dire j'ai du mal à écrire sur des chansons, vu que je perds ma concentration très vite (j'ai un cerveau un peu pourri). Cela dit, ça me semble pas incohérent que t'aies produit ce texte en écoutant ça. Ouais, c'est même carrément plausible. :p

Quand tu écris comme ça, tu écoutes toujours de la musique ou c'est pas indispensable ? désolé pour toutes ces questions chiantes, je suis curieux :o
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« Réponse #216 le: lundi 27 février 2012, 19:09:13 »
Je suis bien d'accord avec toi, m'enfin ça me "passera".  :niak:

J'avoue qu'écrire en écoutant des chansons (je précise bien des chansons, quand il y a du chant), ne me réussit pas forcément non plus, mais pour l'écriture automatique c'est pas nécessairement un gêne. Ça en devient plus un quand il faut décrire des scènes, avec des personnages, etc, ou dans ce cas là je vais préférer écouter des OST.

Sinon non, la musique n'est pour moi absolument pas nécessaire pour l'écriture automatique, mais elle peut mettre sur la voie, donner le fil conducteur. Mais non, pas indispensable.   :^^:
Sinon pas de soucis pour les questions.   :^^:
« Modifié: dimanche 06 mai 2012, 00:29:06 par Mentalink »


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[Mental-Ink] "Après"
« Réponse #217 le: vendredi 30 mars 2012, 20:02:05 »
Voilà un petit texte présent dans mon roman, qui passe aussi tout seul, donc :
Je tiens à préciser que le but n'est pas d'avoir un poème et donc je ne respecte pas nécessairement les rimes/les syllabes, etc. C'est une sorte de poésie en prose, chimère étrange.
______________________________________________________



Après


Je ne sais plus écrire,
Je ne veux plus écrire
- Rire,
Et danser
Plonger dans l’eau froide,
Chanter sa tirade.
Il n’y a plus à faire,
Plus rien à faire.
Sortir des eaux,
Devant la lune couchante,
Aux aurores de l’aube,
Mes pensées lancinantes.
Perdons-nous dans ce temple,
Et rions des amantes
Qui perdent leur temps,
Derrière le soleil levant.
Je ne sais plus dire,
Je ne veux plus dire
- Mourir,
Et ronger
Ronger son propre cœur,
Un peu plus à chaque heure,
Nous ne sommes rien,
Que le vent ne porte pas.
L’essence persiste,
Survit à la mort,
Sans once de nostalgie
Oublier ses amis.
Dans ses yeux ambres,
Perdre ses cendres,
Sans pleurer - sans parler
Sans écrire…

Et le départ semble proche,
Et perdu,
Quelque part dans l’ombre.
Il est déjà trop tard,
Pour faire demi-tour,
Sortir de l’ombre,
De l’abysse d’amour,
Et avancer encore,
Pour ne pas voir la mort,
Qui s’étend, qui étouffe
La gorge serrée
Les larmes aux yeux,
Où tout s’en va,
S’éloigne vers une étoile,
Longuement aimée,
Et détestée,
La Vie.
Qui nous quitte.
Si vite.
Les regrets, et surtout,
La nostalgie.
Dans le silence,
Nous pleurons,
Dans le silence,
Nous mourons,
Lorsque reviennent à nous,
L’aube et le crépuscule,
Les aurores et les rayons d’or,
Nous partons…
« Modifié: vendredi 30 mars 2012, 20:05:05 par Mentalink »


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[Mental-Ink] Le garçon
« Réponse #218 le: Hier à 01:55:36 »
Totalement random...   :^^':


____________________



Le garçon


Le ciel s’assombrit. Un jeune garçon regarde le sable.
Il n’y a dans son champ de vision que des larmes.
Il pleure une tirade divine. Effleure du doigt un parfum, senteurs d’un passé lointain.
Le garçon a perdu la vie. Il regarde le ciel. Il n’y a plus d’étoiles.
Il s’éveille.
Plus d’étoiles.
Ses paupières se referment.
Le sable l’avale.
Le garçon s’en va vers les vagues.
La houle l’avale.
Il mêle à l’eau marine ses larmes.
Le garçon se noie. Ses poumons lui font mal.
Le garçon n’est plus.
Le garçon est mort.
Il est mort.
Demain, sans doute, encore.

Les vagues frappent son corps.
Il s’éveille à nouveau.
Il n’y a plus de lune.
Enveloppé dans un long manteau.
Le garçon regarde le soleil.
Il n’y a plus de lune.
Elle s’éveille.
Derrière le portail.
Elle sommeille.
Reflets d’argent.
Il n’y a plus de vent.
La brise s’est perdue.
Où danse un ange déchu.
Le garçon n’est plus.
Le garçon est mort.
Il est mort.
Hier, sans doute, encore.
Vivant, il pleurait.

L’autre le regarde s’en aller.
L’autre respire.
Il s’en va lui aussi.
C’est fini.
« Modifié: Hier à 02:00:55 par Mentalink »


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